Performance des hôpitaux du Mali : CHU de Kati, en tête de peloton
Bamako, 17 mar (AMAP) Le Centre hospitalier universitaire (CHU) Pr Bocar Sidy Sall de Kati, sacré premier lauréat de la 4è édition de l’évaluation de la performance des hôpitaux du Mali, au titre de l’année 2021, a reçu sa distinction, jeudi, Comme lors de la précédente édition, l’établissement hospitalier occupe la tête du classement. Il a obtenu un score de 103 points sur 135. Le CHU de Kati a perçu une récompense symbolique, un chèque de 750 000 Fcfa. L’hôpital de Sikasso, qui a été classé deuxième avec un score de 97 points, a reçu 500 000 Fcfa. Le Centre national d’odontostomatologie Pr Hamady Traoré a occupé le troisième rang avec 95 points. Cet établissement a reçu, aussi, symboliquement un chèque 250 000 Fcfa. Organisée par l’Agence nationale d’évaluation et d’accréditation des établissements de santé (ANAES), la cérémonie de restitution des résultats était présidée par le représentant de la ministre de la Santé et du Développement social, Souleymane Traoré. C’était en présence du directeur général de l’Anaes, Sékouli Fadjadji Touré, et des directeurs des hôpitaux. Cette évaluation des hôpitaux vise à distinguer et récompenser les établissements les plus performants afin de créer une saine émulation entre eux dans le but d’accroitre leur performance. Au titre de l’année 2021, l’ANAES a évalué 14 hôpitaux à travers treize indicateurs généraux et quatre indicateurs spécifiques dont la pertinence et le mode de calcul ont été fixés de commun accord avec les parties prenantes. Au nombre des indicateurs, le nombre moyen de journées de rupture des 40 Médicaments essentiels génériques (MEG) et consommables traceurs, le nombre moyen des journées d’immobilisation des 10 équipements clés, le taux de recouvrement des recettes et celui de satisfaction des usagers. S’y ajoutent le taux moyen de disponibilité des 10 examens biomédicaux, la capacité d’autofinancement, le taux de mortalité intra hospitalière et la proportion de protocoles de recherche mise en œuvre. « De façon générale, a expliqué le directeur général de l’ANAES, Sékouli Fadjadji Touré, les aspects liés à la rupture de médicaments et réactifs, la panne d’équipements, la gestion des déchets hospitaliers, la gouvernance et la satisfaction des usagers ont connu une nette amélioration au niveau des hôpitaux. Touré a assuré que les établissements hospitaliers ont démontré toute leur capacité d’adaptation à travers la mise en place des comités d’animation et le développement de la culture de l’auto-évaluation. Pour lui, la mise en œuvre des recommandations formulées au cours des différentes missions d’évaluation « a permis, sans nul doute, de rehausser le niveau de la qualité des soins au sein de ces établissements. » Le patron de l’ANAES a aussi estimé que ces résultats sont le fruit du travail en équipe et de l’engagement du personnel de l’Agence. Le représentant de la ministre de la Santé et du Développement social a rappelé le contexte de la cérémonie, placée sous le signe de l’amélioration continue des pratiques professionnelles orientées vers les soins humanisés. Selon lui, ces évaluations constituent une opportunité pour renforcer le dispositif du contrat de performance signé entre son département et les directeurs généraux des hôpitaux, mais aussi d’inciter à l’engagement de tous les acteurs pour la qualité des soins. « Il s’agit pour nous de renforcer les acquis dont nous disposons et de faire en sorte que les meilleurs exemples et les recommandations formulées lors des missions d’évaluation successives soient capitalisés», a relevé Souleymane Traoré. Et de dire que ces contrats feront l’objet d’une évaluation cette année. Les trois lauréats ont promis de redoubler d’efforts pour apporter des soins de qualité à la population. MDD/MD (AMAP)
Mopti : Le PM a entamé jeudi une visite dans la Venise Malienne
