Société sénoufo : Plongée dans le tréfonds culturel et mystique
Par Fousseyni DIABATE Bamako, 07 Nov (AMAP) Les Sénoufos peuplent le Sud du Mali, le Nord de la Côte d’Ivoire et le Sud Ouest du Burkina Faso. Ils ont en partage avec d’autres ethnies des sociétés d’initiation qui préparent les jeunes à la vie d’adulte. Dans une société sans écriture et sans caste, il est très difficile de fixer avec précision les origines et l’analyse de certaines situations. Les enseignements sont transmis de générations en générations, de familles en familles. Les Sénoufos occupent le nord de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso et le sud du Mali. Ils ont en commun des valeurs culturelles et sociétales. Pour s’identifier, les premiers Sénoufos avaient tracé sur chacune de leurs tempes trois traits horizontaux ou scarifications appelés communément balafres. Tous les senoufos ont pour emblème le calao qui est le signe de la fécondité des hommes et de la terre, nous enseigne le traditionnaliste Tiémoko André Sanogo, le chef des Koreduga de la région. Les Sénoufos de Sikasso ont migré vers Kong et Korogho en Côte d’Ivoire, et vers Banfora au Burkina Faso. C’est une ethnie qui n’a pas connu la division sociale du travail et donc pas de système de classes sociales. Ce qui fait que l’on ne rencontre pas de caste chez eux. Ils ont en partage avec d’autres ethnies de notre pays des sociétés d’initiation comme : le Komo, le Konon, le Nya, le Namakoro, le Korè, le Ciwara et le Poro. Elles constituent de véritables écoles de la vie de 7 à 77 ans. Le Poro est une société traditionnelle sécrète d’initiation chez les senoufos. Il constitue une véritable école de formation et d’apprentissage, préparant le jeune senoufo à toutes les épreuves de la vie adulte. L’initiation, faite par ordre de classe d’âge, a lieu dans les bois sacrés. Au cours de cette initiation, nous révèle le directeur du musée régional de Sikasso Mando Goïta, on enseigne aux générations montantes, des connaissances scientifiques comme celles liées aux plantes, aux techniques de la chasse et de la guerre. Ils apprennent aussi l’éducation civique et la morale notamment le respect de la hiérarchie, l’honneur et l’amour de la patrie, le respect de la personne humaine, des ancêtres ABONDANCE ET FÉCONDITÉ– Au sortir de l’initiation du Poro dont le fondement ne doit jamais être divulgué aux non-initiés, le jeune senoufo intègre la génération des adultes et devient ainsi un homme accompli. La portée sociale de toutes ces sociétés est la culture de la paix, de l’entraide et de la cohésion. Quant à la société d’initiation Komo que plusieurs ethnies ont en partage, elle se caractérise par son masque appelé « tête de Komo » généralement effrayant qui apparaît lors des fêtes annuelles. Le scénario initiatique est mis en œuvre autour du masque et l’initiation consiste à tester l’état psychologique de l’individu qui doit acquérir les connaissances de l’univers. C’est un moule pour « fabriquer » la conscience psychologique de chaque membre de la société. Chaque société d’initiation en milieu senoufo marque une étape précise de la vie de l’individu. Ainsi, le Nya est également un culte communautaire, symbole de puissance, d’abondance et de fécondité, selon le directeur du musée régional de Sikasso. Le terme Nya désigne une puissance religieuse précise dont le pouvoir est lié à des objets fabriqués qui doivent être nourris par le sang des animaux sacrifiés. En milieu senoufo, plusieurs femmes en quête d’enfant, se confient au Nya, symbole de la fécondité et sont le plus souvent satisfaites. Selon Mando Goïta, cette dernière ne s’occupe pas de formation comme le Poro, mais plutôt de la sécurisation des personnes et de leurs biens et favorise la procréation et proscrit le vol. Le Korè est également une société d’initiation qu’on retrouve dans plusieurs sociétés de notre pays. Partout où le Korè existait, tous les garçons devaient être initiés selon un cycle septennal. Le Korè qui est animé par les Korèduga, est le stade ultime d’un véritable cursus éducatif qui visait à construire au niveau du sujet et du groupe, l’identité masculine. Pour le chef des Korèduga de la Région de Sikasso Tiémoko André Sanogo, il assurait la police dans le village, interdisait les mauvais comportements pouvant nuire à la cohésion et au bien-être et protégeaient les populations contre les envoûtements, la sorcellerie et la violence. Selon lui, il existe 6 divinités en milieu traditionnel qui contribuent chacune à la régulation et à la protection de la société et des populations. FD (AMAP)
Bambouck : Les mystères de Diakhaba
