Visite du DG des douanes à Ségou : Mobilisation pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes
Ségou, 10 nov (AMAP) Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, a effectué mercredi une visite de travail dans la Région de Ségou (Centre) en vue de la réalisation des objectifs quantifiés de recettes. Lors d’une rencontre, dans la salle de conférence de la direction régionale des douanes de Ségou, regroupant les directeurs régionaux des douanes de Mopti, Koutiala et Ségou, il est ressorti qu’en matière de perception des recettes, de janvier à septembre 2022, sur une prévision de 12.915.000.000 Fcfa, la direction régionale de Ségou a pu réaliser 11.160.300.000 Fcfa, pour le dernier trimestre. Sur une prévision de 5.421.000.000 Fcfa, elle a recouvré 1.266.000.000 Fcfa en fin du mois d’octobre 2022. Les facteurs qui justifient ces chiffres par rapport aux objectifs « sont l’insécurité dans les deux régions administratives (Ségou et San) et la faiblesse des effectifs », a fait savoir le directeur régional des douanes de Ségou, le lieutenant-colonel Oumar Tangara. Intervenant à la fin de la rencontre , le directeur général des douanes a déclaré à la presse qu’ « un seul point figurait à l’ordre du jour de cette rencontre à savoir la mobilisation de l’ensemble des douaniers pour l’atteinte des objectifs quantifiés de recettes et bien d’autres qui sont en rapport avec les trois orientations » qui lui ont été assignées par le ministre de l’Économie et des Finances. « Il s’agit de la mobilisation des recettes douanières, de la lutte contre la fraude et la réalisation des reformes pour améliorer nos prestations», a indiqué l’inspecteur général Amadou Konaté. Le DG des douanes a révélé que l’activité douanière s’est réalisée, en 2022, dans des conditions extrêmement difficiles, marquée par des crises multidimensionnelles (crise sécuritaire, Covid-19, embargo imposé par la CEDEAO et conflit russo-ukainien). Selon Amadou Konaté, « l’ensemble de ces crises a coûté au cordon douanier près de 142 milliards de FCFA de pertes de recettes. » Le patron des douanes n’a pas manqué de saluer l’accompagnement de l’État dans la mise en œuvre des réformes entreprises par sa structure à savoir l’adoption de la loi portant Code des douanes, la récompense du mérite par l’octroi d’une médaille aux douaniers, la construction du nouveau siège de la direction générale des douanes, etc. Selon Amadou Konaté, les douanes ont un devoir de retour envers l’État « en réalisant tout simplement les objectifs quantifiés de recettes qui lui sont assignés durant cette année. Il a rappelé que, de janvier à octobre 2022, les douanes ont réalisé un total de 464,155 milliards de Fcfa, malgré le contexte difficile. Le DG des douanes a appelé à l’implication effective du personnel des douanes de Ségou, Mopti et Koutiala afin d’atteindre, en décembre 2022, les objectifs quantifiés de recettes à la direction des douanes qui sont de l’ordre de 611.290.000.000 Fcfa. Le directeur général des douanes et sa délégation se sont également rendus au gouvernorat pour rencontrer le chef de l’exécutif régional. Le contrôleur général de police Alassane Traoré a salué le travail abattu au quotidien par les soldats de l’économie, avant de souligner « la nécessité de renforcer la direction régionale des douanes de Ségou en personnel afin de réussir les objectifs qui lui sont assignés. » MS/MD (AMAP)
Mopti, au Centre du Mali : La campagne agricole en zone Office riz suscite de l’espoir
Par Dramane COULIBALY Mopti, 9 nov (AMAP) La campagne agricole 2022-2023 en zone Office Riz Mopti (ORM), dans le Centre du Mali, à la faveur de la crue exceptionnelle et de la bonne pluviométrie, augure de bonnes perspectives. Les producteurs de la zone entendent contribuer à la sécurité alimentaire du Mali avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales, toutes spéculations confondues, avec un accent particulier sur le riz qui occupe 73% au titre de ladite campagne. Celle-ci a démarré dans des conditions agro-climatiques et socioéconomiques difficiles, liées à la crise sécuritaire et humanitaire avec le sabotage de la station de pompage du périmètre moyen de Sofara, de l’ouvrage du casier de Torokoro-Kouna par des groupes armés non identifiés et le déplacement massif des populations. Selon le directeur général de l’ORM, Yaya Amadou Téssougué, « ces difficultés ont été aplanies avec des mesures prises » par son service et l’État. Il s’agit de la distribution gratuite de 21 tonnes de semence de riz certifié aux producteurs, l’entretien et la réhabilitation des infrastructures hydro-agricoles et le renforcement de la confiance entre l’encadrement, les organisations professionnelles agricoles, les partenaires au développement par des actions de concertation et de dialogue. Et d’ajouter que « l’État, suite aux évènements malheureux de Sofara, a octroyé gratuitement aux producteurs du périmètre moyen les 50% de leurs besoins en engrais minéraux et mis à leur disposition 8 moto pompes et intrants pour sauver la campagne ». Le premier responsable de l’ORM a, aussi, expliqué que la subvention des engrais par l’État pour 6.135 tonnes et la bonne répartition des pluies dans le temps et l’espace, associée à la bonne crue, ont permis la réalisation d’un objectif d’emblavure de 93.104 ha, soit 9,95% d’augmentation par rapport à la précédente campagne. Pour lui, il y a également un taux de germination satisfaisant. La zone d’intervention de la structure, qui couvre les parties inondables des Cercles de Djenné, Mopti, Ténenkou et Youwarou (Centre), est un bassin de production de céréales par excellence ou l’état végétatif et l’aspect général des champs est bon dans l’ensemble. Le riz est au stade épiaison en maîtrise totale et au stade levé de feuille dans les autres modes de