Riziculture intensive : Une enveloppe de plus de 14 milliards de Fcfa pour atteindre l’autosuffisance d’ici 2030
Par Makan SISSOKO Bamako, 18 avr (AMAP) Le Programme national du système de riziculture intensive (PN-SRI), doté d’un financement de 14,112 milliards de Fcfa, vise à porter la production nationale à 5,5 millions de tonnes, contre environ 3 millions actuellement. Dans une démarche résolue vers la souveraineté alimentaire, le gouvernement malien s’engage, à travers ce programme d’envergure, à mettre fin aux importations de riz d’ici 2030. C’est dans ce cadre qu’un forum national sur le financement durable de ce programme a été organisé, jeudi à Bamako, par le ministère de l’Agriculture à travers la Direction nationale de l’agriculture (DNA). a cérémonie d’ouverture était présidée par le Premier ministre, le Général de division Abdoulaye Maïga, en présence de plusieurs membres du gouvernement, notamment les ministres de l’Agriculture, Daniel Siméon Kelema, de l’Élevage et de la Pêche, Youba Ba, et du président de l’Interprofession de la filière riz (IFRIZ) au Mali, Faliry Boly. La production nationale de riz pour la campagne 2023-2024 est estimée à 3 024 000 tonnes, contre 2 900 000 tonnes l’année précédente. Malgré ce progrès, le Mali continue d’importer du riz pour satisfaire la demande intérieure. Face à ce paradoxe, le PN-SRI a été conçu pour répondre au défi de l’autosuffisance, en misant sur l’augmentation de la productivité tout en respectant l’environnement et en améliorant les revenus des producteurs. Ce forum est une opportunité pour lever des fonds en faveur du financement du Programme élaboré, avec l’accompagnement de la Coopération allemande, sur une durée d’environ 10 ans. Selon le Premier ministre, ce Programme s’inscrit dans une dynamique de transformation agricole durable en exploitant le potentiel agroécologique du pays. Le général de Division Abdoulaye Maïga a engagé le gouvernement à mobiliser 60% du coût total du projet et exhorté toutes les parties prenantes à travailler à la concrétisation de cette vision afin que « d’ici 2030, le Mali ne dépende plus des importations de riz ». Le Chef du gouvernement a précisé que cette initiative est en adéquation avec la vision du président de la Transition, de faire du Mali une puissance agricole et de jeter les bases d’une intégration économique avec les pays membres de la Confédération des États du Sahel (AES). Il s’agit, selon lui, d’une réelle intégration fondée sur la préservation et la valorisation de nos potentialités économiques et naturelles, surtout au niveau du secteur agricole et rural, en vue d’assurer une croissance économique durable, facteur de création d’emplois et d’augmentation des revenus des exploitations agricoles. L’initiative s’inscrit en droite ligne de la vision «Mali Kura taa sira ka ben san 2063 ma» et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. Le ministre de l’Agriculture a déclaré qu’à travers ce Programme, les autorités sont en train de chercher à promouvoir la riziculture dans notre pays et en général dans l’espace AES. « Pour cela, nous avons beaucoup de potentialités, que ce soit en termes de terres aménageables, de cours d’eau et de ressources humaines. Les connaissances aussi en matière de recherche sont disponibles au Mali pour que nous puissions être autosuffisants en riz», a dit Daniel Siméon Kelema. Pour ce faire, au-delà de l’augmentation des superficies, le ministre de l’Agriculture mise sur l’intensification de la production. Parmi les facteurs d’intensification, il a cité la technique culturelle basée sur le système riziculture intensive. M. Kelema a estimé que si ce Programme est mis correctement en œuvre, il va permettre de réduire les besoins en semences de près de 50%, en engrais de 50% et en eau de 30 à 35%. Mais également de contribuer à corriger les effets néfastes du changement climatique en diminuant l’émission des gaz à effet de serre. Pour sa part, le président de l’Interprofession de la filière riz au Mali, Faliry Boly, a insisté sur l’importance de l’accompagnement technique des producteurs afin de valoriser pleinement le potentiel agricole du pays. La rencontre a été marquée par la signature d’un manifeste d’engagement des acteurs et une visite guidée des stands, manifestant la volonté commune de faire du Mali un pays autosuffisant en riz. MS/MD (AMAP)
