“Les musulmans en Occident doivent s’intégrer dans leur société et les marquer de leur empreinte, dans les sciences et la culture” (Dr. Yousef Al-Othaimeen)
Bamako, 16 juillet (AMAP) Le Secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Dr. Yousef A. Al-Othaimeen, a exhorté, mercredi à Djeddah, les communautés et minorités musulmanes, vivant dans les pays non musulmans, à continuer de s’intégrer dans leurs sociétés d’accueil et à collaborer avec elles, indique un communiqué de l’OCI. Dans un discours à l’ouverture, le 14 juillet 2020, du Forum virtuel de l’Union des agences de presse des Etats membres de l’OCI (UNA), une des institutions spécialisées de l’Organisation, Dr. Yousef A. Al-Othaimeen, a ajouté que cette intégration doit s’opérer “conformément aux législations en vigueur dans ces pays, tout en adoptant les procédés pacifiques et les canaux officiels et réglementaires pour résoudre tout problème qu’ils (Ndlr, les musulmans) peuvent avoir à affronter” Le Secrétaire général de l’OCI a insisté sur “le devoir de tout musulman de donner l’exemple, de par son pacifisme, sa conduite, son comportement et ses opinions, et d’illustrer les valeurs sublimes de l’Islam qui prônent l’amour du prochain, l’affection mutuelle, la tolérance et l’acceptation d’autrui, et bannissent les excès et l’extrémisme”. Dr Al-Othaimeen a appelé les musulmans vivant en Occident à se préoccuper de marquer de leur empreinte indélébile le progrès du savoir et de la culture, et à se conduire en citoyens utiles « Loin de toute tendance isolationniste par rapport à la société élargie et de toute tentative d’imposer à autrui leurs propres opinions et croyances ». « En Europe et en Russie, vivent près de 65 millions de musulmans », a-t-il dit, exhortant cette « majorité silencieuse » à se solidariser avec le combat contre le terrorisme, l’extrémisme et le fanatisme, tant il est vrai qu’il existe parmi eux des médecins, des enseignants, des ingénieurs et des femmes d’affaires qui peuvent, par leur cohésion et leur solidarité agissante, isoler les voix dissonantes ». Al-Othaimeen a ajouté que l’OCI est concernée par les communautés musulmanes et « possède un département des Communautés musulmanes, l’Organisation ayant assumé des rôles d’importance dans leurs causes, dans bien des pays ». Au sujet de l’islamophobie et de sa relation avec l’extrémisme et le terrorisme, le Secrétaire Général a déclaré : « L’un vit de l’autre. Le phénomène du fanatisme, de l’extrémisme ou du terrorisme des uns aura renforcé les sentiments de haine envers l’Islam et envers les musulmans. Les tendances à l’extrémisme, au fanatisme ou au terrorisme continuent d’exister dans diverses franges sociales, des deux côtés, indépendamment des données confessionnelles et raciales ». Dans ce même contexte, Al-Othaimeen a mis en relief le rôle important que l’Observatoire de l’Islamophobie de l’OCI joue dans le repérage des cas d’islamophobie et dans la sensibilisation des Etats et des Organisations internationales aux agressions et attaques islamophobes. MD (AMAP)
Protection des enfants contre la Covid-19 : Le rôle clef des media
Par Mohamed D. DIAWARA Bamako, 16 juillet (AMAP) L’information est un moyen qui peut jouer un rôle important relatif à la sensibilisation des enfants dans la lutte contre la pandémie de la Covid-19, a déclaré, mercredi, Dr Ahmed Zayed, Professeur de sociologie à la Faculté des lettres à l’Université du Caire, en Égypte. Dr Zayed, qui animait un séminaire international en ligne, sur « les dimensions de la crise des droits des enfants à la lumière de la pandémie du Coronavirus », organisé par l’Union des agences de presse de l’Organisation de la coopération islamique (UNA-OCI), en collaboration avec le Conseil arabe pour l’enfance et le développement (ACCD), a soutenu que « la presse est une alternative à la fermeture des classes et à la démission des parents pour éduquer les enfants durant cette période de crise sanitaire ». Insistant sur le rôle capital de la presse dans la protection des enfants contre ces conséquences de la Covid-19, Dr Zayed