Mali-Suède : Un financement de la sécurité alimentaire de plus de 12 milliards de Fcfa

Bamako, 29 nov (AMAP) Le gouvernement et l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF), ont officiellement lancé, lundi à Bamako le Projet de renforcement de la résilience des communautés affectées par l’insécurité alimentaire, la malnutrition et les effets du changement climatique, a constaté l’AMAP. Ce projet conjoint financé par le gouvernement de la Suède pour un coût global de 23 millions de dollars (environ 12,8 milliards de Fcfa), d’une durée de quatre ans (2022-2025) vise à renforcer la sécurité alimentaire et nutritionnelle des ménages les plus vulnérables dans les Régions de Ségou (Centre), Sikasso et Bougouni (Sud). Le projet ciblera directement à peu près 150.000 personnes et plus d’un million d’autres indirectement à travers, entre autres, la promotion de la gestion durable, équitable et non-violente des ressources naturelles et l’autonomisation des systèmes à divers niveaux (institutionnel, communautaire et ménage). Il s’attèlera également au renforcement des services sociaux de base et des filets sociaux, tout en prenant en compte des questions liées à la sécurité alimentaire et nutritionnelle, aux comportements et pratiques alimentaires et d’hygiène des personnes les plus vulnérables. S’y ajoute l’amélioration de la résilience des populations d’agriculteurs et d’éleveurs face au changement climatique. CHOCS MULTIFORMES – Le secrétaire général du ministère du Développement rural, Daniel Siméon Kelema, qui a présidé le lancement, a indiqué que « ce projet va permettre de renforcer durablement les acquis des efforts du gouvernement en mettant l’accent sur les capacités de résilience des communautés et des systèmes face à ces chocs tout en créant les conditions endogènes d’appropriation des interventions aussi bien par les élus locaux que par les communautés elles-mêmes. » « L’impact du changement climatique sur les moyens de subsistance et les habitudes de consommation de nos populations est de plus en plus perceptible », a-t-il pousuivi, « Ainsi, la taille de la population en situation d’insécurité alimentaire augmente parce que les défis sont de plus en plus énormes dans un contexte de chocs multiformes ». Selon Daniel Siméon Kelema, il en va de même pour la malnutrition « surtout parmi les enfants de moins de cinq ans dont le niveau reste préoccupant sur la série des dix dernières années avec des zones ayant franchi le seuil d’alerte. » Il a assuré que le gouvernement et ses partenaires sont à la tâche pour répondre vigoureusement à ces problématiques. » APPROCHE MULTISECTORIELLE – Aux noms des trois agences du système des Nations unies, la représentante par intérim de l’UNICEF au Mali, Andrea Berther, a relevé que les lancements au niveau local qui ont eu lieu à Sikasso et Ségou au mois de mai dernier, « ont démontré un engagement réel des autorités locales pour accompagner la coordination, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation de ce projet. » Selon Andrea Berther, l’exercice de ciblage qui a impliqué l’ensemble des acteurs locaux et quelques représentations des organisations à base communautaire a débouché sur la sélection de 147 villages dans lesquels toutes les activités seront menées de façon conjointe. Cela, « en utilisant les capités endogènes des communautés, des partenaires nationaux au niveau local et central et les avantages comparatifs de ces trois agences en appui aux efforts du gouvernement du Mali. » De son coté, le chef de la coopération suédoise, Richard Bomboma, a rappelé que ce partenariat renforcé entre ces organisations au Mali vise à contribuer aux Objectifs de développement durable de l’Agenda 2030. Bomboma a soutenu que le Programme contribuera spécifiquement à la Politique nationale sur la sécurité alimentaire, la nutrition et à la Stratégie nationale de résilience connue sous le nom de «Priorités-Résilience-Pays-Mali» de l’Alliance mondiale pour la résilience au Sahel et en Afrique de l’Ouest. «La situation conflictuelle a mis à mal la cohésion sociale au Mali. Le renforcement de la résilience en matière de sécurité alimentaire et de nutrition pour les personnes les plus vulnérables nécessite une approche multisectorielle et intégrée », a-t-il expliqué. MS/MD (AMAP)