Kidal : La ministre Oumou Sall Seck s’engage pour l’emploi et la formation des jeunes
Bamako, 17 avr (AMAP) La ministre de l’Entrepreneuriat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Oumou Sall Seck, a reçu en audience, mercredi 16 avril 2025, Mohamed Ag Itouss, président de la Délégation spéciale du Conseil régional de Kidal pour des échanges axés sur les défis de l’emploi et de la formation dans cette région dans le Nord du Mali. Mohamed Ag Itouss a exposé les difficultés majeures de Kidal, notamment le manque d’opportunités pour les jeunes. « Cette audience est essentielle, vu le rôle stratégique de votre ministère dans la lutte contre le chômage et la promotion de l’entrepreneuriat », a-t-il déclaré, exprimant sa gratitude à la ministre. Il a plaidé pour le retour des services déconcentrés du ministère dans la région, soulignant que « la formation professionnelle et l’emploi sont des leviers pour maintenir les jeunes, encourager le retour des déplacés et des réfugiés, et assurer leur ancrage durable ». En réponse, Oumou Sall Seck a réaffirmé l’engagement des autorités maliennes envers Kidal. « Cette région est une priorité pour le président de la Transition », a-t-elle assuré, dévoilant les grandes lignes d’un programme national ambitieux, suivi par le Premier ministre, le général de Division, Abdoulaye Maïga, et dédié au développement de la région. Elle a encouragé M. Ag Itouss à poursuivre ses efforts pour le retour des populations et à s’impliquer dans les projets du ministère. D’autres rencontres sont prévues pour renforcer cette collaboration et soutenir le développement local de Kidal. OS/MD (AMAP)
Le Mali dévoile sa Vision « Mali Kura 2063 » et la SNEDD 2024-2033 aux partenaires internationaux
Bamako, 17 avr (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé jeudi au Centre International de Conférences de Bamako (CICB) la présentation de la Vision « Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033) aux Partenaires techniques et financiers (PTF). Placée sous le haut patronage du général d’Armée Assimi Goïta, président de la Transition, la rencontre marque une étape clé dans la construction du « Mali nouveau ». « Cette vision trace une voie claire vers le développement à l’horizon 2063, en s’appuyant sur les aspirations exprimées par le peuple malien lors des Assises nationales de la refondation », a affirmé le Premier ministre. Il a ajouté : « Nos choix stratégiques privilégient l’indépendance, la souveraineté et l’émergence économique, en valorisant les potentialités nationales et la résilience face aux crises. » La SNEDD repose sur cinq priorités majeures, à savoir le renforcement de la souveraineté, de la paix et de la sécurité, la refondation de la gouvernance, la transformation économique et la croissance durable, le développement du capital humain et la résilience territoriale, ainsi que la gestion durable de l’environnement et l’adaptation aux changements climatiques. « Le coût global de la SNEDD s’élève à 61 232,1 milliards de FCFA, soit 6 123,3 milliards par an, avec un besoin de financement complémentaire de 1 139 milliards de FCFA », a expliqué le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. La Vision Mali Kura 2063 se décline en onze projets structurants, dont Farafina Jigine pour l’autosuffisance alimentaire, Yelen Kura pour l’accès universel à l’électricité, Industrialiser le Mali pour la relance industrielle, Kankou Moussa Seguina pour la valorisation du patrimoine, et Mali Vert et Bien-être pour l’écologie et la qualité de vie. « Ces initiatives visent à moderniser le pays, à promouvoir l’innovation et à renforcer notre intégration régionale et internationale », a souligné le Premier ministre. Le Coordonnateur résident des Nations Unies au Mali, Khassim Diagne, a salué l’ambition de cette vision. « Nous allons mettre en place un cadre d’échange et de collaboration pour garantir un financement cohérent avec les priorités du Mali », a-t-il déclaré, réaffirmant l’engagement des PTF à accompagner le pays. Le Premier ministre a rappelé les principes énoncés par le Président Goïta, inscrits dans la Constitution. « Nos partenariats doivent respecter la souveraineté de l’État, les choix souverains du peuple et la défense de ses intérêts », a-t-il insisté. Il a conclu : « Ces valeurs sont au cœur de notre vision pour bâtir un avenir prospère. » OS/MD (AMAP)