Mopti, 17 mars (AMAP) Le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maiga accompagné d’une forte délégation dont trois ministres du gouvernement, le ministre du développement rurale, Modibo Keîta, le ministre délégué chargé de l’action humanitaire, Oumarou Diarra et le ministre délégué en charge de l’élevage et de la pêche, Youba Bah, a entamé jeudi une visite de 72 heures dans la Venise Malienne, a constaté l’AMAP. A sa descente d’avion à l’aéroport international Hambodedjo de Sévaré, il a été accueilli par le gouverneur de la région de Mopti, le Colonel-major Abass Dembélé, le préfet du cercle de Mopti, le président du conseil régional, celui du conseil de cercle et le maire de la commune urbaine de Mopti. Après la revue des troupes, la salutation des corps constitués et un rafraîchissement au salon d’honneur de l’aéroport, la délégation s’est dirigée sur Mopti où elle s’est rendue aux notabilités pour une visite de courtoisie. Le Premier Ministre a ensuite procédé à l’inauguration de la salle de spectacle Sory Bamba totalement rénové par le Conseil régional de Mopti avec l’appui des partenaires de la région. Pendant ce séjour de trois jours, les populations de la région fondent beaucoup d’espoirs pour la résolution de nombreuses préoccupations entre autres la situation sécuritaire, le problème d’électricité, d’eau et la cherté de la vie en cette veille de ramadan. Durant son séjour, le Chef du gouvernement présidera la cérémonie de lancement de la Stratégie de Stabilisation des régions du centre en présence des membres du corps diplomatique et des représentants des Organisations Internationales et celle d’une donation à la région Dr Maïga bouclera son séjour par une rencontre des cadres et des forces vives sur les préoccupations majeures du moment et des grands chantiers du gouvernement de transition pour le retour de la paix et le vivre ensemble. DC/KM (AMAP)
Banamba : Une mission du conseil économique, social et culturel rencontre des acteurs au développement du cercle
Banamba, 17 mars (AMAP) L’administration locale au nom de la mission du conseil économique, social et culturel a recueilli jeudi les attentes, les besoins et les problèmes des acteurs de la société civile de Banamba , a constaté l’AMAP. Les travaux de la rencontre d’échange étaient présidés par le préfet Souleymane Tembely dans la salle de conférence de la mairie de Banamba. Cette rencontre qui a regroupé les forces vives du cercle avait pour objectif d’échanger avec ces dernières dans les domaines sectoriels de développement afin de diagnostiquer les potentialités et les goulots d’étranglements des attentes et dégager les stratégies concrètes de satisfaction efficiente des besoins exprimés. Cet exercice de l’institution s’inscrit dans le cadre de l’élaboration du recueil annuel 2023 des attentes, besoins et des problèmes de notre cercle. Au cours de la journée, les acteurs ont constaté qu’aucun des problèmes posés n’a pu être résolu dans le cercle de Banamba avec la non dissémination du recueil local. De ce fait, il a été recommandé de prendre en charge certains problèmes posés dans la priorisation des attentes et disséminer le recueil au niveau local. AT/ KM (AMAP)
Transformation locale de l’arachide : Un bon filon pour les femmes
Par Anne Marie KEÏTA Bamako, 16 mar (AMAP) A côté des producteurs d’arachide qui bénéficient de plusieurs avantages liés à sa culture, les femmes qui la transforment en pâte d’arachide tirent, aussi, leur épingle du jeu. La transformation artisanale de l’arachide, une activité informelle majoritairement pratiquée par les femmes, est une manière pour elles d’avoir un revenu et subvenir aux dépenses familiales, tout en obtenant une autonomie financière. L’arachide transformée en pâte, communément appelée «Tiga-dèguè », outre son caractère incontournable dans la gastronomie malienne, génère des revenus importants allégeant ainsi le