Banamba : Une cinquantaine de maisons effondrées suite à des pluies diluviennes à Bamarobougou

Banamba, 11 octobre (AMAP) Une cinquantaine de maisons, des greniers, des latrines se sont effondrés et d’énormes dégâts matériels sans perte en vie humaine, suite à des inondations causées par des pluies diluviennes au mois de septembre à Barmarobougou, localité située à 17 km de la ville de Banamba, a appris l’AMAP se source locale. Elles ont lancé un appel à des bonnes volontés pour venir davantage en aide aux sinistrés. Face à cette situation, les autorités communales, avec le concours de leurs partenaires, ont volé au secours des sinistrés en leur apportant des vivres. Cette donation comprend 20 sacs de riz de 50 kg et 16 bidons d’huile de cinq litres. La remise officielle de l’appui s’est déroulée au village de Bamarobougou en présence des autorités administratives, politiques et des responsables des structures techniques et des bénéficiaires. Les responsables ont présenté au nom de la hiérarchie leurs compassions les plus émues aux victimes de l’inondation. Quant à la représentante du développement social, Mme Koné Bintou Doumbia, elle a dans son intervention signalée à la chefferie que son service a informé qui de droit par rapport à la catastrophe qui a sévèrement frappé le village et qu’il faut attendre la suite. En retour, le représentant du chef de village de Bamarobougou, Massala Simpara a remercié et félicité l’élan de solidarité manifesté qui consiste à soulager les cœurs et les esprits des victimes de l’inondation. Il a prié le Tout Puissant afin qu’il épargne le village de telle catastrophe à l’avenir. La visite des sites de dégât a mis fin à la visite des autorités communales. AT/KM (AMAP)

L’Armée malienne a capturé un lieutenant d’Amadou Kouffa (Etat-major général)

Bamako, 09 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMA) ont interpelé 05 suspects terroristes à la foire de Sofara, Région de Mopti (Centre) parmi lesquels Alhadji Diakité, connu sous le nom d’Abou Anass, indique le communiqué hebdomadaire de l’état-major général des armées, publié le 7 octobre. Le communiqué, qui fait le point sur le terrain, révèle l’interpellation, le 27 septembre dernier, du suspect présenté comme « un responsable de la Katiba Macina commandant les secteurs de Sofara et Bandiagara. » Il a été appréhendé avec un autre suspect, Amadou Diakité, « responsable de la Katiba Macina, commandant les secteurs de Quenkoro et Mafouné », selon l’armée. Le 29 septembre 2022, une action aéroportée dans le secteur de Ganguel , cercle de Djenné, Région de Mopti (Centre) a fait un « bilan de 01 blessé léger FAMa, 02 terroristes neutralisés, 04 motos, 01 pirogue et 01 hameau détruits, 02 motos, plusieurs armes, des chargeurs de PM, des talkies walkies, des commandes à distance et des objets divers récupérés. » Du 03 au 05 octobre 2022, des patrouilles d’opportunité menées et appuyées par des frappes aériennes dans le secteur de Tiemaba et Bamada, Cercle de Niono (Centre) « à la recherche d’un groupe terroriste en mouvement et auteur de harcèlement contre les populations civiles ont fait un bilan de 31 terroristes neutralisés, 02 bases et plots logistiques détruits, de même que tous les matériels lourds », indique le communiqué de l’armée. L’état-major souligne, également, que le 03 octobre 2022, des frappes aériennes ont ciblé une position terroriste dans le secteur de Saré Dina, situé à 12km au Nord-Est de Kouakourou. « Le lendemain, à Sofara, une fouille de la localité a permis d’interpeler 33 présumés terroristes. Les enquêtes en cours ont pu identifier formellement 15 terroristes recherchés et fichés dans les bases de données », précise la source militaire. « La recherche de suspects terroristes étrangers en recrutement de locaux dans le secteur de Diabaly (Centre) s’est poursuivie, le 05 octobre 2022, avec la localisation d’objectifs ciblés par des tirs d’artillerie », nous apprend l’état-major. Une mission de reconnaissance offensive FAMa a interpelé 04 suspects terroristes, le 6 octobre, dans le secteur de Konna, région de Mopti (Centre). Le même jour, plusieurs suspects ont été interpellés, des véhicules et des minutions, des batteries et divers objets de fabrication d’engins explosif improvisés saisis dans la localité de Diengueni – Foulbé et Gouni – Foulbé située à 32 km au Nord-Est de Sofara contre une base de la Katiba Macina. En ce qui concerne les Régions de Gao (Nord) et Ménaka (Nord-Est),  la priorité opérationnelle a porté sur la collecte de renseignements sur les terroristes responsables d’exactions contre les populations. Ainsi, l’état-major des Armées  annonce la récupération de 03 tricycles et 05 motos de même que plusieurs pièces diverses de rechange, le 26 septembre 2022, suite à un raid FAMa aux alentours de la mare de Tessit (Nord). Des frappes sur 02 plots logistiques terroristes dans la forêt refuge de Fitilli, au Sud de Tessit, avec un bilan de 08 terroristes neutralisés, plusieurs blessés et la destruction d’importants matériels ont été menées le 27 septembre. Une mission d’escorte de 160 véhicules civils a été prise à partie par des hommes armés, le 1er octobre, dans les environs de Fafa, Région de Gao, avec un bilan de 06 blessés et 04 camions endommagés. Du 03 au 06 octobre 2022, les FAMa ont mené des patrouilles de réassurance des populations suivie d’actions civilo-miliaires dans le secteur de Djebock, région de Gao. Mais, également, à 20 km au Nord et au Nord-Est de Ménaka.Les FAMa ont consolidé, le 05 octobre 2022, la plateforme aéroportuaire de Gao, suite au crash du Sukhoi-25 en vol d’entrainement et de réassurance des populations. « La précision de renseignements a permis l’interpellation, le 07 octobre 2022, d’un suspect terroriste d’origine étrangère », indique le communiqué. Dans le secteur de Koutiala, le 04 octobre 2022, les FAMa ont procédé « à l’interpellation d’un grand terroriste logisticien recherché ». Une patrouille de réassurance des populations a été conduite, le 6 octobre, dans le village de Toumanibougou, Cercle de Kati (près de Bamako). Deux engins explosifs improvisés (EEI) ont été découverts et détruits, le 7 octobre, à environ 700 m du village de Guiré, Région de Nara, pas loin de la frontière mauritanienne. Une recherche de renseignements a été opérée sur les secteurs de Mourdiah et Kaloumba, « en vue de retrouver des terroristes auteurs de la pose d’EEI contre un convoi logistique sur l’axe Nara-Kwala, le 02 octobre 2022. » L’état-major général des armées « appelle, une fois de plus, à la vigilance et à la retenue contre ces velléités propagandistes, d’intox et de désinformation de certains médias dont le seul but est de semer le chaos, la haine, la division et la désolation au Mali. » « Des enquêtes de gendarmerie ont été ouvertes pour confirmer ou infirmer les informations faisant état d’un présumé assassinat de 53 civils dans le village Gouni-Habé, dans le secteur de Bandiagara, région de Mopti », conclut le communiqué. MT/MD (AMAP)

