Sites de déplacés à Bamako : La scolarisation des enfants à tout prix
Par Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 24 Nov (AMAP) Début novembre. Route du camp de déplacés de Senou-Lafiabougou. Nous sommes obligés, à plusieurs reprises, de demander notre chemin. Après trois arrêts, le chauffeur, les nerfs en pelote, suit les indications, en slalomant entre les nids de poule. Au loin, on aperçoit des tentes de fortune. A quelques encablures du camp, nous croisons une fillette d’environ 8 ans, un fagot de bois sur la tête, qui se dirige vers des abris faits de bric et de broc. Curieuse, elle s’approche du véhicule. Il est 10 heures, ce lundi, jour d’école. Elle explique qu’elle était allée chercher du bois pour sa mère. Pourtant, elle est à l’école « C’est après cette tâche que je vais en classe », explique la petite Malado Boly. En suivant ses indications, nous nous dirigeons vers un hangar qui sert de lieu d’encadrement des enfants sur ce site. La porte n’a pas de battants, les fenêtres non plus. A l’intérieur, une soixantaine d’enfants nous accueillent, en saluant en chœur. En français. Dans la classe, en tout, huit tables bancs pour un effectif d’environ 80 élèves. Une grande natte est étalée à même le sol sur laquelle certains élèves sont assis. Certains ont des ardoises, d’autres n’en ont pas. C’est dans ces conditions que la maitresse essaie, tant bien que mal, d’apprendre à écrire et à lire aux enfants de déplacés. « J’ai été détachée par le Centre d’animation pédagogique (CAP) de Sénou pour suivre ces enfants. malheureusement, c’est dans ces conditions que j’enseigne, comme vous pouvez le constater ». « Nous sommes sous un hangar. Les rayons de soleil entrent dans la classe. Avec le froid qui s’installe, ce ne sera pas facile pour les enfants avec des fenêtres dépourvues de battants. Nous n’avons pas assez de tables-blancs. Le matériel didactique, n’en parlons pas. Les élèves réclament des ardoises, de la craie, des cahiers. Moi-même, je n’en ai pas », témoigne Assoumatou Coulibaly. L’enseignante explique qu’elle dispense le programme de la 1ère année. « J’ai 80 enfants inscrits. Les cours se déroulent de 8h à 12h et de 15h à 17h. Au début, ce n’était pas facile. Je parle le Bambara et le Français, les élèves parlent le Peulh. Après cinq à six mois ensemble, ça commence à aller », souligne notre interlocutrice. « Ce camp de déplacés accueille plus de 350 enfants », dit Kola Cissé, président de l’Association Pinal (l’éveil en fulfuldé). Ceux qui sont inscrits au cours d’alphabétisation sont constitués en deux groupes. Le premier compte 80 enfants de 5 à 7 ans. « Grâce à l’aide de la direction du développement social, nous sommes parvenus à avoir du CAP de Sénou une institutrice payée par le gouvernement. Nous avons fait établir des actes de naissance pour les enfants pour qu’ils puissent être considérés comme des enfants scolarisés », explique Kola Cissé. « Il y a un deuxième groupe de 35 enfants qui sont dans une classe spéciale. Il s’agit de ceux qui ont dépassé l’âge de la scolarisation. Ils ont entre 8 et 16 ans », explique-t-il. L’Etat ne prend pas en charge le salaire des enseignants de ce deuxième groupe. « C’est une association que j’ai mise en place avec l’aide de personnes de bonne volonté qui s’occupe de ce volet. Nous avons deux enseignants que nous payons mensuellement. Un enseignant apprend aux enfants à lire et écrire en français. L’autre s’occupe de l’alphabétisation en fulfulde », a encore dit M. Cissé. Il ajoute que ce n’est pas l’école formelle mais juste de la formation. « J’ai vu que les enfants trainaient dans la camp. J’ai eu l’idée de les occuper. C’est un bâtiment prévu pour être un poulailler qu’on a aménagé », révèle-t-il. Au début, des nattes servaient de tables-bancs. Le CAP de Sénou a fourni une dizaine de tables-bancs. « On a essayé d’aménager le bâtiment en deux salles de classes et une bibliothèque. L’aménagement n’est pas encore fini. En attendant, les enfants ont commencé la formation », explique Kola Cissé qui invite l’Etat à prendre des dispositions pour la scolarisation de ces enfants. « Ce serait une façon de les sauver », estime-t-il. SOUS UN HANGAR – A la différence du site de Sénou, les camps de Niamana, Faladiè Garbal et de l’ex-Centre Mabilé bénéficient de l’accompagnement du Conseil appui pour l’éducation à la base (CAEB), une ONG nationale, grâce à un financement de l’ONG internationale Oxfam. Kadiatou Anne Malet, agent de développement, indique que le projet des personnes déplacées a débuté en juillet 2019. “Nous travaillons dans le cadre de l’éducation des enfants déplacés internes de 7 à 12 ans en leur donnant des cours de rattrapage sur les différents sites de Faladié, Niamana et Sogoniko. Cette formation permettra de les transférer, immédiatement, dans des écoles primaires publiques », explique-t-elle. “Nous sommes en collaboration avec les CAP, le service social, et beaucoup d’autres acteurs du secteur éducatif”, révèle