Interdiction de la chicha : La phase de la répression a commencé
Par Abdramane DIOMA Bamako, 27 fév (AMAP) L’interdiction de la vente et la consommation de chicha sur toute l’étendue du territoire malien est entrée en vigueur, depuis mi-février 2023, et les services techniques compétents appliquent rigoureusement l’arrêté. Tous appareils et accessoires de chicha saisis seront détruits. Et les contrevenants s’exposent aussi à des sanctions. L’annonce de la décision avait été unanimement saluée ou presque par nos compatriotes qui s’indignaient de voir des jeunes (garçons et filles) se livrer à une consommation outrancière de la pipe à eau. Certains s’interrogeant sur les capacités des autorités à appliquer la mesure, après le délai accordé aux importateurs, distributeurs et consommateurs de la chicha pour se conformer à la décision. L’Office central des stupéfiants (OCS) a sonné la fin de la recréation. Une unité de cette structure, en collaboration avec d’autres services techniques compétents, a réalisé une descente dans des clubs de chicha. Cette une patrouille a été menée par le lieutenant-colonel Siliman Sangaré, chef de renseignements et des opérations par intérim à l’OCS et ses éléments. Au total, une cinquantaine de personnes ont été appréhendées et un important lot de matériels saisi. Depuis la publication du communiqué interministériel du 15 août 2022, les commentaires et les avis sur la mesure d’interdiction divergeaient sur les réseaux sociaux. Les puritains, qui ont en aversion la chicha, ont bien accueilli la décision. Ils estiment qu’un relâchement dans cette lutte représenterait une victoire pour les acteurs frappés par la mesure. Ceux pour qui la chicha reste un gagne-pain s’accommodent mal de l’interdiction et n’apprécient guère de vivre une telle situation. En tout cas, le sujet fait le buzz sur les réseaux sociaux, particulièrement sur Tik-tok. Il est admis par tous que la consommation de chicha a pris de l’ampleur dans notre société, il y a une dizaine d’années. Le produit, qui nuit gravement à la santé, est surtout consommé par la frange juvénile. La chicha, elle-même, est fabriquée à base de tabac : nicotine et goudron mélangés aux fruits avec de l’arôme parfumé. Une autre préoccupation reste l’utilisation faite par les drogués qui s’exhibent dans la rue avec la chicha et prennent leurs doses. Dans les « grins », bars, restaurants et night-clubs, on fume la chicha. Les jeunes filles ont développé une addiction au phénomène. Ce qui justifie, en partie, leur engouement pour les boites de nuit, resto ou chicha-clubs. Beaucoup d’entre elles pensent que le club ou le restaurant qui ne dispose de chicha est démodé. Dans la lutte contre le phénomène, les unités de répression de l’OCS ont repéré de nombreux lieux de consommation à Bamako et dans les capitales régionales. Le phénomène de la chicha est une toxicomanie presque banalisée qui entraine une consommation précoce d’autres drogues par les jeunes. Pourquoi ? Parce qu’en plus du tabagisme lié à sa consommation, la chicha permet de dissimuler la consommation de divers produits dérivés du cannabis tels que le haschich, le Kusch et des médicaments détournés de leur usage qui sont utilisés à la place du tabamel des chicha. Dorénavant, toute personne détenue pour cause de consommation de ce produit sera punie d’une peine d’un à dix jours et payera une amende allant de 300 à 10 000 Fcfa. Les sentinelles pour le respect de la mesure d’interdiction sont les ministères chargés de la Sécurité, de la Justice, de la Santé, de l’Industrie et du Commerce, de l’Economie et de la Jeunesse. TOXICOMANIE DÉGUISÉE ET BANALISÉE – Le ministère de la Sécurité et de la Protection civile, en collaboration avec l’OCS en sa qualité de service central de lutte contre les stupéfiants sur toute l’étendue du territoire national, a pris l’initiative de l’interdiction de la chicha, qui à l’origine était du tabac. « Aujourd’hui, c’est un moyen de consommation de drogues et de médicaments détournés de leur usage pharmaceutique », a expliqué le chargé de communication de l’OCS, Ousmane Diakité. «En effet, par réquisition, nous avons saisi le Laboratoire national de santé pour analyser quelques échantillons de produits de tabac utilisés dans la chicha. Les résultats ont prouvé la présence de produits stupéfiants dans tous les échantillons examinés. Face à ce