Gourma Rharous : les impacts de la crise sécuritaire sur l’enfance
Par Mohamed Gakou AMAP Gourma Rharous Gourma Rharous, 12 juin (AMAP) La crise sécuritaire que traverse le Mali, de 2012 à nos jours, à négativement impacté le bien-être des enfants, dans le Cercle de Gourma Rharous, dans le Nord du pays. Les conséquences de cette situation sont : le déplacement des familles victimes de violences, les crises alimentaires récurrentes dans les terroirs d’origine dues aux effets du changement climatique et au diktat des Groupes armés terroristes (GAT), l’analphabétisme, la déscolarisation, le travail des enfants, la délinquance juvénile, les instincts ou faits terroristes et la non possession de documents d’état civil. Ces fléaux sont les maux qui minent cette couche vulnérable, dans le cercle de Gourma Rharous et peuvent même hypothéquer son avenir. Ibrahim, 10 ans environ, est l’un des nombreux enfants issus de familles de déplacés internes à Rharous, qui ne possèdent pas, encore, un acte de naissance. Il incarne parfaitement cette enfance meurtrie par la crise sécuritaire, dans le Cercle de Gourma Rharous. Son petit visage innocent est marqué par la fatigue. Il a l’air souffreteux. Habillé d’un vieux maillot déteint, aux couleurs d’un grand club de football européen, dans lequel il flotte et d’un large short sale, l’enfant est juché sur une charrette tirée par deux ânes qu’il mène à coups de lanières et de bruyants cris, dans les ruelles du quartier de Boya. Il transporte deux fûts qu’il doit remplir à l’aide d’un seau de 10 litres, au fleuve, distant d’au moins, cinq cents mètres du chantier auquel il doit livrer son chargement. Il vend le contenu du fût à 250 francs cfa. La demande étant faible, il rentre à la maison l’après-midi, exténué, avec 1 500 francs, les jours « fastes » et moins, les jours sans. La recette est remise à son père malade et alité, depuis quelques mois. Ce maigre revenu est pratiquement la seule ressource qui fait vivoter cette famille de huit personnes. Quelques fois, cette misérable subsistance est relevée par quelques dons de vivres, des organisations humanitaires. La famille de Ibrahim s’est installée à Rharous, le chef-lieu de Cercle, depuis quelques années, fuyant les violences et exactions commises par les GAT, les groupes et bandits armés, à Adiora, leur terroir d’origine, dans la Commune de Ouinerdène, située dans le Gourma intérieur. Depuis qu’ils sont installés là, la précarité semble être leur destin. Ibrahim n’a jamais connu le chemin de l’école. À cinq ans déjà, il accompagnait son père, sur la charrette, pour chercher la pitance quotidienne. Aujourd’hui que son père est malade, il joue le rôle de soutien de famille. À la question de savoir, ce qu’il veut faire plus tard, ses yeux se plissent et dans un sourire innocent qui ressemble plutôt à un rictus, il répond : « charettier ». Que réserve l’avenir à Ibrahim et aux milliers d’autres filles et garçons qui vivent dans les mêmes conditions ? Au Centre de santé de référence (CSRéf) de Gourma Rharous, un bloc est réservé aux enfants qui souffrent de malnutrition sévère et autres pathologies liées à cette carence. Ils sont généralement accompagnés par leurs parents qui sont, majoritairement, des déplacés internes, victimes de violences. Le spectacle à l’intérieur du bloc est insoutenable. De petits corps aux ventres ballonnés sont couchés, partout, à même le sol, sur des nattes, poussant de faibles gémissements, sous le regard impuissant de leurs accompagnants. Selon, le Dr Amadou N’Famoussa Diakité, médecin-chef du district sanitaire de Gourma Rharous, d’autres facteurs aggravants liés à l’insécurité, impactent aussi la santé des enfants, notamment, « l’accès aux services de santé, à travers la limitation des références-évacuations, sachant que les enfants constituent la tranche d’âge qui fréquente le plus, les centres de santé ». A cela, il faut ajouter « la faible limitation du déplacement des agents de vaccination, pour atteindre les enfants, en