Hèrèmakono (Poste frontalier avec le Burkina Faso) : Dix jours après l’attaque terroriste
Par Ahmadou CISSÉ Envoyé spécial Sikasso, 11 mars (AMAP) Véhicules calcinés, bureaux brûlés, impacts de balles sur les murs, portes et fenêtres brisées, le décor est une scène de guerre. Hèrèmakono, situé à 35 km de la ville de Sikasso, a été violemment attaqué dans la nuit du 1er mars peu avant minuit. Les douaniers, les policiers, les gendarmes et la population sont traumatisés. Le coup porté à ce paisible village a été violent. Bilan : un mort, trois blessés et des dégâts matériels très importants (19 véhicules calcinés et des bâtiments des services publics mis à feu). Cet événement a traumatisé toute la population de la localité. Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, s’est rendu sur place, lundi dernier, pour apporter son soutien aux agents. C’est dans un champ de ruines que le directeur général des douanes s’est rendu pour «remonter le moral des agents des douanes». Selon un témoin encore sous le choc, c’est une attaque simultanée à trois points. Les assaillants seraient au moins 16 individus sur 8 motos. Ils ont été aperçus dans les environs depuis 18 heures du soir. L’alerte aurait été donnée aux forces de sécurité. Mais la réaction n’était pas proportionnelle à la nature du danger. Le premier groupe d’assaillants s’est positionné aux environs de 23 heures à une dizaine de mètres du poste de péage, à 30 km de Sikasso. Le deuxième groupe s’est dirigé vers le bureau des douanes tandis que le troisième et dernier groupe a fait mouvement vers le poste de police. «Les trois groupes étaient dans la localité quelques heures avant la série d’attaques», témoigne un habitant. Ils ont eu le temps d’étudier le mouvement des fonctionnaires de l’État avant de décider de la stratégie d’attaque. C’est le poste de péage qui a été le premier à subir les coups de feu. Les tireurs ont posé leurs armes lourdes dans la broussaille pendant que deux motos camouflées attendaient avec leurs conducteurs. Une centaine de douilles ont été ramassées au poste de tir. Les projectiles ont brisé les vitres et perforé les portes. Aucune perte en vie humaine. Simultanément, le bureau de la douane était attaqué. Les assaillants sont venus du Sud, derrière les installations de télécommunication. Vers minuit, pendant que dormaient les membres de la famille du gardien des installations, des coups de feu ont retenti. Le gardien s’est réveillé brusquement, s’est saisi de sa torche et s’est engagé dans la cour. La lumière de sa torche s’est posée sur un assaillant qui a, aussitôt, ouvert le feu dans sa direction. Il s’en est sorti mais pas son épouse réfugiée dans une pièce, tétanisée de peur. La pauvre dame a pris une balle et gisait dans une mare de sang. Elle a été secourue et prise en charge dans un centre de soin. Dans la cour, un chauffeur a été tué, criblé de balles. Même la mosquée n’a pas été épargnée par les tirs à l’arme lourde. Sacrilège de la part de ceux qui prétendent se battre pour l’islam ! Pendant que le bureau de la douane était en feu, les assaillants ont ouvert un nouveau front. Les postes de police et de gendarmerie sont arrosés de projectiles sans faire de victimes. La famille du chef de village a reçu la visite des terroristes. Situé en face de la police et à gauche de la gendarmerie, le domicile du chef de village présente encore les stigmates de l’assaut. Trois villageois sont touchés mais leur pronostic vital n’est heureusement pas engagé. Le directeur général des douanes n’a pas fait économie de son temps pour inspecter les dégâts. Tous les dégâts. Non seulement sur le site de la douane mais aussi à la police, à la gendarmerie et au service phytosanitaire. Partout, l’inspecteur général Doucara a insisté sur la vigilance et surtout le renseignement. «Mettez la garde haute !», a instruit le directeur général des douanes qui était porteur d’un message du président de la Transition, du Premier ministre et du ministre de l’Économie et des Finances qui compatissent à la douleur des agents et de toute la population de Hèrèmakono. L’inspecteur général des douanes a encouragé et félicité les agents pour leur courage et leur dévouement à accomplir leurs missions malgré les peurs et les inquiétudes. L’insécurité est une réalité, mais il faut faire avec cette nouvelle donne car la survie de notre pays en dépend. «Je suis très fier de vous. Vous avez toutes mes félicitations et mes encouragements», a dit le patron des douaniers, avant de s’engager à tout mettre en œuvre pour protéger les agents partout où ils sont appelés à servir. Avant de quitter la frontière, l’inspecteur général Mahamet Doucara a rencontré le personnel douanier et les commissionnaires en douanes agréés pour passer au peigne fin l’ensemble de leurs préoccupations.