phénomène de toxicomanie déguisée et banalisée, nous avons saisi le ministre de la Sécurité et de la Protection civile en vue d’interdire l’usage de la chicha au Mali», ajoute-t-il. Et de souligner qu’à partir de mi- février 2023, les services de répression et ceux de l’OCS procéderont à l’application rigoureuse des dispositions de l’arrêté, en saisissant tout appareil et accessoire de chicha découvert et tout appareil saisi sera détruit par les moyens appropriés. La chicha est devenue un gagne-pain pour certains jeunes propriétaires de boutiques de vente de chicha et accessoires ainsi que les chicha-clubs, notamment à Bamako. Grâce à la mesure, certains se sont reconvertis. M.S, âgé de 24 ans, titulaire d’une licence en finance et comptabilité, était propriétaire d’une boutique de chicha dans un quartier de la Commune III à Bamako. Selon lui, la mesure a impacté son business. Mais il admet qu’elle va surtout protéger les enfants. «Je soutiens l’Etat dans la lutte contre la délinquance financière et la consommation des mauvais produits, même si je gagnais beaucoup d’argent dans la vente d’accessoires de la chicha surtout pendant le week-end. J’avais de nombreux clients, particulièrement les filles », dit M.S. Il attire l’attention sur le fait que le charbon utilisé pour la chicha a une autre utilité. «Au Mali, il était utilisé, bien avant la chicha, par les femmes pour brûler l’encens dans les chambres », dit-il. « En tant que jeune entrepreneur, j’ai reconverti ma boutique en alimentation et elle marche bien pour le moment. Cette reconversion n’a pas été difficile», affirme M.S. Il s’est réjoui de la mesure qui renforce l’éducation et la surveillance des jeunes filles, incriminées comme étant de grandes fumeuses de chicha. «Les filles sont devenues très accro à la chicha. Cela peut provoquer des problèmes sur leur santé reproductive. Les enfants aussi doivent être surveillés à tout moment», fait-il savoir. PAS DE BRAS DE FER- Beaucoup pensent que l’interdiction peut pousser à mettre au
Environnement : Des espèces végétales qu’il faut protéger à tout prix
Par Makan SISSOKO Bamako, 24 fév (AMAP) À Kalaban Coura, Karim Traoré produit des arbres et des fleurs au bord de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Kéita-Senou. Samedi dernier, vers 16 heures, nous avons rencontré l’arboriste. Il venait de finir d’arroser ses plantes. Karim aime les espèces sauvages, singulièrement celles menacées de disparition dont le Karité, le Néré, le Tamarin, le Zaban et le Baobab. «Nous produisons plusieurs types de plantations sauvages. On cherche dans la forêt, les bonnes qualités de noix ou de graine pour ensuite les faire pousser dans des pots remplis de terre avec de l’engrais organique. Nous pratiquons également le système de greffage des arbres», explique-t-il. Le métier est pénible et moins lucratif. Mais l’arboriculteur, qui évolue dans le domaine depuis 1985, est porté par son engagement de contribuer à la restauration de la nature. Il a pris conscience des enjeux liés à la déforestation à travers les multiples conseils des agents des eaux et forêts. Et depuis, Karim Traoré «fait de son mieux dans l’entretien des plantations avec ses maigres moyens». Une façon pour lui d’accomplir un devoir civique, celui de protéger les arbres. Son courage lui vaut aujourd’hui l’estime des services des eaux et forêts. «En cas d’insuffisance de la quantité d’arbres dont ils disposent pour les campagnes de plantation, ils viennent très souvent chercher avec les producteurs des arbres sauvages», révèle Karim Traoré. Les arboriculteurs contribuent, ainsi, à la sauvegarde de la faune sauvage. A ce titre, plaide Ba Fanta, « ils doivent être encouragés, soutenus». Au marché de Kalaban Koro, cette septuagénaire est l’une des nombreuses vendeuses de plantes ayant des propriétés médicinales. Il y a quelques années, elle n’avait pas besoin de faire des kilomètres pour s’approvisionner en feuilles de Zaban et de Karité. Elle en trouvait en quantité dans les villages voisins comme Kabala et Kouralé. Le Karité était disséminé entre les zones cultivées. « Mais l’urbanisation a carrément changé la donne », déplore Ba Fanta. Ces arbres ont plusieurs vertus, souligne-t-elle, en donnant en exemple le beurre du Karité qui entre dans la composition des pommades traditionnelles pour soigner de multiples maux. PLUSIEURS HECTARES