Diabaly (Centre) : Trois morts, cinq portés disparus dans une embuscade contre l’Armée malienne (Officiel)

Niono, 9 sept (AMAP) Une embuscade contre une patrouille militaire, de lutte contre le terrorisme, du 22ème régiment d’Alatona, a fait, mercredi, trois morts, cinq portés disparus et deux véhicules détruits, à environ 2km de leur base, dans le secteur de Diabaly, Région de Ségou (Centre), selon un bilan provisoire fourni par le ministère de la Défense et des Anciens combattants du Mali. Selon la même source, des renforts sont arrivés sur place et les opérations de recherche se poursuivent pour retrouver ceux qui sont portés disparus. Selon des sources sur place, vers 18 heures, on entendait encore des tirs et des balles auraient été ramassées dans le village de Kourouma, localité non loin d’Alatona (Centre). Le département en charge de la Défense « salue avec grand respect la mémoire de ces hommes tombés en opération et morts pour le Mali dans le dur combat contre le terrorisme ». Il salue aussi « le courage des hommes engagés dans le cadre de l’opération « Maliko » et leur détermination à poursuivre leur mission. Il les assure de l’entière confiance des autorités militaires ». MS/OD/MD (AMAP)  

Campagne agricole 2020-2021 à Gao : En attendant la promesse des récoltes

Abdourhamane TOURE AMAP-Gao Gao, 10 sept (AMAP) « La campagne agricole 2020-2021 démarre bien avec une pluviométrie satisfaisante dans tous les Cercles et Communes de la Région de Gao mais avec un retard accusé dans l’approvisionnement des intra agricoles subventionnés par l’Etat », a dit le directeur régional de l’Agriculture de Gao, Aliou Dicko. Pour lui, cette année, de façon générale, la pluviométrie dans la région de Gao a été plus satisfaisante que l’année passée. « Mais, cette pluviométrie varie d’une zone à une autre à cause de la répartition, qui, dans le temps et l’espace, n’est pas totalement bonne. Certaines zones ont été abondamment arrosées comme le Cercle de Gao qui a reçu 390 mm en 20 jours de pluies et même les deux Cercles de la région (Ansongo et Bourem) ont reçu de fortes précipitations », a révélé M. Dicko. « Dans le cercle de Gao, des plaines de submersion à Tacharane ont été inondées à cause de fortes orages accompagnées des eaux de ruissellements venue de loin. Dans les villages de Hamakouladji et Forgho (dans la Commune de Sonni Aliber) où se trouvent de grandes plaines de submersion contrôlée de 500 ha, les 400 ha ont été inondés par les fortes pluies », a ajouté le technicien. Les champs de riz des Cercles de Gao et Ansongo ont, également, été touchés par les inondations. De façon globale, la campagne agricole de l’année 2020-2021 se porte bien parce que dans la riziculture, tout système confondu, les pertes n’atteignent pas les 5 % », rassure le directeur régional de l’agriculture de Gao. L’état des cultures est variable pour la maitrise totale, certains sont à l’épiaison d’autres à l’étalage. Il y a deux types de submersions (contrôlée et libre) qui, cette année, évoluent ensemble « parce que certains paysans, qui cultivent sur des franges basses ou moyennes, sont à l’étalage et commencent le désherbage et ceux des hautes franges continuent à labourer », explique M. Dicko Dans tout le pays, l’Etat subventionne les intra agricoles mais avec les difficultés liées à l’état de la route et l’insécurité, l’approvisionnement a pris du retard dans la Région de Gao. Cette année, la Région a reçu 70 tonnes de l’urée qui a été utilisée par certains agriculteurs. Avant la dotation subventionnée de l’Etat, des partenaires (le Comité international de la Croix Rouge, Save the Children, la FAO et le DDRG) ont appuyé les agriculteurs « Cette année, nous craignons la forte crue qui a été constatée ces dernières années, surtout que certains continuent à labourer. Mais si les cultivateurs pratiquent le système d’irrigation d’appoint, les cultures pourront échapper à la crue’, dit notre interlocuteur. Même constat chez les cultivateurs. Abdramane Wazadi, la soixantaine, désherbe son champ d’un hectare et demi à Bagoundié (Darijoundié). Il dit que cette année, le cercle de Gao a reçu une quantité suffisante de pluies voire exceptionnelle. Aussi loin qu’il remonte dans sa mémoire, il n’a pas souvenance d’une telle pluviométrie dans le cercle de Gao. « Cette année, l’état des cultures nous donne l’espoir que les récoltes seront bonnes parce que nous craignons aussi les poissons et la forte crue », dit-il. Il estime qu’avec une bonne récolte, sur un hectare et demi il obtenir 200 sacs de riz paddy. Son voisin, à une trentaine de minutes de marche, Mohomoudou Tchiébouri dont l’exploitation champ couvre deux hectares, à Bagoundié II, est aussi en train de désherber. « Cette année, le Cercle de Gao a enregistré une pluviométrie abondante qui se répétait et moi, du haut de mes 68 années, je peux dire qu’il y a 18 ans que Gao n’a pas reçu d’aussi fortes pluies », dit-il. « Les autres années, sur les deux hectares, je peux avoir dix à vingt sacs de riz paddy. Mais avec la pluviométrie de cette année, j’ai l’espoir de gagner plus », a ajouté le vétéran. Mme Maiga Mariam Maiga, une veuve, que nous avons rencontrée, est dans le champ que ses enfants ont hérité de leur père et qui trouve vers l’ancienne route de Gao. Elle désherbe la parcelle champ, l’eau jusqu’à la hanche. « Ce travail, elle s’y connaît’, dit-elle. Elle désherbe les champs de ses enfants et d’autres cultivateurs et. à la fin des récoltes, elle gagne un sac de paddy jugée comme le prix de l’effort d’une personne. AT/MD (AMAP)