Par Bandé Moussa SISSOKO Bamako, 07 Nov (AMAP) L’inscription de Diakhaba (Commune de Bamafélé, Cercle de Bafoulabé) au patrimoine culturel national et mondial est une préoccupation majeure de ses habitants et des autorités administratives et politiques. Ce village aurait été fondé en 1059 par Salim Souaré, de retour de son dernier pèlerinage à La Mecque, pour servir de point de départ à la promotion de l’islam en Afrique de l’Ouest. Situé entre le village de Kala et le fleuve Bafing, en aval de Manantali, Diakhaba a joué un rôle de premier plan dans l’islamisation des peuples d’Afrique de l’Ouest. Jadis habité par les Dabo (cousins des Sissoko et des Souaré), cette localité est, pour les pays du Sud du Sahara, ce que représente la ville sainte de Tombouctou pour les Régions dans le Nord du Mali. Ces deux localités ont quelque chose d’insaisissable, de divin et doivent leur réputation à des grands marabouts qui ont inscrit leur nom dans les annales de la théologie. Salim Souaré, appelé affectueusement « Mbemba Laye » par les Malinkés des Cercles de Bafoulabé et de Kéniéba, a effectué sept fois le pèlerinage à La Mecque, en compagnie de milliers de fidèles. Formateur d’El Hadji Mahmoud Bagayogo, qui est le fondateur de l’Université Sankoré de Tombouctou, Mbemba Laye était de passage à Tombouctou. Lorsqu’il s’apprêtait à quitter cette ville sainte pour Diakhaba, un village qui n’existait pas à l’époque, les Tombouctiens lui auraient demandé d’attendre le retour des jeunes partis faire des courses afin de lui faire un cadeau digne de son rang. L’hôte leur aurait expliqué qu’ils pouvaient, le moment venu, jeter le paquet dans le fleuve, en formulant l’intention qu’il lui soit remis. Plus tard, vers 16 heures, devant la mosquée de Diakhaba, El Hadji Salim Souaré demanda à son cousin Mahamadou Dramé dit Draméba (grand Dramé) de l’accompagner au fleuve. Sur place, un poisson surgit de l’eau pour vomir un paquet contenant des objets de valeur et une correspondance venant de Tombouctou. D’après les notables et les griots du village, El hadji Salim Souaré est présenté comme l’un des descendants de Kaya Magan Cissé, empereur du Ghana, avant la prise de Koumbi Saleh par les Almoravides. Youssouf Cissé fut parmi les hommes qui ont enseigné l’islam dans l’ancien Wagadou. La mère de Youssouf est Fatoumata, une fille du roi Kaya Magan Cissé. Mbemba Laye, fils de Youssouf Cissé et d’Aïssatou Soudourou, a hérité du nom de famille Cissé de sa mère par le fait d’appartenir à la classe noble. Salim Souaré serait né vers l’an 172 de l’Hégire (794 du calendrier grégorien) à Djimbanladia dans l’actuel Macina. Il quitta ce village, à l’âge de 12 ans avec son père, pour le Diafounou où il a appris le Coran. Pour approfondir ses connaissances en islam, Mbemba Laye quitta le Diafounou pour l’égypte, puis l’Irak et l’Espagne, un voyage qui aurait duré 36 ans. De retour à Macina, Salim Souaré n’y retrouva que sa mère car son père était décédé quelques années auparavant. L’homme décida alors d’aller à Kingui, village d’origine de sa mère. Il y retrouva plusieurs cousins dont les mères étaient les trois sœurs de sa mère (Fatoumata, Aminata et Djénéba). Le fils de Youssouf Cissé s’est fait accompagner de certains de ses cousins, ainsi que des Fadiga, des Fofana, des Dramé pour rejoindre le Diafounou d’où il partira, plus tard, pour son premier pèlerinage à La Mecque, vers l’an 247 de l’Hégire, en compagnie de ses amis parmi lesquels El Hadji Mahamadou Diané de Manfara (Guinée), Mahmoud Bagayoko de Tombouctou, Boubacar Traoré de Diakhaba, Oumar Fofana de Mafourento (Mandé) et Yahya Tounkara de Samatiguila (Côte d’Ivoire). Après son 7e pèlerinage, une voix aurait retenti de la Kaaba ou d’Arafat ou de Koumbi Saleh pour annoncer que le pèlerinage de celui qui monte sur un cheval tacheté « si ware (en langue nationale Soninké) » a été accepté par le Seigneur. Il s’agissait de Salim Cissé de Djenné, qui par déformation deviendra El Hadji Salim Souaré de Bamboukhou Diakha. ARBRE PROTECTEUR- Ce pèlerin vit en songe le prophète Mahomet (PSL) qui lui ordonna de retourner dans son pays natal pour l’islamisation de sa contrée. Pour ce faire, il reçut des mains du Khalife de La Mecque trois choses dont un exemplaire complet du Coran écrit sur parchemin. Le second cadeau est une canne qui devait le conduire de son lieu de résidence habituelle (Djenné) à son site d’installation définitive. Cette canne devait lui parler et lui indiquer ce fameux lieu. Le prophète aurait, aussi, demandé à un arbre « souroudjouwo (en langue nationale Malinké) » d’accompagner Salim et de le protéger contre les intempéries, tout au long de son trajet. D’après les récits, il voyageait avec plus de 1.000 hommes et femmes dont les patronymes correspondaient à ceux des 70 grandes familles Diakhanké (habitant de Diakha). Après avoir parcouru 39 sites, le sage Souaré s’arrêta à Koléla, village à 45 km, en aval de Manantali, sur la rive droite du fleuve Bafing. C’est Koléla que la canne sacrée aurait désigné comme le lieu d’habitation de El Hadji Salim Souaré qui se serait exclamé: « diakha diakha ya nemou ! (c’est donc ici !) » C’est ainsi que Koléla est devenu, par la suite Diakhaba (mère de Diakha) et ses habitants s’appelèrent « Diakhango (les habitants de Diakha en Malinké) ». Koléla, alors habité par des animistes, sous la chefferie Sanoukegni, ancêtre des Dabo vivant d’agriculture, était touchée, chaque année, par des incendies, consumant l’essentiel de leurs récoltes, les exposant à une famine atroce. La chefferie du village demanda à Salim Souaré de faire des bénédictions pour le village. Ce qui fut fait, mais à condition que Koléla soit transféré de la rive droite à la rive gauche du fleuve. Car le pieu musulman ne voulait pas travailler dans un village animiste car l’adoration des fétiches allait à l’encontre de sa religion. Quand Dabo est parti, 33 de ses 40 enfants sont morts, de façon mystérieuse, et il n’a eu son salut qu’après
Baba Salah: Le guitare héros revient avec l’album « Maliba »
Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 07 Nov (AMAP) Dans son sixième opus, l’ancien soliste d’Oumou Sangaré propose dix titres. Il a choisi de rendre l’album disponible, uniquement, en téléchargement sur les sites de streaming. Un procédé qui a été édicté par la situation de crise. C’est par un poste presque anodin, le 23 septembre dernier, sur les réseaux sociaux, qu’il a annoncé la sortie de son nouvel album. Intitulé Maliba, les dix titres de cet album sont disponibles uniquement en téléchargement sur différents sites de streaming. Sans donner de chiffres exacts, il affirme avoir déjà vendu plusieurs milliers d’exemplaires dans des pays comme la France, les États-Unis d’Amérique, le Ghana, le Gabon, la Côte d’Ivoire et un peu au Mali. L’auteur de cet exploit fait partie du Gotha de la musique malienne, il s’appelle Baba Salah. Il s’agit du sixième album de ce jeune artiste, auteur compositeur, interprète et instrumentiste. Il s’est fait connaître d’abord comme soliste de la grande vedette du Wassouloun Oumou Sangaré, avant de prendre son envol à travers un premier album à succès « Gao » en 2003. « C’est à cause des crises socio-politiques et de la pandémie du coronavirus que j’ai décidé de faire cette sortie », explique-t-il de manière laconique. En insistant, il lâche : « nous ne voulions pas laissé passer la date symbolique du 60ème anniversaire de l’indépendance de notre pays, le 22 septembre 2020, sinon les réalités du moment ne se prêtent à cela. » Des concerts et autres évènements médiatiques sont prévus quand le pays sera un peu plus calme, ajoute notre interlocuteur. Baba Salah est à la fois un guitariste de charme, une star de la musique malienne et un homme timide, mais surtout très épris de son de pays. Ce sixième album est donc la manifestation d’un travail acharné et entièrement dédié à la paix et à la cohésion du Mali. Ce songhoï bon teint a décidé de donner un nom en bamanan à son opus, car dit-il, « vous ne pouvez pas prêcher la solidarité, la paix et la cohésion dans un pays et continuer à vous exprime uniquement dans votre langue maternelle. Il faut que la majorité de vos compatriotes puisse recevoir votre message ». En fait, explique-t-il, il ne s’est pas levé un jour pour faire un album. Il a composé les différents morceaux au fil du temps et de son inspiration depuis 2015. Chacun des morceaux a été fait en solo. Ainsi, les dix titres sont : Allahidou ; Basse Terey ; Dangay ; Haïra ; Djiri Merdié ; Maliba ; Mimanda ; Naaba ; Tamala ; Wayaye. Le cinquième titre « Djiri Merdié » est sans doute le plus connu, car il fut chanté en solo en 1970 par la grande cantatrice Fissa Maïga de la troupe de Gao lors de la Biennale artistique et culturelle de la jeunesse du Mali. Il s’agit donc d’une reprise en featuring entre Baba Salah et Fissa Maïga, qui a gardé sa belle voix. Cette chanson évoque la grande sècheresse que notre pays a connue durant ces années. La rareté de la pluie, la désertification. Face à cette dure adversité climatique, Fissa encourageait les hommes à redoubler d’effort. Quant au rythme, Baba Salah utilise l’afrobeat qui est dansant afin d’attirer l’attention d’un public plus jeune. L’ORDRE ET LA DISCIPLINE- Le second titre qui est aussi plus connu est Taamala, une vieille chanson en hommage au roi de Gao Soni Ali Ber (1364 – 1492). Reconnu comme étant l’un des rois qui a beaucoup fait pour Gao, il faisait régner l’ordre et la discipline dans tout le royaume. Il faisait beaucoup de prisonniers. Les griots chantaient pour le supplier d’amnistier ses captifs. En sonrhaï, Taamala signifie pitié, en retour ces derniers s’engageaient à la discipline et au travail bien fait. Cette chanson est devenue au fil du temps, les louanges des familles Maïga qui sont les descendants de Soni Ali Ber. Là également, avec son orchestre, l’artiste a préféré un rythme plus dansant qu’est le funky. Gao représente ainsi un pan important de l’histoire de notre pays qui connaît depuis 2012 une des plus graves crises de son existence. Ce qui a conduit à la signature de l’Accord pour la paix et la réconciliation en 2015. Cet important événement a inspiré l’artiste à travers le titre Maliba. Ce titre éponyme de l’album est chanté en français. Un titre chanté aussi en featuring avec Haïra Arby, la grande voix de Tombouctou qui est décédée peu après. Baba Salah a invité la Tomboctienne, dit-il, afin de porter le message pour cette autre partie du Nord de notre pays. Cet Accord n’était pas scrupuleusement respecté par tous les groupes signataires. Pour lui, il ne suffisait pas seulement de signer, il faut avoir la paix dans son cœur afin qu’elle se matérialise. Allahidou, signifie l’engagement, la parole donnée. Dans ce morceau, Baba Salah dénonce les élus de notre pays et du continent africain en général qui ne respectent pas les promesses faites durant les campagnes électorales. Dans ces conditions, estime-t-il, la démocratie ne pourrait s’incruster durablement dans nos sociétés. Dans cette chanson, il dit: « nous avons plein de soleil, chez nous, mais nous restons dans l’obscurité, malgré les deux grands fleuves qui irriguent notre pays, il y a beaucoup de zones où les gens meurent de soif ». Comment comprendre qu’en plein 21ème siècle, les centres de santé et les écoles sont encore rares. « Nous avons décidé de dénoncer ces problèmes dans l’espoir d’être entendu par qui de droit », explique notre interlocuteur. Quant à Dangay, c’est le morceau qui lui permet de mettre le doigt sur les réalités de la rébellion. Dire que l’indépendance ou l’autonomie permet de régler les problèmes du Nord, c’est un leurre, car personne n’a intérêt au morcèlement du pays. Autant le Nord a besoin du Sud, autant toutes ces deux parties ont besoin du Centre et vice-versa. L’origine du cousinage à plaisanterie, un lien très fort, entre Dogon et Sonhraï est aussi mise en