Le Mali et la Banque mondiale renforcent leur coopération lors de la visite de Wencai Zhang à la Primature
Bamako, 17 avr (AMAP) Le Directeur général et chef de l’Administration du Groupe de la Banque mondiale, Wencai Zhang, a rendu, jeudi une visite de courtoisie au Premier ministre malien, le général de Division Abdoulaye Maïga, pour des discussions renforcer les liens de coopération entre le Mali et cette institution internationale de développement La visite a permis d’échanger sur la vision des autorités maliennes en matière de coopération au développement et de discuter des stratégies pour maximiser l’impact de l’appui de la Banque sur la résilience et le développement socio-économique du pays. « Nous saluons la qualité de notre collaboration avec le Mali et réaffirmons notre engagement à accompagner la Vision Mali Kura Ɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ainsi que la SNEDD 2024-2033 », a déclaré M. Zhang. Il a également proposé un accompagnement technico-politique pour soutenir les efforts du gouvernement de la Transition. DEMANDE D’APPUI BUDGETAIRE ET DES PROJETS STRATEGIQUES – Le Premier ministre, général de Division Abdoulaye Maïga, a sollicité la reprise de l’Appui budgétaire général (ABG) de la Banque mondiale pour soutenir le déficit budgétaire du Mali. « Nous comptons sur la Banque mondiale pour nous accompagner dans la réalisation de nos priorités nationales », a-t-il affirmé. Il a également évoqué la reprogrammation du projet de réhabilitation de la route Sévaré-Gao, précisant que ce chantier sera conduit par le Génie militaire dès que les conditions sécuritaires le permettront, notamment dans les zones affectées par l’insécurité. Le Chef du gouvernement a rappelé les trois principes fondamentaux définis par Son Excellence le Général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition. « Toute coopération doit respecter la souveraineté du Mali, les choix stratégiques et de partenaires opérés par notre pays, ainsi que la défense des intérêts vitaux de nos populations », a-t-il insisté. Il a salué l’alignement de la Banque mondiale sur les priorités exprimées dans la Vision Mali Kura 2063 et la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD) 2024-2033. UN PORTEFEUILLE ACTIF DE 19 PROJETS – Les échanges ont également porté sur la prochaine reconstitution des ressources de l’IDA21, en cours de préparation. À la date du 31 mars 2025, le portefeuille actif de la Banque mondiale au Mali comprend dix-neuf projets, dont onze à caractère national et huit à caractère régional, pour un montant total approuvé de 1 796 millions de dollars US, soit environ 1 077,6 milliards de FCFA. « Ces projets reflètent notre engagement à soutenir le développement durable du Mali », a ajouté M. Zhang. La rencontre, qui s’est déroulée en présence du ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, a permis de poser les bases d’une collaboration renforcée, alignée sur les ambitions du Mali pour un avenir souverain et prospère. OS/MD (AMAP)
Mali : Suspension des puces non identifiées par Orange Mali, Moov Malitel et Telecel, les usagers en colère
Bamako, 17 avr (AMAP) Les sociétés de téléphonie mobile au Mali ont suspendu, depuis le 15 avril 2025, les numéros non identifiés conformément aux exigences de l’Autorité malienne de régulation des télécommunications (AMRTP), provoquant une vague de mécontentement parmi les usagers, a constaté l’AMAP à Bamako. De longues files d’attente se forment dans les agences Orange, Moov et Télécel dans la capitale malienne , notamment à Hamdallaye ACI, Lafiabougou, Daoudabougou et Tokorobougou, où les clients expriment leur frustration face à la désactivation de leurs puces. Dans un communiqué, Orange Mali précise que les numéros suspendus peuvent être réactivés