PERDUS PAR AN – Le Karité est constamment agressé par l’homme alors que sa reproduction est très lente. Jadis, le Mali disposait du plus important parc de Karité de l’Afrique occidentale. Pays sahélien, le pays possède des forêts assez denses. Mais, de plus en plus, l’écosystème perd se perd du fait des pressions anthropiques. Plusieurs espèces forestières ligneuses sont en effet menacées de disparition, comme le vitellaria paradoxa (karité), le parkia bigglobosa (néré), l’acacia albida (balanzan), zaban et le baobab. Cette richesse naturelle, qui fournit aux femmes rurales prix de condiments et argent liquide, est fortement menacée par des pratiques néfastes de l’homme. Tout comme le Néré dont les amendes sont transformées en «soumballa» (bouillon traditionnelle). « Il constitue une importante source de revenus pour les populations. D’où l’intérêt de sensibiliser sur la problématique », selon Adama Sylla qui apprécie les journées dédiées à la protection des forêts. Selon l’écologiste, les «arbres, de façon globale, sont extrêmement importants pour l’existence». Dans certaines localités du Mali, les populations, ayant compris les enjeux, se sont organisées pour protéger ces espèces et, plus généralement, la flore. Cependant, en plusieurs endroits du Mali, la situation globale préoccupe les forestiers. Selon Ali Poudiougo, point focal national biodiversité à la Direction nationale des eaux et forêts, les formations ligneuses ne couvrent plus que 17,4 millions d’hectares alors qu’elles occupaient environ 32 millions d’hectares en 1985. En cause : la surexploitation des forêts à des fins énergétiques, l’expansion agricole, l’activité minière et les feux de brousse, le changement climatique. Les pressions anthropiques sur les ressources forestières entrainent une perte de forêts estimée entre 100.000 et 500.000 hectares par an. «Le caractère saisonnier des revenus en milieu rural est crucial pour l’évolution des forêts. Lorsque la campagne agricole échoue, le commerce de bois et de charbon devient pour les populations rurales la source facile de revenus. A côté des marchés ruraux de bois officiellement créés, prolifèrent des circuits informels de commerce de bois et de charbon, signes de la surexploitation des formations forestières», fait savoir M. Poudiougo. Selon les Nations unies, des milliards de personnes, dans les pays développés et en développement, utilisent quotidiennement des espèces sauvages pour l’alimentation, l’énergie, les matériaux, la médecine et de nombreux autres usages vitaux au bien-être humain. L’accélération de la crise mondiale de la biodiversité, avec un million d’espèces de plantes et d’animaux en voie d’extinction, menace ces utilisations par aux populations. A ce titre, la Journée mondiale de la vie sauvage, célébrée le 3 mars, est l’occasion de mettre la lumière sur les nombreuses formes magnifiques et variées de la faune et de la flore sauvages. Mais, aussi. de sensibiliser aux nombreux avantages que leur conservation procure aux populations. «Des partenariats pour la conservation des espèces sauvages», est le thème retenu cette année. MS/MD (AMAP)
Le Mali, 2è producteur mondial de karité (Forum économique Mali-Canada)
Bamako, 23 fév (AMAP) Le Mali, qui a produit respectivement 19 855 000 tonnes en 2018, 20 883 000 tonnes en 2019 et 5 515 000 tonnes en 2020 est le 2ème producteur mondial de karité, après le Nigéria, indique le Forum économique Mali-Canada sur son site du Salon virtuel des produits et services du Mali (SVPSM). « La potentialité en amandes est de 250.000 tonnes dont 60 883 et 22 908 ont été exportées respectivement en 2019 et 2020. Celle du beurre est de 135 000 tonnes dont 97 000 réellement exploitées, 265 tonnes et 311 tonnes ont été exportées sur la même période », selon le Forum Ce qui prouve qu’en plus des quantités réellement exportées, le Mali est à mesure de fournir aux importateurs beaucoup plus de beurre, d’amandes et de produits à base de karité, eu égard au potentiel existant. Le karité est disponible dans tous les bassins de production qui sont situés à Kayes (Ouest), Koulikoro, Sikasso (Sud), Ségou et Mopti (Centre). Le Mali occupe une place de choix dans la production et l’exportation des amandes, du beurre et des produits dérivés du karité, selon la même source. « Une vingtaine d’exportateurs avérés, professionnels et expérimentés