poste alimentation du budget des ménages. L’arachide constitue une filière essentielle à l’économie malienne. Elle demeure une légumineuse très appréciée et riche en nutriments. La filière a beaucoup évolué au cours de ces dernières années à travers sa transformation artisanale informelle qui conserve d’ailleurs, une place significative dans la valorisation de cette légumineuse. Dans la lutte contre l’insécurité alimentaire et la pauvreté, les femmes sont au premier rang. Elles s’investissent dans les activités génératrices de revenus notamment dans la transformation agro-alimentaire La capacité de ces femmes instruites ou peu instruites à opérer des innovations complexes et à s’inscrire dans une logique de mobilisation de fonds pour propulser les affaires, est un facteur de réussite des actions entreprises. Beaucoup d’entre elles développent leurs activités économiques génératrices de revenus sur fonds propres en renforçant ainsi leur rôle dans la société et dans la famille. Et d’autres, par manque de moyens, s’associent en groupement ou en association pour faire la transformation. Aussi, le caractère pénible des travaux de la transformation de la pâte d’arachide oblige certaines à s’associer. Dans la ville de Kati, sur les hauteurs de Bamako, la capitale malienne, les femmes occupent une place de choix dans la transformation de l’arachide. Elles sont au début du processus jusqu’à la commercialisation du produit fini. On rencontre ces femmes un peu partout au grand marché de Kati, où elles achètent l’arachide et la transforment sur place en pâte pour ensuite la revendre. Mme Diarra Aminata Koné fait partie de ces battantes dont le quotidien est consacré à la transformation de l’arachide. La quinquagénaire, mère de quatre filles, mène cette activité depuis 10 ans. Elle en tire de quoi payer la scolarité de deux de ses filles. Les deux autres, qui ne fréquentent pas l’école faute de moyen, épaulent leur maman. Sa fille, déjà douée dans la transformation, témoigne : «C’est grâce à cette activité que notre mère ne tend plus la main.» Non loin de Mme Diarra Aminata Koné, se trouvent également les dames Sadio Coulibaly et Fanta Traoré. Très occupées, à notre passage, elles n’étaient pas disponibles pour nous parler : «On a une commande de 10 seaux de pate d’arachide à livrer avant 16 heures», nous fait savoir l’une d’elles. Il n’y a pas que les femmes non lettrées qui exercent ce métier. Maïmouna Coulibaly, titulaire d’une maitrise en droit depuis 2010, est de celles-là qui préfèrent le labeur à la facilité. Elle a perdu son mari alors qu’elle était au chômage et mère de deux enfants. Maïmouna décide alors de prendre son destin en main en se lançant dans la transformation de l’arachide. Elle a démarré avec un petit fonds de 50.000 Fcfa. Aujourd’hui, elle réalise un bénéfice mensuel de 75.000 Fcfa. manque de matÉriel – Au quartier mission de Kati, des femmes se sont organisées en groupement pour faire prospérer leur activité. Un mardi matin, à 7 heures, dans la cour de la présidente du Groupement de femmes transformatrices de pâte, Mme Ballo Fatoumata Diarra commence les activités en attendant l’arrivée des autres membres. Tout sourire, elle nous explique que la transformation de l’arachide est une activité pénible mais rentable. Aujourd’hui, Mme Ballo en tire des revenus importants qui lui assurent une indépendance financière. Dans ce même ordre d’idée, la présidente du groupement, Mme Kanté Emilienne Ballo, explique avoir initié cette activité pour permettre aux femmes de son entourage de se prendre en charge financièrement. «J’ai remarqué que beaucoup d’entre nous reste à la maison à ne rien faire. J’ai pensé qu’il faut une activité pour nous occuper quotidiennement et nous procurer des bénéfices pour nous permettre d’assurer notre indépendance financière », explique Mme Kanté, ajoutant que son groupe a une vocation d’entraide et de