San : Lancement du 4ème passage de la campagne de vaccination contre la covid-19

San, 28 novembre (AMAP) La cérémonie de lancement du 4ème passage de la campagne de vaccination contre la covid-19a été présidée lundi dernier à San, par l’adjoint du préfet de cercle, Sékou Konta, a constaté l’AMAP. Selon le médecin chef du District Sanitaire de San, Docteur N’Fa Adama Diallo, 16930 personnes âgées de 12 ans et plus sont concernées par cette campagne sur 31 aires de santé. Ainsi, le District Sanitaire a eu en sa possession 1530 doses de vaccin PFeizer, 2400 doses de Jonhson ans Johnson et 3000 doses de sinovax. Le stock restant des passages précédents a aussi été utilisé lors de cette campagne. Il est à noter que plusieurs personnes ont reçu également leurs doses de vaccins contre la covid-19 lors de la célébration de la journée internationale des droits de l’enfant. Le 18 novembre dernier, poursuit le médecin chef, après la prière du vendredi, à la grande mosquée de San, plusieurs fidèles musulmans ont également reçu leurs doses de vaccins, y compris ceux des pèlerins catholiques au pèlerinage de Kita. NC/KM (AMAP)

Mali : Les acteurs des Transports font le bilan des réalisations  

Bamako, 25 nov (AMAP) Les acteurs du secteur des transports au Mali, ont commencé, jeudi, à Bamako, la 19è réunion annuelle des services des Transports sous le thème «Développement des transports de masse», afin de faire le bilan des réalisations de l’année écoulée, a constaté l’AMAP. Cette rencontre de deux jours permet, aussi, de planifier les actions futures et d’engager les débats sur des questions relatives à l’amélioration de la qualité des services rendus aux usagers. Dans son discours d’ouverture, la ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, a indiqué que « les transports de masse se présentent comme l’une des solutions les plus optimales aux problèmes rencontrés dans le secteur ». Selon elle, « ce thème permettra d’élargir la discussion sur les mécanismes et possibilités de financement du secteur des transports et les modalités de renouvellement du parc automobile commercial du Mali. » Faisant le bilan des activités menées en 2022, Mme Dembélé Madina Sissoko a mis l’accent sur les efforts consentis dans le cadre de l’assainissement de notre environnement. En effet, l’année 2022 a été particulièrement marquée par l’opération spéciale d’immatriculation des engins à deux et trois roues et de délivrance de permis de conduire à leurs conducteurs. Au total, 22.856 engins ont été immatriculés et 11.390 permis délivrés. Le principal acquis engrangé au plan institutionnel est l’érection de la Direction nationale des transports terrestres, maritimes et fluviaux en Direction générale des transports. Autres activités réalisées, c’est l’organisation des élections consulaires et l’installation d’un nouveau bureau au Conseil malien des chargeurs. La ministre a également mentionné la validation en atelier des projets d’arrêtés d’application du Code de la navigation fluviale et la mise en place des Comités de facilitation des transports du Mali et de la Guinée. S’agissant du trafic ferroviaire, Mme Dembélé Madina Sissoko a annoncé que son département « travaille non seulement à la réhabilitation de la ligne ferroviaire Kayes-Koulikoro mais aussi à l’ouverture de la voie ferrée vers d’autres horizons. » Cependant, selon la ministre, le chantier de la relance du trafic ferroviaire est immense. «Il suscite tant d’espoirs que le moindre essai technique signifie pour les populations la reprise définitive du transport ferroviaire. Les actions réalisées à ce jour entretiennent l’espoir de relance imminente du trafic, malgré les multiples contraintes», a-t-elle déclaré. Le Représentant résident de la commission de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA), Moustapha Barro, a relevé que cette réunion se tient un an après la mise en œuvre de l’Accord sur la zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAF). Cette zone devrait accroître le commerce intra-africain des services des Transports de près de 50%, selon les dernières estimations de la Commission économique pour l’Afrique (CEA). Moustapha Barro a estimé qu’il s’agit là d’une opportunité que le Mali devrait saisir à travers le développement du transport de masse. Le représentant de l’UEMOA s’est également appesanti sur les résultats de recherches qui annoncent, d’ici à 2030, une intensification du trafic à tous les niveaux. Le fret routier devrait passer de 201 à 403 millions de tonnes et nécessitera 1.844.000 camions pour les cargaisons en vrac et 248.000 camions pour le fret de conteneur. La demande de wagon pour le transport ferré est estimée à 97.614 wagons pour les cargaisons de fret en vrac et 20.668 wagons pour le fret conteneur. Le fret maritime passera de 58 millions à plus de 131 millions de tonnes et sollicitera 126 navires pour les cargaisons en vrac et 15 navires pour les conteneurs arrimés. Et la quantité transportée par voie arienne va doubler, passant de 2,3 à 4,5 millions. Ayant bien compris les enjeux, la commission de l’UEMOA a anticipé ces opportunités à travers la mise en œuvre de quatre Programmes dans tous les domaines du secteur des transports, selon son représentant au Mali. AG/MD (AMAP)          