riziculture. Le mil, le sorgho et le maïs sont au stade maturation (récolte en cours). C’est le constat établi par Yaya Amadou Téssougué après une série de visites de supervision de la campagne. Selon lui, malgré les difficultés liées au mauvais état des infrastructures hydro agricoles, le faible équipement des producteurs et la crise sécuritaire, ayant réduit la mobilité du personnel d’encadrement, « les efforts d’accompagnement des autorités à travers le ministère du Développement rural ont permis d’atteindre des objectifs d’emblavure avec une production attendue de 164.685 tonnes de céréales en zone ORM ». Pour booster la productivité et la production, la direction de l’ORM a initié un projet intitulé : «Projet de développement intégré de l’Office Riz Mopti» pour transformer les casiers rizicoles en maîtrise totale de l’eau. Cet ambitieux programme donne espoir aux producteurs de riz dans un contexte de changement climatique, dont l’adaptation reste une alternative crédible. Le projet qui ambitionne la transformation de 4.260 ha à cours termes bénéficie de l’accompagnement de l’État. Pour le président de la coordination des producteurs, Moussa Diallo, la difficulté majeure de cette campagne réside au niveau de la couverture du bassin de production en engrais minéraux. Contrairement aux années précédentes, l’accent a été mis sur l’engrais organique un système auquel les paysans n’étaient pas préparés. « Le système est à l’essai et sera évalué à la fin de la campagne », a-t-il indiqué. En termes de conseil, le DG de l’Office a invité les producteurs à élaborer un plan de fertilisation organique et de renouvellement des semences, à ne pas brader la production, à veiller sur la dynamique des oiseaux granivores ». Yaya Amadou Téssougué et le président de la coordination, Moussa Diallo, ont salué les efforts des plus hautes autorités à travers le ministre du Développement rural, Modibo Keïta, engagées pour réussir la campagne afin d’assurer l’auto-suffisance alimentaire du Mali. DC/MD (AMAP)
Culture du blé au Mali : Péril sur l’immense potentiel
Par Mohamed TOURÉ et Almahadi A. TOURÉ Bamako, 9 nov (AMAP) On pourrait bien appeler cela le paradoxe malien. L’État renonce à des milliards de Fcfa chaque année pour encourager l’importation de denrée de base : riz, blé… Le pays dispose, pourtant, de potentialités immenses inexploitées pour la production à grande échelle de ces produits, notamment du blé. Plus de 45.000 ha se prêtent à la culture irriguée du blé dans la Région de Tombouctou et 100.000 ha aménagés dans la zone Office du Niger avec une disponibilité des ressources hydriques et des conditions agro-climatiques favorables, selon les estimations de l’Institut d’économie rurale (IER). Ce potentiel est loin d’être exploité. Les données officielles soulignent que le Mali n’exploite qu’environ 10.000 ha sur ce potentiel immense. La production totale moyenne s’élève à 45.000 tonnes soit une productivité moyenne de 3,5 tonnes par ha. La consommation annuelle de blé dépasse 365.000 tonnes, dont seulement 12,33% produits localement. Le pays importe une grande quantité de graine de blé d’Europe pour la consommation domestique. Les données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) montrent que le Mali dépend fortement des importations de blé. «De 2015 à 2018, environ 278.550 tonnes de blé ont été importées en moyenne pour un coût annuel moyen estimé à près de 69 millions de dollars (environ 45,4 milliards de Fcfa)», souligne un document de recherche que nous avons consulté. À titre illustratif, « le Mali a importé 380.000 tonnes de blé en 2020 pour une consommation de 420.000 tonnes soit une production nationale de seulement de 40.000 tonnes », note le même document. Seulement ces derniers mois, le blé est devenu une denrée stratégique dans un contexte mondiale marqué par les effets de la guerre entre la Russie et l’Ukraine. Ces deux pays en sont les principaux producteurs mondiaux. «30% du blé au monde provient de la Russie et de l’Ukraine. Le blé est une céréale très consommée dans le monde et la plupart des pays importent de ces deux pays», explique l’économiste Modibo Mao Makalou, à propos de l’importance du blé dans le contexte de ce conflit qui secoue le monde depuis le 24 février 2022. La principale conséquence de ce conflit sur le continent africain a été la flambée des prix des denrées importées de ces deux pays. L’opportunité pourrait ainsi venir de la mise en valeur de la production locale pour les pays disposant de potentialités agricoles. «Le blé a la particularité d’être cultivé pendant la période froide alors que le riz par exemple est cultivé au cours de la période chaude», explique le Dr Oumarou Goïta, chercheur à l’IER. Ce spécialiste travaille, depuis plus de 20 ans, sur la sélection, le choix des variétés et les innovations dans la culture du blé au Mali. Les différents travaux qu’il a menés avec ses collègues ont permis de connaître avec précisons les conditions environnementales et les périodes de semi favorables au blé au Mali. Le Dr Goïta souligne que la culture du blé demande une grande technicité dans la gestion de l’eau pour fructifier les températures. Cette céréale a aussi la particularité de ne pas consommer beaucoup d’eau et les températures fraiches lui sont propices. Une aubaine pour certaines localités de la Région de Tombouctou, dans le Nord du Mali. La première région du Mali où la culture du blé aurait été introduite dès le 15è siècle, selon des sources historiques, par les Almoravides (Confrérie de moines guerriers, Berbères sahariens). ABANDON AU PROFIT DE L’OIGNON – Dans le Cercle de Goundam (Nord), le blé est en effet cultivé depuis des générations. Trois communes sont les fiefs de cette culture : Douékiré, Kanèye et Doukouria, situées à l’est de la Commune