Pr. Rokia Sanogo : » Depuis 1983, 14 médicaments traditionnels Améliorés (MTA) ont obtenu l’autorisation de mise sur le marché »

«Depuis 1983, 14 médicaments traditionnels améliorés (MTA) ont obtenu une autorisation de mise sur le marché, dont sept figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels», a affirmé le Professeur Rokia Sanogo, directrice générale de l’Institut National de Recherche en Médecine et Pharmacopée traditionnelles (INRMPT), qui a accordée une interview à l’Agence Nationale de presse du Mali. Pr Rokia SANOGO aborde également les mutations opérées dans le domaine de la médicine traditionnelle, les forces, les avancés et les insuffisances AMAP : Pouvez-vous nous expliquer les raisons qui ont motivé ce changement de dénomination ? Pr Rokia Sanogo : Auparavant, nous étions un département de médecine traditionnelle au sein de l’Institut national de recherche en santé publique (INRSP), sans budget spécifique. L’absence d’autonomie et de budget limitait notre visibilité et nos capacités. La Politique nationale de Médecine Traditionnelle (PNMT), adoptée en 2005, a donc recommandé la création d’un institut national spécialement dédié à la médecine traditionnelle, doté d’un conseil d’administration et d’un budget propre. L’objectif était de permettre à la structure de remplir pleinement ses missions : valoriser le riche patrimoine culturel en matière de santé et capitaliser plus de cinquante ans de résultats. Le Mali a été pionnier dans ce domaine, dix ans avant la déclaration de l’OMS en 1978 sur la valorisation de la médecine traditionnelle. Dès 1962, avec la création de la Pharmacie Populaire du Mali, une unité de recherche sur la médecine traditionnelle existait déjà. En 1963, le premier produit contre la diarrhée, issu de cette recherche a été présenté au Président Modibo Keïta par le Pr. Mamadou Koumaré. Cet institut est donc le fruit d’une vision africaine visant à renforcer le système de santé en intégrant la médecine traditionnelle à travers notamment les MTA issus de la recherche. AMAP : Quelles sont aujourd’hui les principales missions de l’INRMPT ? Pr Rokia Sanogo : L’Institut national de Recherche sur la Médecine et la Pharmacopée traditionnelles a pour mission de mener des activités de recherche, de formation et de promotion en médecine et en pharmacopée traditionnelles. À cet effet, il est chargé de l’étude des plantes médicinales et tout autre produit ou procédé utilisé dans la médecine et la pharmacopée traditionnelles, de la mise au point, la standardisation et la production expérimentale des médicaments traditionnels améliorés, de la recherche-action sur la protection et la restauration des plantes médicinales en voie de disparition. L’institut travaille pour  la valorisation du savoir et du savoir-faire traditionnel sur la santé, la protection et la dissémination du patrimoine scientifique relevant de la médecine et de la pharmacopée traditionnelles de la création d’une banque de gènes et des connaissances traditionnelles associées, de la communication, la publication et la diffusion des résultats des recherches dans le domaine de la médecine traditionnelle, de la contribution à la protection des droits individuels et collectifs de propriété intellectuelle liés à la médecine et à la pharmacopée traditionnelles. Nous menons la recherche appliquée pour développer des médicaments issus de la pharmacopée africaine, validés