solidarité. Concernant les difficultés, la présidente confie que son groupement souffre du manque de matériel de travail. Elle a, aussi, fait savoir que le prix de l’arachide a augmenté ces derniers temps : le sac de 100 kg est passé de 65 000 Fcfa à 75 000 Fcfa. D’où la cherté de la pâte d’arachide sur le marché. Actuellement, le seau de 10 kg est vendu à 15.000 Fcfa et celui de 5 kg coûte 7 500 Fcfa. «Notre souhait le plus ardent est d’avoir des appuis financiers pour acheter la matière première et le matériel afin de pouvoir faire des stocks pour s’assurer de la continuité du travail», plaide la présidente. Par jour, ces femmes peuvent parfois transformer plus de 100 kg d’arachides et écouler une dizaine de seaux de pâte d’arachide transformée. Ce qui atteste de la bonne organisation et du sérieux au sein du groupement de femmes dans le travail. «Pour que la pâte soit de bonne qualité et appréciée par les clients, il faut veiller à l’hygiène et à la qualité de l’arachide pour la transformation», précise Mme Kanté Emilienne Ballo. Ce conseil est suivi par les autres membres. « À preuve, poursuit la présidente du groupement, les clients sont satisfaits de leurs produits. » En suivant la chaîne de valeur de transformation de l’arachide en pâte, l ;es transformatrices font, d’abord, de façon minutieuse, le tri de l’arachide à la main pour enlever l’ivraie, les cailloux, les coques et d’autres déchets. Après cette étape, elles font passer à la grillade à l’aide d’un tambour manuel posée sur le feu. Lorsque les graines d’arachide sont soigneusement grillées, sa pellicule rouge commence à se libérer. Les graines blanches sont ensuite passées à la machine pour être transformées en pâte. AMK/MD (AMAP)
La Médiation pousse à la reprise le processus de mise en œuvre de l’Accord de paix au Mali
Bamako, 16 mar (AMAP) La Médiation internationale de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger a procédé, lundi dernier, à une analyse approfondie de la situation, afin de d’aider à la reprise du processus de mise en œuvre de l’Accord, ainsi que des initiatives prises depuis décembre 2022, selon une source officielle. Dans un communiqué rendu public, ce jeudi, par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), la Médiation internationale indique avoir, au cours d’une réunion virtuelle sous la présidence de l’ambassadeur Boudjemaa Delmi, président du Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger (CSA), « pris acte des préoccupations exprimées par les parties au cours de ces consultations. » Elle ajoute, également, avoir relevé leur attachement à l’Accord de paix, et souligne que celui-ci « constitue le cadre le plus viable pour restaurer durablement la paix et la sécurité dans le Nord du Mali et contribuer de façon significative à la stabilisation de la région dans son ensemble. » La Médiation internationale « poursuivra ses démarches auprès des parties signataires dans les jours à venir », relève le communiqué. Elle entend, également, leur « soumettre des propositions concrètes en vue de relancer et d’accélérer le processus de mise en œuvre. » Notamment., à travers la tenue, « le plus rapidement possible, d’une réunion de haut niveau du CSA qui s’accorderait sur des actions prioritaires et concrètes de nature à restaurer la confiance entre les parties et à répondre aux besoins des populations sur le terrain. » La Médiation internationale attire l’attention sur le fait que la « persistance de l’impasse actuelle est porteuse de graves dangers et qu’aucun effort ne doit être ménagé pour surmonter cette impasse au plus vite ». Compte tenu de l’importance des consultations qui ont eu lieu à Bamako, à Kidal (Nord) et à Alger, la Médiation internationale a émis « le souhait d’être reçue, en temps utile, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour lui rendre compte de ces consultations et solliciter ses vues sur la marche