Transition au Mali : La phase finale de la concertation nationale débute ce jeudi

Bamako, 9 septembre (AMAP) La concertation nationale débute, jeudi, et s’étendra jusqu’au 12 septembre au Centre international de conférences de Bamako (CICB) avec la participation des délégués nationaux et ceux de la diaspora, qui plancheront sur l’architecture de la Transition, ses missions ainsi que sa durée. La liste des participants à cette concertation, déjà large, inclura les partis politiques, la presse, les syndicats, les organisations de la société civile, les mouvements signataires de l’accord pour la paix et la réconciliation nationale issu du processus d’Alger. L’événement est placé sous la présidence du président du CNSP, Colonel Assimi Goïta. La première étape de la concertation nationale sur la validation des Termes de référence (TDR) s’est tenue, samedi 5 septembre 2020, au CICB. À la fin des travaux, les propositions faites par les participants ont été soumises à un comité d’une vingtaine d’experts pour synthèse. Les experts ont remis, mardi, le résultat de leurs travaux au CNSP. Il s’agit de deux documents, une feuille de route et une charte, remis au conseiller juridique du CNSP, Youssouf Z. Coulibaly. TC/MD (AMAP)

Mali : dur, dur pour les tisserands de Ségou

Par Mamadou SY AMAP-Ségou Ségou, 9 sept (AMAP) Les tissus importés et la friperie ont ravi la vedette à l’étoffe tissée. La fermeture de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX) et des frontières avec le Burkina Faso ont achevé de plomber l’activité de ces valeureux tisserands qui perpétuent une tradition millénaire. Quatrième région administrative du Mali, Ségou peut se targuer d’être une plaque tournante de la production du textile. Avec ses multiples organisations et centres qui promeuvent le tissu traditionnel, la Cité des Balanzans séduit et émerveille encore bon nombre de visiteurs et férus de produits «Made in Mali». Le Village artisanal de Ségou est un joyau architectural et un centre dédié à la filature, la teinture, la coupe, la couture… Dans ce temple de la créativité, les tisserands perpétuent un savoir-faire millénaire. Ici, des hommes et des femmes accomplissent un travail d’orfèvre. Ils tissent des fils pour en faire des étoffes de qualité destinées à l’habillement, mais aussi des couvertures, des rideaux, des serviettes, de splendides boubous « niaga » et « saran », du pagne rayé « koba » et des supports bogolan. Par un matin un peu frisquet, nous rencontrons Yacouba Diarra, au Village artisanal de Ségou. Marié et père de 5 enfants, ce tisserand a fait ses premières armes au Burkina Faso avant de retourner au bercail. Depuis que la COMATEX a mis la clé sous la porte, le 3 août, la pénurie de fils à tisser est devenue une préoccupation majeure pour Yacouba Diarra et l’ensemble des tisserands de Ségou. La voix de notre interlocuteur trahit une certaine forme de morosité. «Nous n’avons pas de fils à tisser. L’activité est presque à l’arrêt à cause du manque de cette matière première», explique le tisserand. Il suffit pour s’en convaincre de jeter un coup d’œil à l’atelier de tissage. Ici, des métiers à tisser qui, pour la plupart tournaient à plein régime et produisaient des crissements stridents, ont cédé rapidement la place à un silence de cathédrale. Selon Yacouba Diarra, l’embargo de la Communauté économique des états de l’Afrique de l’ouest (Cedeao) a sonné le glas du secteur. En effet, la cargaison contenant des fils à tisser en provenance du Burkina Faso, n’a pas pu être acheminée à Ségou, à cause du blocus imposé à notre pays. Pour les acteurs du secteur, c’était l’unique planche de salut pour reprendre le travail. Aujourd’hui, le quotidien des tisserands s’avère moins rassurant. L’heure est à la déprime et l’activité est plombée par l’atmosphère ambiante. « Mais, fait