stratégies mobile et avancée ». Pour terminer, il affirme : « sur l’aire du district sanitaire de Gourma Rharous, la majorité des enfants est exposée à une vulnérabilité sanitaire. » Approché par l’AMAP, la cheffe du service local de la promotion de la femme, de l’enfant et de la famille, Halimatou A.K Maïga, reconnaît : « la crise sécuritaire est le fléau qui porte le plus de préjudices à l’éducation et à la santé des enfants, dans la circonscription de Gourma Rharous », Elle ajoute : « au nombre des difficultés de l’enfance dans notre localité, la plus inquiétante est l’enrôlement forcé des enfants, au sein des GAT ou leur radicalisation, pour finir par être des machines à tuer ou de la chair à canon ». Elle souligne, encore, « la séparation des familles est aussi une difficulté majeure pour les enfants, particulièrement sur le plan psychologique. Celle-ci a considérablement favorisé la déscolarisation et la délinquance des mineurs. La difficulté d’accès aux documents d’état civil est aussi un facteur bloquant, dans la scolarisation des enfants et la facilitation des recherches pour la réunification des familles » Malgré l’inquiétude que suscite ce tableau, des efforts sont faits au quotidien par l’Etat à travers les services techniques locaux chargés d’apporter une réponse sur le terrain. Ils sont généralement accompagnés par les partenaires au développement qui opèrent dans le Cercle. Leurs actions portent sur la prise en charge sanitaire, psycho-sociale, la facilitation de l’accès aux centres d’écoute et le don gratuit de documents d’état civil. Ces activités usent de divers canaux de communication pour informer et sensibiliser les populations sur le fléau de la vulnérabilité des enfants, dans un contexte d’insécurité. MG/MD (AMAP)
Kati mobilisé pour les FAMa : Un meeting géant pour l’unité nationale et la vigilance citoyenne
Kati, 12 juin (AMAP) Un rassemblement de soutien aux Forces armées maliennes (FAMa) et aux autorités de la Transition, a rassemblé une grande foule, mercredi, à Kati, à la Maison des jeunes et de la culture, avec le mort d’ordre de renforcer le sentiment patriotique et appeler à la vigilance active des populations en cette période de conflit, a constaté l’AMAP sur place. L’événement, a servi de tribune pour lancer des appels clairs à la population et sensibiliser les populations à l’utilisation « des numéros d’urgence et à la bonne conduite en cas de menace terroriste a été au cœur des interventions. » Le président de l’Alliance Mali Tagné (AMATA) et porte-parole des Force vives, a insisté sur « l’importance pour chaque citoyen d’enregistrer les numéros d’urgence dans son téléphone. » « Cela permet d’alerter rapidement les autorités, en cas de problème », a-t-il souligné. Il a, surtout, mis l’accent sur la nécessité d’être extrêmement précis lors d’un signalement. « Quand vous voulez alerter les autorités, par rapport à une présence terroriste, vous devez être explicite. Donnez toutes les informations nécessaires : leur nombre, la nature des engins qu’ils utilisent et des armes qu’ils portent. » « Ces détails, a-t-il rappelé, sont indispensables pour une intervention adaptée et rapide des forces de sécurité. » UNION SACREE Boubacar Traoré, l’un des principaux organisateurs, a, quant à lui, repeté le thème de la cohésion nationale. Il a insisté sur « l’union sacrée des Maliens en cette période de sursaut national », appelant « chaque communauté, chaque individu, à dépasser les clivages et à se rassembler derrière les FAMAa et les institutions de la Transition pour faire face à l’adversité commune » Cette mobilisation citoyenne à Kati n’est qu’un premier acte. Les Forces vives ont annoncé qu’elle ouvrait la voie à deux temps forts spirituels pour la paix et la protection du pays : une lecture du Coran à la Grande mosquée de Kati, prévue le vendredi 13 juin 2025 et une grande prière à l’Église catholique de Kati, dimanche 15 juin 2025. Ces initiatives conjointes, à la fois civiques et spirituelles, sont destinées à montrer « la volonté de la ville de Kati de s’engager pleinement aux côtés des forces de défense et de sécurité et de participer activement à la sauvegarde de la Nation, en prônant l’unité, la vigilance et la foi. » ALK/MD (AMAP)