œuvrent dans le domaine de l’exportation de karité depuis plus d’une quarantaine d’années vers l’Asie, l’Amérique, l’Europe et les marchés sous régionaux. Les exportations maliennes de karité sont en croissance, puisque la demande internationale des produits de karité augmente de plus en plus », ajoute-t-elle. Pour améliorer l’accessibilité du marché mondial et rendre encore plus compétitifs les produits du karité malien, les autorités maliennes et leurs partenaires ont mis un accent particulier sur la promotion de la filière Karité et, surtout, sur la participation des femmes maliennes qui en tirent des revenus et comme source d’autonomisation pour elles. Le karité est produit dans 7 500 localités villageoises. Ce sont 500 000 concessions familiales et trois millions de femmes maliennes (environ 25%) de la population du Mali qui sont directement impliquées dans le secteur, de la collecte des noix, à la transformation en beurre et d’autres produits dérivés. Les acteurs sont regroupés en Fédération nationale de karité (FNK), constituée de coopératives, d’unions de coopératives de producteurs/trices, de pisteurs, de commerçants et d’exportateurs. Ils détiennent une expertise avérée et héréditaire dans la production des produits, à base de karité. « Les exportateurs sont expérimentés et dévoués et, surtout disposés à faire une prestation répondant à l’option d’affaires, pour fidéliser et consolider le partenariat commercial avec les clients afin de leur permettre d’atteindre l’objectif de leurs investissements dans le domaine de l’industrie cosmétique, pharmaceutiques et alimentaires (chocolat, margarine). Leur plaisir est également la satisfaction des besoins des acheteurs », selon le Forum économique Mali-Canada Le karité malien est naturellement biologique, puisqu’il pousse à l’état sauvage. Néanmoins, les coopératives, les unions des producteurs et des exportateurs de la filière karité optent, de plus en plus, pour le principe de la certification, afin d’être en phase avec les règles et les normes du commerce international et d’assurer le maintien du développement durable de leurs activités. Pour ce faire, ils adhèrent aux organisations de certification (FLO-CERT, ECOCERT) et d’accréditation comme bio partenaire (bio équitable, bio solidaire), Mouvement biologique malien pour la certification des produits (MOBIOM). Par ailleurs, des initiatives d’amélioration du parc, par le reboisement et la reforestation sont prises pour une meilleure protection des peuplements dans le but d’augmenter fondamentalement l’offre exportable et de satisfaire la demande des clients. MD (AMAP)
Poulets : Les prix prennent l’ascenseur
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 22 fév (AMAP) Lorsqu’une femme accouche, il est de tradition de préparer de la soupe pour la nouvelle maman. Pour sacrifier à cette tradition, Mme Camara Fatoumata Touré s’est rendue au marché de volaille de Kati pour acheter deux poulets et préparer une soupe pour sa belle sœur qui venait d’accoucher. Avec un billet de 10 000 Fcfa, elle espérait avoir deux poulets locaux. Elle a été surprise par une augmentation des prix. En plus de la hausse, il est aussi difficile de trouver un poulet physiquement satisfaisant du fait de la mauvaise alimentation de la volaille. Mme Camara s’est donc tournée vers le poulet de chair dont elle croyait avoir le kg à 2 000 Fcfa comme d’habitude. Là aussi, une vendeuse lui fait savoir que le kg de cette race est passé à 2. 00 Fcfa. Au marché de Kati comme ailleurs, il est aujourd’hui difficile de se procurer un poulet local sans débourser entre 5 000 à 7 500 Fcfa. Les causes de la hausse du prix de la volaille sont liées, selon le président de la Commission développement partenariat et financement de la Coopérative de valorisation des races aviaires locales (Wasaso), Cheickna Dianka, au coût élevé des ingrédients indispensables à l’aliment-volaille, notamment le maïs, source de protéines et autres additifs. Selon lui, d’autres causes seraient l’insuffisance de l’offre de volaille, la prévalence de maladies aviaires à cycle répétitif à la base de fortes mortalités, la faible organisation des producteurs avicoles et l’insuffisance des capacités techniques, institutionnelles et organisationnelles des acteurs du sous-secteur avicole. Evoluant dans l’aviculture depuis 5 ans, Ladji Bouaré, est un jeune