remarquer notre interlocuteur, les difficultés rencontrées par les artisans ne datent pas d’aujourd’hui ». Yacouba Diarra déplore l’attrait de nos concitoyens pour les produits importés au détriment des produits locaux. Il est nécessaire, selon lui, que les autorités donnent l’exemple. Pour cela, elles doivent être animées de cette fibre patriotique en adoptant une approche globale de promotion de nos étoffes locales. Le tisserand rappelle qu’en 2005, le président de l’Assemblée régionale de Ségou avait exigé que tous les maires de la région s’habillent en pagne tissé. «En ce temps-là, le marché était florissant», se souvient-il. A quelques encablures de là, dans une autre salle, installé sur la banquette du métier à tisser, Ibrahim Konaté ainsi que deux autres tisserands reproduisent les gestes anciens de nos ancêtres. Les cliquetis de la navette jouent une musique qui tranche d’avec l’atmosphère des lieux. Ces cliquetis ne semblent pas déranger Oumou Diallo et Mariam Diarra. Assises à califourchon, les deux femmes enroulaient des fils de chaîne sur plusieurs bobines avec beaucoup d’entrain. Ibrahim Konaté confesse que ce travail lui procure une grande satisfaction et lui permet de subvenir à ses besoins. La barbe grisonnante et une casquette sur la tête, le formateur en tissage, Séga Diallo déplore la cherté du fil à tisser vendu à l’usine COMATEX. Il fait remarquer qu’un paquet de fils à tisser de 900 g, à l’état naturel, coûte 3.000 Fcfa. «Pour faire une chemise, il faut débourser, au moins, 2.000 Fcfa pour l’achat de fils. Sans compter la main d’œuvre du tisserand dont le travail titanesque met le corps à rude épreuve. C’est ce qui explique le coût élevé du tissu traditionnel», précise Séga Diallo. « Des années 90 à nos jours, renchérit-il, le tissu « niaga » a toujours été prisé par la clientèle pour ses motifs d’ondulation. «Généralement, on le met dans le trousseau de mariage. La mère de la mariée achète ce grand boubou vendu à 13.500 Fcfa pour l’offrir à son gendre. Le prix minimum du pagne tissé mesurant 2m de longueur et 1m20 de largeur est de 3.500 Fcfa, selon le motif», fait-il savoir. De nombreux jeunes ont tendance à bouder le métier de tisserand. Le formateur en tissage précise que cette frange de la population, en dernier ressort, préfère se tourner vers les métiers de la métallurgie et de la mécanique. Le tissu traditionnel est destiné aux fervents admirateurs de produits locaux. Selon Soumaïla Sanogo, président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou, cette clientèle se fait un peu plus rare. Aujourd’hui, le pagne tissé subit une concurrence féroce. Les pagnes importés et le prêt-à-porter ont colonisé les rayons des magasins et étals de nos marchés. On assiste, aussi, à une arrivée massive de la friperie. Pour Soumaïla Sanogo, cette dernière constitue un handicap au développement de l’artisanat du textile. D’abord, elle détourne les consommateurs des tissus produits par nos valeureux artisans. Ensuite, les carnets de commandes de nos tailleurs s’amenuisent, étant donné que ces vieux habits ne nécessitent aucune réparation. «On ne cesse de le décrier, mais nous ne parvenons pas à résoudre cette problématique», déplore Soumaïla Sanogo. Il est clair que la consommation des produits locaux contribue au développement de l’économie nationale. Or, sur ce point essentiel, le Mali enregistre un retard coupable. Pour que le Mali puisse boxer dans la catégorie des géants du textile, le président de la Conférence régionale des chambres de métiers de Ségou suggère l’augmentation de la capacité de transformation du coton et l’instauration du port du tissu traditionnel dans l’administration. Une forte volonté politique

Voitures de service : Plus de 100 véhicules remis à la Direction générale de l’administration des biens de l’État (DGAB)