Kangaba: Réunion sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025
Kangaba, 11 juin (AMAP) Plusieurs personnes ont pris part, mercredi matin, dans la salle de réunion du Cercle de Kangaba, à la rencontre d’information sur les préparatifs de la Biennale artistique et culturelle, Tombouctou 2025, initiée par le préfet Abou Dao, a constaté sur place l’AMAP. Cette rencontre intervient à la suite logique de la lettre du ministère chargé de la Culture en date du 29 avril 2025 sur la préparation de la prochaine Biennale artistique et culturelle, prévue à Tombouctou. Dans cette lettre, le ministère en charge de la Culture invite les préfets à préparer les troupes locales pour la phase régionale, en mettant en compétition celles des communes de leur ressort respectif, dans plusieurs disciplines artistiques et culturelles (pièce de théâtre, orchestre, ballet, ensemble instrumental traditionnel, exposition, danse traditionnelle, chœur, solo de chant et exposition des objets d’art). La réunion a planché sur comment organiser cette phase communale a Kangaba. Le préfet a précisé que les phases communales doivent se dérouler durant le mois de juillet 2025. Il a, également, cité les objectifs de la Biennale qui visent, entre autres, à sauvegarder l’identité culturelle nationale, faire connaître la richesse et la diversité du patrimoine culturel et artistique du Mali, contribuer à la renaissance et au rayonnement de la culture malienne, détecter et promouvoir les talents artistiques et culturels, notamment jeunes. Il s’agit, aussi, de contribuer au renforcement du patrimoine, du civisme, de l’unité nationale, de la paix, du vivre ensemble et de la cohésion sociale, de contribuer au développement socio-économique et favoriser le développement des infrastructures culturelles au niveau régional et local. Les maires et les sous-préfets se concerteront, dans les communes, pour proposer des voies et moyens pour la bonne préparation de l’évènement, dans les délais. D’ores et déjà, les participants ont recommandé de tenir les prochaines Biennales pendant la saison sèche. Une autre rencontre sera bientôt organisée au cours de laquelle un calendrier sera fixé pour la phase locale. SD/MD (AMAP)
Tabaski : Après la fête, la gueule-de-bois et la galère
Par Moussa M. Dembélé Bamako, 11 juin (AMAP) Les lendemains de fête laissent un arrière-goût amer dans… le portefeuille que le compte en banque, pour ne pas dire un état de gueule-de-bois financier !!! La fête de Tabaski, l’un des événements religieux les plus budgétivores pour les chefs de famille, en particulier, n’échappe pas à la règle du réveil douloureux et du retour à la réalité du quotidien. Comme des lendemains qui déchantent un peu ou beaucoup, après les victuailles de la célébration, beaucoup ont de la peine à joindre les deux bouts, surtout si la fête arrive au début du mois, comme ce fut le cas, le 6 juin 2025. Si certains s’endettent pour passer la fête, d’autres se contentent simplement du peu qu’ils ont. Après la fête, les arguments sont diversement partagés. Rencontré ce lundi 9 juin 2025, aux environs de 14 heures, à Badalabougou, en Commune V du District de Bamako, Lamine Doucouré est vendeur ambulant d’accessoires de téléphone. Articles sur le bras, la fatigue sur le visage, il n’a rien vendu depuis le matin. Selon, lui, les clients n’ont plus d’argent, car ils viennent de faire de grosses dépenses lors de la fête de Tabaski. « Pas de temps à perdre maintenant. Nous venons de dépenser tout qu’on avait à l’occasion de la fête. C’est pour cette raison que, depuis le lendemain de la fête, j’ai repris mon activité », confie-t-il. Avant d’ajouter que la fête a été célébrée dans un moment difficile. « Les gens n’avaient pas d’argent mais malgré