urbaine de Goundam, respectivement à 45 km et 5 km du chef-lieu de Cercle. Selon le chef du service local d’agriculture à Goundam, Amadou Almoudou, près de 2.500 ha de terres y sont exploités, chaque année, avec une production annuelle de 18.750 tonnes soit 7,5 tonnes à l’hectare. « Les surfaces cultivables sont façonnées en casiers, la méthode culturale est le semi par poquet et l’irrigation faite à l’aide de motopompes », explique Amadou Almoudou. Regroupés au sein de la coopérative des producteurs de blé du Cercle de Goundam, les producteurs écoulaient à perte une grande partie de la production. Le reste était vendu aux populations locales. Toute la production locale du Cercle, avant l’installation de l’insécurité et la survenue de la pandémie de Covid-19, intéressait un seul gros client : Achcar. « Il sillonnait les cercles de Diré et de Goundam à la fin des campagnes pour acheter les récoltes de blé, mais à un prix jugé presque dérisoire faute de concurrence », se souvient le président de cette unique coopérative des producteurs de blé. Mossa Ag Demba. Il juge que cette situation a découragé plus d’un exploitant. En plus de la vente à perte, les producteurs de blé demeurent confrontés à de nombreux défis dont la vétusté du système de canalisation, l’inflation du prix de l’engrais et autres intrants agricoles. Ce cumule de problèmes démotive de plus en plus les exploitants. Face à la situation, beaucoup de producteurs sont tentés d’abandonner la culture du blé, ces dernières années, au profit de l’oignon, du cumin et de l’anis, vendus dans les région situées au sud du pays à des prix plus alléchants. Avec l’argent obtenu, ils parviennent à payer des intrants, des tonnes d’engrais, des pièces de rechange et du carburant pour les motopompes. Une alternative à la perte causée par la mauvaise commercialisation du blé. Aujourd’hui, les blés produits dans les zones d’exploitation sont achetés et consommés par les populations des Régions de Tombouctou et Gao. Ils s’écoulaient très timidement, mais avec la crise actuelle les derniers stocks de blé ont été raflés par les consommateurs locaux. Le «sawal» l’unité de mesure du marché de la localité qui correspond à 3 kg est vendu à 1.750 Fcfa la mesure. Selon des documents de recherches, le blé est le deuxième produit agricole le plus important au Mali pour la sécurité alimentaire
Région de Gao (Nord) : Les services publics paralysés
Gao, 9 nov (AMAP) Les trois grandes centrales syndicales, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), la Confédération démocratique des travailleurs du Mali (CDTM) et la Centrale syndicale des travailleurs du Mali (CSTM), observent à Gao depuis, mardi, un arrêt de travail de 48 heures, a constaté l’AMAP sur place, Ce mouvement, pour protester contre les difficultés liées aux déplacements sur l’axe Gao-Sévaré (Centre), Gao-Ansongo (Nord), Gao-Bourem (Nord) à cause de l’insécurité, a ainsi paralysé les services administratifs de l’ensemble de la Région de Gao, excepté les services de santé et les commerces. Selon les responsables des trois centrales syndicales, cette réaction forte est la conséquence de l’insécurité grandissante dans la Région, notamment les derniers événements malheureux survenus sur le tronçon Gao-Ansongo ayant causé de nombreux morts et de blessés. Y compris le bétail emporté par les bandits ou les assaillants. Pour remédier à la situation, les trois centrales syndicales exigent la mise en place d’une riposte sécuritaire pour permettre aux paisibles citoyens de vaquer librement à leurs occupations. Elles dénoncent aussi le comportement de certains agents des forces de sécurité qui s’adonneraient à des intimidations et des rackets. Elles demandent tout autant la non-ingérence de certaines personnalités influentes dans les dossiers judiciaires, notamment ceux des délinquants mis aux arrêts. Les responsables des trois centrales syndicales réaffirment leur disponibilité au dialogue avec l’ensemble des parties prenantes au processus de développement de la région afin que des solutions idoines soient apportées dans les plus brefs délais. Comme à Gao, le mouvement est très suivi à Ansongo. «Le Cercle d’Ansongo souffre de l’insécurité, raison pour laquelle à l’appel des trois centrales syndicales, cet arrêt de travail de 48 heures est bien suivi par les services administratifs du cercle », a expliqué Seydou Cissé, membre de la société civile d’Ansongo. «Aujourd’hui, même durant la journée, des individus armés rentrent dans la ville pour enlever des personnes et leurs biens. Souvent, ils tuent sans aucune raison. Nous avons décidé de fermer les trois postes du cercle d’Ansongo. Ce qui fait qu’aucun véhicule ne rentre ni ne sort de la ville actuellement», a-t-il ajouté, Selon nos informations, les services administratifs dans les autres Cercles de la région observent le mouvement de grève. AT/MD (AMAP)
Office du Niger : 800.000 tonnes de riz attendues
Par Mamadou SY Ségou, 8 nov (AMAP) La production attendue de riz paddy est 800.000 tonnes sur une prévision de 900.000 tonnes, au sortir de la campagne 2022-2023, avec une mise en valeur de plus de 115.000 ha, dans l’ensemble des zones de production de l’Office du Niger (Kolongo, Ké-Macina, Niono, Molodo, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani). Le directeur de l’informatique, de la planification et des statistiques de l’Office du Niger, Bamoye Keita, qui l’a annoncé mercredi dernier, intervenait lors d’une visite de terrain du Président directeur général (PDG) de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, accompagné de ses proches collaborateurs, dans les zones de production de M’Bewani, N’Débougou, Niono et Kouroumari. Il en ressort que les activités agricoles ont été réalisées conformément au calendrier agricole. De Niono en passant par