Mossa Ag Attaher : « La rencontre des chefferies traditionnelles doit contribuer a la paix et la sécurité »

Propos recueillis par Issa DEMBÉLÉ Bamako, 07 oct (AMAP) Du 8 au 9 octobre 2022, l’ensemble des chefferies traditionnelles du Mali se retrouvent à Bamako, la capitale, pour parler de sécurité, de paix et de développement. L’évènement est parrainé par le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne, Mossa Ag Attaher, qui a bien voulu nous accorder, jeudi, un entretien pour évoquer les enjeux de cette rencontre et le rôle que jouent les chefferies dans la pacification du Mali L’Essor : En tant que parrain, quelle signification donnez-vous à cette rencontre ? Mossa Ag Attaher: La tribu Kel Ansar regroupe l’ensemble des Kel Ansar du Mali, particulièrement dans la Région de Tombouctou (Nord). C’est une grande tribu dont le chef est engagé, depuis des années, pour le retour de la paix, pour la cohésion sociale et la réconciliation entre les Maliens. La tribu organise cette grande rencontre qui va réunir, du 8 au 9 octobre 2022, à Bamako, toutes les chefferies traditionnelles et coutumières de toutes les régions et du District de Bamako. Les chefferies d’autres pays, notamment la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Niger et la Libye y sont invitées. L’objectif principal de cette grande rencontre est d’impliquer ces chefferies transitionnelles et coutumières pour une contribution positive à la construction de la paix. Il s’agit de leur demander des contributions afin d’accompagner tout le processus de paix, toutes les initiatives que le Mali mène pour la paix. C’est pourquoi, j’ai accepté, à la demande du chef de la tribu Kel Ansar, de parrainer cet évènement qui est placé sous la haute présidence du chef de l’État. L’initiative cadre parfaitement avec la vision du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, et vient renforcer les actes qu’il a posés pour la reconnaissance des chefferies. Il n’y a pas longtemps, il a fait remettre à tous les chefs de tribu, de village, de fraction… l’emblème de l’Etat et des certificats. Nous avons le devoir d’accompagner cela et c’est pourquoi nous avons décidé de parrainer cet évènement. En le faisant, nous apportons notre soutien moral mais également notre contribution. L’Essor : Le thème retenu est : « la sécurité, la paix et le développement ». Quelle corrélation entre ces trois concepts ? MAA : Ces trois concepts sont exactement ceux le Mali a le plus besoin aujourd’hui. Nous avons besoin de paix, mais nous savons qu’il n’y a pas de paix sans sécurité et il n’y a pas de sécurité sans développement. Donc, la corrélation entre ces trois concepts est naturelle. Ouvrir le débat sur les problématiques de paix et interroger nos chefferies traditionnelles sur leurs propositions pour renforcer la paix, je pense que c’est très bien réfléchi. Interroger les mêmes entités sur les questions de sécurité est aussi pertinent. Parce que l’insécurité dont nous souffrons aujourd’hui, ne relève pas seulement du Mali. Nous vivons une insécurité partagée avec tous les pays voisins et même au-delà. Tous ceux qui viendront à Bamako, souffrent d’une manière ou d’une autre du manque de sécurité et des enjeux de la paix que nous vivons ici au Mali. Quant au développement, je pense que c’est l’aspiration profonde de toutes nos populations. Donc, poser le débat, l’ouvrir en ces termes en mettant le curseur sur les aspects les plus importants aux yeux de nos populations, c’est-à-dire retrouver la paix, la sécurité et être engagé profondément dans les actions de développement. Je pense qu’on ne pouvait pas avoir meilleur thème pour cette grande rencontre. L’Essor : Cette rencontre n’est-elle pas une opportunité pour définir un mécanisme clair permettant aux chefferies traditionnelles de participer pleinement à la pacification du Mali, plus globalement, à l’édification du Mali nouveau ? MAA : Les chefferies traditionnelles ont un rôle très important à jouer dans au Mali. Elles sont d’abord le prolongement de l’Etat et, très souvent, les représentants indirects de l’Etat là où celui-ci est absent. Elles ont, également, un rôle auprès de la population, parce qu’une communauté bien organisée est une communauté qui écoute son chef, le suit et l’accompagne. Et un bon chef de tribu ou de village, c’est celui qui prend en compte les préoccupations des communautés au nom desquelles il est choisi ou il est élu. Je pense que les chefferies traditionnelles sont déjà d’un grand apport pour l’État dans la gouvernance, dans les questions de sécurité et de développement. Nous allons saisir cette opportunité pour leur demander de s’engager davantage. Ces chefferies font déjà beaucoup. Par exemple, il y a beaucoup de zones dans les régions du Nord ou du Centre où il n’y a pas l’Etat. Mais il n’y a pas une zone où il n’y a pas un chef de village. Il s’agit pour nous de demander à l’ensemble de ces chefferies de s’impliquer là où il n’y a pas l’Etat et d’accroître leur implication là où l’Etat existe pour qu’une complémentarité constructive se fasse entre les actions de l’Etat et l’engagement des communautés à la base. À cet égard, je tiens à remercier les chefferies pour le travail qu’elles font tous les jours pour soutenir l’Etat dans ses actions de recherche de sécurité, de paix et de développement. Une zone sécurisée, c’est une zone où il y a une collaboration directe et étroite entre les services de défense et de sécurité et les populations. Et pour mieux coordonner cette coopération entre les services de sécurité et les populations, faudrait-il qu’il y ait des chefs traditionnels qui organisent cela en amont et qui facilitent la collaboration et la complémentarité. L’Essor : L’évènement est annoncé comme celui de tous les espoirs d’un Mali réconcilié. À quoi peut-on s’attendre au sortir de cette rencontre ? MAA : Le premier acquis de cette rencontre, avant même qu’elle ne se tienne, c’est le fait de réunir à Bamako toutes les chefferies traditionnelles et coutumières du Mali. C’est un grand pas pour la paix qu’elles se rencontrent déjà, se connaissent, discutent ensemble des problématiques communes et se donnent la main pour la recherche