Accident vasculaire cérébral : Deuxième motif d’admission aux urgences au Mali
Par Mohamed TOURE Bamako, 07 Nov (AMAP) Il tombe, souvent, sans prévenir et provoque, dans bien des cas, la mort. Deuxième cause de décès dans le monde, l’Accident vasculaire cérébral (AVC) touche, chaque année, 16 millions de personnes, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Au Mali, il constitue le premier motif d’hospitalisation dans les services de neurologie. Le 29 octobre est la Journée mondiale pour sensibiliser le maximum de personnes sur cette pathologie de plus en plus inquiétante. L’AVC est un dysfonctionnement neurologique d’installation soudaine, brutale, d’origine vasculaire. Une lésion cérébrale liée à une lésion vasculaire. « La lésion peut être un vaisseau qui se bouche (accident vasculaire cérébral ischémique) ou encore un vaisseau qui casse (accident vasculaire cérébral hémorragique) », explique le Pr Youssoufa Maiga, chef du service neurologie du Centre hospitalier universitaire (CHU) Gabriel Touré. Pour le spécialiste, que nous avons rencontré à l’occasion de la Journée mondiale contre l’AVC, il urge de tirer la sonnette d’alarme pour prévenir ce mal qui devient un problème réel de santé publique. Il relève que les AVC sont le premier motif d’hospitalisation dans les services de neurologie au Mali et le deuxième motif d’admission aux urgences, après les causes traumatiques. De l’avis du spécialiste, la tendance devrait aller crescendo. « L’OMS pense que d’ici 2030, plus de 80% des Accidents vasculaires cérébraux proviendront des pays en développement, notamment d’Afrique », prévient-il. « Tout trouble d’installation brutale, jusqu’à preuve du contraire, doit faire évoquer un AVC », estime le praticien. « Une personne qui est en train d’écrire, qui n’arrive plus à écrire, celui qui n’arrive plus à parler, celui qui ne sent plus un côté ou encore celui qui ne voit plus, est potentiellement, inquiété par ce mal, détaille le médecin. Il note, également, que les conséquences d’un AVC peuvent être importantes pour les personnes touchées, en termes de mortalité et de morbidit, qui sont élevées lors d’un AVC, mais surtout en termes de conséquences socio-économiques. Dans la majorité des cas, les personnes victimes d’AVC en gardent un handicap. Les AVC sont d’autant plus dangereux qu’ils touchent un organe aussi vital que le cerveau. « C’est en effet cet organe qui permet de parler, de marcher, de sentir, de réfléchir, de communiquer avec notre environnement », explique le Pr Maiga. Il précise qu’un AVC, en fonction de la zone touchée, aura une expression clinique. C’est-à-dire qu’en touchant la motricité, l’AVC provoquera un déficit moteur avec une paralysie d’un côté chez le sujet victime. « De même, poursuit le spécialiste, si un AVC touche le langage, la personne ne pourra plus parler ». Les sujets de plus de 50 ans constituent, en général, la tranche d’âge la plus à risque de développer un accident vasculaire cérébral. « Mais, de plus en plus, souligne le médecin, les jeunes commencent à faire des AVC ». Cette nouvelle tendance s’explique, selon le Pr Youssoufa Maiga, par le changement des habitudes, notamment alimentaires. Parmi les habitudes néfastes, le médecin évoque la consommation d’aliments trop sucrés, trop salés ou trop gras favorisant l’obésité. L’hypertension artérielle et le diabète sont aussi de grands facteurs de risque pour la maladie, en plus de la consommation de tabac, l’alcool, la sédentarité et les troubles lipidiques. Quid de la prise en charge des personnes touchées ? Le spécialiste indique qu’elle doit être faite le plus rapidement possible. « Plus tôt on prend en charge les victimes d’AVC, plus on peut limiter les dégâts », insiste le médecin, rappelant à ce point l’expression anglo-saxonne : « The time is brain » (Le temps c’est du cerveau). Il existe, aujourd’hui, plusieurs techniques de prise en charge en vue de circonscrire l’AVC. Au nombre desquelles, les thrombolyses qui consistent à déboucher les vaisseaux. A ce sujet, le spécialiste confirme qu’il est possible de récupérer entièrement de totalement d’un AVC. Cette rémission nécessite des exercices de médecine physique, entre autres, une rééducation ou encore une kinésithérapie. Pour le médecin, « la meilleure manière de prévenir un AVC est de surveiller les facteurs de risque. Il faut, donc, faire attention à son alimentation, pour prévenir l’hypertension artérielle et le diabète, faire de l’exercice physique et bannir, le plus possible, les mauvaises habitudes comme le tabagisme ». MT/MD (AMAP)
Mali : La Francophonie lève la suspension