à suivre. » La Médiation internationale « exhorte à nouveau les parties signataires à s’abstenir de tout acte ou toute déclaration susceptible de remettre en cause les acquis enregistrés dans la mise en œuvre de l’Accord et d’entraver les efforts en cours pour relancer la dynamique de paix. » Elle demande à la MINUSMA, qui préside la Commission technique de sécurité (CTS), de convoquer, dans les plus brefs délais possibles, une réunion de la CTS. Cela « pour faire le point de la situation sur le terrain et faciliter l’opérationnalisation du groupe de travail mandaté de réviser les arrangements sécuritaires dont la mise en place avait été convenue lors de la rencontre de la 54è session ordinaire de la CTS en date du 4 octobre 2022. » SS/MD (AMAP)
Anacardier : Cet arbre rapporte 32,5 milliards de Fcfa par an au Mali
Par N’Famaoro KEITA Bamako, 15 mar (AMAP) Le Mali produit environ 90 000 tonnes d’anacarde, qui rapportent 32,5 milliards de Fcfa ,chaque année et le secteur occupe plus de 200 000 personnes en milieu rural, selon le bilan de la campagne 2019 du Projet d’appui à la filière anacarde au Mali (PAFAM). Bien que marginalisée – moins de 1% de la production est transformée – la transformation des produits de l’anacarde occupe plus de 3 000 personnes dont 80% de femmes. majoritairement en milieu rural. Le document du PAFAM souligne que la filière ne bénéficie pas suffisamment de l’accompagnement de l’État, malgré son importance socioéconomique. Cette insuffisance se traduit par le faible niveau de règlementation de la filière et la faible capacité des services techniques concernés. Les autorités travaillent à améliorer la situation. Déjà, le «document de la stratégie nationale de la filière anacarde avec son plan d’action budgétisé est validé par les services techniques», nous apprend le chef de la section des cultures sèches et cultures irriguées à la Direction nationale de l’agriculture (DNA), Souleymane Bagayogo. Il ajoute que cette stratégie, qui est dans le circuit d’adoption du gouvernement, prend en compte tous les acteurs de la filière, des producteurs aux transformateurs, en passant par les commerçants et les transporteurs. Cultivée en zone tropicale, l’anacardier ou pommier-cajou est une espèce de plante originaire de l’Amérique tropicale. Au Mali, les producteurs ruraux le cultivent à plusieurs fins, telles que la clôture des champs, ses fruits (pomme et noix de cajou), ses écorces et ses feuilles pour leurs vertus thérapeutiques. Cet arbre est bien connu dans le Cercle de Kangaba, dans lOuest du Mali. À Dioulafoundo, dans la Commune de Nouga, la plupart des paysans disposent de centaines de pieds d’anacardiers. VERTUS THÉRAPEUTIQUES – Madou Keïta a clôturé son jardin avec des anacardiers qui donnent de délicieux fruits, en cette période de l’année. Mais, ce sont surtout les noix qui intéressent le paysan. Il les vend pour faire face aux frais scolaires de ses enfants. Les enfants, aussi, vont dans les champs pour cueillir des pommes de cajou, en extraire les noix et les vendre aux commerçants. L’instrument de mesure utilisé pour cette vente est la boite de pate de tomate dont le plein équivaudrait à deux kilogrammes. Ainsi, une boite remplie est vendue entre 500 et 1 000 Fcfa. Amadou Diarra évolue dans l’agriculture et l’élevage, depuis des années. L’agropasteur soutient que l’anacardier est une plante exceptionnelle, un «don de Dieu à l’Afrique subsaharienne». En effet, cet arbre n’a pas besoin d’humidité et d’entretien particulier pour survivre. Et en seulement deux ans, il commence à donner des fruits. L’anacardier contribue beaucoup à la lutte contre la désertification. A cet égard, sa culture demande à être davantage valorisée. «Il faut développer le secteur agricole pour que les gens puissent s’intéresser à cette culture pour la sauvegarde de l’écosystème», prône Amadou Diarra. Et pour jouer sa partition, notre