Mme Kadiatou Anne Malet qui ajoute que la formation professionnelle des jeunes de 13 à 18 vient de débuter. Courant novembre, un jeudi. Nous sommes sur le site de Faladié Garbal qui accueillent de nombreux déplacés. Sous un hangar, un enseignant apprend à lire à une cinquantaine d’élèves. Aliou Alassane, c’est son nom, explique que c’est l’ONG CAEB qui finance cet apprentissage. « Ça concerne plus de 100 enfants. Ceux qui étaient scolarisés et ceux qui ont atteint l’âge. L’âge limite est fixé à 12 ans », précise-t-il tout en déplorant l’absentéisme de certains enfants. « Au début, on avait plus de 100 enfants. Certains ne viennent pas à cause de la faim », témoigne-t-il, ajoutant qu’il est, souvent, contraint d’arrêter les cours quand les enfants se plaignent de la faim. Certains enfants, qui n’ont pas eu la chance d’intégrer le programme de l’ONG CAEB, se font assister par un autre enseignant. Dans une cour, sous un hangar, des enfants sont entassés sur une natte pour suivre les enseignements. « Comme vous le constatez, nous n’avons pas de tables bancs. C’est difficile pour l’écriture. On n’a pas de matériels scolaires. J’essaie d’acheter certains outils, moi-même », confie le maître Tiénou Francis. Sur le site de Niamana, derrière
Burkina Faso : La majorité présidentielle rejette les accusations de fraude de l’opposition
Bamako, 24 Nov (AMAP) L’Alliance des partis et formations politiques de la majorité présidentielle (APMP), au Burkina Faso considère que les insuffisances et failles qui ont émaillé le déroulement des scrutins présidentiel et législatifs du dimanche 22 novembre 2020 « ne sauraient refléter une quelconque volonté de porter atteinte à la sincérité » du vote. Dans une déclaration rendue publique, mardi, l’APMP indique convenir avec les Observateurs internationaux et nationaux, qui ont déjà rendu public leurs conclusions, « que les insuffisances relevées, quoique regrettables, ne sont pas d’une ampleur susceptible d’impacter de manière significative les résultats du scrutin ». Pour l’APMP, les failles relevées portent préjudice à l’ensemble des candidats et partis en compétition et de la même manière. Des candidats de l’Opposition à l’élection présidentielle ont mis en cause la poursuite du processus électoral à sa phase de publication des résultats du scrutin du 22 novembre 2020, par la Commission électorale nationale indépendante (CENI). Ces candidats ont formulé des griefs dont l’essentiel tourne autour des insuffisances et manquements dont aurait fait preuve la CENI dans l’organisation du scrutin. « Au regard de la gravité de cette déclaration susceptible de mettre en péril la phase finale du processus, l’APMP déplore cet incident » et rappelle « le consensus qui a prévalu dans la mise en œuvre du processus électoral depuis son début et à toutes les étapes ». Pour elle, ce « consensus largement salué par les instances internationales, régionales et sous-régionales, ainsi que par l’ensemble de l’opinion nationale fait la fierté de notre processus et doit être poursuivi, pour la beauté de notre démocratie et pour la paix » au Burkina Faso. Les partis de la majorité présidentielle demandent à la CENI, dont la composition sur une base tripartite (majorité – opposition – société civile) « garantit l’objectivité et l’équilibre de ses actes », de faire diligence dans la prise en compte du comptage manuel des résultats du scrutin, conformément aux dispositions du Code électoral révisé ». Ils invitent les candidats de l’Opposition à l’apaisement et surtout à poursuivre l’esprit de concertation et de consensus qui a jusque-là prévalu. Et les invitent, également, « au respect des résultats des urnes » sans lequel aucune élection n’a de sens. L’APMP invite « tous les partis et candidats à recourir aux structures appropriées, notamment les juridictions compétentes, pour l’examen de leurs récriminations, y compris celles à l’endroit d’autres partis ». Enfin, l’APMP réitère sa volonté de contribuer à tout dialogue visant une bonne finalisation du processus engagé et réaffirme son ferme engagement et sa détermination à œuvrer, de concert avec tous les acteurs, au respect du verdict des urnes et de la légalité républicaine. MD (AMAP)
Mali : Préavis pour une autre grève générale de 120 heures