tout, ils se sont efforcés pour faire face aux dépenses », explique-t-il. DES INQUIETUDES – Lassina Diarra, vendeur de friperies à Magnambougou, en Commune VI du district de Bamako, abonde dans le même sens que notre précédent interlocuteur. « Après la fête, c’est la galère. Pour nous retrouver financièrement, il nous faut plus d’un mois. Le commerce est une chaîne. Les clients doivent avoir de l’argent pour acheter. Quand ils sont dans des difficultés financières, nous les commerçants, nous le ressentirons automatiquement », dit-il. « J’ai fait trop de dépenses cette année lors de la fête. Je suis parti au village avec mon épouse. À cela s’ajoute d’autres dépenses imprévues. La vie à Bamako coûte déjà chère, s’il faut ajouter d’autres problèmes financiers, ce sera compliqué », s’inquiète Ibrahim Diallo, commerçant au Grand marché de Bamako. Ceux qui s’endettent pour fêter, sont souvent dans l’impasse. Ils ont du mal à payer les dettes contractées. Un fonctionnaire, qui a requis sous l’anonymat, nous explique les difficultés financières auxquelles il fait face après la fête. « Le seul espoir de revenu régulier pour un fonctionnaire, c’est son salaire. Pendant les fêtes, cet argent ne suffit pas pour les dépenses. C’est pour cette raison, qu’on s’endette. Cette année, j’ai pris une dette que je dois rembourser pendant de trois mois. Ce qui va impacter sur d’autres projets en cours », dit avec une pointe de regret dans la voix. Certains pensent que célébrer une fête ne nécessite pas d’aller au-delà de ses moyens mais plutôt faire en fonction de ses capacités financières. En tout cas, c’est ce qu’avance Siaka Diamoutènè, enseignant de collectivité. « C’est l’une des fêtes de Tabaski les plus difficiles de l’histoire. L’insécurité grandissante plus la pauvreté, auxquelles s’ajoute la cherté de la vie. J’ai fêté avec mes maigres moyens en évitant de m’endetter. Car la fête passe, mais les dettes restent », a -t-il conclu. MMD/MD (AMAP)
Tominian : Des acteurs humanitaires renforcent leurs capacités techniques.
Tominian, 10 juin (AMAP) Le préfet du Cercle de Mandiakuy, Kalifala Coulibaly, qui assurait l’intérim du préfet du Cercle de Tominian, a présidé l’ouverture de la session de renforcement des capacités techniques des bénéficiaires du projet German Federal Foreign Office (GFFO) qui s’est tenue les 20, 21 et 22 mai 2025, dans la salle de réunion du Cercle de Tominian (Centre). En présence du maire de la Commune rurale de Tominian, Boba Abed Négo Dakouo, et du représentant de ADRA Mali, Abdoulaye Diakité, le préfet Kalifala Coulibaly à félicité ADRA Mali et ses partenaires pour l’organisation de cette activité. Il a invité les participants à plus de participation et à faire une restitution à la base, dès leur retour a leurs bases, et a aussi réitéré l’accompagnement de l’administration locale à l’ensemble des activités de ADRA Mali à Tominian. Le maire de la commune rurale de Tominian, dans son mot de bienvenue, a aussi félicité l’ONG ADRA Mali pour la tenue de cette activité à Tominian. Selon lui, la formation des membres des différents comités permettra l’atteinte des objectifs assignés. Il a encouragé les participants à plus d’efforts pour la réussite de la présente activité. Le représentant de ADRA Mali, dans son intervention, a indiqué que « l’objectif général est de renforcer les capacités techniques des premiers intervenants en matière de réponse humanitaire rapide, efficace, coordonnée et conforme aux normes humanitaires pour améliorer la qualité, la pertinence et la coordination des réponses humanitaires dans le Cercle de Tominian. » Selon le chef du projet GFFO Mamadou Diakité, à l’issue de la formation : les participants maîtrisent les principes humanitaires fondamentaux (humanité, neutralité, impartialité, indépendance) et les normes Sphère applicables aux secteurs clés (eau, hygiène, assainissement, sécurité alimentaire, abris, santé, etc.) ; les premiers intervenants connaissent les mécanismes nationaux et locaux de réponse