scientifiquement. Depuis 1983, 14 MTA ont obtenu une autorisation de mise sur le marché, dont sept figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels. Nous encadrons également un grand nombre d’étudiants/tes et enseignants chercheurs et chercheurs/res des universités et structures de recherche, pour les travaux pratiques, les mémoires, les thèses, des stages et des travaux de recherche. AMAP : Quels sont les cadres de collaboration entre votre service et la médecine moderne ? Pr Rokia Sanogo : Comme institut national recherche spécialisé, nous collaborons étroitement avec les structures techniques du Ministère de la santé et du Développent social. Par exemple, lorsqu’un tradipraticien de santé (TPS) souhaite être reconnu, il est recensé par notre institut puis évalué par un médecin au niveau opérationnel. Ce dernier établit un rapport d’évaluation ethno médicale sur l’efficacité du produit du TPS dans la prise en charge des patients. C’est ce rapport qui sert de sous-dossier pour la délivrance de la carte professionnelle au TPS. Pour ces TPS, il existe également le processus de demande d’autorisation d’un cabinet de consultation et soins traditionnels adressée au Ministre de la Santé. L’agrément du Ministère de la Santé couvre les activités du TPS dans un contexte strictement professionnel de santé. Ce cabinet n’est pas un espace commercial. Nous travaillons actuellement sur deux projets fiancés par l’Organisation Africaine de la Propriété Intellectuelle (OAPI) : i) le projet sur le label pharmacopée afin de garantir la sécurité des patients ; ii) le projet pilote de production industrielle du Médicament Traditionnel Amélioré (MTA) Sirop BALEMBO® de l’INRMPT Ce projet de production industrielle est effectué en partenariat stratégique entre l’Institut national de Recherche en Médecine et Pharmacopée traditionnelles (INRMPT), l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), la Pharmacie populaire du Mali (PPM), la Fédération Malienne des Associations de Thérapeutes Traditionnels et Herboristes (FEMATH) et la supervision de la Direction générale des eaux et forêts (DGEF). AMAP : Quelle place occupe la médecine traditionnelle dans le système de santé malien actuel ? Pr Rokia Sanogo : Malgré l’existence de l’Institut nationale de recherche appliquée depuis 1968, les résultats issus de la recherche sur la médecine traditionnelle, ne sont pas suffisamment intégrés de manière formelle dans le système de santé. Pourtant, l’OMS recommande l’intégration dans le système de santé, les remèdes et les pratiques qui ont fait la preuve de leur sécurité, efficacité et qualité. L’OMS rappelle dans la Stratégie mondiale de la médecine traditionnelle 2025-2034, qu’il n’y aura pas de couverture sanitaire universelle (CSU) ni d’atteinte des Objectifs de Développement Durable (ODD) sans la prise en compte des ressources de la médecine traditionnelle. Pour cela nous comptons bien sur la mise en œuvre de la recommandation des états généraux de santé qui prévoit la prise en compte des ressources de la médecine traditionnelle au niveau opérationnel. AMAP : Comment l’INRMPT travaille-t-il à la validation et à la sécurisation des pratiques traditionnelles ? Pr Rokia Sanogo : La validation repose sur des évaluations selon un protocole scientifique. Nous analysons les recettes traditionnelles et les plantes médicinales. Le processus de recherche comprend deux phases, une