Bamako, 24 Nov (AMAP) L’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) a déposé un préavis pour une deuxième grève générale de 120 heures du 14 au 18 décembre 2020, après celle de 72 heures déclenchée les 18,19 et 20 novembre dernier. Dans son préavis de grève, la plus grande centrale syndicale du Mali exige du gouvernement l’éradication des disparités dans les conditions des travailleurs par l’établissement d’une justice sociale, l’octroi de primes spécifiques et indemnités selon la profession, l’emploi et les catégories de la Fonction publique. Le respect de l’égalité de chances, de non-discrimination entre fonctionnaires par l’établissement de grilles indiciaires catégorielles de la Fonction publique, la fin du calvaire des compressés des sociétés et entreprises d’Etat (Comatex-Itema-SMECMA-Azalaï Hotel Tombouctou), à travers leur paiement intégral, au plus tard le 31 janvier 2021, la situation des 149 travailleurs compressés de l’Huilerie cotonnière du Mali (Huicoma) font aussi partie des doléances de l’UNTM. La centrale syndicale réclame, également, l’octroi aux partants volontaires à la retraite du droit à la pension, conformément à l’accord-cadre avec l’USAID et la Banque mondiale, la mise à leur disposition du fonds de réinsertion, au plus tard le 31 mars 2021, l’octroi du bénéfice de la prolongation des âges de départ à la retraite, selon les catégories A, B2, B1 et C, le recrutement d’au moins 20.000 jeunes diplômés dans la Fonction publique en janvier 2021, la libération des domaines de l’ORTM. Si des solutions satisfaisantes ne sont trouvées sur ces points de revendications, le bureau exécutif de l’UNTM envisage de mettre en exécution sa grève de cinq jours. SYW/MD (AMAP)
Cité des enfants : Organisation d’une manifestation culturelle de sensibilisation sur les questions migratoires
Bamako, 24 novembre (AMAP) La Cité des Enfants a abrité samedi dernier une manifestation culturelle en faveur des jeunes avec de jeunes artistes sur les questions migratoire, sous la présidence de sa directrice, Mme Amina Cissé Koumaré. C’était en présence d’un représentant de l’UNESCO, Ali Ndaou, du directeur général adjoint de la Cité des enfants, Nfamara Keïta, de représentants d’organisations et d’associations partenaires, de nombreux hommes de médias et des enfants venus de toutes les régions du Mali et du district de Bamako, pour prendre part à la 4ème édition d’équations nomades. L’évènement culturel marqué par une présentation sur les questions migratoires, de chants, de danse sur le phénomène, de slams, entre autres, s’inscrivait dans le cadre de la sensibilisation des jeunes sur les questions migratoires. La manifestation a un lien avec le projet « Autonomiser les jeunes en Afrique par les médias et la communication », financé par l’Agence italienne de coopération pour le développement. Dans son allocution de bienvenue, la directrice de la Cité des enfants, Mme Amina Cissé Koumaré a souhaité la bienvenue aux participants dans sa structure avant de saluer le partenariat positif qui lie sa direction à l’UNESCO depuis longtemps. Mme Amina Cissé Koumaré a saisi l’occasion pour évoquer les raisons de la migration dont le manque d’emplois, la précarité, entre autres. Elle a également « évoqué les difficultés que les migrants rencontrent avant de se pencher sur la sensibilisation pour mettre un terme à la migration irrégulière. « Il est utile de sensibiliser les jeunes contre ce phénomène, les convaincre et leur faire savoir qu’on peut tout avoir au Mali, tout faire au Mali » a-t-elle déclaré. M. Ali Ndaou, au nom du représentant résident de l’UNESCO au Mali s’est félicité du partenariat fécond entre l’institution onusienne et la Cité des enfants. « Le plus important pour nous, c’est l’avenir qui nous guide avec détermination » a-t-il affirmé. S’adressant aux jeunes, M. Ndaou s’est exprimé en ces termes : « Tous les outils que nous mettons à votre disposition, c’est pour vous, pour le développement de notre pays ». Le conférencier du jour sur les questions migratoire, M. Moussa Drissa Guindo, du ministère des maliens de l’Extérieur a développé les raisons de la migration irrégulière notamment le manque d’emploi, la pauvreté ou encore l’aspect culturel du phénomène dans certaines localités dont la région de Kayes ; ses conséquences avec beaucoup de pertes en vies humaines dans les océans, la situation des passeurs qui, selon lui sont des fraudeurs. Il a également évoqué les actions menées par le département des Maliens de l’Extérieur et de l’Organisation mondiale de la Migration (OMI) dans les cas de rapatriement. . M. Moussa Drissa Guindo a, par ailleurs mis l’accent sur l’organisation du retour des volontaires, leur identification et le financement de leur projet au pays dans le cadre de leur installation. L’expert des questions migratoires s’est penché enfin sur la participation des Maliens de l’Extérieur dans le développement de notre pays avant de formuler entre autres recommandations, la coordination des actions sur la migration, l’organisation et le contrôle de la migration légale et la sensibilisation des jeunes en leur donnant plus d’informations sur les dangers de la migration irrégulière. L’évènement a pris fin par des prestations musicale du muni ensemble instrumental de la Cité des enfants sur les dangers de la migration clandestines et le coronavirus dont les conséquences sont désastreuses pour l’humanité ; de slams de 3 filles sur l’éducation, le bien être et les conséquences de la migration notamment le mauvais traitement infligé à certains de nos compatriotes dans certains pays. La manifestation est organisée dans le cadre de la 4ème édition d’équations nomades organisé du 16 au 22 novembre 2020 à la Cité des enfants sous la présidence du ministre de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Mme Kadiatou Konaré, sous le thème : « La tradition orale, un mode de transmission de nos valeurs culturels : comment impliquer les enfants et les adolescents dans la conservation et transmission du savoir à l’ère du numérique ». Kader MAIGA