N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani, la récolte et le battage du riz de la saison d’hivernage sont en cours. La mise en place de pépinières pour les spéculations maraîchères a débuté. L’insécurité caractérisée par la présence de quelques cellules dormantes de terroristes dans certaines zones de production et le retard accusé dans l’approvisionnement des exploitants en engrais subventionnés ont impacté la campagne agricole. La première étape de cette visite de terrain a concerné la zone de production de M’Bewani. Le PDG de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, et sa délégation ont successivement visité les parcelles de riz de Seydou Coulibaly et Issouf Diarra. Avant d’assister à la récolte et au battage du riz. Seydou Coulibaly cultive la variété Gambiaka sur une superficie de 2,27 ha. Le visage illuminé par un sourire, il savoure l’instant présent et se dit satisfait du climat qui a prévalu. «La pluie a été au rendez-vous cette année. Sur le plan sécuritaire, l’appui des forces armées et de sécurité nous a permis de travailler en toute sérénité. Je n’ai pas rencontré de difficultés majeures au cours de cette campagne», a expliqué M. Coulibaly. Après M’Bewani, la délégation a mis le cap sur Ringande, un village situé dans la zone de production de N’Débougou. Sur place, elle a visité le champ de riz de Djénéba Ouédraogo. Cette exploitante agricole cultive la variété Kogoni 91-1 sur une superficie de 2,1397 ha. Son riz est au stade de la récolte. Sa médaille de l’ordre du Mérite agricole en évidence, Djénéba Ouédraogo se réjouit du bon déroulement de la phase de récolte et espère obtenir 8 tonnes de riz à l’hectare. À quelques mètres du champ Djénéba Ouédraogo, plusieurs hommes et femmes s’activaient, sous un soleil ardent, autour de la machine de battage. Souleymane Zango, un autre exploitant agricole que nous avons rencontré espère récolter 50 sacs de riz paddy par hectare malgré le retard dans l’approvisionnement des exploitants en engrais. À en croire le directeur de zone de Kouroumari, Salif Ouédraogo, les dispositions prises par les forces armées et de sécurité ont permis d’atteindre un taux de mise en culture de 89%, contre 71% pour la campagne agricole 2021-2022. M. Ouédraogo a rappelé que l’année dernière, à la même période, les activités agricoles avaient été perturbées par des hommes armés non identifiés. «Cette année, avec à la présence de patrouilles de l’armée, les opérations de récolte et de battage se déroulent normalement», nous a-t-il confié. Et le directeur de zone de Kouroumari d’ajouter que les paysans sont satisfaits des résultats engrangés, y compris l’encadrement technique qui parvient désormais à surveiller et conseiller les producteurs. SECURITE – Dans la zone de production de Niono, où la délégation s’est rendue, plusieurs producteurs étaient en pleine récolte. C’est le cas de Souleymane Dembélé qui pratique la riziculture sur une superficie de 10,13 ha. «Cette année, la campagne agricole s’est bien déroulée et nous sommes actuellement en plein dans la récolte du riz», a dit Souleymane Dembélé. Toutefois, il a déploré le fait que certains exploitants agricoles n’ont pas pu cultiver cette année à cause de l’insécurité. Il a salué les efforts des FAMa et des autorités de la Transition en faveur du bien-être des acteurs du monde rural. Le directeur de l’appui au monde rural, Djimé Sidibé, lui, a estimé que la gestion de la production destinée à l’autoconsommation et à la commercialisation demeure un défi majeur après la phase de récolte et de battage du riz. Afin de pallier ce problème, M. Sidibé a revélé que l’encadrement a entamé la sensibilisation des paysans au niveau des villages et des exploitations familiales. En marge de cette visite, le PDG de l’Office du Niger s’est rendu sur le site devant abriter le Projet N’Débougou IV, financé par la Banque allemande de développement (KFW) pour un montant d’environ 30 milliards de Fcfa. Selon Tidiane Traoré, le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger, ce Projet concerne non seulement la réhabilitation du casier de N’Débougou sur 4.200 hectares, mais aussi le renforcement de capacités des paysans et l’installation de mini-rizeries. Le lancement des avis d’appel d’offre pour l’ensemble des travaux est prévu pour décembre 2022, a annoncé le directeur de l’aménagement et de la gestion du foncier de l’Office du Niger. RESSOURCES HUMAINES – Après cette tournée dans les champs de riz, le Président directeur général de l’Office du Niger, Abdel Karim Konaté, a eu une séance de travail avec les agents et les directeurs des zones de production de Niono, N’Débougou, Kouroumari et M’Bewani. C’était dans la salle de réunion de la direction de zone de Niono. L’objectif de cette rencontre était de partager avec eux les réformes entreprises par l’Office et recueillir leurs préoccupations. Intervenant à l’issue de la rencontre, la directrice des Ressources humaines de l’Office du Niger, Mme Sylla Ramata Djiguiba, a rappelé que ces différentes réformes sont issues des recommandations des audits externes. Parmi ces réformes figurent le cadre organique, les plans de formation et de carrière. «Ces documents majeurs ont été adoptés lors de la dernière session du Conseil d’administration de l’Office du Niger», a déclaré Mme Sylla Ramata Djiguiba. Elle a ajouté que l’objectif global est la valorisation des ressources
Fousseyni Maïga, directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM) : «Faire du cinéma un pilier du développement économique»