Economie : La bonne affaire du commerce de l’arachide au Mali

Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 06 oct (AMAP) «Venez acheter de l’arachide», «Vous en voulez ?». Des vendeurs d’arachides hèlent, presqu’en chœur, la clientèle au marché de Ouolofobougou, en Commune III du District de Bamako, la capitale du Mali. Aux différentes entrées de cette place firte de négoce, ces hommes exposent des sacs de 100 kg d’arachides. En cette période, ce produit s’écoule très bien à Bamako. Assis sur une chaise, Oumar Sangaré accepte de se confier. Il importe l’arachide de Garalo, une localité située à 55 Km de la ville de Bougouni, dans le Sud du Mali. Le commerçant achète le sac de 100 kg à 15.000 Fcfa. Ses fournisseurs le livrent à Bamako où il revend avec une marge bénéficiaire. Il explique clairement qu’il peut avoir en stockenviron 2 000 sacs. Il relève aussi que ce négoce est avantageux en période d’hivernage, mais comporte aussi des risques. Les cacahouètes peuvent, par exemple, pourrir quand le véhicule de transport tombe en panne. Parfois, on peut aussi avoir des graines non mûres. Mais notre vendeur se préoccupe de la récolte globale de l’arachide cette année. «La saison paraît moins productive que les autres années. Les producteurs ont eu des difficultés pour acheter de l’engrais. Ainsi, certains n’ont pu emblaver les superficies habituelles», dit-il. Et d’ajouter que l’abondance du produit sur le marché profite moins aux vendeurs. La quantité écoulée sur les marchés de Bamako dépasse de loin les besoins. Ce qui justifie les exportations vers un pays voisin, en l’occurrence le Sénégal pour faire des profits. Pour les vendeurs, c’est une alternative pour compenser les pertes dues à la mévente sur nos marchés. Depuis plus de 10 ans, Aguibou Diarra s’est installé dans ce domaine comme rabatteur. Il invite la clientèle à s’approvisionner chez un vendeur qui propose de l’arachide de qualité en provenance du Wassoulou, de Bougouni (Sud) et de Niono (Centre). Celui-ci est fourni par les grands commerçants. «Et nous le vendons au prix du marché», laisse entendre Aguibou Diarra. Il dit réaliser un bénéficie de 1.000 Fcfa sur chaque sac d’arachide vendu. Grâce à son entregent, le vendeur arrive à écouler une cinquantaine de sacs certains jours. Ce qui lui rapporte une somme substantielle souvent. « Quand il y a surabondance d’arachides sur le marché, dit-il, les grossistes demandent aux livreurs de limiter l’approvisionnement pour leur permettre d’écouler les stocks ». Daouda Traoré, étudiant à la Faculté des sciences économiques et de gestion (FSEG), qui cumule une expérience de 8 ans dans le commerce d’arachide qu’il pratique pendant les vacances. Assis devant sa marchandise, il échange avec des clients. Il note qu’il y a peu d’arachides sur le marché mais pense que cette situation est liée à la conjoncture économique. Pas avare en commentaires, il apprécie bien la qualité de l’arachide cette année du fait de l’abondance de pluie. « Des Sénégalais et Nigériens viennent acheter notre arachide pour le revendre chez eux », indique-t-il. «Les Sénégalais représentent le plus gros contingent de notre clientèle d’arachide. Ils peuvent acheter entre 50 à 60 sacs». Des femmes aussi s’approvisionnent chez nous. Celles-ci achètent par jour souvent 2 sacs :, poursuit M. Traoré. «Les cacahouètes qui entrent dans la production de la pâte d’arachide sont cédées à 70.000 Fcfa le sac de 100 kg», rappelle le jeune étudiant de 24 ans. Certains importent l’arachide de la Côte d’Ivoire entre novembre et mai. La production nationale inonde le marché entre juin et octobre. « Cette période, renchérit-il, coïncide avec la récolte de l’arachide au Mali qui s’étend de juillet à octobre ». Par jour, l’étudiant peut gagner 15 000 Fcfa de bénéfice. Il s’en réjouit puisqu’il est soutien de famille. Ce gain lui permet de faire face à certaines dépenses. « Cette année, regrette-t-il, le prix de l’arachide a augmenté à cause de la hausse du carburant ». Alima Traoré, foulard noir sur la tête, sépare le bon grain de l’ivraie. La jeune fille de 18 ans quitte Kati (sur les hauteurs de Bamako) pour s’approvisionner en arachide, tous les quatre jours, chez Daouda Traoré, pendant la saison des pluies. Elle achète le grand seau d’arachide à 5.000 Fcfa. La vendeuse d’arachide grillée, depuis 5 ans, précise que le marché est timide cette année par rapport aux années précédentes. Elle cède l’arachide à partir de 50 Fcfa et y trouve son compte. Parce qu’il lui arrive de faire 1 500 à 2 000 Fcfa de bénéfice. Au Marché de Niaréla, Fatoumata Dacko possède plusieurs fours traditionnels pour la grillade d’arachide. A côté d’elle, une dizaine de femmes sont à l’œuvre. Elle explique louer ces fours à ces femmes et travaille dans ce secteur depuis plus de 20 ans. «L’arachide coûte cher cette année. Nous nous approvisionnons à partir des marchés de Ouolofobougou et «Soukounikoura». Aujourd’hui, j’ai acheté le sac de 50Kg à 10 000 Fcfa. On parvient à écouler le produit en trois ou quatre jours», affirme Maman Tangara, parmi le groupe de femmes. Elle dit que ce travail leur permet de subvenir à leurs besoins. «Je peux gagner 3 000 Fcfa à 4 000 Fcfa de bénéfice par sac», indique-t-elle. Niakalé Fadiga est une vendeuse de pâte d’arachide depuis trois ans à Bozola, en Commune II du district de Bamako. Elle achète deux sacs pour en tirer de la pâte d’arachide et revendre dans des seaux de 5Kg à 7 500 Fcfa l’unité, mais aussi de 10 Kg à 15 000 Fcfa l’unité. Selon le chef de la statistique, suivi et évaluation à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Samba Barry, la production d’arachide pour la campagne agricole 2021 était de 367.822 tonnes sur une prévision de 512.785 tonnes, soit 71,73% de réalisation. «Cette production était en baisse de 20,8% par rapport à la campagne 2020 qui était de 464.538 tonnes. Ce qui s’explique en partie par des difficultés pluviométriques », dit M. Barry. Les superficies semées en arachide, pour cette année, sont de 339.764 hectares pour les hommes et 188.299 hectares pour les femmes soit un total de 528.063 hectares. Et ce, sur un objectif de 508.749 hectares

