Mali : Libération de cinq compagnons de Soumaïla Cissé

Bamako, 3 avril (AMAP)  Cinq compagnons du président de l’Union pour la République et la démocratie (URD) Soumaïla Cissé, député à l’Assemblée nationale et Chef de file de l’opposition malienne, ont été libérés, dans la nuit du jeudi 02 au vendredi 03 avril 2020, indique un communiqué de l’URD parvenu, vendredi, à l’AMAP . « Il s’agit de Housseini N’douré (assistant de Soumaïla Cissé) Boubacar Sada Sissoko (cameraman), Abdramane Traoré dit Vieux Mahalmadane , le chauffeur Kola Badara et Yacouba Cissé. Ils vont tous bien. Dieu merci », précise le communiqué signé du Secrétaire à la Communication du parti, Me Demba Traoré. Le même communiqué précise qu’un point de presse sera organisé dans la journée de vendredi pour donner plus de précisions. « L’URD remercie vivement toutes celles et tous ceux qui s’investissent pour un dénouement heureux de cette affaire et espère retrouver très rapidement son Président, l’honorable Soumaïla Cissé et les trois autres membres restants de sa délégation », conclut le communiqué qui précise que  le parti suit avec l’attention requise l’évolution de la situation. M. Cissé et des membres de sa délégation ont été enlevés, mercredi, au cours de leur campagne pour les élections législatives dans le Cercle de Niafunké, par des hommes armés non identifiés qui ont tué, lors de l’opération, le garde de corps du Chef de file de l’opposition avant de blesser d’autres membres de leur convoi. AC/KM (AMAP)

Quatre officiers de l’opération Barkhane positifs au coronavirus

Bamako, 03 avril (AMAP) Quatre officiers de l’opération Barkhane, arrivés dans la bande sahélo-saharienne, il y a plusieurs semaines, ont été diagnostiqués positifs au coronavirus, indique un communiqué du commandement militaire français parvenu, jeudi, à l ‘AMAP. “Le diagnostic a été confirmé par des tests effectués sur place, par le service de santé des armées, par un laboratoire biologique civil local, ou à leur arrivée en France”, ajoute la même source qui précise qu’«un des patients est pris en charge et soigné sur place, et trois autres ont déjà été rapatriés ». Le commandement français précise, par ailleurs, que depuis le début de la crise coronavirus et l’apparition de cas dans la bande sahélo-saharienne, des mesures de prévention strictes, édictées par le service de santé des armées, en coordination avec les autorités sanitaires des pays hôtes, sont mises en œuvre pour protéger les soldats de la Force, mais aussi pour éviter tout risque de dissémination du virus. « Par précaution, l’ensemble des personnels des relèves sont placés en quatorzaine en France avant leur arrivée sur le théâtre sahélien, conformément aux directives des pays de la région » souligne le communiqué. Le commandement précise enfin que « ces cas de contamination, de même que les dispositions prises pour préserver le personnel de la Force n’ont pas d’impact sur les opérations, qui se poursuivent à un rythme soutenu ». « Si la lutte contre cette pandémie impose l’application de mesures sanitaires préventives, elle ne remet cependant pas en cause l’engagement de la force Barkhane dans la conduite de ses opérations » rassure le commandement de la Force Barkhane. AC/KM (AMAP)

Covid -19 : Le PM échange avec les responsables des établissements hôteliers, de restauration et du secteur touristique