entrepreneur qui s’intéresse à l’élevage. Il dispose de sa propre ferme de volaille. À ses dires, il a commencé par les poulets locaux pour ensuite aller vers la race métisse ou «barama» et finir avec la race 3/4. Concernant la flambée des prix de la volaille, ce jeune entrepreneur dit que le coût du transport a rendu difficile l’élevage surtout pour les races importées comme les «barama». La flambée du prix du carburant a, aussi, eu un impact sur l’importation des produits, notamment l’aliment volaille. S’y ajoute l’avènement de la Covid-19 qui a beaucoup freiné la production de certaines races importées. Selon Ladji Bouaré, le prix du principal ingrédient de l’aliment volaille qui est le maïs a pris l’ascenseur. Au moment de la Covid-19, le sac de 100 kg de maïs était vendu à 35 000 Fcfa contre 14 000 avant cette pandémie. Aujourd’hui, le même sac varie entre 28 000 et 32 500 Fcfa, soit une baisse légère. Aussi, l’aliment chair qui était cédé à 13 500 Fcfa a grimpé à 18 000 Fcfa aujourd’hui. Un autre aliment indispensable dans la production est la vitamine concentrée dont le sac a aussi subi une petite augmentation, passant de 35 000 Fcfa à 40 000 Fcfa. Le représentant de la Coopérative des producteurs de poulets de chair, Thierno Sidibé, confirme la hausse du prix du poulet de chair et du poulet local. Il ajoute que le coût de production d’un kilo de poulet de chair a connu une augmentation de presque 35%. Pour lui, cette augmentation est tout à fait justifiée par le coût élevé des matières premières indispensable à l’élevage de la volaille, notamment le maïs qui intervient dans l’aliment volaille à hauteur de 60%. Cet ingrédient, beaucoup sollicité dans l’alimentation des volailles et cultivé chez nous, était une chance pour le Mali. « Malheureusement, déplore-t-il, ce produit est exporté malgré l’interdiction d’exportation des produits alimentaires par les autorités maliennes. » Le tourteau de coton, un autre ingrédient dans l’alimentation volaille, est une source de protéines d’origine végétale. La production du tourteau de coton devrait donner aux éleveurs beaucoup de facilités. Le tourteau, capital dans l’aliment volaille, est importé du Burkina Faso. Cet aliment utilisé dans l’aliment de volaille à 20% a aussi connu une augmentation passant de 11 500 Fcfa à 16 000 Fcfa le sac de 50 kg. Sans compter les ruptures qui ont fortement perturbé le marché. Il y a aussi le son de blé qui a connu une augmentation assez remarquable passant de 100 à 200 Fcfa le kilo. Le kilo d’aliment pour les poulets de chair est passé de 300 Fcfa à 450 Fcfa, soit une augmentation de 40%. Et le kilo d’aliment de pondeuse qui était 250 Fcfa est passé à 400 Fcfa, soit 45% d’augmentation. Dans l’alimentation volaille, en plus des aliments cités, il faut compter les ingrédients qui viennent de l’extérieur comme le complexe minéral vitaminé (CMV) qui n’est pas fabriqué au Mali, mais importé d’Europe et du Maghreb. Ce produit a aussi connu une augmentation de presque 35%. À en croire Thierno Sidibé, le marché des poussins a aussi connu beaucoup de difficultés non seulement en termes de prix et de disponibilité. La cherté de l’aliment volaille, le transport des sujets ont été durement ressenti par les éleveurs qui enregistrent d’énormes pertes. À ces difficultés, s’ajoute le manque de moyens de production des éleveurs. D’ou une baisse de production et l’absence des poulets sur le marché. «Les producteurs ont beaucoup perdu parce que nous ne sommes pas rentrés dans nos coûts de revient pour faire des marges qui peuvent nous permettre de continuer notre activité», a regretté Sidibé. Il note que l’aliment volaille occupe 80 % des dépenses de production et quand il devient cher, les prix grimpent. Absence de subvention – Pour Lamine Traoré, secrétaire à l’organisation de la Fédération des intervenants de la filière avicole au Mali (FIFAM), ces augmentations sont à la base de la raréfaction. Lamine Traoré évoque aussi le problème de la subvention que l’État accordait aux producteurs et éleveurs sur certains types d’intrants importés de l’extérieur qu’on appelle les concentrés d’aliments volaille. Ces produits sont composés de vitamine, de minéraux et de protéines. L’État les subventionnait à 30% de remise à l’éleveur. Si par exemple l’éleveur achetait le sac à 65 000 Fcfa, avec cette subvention, il va l’acheter à 50 000 Fcfa.