a ajouté que « les médias doivent veiller à ce que l’enfant soit informé sur l’importance de la propreté et de l’hygiène qui sont fondamentales pour la protection contre les maladies ». Dans sa présentation au cours de cette formation destinée aux professionnels des médias évoluant dans le domaine de la protection de l’enfance, le conférencier a expliqué les conséquences nombreuses du Coronavirus sur les enfants. Outre la fermeture des écoles qui a été l’un des premiers impacts visibles dans nos sociétés, le Professeur de sociologie a fait savoir que les enfants sont victimes de pressions psychologiques liées au changement de comportement dans notre environnement, notamment pendant le confinement. Selon lui, ce changement a créé la peur chez eux (les enfants) « car ils ne savent pas clairement la raison de ces mesures barrières ». Dr Ahmed Zayed a, aussi, indiqué que les violences conjugales, qui se sont accrues durant le confinement, sont également un facteur de trouble chez l’enfant. Pour lui, la Covid-19 a bouleversé les programmes de lutte des pays contre d’autres types de violations des droits des enfants, notamment les abus sexuels et le mariage précoce. « Cela, a-t-il poursuivi, a favorisé l’aggravation de ces phénomènes au détriment des enfants ». Selon des données publiées par le Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), La Covid-19 perturbera les efforts visant à mettre fin aux mariages d’enfants, ce qui pourrait se traduire par 13 millions de mariages d’enfants supplémentaires entre 2020 et 2030, qui auraient pu être évités autrement. Concernant les Mutilations génitales féminines (MGF), 2 millions de cas, qui auraient pu être évités, pourraient se produire au cours de la prochaine décennie, en raison de l’interruption des programmes de prévention des MGF, du fait du focus sur la Covid-19. Il faut ajouter à toutes ces conséquences, le manque d’assistance sociale et sanitaire au profit de l’enfance, y compris l’insécurité alimentaire dus à la perte de revenus des parents engendrée par la pandémie. Abordant les conséquences socio-économiques de la crise sanitaire mondiale, l’universitaire a cité la fragmentation des familles à cause de la distanciation entre les personnes, la perte de la confiance au sein des communautés locales. S’y ajoutent l’augmentation du taux de chômage (25 millions de chômeurs supplémentaires dans le monde) et le bouleversement du commerce international voire national. Concernant les impacts politiques, le sociologue, a déploré que les organisations internationales n’ont pas pu lutter efficacement contre la Covid-19. A l’en croire, les intérêts politiques et économiques ont interféré dans la réponse à la crise sanitaire, notamment le bras de fer qui a opposé la Chine et les États-Unis d’Amérique. Selon lui, l’autosuffisance et le renforcement des services de santé peuvent aider nos sociétés à affronter ce genre de crise. Les participants à la conférence ont recommandé, entre autres, la mise en œuvre d’opportunités pertinentes en faveur des enfants durant cette pandémie, la révision des lois et des conventions, le renforcement des politiques de protection économiques et sociales et un partenariat solide entre les medias pour parvenir à des résultats efficaces contre la pandémie de la Covid-19. L’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) a pris part à la visioconférence MDD/MD (AMAP)
La mission de bons offices de la CEDEAO, conduite par Goodluck Jonathan est arrivée à Bamako mercredi