Propos recueillis par Amadou SOW Bamako, 07 nov (AMAP) Pour les cinéphiles, le glorieux passé du cinéma malien évoque en eux des souvenirs agréables. Ils souhaitent de tout cœur que le 7è art malien retrouve son lustre d’antan à travers des films, mais aussi des hommes et des femmes (ces cinéastes qui ont fait du Mali une grande nation de culture cinématographique). Malheureusement, depuis quelques années, le secteur connait des difficultés. Pour en savoir plus, nous avons échangé avec le nouveau directeur général du Centre national de la cinématographie du Mali (CNCM), Fousseyni Maïga, qui a fait le check-up du cinéma malien. AMAP : Votre nomination à la tête du cinéma malien a été largement commentée sur les réseaux sociaux comme étant un coup de pouce pour le 7è art. Quelle appréciation en faites-vous ? Fousseyni Maïga : Permettez-moi tout d’abord d’adresser ma reconnaissance à toutes les personnes ayant commentées positivement ma nomination sur les réseaux sociaux. Je voudrai également exprimer toute ma gratitude aux plus hautes autorités du pays, à travers le ministre en charge de la Culture, Andogoly Guindo. J’ai été agréablement touché par la motion de soutien de la Fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel du Mali (FENACAM) qui regroupe tous les corps de métier du cinéma et de l’audiovisuel. Malgré des défis structurels auxquels le cinéma fait face, depuis plusieurs années, nous avons apporté notre modeste contribution au rayonnement du secteur à travers des productions régulières, le développement d’un nouveau modèle économique et une nouvelle offre cinématographique plus volontariste. Au-delà de nos ambitions, nous avons mesuré les attentes de cette responsabilité. AMAP : Le cinéma malien peine, depuis 20 ans, à se hisser au sommet des grands événements cinématographiques comme le Fespaco. Quelle lecture faites-vous de cette situation ? FM : Les brillants résultats engrangés par le cinéma malien en son temps étaient le fruit d’une série d’initiatives volontaristes entreprises par les plus hautes autorités du pays et plaçant le cinéma au cœur de la dynamique de construction d’une identité culturelle forte. Cette volonté politique a permis la formation de nombreux cinéastes, et s’est traduite par la valorisation d’un marché avec l’ouverture de salles de cinéma dans presque toutes les agglomérations du pays. L’acquis le plus important à l’époque était le financement de la filière avec des guichets internationaux qui ont renforcé les moyens locaux mis à la disposition par l’État. Les résultats, naturellement, ont été à hauteur d’ambitions. Hélas, depuis quelques années, le Mali brille par son absence. Cette léthargie s’explique essentiellement par le manque de financement, mais aussi un déficit de structuration des différents corps de métier, le faible niveau des ressources humaines et bien entendu un manque de volonté politique. Malgré cette faiblesse, les films maliens sont bel et bien présentés au FESPACO. Ils concourent avec des films dont le budget est 40 fois plus élevé que celui des nôtres. Il faut l’admettre aussi, les œuvres proposées par nos cinéastes ne sont pas très compétitives et ne bénéficient toujours pas du lobbying ou de la promotion nécessaires pour maximiser leurs chances. AMAP : De votre prise de fonction à nos jours, quelles ont été les grandes actions menées par le CNCM pour le réveil du cinéma malien ? FM : Après trois mois d’activité, des résultats concrets ont été enregistrés sur tous les chantiers malgré la situation conjoncturelle du pays, marquée par le gel des crédits et les restrictions budgétaires. La première action a porté sur une série de consultations et de réflexions qui nous ont permis d’écouter les acteurs et professionnels de la filière cinéma, de recueillir leurs attentes et d’analyser avec eux les pistes de solution pour la relance du secteur. Cela a permis d’élaborer un plan d’action stratégique qui couvre la période 2022-2024 et une proposition de relecture et d’adoption d’une Politique nationale pour le cinéma. Cette réflexion a, aussi, permis de faire des recommandations qui sont, entre autres, la gouvernance, la formation, la professionnalisation, l’augmentation substantielle et qualitative des productions et le développement d’un marché intérieur du cinéma. En effet, l’approche managériale a été repensée et orientée vers une gestion inclusive. Un système de gestion intégré a été initié au CNCM afin de moraliser la gestion des ressources financières et d’augmenter substantiellement les recettes. Il faut également noter la relecture des contrats et une augmentation de 100% de la masse salariale du personnel contractuel. La FENACAM et l’ensemble des partenaires sociaux internes sont associés dans les prises de décisions et consultés pour les orientations stratégiques. Le processus de relance de la carte professionnelle, la structuration avec les organisations faitières et la relecture des textes ont été déclenchés. Les programmes de formation, production et diffusion ont été lancés. Pour la formation, «In pact cinéma» est un projet fédérateur qui forme 50 nouveaux talents dans tous les corps de métier du cinéma. Ces derniers seront formés sur une période de 6 mois, accompagnés dans la réalisation de leurs premiers ou seconds projets et coachés pour faciliter leur intégration dans les métiers du cinéma. Durant ce trimestre, ont été produits 4 films dont 2 longs métrages fiction et documentaire. Cette performance s’explique autant par la motivation du personnel. Le CNCM a, aussi, soutenu 10 projets de cinéma qui seront disponibles d’ici le 31 décembre prochain contre une moyenne de 2 à 3 projets par an. Pour le marché intérieur, nous avons acquis un financement pour les études de réhabilitation de 7 salles de cinéma dans les localités de Bamako, Kati, Ségou, Koulikoro, Markala, San et Mopti avant fin 2024. AMAP : Selon vous, quelles sont les difficultés qui plombent le 7è art au Mali ? FM : Depuis de nombreuses années, il n y a plus aucun dispositif de formation dans les métiers du cinéma. Les stages et opportunités ponctuels, ayant permis d’avoir des alternatifs de formation pour la génération intermédiaire de cinéastes maliens, se font de plus en plus rares. Le déficit de productions locales, faute de financement, l’absence de structuration et de compétitivité des sociétés de productions nationales, l’inexistence d’une