La médiation internationale exhorte au dialogue les parties à l’Accord de paix au Mali (Communiqué)
Bamako, 22 fév (AMAP) La Médiation internationale multiplie les initiatives afin de réunir les conditions de la reprise du processus de mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, indique un communiqué en date du 20 février dernier. Selon la même source, « face à la crispation de plus en plus profonde autour de la mise en œuvre (de l’accord de paix), caractérisée par les récentes tensions entre les parties maliennes » la Médiation internationale indique avoir « intensifié les démarches auprès des parties à l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali issu du processus d’Alger, au cours des semaines écoulées, eu égard à sa profonde préoccupation suite aux sérieuses difficultés que rencontre le processus de paix. » Ainsi, les 9 et 10 janvier derniers, le ministre des Affaires étrangères de l’Algérie, chef de file de la Médiation internationale, s’est rendu à Bamako, où il a eu des échanges avec les autorités maliennes ainsi que d’autres parties prenantes. Ensuite, une délégation de la Médiation internationale a rencontré, à Kidal, dans le Nord du Mali, la Coordination des mouvements de l’Azawad (CMA), le 1er février 2023. Une douzaine de jours après, les émissaires de la communauté internationale ont échangé avec les mouvements de la Plateforme et ceux dits de l’Inclusivité, dans la capitale malienne. Enfin, le 14 février, la Médiation internationale a été reçue par le ministre de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, explique le communiqué. Dans cette dynamique et conformément à l’exercice de ses responsabilités, la Médiation internationale entend poursuivre ses efforts dans les jours à venir. Ce, « à travers la prise de toutes autres initiatives jugées nécessaires pour réunir les conditions de la reprise, dans les meilleurs délais, du fonctionnement des mécanismes de suivi de l’Accord de paix et celles du parachèvement de sa mise en œuvre, y compris la tenue d’une session de haut niveau du Comité de suivi de l’Accord», annonce le communiqué. La Médiation rappelle que «l’Accord de paix demeure la base la plus viable pour la restauration de la paix et la promotion durable de la réconciliation et de la concorde au Mali. » À ce titre, elle compte sur la compréhension et la pleine coopération des parties pour l’aboutissement de ses efforts. En outre, la Médiation internationale souligne que « la situation présente, marquée par l’acuité de la menace terroriste et les souffrances indicibles subies par les populations, requiert un engagement renouvelé de la part de toutes les parties, y compris des efforts redoublés pour bâtir la confiance nécessaire à l’aboutissement du processus de paix». Dans ce contexte, la Médiation internationale exhorte les parties maliennes, ainsi que tous les autres acteurs concernés, à s’abstenir de déclarations ou d’actes de nature à accroître les tensions et à compliquer les efforts. AT/MD (AMAP)
Trois casques bleus sénégalais tués et cinq blessés au Centre du Mali (Etat-Major général des armées du Sénégal)
Bamako, 21 fév (AMAP) Le détachement sénégalais engagé au Mali a enregistre trois morts et cinq blessés suite à l’explosion d’un engin explosif improvisé, a annoncé ce mardi, l’Etat-Major général des armées du Sénégal dans un communiqué. « Ce mardi 21 février 2023, au retour d’une mission de ravitaillement entre les localités d’Ogassagou et de Sévaré, un véhicule blindé du contingent sénégalais déployé au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) a heurté un engin explosif improvisé (EEI) à hauteur du village de Songobia (centre du pays) », indique le communiqué. « L’explosion a entrainé la mort, sur le coup, de trois militaires et la blessure de cinq autres », poursuit le texte « Un convoi de la Force de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations-unies pour la stabilisation du Mali (MINUSMA) a heurté un Engin explosif improvisé (EEI), dans le Centre du pays, a confirmé, pour sa part, la Mission onusienne, mardi, dans un communiqué publié sur son site. « Les blessés ont été secourus et évacués vers les structures médicales dédiées. Les procédures administratives sont en cours pour le rapatriement des corps et des blessés », précise l’Etat-Major général des armées sénégalaises. AT/MD (AMAP)
L’explosion d’un engin improvisé fait deux morts à un poste de contrôle de Nara (Ouest)