Pèlerinage catholique de Kita : Un grand moment de communion
Par Amadou SOW Envoyé spécial Kita, 23 Nov (AMAP) Des milliers de fidèles chrétiens ont convergé vers Kita, du 21 et 22 novembre, pour effectuer le 49è pèlerinage national de l’église catholique sur le thème : «Avec Marie, tous débout pour un Mali réconcilié», à la faveur de la veillée sur la Colline mariale, après une procession sur environ 3 km. Ce jubilé a été célébré dans un esprit de communion et de paix. Le pèlerinage est reconnu comme la manifestation de la foi du fidèle. La manifestation cultuelle a été merveilleusement animée par le diocèse de Sikasso, à travers un intense ballet et une chorégraphie bien diversifiée. A travers ces disciplines artistiques, le diocèse de Sikasso a décortiqué la thématique sur la recherche de la paix et du vivre ensemble. Dans sa prestation, les problèmes auxquels fait face notre société ont été dépeints par les jeunes. Il s’agit de la crise sécuritaire et ses conséquences, de la déperdition de l’éducation culturelle, de l’incivisme, du libertinage, de la mauvaise gouvernance et de la corruption. Les autres maux décriés ont trait au gain facile, à l’injustice, à l’instrumentalisation des religions à des fins personnelles, aux trahisons, assassinats politiques mais aussi à l’incivisme, au corporatisme et la crainte. Le pèlerinage chrétien de cette année s’est voulu un appel à la réconciliation nationale mais surtout une invite aux autorités à travailler à cela. Les cérémonies officielles ont enregistré la présence du ministre des Affaires religieuses et du Culte, Dr Mahamadou Koné, de sa collègue en charge de l’Environnement, Mme Bernadette Keita et d’éminentes personnalités de l’église catholique, notamment l’archevêque de Bamako, le cardinal Jean Zerbo. Etaient aussi présents des membres apostoliques et des diocèses, des pères, évêques, sœurs, des représentants d’autres confessions religieuses et le préfet de la localité. Le 49è pèlerinage a donné l’occasion à des milliers de pèlerins de se recueillir devant la statuette de la Vierge Marie, de se donner la main mais aussi de se repentir. Il s’agissait, aussi, d’implorer le pardon du Seigneur et de faire des vœux. Le pèlerinage de Kita offre traditionnellement l’opportunité aux Kitois de partager des moments d’intense communion avec leurs coreligionnaires, parents, amis et collègues. PARTICULARITE – En cette période de Covid-19, les habitudes religieuses ont été bouleversées lors du pèlerinage de cette année. Ce qui justifie la réduction du nombre des pèlerins, même avec les mesures de prévention. L’accès de l’église était conditionné au port du masque, cette instruction a été respectée à la lettre par tous les pèlerins, y compris les éléments des forces de sécurité. Le rituel est composé de deux grandes étapes : la veillée sur la Colline mariale et la Messe du dimanche à l’église. La veillée a commencé par une procession, partie de la grande église de Kita vers la Colline mariale. Des milliers de fidèles, des bougies à la main, ont prié et convergé vers la statue de la Sainte vierge, située à environ 3 kilomètres du centre-ville de Kita. Après le développement de la thématique par les jeunes qui ont posé un regard critique sur l’éducation, la santé, la mauvaise gouvernance, Mgr Jean Baptiste Tiama, évêque de Mopti et administrateur apostolique de Sikasso a dirigé la Messe de minuit. La dernière partie de la veillée a été consacrée à la messe nocturne. Le diocèse de Sikasso a souligné la pertinence et l’actualité brûlante de la thématique proposée avant de faire des prières et formuler des bénédictions pour un «Mali réconcilié dans la paix». L’homme d’église à expliqué que «c’est à travers la foi, le seigneur et la Vierge Marie que nous arriverons à construire un Mali juste et prospère». Il a lancé un appel à la reconstruction des familles mais, aussi, à faire des prières pour le Mali et tous ses fils. La 2ème journée du pèlerinage a été marquée par la célébration de la messe à l’église de Kita, dirigée par Mgr Jean Baptiste Tiama et Mgr Jonas Dembélé, évêque de Kayes. L’église était archicomble. Des écrans géants étaient installés pour ceux qui n’avaient pas accès au nef (partie où se tiennent les fidèles). C’était un moment d’intense émotion et de communion avec des messages du Seigneur. «Jésus a donné des messages pour veiller sur nous. Faites de vos familles des exemples de pardon, priez chaque jour pour le Mali», a conseillé Mgr Tiama, avant d’offrir au ministre en charge des Affaires religieuses la photo de sœur Gloria, enlevée depuis le 7 février 2017 à