interlocuteur prépare un «nouveau champ qui sera spécialement réservé aux anacardiers». Au-delà de sa capacité à contrer l’avancée du désert, l’anacardier a des vertus thérapeutiques. Daouda Keïta nous informe que son «écorce peut guérir la toux, les maux de ventre et bien d’autres maladies». En plus, «l’anacardier peut contribuer à la sécurité alimentaire», ajoute Daouda Kéita qui regrette l’absence de «projet dans sa commune pour aider à la transformation des produits de cette plante». Le manque d’infrastructures de conservation et de transformation fait que plusieurs tonnes de pommes de cajou pourrissent dans les champs, quand elles ne sont pas ingurgitées par les animaux. Au même moment, ce fruit se vend cher à Bamako, la capitale malienne. Massaran Keïta vend des pommes de cajou, au quartier du fleuve, à 50 Fcfa, l’unité. Elle peut se faire, « chaque jour, un bénéfice de 5 000 Fcfa », nous a-t-elle dit. NK/MD (AMAP)
Attaque repoussée contre le Commissariat du 2ème arrondissement de Ségou
Ségou, 14 mar (AMAP) Le Commissariat du deuxième arrondissement de Ségou (Centre) a fait l’objet, mardi, aux environs de 22h, d’une « attaque terroriste » que les policiers ont repoussée, selon la Direction régionale de la police de Ségou. Selon cette source sécuritaire, le bilan provisoire de cette attaque par des individus armés non identifiés est de trois « policiers blessés légèrement, un véhicule de la police endommagé et une moto brûlée. » «Un assaillant a été arrêté par les Forces de sécurité», précise la même source. De son côté, l’Armée assure qu’un ratissage est en cours dans le quartier de «Sido Sounikoura» où se sont repliés les terroristes. Selon des sources non officielles, l’attaque aurait duré une dizaine de minutes avant que les assaillants ne prennent la fuite. Des impacts de balles sont visibles sur les murs d’enceinte du commissariat situé sur la route de l’an 2000. ADS/MD (AMAP)
Coopération militaire : Le chef d’état-major des armées du Niger reçu par le président de la Transition au Mali
Bamako, 10 mar (AMAP) Le chef d’état-major des armées du Niger le général, Mody Salifou, qui a été reçu en audience, jeudi, au Palais de Koulouba, par le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, est arrivé à Bamako, pour échanger avec les chefs militaires maliens de coopération entre le Niger et le Mali face aux terroristes, notamment dans la zone des trois frontières. Selon le général Mody Salifou, les efforts entre son pays et le Mali, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, ont toujours été permanents. « Il a été question, aujourd’hui, de faire le tour de cette coopération et voir comment nous pourrons rentabiliser davantage cette coopération sécuritaire entre nos deux pays », a confié à la presse le chef d’État-major des Armées du Niger. Le haut gradé de l’armée nigérienne, à discuté, en substance, de la meilleure façon de rentabiliser davantage la coopération sécuritaire entre le deux pays dans la lutte contre le terrorisme. Cette question était au menu de l’audience avec le colonel Assimi Goïta. L’officier général nigérien était venu transmettre au chef de l’État « les salutations amicales » de son homologue du Niger, Mohamed Bazoum. Mais, aussi. de lui rendre compte de ses discussions avec ses « camarades » des Forces armées maliennes (FAMa). Le Mali et le Niger partagent une frontière commune de près de 821 km et sont confrontés à un défi commun : la lutte contre le terrorisme. Pour l’officier général nigérien, il est de bon ton que « nous nous retrouvions régulièrement pour faire le point de la situation, de part et d’autre de la frontière pour le bien de nos populations respectives ». Et de poursuivre : « nos forces ont toujours été ensemble. Nous travaillons toujours ensemble et nous soutenons les unes les autres». Cette audience intervient au moment où la zone dite «des trois frontières» entre le Mali, le