Bamako, 9 sept (AMAP) Il était 10h30mn, mardi, dans la cour du Garage administratif, à Darsalam, en Commune III de Bamako, la capitale malienne. Saisissant ! La cour est littéralement «inondée» de véhicules parmi lesquels des Berlines de grosses cylindrées immatriculées en série G, des japonaises double cabine et Tout terrain, entre autres. Difficile de ne pas remarquer le petit attroupement au milieu des engins. Diarra Kadidiatou Sangaré, comptable-matière du ministère de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille. Munie de quelques cartes grises de véhicules, elle donne des explications à l’un des nombreux techniciens du Garage administratif, déployés pour la circonstance. «Je suis venue remettre les véhicules de mon ministre, ils sont au nombre de quatre dont une allemande, le véhicule de fonction. Il y a aussi des véhicules de liaison et du domicile pour le ministre», détaille-t-elle. Quelques mètres plus loin, cette information est corroborée par Mahamadou Tangara, en sa qualité de chef du Garage administratif. Selon lui, un ministre peut avoir entre trois et quatre véhicules, contre un pour les députés. «Selon le communiqué des nouvelles autorités, le délai de restitution des véhicules a expiré, hier, mais puisque l’information est passée juste le dimanche soir, il se peut que les gens n’aient pas entendu. Hier (Ndlr, lundi) et aujourd’hui (Ndlr, mardi), on a reçu beaucoup de véhicules», confirme notre interlocuteur. « Gage de transparence, les usagers qui arrivent avec les voitures sont tenus de remplir une fiche qui comporte les informations sur l’état du véhicule au moment de sa restitution. Ces informations portent notamment sur la carrosserie, l’intérieur du véhicule, la carte grise… », explique Mahamadou Tangara. Ensuite, la fiche est signée par les deux parties qui garderont chacune une copie, a précisé le chef de garage. «C’est ce matin (Ndlr, mardi) qu’on a fait le point. À 10h, nous avions enregistré l’arrivée d’une soixantaine de véhicules». M. Tangara d’ajouter qu’après réception, les véhicules sont acheminés dans la cour du Groupement mobile de sécurité (GMS) où, il y a suffisamment de places. «La direction générale de la police nationale a accepté de nous accompagner dans ce processus et depuis hier des véhicules y ont été acheminés», indique-t-il. Par ailleurs, le responsable du Garage administratif fait remarquer que de nombreux engins ne sont pas en bon état. Dans ce lot, figurent notamment des voitures de l’Assemblée nationale qui datent pour la plupart entre 2013 et 2014. « Environ 80% des véhicules des ex-parlementaires sont en mauvais état », dit-il. Après le Garage administratif, cap sur le GMS et la direction générale de l’administration des biens de l’État (DGAB). Au GMS, nous sommes guidés par l’adjudant-chef Mamadou Traoré, chef du parc auto de la Police nationale. Une heure plus tard, le commandant en chef du GMS, le contrôleur général de police Sory Keïta, indique que le 7 septembre dernier, le directeur général de l’administration des biens de l’État a adressé une correspondance au directeur général de la police nationale pour demander le stationnement temporaire des véhicules de l’État dans la cour du GMS. «De cette date à ce jour, nous sommes à 48 véhicules immobilisés dans l’arrière-cour du GMS. C’est le directeur général des biens de l’État qui reçoit techniquement les véhicules à son niveau. Après réception, une équipe du garage les achemine au GMS», a précisé Sory Keïta. Et d’ajouter qu’à leur arrivée, les véhicules sont répertoriés et enregistrés dans un registre ouvert à cet effet. «Lorsque tous les véhicules seront là, nous allons compiler, faire une correspondance qui sera envoyée au directeur de l’administration des biens de l’Etat», conclue le commandant en chef du GMS. Mardi, à 13 heures, le directeur général de l’administration des biens de l’État, Ousmane Diarra a confirmé avoir reçu un total de 227 macarons d’anciens députés, 116 véhicules et 111 portatifs. AT/MD (AMAP)      