gratuitement via ses agences, l’application Max it, ou le site identification.orangemali.com, en présentant une carte d’identité nationale, un passeport, une carte NINA ou une carte de résident pour les étrangers. « L’identification est gratuite, rapide et obligatoire », indique le communiqué. Cependant, sur le terrain, la colère domine. « Depuis ce matin, nous sommes là pour les puces. On n’a rien compris », déplore une cliente à Hamdallaye ACI. Une autre usagère, brandissant sa carte biométrique, s’indigne : « Je suis venue personnellement faire l’identification de la puce dans cette même agence. Qu’ils nous disent pourquoi c’est bloqué ! » Un autre ajoute : « L’identification est une bonne chose, mais ils ont bloqué nos puces. C’est incroyable. » Aicha Koumaré, cheffe d’agence Orange Mali, explique que cette mesure vise à sécuriser les services de télécommunications. « Plusieurs personnes ont des puces enregistrées au nom d’autres personnes. Il faut l’identifier à votre nom. Pour d’autres, leur photo est dégradée sur leur carte d’identité, et la machine rejette ces identifications », précise-t-elle. Certains usagers signalent également des perturbations du réseau ralentissant le processus de réactivation. Moussa Diaby, chef d’agence Moov Malitel regrette la situation : « Nous sommes débordés. C’est dommage que les gens attendent la date limite pour effectuer leur identification » L’AMRTP avait initialement fixé un délai au 15 décembre 2024 pour l’identification des puces, avant de le repousser au 15 avril 2025. Malgré les alertes répétées, de nombreux clients semblent avoir été pris au dépourvu par la suspension. Orange Mali appelle ses clients à régulariser leur situation rapidement et réaffirme son engagement à garantir des services de qualité. Les usagers, eux, espèrent une résolution rapide des perturbations pour retrouver l’accès à leurs lignes. OS/MD (AMAP)
Mali : Grève nationale de 72 heures du Syndicat des banques dès ce jeudi 17 avril
Bamako, 16 avr (AMAP) Le Syndicat bational des banques, assurances, établissements financiers, microfinances et commerces du Mali (SYNABEF) a annoncé, mercredi dans la soirée, une grève de 72 heures à parti de ce jeudi 17 avril 2025, à 00H00, sur l’ensemble du territoire national Dans un communiqué, le SYNABEF, qui signale « l’échec des négociations sur son préavis de grève du 2 avril 2025 », ajoute que le mouvement « se prolongera jusqu’au samedi 19 avril 2025 à minuit. » « Cette grève sera reconductible pour une durée de 120 heures, du mardi 22 avril 2025 à 00H00 au samedi 26 avril 2025 à minuit », précise le Syndicat qui poursuit : « Nous avons le regret de constater que les discussions n’ont pas abouti ». Le Bureau exécutif du SYNABEF appelle les travailleurs à respecter « strictement » le mot d’ordre. « Aucun service minimum ne sera observé », souligne le communiqué du Syndicat qui insiste « sur la mobilisation collective pour faire aboutir ses revendications. » OS/MD (AMAP)
Filière mangue : les acteurs misent sur la qualité et la quantité
Par Makan SISSOKO Bamako, 16 av (AMAP) La saison des mangues a débuté au Mali avec les premiers fruits arrivés à maturité dans plusieurs bassins de production. Officiellement, la campagne 2025 a débuté le 10 mars pour prendre fin en juillet prochain. La production attendue, selon les prévisions, est estimée entre 75 000 et 80 000 tonnes, avec une prévision d’exportation de 30 000 à 50 000 tonnes. À ce stade, les acteurs conviennent que les perspectives sont prometteuses pour l’or vert au regard du potentiel productif du pays. La mangue, deuxième produit d’exportation agricole au Mali après le coton, pèse environ 10 milliards de Fcfa par an dans l’économie nationale. Avec une production qui augmente chaque année et des variétés de plus en plus recherchées, ce fruit est devenu un atout stratégique pour le pays. « Cette année, les récoltes seront bonnes contrairement à l’année dernière, car la pluviométrie a été bonne et les mangues ont bien fleuri », commente le président des producteurs de mangues du Mali et producteur de mangues dans la Région de Sikasso (Sud), Cheick dit Kélétigui Berthé. Il possède une trentaine d’hectares