Paix et réconciliation : Echanges fructueux entre le ministre Wagué et Youssouf Toloba
Bamako, 11 mars (AMAP) Le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, et le chef du mouvement armé dogon, Dan na Amassagou, Youssouf Toloba, se sont rencontrés, mardi, dans le pays dogon, pour des discussions en vue d’apaiser le climat dans la Région de Mopti (Centre) dont le potentiel agricole et touristique est d’un apport considérable pour le Mali. La prise de contact entre les deux hommes a été marquée par un franc-parler entre les deux hommes, indiquent des sources proches de la rencontre. Le chef du département de la Réconciliation nationale s’est rendu, sans escorte à l’endroit indiqué par Youssouf Toloba, dans un souci d’apaisement dans la région, avec l’intention de recoudre le tissu social. Le colonel-major Ismaël Wagué, à peine revenu de Gao (Nord) où il a co-parrainé le tournoi sportif pour la paix et la réconciliation, s’est rendu sur le plateau Dogon pour rencontrer Youssouf Toloba, le chef du mouvement des chasseurs Dan na Amassagou. Au cours de cette rencontre, les échanges ont essentiellement porté sur la situation socio-sécuritaire dans le Centre du Mali, le désarmement des milices d’autodéfense et leur réinsertion, les relations entre les populations et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la lutte contre le terrorisme. Le chef du mouvement Dan na Amassagou s’est dit ouvert au dialogue, tout en assurant que son seul souci est de voir le pays Dogon apaisé. Youssouf Toloba a, par la suite, souhaité la mutualisation des forces entre le gouvernement et les populations de la Région, « afin de lutter efficacement contre le terrorisme ». À son tour, le ministre de la Réconciliation nationale s’est dit satisfait de cette première rencontre et a exprimé le souhait d’entretenir cette dynamique pour que le retour de la paix ne soit pas un vain mot dans notre pays. Il a donné l’assurance de faire remonter toutes ces informations aux plus hautes autorités. Cette rencontre a enregistré la présence de Sékou Allaye Bolly, chargé de mission au ministère de la Réconciliation nationale et de Mamoudou Goudienkilé, président de la coordination d’une milice d’autodéfense. La démarche du colonel-major Ismaël Wagué est destiné à faire le déclic dans la réconciliation dans cette partie du Mali où les communautés Dogon et Peulh ont toujours cohabité dans la paix et la concorde depuis des siècles. MK/MD (AMAP)
Affaire dite des 21 bérets rouges disparus : Amadou Aya Sanogo et seize co-accusés comparaitront jeudi
Bamako, 11 mars (AMAP) Amadou Aya Sanogo et 16 de ses co accusés comparaitront, jeudi, à l’audience de la Cour d’Assises de Bamako dans l’affaire « d’enlèvement de personnes, d’assassinat et complicité d’assassinats », communément appelée Affaire des 21 bérets rouges, a appris l’AMAP de source proche des juridictions. Cette affaire, qui n’avait pas pu être jugée le 25 février 2021, à cause des mutations intervenues récemment au sein de la magistrature, a été renvoyée au 11 mars 2021 par la Cour d’assises de Bamako, selon notre source. On rappelle que la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Bamako a ordonné, le 28 janvier 2020, la mise en liberté provisoire (la déclarant bien fondée) de Amadou Haya Sanogo, l’ex-chef de la junte et de douze de ses co-accusés, emprisonnés depuis sept ans. Le procès d’Amadou Aya Sanogo, qui avait été ouvert fin novembre 2016 à Sikasso (Sud), avait été reporté pour la première fois, pour non-conformité du laboratoire et du délai des tests ADN des victimes. KM (AMAP)
Côte d’Ivoire : Décès du Premier ministre Hamed Bakayoko