Port du casque au Mali : La sensibilisation d’abord
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 4 nov (AMAP) Le Code de la route du Mali, qui date de 1999, impose à chaque conducteur et passager de moto le port d’un casque de protection. Cependant, peu de conducteurs d’engins à deux ou trois roues respectent cette réglementation « dont l’application effective est prévue à partir du 1er janvier 2023, conformément à la vision des autorités de la Transition », annonce le directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (ANASER), Ousmane Maïga. Pour justifier la décision de rendre obligatoire le port du casque, M. Maïga évoque les statistiques sur les accidents de la circulation routière. Il révèle, à cet effet, que 70% des accidents de la circulation impliquent directement les engins à deux et trois roues. Aussi, au niveau des grands hôpitaux plus de 50% des cas d’urgence, sont des victimes d’accidents de la route et près de 80% sont des passagers ou conducteurs de moto. D’où l’urgence de prendre le problème de circulation de moto à bras le corps. « Quand on regarde un peu les légions enregistrées au niveau des hôpitaux, 75% ce sont des traumatismes crâniens, en tout cas des lésions qui concernent la tête », déplore notre interlocuteur. Selon cet expert des questions de la sécurité routière, la seule possibilité de protéger un usager contre les traumatismes crâniens en cas d’accident de circulation, c’est le casque de protection. SENSIBILISATION DE PROXIMITE – « Le gouvernement a décidé, en Conseil des ministres, qu’avant l’application effective de la réglementation, une vaste campagne de sensibilisation soit menée :, explique Ousmane Maïga. Objectif : permettre au maximum d’usagers de pouvoir se mettre en règle vis-à-vis de la réglementation. « On fait cette campagne depuis mars 2022, qui devrait normalement finir en août, mais à l’évaluation, nous nous sommes rendu compte que peu de conducteurs et passagers portent le casque. C’est pourquoi il a été décidé lors du Conseil des ministres du 24 août dernier de poursuivre la sensibilisation jusqu’à la fin de l’année et de commencer l’application effective à compter du 1er janvier 2023 », précise le directeur général de l’ANASER. Dans cette démarche, ce sont des sensibilisations de proximité qui ont été effectuées. « Chaque fois qu’on veut appliquer une mesure, les gens disent qu’ils ne sont pas au courant. Donc nous avons des campagnes de sensibilisation sur le port du casque dans les lieux de culte, à travers le ministre des Cultes, dans les écoles et les marchés », confie M. Maiga. « A cette sensibilisation, s’ajoute la communication digitale en cours et qui continuera jusqu’à décembre pour avoir l’adhésion de la population », indique-t-il. 120.000 CASQUES – « Après avoir exploré le marché pour l’approvisionnement en casque, l’ANASER a fait des échantillonnages et a pu répertorier 51.000 casques à Bamako et près de 70.000 dans toutes les régions réunies », révèle Ousmane Maïga. Au total : 120.000 casques sont disponibles sur le marché, alors que le nombre des motos est estimé à peu près à 2 millions. Ce nombre de casques est insuffisant. « Il n’y a pas une moto qui arrive au Mali dans les caisses sans que chaque moto soit munie de deux casques. Donc s’il y a deux millions de motos, c’est qu’il y a 4 millions de casques. Mais le fait que la réglementation n’était pas appliquée, certains commerçants ont réexporté les casques vers le Burkina Faso ou d’autres pays où les casques sont beaucoup utilisés », croit savoir le directeur de la sécurité routière. Pour lui, c’est la règle du marché, à cet égard, c’est la demande qui doit conduire les commerçants à importer des casques. « Il y a de gros vendeurs qui peuvent satisfaire ce besoin », dit-il. À Bamako et dans cinq régions, le prix du casque moyen varie de 5.000 à 20.000 Fcfa, pour les motos les plus utilisées. « Nous sommes en train de faire des sondages pour voir le taux du port du casque, pour voir si, malgré toutes les démarches que nous sommes en train de faire, les gens continuent à porter les casques. Avant même le deadline de l’application effective, en décembre prochain, nous nous proposons de faire des contrôles routiers », annonce le directeur général. En attendant l’application effective de la réglementation, les motocyclistes qui ne portent pas de casque n’auront pas accès à certaines infrastructures, comme les ponts et certains artères à Sikasso ou l’artère principale à Ségou. « Nous allons commencer par les moyens de dissuasion en même temps continuer à sensibiliser. Hier (Ndlr, mercredi) pour faire la promotion de casques, la ministre des Infrastructures et des Transports a fait un don symbolique au ministère de la Sécurité et de la Protection civile et cela se poursuivra avec d’autres départements ministériels », révèle Ousmane Maïga. L’objectif étant de rehausser le taux du port du casque de protection. Il ressort des explications du directeur général, qu’à partir du mois de janvier prochain, la réglementation s’appliquera dans toute sa rigueur et des amendes imposées en cas d’infraction. A cet égard, l’accès au service public sans casque sera interdit. Cette mesure est en vigueur déjà au ministère des Transports et des Infrastructures. Mieux, une charte de la sécurité routière est en cours d’élaboration, que l’ANASER fera signer par les entreprises, pour qu’elles fassent autant. « Chaque fois qu’un usager ne porte pas son casque, il payera 3 000 Fcfa et la moto sera immobilisée jusqu’au paiement de l’infraction. Pour récupérer sa moto, l’usager va devoir chercher la preuve qu’il possède un casque », prévient notre interlocuteur. Selon le directeur général, courant 2023, l’ANASER, effectuera une évaluation afin de savoir s’il y a lieu d’augmenter l’amende au prix du casque. Parlant des normes de qualité, il assure que tous les casques sur le marché sont normalisés et sa structure travaille actuellement avec l’Agence malienne de normalisation et de promotion de la qualité (AMANORM) pour établir une norme malienne. Ce processus en cours, porte sur la norme nationale qui servira de base pour les commerçants dans les intentions d’exportation. Il sera aussi demandé aux fournisseurs d’exiger des firmes qui fabriquent les casques de tenir compte de la norme malienne pour