Mali : Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga reçu par le président de la Transition

Bamako, 25 nov (AMAP) Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maïga, après quatre mois de repos ordonné par son médecin, a été reçu, vendredi, en audience par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, dans son bureau au Palais de Koulouba, annonce la présidence malienne. A sa sortie d’audience, le locataire de la Primature qui s’est dit bien rétabli a confié à la presse être « venu saluer et remercier le chef de l’État et toute son équipe pour le travail colossal abattu ces quatre derniers mois par les autorités de la Transition dans un contexte extrêmement difficile. » Dr Choguel Kokalla Maïga était surtout venu informer le président Goïta de son état de santé « parfait aujourd’hui. » «Je suis venu informer le président que je suis apte à reprendre le travail et dans quelques jours, le chef de l’État annoncera la date », a déclaré le Premier ministre. Le chef du gouvernement a, aussi ,indiqué que « le peuple malien a besoin d’espérance après les acquis importants engrangés par les autorités de la Transition ». Il a invité le peuple malien « à l’union sacrée » ajoutant que « le Mali est condamné à réussir. » AT/MD (AMAP)

Mali Un atelier de deux jours sur la problématique de l’électrification rurale 

Bamako, 25 nov (AMAP) La problématique du développement de l’électrification rurale au Mali est au cœur d’un atelier national de deux jours, ouvert, jeudi, sous l’initiative du Haut conseil des collectivités (HCC) en collaboration avec le ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau, à travers l’Agence malienne pour le développement de l’énergie domestique et de l’électrification rurale (AMADER). Afin de faciliter l’accès à l’électrification à plus de 70% de la population du Mali, le HCC et le ministère en charge de l’Energie à travers l’AMADER ont décidé d’instituer un cadre de collaboration intersectorielle pour assurer une meilleure coordination entre les différents secteurs. Et de renforcer les synergies possibles pour améliorer l’accès aux services énergétiques en milieu rural Durant deux jours, les acteurs proposeront des recommandations concrètes relatives aux enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural. Le milieu rural a toujours été un vecteur majeur de développement du Mali. Cependant, le sous-secteur de l’électrification rurale est confronté à d’énormes difficultés qui compromettent la pérennisation de ses acquis et son développement. Il s’agit, notamment, des difficultés de planification, d’investissement, d’exploitation des installations et d’évaluation économique, financière et sociale. OBSTACLES – Dans son intervention, le président du HCC, Mamadou Satiqui Diakité, a attiré l’attention sur le fait que « les zones rurales sont au cœur de la bataille de l’accès universel à l’électricité à l’horizon 2030 ». Selon M. Diakité, la majorité de la population privée d’électricité se situera « encore pour longtemps, si rien n’est fait, en zone rurale, où la dispersion des habitats, les faibles revenus de la