Karangasso, dans le Sud du Mali. Le ministre des Affaires religieuses et du Culte a exprimé sa satisfaction. «Je suis très touché par l’enlèvement de la sœur et le message sera transmis aux plus hautes autorités». Il a assuré que l’Etat travaillera à la libération de la religieuse. Le ministre a, aussi, transmis le message des autorités de la Transition politique et leur engagement en faveur de la paix, de la cohésion et de la laïcité. Pour lui, toutes les religions œuvrent pour la paix et la convivialité. «Les sujets évoqués lors des prestations sont pleins d’enseignements et sont explicites sur les maux de notre société. Ils proposent, également, des pistes de solutions pour la restauration de la paix, la cohésion sociale, la solidarité, la justice, la droiture, la foi en Dieu, le patriotisme et la discipline», a dit Dr Koné. Le président du Comité d’organisation, Christophe Coulibaly, a salué l’accompagnement des autorités de la Transition et l’implication personnelle du ministre en charge des Affaires religieuses, mais aussi des généreux donateurs qui ont contribué à la réussite de l’événement qui a pris fin par une prière. Plus de 150 jeunes ont rallié Kita à pied, en provenance de Bamako. Après avoir avalé près de 175 km en 3 jours (entre lundi et jeudi), ils ont été accueillis à l’école de la Mission par les autorités religieuses, administratives et politiques de la ville. Au-delà de son caractère spirituel, le pèlerinage offre à la population locale des opportunités pour la promotion économique de la circonscription. Restaurants, hôtels voire des familles réalisent de bonnes
Covid-19 : L’exigence de maintenir la garde haute
Par Fatoumata NAPHO Bamako, 23 Nov (AMAP) Le Mali a enregistré une augmentation des cas confirmés de coronavirus, dans la semaine du 16 au 21 novembre, avec 306 cas de Covid-19. Une situation grosse d’inquiétudes, au moment où les pays les plus atteints, notamment ceux du Nord, font face, avec beaucoup de difficultés, à une deuxième vague de contaminations. Le directeur général de l’Institut national de santé publique (INSP) et coordinateur national de la lutte contre la Covid-19, Pr Akory Ag Iknane, estime qu’il est trop tôt pour parler d’une reprise de l’épidémie. Mais, il se veut clair sur la situation assez compliquée qui nécessite un renforcement des mesures barrières mais, aussi, des dispositions administratives et législatives fortes. Il juge utile de renforcer, également, la communication et d’imposer le respect du règlement sanitaire international. Le Pr Akory estime que cette augmentation des cas se justifie par l’ouverture de nos frontières terrestres et aériennes. «Nous avons eu beaucoup de cas importés surtout dans les mines », a relevé le coordinateur national de la lutte contre la pandémie, avant de dire que le seul site de Fékola a enregistré 213 cas, soit 4,5% de l’ensemble des cas enregistrés au Mali. « A cela, dit-il, s’ajoutent les cas communautaires liés aux grands regroupements ». Il a, aussi, expliqué qu’au Mali, la pandémie a évolué en 4 phases. Autrement dit, il y a eu une phase d’ascension, une phase de baisse de la courbe, une phase en plateau et une phase de remontée. La première a duré 12 semaines jusqu’à un pic qu’on a atteint à partir de la mi-juin. Ensuite, on a enregistré une baisse de la courbe pendant 8 semaines. La troisième phase en plateau, avec 8 cas par jour, a duré 12 semaines. Et la 38è semaine qui représente la 4è phase est celle d’une remontée de la courbe que nous vivons actuellement. Il pense que nous pouvons pallier cela, si nous respectons les mesures barrières avec une forte mobilisation sociale et avec l’implication des médias. Le Pr Akory a révélé que c’est encore trop tôt de dire que nous assistons à une nouvelle vague de contamination ou à une reprise de l’épidémie, Selon lui, il faut d’abord observer. Il a soutenu qu’au cours de cette phase, nous avons enregistré le nombre de cas le plus élevé (76) jamais enregistré au Mali parce que même au moment du pic, le pays a enregistré 71 cas. «Nous pouvons casser rapidement cette courbe, si nous contrôlons les entrées dans le pays, c’est-à-dire en faisant respecter le règlement sanitaire international qui impose que tout passager qui entre ou sorte, soit muni d’un certificat Covid-19 négatif», explique le directeur général de l’INSP. Il appréhende le cas des miniers qui ne passent pas par l’aéroport international Président Modibo Keita-Sénou. Il pointe, aussi, du doigt les insuffisances dans le contrôle au niveau des frontières terrestres. Il préconise les tests rapides au contraire des tests PCR qui sont actuellement utilisés pour surveiller la maladie. Et de confirmer que le Mali vient juste de recevoir un lot de ces tests et que, bientôt, une stratégie sera définie pour leur utilisation. Pour lui, il clair qu’il faut tester un maximum de gens dans le district de Bamako pour apprécier la circulation du virus au sein de la population parce qu’il estime que la capitale, plus