Kangaba : Installation d’une compagnie d’intervention de la Gendarmerie
Kangaba, 4 novembre (AMAP) Une compagnie d’intervention de la gendarmerie (CI) composée de plus de 80 éléments, placée sous le commandement du Capitaine Moulaye OULD, a été installée le 31 octobre dernier à Kangaba, a constaté l’AMAP. Cette compagnie a été installée suite à la prolifération des sites d’orpaillage, l’insécurité qui gagne du terrain sur les deux rives du fleuve Niger, les rivalités entre les populations des villages et des communes qui se sont affrontées à plusieurs reprises avec les sociétés minières faisant souvent des victimes et des dégâts matériels considérables. Face à ces situations, les autorités locales du fait de l’insuffisance notoire des effectifs sur place demandaient chaque fois des renforts à leur hiérarchie. Selon le préfet du cercle de Kangaba, l’arrivée de cette compagnie va combler l’attente des autorités administratives et politiques en matière de sécurisation des personnes et de leurs biens. Monsieur Alidji BAGNA a, au nom des populations salué les plus hautes autorités de notre pays pour l’envoi de cette compagnie tant souhaitée par elles. Pour le Commandant de cette Compagnie, leur mission est celle régalienne de l’Etat à savoir la sécurisation des populations et de leurs biens. La compagnie a déjà commencé à organiser des patrouilles le long de la frontière avec la Guinée en passant par tous les villages sans exception. SD/KM (AMAP)
Le Mali et le Burkina Faso affichent une commune volonté de coopération militaire
Bamako, 03 nov (AMAP) Le Mali et le Burkina Faso, qui font face aux attaques terroristes depuis plusieurs années, entendent donner un nouvel élan à leur partenariat en matière de défense et de sécurité, selon le président de la Transition du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré. « Le plus important pour nous, dans la situation actuelle, c’est le défi sécuritaire. On est venu échanger sur comment renforcer la coopération militaire pour pouvoir mieux mener nos opérations et sécuriser nos populations », a déclaré, mercredi, à Bamako, le président Ibrahim Traoré à l’issue de son séjour de quelques heures dans la capitale malienne. Le colonel Assimi Goïta et le capitaine Ibrahim Traoré se sont retrouvés au palais de Koulouba pour un second tête-à-tête, suivi d’une séance de travail élargie à leurs délégations. Quelques jours après son investiture, le capitaine Traoré a choisi le Mali pour effectuer son premier déplacement à l’étranger. Les possibilités et perspectives en matière de coopération opérationnelle dans la lutte contre le terrorisme ont donc été largement évoquées pendant cette visite. Elle a, aussi, permis au président burkinabè de bénéficier des conseils de son homologue malien pour anticiper les problèmes sécuritaires que pourrait engendrer un éventuel repli des groupes armés terroristes sur le territoire burkinabè, en raison de la montée en puissance des Forces armées maliennes (FAMa). Visiblement satisfait de son court séjour, le visiteur de marque a invité les populations malienne et burkinabé à plus de solidarité, à se donner la main et à rester unis dans la lutte contre le terrorisme. « Dans l’optique d’améliorer la sécurité de nos populations respectives, le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition du Faso et moi avons eu cet après-midi, des échanges fructueux autour des défis majeurs qui impactent la paix et la stabilité de nos Etats», a indiqué le président Assimi Goïta sur son compte twitter. La visite du président du Faso au Mali aura duré quelques heures, car après la séance de travail avec son homologue Assimi Goïta au palais de Koulouba, l’hôte de marque a regagné son pays en début de soirée. Le choix du président du Faso, accompagné d’une forte délégation composée notamment du ministre d’Etat, ministre de la Défense et des Anciens Combattants, le colonel-major Kassoum Coulibaly, de se rendre au Mali avec lequel le Burkina partage plus de 1 200 km de frontière, a été inspiré par les situations sécuritaire et politique similaires dans les deux pays. Les deux présidents de Transition sont engagés dans la lutte contre des Groupes armés terroristes (GAT). La similarité des contextes incite au renforcement de la coopération bilatérale et à la mutualisation des moyens de combat. BD/ID/MD AMAP
Révision annuelle des listes électorales : Faible engouement dans les centres