Bamako, 3 avril (AMAP) Le Premier ministre,  Dr Boubou Cissé, a rencontré jeudi à la Cité administrative, les responsables des établissements hôteliers, de restauration et du secteur touristique dans le cadre de la lutte contre le Covid19, a constaté l’AMAP. Le Chef du Gouvernement et ses hôtes ont échangé sur  la crise sanitaire,  les dispositions à prendre pour minimiser les conséquences de la pandémie sur le secteur  et l’économie nationale et d’anticiper sur les conséquences de la crise économique et financière qui risqueraient d’en découler. Les responsables des organisations faîtières ont fait le point de la situation et des difficultés auxquels font face leurs secteurs respectifs. Le Premier Ministre  a saisi l’occasion pour leur témoigner de la reconnaissance du Président de la République et de l’ensemble du Gouvernement pour le rôle et la contribution remarquable que le secteur apporte à l’économie malienne. Dr Cissé a rassuré ses hôtes sur la disponibilité du Gouvernement à accompagner le secteur du tourisme et de l’hôtellerie avant d’affirmer être à l’écoute des propositions du secteur afin de coordonner les énergies dans la recherche de solutions idoines pour limiter l’impact négatif du Coronavirus sur le secteur touristique et hôtelier. La rencontre s’est déroulée en présence du ministre de l’artisanat et du tourisme, Mme Nina Walett Intalou, de son homologue du budget, Mme Barry Aoua Sylla, des responsables de la fédération des industries hôtelières, des représentants des agences de voyage, de la fédération nationale des agents de tourisme au Mali et de l’association malienne des professionnels du tourisme. KM (AMAP)