humanitaire et de gestion des clusters ; les échanges et partage d’expériences entre les communes pour une réponse collective et harmonisée sont faits. Le projet de « Renforcement des acteurs humanitaires locaux en tant que premiers répondants et répondants de première ligne » des Communes de Tominian, Lanfiala, Koula, Timissa, Fangasso et du Cercle de Tominian met l’accent sur les principes/normes humanitaires sphère, les réponses et leur coordination. Facilité par le responsable du Bureau d’assistance de conseils pour le développement à la base (BACD). Bourama Traoré, les participants ont planché sur les modules : les principes humanitaires, l’Eau, l’Hygiène et l’Assainissement, l’approche humanitaire, l’élaboration de plan d’action en cas de catastrophes, entre autres. Cela été l’occasion pour les participants de faire des témoignages et d’échanger sur les expériences locales en réponse humanitaire. Les ONGs ADRA-Mali Adventist Development Relief Agency et AFAD Association de Formation et d’Appui au Développement ont initié, en partenariat avec ADRA Allemagne, le projet intitulé GFFO « Renforcement des acteurs humanitaires locaux en tant que premiers répondants dans le cadre du projet Nexus Chapeau au Mali, au Burkina Faso et au Mozambique ». Il est financé par « German Federal Foreign Office GFFO ». Il a pour objectif de « renforcer le pouvoir d’action des femmes, des filles, des garçons et des personnes ayant des besoins spécifiques vivant dans les zones de crise du Burkina Faso, du Mali et du Mozambique. » Il s’agit de les doter de moyens pour « participer activement à la prise de décisions concernant des mesures d’alerte précoce inclusives et équitables, grâce à des interventions ciblées dans les domaines de la réduction des risques de catastrophe (RRC), de la sécurité alimentaire et du WASH ». Le projet GFFO vient en soutien au projet BMZ-NEXUS-BFA-MALI, financé par le BMZ, en cours de mise en œuvre au Mali et au Burkina Faso, depuis 2022, afin de couvrir des actions humanitaires. Sadraac TIENOU AMAP-Tominian
Fête traditionnelle des masques à Mouni, dans le Cercle de Mandiakuy (Centre).
Mandiakuy, 09 juin (AMAP) Lundi, 09 juin 2025, le village de Mouni a vibré au rythme des tams-tams et des masques, lors d’une cérémonie culturelle de grande envergure célébrée chaque année dans ce petit village Bwa avant l’installation de la saison des pluies, a constaté l’AMAP. Autrefois, elle ne passait jamais inaperçu. Grand festival national des masques pendant une décennie, l’insécurité grandissante dans la zone à réduit l’événement à sa forme traditionnelle. Après avoir passé dix jours dans la brousse, les masques sont revenus dans le village, lundi matin en trois groupes. Le premier groupe de masques, pour donner le ton de la fête aux environs de midi. Une dizaine de masques, tous noirs, ont fait le tour du village, en exécutant des danses expiatoires, signes de demande de pardon et prier les ancêtres de leur accorder une bonne saison de pluie. Ils sont suivis par de nombreuses femmes et des enfants. Le deuxième groupe fait son entrée et visite les sites de culture et de tradition. Ces Bwa sont des cultivateurs de produits vivriers, d’arachide et surtout en fibre de dah (hibiscus, oseille), essentielle dans la fabrication des masques. Enfin, le troisième et dernier groupe de masques retourne au village aux environs de 16 heures. Celui-là passe devant les concessions des notables, exécute des danses folkloriques aux rythmes des tams-tams et des flûtes traditionnels avant de rejoindre la place publique où la fête s’est déroulée toute la soirée. Le chef de village Kalifa Thienou que nous avons rencontré chez lui, a formulé des voeux de paix et de stabilité pour la nation Mali, « seule condition qui pourrait permettre le retour du festival des masques dans son village. » JD/MD (AMAP)
Mali : Une semaine pluvieuse avec des températures élevées du 9 au 15 juin