Bamako, 16 juillet (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé a accueilli mercredi dans l’après-midi, à l’Aéroport international de Bamako, une délégation de très haut niveau de la CEDEAO, conduite par l’ancien président nigérian Goodluck Jonathan, a constaté l’AMAP. La délégation comprend outre le Chef de la mission, le ministre des Affaires étrangères du Niger, Kalla Ankourao, le président de la Commission de la CEDEAO, Jean-Claude Kassi Brou, le Commissaire aux Affaires politiques, Paix et Sécurité de la CEDEAO, le Général Francis Behanzin, le président de la Cour constitutionnelle du Togo et son homologue du Bénin. La mission a été mandatée conformément aux textes de l’organisation, pour parvenir à un dénouement heureux de la crise socio- politique que connaît le Mali, ces derniers temps. La délégation aura des entretiens avec le président de la République, Ibrahim Boubacar Keïta, le Premier Ministre Dr Boubou Cissé, les acteurs politiques, administratifs, les représentants de la société civile, des milieux universitaires, du corps diplomatique et des organisations internationales accréditées au Mali. Cette mission de l’organisation sous régionale fait suite à une autre ministérielle venue les 18 et 20 juin dernier, dans le cadre du règlement de la crise socio – politique afin de préserver la stabilité au Mali et dans la sous- région Ouest-africaine. KM (AMAP)
Covid-19 au Mali : 7 nouveaux cas enregistrés ce jeudi
Bamako, 16 juillet (AMAP) Sept (7) nouveaux cas positifs à la Covid-19 ont été enregistrés ce jeudi portant le nombre total à 2440 au Mali dont 1777 guéris et 121 décès, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 7 nouveaux cas décelés jeudi, 1 cas a été enregistré Mopti, 1 cas en CII, 2 cas en CIV, 1 cas en CV et 2 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 879 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)
Récentes manifestations à Bamako: Le Premier Ministre rencontre le commandement militaire
Bamako, 16 juillet (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé, a présidé mercredi, dans la salle de conférence du ministère de la Sécurité et de la Protection civile, une rencontre de haut niveau avec le commandement militaire, a constaté l’AMAP. Dr Boubou Cissé a fait observer une minute de silence en hommage aux victimes des événements récents avant de présenter ses condoléances aux familles endeuillées, à la nation entière et de souhaiter prompt rétablissement aux blessés. Le PM a salué et remercié les forces de l’ordre pour la coordination et le travail opérationnel mené sur le terrain lors des événements liés aux dernières manifestations organisées par le M5-RFP. Dr Cissé a également salué les Forces de l’ordre pour leur détermination et leur professionnalisme dans l’encadrement des manifestations, la protection des institutions de la République, des édifices publics ainsi que des personnes et de leurs biens, avant de les inviter à plus de vigilance. Le PM a instruit une enquête sur les décès survenus lors des manifestations tout en souhaitant une transparence et une diligence absolues dans les investigations afin que toute la lumière soit faite sur ces incidents malheureux et regrettables. La rencontre s’est déroulée en présence des secrétaires généraux des ministères de la Sécurité, de la Justice et de l’Administration territoriale, du Chef d’état-major particulier du Président de la République, du Directeur général de la Police nationale, du directeur de la Gendarmerie nationale et du représentant du Chef d’état-major de la Garde. KM (AMAP)
Covid-19 au Mali : 1748 guérisons, 121 décès sur 2423 cas enregistrés
Bamako, 12 juillet (AMAP) Quelque 1748 patients sont guéris de la Covid -19 au Mali, 121 décès sur 2423 cas enregistrés avec les 11 nouveaux découverts mardi, a appris l’AMAP de source officielle. L’Institut de santé publique (ISP) précise que sur les 11 nouveaux cas décelés mardi, 9 cas ont été enregistrés à Sikasso (3ème région), 1 cas à Ségou (4ème région) et 1 cas en CVI du district de Bamako. Les services sanitaires déclarent que 992 cas contact font l’objet d’un suivi quotidien tout en invitant les populations au calme et à l’observation des mesures préventives, KM (AMAP)
Une mission de la CEDEAO conduite par Goodluck Jonathan attendue à Bamako ce mercredi