Contamination au coronavirus : Le personnel soignant s’inquiète  

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 02 avril (AMAP) Le personnel soignant, en général, et les médecins, en particulier, sont à l’avant-garde de la lutte contre le coronavirus. Ils estiment être en danger dans la prise en charge des malades dans un contexte de pandémie du Covid-19 et réclament des moyens de protection individuels et collectifs. Parce qu’ils sont en contact direct avec les malades. Avec les 6,3 milliards de Fcfa annoncés par le président de la République pour lutter contre le coronavirus, pourquoi peine-t-on à mettre à la disposition des médecins l’arsenal de protection ? Pourtant, un plan de contingence a été élaboré pour anticiper sur les évènements. Ce document précise les moyens à dégager par rapport pour la riposte (réaction) face à la pandémie, notamment les équipements de protection des agents de santé, la formation du personnel, le renforcement des structures de santé et des sites de prise en charge qui pourraient être éventuellement créés, les médicaments à mettre à disposition, les laboratoires de diagnostic et le suivi à faire. Ce plan d’action est soumis à la fois au financement de l’Etat et des partenaires qui acceptent de mobiliser rapidement des ressources financières importantes dans un contexte de pandémie. Boubacar Sidiki Dramé, médecin biologiste et président de la commission de la cellule de lutte contre le coronavirus à l’Hôpital du Mali, explique que le personnel médical demeure un moyen précieux dans la lutte contre la pandémie. Il n’apprécie guère de voir ce moyen déstabilisé par la pandémie du fait d’une insuffisance d’équipements de protection. Le médecin biologiste explique que le virus du Covid-19 est un germe à contamination aérienne qui peut atteindre toute personne, se trouvant dans un environnement contaminé. Mais il déplore le fait que le plus souvent, le personnel médical aussi paie un lourd tribut dans la gestion d’une pandémie. Il est donc normal qu’il soit protégé à souhait.  COMBATTRE LE MAL – Pour Boubacar Sidiki Dramé, il est vrai que le port des masques de protection, des gants voire des combinaisons et l’application du gel hydro alcoolique sur les mains peuvent préserver du coronavirus. Mais, ce n’est pas une garantie à 100%, si on ne respecte pas les mesures édictées pour les enlever. Le biologiste explique que dans ces conditions, le virus va continuer d’être disséminé un peu partout. Il conseille, donc, au personnel médical le lavage des mains au savon régulièrement pour éviter une éventuelle contamination. A en croire le médecin, quels que soient les équipements de protection individuelle, il faut les gérer avec rationalité pour se préserver de ruptures brutales. Il cite l’exemple de la France, la cinquième puissance économique,  qui semble avoir de la peine à répondre aux sollicitations des médecins en termes de matériels de protection, notamment des gants et des masques. «A notre niveau, nous avons déjà utilisé les 30% des matériels mis à notre disposition par le ministère de la Santé et des Affaires sociales», révèle le président de la commission de la cellule de lutte contre le coronavirus au niveau du seul établissement hospitalier de la rive droite du district de Bamako. Il affirme aussi que la présence de la Mission médicale chinoise a été un petit avantage pour l’Hôpital du Mali. Ce qui a permis de se doter d’un plan de sécurisation du personnel dans la lutte contre le Covid-19. Ainsi, la collaboration avec les praticiens chinois a permis de mettre en place un système qui consiste à scinder le personnel médical en deux groupes. L’équipe qui s’occupe du coronavirus ne doit pas être en contact avec celle chargée d’administrer des soins aux autres patients et usagers de l’hôpital qui viennent pour des consultations externes ou pour des analyses biomédicales et autres. Dr Moussa Ouattara, spécialiste en chirurgie thoracique, officie lui aussi dans la même structure hospitalière. Ce chirurgien pointe du doigt les difficultés d’approvisionnement en gel hydro alcoolique, bavettes mais aussi en blouses à usage unique. Il déplore aussi l’insuffisance de ressources humaines. Or, pour lui, c’est la question fondamentale à mettre au cœur des soins de patients Covid-19 confirmés. «Nous ne pouvons pas faire de repli stratégique. Les autorités doivent faire en sortent qu’on continue à combattre le mal (le coronavirus)», souligne le praticien hospitalier. Il propose même d’aménager un site particulier, loin des établissements hospitaliers, pour accueillir les personnes infectées au Covid-19. Le directeur général de l’hôpital Gabriel Touré, Dr Abdoulaye Sanogo, ne s’attarde pas trop sur les insuffisances. Il rassure plutôt, en disant que sa structure possède un stock suffisant de bavettes et de gants. Il ne peut pas imaginer une rupture de gel hydro alcoolique puisqu’ils peuvent être fabriqués sur place par l’établissement. Il rappelle aussi qu’une importante quantité de blouses à usage unique a été mise à la disposition de son hôpital. Il précise que son personnel bénéficie, depuis quelques jours, de formations sur le coronavirus, notamment comment se comporter face à un cas (suspect ou confirmé). Dr Sanogo explique que les risques font partie du travail des médecins. « Nous avons opté pour sauver les autres en cas de danger donc nous devons répondre présents », dit-il à l’adresse de ses collègues, faisant allusion au serment d’Hippocrate que prête le médecin après sa soutenance de thèse. Le directeur général de Gabriel Touré rappelle, également, que le service public hospitalier doit continuer, « peu importe la situation ». Mais Dr Sanogo reste conscient de la nécessité de préserver le personnel hospitalier contre la pandémie du coronavirus. MDD/MD (AMAP)     