Bamako, 10 mars (AMAP) Le Premier ministre ivoirien, Hamed Bakayoko, également ministre de la Défense, est décédé, mercredi, en Allemagne, des suites d’un cancer, annoncent plusieurs sources officielles. Hamed Bakayoko était hospitalisé depuis plusieurs jours à l’hôpital américain de Paris. Traité d’un cancer en phase terminale, il a été transféré en Allemagne le 6 mars dernier, quand son état s’est dégradé. Il avait 56 ans. «Je rends hommage au Premier ministre, Hamed Bakayoko, mon fils et proche collaborateur, trop tôt arraché à notre affection», a dit le président ivoirien, Alassane Ouattara, dans un communiqué lu à la télévision nationale. « Le Premier ministre Hamed Bakayoko a servi la Côte d’Ivoire avec dévouement et abnégation. C’était un grand homme d’État, un modèle pour notre jeunesse, une personnalité d’une grande générosité et d’une loyauté exemplaire », a poursuivi Alassane Ouattara. Hamed Bakayoko était le Premier ministre de Côte d’Ivoire depuis juillet 2020. Il a remplacé à ce poste Amadou Gon Coulibaly dont il avait assuré l’intérim après le décès, peu avant l’élection présidentielle. Considéré comme l’un des « fils » spirituels et héritiers du président Ouattara dont il a été successivement ministre d’État de l’Intérieur et ministre d’État de la Défense, il était, également, maire de la Commune d’Abobo, à Abidjan, la capitale. MT/MD (AMAP)
Hausse des infections à la Covid-19 au Mali: Quelque 97 cas mardi
Bamako, 10 mars (AMAP) Les services de santé ont enregistré, mardi, 97 nouveaux cas de Covid-19, sur un total de 878 échantillons testés, indique le communiqué du ministère de la Santé et du Développement social. Toutefois, les médecins ont déclaré deux patients guéris contre zéro décès au cours des dernières 24 heures, selon la même source. Les contaminations du jour ont été identifiées dans les Régions de Kayes (Ouest), Koulikoro (Près de la capitale), celles de Sikasso (Sud) et Mopti (Centre), ainsi qu’à travers plusieurs Communes du District de Bamako, la capitale. Au total, le Mali compte à ce jour 8.710 cas confirmés de Covid-19 sur lesquels 6.452 malades ont recouvré la santé contre 358 décès. AT/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 10 mars 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 10 mars 2021 dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence de Monsieur Bah N’DAW, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de textes ; – procédé à des nominations ; – et entendu une communication. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de textes relatifs à la ratification du Contrat de financement signé à Bamako, le 21 décembre 2020 et à Luxembourg, le 22 décembre 2020, entre le Gouvernement de la République du Mali et la Banque Européenne d’Investissement, en vue du financement du Projet EDM-BOUCLE 225 KV NORD BAMAKO. La Banque Européenne d’Investissement accorde au Gouvernement de la République du Mali, un prêt d’un montant de 29 milliards 518 millions 65 mille francs CFA. Le prêt accordé est destiné au renforcement du potentiel de distribution de la société Energie du Mali à travers la construction d’une ligne électrique de structure à double ternes de 225 KV en périphérie nord de Bamako, entre les postes de Dialakorobougou et de Kodialani, sur un tracé de 102 km. La réalisation des travaux permettra d’améliorer la desserte électrique de la ville de Bamako et environs et d’accroitre la production d’énergie renouvelable. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ECONOMIE ET DES FINANCES Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux d’aménagement de la section Sevaré-Mopti de la route nationale n°6, d’aménagement de 10 km de voiries, dont 5 km à Mopti et 5 km à Sévaré et la construction de la voie de contournement de l’aéroport de Mopti Ambodédjo. Le marché est conclu, entre le Gouvernement de la République du Mali et le bureau d’études CIRA SAS, pour un montant hors taxes de 2 milliards 26 millions 637 mille 20 francs CFA et un délai d’exécution de 32 mois. La conclusion de ce marché permettra le démarrage, le suivi et le contrôle de l’exécution des travaux d’aménagement prévus. AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES FONCIERES, DE L’URBANISME ET DE L’HABITAT Sur le rapport du ministre des Affaires foncières, de l’Urbanisme et de l’Habitat, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation de la parcelle de terrain, objet du titre foncier n°863 du Cercle de Koulikoro sise à Kolebougou, Commune urbaine de Koulikoro. La parcelle de terrain, d’une superficie totale de 77 hectares 53 ares 55 centiares sise à Kolebougou, Commune urbaine de Koulikoro est destinée au recasement de 1630 ménages recensés dans le secteur spontané de Bakaribougou et à la réalisation d’équipements collectifs, d’urbanisme, d’assainissement et de voirie en vue d’améliorer le cadre de vie des populations concernées. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS – Conseillers techniques : Colonel-major Madani DEMBELE ; Colonel Bakary Nama CISSE. – Directeur adjoint du Génie Militaire : Colonel-major Adama DIARRA. – Haut Fonctionnaire de Défense au Ministère des Mines, de l’Energie et de l’Eau : Colonel-major Nicolas CISSE. – Inspecteurs à l’Inspection Générale des Armées et Services : Colonel-major Abdoulaye HAMIDOU ; Colonel-major Youssouf DIARRA ; Colonel-major Moussa THERA ; Colonel Mahamadou COULIBALY ; Colonel Ousmane SACKO ; Colonel Abdoulaye BALLO. – Chef de Cabinet de l’Inspecteur Général des Armées et Services : Lieutenant-colonel El Hadj Ousmane ARAMA. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION – Directeur Général de l’Administration du Territoire : Monsieur Abdoul Salam DIEPKILE, Membre du Corps préfectoral. – Directeur national de la Fonction publique des Collectivités territoriales : Monsieur Moussa DEMBELE, Membre du Corps préfectoral. – Gouverneur de la Région de Sikasso : Monsieur Siné DEMBELE, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Kayes : Monsieur Amadou DICKO, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Ségou : Monsieur Afel Boubacar YATTARA, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Kidal : Monsieur Mahamadou Ismaïla MAIGA, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Bougouni : Monsieur Sékou SAMAKE, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Koulikoro : Monsieur Bernard COULIBALY, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Sikasso : Monsieur Moussa DIALLO, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Ségou : Monsieur Abdramane DEMBELE, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Tombouctou : Monsieur Karifa KONE, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Taoudénit : Monsieur Makan CISSOKO, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires administratives et juridiques du Gouverneur de la Région de Ménaka : Monsieur Issoufou THERA, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires économiques et financières du Gouverneur de la Région de Koulikoro : Monsieur Alhousseiny B. TOURE, Ingénieur des Eaux et Forêts. – Conseiller aux Affaires économiques et financières du Gouverneur de la Région de Kidal : Madame Aïcha Belco MAIGA, Administrateur de l’Action Sociale. – Conseiller aux Affaires économiques et financières du Gouverneur de la Région de Nioro : Monsieur Adama SANOU, Planificateur. – Conseiller aux Affaires économiques et financières du Gouverneur de la Région de Kita : Monsieur Bouroulaye DIAKITE, Vétérinaire et Ingénieur d’Elevage. – Conseiller aux Affaires économiques et financières
Mali : La 2è réunion du Groupe de soutien à la Transition salue les avancées (Ministère des Affaires étrangères)
Bamako, 10 mars (AMAP) La 2è rencontre du Groupe de soutien à la Transition au Mali (GST-Mali), qui s’est tenue lundi, à Lomé (Togo), a pris note avec satisfaction des avancées enregistrées depuis la réunion inaugurale du GST-Mali, a appris l’AMAP auprès du ministère malien des Affaires étrangères. Selon la même source, les participants, sous la présidence du chef de l’Etat togolais, Faure Essozimna Gnassingbé, se sont félicités du parachèvement de la mise en place des organes de la Transition par le Conseil national de Transition (CNT) « dont le rôle est crucial pour l’adoption des réformes attendues ». Ils ont salué l’initiative du Premier ministre malien, Moctar Ouane, de rencontrer la classe politique pour discuter des principaux défis de la Transition. Mais, également, l’adoption par le CNT du Plan d’action du gouvernement qui définit six axes prioritaires pour faciliter un accompagnement adéquat des partenaires. Au cours de la réunion destinée à faire le point du processus de transition en cours au