de vergers dans le village de Sirakoro, situé à environ 7 kilomètres de la ville de Sikasso. Dans son verger, Cheick dit Kélétigui Berthé cultive plusieurs variétés, notamment la Kent dont le nom vernaculaire est «Kogninèkou», la Keitt «Laban ou Faradjalan», et l’Ameli «Griféba». Les conditions climatiques ont été favorables dans sa localité. « En plus d’une bonne répartition des pluies, certains producteurs de la région ont pu irriguer leurs vergers grâce aux installations d’irrigation mises en place par les Ong partenaires pour pouvoir augmenter la production de la mangue sur des petites superficies », dit-il. Seul bémol : la présence de mouches des fruits sur les vergers. Ces ravageurs, redoute le producteur, menacent la production dans la Région de Sikasso, considérée comme l’un des plus vastes bassins de production de mangue du pays. Plus globalement, le président des producteurs de mangues du Mali déplore un certain nombre de situations qui plombent la filière, notamment la dégradation des pistes donnant accès aux zones de production, l’urbanisation galopante qui est en train de grignoter les vergers, le manque de lignes de crédits de financement pour les producteurs… « Pour augmenter la production, il faut qu’on arrive à financer les producteurs pour mettre en place des vergers commerciaux. Avec la pression qui augmente sur la production de la mangue, les vergers vieillissants doivent être renouvelés », plaide Cheick qui sait de quoi il parle. Derrière le fruit brut se cache un autre secteur dynamique qu’est la transformation. En la matière, les opportunités sont énormes, car le marché existe et la demande est forte. Aujourd’hui, de grandes usines font la transformation de la mangue sur place en plusieurs autres produits comme la mangue séchée, les confitures, jus, chips et même des produits cosmétiques. De plus en plus de jeunes entrepreneurs maliens s’intéressent à la fabrication de produits dérivés de la mangue. Promotrice de l’Unité de transformation de fruits et légumes (USTAKO), Mme Camara Tako Sylla, voit dans la filière mangue une véritable porte d’entrée sur les marchés internationaux. « Le potentiel est énorme. Mais il y a encore beaucoup à faire. Nous rencontrons des difficultés liées aux différentes certifications exigées par le marché international. Le manque d’infrastructures adaptées et la difficulté d’accès au financement constituent des obstacles majeurs pour la transformation », fait-elle savoir. COMMERCIALISATION – La plupart des petites entreprises (production et transformation) n’ont pas les moyens d’installer des équipements modernes ni de suivre des processus de certification indispensables pour accéder aux marchés internationaux. En effet, les normes d’exportation exigent une traçabilité rigoureuse, un respect strict des standards de qualité et des certifications qui sont souvent difficiles à obtenir. L’incapacité des petits producteurs à satisfaire ces exigences fait qu’une bonne partie de la production nationale reste au pays. Et de cette réalité résulte le défi de la gestion des pertes post-récolte. Selon des statistiques, près de 40% des mangues récoltées sont perdues chaque année à cause de la mauvaise gestion, du manque de techniques de conservation et du faible taux de transformation. Des initiatives telles que la certification de la mangue du Mali, « Mali mangoro » ou l’introduction de nouvelles techniques de conservation et de transformation sont en cours pour faire face à ces défis. Néanmoins, le Mali demeure l’un des principaux exportateurs de mangues vers l’Europe, l’Asie et les pays du Maghreb. Même si des pays comme le Sénégal, le Burkina Faso et la Côte d’Ivoire, également producteurs de mangues de qualité, n’hésitent pas à grignoter nos parts de marché. Le président de l’interprofession de la filière mangue du Mali, Moctar Fofana, affirme qu’il exporte la mangue du Mali sur divers marchés en Afrique, Europe, Asie et Moyen Orient, etc. Selon lui, il existe au Mali plusieurs variétés de mangues, notamment des variétés locales (Nounkourouni et Noundjani, consommées par nous-mêmes) et d’autres variétés précoces exportées vers le marché international. « Nous avons