Covid-19 : Le plan de riposte du secteur financier

Bamako, 02 avril (AMAP) Le chef du gouvernement, Dr Boubou Cissé, a réuni, mercredi, autour de lui, les dirigeants des établissements bancaires et financiers pour discuter échanger des mesures idoines à prendre afin de juguler l’impact de la pandémie du coronavirus sur l’économie du Mali. A l’issue de la rencontre, qui s’est tenue dans la salle de conférence de la Primature, en sa présence, la ministre déléguée auprès du Premier ministre, ministre de l’Economie et des Finances, Mme Barry Aoua Sylla, a expliqué que le Premier ministre a souhaité rencontrer les responsables de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), de l’Association professionnelle des banques et établissements financiers (APBF), de l’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés (AP/SFD) et du Comité d’assurances du Mali, pour échanger avec eux sur les mesures éventuelles à prendre dans le cadre de la gestion de la crise qui, a-t-elle ajouté, « a un impact énorme, aussi bien sanitaire qu’économique et financier ». Mme Barry a rappelé que le mardi, Dr Boubou Cissé a rencontré l’ensemble du secteur privé qui a présenté des doléances. « Nous sommes en train de travailler pour voir comment satisfaire ces doléances. Il en est de même pour le secteur bancaire qui travaille avec le secteur privé. Il s’agit de voir, à la fois, les effets sur le secteur bancaire et aussi ce qu’il peut faire pour ses clients qui sont les entreprises du secteur privé », a-t-elle expliqué, assurant que des mesures idoines seront prises pour juguler les conséquences néfastes de cette crise. Pour le président de l’APBF, il s’agissait d’une réunion de réflexion sur la riposte à cette pandémie. Il a souligné que les banques seront fortement affectées et les clients aussi. « Nous avons fait des propositions. Nous allons travailler à notre niveau pour peaufiner ses propositions et ensuite nous allons rencontrer l’Etat pour qu’ensemble, nous définissions les mesures idoines face à cette crise », a assuré Bréhima A. Haïdara. Sans donner plus de détails sur les points abordés, il a annoncé que dans les prochains jours, les banques feront connaitre leurs doléances en la matière. « L’Etat est prêt à nous accompagner. Il y a des annonces déjà dans ce sens. La Banque centrale a déjà donné une forte réponse par rapport à la situation », s’est-il réjoui. EFFORTS FINANCIERS – De son côté, le directeur national de la BCEAO pour le Mali, Konzo Traoré, a expliqué que face à cette crise, comme les précédentes, les Banques centrales sont en première ligne. « Ce sont elles qui peuvent soutenir le système financier dans son entièreté », a-t-il dit. Il a rappelé que la BCEAO a pris des mesures fortes, en annonçant, le 21 mars dernier, dans un communiqué, « l’augmentation sensible » de ses refinancements. « Les banques ont recours à nos guichets sur une base hebdomadaire et sur une base mensuelle. La BCEAO a ajouté 340 milliards de Fcfa aux quelques 3.900 milliards de Fcfa qui étaient déjà mis en place », a expliqué M. Traoré. « Les banques ont demandé l’allègement des conditions de refinancement des taux. La réponse de la BCEAO a été d’organiser une adjudication à taux fixe. C’est une première depuis qu’on a commencé les refinancements sous cette forme », a signalé le directeur de la BCEAO pour le Mali. Il a, aussi, indique que, lundi dernier, la BCEAO a servi les banques au taux minimum de 2,5% et aux montants qu’elles ont sollicités. « Les banques du Mali, à l’issue de cette opération, ont pu engranger quelques 680 milliards de Fcfa auxquels s’ajoutent le montant mobilisé sur le guichet mensuel », a-t-il poursuivi. « A ce jour, nous avons un encours sur les banques  maliennes de quelques 790 milliards de Fcfa, c’est énorme », a dit Konzo Traoré. La Banque centrale a, également, consenti une enveloppe de 25 milliards de Fcfa à la BOAD pour qu’elle puisse bonifier les prêts qu’elle va faire aux Etats. La semaine dernière, son conseil d’administration « a accordé 130 milliards de Fcfa aux Etats à un taux bonifié grâce aux 25 milliards de Fcfa de la BCEAO », a développé Konzo Traoré qui a assuré que les actions soutenues vont se poursuivre et que la BCEAO va jouer sa partition. ADS/MD (AMAP)

Centre national d’odontostomatologie : L’arrêt des consultations externes fait grincer des dents

Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 02 avril (AMAP) Les malades qui souhaitent une consultation externe au Centre national d’odontostomatologie (CHU-CNOS) vont devoir prendre leur mal en patience parce que l’établissement de référence, en matière de soins dentaires, a arrêté les consultations externes. La situation fait grincer des dents. Mais la mesure vise à briser la chaîne de transmission à la fois chez les malades et le personnel médical de l’établissement. La particularité du Centre odontostomatologie est que les médecins dentistes officient avec des turbines dentaires connectées à des fauteuils.  Non seulement, il est difficile pour le dentiste de respecter la distanciation avec son patient mais aussi les turbines projettent des particules, parfois jusqu’à deux mètres, ce qui peut contaminer la surface de travail. Et les spécialistes s’accordent à dire que le cabinet dentaire est le lieu où l’aérosol, selon l’expression consacrée, est plus élevé. Donc, cela expose plus. Les responsables du Centre national d’odontostomatologie   justifient leur décision par la nécessité de protéger les malades d’abord et le personnel médical ensuite. Mais ils rappellent que les urgences sont prises en charge, notamment les cellulites qui représentent des urgences infectieuses et les traumatismes (les fractures) qui exigent des interventions chirurgicales. Notre équipe de reportage a pu constater des chirurgiens en train d’opérer. La veille deux patients de traumatismes graves auraient suivi des interventions. Une équipe médicale s’occupait des malades hospitalisés. Les malades qui arrivent pour une douleur sont aussi pris en charge et ressortent avec une prescription médicale. Seul le laboratoire de fabrique de prothèses ne fonctionnait pas. Et cela pour circonscrire les risques de propagation du Covid-19. Dr Ousseynou Diawara, chef du service de parodontologie et de l’odontologie conservatrice et secrétaire général du comité syndical de l’établissement, explique les types d’urgences. Il s’agit des traumatismes, des fractures dentaires, des abcès liés à une carie dentaire compliquée, des douleurs et des hémorragies. Il conseille aux malades et autres usagers des services buccaux dentaires de surseoir au traitement tant que ce n’est pas une urgence. Parce qu’il peut y avoir un risque de contamination. Dr Sow Kadidia Touré, présidente de la commission médicale de l’établissement de soins dentaires, invoque des raisons de sécurité des malades et du personnel soignant. Le flux des malades dans les salles d’attente et de consultation peut être un vecteur de dissémination du coronavirus. Cela peut mettre en péril de nombreuses personnes. Les praticiens du Centre ont même fait un exerce de simulation pour amener nos reporters à comprendre le gros risque encouru par les médecins dans les consultations externes. Parce que, dans un contexte de pandémie de Covid-19, ils sont contraints de mettre des surblouses à changer après chaque consultation et décontaminer la surface de travail pour se préserver et protéger aussi les malades. Les médecins dentistes doivent, également, porter des lunettes de protection des masques FFP2 et FFP3 qui sont les plus adaptés en matière de protection contre le coronavirus. Or ces équipements appropriés ne sont pas à leur disposition. Le directeur général du CHU-CNOS, Pr Hamady Traoré, explique que la tutelle fait de son mieux pour accompagner sa structure. Mais le contexte impose aussi des mesures liées à la responsabilité des praticiens eux-mêmes et de l’administration hospitalière. C’est à ce titre que l’établissement a élaboré un nouveau protocole par rapport aux modalités de prise en charge du coronavirus. Un calendrier a été établi pour les malades dont les pathologies ne représentent pas une urgence, un circuit a été déterminé pour les cas suspects, il y a eu la formation du personnel sur le port des équipements de protection individuels et la stérilisation de tous les services du centre et tous les jours, entre 14 h et 16 h. Le CHU-CNOS a, aussi installé à l’entrée le dispositif de lavage des mains au savon et de contrôle de température pour contraindre les malades et autres usagers à observer les mesures barrières. Enfin, il a recruté un relais communautaire pour sensibiliser les malades sur le coronavirus. MDD/MD (AMAP)  