Nara, 20 fev (AMAP) Un policier et un agent de la mairie ont trouvé la mort au poste de police à l’Est de la ville de Nara sur la route de Mauritanie qui a été attaqué, ce lundi, à l’Engin explosif improvisé (EEI), annoncent des sources sécuritaires « Les blessés sont au nombre de sept, parmi lesquels cinq policiers, un militaire et un civil qui ont été tous évacués sur Bamako par hélicoptère », précisent les mêmes sources. « Depuis les dernières attaques, les éléments des poste sécurité de police n’y passent plus la nuit. Les terroristes ont profité de cette absence pour poser un EEI sur le toit du poste. L’engin a explosé aux environs de 12h 30. Cela a provoqué la panique au sein de la population surtout en ce jour de foire. » Le ratissage des Forces armées maliennes (FAMa) a permis de mettre la main sur trois suspects qui ont été mis à la disposition de la gendarmerie pour enquête. Pour le moment, la situation est sous contrôle. Les forces de sécurité ont bouclé toutes les entrées de la ville pour procéder à des fouilles à l’intérieur de la ville. BC/MD (AMAP)
Explosion d’un engin à Nara, à la frontière de la Mauritanie (Sources sécuritaires)
Nara, 20 fév (AMAP) Une explosion d’un Engin Explosif Improvisé (EEI) a eu lieu, ce lundi, vers 12h 30 au poste de police, à l’est de la ville malienne de Nara, sur la route de la Mauritanie. Le bilan est de deux morts dont un policier et un agent de la mairie, sept blessés dont un militaire, cinq policiers et un civil, selon des sources sécuritaires. Le ratissage de la zone est en cours. MD (AMAP)
Le Premier ministre aux forces vives de la 7è région : «Gao doit rester en tête de peloton des soutiens de l’unité nationale»
Envoyé spécial Oumar DIAKITÉ Gao, 19 fév (AMAP) Le Premier ministre malien, Dr Choguel Kokalla Maïga, a appelé les populations de Gao (Nord) à maintenir le flambeau de l’unité de la République du Mali et surtout, de rester en tête de peloton des régions qui se battent pour la cohésion nationale. «Faites en sorte que vous imposiez l’unité nationale », a lancé, lors d’une rencontre avec les forces vives, le chef du gouvernement, en visite dans la capitale de la 7è région administrative du Mali vendredi, samedi et dimanche, a la tête d’une forte délégation de huit ministres et de membres du Conseil national de Transition (CNT). Il a demandé aux habitants de la Cité des Askia d’aider les Forces armées maliennes (FAMa) à interpeller les quelques bandits qui profitent de l’insécurité pour régler des comptes. Dr Choguel Kokalla Maïga a rappelé la lutte héroïque des habitants contre les séparatistes et leurs alliés terroristes lors de l’occupation du Nord du pays en 2012. Il les a exhortés à demeurer dans la même dynamique. Il a assuré que les autorités feront le nécessaire pour que tous nos compatriotes se sentent à 100% maliens. Au cours des échanges, la question de l’appartenance effective de Kidal (Nord) à la République du Mali a été abordée. À ce sujet, le chef du gouvernement a fait une mise au point : « Kidal est et demeurera une partie de notre pays». Dr Choguel Kokalla Maïga a expliqué que le but de sa visite à Gao est de recenser les préoccupations des populations afin d’y apporter des réponses. Cet exercice pourra concerner d’autres régions du Mali, y compris Kidal, si telle est la volonté de ses habitants. SANS PROVOCATION – Parlant d’une probable visite dans la capitale de l’Adrar des Ifogas, le chef du gouvernement a dit que cela ne relèverait d’aucune intention de provocation. « Parce que nous ne voulons pas de la provocation», a-t-il précisé. « Et toute provocation pouvant conduire à une reprise des hostilités, a indiqué Choguel Kokalla Maïga, est contraire à la philosophie du gouvernement et aux intérêts de notre pays. » Toutefois, il a martelé que le Mali ne peut pas être divisé. « Une fois que cela est compris, tout le reste peut se négocier», a-t-il déclaré, répétant que « tout discours tendant à la provocation, à pousser les Maliens les uns contre les autres, n’est pas celui du gouvernement. » Cette visite a permis au chef du gouvernement d’être en contact direct avec les différentes communautés et couches sociales, des responsables de la société civile, les autorités administratives et les légitimités traditionnelles et religieuses de la Région de Gao. L’occasion était bonne pour le gouverneur de Gao, le général Moussa Traoré, de souligner les efforts consentis par les autorités de la Transition en faveur de sa circonscription administrative. Le gouverneur a, ensuite, égrené quelques préoccupations ayant trait à la mauvaise desserte de la Cité des Askia en eau, en électricité, sans compter les difficultés liées à la connexion internet. Le général Moussa Traoré a indiqué que l’urgence demeure la reprise des travaux de la route Gao-Sévaré, des