particulièrement les communes VI, V et VI sont les plus touchées. Une situation qui se justifie par les grands regroupements dans ces circonscriptions. Pour lui, il faut encore s’attendre à une augmentation des cas liés aux grands regroupements comme lors des funérailles de l’ancien président Amadou Toumani Touré, même avec les mesures prises. Après Bamako, la Région de Kayes reste la plus touchée par la pandémie, selon le coordinateur national de la lutte contre la Covid-19. Pour lui, à défaut de sanctionner ceux qui ne respectent pas les gestes barrières, il faut sensibiliser et informer la population, surtout les jeunes qui se trouvent dans le déni et qui peuvent développer la maladie sans laisser apparaître des symptômes. Concernant les vaccins contre le coronavirus, le coordinateur a confié que sa cellule a reçu une correspondance de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), lui demandant si le Mali est prêt à le recevoir. «Nous sommes dans cette dynamique et nous allons remplir les conditionnalités», a-t-il indiqué. Pour lui, quelle que soit l’efficacité de ce vaccin, il est important, sur le plan international, que le Mali soit dans la liste de ceux qui pourront en disposer parce qu’il a un taux de guérison de 80% et un taux de létalité de 3,4%. FN/MD (AMAP)
Route Nioro-Diéma : Trois morts à la suite du braquage d’un minibus (Témoins)
Diéma, 23 Nov (AMAP) Trois passagers ont perdu la vie et plusieurs autres ont été gravement blessés, lorsque le minibus, à bord duquel ils voyageaient, a été attaqué par des bandits, dans la nuit de samedi, aux environs de 23h 30m, entre Bougoudéré et Diongomané, dans le Cercle de Nioro du Sahel (Ouest), ont indiqué des témoins. Les braqueurs, au nombre de quatre, circulaient à motos, ajoutent les mêmes sources. Pendant que le véhicule, en provenance de Diéma (Ouest), roulait à vive allure, des coups de feu ont retenti de part et d’autre de la route. Des bandits, qui s’étaient cachés dans un endroit boisé, ont ouvert le feu sur le véhicule. Le chauffeur a voulu forcer le passage malgré les barricades mais a reçu une balle à l’épaule. En dépit du choc, il a essayé de poursuivre son chemin. Mais, après quelques mètres, il a perdu le contrôle du véhicule qui a continué sa course dans les broussailles. Le minibus a percuté un gros arbre et trois passagers ont perdu la vie. Il y a aussi eu plusieurs blessés graves.. Les attaques nocturnes sont devenues fréquentes sur ce tronçon. Les bandits opèrent, très souvent, entre 19h00 et minuit. Dans beaucoup de cas, les passagers sont dépouillés de tous leurs biens. Les populations de la zone appellent les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour sécuriser cette route très fréquentée par les gros porteurs en partance ou en provenance de la Mauritanie et du Maroc. MD/MD (AMAP)
Mise en place du CNT : À la recherche d’un terrain d’entente
Par Bembablin DOUMBIA & Massa SIDIBÉ Bamako, 23 Nov (AMAP) Deux semaines après la signature par le chef de l’État, Bah N’Daw, des décrets fixant les modalités de désignation et celui fixant la clé de répartition des membres du Conseil national de Transition (CNT), une grande partie de la classe politique, pour ne pas dire la quasi-totalité des principales forces politiques du Mali, continue de camper sur sa position de refus de siéger à l’organe législatif transitoire sur la base des règles édictées. Quant aux autorités de la Transition, elles insistent sur la nécessité de se tenir à équidistance entre les forces politiques. Ainsi, la mise en place de cet organe se fait-elle toujours attendre. Contactés dimanche, en début d’après-midi, plusieurs responsables politiques ont fait savoir qu’ils n’ont pas encore changé d’avis. A l’image d’Oumar Ibrahima Touré de l’Alliance pour la République (APR), Abdoulaye Amadou Sy de la Coalition des forces patriotiques (COFOP), Amadou Aya d’«Espérance Nouvelle-Jigiya Kura» et Daouda Touré de l’Union pour la République et la démocratie (URD). Ces leaders politiques soutiennent que les partis et regroupements auxquels ils appartiennent n’ont pas encore été consultés par les autorités en vue d’échanger sur la mise en place du CNT. La rencontre du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga, jeudi dernier, au Centre de formation des collectivités territoriales (CFCT), avec les responsables des partis politiques, n’a pu être mis à profit pour trouver un terrain d’entente. Le ministre Maïga était accompagné par ses collègues en charge de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Refondation de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Mohamed Coulibaly. Cette réunion constituait une prise de contact du ministre Abdoulaye Maïga avec la classe politique. Il a réaffirmé, à ses interlocuteurs, sa disponibilité à animer régulièrement le Cadre de concertation nationale aussi bien dans sa formation politique que technique. Et d’exhorter la classe politique à se mobiliser pour accompagner «le gouvernement