Par Bembablin DOUMBIA Bamako, 1er nov (AMAP) Mercredi dernier, il est environ 10 heures à Bamako. Nous sommes au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, où les opérations de révision des listes électorales de la Commune VI se déroulent. En cette matinée ensoleillée, il n’y a pas d’affluence autour des agents chargés de ces opérations. La cour du Centre est presque vide. Salia Sangaré, président de la commission administrative de la révision des listes électorales du centre et son équipe s’emploient, activement, à faire les radiations qui consistent à enlever les noms des personnes décédées au cours de l’année et celles condamnées et ne disposant plus du droit de vote. Et ce, sur la base du registre de décès de la mairie de la Commune VI. Salia Sangaré pense clairement que ce travail est alambiqué. «S’il faut regarder dans les registres puis fouiller sur la liste électorale pour voir si la personne y existe ou pas, c’est vraiment un peu compliqué», renchérit-il. Notre interlocuteur pensait que sa structure allait être doté d’un ordinateur par la Délégation générale aux élections (DGE). Cela, afin de pouvoir, une fois qu’ils ont un nom, faire la recherche sur la liste électorale au lieu de fouiller dans les papiers. « Il peut y avoir des homonymes, mais si vous avez la machine pour vérifier cela, c’est plus facile», estime-t-il. Par ailleurs, Salia Sangaré signale que son service n’a reçu la liste de validation, qui consiste à intégrer les nouveaux électeurs, que mardi dernier. « Toute chose qui n’est pas normale », déclare-t-il, avec une pointe d’amertume. Notre interlocuteur dit, en outre, que du 1er octobre à mercredi dernier, son service a enregistré 221 cas de transferts (qui permettent aux gens qui ont changé de domicile de pouvoir voter dans leurs nouveaux lieux de résidence) et 211 radiations. Selon lui, le manque d’affluence autour de ces opérations est dû à un problème de communication. Il déplore aussi le fait que les gens attendent toujours la dernière minute pour venir. A notre passage dans ce centre, un électeur du nom de Lassine Traoré s’était présenté à la commission administrative. Ce commerçant d’une quarantaine d’années était venu transférer son lieu de vote de Sogoniko à Diandjiguila en Commune VI du District de Bamako, où il réside désormais. Comme au Centre secondaire d’état civil de Magnambougou, l’affluence n’était pas au rendez-vous au niveau des commissions administratives des Communes V, IV et III. Au passage de notre équipe de reportage sur ces sites, aucun n’usager n’était présent. Les agents de ces services s’activaient à faire des radiations sur la base du registre des mairies. Les responsables de ces commissions indiquent n’avoir reçu, pour leur part, les listes de validation que ce mercredi. En Commune V, si les radiations et les transferts étaient, respectivement, au nombre de 105 et 129 à la date du mercredi, ils étaient, par contre, de 188 et 27 au niveau de la Commune III. Quant à la commission administrative de la Commune IV, elle peut enregistrer 10 à 20 transferts par jour, selon ses responsables. NOUVEAUX ELECTEURS – Il convient de souligner que les validations ne sont que des formalités. En effet, il n’est pas obligatoire que quelqu’un se déplace pour valider son inscription sur la liste électorale. Lorsqu’on atteint 18 ans, l’individu est automatiquement intégré dans le fichier électoral de la DGE. Toutefois, les intéressés pourront aller vérifier et corriger auprès des commissions s’ils sont inscrits ou pas sur la liste électorale ou pour signaler une erreur. « Sinon, ce n’est pas une opération de validation proprement dite ou si l’intéressé ne vient pas, il est radié », précisent-ils. Ainsi, il ressort des données officielles que les nouveaux électeurs de l’intérieur comme de l’extérieur sont au nombre de 341.653. De ce fait, la révision annuelle des listes électorales pour 2022 s’effectue sur un fichier contenant 8.515.057 électeurs. Il convient de rappeler que le fichier électoral de l’année dernière comportait 8.173.404 électeurs. Dans un rapport d’audit publié en 2018, l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) indiquait que «seuls 22% des jeunes et des femmes de 18 à 30 ans figurent sur le fichier électoral de du Mali alors que ceux-ci constituent plus du tiers de la population». De son côté, dans un rapport qu’elle a récemment publié, la Mission d’observation des élections au Mali (Modele-Mali) a salué le démarrage des opérations de révision dans la majorité des communes des 49 cercles et dans les 6 communes du District de Bamako. Cette révision intervient dans un contexte marqué par l’installation des membres de l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE) «qui doivent superviser les opérations, suivant l’article 57 de la loi électorale». Cependant, notre équipe de reportage n’a pas constaté leur présence dans le dispositif, mercredi. Toutefois, la Modele-Mali a noté que ces opérations suscitent une très faible mobilisation auprès des populations pour diverses raisons. Elle faisait allusion au manque d’informations nécessaires sur l’importance de ces opérations de révision. L’organisation, qui a noté des défis logistiques ayant émaillé les activités sur plusieurs parties du territoire national, a demandé l’envoi diligent des documents de travail aux commissions administratives. S’y ajoutent l’intensification des activités d’information et de sensibilisation autour de cette révision et le renforcement de la sécurité dans les zones à risque pour permettre aux citoyens d’avoir accès aux commissions. Depuis mars 1991, notre pays s’est inscrit dans la voie de la démocratie qui nécessite une bonne organisation des élections. Ainsi, «pour qu’il y ait des élections justes, transparentes et apaisées, il faut un fichier électoral fiable», précise le directeur général de l’Administration du territoire, Abdoul Salam Diepkilé. Il rappelle que la révision annuelle des listes électorales est une opération prévue dans la loi 2022-019 portant loi électorale en son article 51 et suivants. Cette révision annuelle des listes électorales a pour objectifs de permettre aux personnes omises sur la liste électorale ou aux jeunes qui viennent d’avoir 18 ans, de pouvoir s’inscrire sur la liste électorale et de radier les personnes qui sont décédées ou qui ont perdu leurs droits de