Bamako, 15 juillet (AMAP) Une mission de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) conduite par l’ancien président de la République fédérale du Nigeria, Goodluck Jonathan est attendue à Bamako ce mercredi, dans le cadre du dialogue social, suite aux manifestations du Mouvement M5, a appris l’AMAP de source officielle. La mission comprend des présidents des cours constitutionnelles des pays membres de l’organisation sous régionale. Le Chef de l’Etat avait dans son adresse récente à la Nation annoncé la venue de cette mission déléguée par le Président en exercice de la CEDEAO, le président nigérian Muhamadu Buhari . Une première mission ministérielle avait effectué le déplacement, fin juin à Bamako dans le cadre de la médiation entre le pouvoir central et les dirigeants du M5 pour la stabilité du pays confronté à la gestion de la crise du Nord et aux multiples attaques au Centre. KM (AMAP)
Bamako : Dans le monde interlope des apprentis de transports en commun
Par Lassana NASSOKO Bamako, 15 juillet (AMAP) Des sotramas (minibus pour le transport urbain entre les quartiers de Bamako, le centre-ville et sa périphérie) stationnés les uns après les autres, en file indienne. A bord, des passagers. Regards anxieux, certains semblent attendre avec impatience le départ du véhicule. Les apprentis, eux, restent sourds aux appels des clients qui les supplient de démarrer. L’un d’entre eux est tout feu tout flamme. «Djelibougou, Doumanzana, Nafadji (Ndlr, des quartiers de Bamako) ?», hurle-t-il. Un autre tente de convaincre une dame arrêtée qui hésite entre monter dans le véhicule ou attendre un autre qui aurait amorcé le départ, pour éviter de subir le même sort que les passagers déjà à bord. «Ne baa (ma mère), entrez. La voiture est prête à partir», dit le jeune apprenti pour la faire décider. A côté, des vendeurs de café servent des clients. Le parfum agréable de ce produit monte à la surface. Certains vendeurs de café sont debout près des kiosques. D’autres s’activent sous des parapluies. «Walawala», «sanpren», lit-on sur quelques pavillons. Ces écriteaux, venus du jargon des apprentis, signifient dynamisme, vigueur au quotidien. C’est là que les apprentis de sotrama se retrouvent pour acheter du café, des cigarettes et autres boissons alcoolisées. Wara (Lion en langue bambara), est un vendeur qui s’est forgé une réputation dans le secteur. Un petit sac noir autour du cou, il surplombe une table où se trouvent, pêle-mêle, des paquets de cigarettes, des tasses de café, des sachets de vin. Sans compter des boîtes de comprimés «Sedaspir». D’autres cachets, «peu catholiques», sont dissimulés par crainte d’attirer les regards indiscrets. Surpris par la présence de ces produits pharmaceutiques, nous décidons d’interroger Wara, un homme bien sibyllin. Dans ses explications confuses, on retient que ces médicaments « par terre » assimilables à des stupéfiants donnent au café des vertus plus tonifiantes, pour ne pas dire plus. Ce qui expliquerait la méfiance des amateurs, chaque fois qu’ils aperçoivent un visage peu familier rôder autour de leur échoppe. Un apprenti chauffeur, présent sur les lieux, semble importuné par notre présence et nos questions. Il a choisi d’attendre notre départ pour se procurer sa dose matinale. Par crainte de mécontenter la clientèle de notre hôte, nous nous éloignons d’eux pour nous diriger vers un autre vendeur. IVRESSE – Installé à quelques mètres de l’autre commerçant, des clients l’assaillent. Par-ci, par-là, on l’apostrophe. Chacun voulant être servi d’abord. D’autres clients, assis sur des bancs, sirotent du café. «L’unité se vend à 50 ou 100 Fcfa. Le prix est fonction de la dose», explique le marchand. Dans le groupe, un jeune apprenti tend un billet de 500 Fcfa pour s’offrir du café noir mélangé à du vin. Interrogé, ce dernier reconnaît, sous couvert de l’anonymat, qu’il ne peut pas «marcher» sans ce breuvage. «Notre travail demande plus que de l’énergie. C’est très difficile. Ces doses sont souvent nécessaires pour appeler les clients avec ferveur et tenir bon tout au long de la journée», se justifie-t-il. Le café noir mélangé à du vin et à bien d’autres produits ne risquerait-il pas de troubler vos facultés mentales ? «Non ! Au contraire, moi je garde intacte ma lucidité et je réussis à vaincre le sommeil ou la torpeur», répond-il. Approché, un autre apprenti abonde dans le même sens. «Tous les jours, nous parcourons Bamako