Ultimatum de la CEDEAO : Sourde oreille et indifférence des Maliens

Bamako, 9 sept (AMAP) On a l’impression que le Mali se préoccupe moins de l’ultimatum de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) sommant le Comité national pour le salut du peuple (CNSP) de désigner un président et un Premier ministre civils, d’ici le 15 septembre 2020, pour conduire la transition. La réaction du CNSP tarde à venir. Les journaux parlent peu du sujet. Le Mouvement du 5 Juin-Rassemblement des forces démocratiques (M5-RFP) estime que ce n’est pas une course de vitesse, tandis que certains citoyens pensent que c’est une occasion pour le Mali de prendre son destin en main. Au moment où le CNSP a ouvert « des concertations nationales sur la gestion de la transition au Mali, les chefs d’Etat de la CEDEAO ont exigé, lundi, que les autorités militaires désignent des personnalités civiles comme président et Premier ministre de la transition, dans un délai d’une semaine. C’était la teneur du communiqué final des travaux de la 57ème session de leur conférence. « La conférence demande que le président et le Premier ministre de la transition, tous deux civils, soient désignés au plus tard le 15 septembre 2020 ». La CEDEAO a réaffirmé « sa détermination à assurer un retour rapide à l’ordre constitutionnel dans ce pays, avec une transition politique dirigée par un président et un Premier ministre civils pour une période de 12 mois ». Malgré tout, c’est la sourde oreille. Les militaires du CNSP n’ont pas réagi à cette injonction de l’organisation sous régionale. Aucun communiqué officiel. D’ailleurs le CNSP continue ses consultations. Pour appuyer les nouveaux hommes forts de Kati, une organisation de la société civile, Mouvement populaire du 4 septembre (MP4) a vu le jour pour soutenir la gestion de la transition par le CNSP. Ce mouvement a tenu un meeting populaire de soutien aux Forces armées maliennes, mardi, à la Place de l’Indépendance pour fustiger la CEDEAO et « sommer » les hommes politiques de laisser le CNSP diriger le pays. SOUTIEN AU CNSP – La transition en vue ne réussira qu’avec un militaire à sa tête. C’est la conviction du MP4 qui l’a clamé au meeting à la Place de l’indépendance. Cette manifestation, première activité d’envergure de ce mouvement porté sur les fonts baptismaux il y a seulement quelques jours, intervient au lendemain du sommet des chefs d’Etat de la CEDEAO. Les manifestants, à travers des slogans hostiles à l’organisation sous régionale ont vitupéré contre l’ultimatum des dirigeants ouest africains exigeant un président et unPremier ministre de la transition civils, dans une semaine. Pour les manifestants, cette exigence doit se conformer à la volonté du peuple malien. « Et cette volonté, selon Baba Sanogo, un manifestant, c’est de confier la gestion de la transition aux militaires qui ont renversé le régime de l’ancien président de la République ». Les chefs d’Etat prouveront ainsi que la « Cedeao n’est pas un syndicat de présidents de la République ». Notre interlocuteur va plus loin, en prédisant l’issue de la concertation nationale qui démarre le jeudi prochain : « Les Maliens confirmeront qu’ils sont favorables à ce que la transition soit dirigée par le Comité national pour le salut du peuple ». Mais au sein du MP4, certains militants sont conscients que nombre de nos compatriotes ne partagent pas leur avis sur la question. Néanmoins, ils sont bien déterminés à se faire entendre pour que le CNSP garde la main. Partageant ce souhait, Hamidou Guindo met, cependant, un bémol en soutenant que « les militaires corrompus doivent être écartés » et rappelle les événements de 2012, dont l’issue prouve à suffisance qu’il ne « sert pas à grand-chose d’imposer des civils à la tête d’une transition ». SENTIMENT NATIONAL – Cet engagement du MP4 à soutenir l’Armée, est motivé, selon les initiateurs, par le seul souci de préserver la mère Patrie qui est confrontée, depuis une dizaine d’années, à de dures épreuves. « La descente aux enfers a été stoppée par le CNSP », selon Seydou Oumar Traoré, président de la plateforme « Les Patriotes ». Par conséquent, il estime que tous les patriotes doivent se mobiliser pour soutenir les militaires dans « toute conduite qu’ils auront décidé de tenir ». D’ores et déjà, lui-même a plaidé pour une transition de trois ans et que, pendant ce temps, les « politiques qui veulent gérer le pays se préparent pour l’élection de 2023 ». Seydou Oumar Traoré a, dans la foulée, tancé la vieille garde politique. Les autres intervenants lui emboîteront le pas, fustigeant la gestion des acteurs politiques. « Les civils ne peuvent pas gérer la transition », a tranché Alassane Tangara, président de la plateforme « Mali pour nous Tous ». Et de mettre en garde ceux qui tenteront de se mettre au travers du chemin de l’Armée. Abdoulaye Keïta, président de Wati Sera (L’heure a sonné), s’est appesanti sur les sanctions prises par la CEDEAO, qui ne font que fragiliser davantage la situation du Mali. « L’embargo est, pour nous, des souffrances de trop », a-t-il déclaré, avant d’appeler les dirigeants ouest africains à reconsidérer leur position. Comparativement aux dernières manifestations qu’a connues la Place de l’indépendance, celle-ci a peu mobilisé. Visiblement déçue, Aissata Traoré s’en prend à nos compatriotes qui auraient « certainement effectué le déplacement par milliers s’il s’agissait de défendre des intérêts personnels ». Pour sa camarade, Mariam, la majorité des Maliens ne sont « patriotes que du bout des lèvres». REACTIONS VIRTUELLES – Sur les réseaux sociaux, les avis diffèrent sur le sujet. Mais, les antis décisions de la CEDEAO sont nombreux. Les internautes entretiennent la flamme nationaliste. Bréhima Mamadou Koné propose même des conditions pour un retrait du Mali de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest africaine (UEMOA). « On peut quitter la CEDEAO, mais les préalables sont, entre autres, la création de notre propre monnaie, la construction d’une économie intravertie basée sur l’augmentation de la production, la productivité et la compétitivité, la transformation structurelle de l’agriculture, de l’énergie, la rationalisation des ressources publiques , une meilleure maitrise de la croissance démographique, une meilleure gestion de la comptabilité, la reconstruction de l’appareil de défense et sécurité », développe-t-il dans un mémorandum intitulé « les conditions pour se