Un crash d’un avion de l’Armée malienne à Gao (Nord) fait deux morts

Bamako, 04 oct (AMAP) Un avion de combat des Forces armées maliennes (FAMa) s’est écrasé, mardi, aux environs de 09h30, dans la zone aéroportuaire de Gao, dans le Nord du Mali,  faisant deux morts dont le pilote de nationalité russe, a annoncé un communiqué de l’état-major des armées. L’accident a fait, aussi, dix blessés dont trois civils et d’importants dégâts matériels, ajoute la même source. Les blessés ont été admis à l’hôpital de Gao. Selon le communiqué, l’appareil de type de Sukhoï  SU-25,  immatriculé TZ-20C, revenait « d’une mission effectuée en appui aux populations civiles. » L’accident serait intervenu au moment où l’avion amorçait sa descente. L’acquisition, ces derniers mois, de plusieurs avions et hélicoptères de combat a permis aux FAMa de renforcer de leur capacité opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme. Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, avait présidé, le  9 août dernier, la cérémonie officielle de remise aux forces armées d’avions de type SU-25 et L-39 Albatros. « Le Sukhoï SU-25 est un chasseur bombardier spécialisé dans l’attaque au sol, capable de transporter des roquettes, des canons, des bombes et des missiles air sol », avait expliqué, lors de cette cérémonie, le chef d’état-major de l’Armée de l’air, le général de brigade Alou Boï Diarra. MT/MD (AMAP)

Semaine nationale de la réconciliation :  Pour que les communautés s’approprient le processus de paix

Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 04 oct (AMAP) «C’est une très bonne initiative car, elle peut être un facteur d’appropriation du processus de paix par les communautés», estime Marcelin Guenguere, membre de l’association Gina Dogon. Comme lui, de nombreux compatriotes ont apprécié l’initiative de la célébration de la Semaine nationale de la réconciliation  (SENARE), au Mali, du 15 au 21 septembre 2022,  dont l’objectif général est de restaurer la paix, de renforcer la cohésion sociale et le vivre ensemble. Cette Semaine se tient à un moment où le Mali, depuis 2012, est confronté à une crise multidimensionnelle qui a sérieusement affecté le tissu social et bouleversé la cohabitation pacifique séculaire. Ainsi, les valeurs cardinales telles que le cousinage, le pardon mutuel et le vivre ensemble, qui étaient des vertus, cèdent devant la méfiance et le mépris. Cependant, face à cette situation de nature à compromettre la cohésion sociale, les pouvoirs publics ont initié de nombreux mécanismes de résolution des crises d’où l’institution de la SENARE, demandée par les Maliens lors de la Conférence d’entente nationale, tenue il y a quelques années. Cette volonté a été traduite par les dispositions de la Loi d’entente nationale à partir de laquelle l’arrêté n°2021-5480/MRPCN-SG du 27 décembre 2021 fixant la période allant du 15 au 21 septembre, de chaque année, comme la SENARE a été pris. Cette Semaine participe d’un esprit de promotion des valeurs fondatrices de notre vie sociale, notamment la solidarité, l’humilité et le pardon. En instituant la SENARE, les autorités de la Transition donnent un écho favorable à une volonté du peuple de trouver des solutions endogènes aux problèmes nationaux. La Semaine constitue ainsi une opportunité pour «chasser les démons de la division et de la terreur afin que germent les perspectives de développement, facteur d’épanouissement collectif», a déclaré le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, lors du lancement de la 1ère édition de la Semaine. Elle offre, également, l’occasion de mobiliser tout le peuple malien, de l’intérieur comme de l’extérieur, autour du vivre ensemble et de la stabilité du pays. Moment de communion, d’échanges, d’évaluation et de prospection, la SENARE pourra, à travers les activités programmées et les thèmes débattus, jouer en outre un rôle d’alerte pour prévenir et atténuer toutes formes de chocs susceptibles de fissurer le tissu social. En promouvant le dialogue sincère, facteur du pardon et de cohésion, «nous ne faisons que revenir aux valeurs fondamentales que nous ont léguées nos aïeux», a poursuivi le colonel Goïta. Cela est d’autant plus important que les différentes initiatives prises par les autorités de la Transition s’inscrivent dans la droite ligne de la préservation des fondements de notre Nation, mise à rude épreuve par les réalités du moment. Face à la flambée de la violence sur fond d’actions malsaines orchestrées par des aventuriers décidés à compromettre, par la discorde, la stabilité de notre pays, il est nécessaire d’envisager des solutions innovantes, à même d’obtenir l’adhésion des communautés, le plus souvent «instrumentalisées» dans des conflits, dont elles ignorent les vraies raisons. Mais aussi à poursuivre avec abnégation les actions prévues dans la Stratégie nationale de la réconciliation et son schéma directeur, a préconisé le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta. AMÉLIORER L’EXERCICE – Toutefois, Marcelin Guenguere pense que l’initiative de la Semaine doit être améliorée. Appuyant ses propos, l’ancien député pointe du doigt le «manque d’implication des communautés à la base». «Il y a eu plus de communication au niveau national que local», regrette-t-il. Toutefois, dit le responsable de Gina Dogon, il est clair que «si la Semaine est bien organisée, la paix et la réconciliation seront une réalité». De son côté, le président de l’association Tabital Pulaaku, Abou Sow, il se réjouit de l’initiative des autorités. D’après M. Sow, aujourd’hui, le Mali a besoin de la réconciliation des esprits, des cœurs et de tous les Maliens. Selon lui, « le Mali est une nation : un pays dont les habitants forment une seule entité sociale. » « De chaque coin du pays à l’autre, les populations se connaissent et ont entre elles des liens historiques et socio-culturels », ajoute le premier responsable de Tabital Pulaaku, estimant que « quelle que soit la gravité de la crise, ces liens finissent par prédominer ». Dans le prolongement de la 1ère édition de la Semaine, Abou Sow a dit que son association organisera, le 23 octobre prochain, un meeting dont l’objectif est la réconciliation, la refondation et la stabilisation de notre pays. «Quand il y a crise, il faut d’abord se parler. Le fait d’avoir organisé cette Semaine a été un déclic. Les gens se parlent et vont continuer à le faire. Du coup, le syndrome de méfiance va être progressivement entamé au point de disparaitre. Et, finalement, nous allons parvenir aux résultats escomptés, à savoir la réconciliation», se félicite Abou Sow. Pour lui, la réconciliation est un ensemble de comportements : « il faut s’abstenir de tenir des propos diffamatoires et inflammatoires, de poser certains actes et savoir pardonner et oublier. » Pour sa part, le président de la Commission d’organisation, par ailleurs secrétaire général du département en charge de la Réconciliation, Sidy Camara, affirme que la 1ère édition de la SENARE s’est bien déroulée. « Même s’il y a des choses à parfaire pour les prochaines rencontres », il soutient, néanmoins, que dans l’essentiel, cette édition a été une réussite. D’après lui, sur les 24 activités prévues, ce sont seulement deux qui n’ont pu être réalisées, soit un taux de réalisation de plus de 90%. Ces activités sont, notamment celles sportives et les actions de solidarité (don de sang, don de céréales et de kits aux déplacés internes). S’y ajoutent les activités religieuses. «Nous avons été impressionnés par la force des messages que les religieux ont passés auprès de l’opinion pour prouver que le Mali n’est qu’un et qu’on n’a pas d’autres intérêts que la paix », a dit Sidy Camara. « Ils (Ndrl, les religieux) ont également fait savoir que notre ennemi est la fissure du tissu social», a ajouté le président de la Commission d’organisation. Il a annoncé qu’à la

L’Armée malienne a mis hors de combat  une soixantaine de terroristes en septembre (DIRPA)