Anacarde : Une filière en friche

Par Makan SISSOKO Bamako, 02 avril (AMAP) L’histoire entre le Mali et l’anacardier a commencé dans les années 60. Epoque pendant laquelle cet arbre fruitier a été placé au cœur d’une campagne de reboisement. Si en ces temps-là on ne semblait s’intéresser qu’à son importance nutritionnelle et commerciale, de nos jours la filière occupe une place de choix dans la lutte contre la pauvreté. Espèce d’arbre de la famille de l’anacardiaceae, originaire d’Amérique du sud tropicale, l’anacardier n’a pas eu, au Mali, de problème particulier d’adaptation. Et pour cause, cet arbre aime bien le soleil et la chaleur de notre pays. Voilà pourquoi l’anacardier est devenu la deuxième culture de rente dans le Sud du Mali, où la chaîne de valeur de la noix de l’anacarde apporte, selon le projet d’appui à la filière, «une forte opportunité d’emplois pour les jeunes ruraux». La même source ajoute qu’en 2017, les revenus nets de la vente de la noix brute étaient estimés à 32,5 milliards de Fcfa, de quoi dessiller les yeux sur l’importance de cette filière. Mais, ses acteurs font face à un problème organisationnel, malgré la création, le 20 décembre 2016, de l’Interprofession de la filière anacarde au Mali (IPROFAM). L’IPROFAM regroupe tous les acteurs (producteurs, transformateurs, commerçants, artisans) de la filière anacarde au Mali. Selon son président, Dr Ibrahim Togola, la production de l’anacarde au Mali est estimée à 100.000 tonnes dans les Régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso et Ségou. Mais, précise-t-il, 99% de cette production est exportée par les intermédiaires des pays voisins et des pays comme l’Inde, la Chine, le Vietnam etc. Pour le Dr Togola, ces pays nous l’achètent entre 40 et 90 Fcfa le kilogramme. «Nos productions sont valorisées par les pays étrangers. Ainsi, les acteurs de la filière anacarde ne tirent pas assez de profit de cette richesse. Les commerçants maliens n’ont pas accès à des lignes de crédit pour acheter les productions. Les transformateurs maliens ne transforment même pas 1% de la production d’anacarde», regrette le président de l’IPROFAM, estimant que la production nationale d’anacarde peut créer 50.000 emplois. S’agissant de la transformation, le Dr Ibrahim Togola a précisé que les transformateurs n’ont pas les capacités de production à l’instar des unités de transformation. Selon lui, la filière anacarde est une richesse extrêmement importante pour le Mali grâce à un climat très favorable. «Nous sollicitons le gouvernement pour développer la transformation, afin de créer des valeurs ajoutées, pour que nous puissions transformer 50% de notre production au niveau national», a-t-il argumenté. DIFFICULTES DE TRANSFORMATION – Pour sa part, le directeur général de la Société de transformation et de commercialisation de produits agricoles (Nyela Nuts) et membre du Groupement des transformateurs d’anacarde du Mali (GTRAM), Hamaré Maïga, a indiqué que la qualité constitue un énorme problème pour les transformateurs. «Pour faire une bonne transformation, il faut d’abord des noix de qualité alors qu’au Mali, il n’est pas facile de les avoir», fait-t-il remarquer. Il conseille aux producteurs de ne pas récolter précocement le cajou. «Si les producteurs voient que la pomme est rouge, ils croient que la noix est arrivée à terme. Alors qu’elle peut devenir rouge sans que la noix ne soit à terme. Tant que la noix n’est pas à terme, ceci constitue un déficit pour les transformateurs». Hamaré Maïga déplore aussi le coût exorbitant des machines de transformation. «C’est la raison pour laquelle la plupart des transformations locales sont faites à la main, comme la pâte et le jus», explique notre interlocuteur. Au Mali, à part Nyela Nuts et Koumantou, il n’y a pas une vraie industrie de transformation. «Il existe quatre types de transformation à base d’anacarde. La transformation à partir de l’amande naturelle pour produire la pâte (cajou dèguè), les noix frites commercialisées dans les supers marchés et les produits de rajout pour l’exportation et enfin la transformation de la pomme pour extraire les jus», détaille-t-il. Pour Maïga, le gouvernement doit augmenter la taxe sur l’exportation de l’anacarde brute, afin d’empêcher les étrangers de s’approvisionner sans payer de taxe à l’Etat. Ces taxes, serviront à refinancer la filière à partir de la base. A raison de 30.000 Fcfa la tonne, la production (100.000 tonnes) peut générer une manne financière de 3 milliards de Fcfa par an, selon Hamaré Maïga. Pour Adama Diarra, président de l’Union des producteurs de l’anacarde de la Région de Sikasso, les locaux souffrent de l’exportation anarchique. «Le Mali est un producteur d’anacarde qui ne bénéficie absolument rien de cette énorme richesse. Et pire, notre pays n’est même pas reconnu sur le plan mondial comme producteur d’anacarde», se navre-t-il. A partir de la noix de cajou, on peut produire de l’huile, du savon, du jus qui sont des produits importants pour la santé humaine. Sans compter le lubrifiant hydraulique utilisé exclusivement pour le freinage des avions qui est également extrait de la noix de cajou. Un tel marché nous procurerait des devises conséquentes et pérennes et aura aussi l’avantage de développer et d’enrichir le tissu industriel du pays et offrirait des opportunités d’emplois à beaucoup de jeunes. MS/MD (AMAP)