Cultivateurs et revendeuses de maïs frais : La bonne affaire saisonnière

Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 9 sept (AMAP) La pluie du lundi dernier a bien arrosé Kalaban Coura et plusieurs autres quartiers du district de Bamako, la capitale malienne. Un vent matinal rafraichit les usagers de la route menant à l’Aéroport international président Modibo Keita-Sénou. Malgré la fraîcheur, des femmes reviennent des champs de maïs dans la zone aéroportuaire. Du Parc des expositions jusqu’au-delà de la direction de la Météo, il y a des champs de maïs à perte de vue. Certaines, portant sur la tête des sacs de 50 kg contenant des épis de maïs frais, semblaient à bout de souffle. D’autres, avec leur bébé au dos, portaient aussi sur la tête de vieux draps remplis de maïs. Les moins téméraires sont assises sur des sacs de maïs, en attendant l’arrivée des conducteurs de tricycles pour les transporter. Mah Diarra, se décharge de son fardeau, arrivée à quelques mètres de «la porte d’entrée de Bamako», en venant de l’aéroport. «Mon chemin s’arrête ici. Les autres continuent. Certaines viennent de Kalabancoro, de Dialacorobougou, de Diélibougou. D’autres habitent Kalaban Coura. Nous revenons des champs de maïs situés juste derrière. Tu vois les pieds de maïs ? C’est là que nous nous ravitaillons, chaque jour, en maïs pour ensuite les revendre au détail. Je fais des affaires au bord de cette route», explique la vendeuse sur un ton courtois. Sans hésiter, elle se propose de nous conduire au champ de maïs et couvre sa marchandise avec un vieux pagne. Nous empruntons une voie boueuse. Le véhicule patine. Comme pour détendre l’atmosphère et nous mettre à l’aise, Mah explique qu’elle fréquente quotidiennement ce chemin depuis le début de la récolte de maïs. «Très tôt le matin, nous nous regroupons pour aller nous ravitailler», ajoute-t-elle. Le temps passe vite. Nous voilà dans le champ de Abdou Kadr Coulibaly. Le cultivateur émerge d’une touffe de pieds de maïs et nous accueille cordialement. « Il fait partie des propriétaires de champs de maïs les plus heureux en cette période. Son champ ne désemplit pas de clientes », commente un jeune homme. Abdou Kadr Coulibaly confirme. « Je suis cultivateur. Cela fait plus de 10 ans que je cultive le maïs. Les femmes sont mes clientes. Quand le produit arrive à maturité, je les reçois tous les jours », ajoute le paysan. En effet, les revendeuses de maïs viennent ici depuis 7 heures du matin. L’affluence peut continuer jusqu’à 10 heures. Dans l’exploitation de Abdou Kadr Coulibaly, la moisson a débuté une semaine après la fête de Tabaski. « Je laisse aux femmes le soin de récolter le maïs, ensuite nous faisons le décompte», explique l’exploitant. Sur une superficie d’environ un hectare, il peut vendre entre 50.000 et 100. 000 Fcfa par jour jusqu’à la fin de la récolte. Le champ de mais de Zoumana Mariko est voisin de celui de Coulibaly. « Il sera là dans peu de temps. Comme l’état de la route est mauvais, il transporte les sacs de maïs de ses clientes sur sa moto pour les déposer au bord de la route. Ils sont ensuite acheminés à destination à bord des motos tricycles», explique une dame, rencontrée sur les lieux. Quelques minutes plus tard, Mariko revient nous rejoindre. Cette année, il dit avoir cultivé deux hectares qui lui rapportent entre 150.000 et 200.000 Fcfa par jour. Celui qui exerce ce travail depuis sept ans se plaint de problèmes d’équipements agricoles et d’espace cultivable. ÉTUDIANTE VENDEUSE – A peine nous terminons les échanges avec Mariko, Fanta Diallo sort du champ. La frêle dame tire un sac de maïs de 50 kg fraichement cueillis. Etudiante à la Faculté des sciences économiques et de gestion de Bamako, elle vend du maïs au quartier Bacodjicoroni-Golf. Profitant de l’arrêt des cours, il se fait un peu d’argent. «Il faut transpirer pour avoir de l’argent», estime la jeune dame. Pour ce faire, elle se réveille tôt le matin, chaque jour, pour faire ses travaux ménagers, avant de mettre le cap sur les champs de maïs. Grâce au revenu tiré de cette activité, elle complète l’argent de la popote. «En plus, j’arrive à subvenir à mes petits besoins. J’achète entre 6.000 à 7.500 Fcfa de maïs par jour pour un bénéfice journalier variant entre 3.500 et 4.000 Fcfa. En effet, je grille le maïs pour le vendre à 100 Fcfa. Je propose aussi aux clients des maïs frais à 500 Fcfa par tas», ajoute la jeune mère. Après un temps de respiration, elle charge la marchandise sur sa moto. Direction le quartier Golf où l’attendent des clients. Pendant ce temps, Mariam Samaké attache solidement son sac de maïs frais à l’aide d’une corde. Elle vient de récolter une importante quantité pour un montant estimé à 15.000 Fcfa. Mariko a déjà déposé un sac au bord de la route principale. «Je viens de Kalaban coro. Ce commerce m’aide à joindre les deux bouts. Mon mari travaille. J’essaie de l’aider dans ses dépenses, en menant cette activité», explique-t-elle, soulignant qu’elle peut faire un bénéfice journalier de 5.000 Fcfa ou plus. Ainsi qu’elles revendent du maïs frais ou grillé, en cette saison, ces braves dames tirent leur épingle du jeu. Les propriétaires de champs, chez qui elles s’approvisionnent, se frottent, également, les mains PRODUCTION INTERIEURE – Les champs situés sur la route de l’aéroport ne sont pas les seuls fournisseurs de Bamako en maïs frais. A Missala comme à Gouana, plusieurs propriétaires de champs se frottent les mains en cette période. Sur la route appelée «Pont de Moussa Mara», il n’est pas rare de rencontrer des charretiers chargés de maïs frais en direction de Kalaban et autres quartiers de Bamako. Mariam et Fatoumata suivent une charrette en marchant. «Nous revenons de notre champ. Nous vendons la moitié du chargement en cours de route. Les gens aiment le maïs fraichement cueilli », indique Fatoumata. « Ces propriétaires de champs ne peuvent pas servir tout Bamako », analyse Mariama Sidibé, vendeuse de maïs frais à Ouolofobougou. «Bamako est également servi par Bougouni. Chaque matin, des véhicules déchargent