Bamako, 04 oct (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont neutralisé une soixantaine de terroristes, au cours du mois de septembre dernier, sur le théâtre Centre de l’opération Maliko, a annoncé, lundi, le directeur de l’information et des relations publiques des armées, le colonel Souleymane Dembélé Le col Dembélé qui animait la traditionnelle conférence de presse mensuelle de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA)  a indiqué que, drant ces multiples affrontements, l’Armée qui déplore la mort de 12 soldats et 17 blessés, a interpelé plus de 150 terroristes et récupéré une importante quantité de matériel militaire et roulant dont 60 motos détruites. Dans les locaux de la structure et en présence de plusieurs responsables militaires, le chef de la DIRPA a précisé que la situation sécuritaire de septembre 2022 a été marquée par une diminution drastique des attaques directes ou indirectes contre les FAMa en statique ou en mouvement. Ainsi, elle se résume « par des actes de banditisme, d’enlèvements et d’assassinats contre les populations civiles sur plusieurs localités du Mali ». Dans leur rôle prioritaire de protections des personnes et de leurs biens, les FAMa ont répliqué « à toutes ces forfaitures perpétrées par les groupes terroristes ». Ces performances, selon  e colonel Souleymane Dembélé, sont le résultat tangible de plusieurs actions militaires menées à travers plus de 200 opérations aériennes dont 91 vols d’appui feu, 75 vols de transports (dont 13 d’évacuations sanitaires et 10 de prisonniers) et 41 vols de reconnaissance. Le colonel Dembélé a, aussi, indiqué qu’au cours du mois écoulé, les FAMa sont arrivées à réduire considérablement les capacités de nuisance des Groupes armés terroristes (GAT) en menant des raids et des frappes aériennes sur les points de regroupements, les plots et les circuits de ravitaillement. Selon lui, grâce à ces efforts déployés par nos soldats, la campagne agricole, en général dans les zones d’opérations et en particulier dans la zone Office du Niger, est très prometteuse. En outre, l’officier suoerier a relevé que durant la période de référence, sur la Route nationale (RN16), de Douentza à Gossi, la fréquence des mouvements des GAT a considérablement chuté et la population se déplace paisiblement. «Nous pouvons aisément affirmer que ce qui a été fait de décembre 2021 à nos jours, ne l’a pas été durant les neuf années précédentes», s’est-il réjoui. Cependant, le patron de la DIRPA s’est voulu mesuré en affirmant que cela ne doit pas amener les forces nationales à « dormir sur leurs lauriers » et oublier que « la lutte contre le terrorisme est une épreuve de longue haleine qui demande beaucoup d’engagements et de perspicacité mais aussi la participation de tous ». AT/MD (AMAP)

Rentrée scolaire 2022-2023 au Mali : Démarrage effectif des cours

Par Sidi Y. WAGUÉ Bamako, 03 oct (AMAP) Plus de 3,5 millions élèves des écoles fondamentales publiques (niveau 1 et 2), repartis dans 20.131 établissements scolaires ont repris le chemin de l’école, lundi, au Mali, pour la rentrée scolaire 2022-2023, après trois mois de vacances, selon des statistiques fournies par le directeur national de l’enseignement fondamental, Issoufi Arbert Touré. À Bamako, le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, accompagné des membres du gouvernement, dont la ministre de l’Éducation nationale, Mme Sidibé Dédéou Ousmane, a donné le coup d’envoi de la reprise des cours au Groupe scolaire «Mamadou Konaté», Le thème  cette année  est «la lutte contre le changement climatique : un élève, un arbre» pour le fondamental et «la paix et la réconciliation nationale» pour les autres niveaux d’enseignement. Le chef du gouvernement par intérim a assisté, dans une classe de 9è année, à une leçon modèle sur le thème de la rentrée scolaire 2022-2023 au niveau fondamental, «le changement climatique, un élève, un arbre», avant de planter un arbre dans la cour de l’établissement. Le colonel Maiga s’est également rendu au jardin d’enfants «Kassé Keïta» puis au lycée «Notre Dame du Niger», où il a suivi la leçon modèle sur le thème : «la paix et la réconciliation nationale». Dans une interview qu’il a accordée à la presse, le colonel Abdoulaye Maïga a indiqué que le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a une vision claire du Mali de demain, donc du Mali kura (nouveau Mali). Il a soutenu que l’épine dorsale du Mali Kura reste l’Education et l’avenir de nos enfants. Selon lui, les acquis de l’école seront préservés et pérennisés dans le temps grâce à l’éducation que nos enfants recevront. Le colonel Maïga s’est, aussi, réjoui de voir des enseignants engagés et enthousiastes et des élèves heureux de retrouver l’école. Il compte sur l’accompagnement des partenaires de l’école, notamment de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) et le bureau de coordination de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) qui doivent s’investir pour sécuriser l’espace scolaire. Par ailleurs, le chef du gouvernement par intérim a salué le geste des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 pour avoir suspendu leur mot d’ordre de grève de l’année dernière afin de faire l’union sacrée autour du gouvernement. « Les doléances des enseignants sont en train d’être examinées », a assuré le Premier ministre par intérim, tout en annonçant qu’une conférence sociale sera « une solution pour traiter, de manière globale, toutes les revendications des enseignants ». Se réjouissant d’une année scolaire apaisée et réussie en 2021, il en a appelé à l’engagement et au patriotisme des enseignants pour que une année 2022-2023 soit apaisée et pacifique. Et d’ajouter que les réponses apportées par le gouvernement commencent à produire des effets. « Mais, il est important, a-t-il dit, de continuer sur cette lancée ». Quant à la ministre de l’Education nationale, elle a procédé à la remise officielle de kits scolaires aux élèves du lycée Ba Aminata Diallo (LBAD) et de l’École centrale pour l’industrie, le commerce et l’administration (ECICA). La ministre a, également, révélé que l’État investit 1,3 milliard de Fcfa pour l’alimentation scolaire, plus de 2,4 milliards de Fcfa pour les fournitures scolaires dans les lycées publics et écoles techniques et professionnelles et 57 milliards de Fcfa dans les écoles privées (au titre de bourses et frais scolaires des élèves). «Globalement, chaque année, l’État débloque plus de 60 milliards de Fcfa pour l’éducation de nos enfants», a déclaré Mme Sidibé Dédéou Ousmane. Notre équipe de reportage s’est rendue aux groupes scolaires «Sega Diallo» de Bozola et «OPAM» à Quinzambougou pour constater l’effectivité de la rentrée scolaire. Dans le premier établissement, tous les élèves étaient en classe. Les enseignants, aussi. Les cours se déroulaient normalement à la satisfaction du directeur-coordinateur du Groupe scolaire Aly Sidèye Touré. Deux agents du Centre d’animation pédagogique (CAP) de Bozola étaient sur les lieux pour s‘assurer de la reprise des cours et recenser les difficultés énumérées. L’OPAM compte 4 écoles fondamentales (OPAM 1, 2, 3 et 4). Les enseignants dispensaient les cours. La rentrée des classes s’est, aussi, bien déroulée dans cet établissement scolaire qui accueille 1.100 élèves, repartis dans 24 salles de classe pour 47 enseignants. L’établissement continue d’enregistrer des cas de transfert d’élèves. Le coordinateur-directeur de l’établissement, Boubacar Coulibaly, a déploré la persistance de certaines difficultés qui pourraient empêcher les élèves de suivre normalement les cours. Il s’agit du non-paiement des salaires des enseignants pour le mois de septembre 2022, de l’insuffisance de livres de lecture, de mathématique, de sciences naturelles pour les classes de 7è, 8è et 9è années. L’insuffisance de ressources humaines, tables-bancs et des toilettes dégradées sont aussi des soucis. La cour de l’ECICA grouillait d’élèves. Certains consultaient le tableau d’affichage pour retrouver leurs noms et d’autres récupéraient leurs fournitures scolaires à la direction. SYW/MD (AMAP)