sur les différents chantiers des réformes confiées à la Transition». «Au demeurant, les autorités de la transition veulent la conduire avec l’accompagnement de l’ensemble des forces vives de notre nation dans la neutralité et l’impartialité», a indiqué le lieutenant-colonel Abdoulaye Maïga. ESPRIT CONSTRUCTIF – Dans le souci de la bonne organisation des élections générales au Mali, le ministre Maïga a annoncé la création, au sein du département en charge de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, d’une Cellule d’appui au processus électoral. « Cette cellule, a-t-il expliqué, pourra recevoir les contributions des différents intervenants dans le cadre du processus électoral au nom de l’inclusivité et de la transparence ». Par ailleurs, il a invité ses interlocuteurs à réfléchir à la réduction des coûts de l’organisation des élections dans notre pays. Au cours de cette rencontre, les préoccupations de la classe politique ont essentiellement porté sur le décret portant sur la clé de répartition des membres du Conseil national de la transition (CNT). En réponse, le ministre Maïga a promis de rapporter ces préoccupations aux plus hautes autorités du pays. De son côté, le ministre de la Réconciliation nationale a attiré l’attention sur le fait que notre pays est, aujourd’hui, menacé dans son existence en tant qu’État démocratique. Il a exhorté les hommes politiques à épauler les autorités de la Transition pour faire sortir le pays de la situation peu enviable qu’il traverse. « Je vous demande de nous mettre ensemble dans un esprit constructif», a soutenu le ministre Wagué qui a souligné le rôle vital des partis politiques dans la gestion du pays. Pour sa part, son collègue en charge de la Refondation de l’État, Mohamed Coulibaly, a relevé que la crise a révélé beaucoup de failles dans notre système étatique. D’après M. Coulibaly, «nous devrions travailler à corriger les exclusions qui ont amené la crise de l’État». Pour lui, le cumul des injustices a fait que les Maliens ont fini par ne plus avoir confiance en leur État. «Il est important aujourd’hui que dans notre démarche, nous puissions travailler à redonner à l’État sa crédibilité, à redonner aux Maliens la confiance», a dit le ministre Coulibaly qui estime, également, qu’il y a lieu de revoir les règles du jeu politique. Les appels des membres du gouvernement n’ont pas permis de faire bouger les lignes. La classe politique continue de rejeter les décrets du président de la Transition. Les hommes politiques crient à la marginalisation, voire au mépris. De son côté, le gouvernement jure, la main sur le cœur, que la répartition des sièges au sein de l’organe législatif de la transition n’a obéi qu’au souci de rester à équidistance des forces politiques dont la vocation est la conquête du pouvoir. Si le souci majeur des deux parties est de travailler ensemble pour sortir le pays de cette situation, elles devraient pouvoir arriver à un minimum de consensus. Il appartient à l’exécutif de travailler à ramener la classe politique dans la gestion de la transition. Ce n’est pas difficile de comprendre que les partis politiques entendent peser sur l’élaboration du nouvel outil législatif qui encadrera les prochaines joutes électorales. Il est tout aussi aisé de comprendre que les dirigeants de la transition redoutent d’être taxés de favoritisme au profit d’une partie de la classe politique. BD/MS/MD (AMAP)
Tournoi U20 UFOA A : Le Mali fait appel de sa défaite sur tapis vert contre la Guinée Bissau
Bamako, 23 Nov (AMAP) La Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a annoncé, lundi, avoir fait appel de la décision de la commission d’organisation du tournoi de la zone A de l’Union des fédérations ouest-africaines (UFOA) qualificatif pour la CAN U20 Mauritanie 2021, de donner match perdu au Mali, sur tapis vert (0-2), contre la Guinée Bissau. La FEMAFOOT a saisi le président du jury d’appel du tournoi parce que la sélection nationale n’a pas pu disputer son premier match du fait que 15 membres, dont huit joueurs de la délégation malienne, ont été testés positifs au Covid-19, empêchant la rencontre Mali-Guinée Bissau, samedi . La FEMAFOOT demande à la commission d’organisation tournoi de reconsidérer sa décision et de faire rejouer le match Mali-Guinée Bissau. La FEMAFOOT rappelle que la délégation malienne, avant son départ de Bamako, a effectué des tests Covid-19 dont les résultats ont été négatifs. La FEMAFOOT indique, également, qu’une commission médicale de la CAF doit superviser les tests Covid-19 “pour garantir leur neutralité dans la mesure où une association pourrait profiter de cette faille réglementaire pour faire disqualifier leurs adversaires et gagner les matches sur tapis vert”. Le Mali joue ce lundi contre la Guinée pour le compte de la 2è journée du groupe B. Le Sénégal s’est qualifié pour les demi-finales après sa victoire devant la Gambie (4-1) dimanche. LMD/MD (AMAP)
Horloger : Un métier en voie d’extinction ?