Niger et le Burkina Faso est confrontée au terrorisme. Selon l’Armée malienne, la montée en puissance des FAMa et la mutualisation des efforts accrus avec les pays voisins ont porté un coup sérieux à la capacité de nuisance des terroristes. Par ailleurs, ce déplacement des hauts gradés de l’armée nigérienne u Mali arrive dans un contexte marqué par le retrait du Mali de tous les organes et instances du G5-Sahel, y compris sa force conjointe. Toutefois, les autorités de Bamako ont déclaré être ouvertes à toute coopération bilatérale dans la lutte contre les ennemis de la paix dans la région. BD/MD (AMAP)
Relance imminente du trafic ferroviaire au Mali (Ministère des Transports et des Infrastructures)
Bamako, 09 mar (AMAP) Une mission d’information et de sensibilisation est parti, jeudi, de la gare ferroviaire de Bamako pour Kayes, pour informer et sensibiliser les populations et autorités des localités riveraines sur la relance imminente du trafic ferroviaire national, annonce la cellule de communication du département des Transports et des Infrastructures. « La délégation, à bord de la locomotive CC 2207, fera le trajet Bamako-Kayes. Il est prévu une escale dans toutes les gares le long de la voie ferrée », ajoute la source indiquant que la mission a été mise en route sur instruction du ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko. Toutes les activités de reprise du trafic ferroviaire sont financées par le budget national. À cet égard, au cours d’un voyage test, le 13 juillet 2022, Mme Sissoko a salué « l’engagement du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, pour cette relance du trafic ferroviaire. » Selon elle, « c’est grâce à l’engagement des autorités que les techniciens maliens ont réparé entièrement deux locomotives et les voitures voyageurs. » Un communiqué publié par la même source, le mercredi 01 février 2023, a annoncé le ministre des Transports et des Infrastructures a réceptionné « symboliquement » des pièces de rechange destinées aux locomotives maliennes (CC 2205 et CC 2207) en provenance de Dakar (Sénégal). Au cours de cette cérémonie, Madame Dembélé Madina Sissoko a indiqué que des « actions doivent être engagées diligemment pour la libération du domaine ferroviaire des occupations irrégulières et la finalisation du cadre institutionnel de gestion du trafic ferroviaire. » La ministre en charge des Transports a, ainsi, appelé le personnel ferroviaire « à l’esprit d’initiative, au sens de responsabilité, au courage et à la persévérance. » « Cela afin que la marche du train soit irréversible et que le trafic ferroviaire national ne s’arrête plus jamais. » SS/MD (AMAP)
Spécial 8 mars : Maïga Adam Maïga, présidente et cheville ouvrière d’un Centre de santé communautaire
Bamako, 8 mar (AMAP) La Région de Kayes (Ouest) regorge de figures emblématiques, notamment de femmes, engagées pour les causes communautaires et nationales. Mme Maïga Adam Maïga en est une. Sage-femme de son état, elle est responsable de l’ Association de santé communautaire de Kayes N’Di (ASACOKADI), un quartier de la commune urbaine de Kayes. C’est l’une des rares femmes qui assure la présidence d’un Centre de santé communautaire (CSCOM) du pays depuis 2002. « Je suis impliquée dans toutes les activités de Bencounda, un nouveau quartier, fondé par la diaspora, notamment celle basée en France. Je dirige la première association de ce quartier. C’est la confiance de la population qui a prévalu dans le choix porté sur ma modeste personne pour présider aux destinées de notre structure socio sanitaire », assure Mme Adam Maïga. « Pour moi, le 8 Mars symbolise la féminité, la valorisation de la femme. Nous devons avoir confiance en nous-mêmes et nous battre pour avoir la confiance de la population. On a vu des femmes pilotes, présidentes de la République… Il faut travailler comme les hommes. Le Mali Kura est fait pour les femmes qui