Le président sierra-léonais a effectué à Bamako une visite d’amitié et de solidarité

Bamako, 03 oct (AMAP) Le président sierra-léonais, Julius Maada Bio, en visite d’amitié et de solidarité à Bamako,  a affirmé, vendredi, qu’en tant que militaire, il a traversé la même situation en Sierra Leone, à savoir «une transition militaire-civile», comme au Mali aujourd’hui. «Je suis ici pour voir avec mon homologue malien, échanger avec lui sur comment nous avons vécu cette expérience en  Sierra Leone afin d’avoir le même résultat au Mali», a insisté le président sierra-léonais. Selon lui, cette phase a conduit à un processus de stabilisation, de paix définitive dans le pays. Julius Maada Bio a inscrit son séjour dans le cadre d’une solidarité à l’endroit du peuple malien. Il a indiqué que les quelques heures passées dans la capitale malienne, lui ont permis de partager son expérience dans la conduite de la Transition. Il a confié avoir, également, évoqué avec le chef de l’État la situation des 46 militaires ivoiriens détenus à Bamako. «Nous avons échangé là-dessus et avons regardé de quelle manière nous pouvons résoudre cette question-là très rapidement pour nous permettre de continuer avec les tâches de développement», a  dit Julius Maada Bio. S’adressant de façon particulière aux Maliens, le président sierra-léonais a fait savoir que le monde traverse une période difficile et qu’il faut qu’on travaille ensemble pour résoudre les problèmes de l’heure. «Je souhaite qu’il y ait un processus de Transition qui se passe dans la paix et que l’issue de cette Transition nous amène vers une élection transparente et un régime civil», a conclu le président Maada Bio. Accompagné  de ses ministres des Affaires étrangères, David A. Francis, de l’Energie, Alhaji Kanja Sesay et de son Porte-parole, Yusuf Keketomu Sandi, le président Maada Bio, a été accueilli, vendredi, à l’aéroport international président Modibo Keita Sénou, par le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, pour  une visite  d’amitié  et de travail  de 24 heures. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, le président du Conseil national de Transition, (CNT) le colonel Malick Diaw, des membres du gouvernement et du corps diplomatique étaient présent à l’accueil. Après le cérémonial protocolaire les deux chefs d’État ont eu un tête-à-tête dans le salon d’honneur de l’aéroport.  Le président de la Transition et son hôte ont eu, ensuite, un deuxième tête-à-tête au palais de Koulouba, avant de présider la séance de travail élargie aux membres des deux délégations. À la fin de la rencontre, le président de la Sierra Leone a déclaré à la presse être venu rendre visite à «un ami et un frère». «J’étais là avant le changement de régime. Maintenant, je me dois de venir avec le changement échanger sur les questions d’intérêt général et d’intérêt commun à nos deux pays. Et aussi de partager mon expérience et mon vécu avec lui», a-t-il dit. BD/NK/MD (AMAP)  