déjà commencé l’exportation de la mangue surtout les variétés précoces, notamment Ameli, Valencia, Smith, Irwin. Ces mangues sont aimées sur le marché international », confie-t-il. Avant d’ajouter que tous les acteurs de la filière sont à pied d’œuvre pour la réussite de la campagne. « Cette année, nous avons constaté une augmentation au niveau de la production. Sauf cas de force majeur, comme dans la Région de Sikasso qui a enregistré récemment une forte quantité de pluie faisant tomber beaucoup de mangues. Bien que la mangue ait bien fleuri et bien donné, il y a encore des risques indépendants de notre volonté. Des dispositions ont été prises pour la réussite de la campagne afin de pouvoir effacer toutes les dettes du passé », assure le président de l’interprofession. Moctar Fofana explique que la saison de la mangue arrive à une période de soudure où l’argent circule difficilement partout dans le monde. « La mangue essaie de combler pour appuyer financièrement les producteurs et aussi financer d’autres activités sociales et
Barrick Gold, sous le coup d’une fermeture de ses bureaux au Mali, dénonce l’escalade des tensions (Communiqué)
Bamako, 16 avr (AMAP) Barrick Gold Corporation, opérateur de la mine de Loulo-Gounkoto au Mali dont les bureaux à Bamako ont été fermés par le gouvernement malien, a appelé, mardi, ce dernier à un « leadership responsable » face à l’aggravation de la situation dans le pays, marquée par l’arrestation de ses employés, la suspension de ses exportations d’or et cette récente fermeture de ses bureaux dans la capitale. Dans un communiqué publié le 15 avril, la société minière canadienne exhorte les autorités maliennes à signer un protocole d’accord négocié en février 2025 pour résoudre les litiges en cours. Barrick affirme avoir agi « de bonne foi, s’engageant dès octobre 2024 dans un cadre visant à régler tous les différends avec le gouvernement.» « Nous avons versé 85 millions de dollars américains dans le cadre des négociations en cours et signé le protocole d’accord comme demandé en février », indique le communiqué. Cependant, la signature du gouvernement reste en suspens, entravée, selon Barrick, par « un petit groupe d’individus qui placent leurs intérêts personnels ou politiques au-dessus des intérêts à long terme du Mali et de son peuple ». La situation s’est aggravée avec des mesures gouvernementales jugées hostiles par l’entreprise, notamment l’arrestation de ses employés, toujours « injustement détenus », et la menace de placer la mine de Loulo-Gounkoto sous administration provisoire si la production ne reprend pas. Barrick considère qu’ «Il est regrettable que le gouvernement continue d’entraver les exportations d’or tout en exigeant le paiement d’impôts sur des revenus qu’il a activement empêché de générer. » L’entreprise souligne les conséquences économiques et humaines de cette impasse. La mine de Loulo-Gounkoto, un « contributeur clé à l’économie nationale », génère des impôts et redevances essentiels au budget malien. Une inaction prolongée menace sa viabilité à long terme et prive le pays de revenus substantiels, selon l’opérateur minier Par ailleurs, « quatre citoyens maliens innocents continuent d’être privés de leur liberté, sans justification », déplore Barrick, qui malgré les tensions, se dit prête à honorer l’accord négocié, ce qui permettrait de relancer la production, de libérer les employés détenus et d’abandonner les poursuites pénales. L’entreprise, présente depuis longtemps au Mali, insiste sur son engagement en faveur du développement local, ayant maintenu le paiement des salaires et le soutien à la chaîne d’approvisionnement malgré la crise. « Cette situation n’est pas viable sur le long terme », avertit, toutefois, le communiqué. En l’absence de solution, Barrick se réserve le droit de recourir à l’arbitrage international et à d’autres voies légales contre le gouvernement de Bamako, et « les acteurs agissant de mauvaise foi. » La société appelle les autorités maliennes à conclure l’accord « dans l’intérêt du peuple et de l’économie nationale ». OS/MD (AMAP)
Koulikoro : Le Comité régional de gestion des risques et des catastrophes réactivé