Bamako, 07 Nov (AMAP) Le Premier ministre malien , Moctar Ouane, a reçu vendredi, Secrétaire générale de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF), Mme Louise Mushikiwabo, venu annoncer, au Chef du Gouvernement, la levée de la suspension du Mali par son organisation, a appris l’AMAP de source officielle. Selon un texte de la Cellule de communication et des relations publiques (CCRP) de la Primature, au cours de la rencontre, Mme Mushikiwabo a déclaré au Premier ministre que son organisation apporte sa solidarité au peuple malien et aux Autorités de la Transition Le Mali avait été suspendu par l’OIF à la suite des événements survenus en août 2020. À sa sortie d’audience, Mme Mushikiwabo a déclaré à la presse que sa visite témoigne de la grande importance que le Mali représente pour son organisation. « L’OIF est prête à s’impliquer et à apporter sa contribution pour la réussite de la Transition », a-t-elle souligné. MD (AMAP)
Sahel : Le business lucratif et criminel des prises d’otages
Bamako, 6 Nov (AMAP) La sempiternelle question des prises d’otages au Sahel et de négociation avec les groupes terroristes était le sujet d’un panel de haut niveau organisé jeudi dans un hôtel de la place par ‘’La Lettre confidentielle du Mali’’ et le Think Tank Caïlcédrat. Deux grands thèmes ont été débattus lors de cette rencontre : «Le Sahel et ses otages» et «Faut-il payer des rançons aux ravisseurs» ? Les débats ont été animés par des panelistes du Mali, du Niger et de la Mauritanie. D’entrée de jeu, le modérateur, le journalise, Serge Daniel a indiqué que de 2003 à 2020, environ 80 personnes ont été enlevées dans le Sahel et presque tous les otages ont été libérés après paiements de rançons aux ravisseurs. Pourquoi enlève-t-on les gens au Sahel ? C’est la première question qui a été posée aux panélistes. Pour le Mauritanien Isselmou Sahili, la réponse est simple : parce que les enlèvements permettent de gagner de l’argent, de faire pression sur les opinions publiques et de mieux faire connaître la cause des preneurs d’otages. Et l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubèye Maïga de renchérir : « il y a trois éléments à prendre en compte sur la question ». « En premier lieu, expliquera-t-il, les groupes terroristes se sont installés dans le Sahel et ne veulent pas de présence étatique ou étrangère. Le second élément est que les prises d’otages génèrent des ressources et en troisième lieu, il y a l’apport de reconnaissance et de notoriété ». Pour l’ancien chef du gouvernement, il existe plusieurs catégories d’otages. Les premiers sont les populations auxquelles ces groupes imposent une forme de violence et qui, vers la fin, sont obligées de se mettre sous leur protection pour leur sécurité. Et ensuite, les pays eux-mêmes. Ibrahim Diallo du Niger abondera dans le même sens. Selon lui, on prend des otages pour, d’abord, se donner une identité et une visibilité extérieure. En prenant les otages, les groupes terroristes cherchent d’abord à avoir une identité visuelle. D’après lui, en faisant des otages, les auteurs cherchent à avoir l’attention des médias et des chancelleries. L’argent vient, ensuite, parce qu’il constitue pour ces groupes, une rente qui alimente leur pouvoir et les renforce militairement. Évoquant les facteurs favorisant ces prises d’otages, Soumeylou Boubèye Maïga a fait savoir que le Nord du Mali est un vaste espace sous gouverné, sous administré et sous-peuplé. « Et du coup, soulignera-t-il, cette partie de notre pays est devenue un sanctuaire et une passerelle entre plusieurs régions et une base logistique pour ces groupes ». « L’une des particularités du Sahel est qu’il y a une unité territoriale de fait. On peut partir de la Mauritanie au Tchad sans rencontrer quelque obstacle administratif que ce soit», a expliqué l’ancien Premier ministre. NÉGOCIER – À la question de savoir s’il faut négocier avec les terroristes pour libérer les otages, Isselmou Sahili pense qu’il le faut car les opérations militaires n’ont pas donné de résultats probants. Elles se sont soldées très souvent par la mort des otages. Soumeylou Boubèye Maïga est du même avis, il pense qu’on n’a malheureusement pas le choix, ajoutant qu’à chaque fois qu’il y a prise d’otages, la première démarche est la négociation. Dans certains pays, il y a même des négociateurs professionnels à cet effet, a révélé l’ancien chef du gouvernement. Mais pour lui, les discussions avec les preneurs d’otages n’empêchent pas de préparer et de recourir à l’usage de la force pour les neutraliser. Soumeylou Boubèye Maïga fera également remarquer que plus il y a une médiatisation importante sur une prise d’otages, plus les enchères augmentent chez les auteurs puisqu’on leur donne ainsi la conviction de détenir des gens précieux pour lesquels, ceux qui cherchent leur libération, sont prêts à tous les efforts. Pour Isselmou Sahili et Ibrahim Diallo, les preneurs d’otages trouvent normal de demander des rançons ou réclamer la libération de leurs combattants qu’ils considèrent comme des soldats capturés par l’ennemi. Concernant les trafics dans le Sahel, Soumeylou Boubèye Maïga dira que les gens se sont rendus compte aujourd’hui que le contrôle d’un territoire ou d’une portion du territoire permet d’avoir des ressources. Et le Sahel est un espace stratégique pour le trafic. « Son immensité et l’absence de contrôle de tout État sur cette zone en font une passerelle d’une région à une autre ». Le Sahel est devenu la passerelle idéale pour les trafics de tout genre », déplore l’ancien Premier ministre, rappelant