Bamako, 9 juin (AMAP) La semaine du 9 au 15 juin 2025 au Mali sera marquée par des conditions météorologiques pluvieuses dans la majeure partie du pays, accompagnées d’un ciel nuageux à localement couvert, annonce lundi la Cellule de communication du ministère des Transport et des Infrastructures/Agence Mali-Météo. « Les vents de mousson domineront sur l’ensemble du territoire, à l’exception de la région de Taoudéni », précise la même source. Les prévisions météorologiques hebdomadaires annoncent des pluies dans plusieurs régions, notamment à San, Gao, Dioïla, Sikasso, Tombouctou, Kayes, Kita et le district de Bamako dès le lundi 9 juin. Ces précipitations se prolongeront tout au long de la semaine, touchant également Bougouni, Douentza, Koutiala, Bandiagara, Nioro, Mopti, Ségou, Nara et Kidal à des jours variés, avec une couverture particulièrement large le samedi 14 et le dimanche 15 juin. Les températures resteront stables, avec des maximales oscillant entre 35°C et 46°C et des minimales entre 23°C et 33°C. Cependant, la visibilité sera réduite dans les régions du Nord et du Centre en raison de la poussière en suspension. L’Agence Mali-Météo recommande à la population de rester informée des mises à jour des prévisions météorologiques tout au long de la semaine. OS/MD (AMAP)
Attaques des groupes terroristes : L’Armée lance une vaste contre-offensive (Etat-Major général)
Bamako 09 juin (AMAP) « La vaste contre-offensive lancée à travers l’ensemble du territoire national se poursuit en vue de briser la dynamique récente des attaques obscurantistes », a appris l’AMAP dans un communiqué de l’Etat-major général des Armées publié le 07 juin 2025. « Dans ce cadre, la traque des groupes armés terroristes obtient des résultats significatifs, grâce aux efforts des services de renseignement et à la proactivité des FAMa », précise le communiqué. Et d’ajouter : « Ainsi, à l’approche de la fête de Tabaski, la vigilance des services et forces combinées a permis de déjouer plusieurs complots et projets d’attentats terroristes, dont le but était de semer la panique au sein des populations et de déstabiliser les institutions de la république, en coordination avec des relais financiers et médiatiques prêts à exploiter leur actions ». La source sécuritaire indique que « des cellules infiltrées dans certaines grandes villes ont été démantelées, de nombreux complices arrêtés et d’autres encore sous surveillance. » Par ailleurs, le chef d’Etat-major affirme que « dans la profondeur, de nombreuses bases logistiques servant à la préparation des attaques ont été repérées et détruites ». Plusieurs actions terrestres et aériennes ont été menées au cours des dernières 24 heures, selon le communiqué. Dans la journée du 06 juin, « un important plot logistique terroriste de carburant a été identifié et détruit dans les secteurs de Boulkessi et Douna, région de Bandiagara. Les FAMa ont également débusqué et détruit le plot logistique terroriste de Kardjila, à l’Est de Gourma- Rharous, Région de Tombouctou » Le texte précise que « cet important dépôt, comprenant plus de 1 000 barriques de carburants, qui servait de point de ravitaillement aux terroristes a été traité avec efficacité par les vecteurs aériens ». L’Etat-major général, poursuit : « dans la journée du 07 juin 2025, suite aux renseignements précis et après de longues heures de surveillance, « les FAMa ont détruit une importante base de terroriste à l’Est de Zahro, dans la localité de Gourma Rharous. » Le communiqué indique que « cette action a permis de détruire 01 poste de commandement contenant des équipements et moyens de transmissions, 03 véhicules embarquant des combattants terroristes et d’importants stocks logistiques et concomitamment avec l’action de Zarho, un raid aérien a détruit une base terroriste aux environs d’Essouk, à 45 km au Nord-Ouest de Kidal. » L’Etat-major, s’est félicité « du soutien constant des populations », avant d’ssurer que « tous les moyens sont mis en œuvre pour chercher et détruire les groupes armés terroristes, leurs sanctuaires et caches logistiques sur l’ensemble du territoire. » MMD/MD (AMAP)