FEMAFOOT : L’Assemblée générale élective se tiendra ce jeudi à Bamako

Bamako, 15 avril (AMAP) L’Assemblée générale extraordinaire élective de la Fédération Malienne de Football (FEMAFOOT) se tiendra jeudi à 9H 30 à l’Hôtel de l’Amitié, a appris l’AMAP de source proche de l’instance du Football. L’annonce a été faite mardi, par son secrétaire général, Sidi Bekaye Magassa Le principal point à l’ordre du jour de cette assemblée, est l’élection du nouveau président du Comité exécutif de la FEMAFOOT ainsi que des membres de son bureau, a précisé les organisateurs. Avant de déclarer  qu’une seule candidature est retenue pour ce scrutin. Il s’agit de celle de Mahazou dit Baba Cissé, dont la liste a été validée par la Commission électorale de première instance de la FEMAFOOT. Et cela, après vérification de sa conformité aux exigences du code électoral. Cette Assemblée générale intervient dans un contexte de renouvellement des instances dirigeantes du Football Malien, avec pour enjeu la relance de ce sport national. KD/CMT (AMAP)

L’intelligence artificielle au service de l’apprentissage des enfants au Mali

Crédit photo : UNICEF/UNI922640/Keïta. Légende : Dans le cadre de la septième édition du SEBA, les enfants ont bénéficié d’ateliers pratiques en salle informatique à la Cité des Enfants, où ils ont été initiés à la construction et au montage de robots. Au Mali, de nombreux élèves font face à des classes surchargées et à un manque de manuels scolaires. Pourtant, une nouvelle technologie commence à changer leur façon d’apprendre : l’intelligence artificielle (IA). De plus en plus utilisée par les élèves, elle devient un soutien précieux pour mieux comprendre les cours et réussir à l’école. Pour Abdoulaye, élève, en 11e série Sciences, l’IA est devenue un véritable assistant scolaire : « J’utilise des outils comme ChatGPT, Gemini et DeepSeek pour m’aider en physique, chimie et mathématiques. Je prends une photo de mes exercices, j’explique ce que je n’ai pas compris et l’IA me montre la solution étape par étape », raconte-t-il. Grâce à cette méthode, Abdoulaye progresse à son propre rythme. Il peut revenir sur chaque étape, poser plusieurs questions et mieux consolider ses connaissances, même lorsqu’il étudie seul à la maison. Dans plusieurs localités du Mali, les enseignants doivent encadrer un grand nombre d’élèves avec peu de ressources pédagogiques. Pour Aïcha, élève du fondamental, l’IA est une aide rassurante : « Quand le professeur n’a pas le temps de tout expliquer, je demande à l’IA. Elle m’aide à comprendre sans avoir peur de me tromper », confie-t-elle. Au-delà de l’aide aux devoirs, l’IA favorise la créativité, l’autonomie et la pensée critique. Les élèves peuvent explorer différentes méthodes de résolution, tester leurs idées et apprendre autrement. Cependant, l’IA ne remplace pas les enseignants. Elle agit comme un complément à l’enseignement traditionnel. « Les professeurs sont là pour nous guider, nous encourager et nous expliquer la réalité », souligne Abdoulaye. « L’IA nous aide surtout à mieux comprendre et à pratiquer. » Les enseignants jouent donc un rôle central dans l’orientation, la motivation et le suivi des élèves, tandis que l’IA permet un apprentissage plus personnalisé. Utilisée de manière responsable, l’intelligence artificielle offre un potentiel énorme pour améliorer l’éducation des enfants au Mali. Des outils comme ChatGPT, Gemini ou DeepSeek permettent aux élèves de mieux comprendre leurs leçons, de résoudre des exercices complexes et de développer des compétences essentielles pour le monde de demain. L’IA devient ainsi un allié important pour préparer les jeunes Maliens aux défis du XXIe siècle. Amadou, 11 ans Enfant journaliste – Région de Mopti

Le calvaire des filles vendeuses ambulantes à Bamako : l’histoire bouleversante de Mariam

  Crédit photo : UNICEF/UN0293787/Keïta Légende : Image illustrative d’une fille travaillant sur un site d’orpaillage dans la région de Kayes.   À Bamako, derrière les rues animées et les étals colorés, se cachent des destins brisés. Celui de Mariam*, 13 ans, en est un exemple poignant. Retirée de l’école pour vendre de l’eau et des fruits, elle incarne la réalité de milliers d’enfants privés de leurs droits fondamentaux. Mariam* vit chez sa tante à Magnambougou à Bamako. Depuis l’âge de neuf ans, elle arpente les rues, chargée de bassines d’eau et de paniers de fruits. « Je peux passer deux jours sans manger un repas complet », confie-t-elle, la voix basse. Ses journées sont longues, pénibles, et souvent dangereuses. Dans son témoignage, Mariam raconte les humiliations subies : vols et violences physiques. Elle est aussi exposée aux accidents de la circulation. « Je rentre tard la nuit et avant de dormir, je prépare les produits pour le lendemain », dit-elle. Une routine qui ne laisse aucune place à l’insouciance. Un rêve simple : retourner à l’école Malgré son quotidien éprouvant, Mariam garde une lueur d’espoir : reprendre ses études. « Je veux apprendre, avoir une vie meilleure », murmure-t-elle. Mais comme elle, des milliers d’enfants à Bamako sont contraints de travailler, sacrifiant leur droit à l’éducation, à la protection et à la santé. 📊 Chiffres clés 12,3 % d’enfants travaillent au Mali, selon le rapport de l’EMOP 2023. Ce récit interpelle chacun de nous. Derrière chaque vendeuse ambulante, il y a une histoire, un rêve, une vie en suspens. Investir dans la protection des enfants, c’est investir dans l’avenir du Mali. Maimouna, 12 ans et Ousmane, 13 ans, Enfants Journalistes du district de Bamako. * Noms modifiés pour protéger l’identité des enfants.