Lutte contre le terrorisme : Le G5 Sahel saisit un important lot de matériels dans le Gourma

Bamako, 9 septembre (AMAP) Une compagnie de la Force conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), a découvert le 26 août dernier, un important lot de matériels comprenant une vingtaine de motos, des moyens de communication et une importante quantité de carburant, abandonné par des groupes terroristes, au cours d’une opération de contrôle de zone dans le Gourma malien, après des échanges de tirs, a appris l’AMAP de source sécuritaire. Selon la même source, un échelon tactique interarmes (ETIA) malien de la Force conjointe du G5 Sahel, en progression vers la ville de Kobou (Mopti) a été pris à partie par des terroristes qui ont pris la fuite après des échanges de tirs, abandonnant un important lot de matériels. La Force conjointe du G5 Sahel démontre une bonne capacité de mobilité en cette saison des pluies. «En effet, malgré des conditions météorologiques difficiles et des axes dégradés, l’ETIA a su mener à bien cette mission jusqu’à Kobou», selon notre source qui ne précise pas de victimes des deux côtés ni de blessés. La Force conjointe du G5 Sahel du G5 Sahel, forte de plus de 5.000 hommes répartis en sept bataillons, est une force régionale qui a pour mission de lutter contre les terroristes dans les régions frontalières communes aux pays membres de l’organisation régionale en étroite coordination avec toutes les forces nationales et Barkhane. BD/KM (AMAP)