Niono : la filière pomme de terre bat de l’aile
Par Mahamadou SAMAKE Niono 29 mai (AMAP) Les terres de l’Office du Niger (ON) sont favorables à la culture de nombreuses spéculations parmi lesquelles le coton, le riz, la canne à sucre, les produits maraîchers (l’oignon, la pomme de terre). Selon Frédéric Coulibaly et Aissata Coulibaly tous responsables Promotion des Organisations Paysannes (POP) dans la zone de production de Niono, les tests effectués par l’Institut polytechnique rurale de Katibougou, en son temps, ont été concluants pour la culture de la pomme de terre. « Ainsi, l’introduction de la culture de la pomme de terre à l’ON se fera à partir de 2012 dans le cadre de la diversification des cultures mais, également, pour l’autosuffisance alimentaire », ont-ils dit. Un Programme Etat-Office du Niger a été mis en place pour soutenir la culture de la pomme de terre. Il a formé des producteurs et procédé à la distribution d’intrants. Le programme a enregistré de bons rendements avec la mise en place de coopératives, d’unions, toutes affiliées à l’interprofession. Selon nos interlocuteurs, à la fin du programme, la culture de la pomme de terre en zone Office du Niger connaît une phase décroissante. Les coopératives, les unions sont peu fonctionnelles. Les producteurs y font face avec les moyens de bord. Pour la campagne agricole 2024-2025, la zone ON de Niono a fait une prévision de 165,5 hectares, le tout a été réalisée avec une production de 5 794,5 tonnes. Les membres de l’Union que nos interlocuteurs ont rencontrés, ont surtout évoqué des difficultés d’ordre organisationnel et économique. Ils soutiennent que l’Union n’est pas suffisamment outillée pour nouer des partenariats gagnant-gagnant avec d’autres acteurs, fournir des services aux membres pour mieux produire et organiser la conservation et la commercialisation. Sur le plan économique, l’Union manque de ressources financières pour approvisionner ses membres en intrants de qualité, en quantité et à temps. Autres difficultés : l’accès au crédit au près des institutions financières et le coût élevé des semences 37 500 Fcfa pour un sac de 25 kilogrammes. « La filière pomme de terre serait prometteuse en zone Office du Niger » disent les membres de l’Union « si l’Office s’impliquait dans la chaîne en appuyant les producteurs dans les maillons de production, de conservation et de commercialisation. » Selon eux, un partenariat avec l’opérateur Modibo Keita serait profitable aux producteurs pour l’accès aux semences. MS/MD (AMAP)
Armée : Contre-offensive avec des raids aériens contre cinq bases terroristes dans l’Ouest du Mali (DIRPA)
Bamako, 8 juin (AMAP) Dans le cadre de la grande contre-offensive des Forces Armées Maliennes (FAMa) visant à protéger les populations et contrer les groupes armés terroristes, des raids aériens ont ciblé, le 7 juin 2025, cinq bases terroristes dans l’Ouest du pays, a annoncé la Direction de l’Information et des Relations Publiques des Armées (DIRPA). « Nos forces ont frappé avec précision pour neutraliser les velléités des terroristes qui cherchent à déstabiliser les institutions et embraser la situation sécuritaire », indique le communiqué. Les opérations ont permis de détruire deux bases à la lisière de la forêt du Baoulé, à environ 40 km à l’Ouest de Didiéni, deux autres à 20 km au Nord de Sandaré, et une dernière aux environs de Bafarara, à 40 km au Nord d’Aourou, dans la région de Kayes. « Ces bases, que les terroristes tentaient d’installer, ont été réduites en cendres », précise le texte. Les FAMa poursuivent leurs opérations de recherche et de destruction pour sécuriser la zone. L’ État-major général des armées (EMGA) a salué « la collaboration des populations », soulignant l’importance des renseignements fournis. « Nous remercions les citoyens pour leur coopération et les encourageons à continuer de partager toute information utile avec nos forces », a-t-il ajouté. OS/MD (AMAP)