Éducation pour tous au Mali : un droit fondamental encore à concrétiser

Crédit photo : UNICEF/UNI688160/Bamba. Légende : Célébration de la Journée Mondiale de l’Enfance 2024 au Centre International de Conférence de Bamako, en présence de l’artiste malienne et championne des droits de l’enfant pour l’UNICEF Mali, Fatoumata Diawara.     L’éducation est un droit fondamental qui devrait être garanti à chaque enfant, où qu’il vive. Au Mali, ce principe est reconnu par la loi. « Si l’éducation était vraiment pour tous, je serais avec ma famille. » Drissa, originaire de la région de Sikasso et élève à l’INAM à Bamako, vit difficilement l’inégalité d’accès à l’éducation : « Si l’éducation était vraiment accessible à tous, je ne passerais pas les vacances loin de ma famille. À Sikasso, il n’y a pas d’école adaptée pour moi. Je suis obligé de rester à Bamako », confie-t-il. Son témoignage met en lumière le manque d’inclusion à l’école dans certaines régions du pays, qui contraint des enfants à s’éloigner de leurs familles pour poursuivre leurs études. « Le Mali a fait des efforts, mais les défis restent énormes. » Pour Mme Bamba Alimata Dao, cheffe de division de l’éducation de base à l’académie de Sikasso, le principe de l’éducation pour tous existe bel et bien : « Depuis l’indépendance, le Mali dispose de lois, y compris dans sa Constitution, qui garantissent le droit à l’éducation gratuite pour tous les enfants, de la maternelle à l’enseignement supérieur. Le pays a aussi signé des conventions internationales, comme la convention relative aux droits de l’enfant. » Cependant, elle reconnaît que de nombreux obstacles subsistent, notamment pour les enfants ayant des besoins spécifiques : « Les écoles spécialisées sont insuffisantes et ne couvrent pas tous les besoins. Les infrastructures scolaires ne sont pas toujours adaptées et les enseignants manquent souvent de formation en matière d’inclusion. » Selon elle, l’État malien s’efforce de promouvoir une éducation inclusive, mais les efforts doivent être intensifiés, en particulier dans les zones rurales. Des actions concrètes restent nécessaires pour garantir une éducation réellement inclusive. Pour rendre l’éducation accessible à tous les enfants du Mali, plusieurs actions sont essentielles. Celles-ci vont de la sensibilisation partenariats avec les acteurs locaux en passant par la formation des enseignants à la prise en charge des enfants à besoins spécifiques, a l’adaptation des infrastructures scolaires, au soutien des familles démunies et a l’intégration des langues nationales dans l’enseignement.  Garantir l’éducation pour tous aujourd’hui, c’est construire un avenir meilleur pour le pays demain.   Mamadou, 14 ans et Fata, 16 ans Enfants journalistes – District de Bamako