population et les coûts de raccordement sont autant d’obstacles à la disponibilité d’un service électrique pérenne. » Dans ce contexte, l’électrification rurale s’impose non plus seulement comme une solution, maisaussi comme une nécessité. L’expérience apprise des interventions de l’AMADER démontre que les projets d’électrification rurale sont d’abord ceux de développement. Car, l’arrivée de l’électricité dans une localité rurale entraine un développement économique et social. Ainsi, au cours de cet atelier, il sera discuté des thèmes relatifs aux « enjeux, défis, acquis, perspectives et au mode de financement durable de l’électrification en milieu rural ». L’électricité étant une nécessité absolue au bien-être pour les milieux urbain que rural, le citoyen qui vit en ville et celui qui vit en campagne doivent jouir de l’électricité en commun. L’HORIZON 2030 – À cet effet, le PDG de l’AMADER, Amadou Sidibé, a dit que le Plan directeur d’électrification rural (PDER) de sa structure, en cours d’élaboration, prend en compte la satisfaction des besoins en énergie électrique de qualité à un coût abordable. Ce PDER va, aussi, préserver l’environnement à tous les Maliens quel que soit leur lieu de résidence sur le territoire national et quelle que soit leur classe sociale. « Les infrastructures communautaires comme la santé, l’éducation, les adductions d’eau potable, les unités de production de transformation et de conservation et agricoles sont pris en compte par ce nouveau modèle », a précisé M. Sidibé. Et d’ajouter que 18.000 localités abritant des populations de 100 habitants ou plus ont été répertoriées dans le cadre d’un programme ambitieux d’accès universel d’électricité en milieu rural à l’horizon 2030. Le Premier ministre par intérim, le colonel Abdoulaye Maïga, qui a présidé l’ouverture de la rencontre, a soutenu qu’ « aujourd’hui plus que jamais, la disponibilité de l’électricité en milieu rural contribue à l’amélioration de la productivité en vue de soutenir une dynamique de croissance forte, durable et inclusive permettant de consolider la lutte contre la pauvreté et à l’atteinte des objectifs du développement durable (ODD) . » Il a, dès lors, a rappelé que l’amélioration de la qualité de vie des populations à travers le renforcement de l’accès aux services sociaux de base tels que l’électricité fait partie des objectifs prioritaires de l’action gouvernementale, notamment l’axe 4 du Plan d’action du gouvernement de la Transition. L’accès aux services énergétiques modernes en général et à l’électricité en milieu rural, en particulier, est une composante importante de cette politique qui vise à assurer un développement intégré des zones rurales et urbaines du Mali. Le chef du gouvernement par intérim a assuré que les autorités de la Transition ont engagé la relecture des documents, des stratégies et des textes du secteur de l’énergie ainsi que l’élaboration de divers plans d’investissements. La cérémonie d’ouverture des travaux a eu lieu en présence du ministre  de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, et des gouverneurs de région. OD/MD (AMAP)    