Pandémie Covid -19 au Mali : Cinq nouveaux cas positifs enregistrés ce jeudi, portant le nombre total à 36

Bamako, 2 avril (AMAP) Cinq nouveaux cas testés positifs au Covid -19 ont été enregistrés ce jeudi, portant le nombre total à 36 au Mali, a appris l’AMAP de source officielle. L’annonce a été faite ce jeudi, dans un communiqué signé du Secrétaire Général du département de la Santé, Dr Mama Coumaré, précisant par ailleurs qu’un cas  (1) a été découvert en Commune I du district de Bamako, un (1) cas en Commune II, un (1) cas en Commune III, un (1) cas en Commune VI et un (1) cas dans le Cercle de Kati région de Koulikoro. Les cas signalés sont actuellement pris en charge sur les sites de traitement  et des recherches continuent pour retrouver les personnes –contact, selon le communiqué du  ministère de la Santé et des Affaires Sociales qui invite les populations à rester sereines et à respecter les mesures de prévention ». KM (AMAP) 

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi, 1er avril 2020

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 1er avril 2020dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Ibrahim Boubacar KEITA, Président de la République. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DE LA COMMUNICATION Sur le rapport du ministre de la Communication, chargé des Relations avec les Institutions, Porte-parole du Gouvernement, le Conseil des Ministres a adopté un projet de loi autorisant le Gouvernement à prendre certaines mesures par ordonnances. Le présent projet de loi est initié en application de l’article 74 de la Constitution. Son adoption permettra au Gouvernement de prendre, par ordonnances des mesures, qui sont normalement du domaine de la loi, durant la période comprise entre le 1er avril 2020 et l’installation de la nouvelle Assemblée Nationale. Les domaines d’habilitation sont : – la création, l’organisation et le contrôle des services et organismes publics ; – l’organisation de la production ; – les statuts du personnel ; – les traités et accords internationaux. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DES AFFAIRES SOCIALES – Inspecteurs à l’Inspection de la Santé Monsieur Faoussouby CAMARA, Médecin ; Monsieur Oumar COULIBALY, Médecin. AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS – Directeur des Ressources Humaines des Armées Colonel Mohamed LY. – Directeur de la Justice Militaire Colonel-major Issa Ousmane COULIBALY. – Directeur de la Sécurité Militaire Colonel Salif MALLE. – Directeur Adjoint de la Sécurité Militaire Colonel Mohamed Almoustapha TOURE. – Chef d’Etat-major de l’Armée de Terre Colonel-major Oumar DIARRA. – Chef d’Etat-major Adjoint de l’Armée de Terre Colonel Yacouba SANOGO. – Sont promus au Grade de Général de Brigade, les Colonels-major : Mody BERETHE ; Oumar DIARRA ; Souleymane DOUCOURE ; Boukary KODIO. AU TITRE DU MINISTERE DE LA CULTURE – Conseiller technique Monsieur Mamadou CISSE, Chargé de Recherche. AU TITRE DU MINISTERE DES MALIENS DE L’EXTERIEUR – Conseiller technique Monsieur Seïd El Moctar FOFANA, Professeur de l’Enseignement Supérieur. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DES AFFAIRES SOCIALES Le ministre de la Santé et des Affaires sociales a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la situation épidémiologique et des actions entreprises dans le cadre de la lutte contre la maladie à Coronavirus au Mali et dans les autres pays. Face à l’évolution de la situation au Mali, le Président de la République a instruit aux membres du Gouvernement, de veiller notamment : – au renforcement de la surveillance épidémiologique et du dispositif sanitaire au niveau des aéroports et des corridors terrestres ; – à la poursuite de la sensibilisation des populations sur les mesures de prévention, notamment le respect des gestes barrières dans les lieux publics ; – à la prise en charge des malades et à la désinfection de leurs familles ; – au renforcement des mesures d’accompagnement et de protection du personnel de santé et des agents de sécurité. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION : Le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des Ministres du déroulement du premier tour de l’élection des députés à l’Assemblée nationale, scrutin du 29 mars 2020. Les opérations de vote se sont déroulées dans des conditions satisfaisantes grâce aux dispositifs sécuritaire et sanitaire mis en place dans les centres de vote. Les opérations de centralisation des résultats sont en cours. Bamako, le 1er avril 2020 Le Secrétaire général du Gouvernement, Madame SANOGO Aminata MALLE Commandeur de l’Ordre national  