travaux de construction du barrage de Taoussa et de la route Gao-Bourem-Taoussa. Il y a aussi, la dotation des représentations régionales d’Energie du Mali (EDM) et de la Société malienne de gestion de l’eau potable (SOMAGEP) en nouveaux groupes électrogènes avant la période de grande chaleur. Les mêmes préoccupations ont été rappelées par les responsables des Cadres de concertation de la Région, de la Coordination des associations et ONG féminines (CAFO) régionale et du Conseil régional des jeunes. Le Premier ministre a assuré que les préoccupations seront transmises à qui de droit. En outre, Choguel Kokalla Maïga a expliqué l’importance du soutien que tout peuple doit accorder à son armée. Car, l’armée étant le principal outil de la souveraineté d’un pays, le premier outil de décision politique. « C’est la colonne vertébrale d’une nation», a-t-il rappelé pour rendre hommage aux FAMa. Le chef du gouvernement a soutenu que la priorité des autorités de la Transition est d’avoir un Etat sécurisé. Il a rappelé à ce propos que les élections, la politique, l’agriculture, la religion…tout cela n’a de sens que lorsqu’un pays est sécurisé. DES CENTAINES DE TONNES DE VIVRES – Le chef du gouvernement a procédé à la remise des vivres, de matériels agricoles et de tricycles aux démunis de la Région de Gao. C’est ainsi que 600 tonnes de vivres ont été distribuées aux déplacés de Gao, Ansongo et Bourem. Dr Choguel Kokalla Maïga a visité le site de la future université de Gao. Ce site d’une superficie de plus de 500 hectares est situé à Béra, à 7 km de la ville. Après avoir assuré que des dispositions seront prises pour la construction de l’université, le Premier ministre a indiqué que l’espace pouvait aller jusqu’à 1 000 hectares afin d’y pratiquer des expérimentations agricoles. Il a, aussi a inauguré le système d’irrigation d’un périmètre de 50 hectares dans le village de Bagoundjè, non loin de la ville de Gao. Une séance de prière ayant drainé du monde au stade Kassé Kéïta de Gao a permis de faire des bénédictions pour le Mali et aux autorités de la Transition. Le Premier ministre a bouclé sa visite dimanche par la rencontre avec les forces vives de Bourem et d’Ansongo et un repas de corps avec les Forces armées maliennes. OD/MD (AMAP)
A Gao (Nord), le Premier ministre du Mali prêche l’unité nationale
Envoyé spécial Oumar DIAKITE Gao, 18 fév (AMAP) Le Premier ministre malien, Choguel Kokalla Maiga, a invité, samedi, les populations de Gao (Nord) à perpétuer leur légendaire patriotisme et engagement pour la cohésion nationale. Le chef du gouvernement, qui s’adressait aux forces vives de la Région de Gao, dans la salle de conférences du gouvernorat, a demandé aux populations d’œuvrer à être le gardien de l’unité nationale au Mali. « Gao doit maintenir le flambeau de l’unité de la République », a-t-il dit, tout en louant la bravoure des populations contre toute tentative séparatiste. Intervenant après le gouverneur, le général Moussa Traoré, qui s’est fait l’écho des problèmes de la population, le Premier ministre a assuré que ces préoccupations soulevées seront transmises « à qui de droit » pour leur solution. Selon lui, « les élections, la politique, l’agriculture…Bref, aucun développement n’a de sens que lorsqu’un pays est sécurisé. » « Notre tâche principale est de sécuriser le Mali», a-t-il indiqué avant de promettre que « les autorités feront tout pour que, d’ici la fin de la Transition, certaines actions soient réalisées au bénéfice de la population ». Le Premier ministre, qui a clairement indiqué que la priorité demeure la sécurité, a invité, par conséquent, les populations de Gao à soutenir les Forces armées maliennes (FAMa), « car, a ajouté Choguel Kokalla Maiga, l’armée est le principal outil de souveraineté. » Auparavant, le gouverneur salué les efforts du gouvernement de la Transition en faveur de sa région avant d’égrener les perspectives et défis à relever. Ces problèmes dont souffre la population de la Cité des Askia sont liés à l’électricité, la télécommunication, la pénurie d’eau, l’insécurité et le développement rural. Les responsables du cadre de concertation, de la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) et du Conseil régional de la jeunesse se sont tous reconnus dans les doléances que le général Moussa Traoré a exposées. Après cette rencontre avec les forces vives, Choquel Kokalla Maiga a visité, à Béra, le site de l’université de Gao. Il a, aussi, inauguré le système d’irrigation du périmètre de Bagoundjè. Le programme de la journée du samedi s’est terminé par une séance de prière au stade Kassé Kéita de Gao. OD/MD (AMAP)