Banane plantain : Un business florissant

Par Kadiatou OUATTARA Bamako, 24 nov (AMAP) Beaucoup de Maliens soutiennent que la banane plantain est une alimentation complémentaire dans notre pays. Parce que notre régime alimentaire de base repose sur les céréales (mil et riz entre autres), ils pensent que sa consommation régulière est exclusivement réservée aux familles nanties. En tout cas, le Malien moyen dont le portefeuille est pressuré par une conjoncture économique à nulle autre pareille ne peut se permettre d’en manger très souvent en famille, surtout élargie. Ceux-ci qui font le commerce de la banane plantain se frottent, quand même, les mains. Ils importent ce fruit comestible de la Côte d’Ivoire  et de la Guinée Conakry, parfois avec de nombreux risques liés à la cueillette et au transport. Un tour au marché de Médine ou «Sougouni coura», nous avons rencontré deux points de vente de banane plantain. Ceux-ci sont tenus par les Groupements d’intérêt économique (GIE) «Sababougnouma» et «Benso Angola». Ces marchands reçoivent 5 à 10 chargements de camions en banane plantain, par jour. Grossistes et détaillants s’y bousculent pour s’approvisionner. En notre présece, un client passe sa commande. «Yoro prépare moi deux cartons. Je voudrai acheter pour 15 000 Fcfa», invite-t-il ainsi, Soumaïla Diallo, alias Yoro, du GIE Benso Angola. La cinquantaine, ce diplômé en droit, reconverti commerçant de banane plantain, officie dans ce domaine depuis 20 ans. Tous trois jours, il commande un camion en provenance de la Côte d’Ivoire. Il est livré au bout de trois à cinq jours de route. Une fois la cargaison sur place, il procède à un tri (enlevant les déchets), avant de proposer la marchandise à la clientèle. Il en vend plus souvent en gros entre 50 000 à 250 000 Fcfa aux revendeurs. Ceux-ci, aussi, vendent au détail entre 500 et 1 000 Fcfa le tas. Selon Soumaïla, « Il faut avoir des fournisseurs fiables parce que les échanges se font par téléphone pour passer les commandes ». Ensuite il faut louer un camion qui fera l’aller-retour entre le Mali et la Côte d’Ivoire pour apporter la marchandise. En termes de coût, le grossiste estime la location d’un camion à 1 million de Fcfa par voyage. Et il passe généralement une commande de 2 à 3 millions de Fcfa en fonction des fournisseurs. AMENDE OU PRISON – Les sanctions infligées au Mali par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) ont coïncidé avec la saison sèche (une saison morte dans le commerce de la banane plantain). Donc, pour lui, il est clair que l’embargo n’a pas eu d’impact. Il estime que pendant la saison sèche, qui dure 4 mois, ses partenaires vont dans la forêt classée (forêt interdite) cueillir la marchandise. Yoro explique que les commerçants choisissent des personnes appelées : «voyageurs» qui se rendent dans les champs de cacao dans les forêts classées. Il s’empresse de préciser que le bon rendement de la culture du café est lié à la production de la banane plantain. «Dans ce contexte, l’achat se fait avec les producteurs de café, mais clandestinement», déclare-t-il. Seydou Diallo est l’un de ces voyageurs, depuis deux ans. Il explique les risques encourus. « On se retrouve souvent en pleine forêt, sans réseau téléphonique, ni nourriture et eau potable. Nous sommes exposés à des morsures de reptiles géants. Il y a aussi le risque de passer à la trappe avec les agents des Eaux et Forêts».  Le voyageur ajoute que cette pratique frauduleuse peut coûter une forte amende ou la prison. Ousmane Doumbo est vendeur de banane plantain à Faladié sur la rive droite du District de Bamako. Il explique évoluer, depuis une dizaine d’années, dans ce business qui lui permet d’exploiter de nombreuses opportunités. Il vit de son commerce qui lui a aussi permis de construire une maison. « En fin d’année, il est difficile de trouver des camions du fait de leur sollicitation. Ce phénomène a un impact sur les frais de location », explique le commerçant. Il ajoute que les pannes de camions entrainent, aussi, des pertes considérables. Selon lui, la banane plantain est très difficile à conserver. Au-delà de cinq jours, elle peut pourrir. Youssouf Sanogo est un chauffeur de camion qui réside à Sikasso. Il avale régulièrement les kilomètres qui séparent Sikasso (Sud) de la Côte d’Ivoire, depuis 30 ans. «Les grands commerçants de Bamako nous sollicitent très souvent par simple coup de fil pour leur approvisionnement», confie-t-il. Pour le conducteur de camion, les multiples barrages et péages sont les premières contraintes sur le tronçon, les frais à payer sont nombreux et coûtent les yeux de la tête. A cela, s’ajoute l’état défectueux des routes. La hausse du prix du carburant est aussi une préoccupation commune de milliers d’acteurs qui interviennent dans le commerce de banane plantain. KO/MD (AMAP)