Par Baya TRAORE Bamako, 23 Nov (AMAP) La profession d’horloger vit des jours difficiles parce que les clients ne se bousculent pas aux portillons. Ceux-ci doivent se réinventer pour ne pas disparaître. Cette situation est plutôt préoccupante quant à la survie de cette profession au Mali. Ici, une vision restrictive ramène les horlogers à la simple réparation des montres et autres pendules. Alors que Le Petit Larousse définit l’horloger comme une personne qui fabrique, répare et vend des montres. Aujourd’hui, ceux qui évoluent dans ce métier vivent des moments compliqués. Ils ont l’impression, selon l’expression consacrée, de pisser dans un violon. Au grand marché de Bamako, ce jour de novembre, le marché grouille de monde. Le trafic est dense. Automobilistes, motocyclistes et autres usagers de la voie se disputent le moindre espace pour sortir rapidement de la nasse. Les coups de klaxon des voitures se mêlent aux cris, notamment des vendeurs à la sauvette de différents articles. Le tout dans une ambiance indescriptible. Aux environs de la grande mosquée de Bamako, des horlogers installés dans un coin, se tournent les pouces. Tous s’accordent sur les difficultés actuelles de leur profession. La faute à une clientèle qui se fait toujours désirer. Issa Sissoko, les cheveux grisonnants, est horloger. Vêtu d’une chemise bleue et d’un pantalon assorti, ce professionnel de l’horlogerie nous accueille, avec un sourire sur le coin des lèvres, dans son petit atelier où il exerce son art. Il accepte volontiers de répondre à certaines interrogations sur le métier d’horloger et sans faire dans la langue de bois. Il explique réparer des montres et autres pendules. Mais faute de clientèle, il se concentre plutôt sur la vente des montres et à changer, quelques fois, les piles. «Je n’ai même plus l’outillage nécessaire, à part un tournevis, pour exercer mon art», explique-t-il désabusé. Il n’apprécie guère de vivre cette situation de débrouillardise. A quelques encablures des lieux, un homme trapu, au teint d’ébène, visiblement du troisième âge, a installé son étal sur lequel on retrouve, pêle-mêle, des pièces de montres, notamment des vis, des cadrans, des remontoirs, des trotteuses ou aiguilles qui marquent les secondes dans une montre, des montres dont les vitres sont cassées, mais aussi des pièces de radios, entre autres. Celui qu’on appelle affectueusement Tonton Diarra explique exercer ce métier d’horloger depuis 42 ans. Il s’empresse de préciser qu’il continue de le pratiquer simplement par passion. Il exerce, aussi, parce qu’il n’a pas d’autres alternatives, sinon il ne gagne quasiment plus rien dans cette profession. Avec les importations de montres de la Chine et qui sont cédées à des prix accessibles à la bourse du Malien moyen, les choses se sont compliquées pour les horlogers. Nos compatriotes ne se donnent plus la peine, en tout cas globalement, de réparer les montres. « Il faut exercer ce métier pour comprendre la situation précaire que nous vivons », explique Tonton Diarra. «Je ne trouve même pas une seule montre à réparer par jour. Alors qu’auparavant, c’était une niche et on pouvait repartir à la maison avec une recette journalière de 5.000 Fcfa», relève le vieil horloger. Il rappelle la menace réelle qui pèse sur la profession qui, selon lui, est en voie d’extinction. Il estime que les horlogers finiront par se compter sur les doigts d’une main puisque beaucoup de gens ont abandonné ce métier par manque de revenus alors qu’ils doivent faire face à des charges familiales. «J’avais des collègues dans les environs de la grande mosquée de Bamako. Mais tous ont disparu parce qu’ils ont compris que c’est, désormais, une perte de temps et d’énergie que de vouloir vivre de cet art», dit Tonton Diarra. En ce moment précis de notre entretien, tonton Diarra comme pour lui dire de garder un peu d’espoir, l’imam Alou Cissé se présente avec sa montre pour en changer le bracelet. L’homme de foi explique que pour lui, c’est une question d’habitude de porter une montre. Sans montre, il ressent un grand vide. «Je porte la montre par routine mais aussi pour me situer sur les heures de prière. Si celle dont je viens de changer le bracelet s’arrête, j’en achèterai une nouvelle» pour ne pas me compliquer la tâche. Souleymane Ouédraogo, un vieillard de 76 ans. Il est horloger de père en fils. Il exerce cette profession depuis plus de 50 ans dans l’enceinte de sa famille, à Bagadadji. Il explique clairement que le téléphone portable a nui au métier. Car ce moyen de communication est équipé d’un système qui indique le temps, notamment l’heure, la minute voire la date. Il souligne même que c’est pour cela que nos compatriotes, à l’exception des connaisseurs, n’achètent plus de montres. Le vieux Ouédraogo exprime sa crainte de voir disparaître ce métier d’horloger dans les années à venir, peut-être même un peu avant. Il évoque comme facteur le désintérêt de la jeune génération pour ce métier qui, surtout ne rapporte plus. Dans ce contexte, la menace de disparition de la profession se précise de plus en plus. Il exhorte la jeune génération à s’intéresser à ce métier et à le moderniser pour sa survie mais aussi pour que les horlogers puissent vivre de leur «science». Cheick Oumar Traoré, la vingtaine, explique que dans le contexte actuel de l’évolution du monde, porter une montre relève de la frime. « Ceux qui portent une montre au bras sont très souvent bien vus ». Même s’il reconnait l’utilité de la montre à bien des égards, il ne la porte pas pour regarder l’heure parce qu’il estime avoir son téléphone pour cela. Pour lui, il est clair que c’est pour vraiment frimer. BT/MD (AMAP)