qu’à un moment, c’était la cigarette. Mais après, la drogue s’est substituée à la cigarette. D’après Soumeylou Boubèye Maïga, dans les parties sahéliennes de nos pays, il n’y a que l’économie de trafic qui s’est criminalisée petit à petit. « Un moment, c’étaient les produits alimentaires, la cigarette inclue et maintenant, c’est la drogue et le trafic humain qui rapportent beaucoup d’argent », a détaillé l’ancien chef du gouvernement, qui martèle que «nous sommes dans des modèles de gouvernance qui ont atteint leurs limites». Et il faut trouver de nouvelles perspectives et combattre, ensemble, ces phénomènes qui pèsent sur le développement de nos pays. En clair, dira l’ancien Premier ministre, il faut être capable de mettre en œuvre des actions qui sont synchronisées sur le plan militaire, de la gouvernance et du développement mais qui mettent toujours les populations au cœur de notre réponse. DD/MD (AMAP)
Pr Baba Berthé, PDG de la CMDT : «C’est une année vraiment catastrophique»
Sur une prévision initiale de 810.000 hectares, moins de 200.000 sont consacrés au coton cette année. Pour le géant de l’Or blanc, le manque à gagner peut être estimé à plusieurs dizaines de milliards de Fcfa L’Essor : Monsieur le Président directeur général, pouvez-vous nous édifier sur les causes du malentendu qui a abouti au refus de nombreux paysans de cultiver le coton ? Pr Baba Berthé : Il y a eu un élément déclencheur pour que nous assistions au boycott massif de la culture du coton. Tout est parti de deux évènements. L’un qui était un peu antérieur à l’avènement de la Covid-19. Il s’agit de la guerre commerciale que se livre la Chine et les États-Unis d’Amérique. Cette guerre avait tiré les cours mondiaux du coton vers le bas de sorte que déjà à la fin de l’année 2019, nous avions assisté à une contraction des cours mondiaux. Lorsque la maladie à coronavirus a fait son apparition, cela a eu une incidence sur le niveau de la demande. Car, la pandémie a occasionné la fermeture des unités industrielles de textiles, de filatures, les unités de tissage, d’impression principalement dans les pays asiatiques. Or, la première destination du coton du Mali ce sont les pays asiatiques dont les usines ont fermé. Corrélativement puisque le coton n’est pas consommé, il y avait des stockages. Les ports aussi ont fini par fermer, donc l’offre et la demande n’avaient pas de cohérence de sorte que les cours ont baissé. Le coton a perdu au moins le tiers de sa valeur sur le marché mondial. Ce que nous pouvons signaler à ce niveau, c’est que, ce que la CMDT ne gagne pas comme ressource de commercialisation de la fibre de coton sur le marché mondial, elle ne peut pas donner aux producteurs. La CMDT paie le coton à partir des ressources générées par la commercialisation de la fibre et si le cours baisse, cela veut dire que les ressources de la CMDT baissent et la CMDT n’a pas le choix que de venir expliquer aux producteurs voilà le niveau des cours mondiaux. Ce n’est pas la CMDT qui détermine le prix, c’est une commission prix de l’Interprofession du coton présidée par les producteurs qui fixe le prix d’achat de base du coton graine à partir des éléments qui sont donnés à savoir les ventes, les cours et les tendances des cours. Cette commission prix de l’Interprofession du coton a déterminé le prix à 200 Fcfa. Mais, parallèlement, il se trouve que depuis quatre campagnes, il y avait quelques difficultés de remboursement de la subvention des engrais. L’état depuis la campagne 2009 – 2010 avait décidé aussi de subventionner les engrais du système coton et depuis quatre ans, l’état éprouve quelques difficultés à rembourser à la CMDT l’équivalent de la subvention des engrais. Au regard de ces difficultés, les acteurs de la filière à savoir les producteurs, la CMDT, l’OHVN se sont mis d’accord pour transférer la subvention de l’engrais au coton graine. C’est-à-dire le prix d’achat du coton graine plus le bonus. Le niveau du bonus dépend de la somme que l’état met à la disposition des cotonculteurs pour subventionner la filière. Le montant qui était indiqué dans le plan de campagne pour appuyer les cotonculteurs, ce montant était de dix milliards qui, rapportés sur une production de 700 000 tonnes, donnaient environ 15 Fcfa/kg. Ce bonus a été ajouté au prix du coton pour donner 215 Fcfa/kg. La subvention étant transférée sur le prix d’achat du coton, alors les engrais devraient être cédés à leur prix coûtant. Quand les paysans ont vu cela, premièrement, ils ont fait une comparaison par rapport à ce qu’ils ont gagné l’année dernière pour la campagne précédente 2019-2020. Ils avaient reçu par kilo 275 Fcfa. Parallèlement, l’engrais leur a été cédé à 11.000 Fcfa. Cette année, ils se disent qu’ils vont recevoir pour chaque kg de graine vendu 200 Fcfa plus 15 Fcfa correspondant à la subvention de l’état. Cela fait 215 Fcfa mais corrélativement, l’engrais leur serait cédé à son prix coûtant. C’est là que ça a commencé à grincer. Deuxièmement, ils ont vu qu’au Burkina Faso, il y a eu un prix de base fixé à 240 Fcfa et parallèlement, l’engrais était cédé aux producteurs burkinabé à 14.000 Fcfa contre un peu plus de 18.400 Fcfa dans notre cas pour le complexe et quelque 16.000 Fcfa l’urée. Ils ont dit qu’habituellement, les conditions du producteur malien sont plus favorables que celles du