Ministre du Développement rural/producteurs : Echanges utiles sur la campagne

Bamako, 24 nov (AMAP) Le ministre du Développement rural, Modibo Keita, et les producteurs ont eu, mardi, des discussions sur la disponibilité des engrais et les difficultés rencontrées au cours de la campagne agricole qui s’achève, a constaté l’AMAP. «Aujourd’hui, je suis très heureux parce que la campagne 2022 vient de prendre fin. Les exploitants agricoles sont venus m’exprimer leur satisfaction par rapport à tout ce qui a été fait pour qu’ils aient accès à l’engrais malgré les difficultés que nous avons connues», a déclaré Modibo Keita à la fin d’une rencontre, tenue dernier dans les locaux de son département, avec les exploitants agricoles, en marge de la signature du protocole d’accord avec le Comité international de la croix rouge au Mali Le ministre a saisi l’opportunité pour rappeler sa volonté de faire respecter les principes de la concurrence dans le cadre de l’approvisionnement en intrants. La rencontre a permis, également, d’évoqué le faible rendement de la culture du riz, dû à la surabondance des pluies. À ce sujet, les producteurs ont souhaité utiliser le reliquat de la subvention qui leur a été octroyée afin d’acheter des engrais pour la culture de contre-saison. Ils ont estimé que cela pourrait augmenter l’offre de riz sur le marché national. Les producteurs ont, aussi, rappelé que les deux sacs d’engrais qu’ils ont reçus par hectare à titre de subvention ne sont pas venus à temps et que cette quantité n’était pas assez importante. En réponse, le ministre Modibo Keïta a expliqué que l’État avait décidé de prendre en charge une part substantielle des dépenses d’engrais pour les producteurs à cause de la hausse excessive du prix de ce produit. Pour ce faire, la subvention a été portée à 17 milliards de Fcfa, contre 15,6 milliards pour la campagne précédente. Malheureusement, à cause de l’augmentation des prix sur le marché international, cette subvention n’a pas permis d’avoir la quantité espérée. Pour remédier au retard dans la disponibilité des engrais, le ministre du Développement rural a suggéré aux importateurs de faire venir l’engrais à tout moment et à le positionner dans les bassins de production. «On ne doit pas attendre la mise en place de l’enveloppe de subvention pour importer l’engrais», a-t-il insisté. Et d’annoncer que son département est en train de mettre tout en œuvre pour que la loi sur la concurrence puisse être appliquée afin de mettre fin aux questions d’oligopole. Au nom du Syndicat des exploitants agricoles de l’Office du Niger (Sexagon), Abdoulaye Daou a félicité le ministre Modibo Keïta pour avoir accepté leur demande de changer l’engrais organique en engrais chimique au début de la campagne. «Nous avons appris toutes sortes d’amalgames sur le problème d’engrais entre l’État et les opérateurs économiques. En réalité, nous savons comment les fournisseurs se comportent. L’Etat donne deux sacs d’engrais subventionné à l’hectare au prix de 12.500 Fcfa et nous achetons le reste à nos propres frais à plus de 35.000 Fcfa par sac sur le marché», a déploré le syndicaliste qui en déduit un refus des fournisseurs nationaux d’accompagner les exploitants agricoles. Pour lui, les opérateurs économiques doivent prendre l’exemple sur l’Etat. MS/MD (AMAP)        

L ‘insécurité affecte certaines foires de la région de Gao (Nord du Mali)