Mali : Le business lucratif des analyses et examens médicaux

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 03 oct (AMAP) Ils sont éminemment utiles à la communauté, notamment dans la prise en charge des maladies. Ils ont pris l’engagement (Serment d’Hippocrate) d’être fidèles à l’éthique et la déontologie dans l’exercice de leur profession qui, soit dit en passant, est un sacerdoce. Il s’agit des médecins, parmi lesquels certains qui envoient systématiquement les patients vers des structures privées même lorsque les analyses peuvent être effectuées dans les établissements publics. Esprit mercantile ou non-respect du serment d’Hippocrate ? Malheureusement certains des praticiens ont des comportements a contre-courant de cet engagement. Ceux-ci, par amour du gain, semblent se faire une spécialité d’envoyer les malades et autres usagers des établissements publics de soins (hôpitaux et centres de santé de référence) vers les structures privées pour des analyses biomédicales ou de radiographie. La formule consacrée est : «Les résultats des analyses ou des radios de telle structure sont plus fiables que ceux des établissements publics». Qu’est-ce qui explique ce phénomène ? Pourquoi ces pratiques continuent-elles de perdurer ? Abdoul Karim Sangaré, chauffeur de son état, a du mal à comprendre les raisons qui poussent des médecins à orienter systématiquement les patients vers les structures privées qui utilisent très souvent les mêmes compétences que les établissements publics. Il explique avoir vécu, au moins deux fois, cette situation au Centre de santé de référence (CSRéf) de Kalabancoro. Et de s’interroger sur la pertinence de cette pratique dans la prise en charge d’une pathologie. Elle impose des surcoûts aux malades et leurs familles. Or, il est généralement admis que pour faire face au coût du traitement de certaines maladies au Mali, le patient moyen est contraint, très souvent de battre, le rappel des parents. PROPENSION – Comme Abdoul Karim Sangaré, d’autres aussi s’interrogent et veulent comprendre pourquoi pour même un simple examen d’échographie dans un CSRéf), certains praticiens ont la propension d’envoyer les patients dans les structures privées. Un doctorant, sous le couvert de l’anonymat, explique que la pratique jure d’avec l’éthique et la déontologie de la médecine. Il condamne la pratique, mais tente d’en trouver une explication. Pour lui, « c’est généralement une pratique du personnel qui n’est pas recruté, autrement des bénévoles qui officient dans les structures de soins. Beaucoup de malades et usagers des établissements publics ne sont pas d’accord avec ce point de vue et estiment c’est bien «une problématique réelle et généralisée». Pour eux, le médecin qui s’adonne à cette pratique le fait simplement par « appât du gain ». Aujourd’hui, les malades se bousculent aux portillons de certaines structures privées sur recommandation des médecins. Ces médecins trompent les malades et autres usagers sur la qualité de l’arsenal de diagnostic des établissements publics. Malheureusement les pannes récurrentes de certains équipements de pointe dans les structures publiques comme le scanner ou l’Imagerie par résonance magnétique (IRM), y contribuent aussi. Notre doctorant reconnaît que dans certains cas, le médecin requiert un examen comparatif entre les résultats de deux structures pour s’orienter dans son protocole thérapeutique. A l’en croire, certains examens médicaux ne sont pas faisables dans les services publics. Il parle aussi de l’insuffisance de compétences dans certains domaines. RISTOURNES – Un spécialiste en cardiologie, qui consulte dans une clinique privée à Kalabancoro, explique clairement que son établissement accorde des ristournes aux médecins qui lui envoient des malades pour faire leurs examens. Ils qualifient ces médecins de collaborateurs. Et de dire que ceux-ci bénéficient parfois d’autres avantages en nature à l’occasion des fêtes, par exemple. Il soutient que les médecins des structures publiques méritent plus en matière de rémunération. Pour gagner plus, certains s’engagent dans la collaboration avec les établissements privés. Vêtu de bleue, la barbe touffue, le médecin chef du district sanitaire de la Commune IV de Bamako, Dr Abdoul Razak Dicko, ne passe pas par quatre chemins pour dénoncer la pratique. Il reconnait que le secteur de la santé compte « des brebis galeuse ». Il fustige le phénomène qui nuit « gravement à notre système de santé ». Il rappelle que le système de santé a été conçu pour rendre plus accessibles les services de soins aux populations. Ce spécialiste en santé publique estime que la pratique engendre une baisse de recettes au niveau des structures publiques et crée des difficultés de fonctionnement. Elle contribue, aussi, à la paupérisation des usagers. Le chef du district sanitaire de la Commune IV est convaincu que les agents de santé, qui orientent les patients vers les établissements privés, reçoivent des ristournes au prorata des malades envoyés. Il explique avoir déjà sanctionné un agent qui s’était rendu coupable d’une telle pratique. Notre interlocuteur explique que les médecins peuvent demander aux patients d’aller faire les analyses ou les examens dans le privé lorsqu’un appareil de l’établissement connaît une panne technique ou si la structure n’est pas en mesure de fournir  le service, faute d’équipements ou de compétences. Dr Dicko invite le personnel de santé au respect du serment d’Hippocrate, en intégrant la notion de sacerdoce de la médecine. Il conseille aux malades et autres usagers de dénoncer ces actes. Pour sa part, le médecin chef du district sanitaire du Cercle de Kati, Dr Issa Guindo, explique que ces pratiques peu orthodoxes se passent à l’insu des gestionnaires des établissements publics. Il assure que chaque fois qu’il a été informé d’une pareille situation, il a pris des sanctions disciplinaires. Ceux qui s’adonnent à cette pratique « ne pensent pas aux malades mais plutôt à l’argent », déplore le médecin. Notre interlocuteur souligne que le 8 septembre dernier, les responsables des administrations hospitalières ont signé avec le ministère de la Santé et du Développement social des contrats de performance. Ces contrats ont été initiés pour améliorer le fonctionnement des hôpitaux publics de 2è et 3è références et renforcer la qualité des soins de santé au bénéfice des populations. MDD/MD (AMAP)