entre 5 heures et 21 heures. Un apprenti ne doit pas être mou», confie-t-il. Mais, pour lui, le café et le thé suffisent largement pour rester en forme toute la journée. Il se dit convaincu que les drogues mènent tôt ou tard à la démence. La lucidité dont fait montre ce dernier, tranche avec les clichés que l’on colle aux apprentis. Enfants turbulents, grossiers, jeunes anticonformistes et irrévérencieux. Les qualifications et les préjugés ne manquent pas à leur sujet. L’apprenti B. semble accorder peu d’importance à ces commentaires sur eux et leurs comportements. «Nous ne faisons que notre travail. On n’est pas des délinquants. Ces excitants nous permettent d’être au top de notre niveau physique toute la journée», rétorque-t-il, en reconnaissant tout de même, qu’à la longue, cela fait souvent vaciller. «C’était lors d’un 31 décembre. On a roulé de jour comme de nuit. C’était du non-stop. J’ai pris du café, des comprimés, en plus de l’alcool. Le lendemain, je n’ai pas pu dormir. J’avais des hallucinations et de violents maux de tête. Je ne prendrai jamais de telles doses», témoigne-t-il. Chez le chauffeur Sidi, le ton est amer contre les apprentis qui consomment ces produits stupéfiants ou similaires. «Moi, je ne tolère pas ces choses-là. Quand je vois mon apprenti fumer de la cigarette ou prendre du café noir mélangé à des excitants, je lui dis de chercher un autre patron», tranche le conducteur. La police laisse-t-elle faire ? Parfois, des éléments s’infiltrent pour sévir contre ces vendeurs de café et de produits prohibés. « Une fois, nous confie Samba Bah, un policier en civil est venu et a arrêté quelqu’un qui avait même fait fortune dans cette activité ». Contactée, une source médicale révèle que des apprentis sont parfois reçus dans un état critique au centre hospitalier. «Il y en a qui arrivent souvent délirants. D’autres avec des convulsions violentes. Et les cas les plus graves, ceux qui arrivent en coma, sont transférés au service approprié à l’Hôpital Gabriel Touré», confie notre source. LN/MD (AMAP)
Violences à Bamako : Des parents déconseillent à leurs enfants de participer aux manifestations
Bamako, 14 juillet (AMAP) Beaucoup de mères et de pères de famille, dans les quartiers de la Commune III du District de Bamako, dissuadent les jeunes de s’associer aux mouvements de protestations qui s’attaquent aux biens publics présentement dans la capitale malienne. Elles s’inquiètent plutôt de la vie de leurs progénitures. Après des actes de vandalismes suivis d’affrontement entre manifestants et forces de l’ordre ayant provoqué des pertes en vie humaines, le weekend, dans la ville, et suite à l’appel de certains regroupements des jeunes de barricader toutes les routes menant aux services de l’administration d’Etat, certains parents tentent de retenir enfants. « J’ai dit à tous mes fils d’éviter les lieux de rassemblement et de protestation dans la ville. Les choses ont pris une autre tournure. Chacun cherche son intérêt personnel. Moi, mes enfants sont mon avenir », estime Aminata Sidibé, sexagénaire, habitante de N’Tomikorobougou. Pour elle, il y aura toute personne, de différents objectifs, parmi les manifestants toute chose qui conduira au drame. Au Badialan II, la famille Traoré surveille, comme du lait sur le feu, le garçon le plus récalcitrant afin qu’il ne puisse plus participer aux protestations. « Tous les jeunes de ma famille sont conscients du danger et du risque qu’ils courent en participant à ces mouvements. Sauf Moussa. Il était dans la manifestation du vendredi dernier et a d’ailleurs passé la nuit dehors sans donner de nouvelles de lui. Nous sous sommes tous fait du souci pour lui. Il n’est revenu à la maison que samedi, vers 09 heures du matin », explique Abdoul Traoré, le père de famille. Et d’ajouter « depuis ce jour, ses frères et moi-même le surveillent pour qu’il ne puisse plus regagner les mouvements ». Moussa s’est vu refuser l’entrée de la famille avec un quelconque butin des actes de vandalisme à l’Assemblée nationale. Les porteurs d’uniforme déconseillent aussi les membres