Par Abdourhamane TOURE Bamako, 23 nov (AMAP) L’insécurité et l’état de l’axe Gao-Sévaré freinent l’acheminement des produits locaux vers les régions, dans le Nord du Mali. En effet, c’est à partir de la Région de Gao que les autres (Ménaka et Kidal) se ravitaillent en produits locaux venant du sud du Mali, pour ensuite fournir les autres localités de leurs circonscriptions. Dès que la Région de Gao n’est pas approvisionnée, les autres régions en subissent les contrecoups. Le marché à bétail de Wabaria, qui accueille des forains de 13 villages, en plus de ceux de la Commune urbaine de Gao et ses communes rurales, se tient chaque mardi. C’est une foire à bétail distante de 15 km de la ville de Gao. Il est fréquenté par les acheteurs et vendeurs d’animaux de toutes les autres communes de la région ainsi que ceux de Bamako, du Niger, du Burkina Faso et d’Algérie. « Même si ce marché hebdomadaire n’a jamais été la cible d’attaque,  l’insécurité et l’état de la route de Gao-Sévaré découragent les acheteurs potentiels à s’y rendre, par peur d’être spolié ou enlevé par des bandits armés qui sévissent dans la zone », a dit le maire de la Commune rurale de Gounzourèye, Abdoul Kader Maiga, La Commune rurale d’Inchawadji est distante de 70 km de la Commune rurale de Gao. Elle a deux foires hebdomadaires. La foire du village d’Emnagul et celle de Djabock. Le maire de la localité, Rhissa Ag Mohamed, nous a dit que malgré l’insécurité, les deux foires  hebdomadaires d’Inchawadji se tiennent régulièrement. Selon lui, ces marchés sont toujours approvisionnés par les forains de la Commune urbaine de Gao. Ces commerçants viennent écouler leurs produits (l’huile, le lait et les condiments venants des Régions dans le Sud du Mali). « Mais, certains aussi fréquentent ces foires pour acheter les petits ruminants, du charbon de bois et du beurre des vaches qu’ils revendent sur les marchés de l’Algérie, de Gao et du Niger » a fait remarquer le maire de la localité. Il a ajouté que, « souvent, des hommes armés font irruption sur les sites des foires soit pour collecter la zakat ou pour enlever des personnes ». « Ces actes barbares ont beaucoup effrayé certains commerçants, surtout ceux en possession de fortes sommes d’argent.  Cela a suffisamment réduit la fréquentation des foires de notre commune », a poursuivi l’édile. Il regrette qu’avec l’absence de l’Etat dans ces localités, la commune ne puisse pas collecter les taxes. Samedi est jour de foire de la commune rurale de Sonni Ali Ber. Ce marché est fréquenté par commerçants des Cercles de Gao et de Bourem. Selon l’édile de la Commune rurale, Abdoul Razack Maiga , « à cause de l’insécurité, la fréquentation a diminué ».  « Tous ces commerçants viennent  à la foire  pour acheter du paddy ou des animaux. Evidemment, certains aussi approvisionnent le marché avec les condiments et des légumes », dit M. Maiga. « Depuis la crise de 2012, l’incivisme a gagné du terrain. Aujourd’hui, dans nos communes, les citoyens ne paient plus les impôts. Et ceux qui avaient l’habitude de payer leurs taxes ont épousé le comportement des récalcitrants. Pratiquement, aucun Groupement d’intérêt économiques (GIE) de la commune n’est pas à jour », a révélé le maire, Abdoul Razack Maiga. PERTE – Avec la dégradation de l’axe Gao-Sévaré et l’insécurité, tous les produits qui quittent le Sud du Mali pourrissent avant même d’arriver à Gao. Il s’agit des légumes et des tubercules (pomme terre,  igname, oignon, gingembre, tomates, choux, banane plantain). « Avec l’état actuel de la route Gao-Sévaré, nous nous sommes rabattus sur les produits qui viennent de l’Algérie et du Niger. Et, c’est la raison pour laquelle tous les produits sont chers sur le marché », a confirmé Boubacar Traoré, ressortissant de Sikasso (Sud) et vendeur de condiments sur le marché de Gao. « Tous les produits qui partent de Sikasso pour Gao se décomposent avant même d’arriver à destination. Cela constitue une grande perte pour nous les revendeurs. Tant que cette route de Gao-Sévaré n’est pas réparée, aucun produit en provenance des régions du Sud du Mali, ne pourra arriver à Gao dans un état de consommation », se plaint notre interlocuteur. « Avec l’insécurité certains transporteurs ont cessé de pratiquer cet axe. Cinq camions-remorques de ma belle-sœur ont été calcinés sur l’axe Gao-Douentza », a-t-il rappelé. Hamidou Traoré est revendeur de beurre de  karité à la Place de Sikasso à Gao. Il partage le même avis que son prédécesseur. Pour lui, l’état de la route et l’insécurité défavorisent le ravitaillement du marché de la Cité des Askia en produits locaux originaires du Sud du Mali. Seul point de satisfaction, pour le commerçant, en cette période de froid,  son beurre de karité « arrive sans fondre ». S’il arrive… AT/MD (AMAP)    