burkinabé et donc ils ont dit qu’ils ne feront pas de coton parce qu’ils ne gagnent pas. Nous avons organisé des campagnes de sensibilisation à travers la zone cotonnière. Par la suite, l’état a fait un effort à partir du 7 juin 2020. Les réactions des producteurs qui allaient dans le sens de l’amélioration du prix d’achat du coton et des efforts à faire pour baisser le prix de cession des intrants ont été consignées dans un rapport qui a été transmis au gouvernement. Ils ont demandé un effort supplémentaire à l’état, estimant que leur revenu est négativement impacté par les conséquences de la Covid-19. C’est à la suite de ce rapport que le gouvernement a accepté ce bonus. Ainsi, le prix d’achat du coton graine est passé de 215 Fcfa/kg à 250 Fcfa/kg. Malgré cet effort, il y a eu quelques contradictions entre les producteurs. D’autres ont dit qu’ils feront du coton pendant que d’autres ont indiqué qu’ils ne le feront pas pour des raisons internes aux coopératives. Voilà comment ils ont décidé de boycotter le coton. La deuxième explication qu’il faut ajouter est que quand bien même on a réuni toutes les conditions pour que les producteurs aillent faire du coton, les pluies se sont arrêtées. Dans la zone cotonnière, il n’y a pas eu de pluie entre le 15 juin et le 7 juillet 2020. Quand vous demandez à des producteurs de Koutiala, de Sikasso, de Fana de semer du coton au delà du 30 juin, ils estiment que c’est un gros risque. Ils
Niono : Ouverture d’un forum sur la paix, en présence de quatre ministres
Niono, 05 Nov (AMAP) Une rencontre sur la paix dans le Cercle de Niono, dans le Centre du Mali) s’est ouverte, jeudi, dans la salle de conférence de la ville, en présence des ministres de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, de la Sécurité et de la Protection civile, de la Réconciliation nationale et de la Santé et des Affaires sociales. Le forum, qui prend fin dimanche, a débuté par une minute de silence observée à la mémoire des victimes. Et le chef de village, Boubacar Samaké, ainsi que le maire de la Commune urbaine de Niono, Abdramane Touré, qui ont, tous deux, exprimé leurs préoccupations, face à la situation actuelle d’insécurité, ont engagé les populations, avec les autorités, à trouver une solution idéale, aux affrontements de toute nature dans la zone, à travers ces discussions. De son côté, le gouverneur de la Région de Ségou, le contrôleur général de police, Alassane Traoré, a axé son intervention sur la situation sécuritaire dans le Cercle, énumérant la longue liste des difficultés auxquelles font face l’administration générale, les collectivités territoriales, les forces de défense et de sécurité, les services techniques. Quant au ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maiga, au nom du Président, du Vice-président de la Transition, du Chef du gouvernement et de l’ensemble du gouvernement et des populations maliennes, il a présenté aux parents des victimes les condoléances et souhaité prompt rétablissement aux blessés. Il a, également, indiqué que la présence de quatre ministres à cette rencontre est un signe de l’empathie des dirigeants du pays sensibles à la souffrance de la population affectée par cette crise. Il en est ainsi des dons en vivres et médicaments aux populations, l’amélioration de la sécurité des personnes et de leurs biens et, enfin tous les efforts du gouvernement pour promouvoir le dialogue et l’entente entre les communautés. Le Cercle de Niono, zone stratégique, est à la fois l’un des poumons économique du Mali et un espace de grande production agricole qui partage un long cordon frontalier avec la Mauritanie, à travers les communes de Dogofry, Sokolo et Nampala, sur une distance de 85 kilomètres. Son positionnement géographique en fait une zone d’insécurité, depuis la crise multidimensionnelle que notre pays connait depuis 2012. Cette situation d’insécurité est préoccupante et se caractérise par la présence accrue de groupes armés de tout acabit dans le Cercle (jihadistes, bandits armés), les assassinats ciblés, les vols de bétail, les enlèvements de citoyens ordinaires, des villages assiégés (notamment à Farabougou) et des conflits intercommunautaires. La présence d’hommes armés, circulant à bord de véhicules ou sur des motos, est signalée à travers le Cercle. Un soldat malien a été tué à Farabougou au cours d’une attaque dimanche dernier, selon un habitant, cité par Radio France internationale (RFI) sur son site. Selon la même source, après une relative accalmie, la situation s’est nettement dégradée ces derniers jours, quand des jeunes, qui coupaient des broussailles, aux abords du village, ont été la cible de tirs de jihadistes qui encerclent le village. Ces tirs ennemis se sont rapidement dirigés vers les soldats maliens, lesquels ont répliqué et repoussé les assaillants, selon l’Armée malienne. Cela fait près d’un mois que les jihadistes encerclent Farabougou et une dizaine de jours que les soldats maliens sont entrés dans le village. Des stocks de nourriture ont été livrés à plusieurs reprises, par voie aérienne, mais il est impossible d’emprunter les routes ou de se rendre dans les champs voisins. La situation sécuritaire générale reste tendue dans la Région de Ségou, dans le Centre du Mali où, depuis quelques temps, elle a tendance à se dégrader, de plus en plus, dans le Cercle de Niono, notamment. Les récentes attaques du check point de Sorowel, dans la Commune urbaine de Niono, un accrochage entre des chasseurs traditionnels Dozos et des bandits armés non identifiés à Farabougou, dans la Commune rurale de Dogofry, occasionnant la mort de cinq personnes et des blessés, suivi de l’enlèvement de personnes et de bétail, illustrent ce contexte. MS/MD (AMAP)