Tendance : Bouger, danser et transpirer sans sortir de chez soi

En ces temps où il faut limiter les déplacements au strict minimum, il n’est pas question de se laisser aller. Il est en effet primordial de faire de l’exercice physique pour se vider la tête et garder le moral et la forme. Il existe plusieurs vidéos sur Youtube pour faire du sport à la maison avec des coachs sportifs professionnels. Cours de renforcement musculaire, stretching, cardio ou encore abdo, il y en a pour tout le monde. Voici 5 exercices conseillés pour adopter une routine journalière et travailler l’ensemble du corps. 1- Le Step touch Il consiste à faire des petits pas de la droite vers la gauche et inversement, en touchant chaque talon avec le pied opposé et pliez les genoux lorsque vous revenez à la position centrale. Ce premier mouvement permet de s’échauffer pendant 5 minutes et de travailler les amplitudes, les cuisses, les fessiers et le cardio. 2- Le squat sumo Idéal pour sculpter les cuisses et les fessiers, il est très facile à exécuter. On écarte les jambes et ouvre les genoux vers l’extérieur. En gardant le dos bien droit on fléchit les genoux comme pour s’asseoir sur une chaise imaginaire, et on descend le plus bas possible en inspirant, puis on remonte en expirant pour revenir à la position de base. On fait trois séries de 15 à 20 répétitions pour tonifier et affiner ses jambes. 3- Le grimpeur C’est la technique parfaite pour travailler les abdominaux et les triceps. Mettez-vous en position de pompe sur la pointe des pieds, jambes et bras tendus. Ensuite, amenez votre genou droit prêt de votre coude en pliant la jambe, sans toucher le sol et en tendant la jambe gauche, puis changez de pied, sans faire de pause. À faire 10 à 20 fois. 4- Les fessiers Cet exercice nécessite un tapis de sol ou une natte qu’on utilise pour s’allonger sur le dos. Les pieds doivent êtres pliés et les bras posés le long du corps. On remonte doucement les fesses puis les reposent. A faire 10 à 20 fois. 5- Les abdominaux en ciseaux Toujours en étant sur le dos, la tête au sol, les bras le long du corps, on tend les jambes et on croise les cuisses par petites amplitudes en alternant 10 à 20 fois. Zena TRAORE-DIAKITE Fondatrice & Directrice de Kennyce Consulting & Formation