Koulikoro 15 avr (AMAP) Le gouverneur de la Région de Koulikoro, le colonel Lamine Kapory Sanogo a présidé, ce mardi, la réunion de réactivation du Comité régional de gestion des risques et des catastrophes (CRGRC) dont les membres ont évalué le bilan de l’exercice 2024 et mis en place des stratégies pour anticiper les défis futurs, dans un contexte climatique de plus en plus incertain, a constaté l’AMAP sur place. Les échanges ont porté sur la prévention, l’importance de l’entretien des infrastructures de drainage, la nécessité pour les collectivités d’agir en amont afin de minimiser les impacts des futurs risques et catastrophes dans la région de Koulikoro. Le gouverneur, président du Comité, a félicité les membres pour leur engagement et les efforts consentis lors des inondations de l’année dernière. Le colonel Sanogo a apprécié « la solidarité des entreprises et des bénévoles pour leurs apports déterminant pour la prise en charge des populations sinistrées » et a souligné « l’importance d’une mobilisation collective face aux aléas climatiques. » AD/MD (AMAP)
Lancement de la Phase 2 du Projet NORAD pour l’éducation à Kayes et Nioro (Ouest)
Kayes, 15 avr (AMAP) La phase 2 du Projet Accès à une éducation de qualité dans les Régions de Kayes et Nioro (Ouest), a été officiellement lancée, ce mardi, au gouvernorat de Kayes, sous la présidence du gouverneur, le général de brigade Moussa Soumaré. Financé par l’Agence norvégienne de coopération au développement (NORAD) et piloté par l’UNICEF, ce projet appelé projet NORAD ambitionne de toucher 44 000 enfants scolarisés et déscolarisés, avec un accent particulier sur les filles, pour leur permettre d’achever le cycle fondamental. Le projet vise à surmonter les barrières majeures à l’éducation dans les Régions de Kayes et Nioro, où le taux d’achèvement du primaire a chuté de 80 % en 2019 à 73 % en 2023. Couvrant 16 écoles dans 12 communes des Centres d’animation pédagogique (CAP) de Bafoulabé, Kayes Rive Droite, Yélimané et Faléa, il s’excutera de janvier à décembre 2025. Les actions incluent la réhabilitation de 150 salles de classe, la distribution de kits pédagogiques et un programme radio pour un apprentissage alternatif. « Bien que des progrès significatifs aient été réalisés, il est impératif de redoubler d’efforts pour garantir que chaque enfant, indépendamment de son sexe, puisse obtenir son Diplôme d’études fondamentales », a déclaré le Dr. Hamadoun Ba, chef de Bureau de Zone UNICEF à Kayes. Le projet s’articule autour de cinq objectifs majeurs : un accès inclusif, pour offrir une éducation à 7 000 enfants, à parité filles-garçons, dans un cadre sûr ; la qualité de l’apprentissage pour améliorer les compétences de 30 000 enfants réintégrés, en priorisant les filles ; un environnement protecteur qui consiste à créer des conditions sécurisées pour 7 000 élèves, un engagement communautaire pour renforcer la gouvernance scolaire via les Comités de gestion scolaire (CGS) et un suivi ainsi qu’une visibilité afin d’assurer une coordination rigoureuse et communiquer sur les résultats. Depuis 2016, le projet NORAD a permis d’insérer 2 340 enfants, dont 1 262 filles, dans le système scolaire (2020-2022), et de transférer 3 129 autres, dont 1 573 filles, vers des classes supérieures (2021-2023). Par ailleurs, 300 adolescentes ont bénéficié de kits pour des activités génératrices de revenus, favorisant leur autonomisation. Malgré ces avancées, le gouverneur Soumaré a souligné que « des efforts restent nécessaires pour intégrer les enfants marginalisés dans les politiques éducatives nationales ». Il a salué les réformes comme le PRODEC 2, qui promeut un accès équitable à l’éducation. L’UNICEF et ses partenaires mettront l’accent sur la formation des enseignants, le renforcement des CGS et l’intégration d’une perspective de genre. Mahamadou Kéîta, directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Kayes, a insisté sur l’importance de la collaboration communautaire pour pérenniser les acquis. Ce projet ambitionne de transformer l’environnement scolaire en un espace inclusif et équitable, au bénéfice de tous les enfants des régions de Kayes et Nioro. BMS/MD (AMAP)