Route Séféto-Dalibera (Ouest) : Des hommes armés attaquent les passagers d’un minibus
Bamako, 05 Nov (AMAP) Un minibus, en partance à Diougounté, a été attaqué, lundi, vers 17heures, entre le village de Fountou et la Commune de Niagané, dans l’Ouest du Mali, a indiqué, mercredi, à l’AMAP, une source locale. Fousseïny Tounkara, « Saddam », convoyeur de minibus, a expliqué que l’attaque a été perpétrée par trois hommes qui circulaient sur des motos asiatiques. «Le chauffeur du minibus, Samba Fofana, nous a dit que les trois individus étaient armés de fusils. Ils ont tiré en l’air et ordonné à tous les passagers de descendre du véhicule. Ensuite, ils ont commencé à les fouiller, les uns après les autres, à la recherche d’argent, de téléphones portables et d’objets de valeur ». « La dizaine de passagers à bord du minibus dont le chauffeur et l’apprenti ont été dépouillés de leurs portables et de tout leur argent», rapporte M. Tounkara, citant le chauffeur qui a connu la plus grosse frayeur de sa vie. Saddam a ajouté que «l’opération a duré une dizaine de minutes », suffisante pour les agresseurs de rassembler tous les téléphones portables et de prendre la direction du village de Dalibera ». On ne connaît pas le montant de la somme d’argent emporté par les coupeurs de route mais, a ajouté un autre convoyeur, « les passagers, parmi lesquels un Parisien (Ndlr, un Malien qui réside en France) ont été dépouillés de tout leur argent ». « Les trois individus, qui s’exprimaient en Bambara ont tabassé certains passagers dont le seul tort a été de ne pas avoir sur eux beaucoup d’argent », indique la même source. DEUXIEME ATTAQUE – Après le départ des assaillants, Samba Fofana et ses passagers ont continué leur route et c’est seulement à leur arrivée à Niagané qu’ils ont pu donner l’alerte. Quand les bandits armés avaient atteint la voie bitumée et disparu dans la nature. Un deuxième minibus, qui avait quitté Bamako deux heures après le premier et qui était en partance à Séféto, a croisé les deux motocyclistes entre Fountou et Dalibera Les passagers de ce véhicule n’étaient pas informés de l’attaque. C’est la deuxième fois, depuis le début de l’année, que des bandits sévissent sur le tronçon Dalibera-Séféto, long de 50 km et qui est jalonné de petits marigots, rivières, cours d’eau stagnantes et de rizières. La première attaque avait été perpétrée en mai, sur le même tronçon, et à seulement 2 km de l’endroit de l’attaque du lundi. Les assaillants avaient surgi des buissons et fait tiré en l’air, avant de déposséder les passagers de leurs téléphones portables et de leur argent. Selon « Saddam », ces bandits armés étaient au nombre de sept. Les habitués du tronçon pensent que les auteurs des deux attaques connaissent bien la zone et viennent, probablement, de localités voisines. L’attaque du 2 novembre a provoqué la psychose dans le Kaarta dont les populations ne sont pas habituées à ce genre de banditisme et ne savent pas quelle attitude adopter pour y faire face. Depuis l’arrêt du trafic ferroviaire entre Bamako et Kayes, il y a une décennie, les minibus sont devenus le moyen de transport le plus utilisé par les ressortissants de la 1ere Région administrative, dans l’Ouest du pays. Ces minibus passent, soit par le tronçon Bamako-Kita, soit par la Route nationale (RN7) qui relie la capitale à la cité des Rails. SBT/MD (AMAP)
Mali-États-Unis: Les deux pays entendent renforcer leur coopération sécuritaire
Bamako, 05 Nov (AMAP) A sa demande, le vice-président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu en audience, mardi dernier à Koulouba, l’ambassadeur des Etats-Unis d’Amérique au Mali, Dennis B. Hankins. Les deux personnalités ont échangé, notamment, sur les relations entre les deux pays sur le plan sécuritaire. Elles ont exprimé leur volonté de renforcer la coopération dans ce domaine précis, a dit, à sa sortie de l’audience, le diplomate américain. Par ailleurs, Dennis B. Hankins a affirmé que les Etats-Unis voient notre pays comme l’un des partenaires dans la lutte contre le terrorisme dans le Sahel. Il a relevé que l’implication du gouvernement malien dans une opération, la semaine dernière, a contribué à la libération d’un otage américain au Niger. Ainsi, a-t-il dit, les Etats-Unis restent toujours un partenaire du gouvernement malien sur les questions de sécurité qui ne repose pas uniquement sur les soldats et les armes. L’ambassadeur américain au Mali a, aussi, annoncé que son pays accompagnera la Transition sur les questions de bonne gouvernance. Il a, également, apprécié la composition du gouvernement de Transition qui inclue des membres signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger. Pour Dennis B. Hankins, c’est une opportunité pour avancer l’assistance américaine en termes de développement dans les Régions dans le Nord du Mali. « Si le Nord est plus stable, plus sécurisé, cela donne plus de sécurité pour le reste du pays », a-t-il estimé. OD/MD (AMAP)