de leur famille de suivre les manifestants, car beaucoup d’éléments de la police, de la gendarmerie nationale et de la garde nationale sont natifs de la Commune III du District de Bamako. Après que la situation s’est dégénérée, ces forces de l’ordre appellent leurs parents à rester loin des attroupements de manifestants. « Mon grand frère, un policier en service au Groupement mobile de sécurité (GMS), a appelé notre mère pour lui parler du danger à s’associer aux rassemblements. Il lui a dit de nous empêcher de suivre les manifestants, et depuis la maman ne cesse de maudire quiconque. parmi nous, s’entêterait de participer à la manifestation »m dit Alhassana Diakité, la vingtaine révolue, habitant à Darsalam. A l’en croire, c’est son grand frère policier qui lui a révélé qu’il a eu plusieurs blessés dans les rangs des policiers. « Il m’a dit que certains de ses camarades ont été gravement blessés lors des saccages du vendredi. Aussi, qu’un policier a été atteint au pied par balle, le samedi, lorsque les manifestants se sont attaqués au commissariat du 10ème arrondissement. Il nous a informé que certains manifestants ont des armes et s’en servent », ajoute Alhassana. Après la pluie d’hier, aux environs de 13 heures, nous avons fait un tour dans les quartiers de la commune III du District de Bamako. Nous n’avons constaté aucun rassemblement ni attroupement et encore moins de barricades sur les routes. Certains axes étaient à moitié libérés car il y avait des restes d’objets calcinés sur une bonne partie du bitume. Entre autres, des résidus de pneus brûlés, des branchages, des ordures ménagères. Le chemin qui passe derrière la Bourse du travail, vers le cimetière chrétien de Bamako Coura, était complètement barricadé. Il n’y avait aucun passage sur cette route. Jusqu’au moment où nous rédigeons notre article, à 14 heures, aucun mouvement de protestation n’avait repris en commune III du District de Bamako. OD/MD (AMAP)
Récentes manifestations à Bamako : Quelque 11 morts, 158 blessés et d’importants dégâts matériels
Bamako, 14 juillet (AMAP) Le Premier ministre, Dr Boubou Cissé a présidé lundi à la Cité administrative, une rencontre de haut niveau avec les Secrétaires généraux des ministères, le Gouverneur du District de Bamako et plusieurs responsables des Forces de l’ordre, a appris l’AMAP de source officielle. Il ‘agissait de faire le point de la situation sécuritaire et sanitaire, après les débordements qui ont suivi les manifestations de ces derniers jours suite à l’appel du Mouvement du 5 juin-Rassemblement des forces patriotiques (M5-RFP). Après avoir fait observer une minute de silence à la mémoire des disparus et souhaité un prompt rétablissement aux blessés, le Premier ministre a invité les principaux responsables présents, à faire le point de la situation des évènements dans leur domaine respectif. Les services sanitaires ont enregistré 11 décès, 158 blessés parmi les manifestants et les forces de l’ordre au niveau du CHU Gabriel Touré, de l’Hôpital du Mali, de l’Hôpital de Kati et de plusieurs centres de santé de référence du District de Bamako. Le Premier ministre a diligenté une enquête afin de situer les responsabilités et évaluer l’étendue des dégâts avant d’appeler à éviter les affrontements et privilégier le dialogue pour un rapide retour de la paix et la sérénité. Au cours de la réunion, les Forces de l’ordre ont été invitées à respecter le cadre d’ordre mis en place pour mieux contenir tout type de manifestations en général, et en particulier, celles hors de contrôle et pouvant dégénérer dans la violence, afin d’éviter d’éventuels dysfonctionnements. Dr Boubou Cissé a invité les secrétaires généraux à assurer la continuité du service public et le fonctionnement normal des institutions, en attendant la mise en place du futur gouvernement d’union nationale, dont les consultations sont en cours. Les récentes manifestations dans la ville de Bamako ont occasionné des pertes en vies humaines et d’énormes dégâts matériels aux édifices et biens publics ainsi qu’aux personnes et à leurs biens. KM (AMAP)