y retrouveront sûrement leur place », estime notre interlocutrice. Bien qu’elle soit de nationalité malienne, cette dame est l’illustration parfaite d’une intégration réussie entre le Mali et le Niger. Adam Maïga est née en 1972 au Niger où elle a reçu son parchemin, avant de venir dans son pays d’origine pour entamer sa vie professionnelle. Elle a fréquenté l’Ecole nationale de Santé publique du Niger de 1996 à 2000. Son père, Mamadou Zeti Maïga, a servi dans ce pays voisin du Mali comme gouverneur de la Région de Tahoua. Mariée et mère de 4 enfants, Adam Maïga a été affectée à l’ASACOKADI en 2001 après son admission au concours d’entrée à la Fonction publique des Collectivités territoriales. « C’est mon premier poste. J’encadre une vingtaine de personnes. Bientôt (probablement le 8 Mars), notre structure sanitaire sera érigée en CSCOM Universitaire pour promouvoir la prise en charge de qualité, la formation des ressources humaines », affirme-t-elle. En ce jour très ensoleillé du lundi 20 février 2023, nous nous sommes rendus à l’Association de santé communautaire de Kayes N’Di situé dans le quartier du même nom sur la rive droite du fleuve Sénégal qui traverse la ville de Kayes. Dans les locaux, les préparatifs de l’érection de la structure en CSCOM universitaire battent leur plein. Près de la porte d’entrée de la sage-femme responsable, on voit une dame debout sur une balance, près d’une assistante qui notait son poids, en attendant la consultation chez Mme Maïga. Entre-temps, cette dernière ouvre la porte de son bureau. « Ah vous êtes là, attendez un peu. Il y a une femme en travail », s’exclama-t-elle à notre vue. Ensuite, cette sage-femme responsable est ressortie pour aller faire le tour de quelques unités relevant de son service. Dans sa salle d’attente, elle réorganisait le dispositif mis en place pour offrir plus de commodités aux patients et à leurs accompagnateurs avant les consultations néo-natales et prénatales. Arrivée au niveau du grand hall où se font les pesées ordinaires, l’infirmière ordonna à certaines personnes d’amener des bancs métalliques devant son bureau pour soulager certaines personnes qui se tenaient débout. Elle remettait un peu d’ordre au niveau du hall avant de passer à une brève séance de sensibilisation et d’information sur l’importance du planning familial et des consultations prénatales. Adam Maïga se distingue par sa courtoisie, son sérieux et sa rigueur au travail. Elle ne retourne jamais dans son bureau sans frapper à la porte. Elle est très appréciée par sa hiérarchie et les populations. Tout le monde attend son tour et il n’y a ni bousculade ni dispute pour accéder au bureau de la « Sage », appellation de la sage-femme dans certaines localités de cette région. «C’est mon 4è passage chez cette sage-femme. Ma première fille est née ici. Elle a une bonne méthode de travail. Elle est dévouée, dynamique et accueillante. C’est pourquoi, les gens fréquentent ce CSCOM, malgré la distance », témoigne Mahamadou Wagué de Soutoucoulé-Badalabougou, commune de Khouloum. « J’accompagne ma petite sœur ici pour la pesée parce que nous apprécions la qualité des prestations de Madame (Adam Maïga). Elle est courageuse », renchérit Sadio Diallo de Kersignané qui a fait des bénédictions pour le CSCOM. Adam Maïga occupe également le poste de trésorière de l’Ordre des Sages-Femmes de Kayes et de celle de la Caisse de solidarité référence-évacuation de la Région de Kayes. L’Association des Femmes de Bencounda qui a été créée en 2007 et mène des activités génératrices de revenus (transformation de produits alimentaires, saponification) pour permettre à la cinquantaine de membres d’être autonomes. Au regard de son parcours impressionnant, Mme Maïga Adam Maïga donne de la vivacité au combat des femmes qui rêvent de vivre dans un monde où elles partagent les mêmes activités et responsabilités que les hommes. BMS (AMAP)