L’école fermée, l’avenir en suspens : récits d’enfants en zone de conflit

 Crédit photo : UNICEF/UNI430630/N’Daou Légende : Le Directeur Exécutif Adjoint de l’UNICEF, Ted Chaiban (chemise bleue), ici lors d’une visite d’un espace d’apprentissage temporaire aménagé par l’UNICEF avec le soutien de la République d’Allemagne en Aout 2023.   Dans la région de Gao, plusieurs écoles restent non fonctionnelles à cause de la crise sécuritaire et humanitaire. De nombreux enfants ne vont plus à l’école.  Depuis plus d’une décennie, notre pays connaît un conflit armé. Cette situation a affecté tous les secteurs socio-économiques et culturels. Ainsi, plusieurs familles ont été contraintes de quitter leur localité. Avec ce conflit les écoles sont non fonctionnelles. Cette situation touche plus particulièrement les enfants car elle les empêche de regagner les classes et cela peut entrainer leur déscolarisation. Gao est l’une des capitales régionales confrontée à cette situation qui a fait en sorte que beaucoup d’enfants sont déscolarisés. 12% soit 109 écoles sont fermées privant 333000 enfants de leur droit à l’éducation, selon le rapport d cluster de l’éducation de novembre 2025. Quand les enfants ne vont pas à l’école, cela peut les exposer à d’autres risques tels que le mariage précoce, l’exode rural ou l’engagement dans la délinquance. Ils peuvent être utilisés par des adultes de façons malintentionnées. À Gao, les autorités régionales, l’UNICEF et les partenaires travaillent ensemble pour que les enfants aient une bonne école où ils se sentent en sécurité. Un exemple est le programme Programme de Résilience Pluriannuel MYRP, dont la phase deux a été lancée le 15 mai 2025 grâce au soutien d’Education Cannot Wait. Ce programme couvre la région de Gao où il aide 717 écoles et touche plus de 55 000 enfants, dont 28 160 filles et 23 637 enfants vulnérables (PDI, réfugiés, en situation de handicap). Les actions aident les enfants à être en sécurité, à avoir de l’eau propre, une bonne hygiène et à mieux apprendre. Dans 178 écoles où les cours avaient été arrêtés, les Comités de Gestion Scolaire ont été renforcés et ont été renforcés et dotés de plans d’action pour rouvrir les écoles et faire revenir les élèves et les enseignants. L’UNICEF a aussi construit ou réparé des classes : 26 salles, 27 espaces temporaires et 7 centres pour les plus petits, pour que plus d’enfants puissent retourner en classe. Grâce à l’aide donnée aux familles, via des transferts monétaires, aux repas à l’école et aux stratégies de scolarisation accélérée, 44 550 enfants qui n’allaient plus à l’école ont pu y retourner. Et 351 adolescents apprennent maintenant un métier et reçoivent du matériel et un petit soutien pour commencer. Pour aider les enfants à mieux apprendre, 433 enseignants et animateurs ont été formés et ont reçu du matériel. Aussi 31 002 enfants ont eu des kits scolaires et des cours de soutien qui les aident à mieux comprendre leurs leçons. Assetou, 15 ans,  Enfant journaliste – Région de Gao