Phot’Art Mali : Les photographes se donnent rendez-vous en janvier 2021 à Bamako

Bamako, 9 sept (AMAP) La 2è édition de l’inter biennale photographique, « Phot’Art Mali », dont l’appel à candidatures a été lancé, depuis le 19 août dernier, et s’étendra jusqu’au 20 octobre prochain, se déroulera du 1er décembre 2020 au 15 janvier 2021 à Bamako, au Mali, a annoncé le Réseau des photographes du Mali. Lors d’une conférence de presse, organisée la semaine dernière, en collaboration avec la Maison africaine de la Photographie, à la direction nationale de la bibliothèque et de la documentation,  le président du Réseau, Seydou Camara, a expliqué qu’à l’issue de l’appel à candidatures, le jury, composé de sept personnalités du monde des Art et de la Culture, sélectionnera les 20 meilleurs projets photographiques. Ceux-ci seront exposés à Bamako et à l’intérieur du pays pendant 45 jours. Les trois meilleurs projets seront primés. Le Comité d’organisation prévoit, également, des prix spéciaux pour encourager les photographes qui se seront illustrés par une certaine originalité dans leurs travaux. Cette année, les photographes travailleront à leur convenance. Ils ont la latitude de choisir les thématiques et officier en fonction de leurs inspirations. Cette 2è édition prévoit une grande parade de photographies du studio Malick Sidibé, en passant par les studios Abdourahmane Sakaly, Mamadou Mbaye, la Galerie médina et le Musée national du Mali. D’autres activités sont programmées, notamment les expositions, caravanes, manifestations folkloriques, visites guidées mais, aussi, les formations et l’installation d’un marché pour la vente de photos. Quatre sites sont retenus pour accueillir les expositions : la Maison africaine de la photographie, le Parc national, l’Institut français du Mali et le Centre de formation en photographie. « Créer un cadre d’échanges entre les photographes, rapprocher la photographie du grand public », est l’objectif principal de l’inter biennale, a soutenu Seydou Camara. L’édition de cette année est placée sous le signe de la reconnaissance au Dr Naomi Steuer, ancienne directrice générale de la Fondation Oumou Dilly, décédée le14 Juillet dernier en Suisse. Les initiateurs de Phot’Art Mali tiennent à rendre u hommage à cette figure pour son engagement et son apport dans la réussite de la première édition de l’évènement. Pour Mamadou Cissé, conseiller technique au ministère de la Culture, l’Inter biennale est une activité de création d’emplois parce qu’elle vise à susciter l’entrepreneuriat jeunes dans le domaine de la photographie. Il a, aussi, assuré les initiateurs de l’accompagnement du gouvernement, à travers la Maison africaine de la photographie. Pour sa part, le directeur général de la Maison africaine de la photographie, Tidiane Sangaré, a expliqué que l’Inter Biennale photographique est destinée à dynamiser l’espace photographique au Mai. Selon lui, elle permettra aux jeunes photographes de comprendre le mécanisme de préparation des Rencontres photographiques de Bamako. C’est, également, un outil de renforcement des capacités de nos photographes. Au-delà de son caractère formatif, l’Inter biennale permet au Mali de prouver qu’il est bien la capitale de la photographie africaine. « Cet évènement permet à notre pays de justifier sa place de leader dans la promotion et le développement du secteur photographique sur l’échiquier panafricain », a soutenu M. Sangaré Le Réseau des photographes du Mali est un groupement d’associations de photographes maliens, créé pour promouvoir et dynamiser le secteur de la photographie. AS/MD (AMAP)          

Campagne agricole 2020-2021 à Tominian : Démarrage difficile

Tominian, 8 sept (AMAP) La campagne agricole 2020-2021, dans le Cercle de Tominian, a connu un démarrage difficile marqué par l’installation tardive de la saison hivernale, la mauvaise répartition et l’irrégularité des pluies conduisant à un début des opérations de semis seulement dans la 2ème décade du mois de juin, selon le chef secteur de l’Agriculture de Tominian, Cheick Oumar Togo. “Compte tenue de l’irrégularité et de la mauvaise répartition des pluies, les objectifs d’emblavure ne sont pas très satisfaisants. Les entretiens des champs sont en cours”, a ajouté M. Togo. Indiquant l’état végétatif des cultures, il a note que “le mil, le riz sont au stade du tallage, le sorgho, le maïs au stade de montaison, le fonio et le niébé au stade de la ramification et l’arachide au stade de la floraison”. La campagne se déroule normalement selon le chef secteur de l’Agriculture, l’état végétatif des cultures est satisfaisant dans l’ensemble, les pluies sont régulières et l’humidité satisfaisante. Les hauteurs de pluies enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2020 sont supérieures à la celles enregistrées au cours de la décade du 21 au 31 août 2019, au niveau de tous les postes pluviométriques, exceptés Fangasso et Timissa. L’état de la végétation indique que le tapis herbacé est dominant, l’on constate la régénération de la ligneux fourragère, la forêt est dense et l’état des arbres est satisfaisant. Le secteur de l’Agriculture de Tominian rencontre des difficultés, notamment l’insuffisance numérique du personnel d’encadrement, de moyens logistiques et de fonctionnement. Il faut signaler que c’est seulement maintenant que l’engrais subventionné est disponible et est en train d’être acheminé dans les différents arrondissements. ST/MD (AMAP)