Le Mali interdit le financement des ONG par la France (Communiqué)

Bamako, 22 Nov (AMAP) Le gouvernement malien a décidé d’interdire, « avec effet immédiat, toutes les activités menées par les ONG opérant au Mali sur financement ou avec l’appui matériel ou technique de la France, y compris dans le domaine humanitaire », selon un communiqué officiel publié lundi. Cette décision fait suite à l’annonce par la France, mercredi dernier, « de certaines mesures relatives à l’aide publique au développement à destination de notre pays », explique la source. Le gouvernement malien, qui juge «fallacieux» les motifs avancés par Paris , «réaffirme que ces allégations fantaisistes sont sans aucun fondement». Il considère l’annonce du gouvernement français comme « non évènement » et estime qu’elle « n’est qu’un subterfuge destiné à tromper et manipuler l’opinion publique nationale et internationale aux fins de déstabilisation et d’isolement du Mali ». Le communiqué du gouvernement signale que la France a notifié « par voie diplomatique, depuis février 2022, la suspension de sa coopération au développement en faveur du Mali ». Pour Bamako, cette décision « qui ne suscite aucun regret » de son côté, contribue, « au contraire, à la restauration de notre dignité bafouée par une junte française spécialisée d’une part dans l’octroi d’aide déshumanisante pour notre peuple et utilisée comme moyen de chantage des gouvernants et, d’autre part, dans le soutien actif aux groupes terroristes opérant sur le territoire malien». MD (AMAP)

Opération coup de poing dans un repaire de bandits à Gao (Nord)

Gao, 17 nov (AMAP) Une opération de contrôle appelé «Dugu Basigui», dans la nuit du 9 au 10 novembre 2022, au quatrième quartier (Aljanabandja), pour lutter contre l’insécurité qui sévit dans la ville de Gao (Nord), a permis un grand coup de filet, dans ce quartier réputé être le nid de bandits et de trafiquants, a appris l’AMAP de source militaire. Elle a permis de mettre la main sur 8 suspects, 2 véhicules, 4 motos, une arme de guerre et une importante quantité de drogues composée de 218 briques de cannabis (chanvres indiens), 17 cartons d’emballages pour rouler les joints et 67 cartons de comprimés de diazépam, tafranking et tramaking. Toutes les saisies et les personnes interpellées ont été remises à la direction régionale de la police de Gao. Cette descente musclée des forces de défense et de sécurité, sous la conduite du commandant du théâtre-est de l’opération « Maliko », le colonel Famouké Camara, accompagné par le commandant de la zone de défense n° 1 de Gao, le colonel Issa Bagayoko, a mobilisé 177 éléments avec un équipement mobile de 20 véhicules et 2 blindés. Le gouverneur de la Région de Gao, le général de brigade Moussa Traoré a salué cette action des forces de défense et de sécurité. Le chef de l’exécutif régional a sollicité la continuité de la bonne collaboration des populations de la région avec les forces de défense et de sécurité. AT/MD (AMAP)