Prise en charge gratuite des enfants malnutris à Gao : ce qu’il faut savoir 

      Crédit photo : Amadou, 15 ans. Légende : Dr. Mohamadou Alhader Maiga, médecin d’appui à l’Unité de Récupération Nutritionnelle Intensive (URENI) du cercle de Gao, ici en pleine séance de suivi avec ses patients. Dans la région de Gao, la lutte contre la malnutrition infantile s’intensifie. Entre prise en charge gratuite et interdiction de vendre les produits thérapeutiques gracieusement offerts par L’Etat et ses partenaires, nous avons interrogé quelques acteurs clés pour mieux comprendre les enjeux. Dans une interview qu’il nous a accordée, Chafiyou Moussa Touré, responsable nutrition dans le district sanitaire de Gao, définit la malnutrition comme une maladie qui survient quand un enfant ne reçoit pas assez de nourriture ou tombe fréquemment malade. « Elle se traduit par une perte de poids importante, un amaigrissement visible ou des œdèmes. Si elle n’est pas traitée, elle peut mettre la vie de l’enfant en danger », avertit-il. Il précise que la malnutrition se manifeste chez l’enfant sous plusieurs formes. « Il y en a deux : La malnutrition chronique, qui touche les enfants trop petits pour leur âge. La malnutrition aiguë, qui se manifeste par le marasme, l’amaigrissement et parfois un ventre ballonné. Un enfant malnutri sévère est reconnaissable à ses cheveux défrisés et à la visibilité des os de la poitrine », explique M. Touré. Parlant de la prise en charge de la malnutrition chez les enfants, il affirme qu’elle totalement gratuite. « Les produits comme le Plumpy’Nut sont distribués en fonction du poids de l’enfant admis dans le programme. Chaque sachet compte : s’il en manque un seul, le traitement est compromis », dit-il. Il dénonce la vente de ces produits thérapeutiques. Selon lui, leur commercialisation est strictement interdite, car ils sont réservés exclusivement aux enfants souffrant de malnutrition. Ils ne doivent en aucun cas être consommés par des enfants sains. Le Dr Lassana Ballo, point focal nutrition à la Direction régionale de la santé de Gao, s’oppose fermement à la vente de ces produits. « Nous menons des campagnes de sensibilisation auprès des parents et des communautés. L’objectif est clair : chaque sachet doit servir à sauver une vie, et non à être vendu », rappelle-t-il. La prise en charge gratuite des enfants malnutris est une avancée majeure, mais elle doit s’accompagner d’une vigilance accrue contre la vente illicite des produits. Chaque sachet de Plumpy’Nut est une chance de survie. Deux questions au Dr. Mohamadou Alhader Maiga, médecin d’appui à l’Unité de Récupération Nutritionnelle Intensive (URENI) du cercle de Gao Combien d’enfants sont pris en charge dans votre unité ? Plus de 150 enfants malnutris sévères avec complications sont admis à l’URENI chaque trimestre. En moyenne, 120 enfants par mois sont suivis pour des cas modérés ou sévères sans complication. Quel est le rôle de l’UNICEF dans ce programme ? L’UNICEF est un partenaire essentiel. Grâce à son appui, le fonds des Nations Unies pour l’Enfance, redonnons le sourire à des enfants et à des familles, notamment à travers la mise à disposition des Aliments Thérapeutiques Prêts à l’Emploi (ATPE), des laits thérapeutiques, et d’autres formes d’appui pour la prise en charge des enfants malnutris. En plus de l’approvisionnement en intrants nutritionnels et des médicaments de la prise en charge de la malnutrition aigüe, l’UNICEF grâce au programme NAFAMA soutenu par le Canada appuie la formation des agents de santé sur les modules tels que Prendre Soin des Personnes s’occupant des enfants et sur les soins obstétricaux et néonatals d’urgence. Amadou, 15 ans Enfant journaliste – Région de Gao  

Kangaba : Les travaux préliminaires de la réfection septennale du Kamablon ont débuté samedi

Kangaba, 13 avril (AMAP) Les travaux préliminaires de la réfection septennale de la case sacrée de Kangaba (Kamablon) ont débuté samedi, avec la mobilisation de centaines de jeunes pour des travaux d’intérêt public, première étape de cette cérémonie traditionnelle organisée tous les sept ans, a constaté l’AMAP. Cette phase consiste en la participation des adolescents âgés de 13 à 17 ans à des travaux communautaires, avant les travaux de réfection proprement dits. Après concertation, les sages de Kangaba ont confié aux jeunes le curage du canal longeant la route goudronnée traversant la ville. Encadrés par leurs aînés, ces jeunes, venus de Kangaba et des localités environnantes, exécutent ces travaux dans le cadre d’un rite marquant leur passage à une nouvelle étape de leur vie. Le préfet du cercle, Abou Dao, s’est dit satisfait du démarrage des activités et a instruit les Forces de défense et de sécurité d’appuyer les jeunes. «La cérémonie de réfection septennale de la case sacrée de Kangaba est une tradition qui se situe en droite ligne des aspirations du Président de la Transition qui a fait des années 2025-2026 années de l’éducation et de la culture», a-t-il déclaré. Les jeunes participants ont, pour leur part, pris l’engagement de mener les travaux à terme dans les délais. «C’est l’union qui fait la force», ont-ils affirmé, promettant d’accomplir leur tâche «dans un bref délai pour passer à autres choses et être baptisé dans l’honneur et la dignité». Le Chef de l’exécutif local, accompagné d’une délégation, s’est également rendu chez le chef de village pour apporter la contribution des autorités administratives et sécuritaires à cette cérémonie. Les autorités traditionnelles ont salué l’initiative, estimant qu’«assister à une cérémonie de réfection septennale du Kamablon est une chance qui n’est pas donnée à n’importe qui», tout en formulant des bénédictions pour «un Mali apaisé, prospère, solidaire et enraciné dans la tradition». SD/CMT (AMAP)

Golf : La FMG rejoint le mouvement olympique

 Bamako, 14 avril (AMAP) La Fédération malienne de golf (FMG) a intégré officiellement, le samedi 4 avril, le Comité national olympique et sportif (CNOS-Mali), a appris l’AMAP de source proche du CNOS- Mali. En effet, l’atmosphère était solennelle au siège du CNOS-Mali. Autour de la table, des ténors du mouvement olympique, portés par leur président, Habib Sissoko. Au milieu d’eux, une nouvelle venue qui ne compte pas faire de la figuration, la Fédération malienne de golf. Cette reconnaissance institutionnelle marque le début d’une ère nouvelle pour une discipline en pleine expansion au cœur de l’arène sportive nationale. Ainsi, l’entrée de la FMG au sein de la famille olympique malienne n’est pas qu’une simple formalité administrative, c’est un acte de légitimation. En s’alliant au CNOS-Mali, la fédération bénéficie désormais, d’une crédibilité auprès des instances internationales et des partenaires économiques. D’un accès aux programmes de formation pour les athlètes, les entraîneurs et les arbitres. D’un appui logistique et technique pour l’organisation de compétitions de haut niveau. Pour la présidente de la Fédération malienne de golf, Mme Sanglier Niagalé Mariam Diané, cette affiliation est l’aboutissement d’un travail de longue haleine et le point de départ d’une collaboration fructueuse. « Notre adhésion au CNOS-Mali est une immense fierté. Elle scelle notre volonté de sortir le golf de son isolement relatif pour l’intégrer pleinement dans la dynamique du sport malien. Nous travaillons main dans la main avec le Comité Olympique pour renforcer nos structures et faire du golf un vecteur de cohésion sociale et de rayonnement pour notre pays», a déclaré Mme Sanglier. À l’endroit des golfeurs, clubs, sponsors et passionnés, la présidente a lancé un appel à l’unité et à l’engagement. « Le golf malien a désormais une maison reconnue. J’invite tous les acteurs à se mobiliser. Ce nouveau statut nous donne des devoirs, celui de la rigueur, de la discipline et de la performance. Ensemble, faisons du Mali une terre de golf », a-t-elle dit avec insistance. SSK/CMT (AMAP)

Neguela : Sept (7) morts et sept (7) blessés dans un accident de la circulation

Bamako, 14 avril (AMAP) Sept (7) personnes ont trouvé la mort lundi et sept (7) autres blessés dans un accident de la circulation survenu à l’entrée de la ville de Neguela, à 65 km de Bamako à l’ouest du pays, a appris l’AMAP de source sécuritaire La même source précise qu’ aux environs de 13 heures deux véhicules de transport en commun appelés communément « Sotrama » quittant Kati pour la foire hebdomadaire de Neguela, dans une course poursuite sont entrées en collision avec un camion muni d’une grue . Selon toujours notre source sur place, le bilan fait état de 7 morts dont plusieurs femmes et des enfants et 7 blessés graves tous évacués aux centres de santé de Kati. Quant aux chauffeurs des deux sotromas, tous ont été mis aux arrêts, selon les autorités communales et l’un aurait une jambe cassée. Un habitant d’un hameau de culture de la localité qui a lui seul perdu deux filles et un petit fils dans ce drame est inconsolable depuis hier. Rappelons que Neguela est un gros village de la commune de Bossofala, cercle de Neguela, région de Koulikoro. C’est sur la route de Kita à 40 km de la ville de Kati. ALK/KM (AMAP)