Mali, de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation et de présenter les domaines et actions pour lesquels, Bamako attend le soutien des partenaires du GST-Mali, les participants ont été informés, par la délégation malienne, de l’évolution du processus de transition, notamment les avancées réalisées dans les réformes politiques et institutionnelles, l’état de préparation des élections générales de 2022, la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation, la situation économique et humanitaire ainsi que les défis liés aux questions de défense et de sécurité. Les participants ont pris note des initiatives du gouvernement, sur la préparation des élections, notamment la création d’une Cellule d’appui au processus électoral qui dispose d’un espace politique de concertation ouvert à l’ensemble de la classe politique. Par ailleurs, ils ont salué les progrès réalisés dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix. Avant de convenir de la tenue de la prochaine réunion du Groupe au mois de juin prochain à Bamako. Au cours de cette rencontre, qui intervient après la réunion inaugurale du GST-Mali, fin novembre à Bamako, le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Zeïni Moulaye, en tête de la délégation malienne, a rappelé que lors de la réunion inaugurale, le 30 novembre 2020, à Bamako, « le gouvernement s’est engagé à poursuivre les efforts en vue de conduire de manière inclusive, le processus de transition à bon port dans les délais, en concertation avec la communauté internationale ». Pour Zeïni Moulaye, le respect de ces engagements reste encore d’actualité. Et cela « a permis d’enregistrer d’importantes avancées avec la mise en place de tous les organes de la Transition, la mise en route des réformes politiques et institutionnelles, la préparation des élections générales et du referendum pour le retour à une vie constitutionnelle normale ». Le chef de la diplomatie malienne a souligné que les questions humanitaires, de défense et de sécurité demeurent au cœur des priorités des autorités maliennes comme en témoignent les actions entreprises dans ce sens et la place qui leur est accordée dans le Plan d’action du gouvernement. Selon Zeïni Moulaye, ce plan d’action fixe les grandes orientations à entreprendre et dénote de la résolution ferme du gouvernement à réussir cette transition. Pour sa part, le président togolais a dit que le GST-Mali « représente une aubaine pour rentabiliser l’action internationale en faveur du Mali dans un élan d’inclusion et de pragmatisme ». Selon Faure Essozimna Gnassingbé, le Groupe « continuera d’être au centre de la coordination internationale sur la situation au Mali afin d’éviter la duplication inutile des efforts et le gaspillage de ressources rares, surtout dans le contexte sanitaire actuel, en appui aux efforts conduits par les autorités maliennes ». « Notre soutien au Mali, dans le cadre de ce Groupe, sera davantage performant, plus efficace et plus ciblé pour créer un impact positif et durable sur les défis les plus pressants », a indiqué Faure Gnassingbé. Le GST-Mali est une initiative du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (UA). Co-présidé par l’UA, les Nations unies et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), il a pour missions d’accompagner et soutenir le Mali dans la mise en œuvre de la Charte de la Transition et de sa feuille de route. DD/MD (AMAP)
Un nouveau Code minier pour booster le secteur au Mali
Par Babba B. COULIBALY Bamako, 10 mars (AMAP) La nouvelle législation de 2019 remplace celui de 2012. Promulgué en novembre 2020, son adoption met ainsi fin à la coexistence de plusieurs textes régissant le domaine minier au Mali. La nouvelle législation définit les conditions de détention, de recherche et d’exploitation des ressources minières au Mali. Elle précise, également, les relations entre l’activité minière et les administrations impliquées dans la gestion minière (ministères des Finances, de l’Environnement, de la Santé, de la Sécurité, en collaboration avec celui chargé des Mines). Elle apporte des innovations majeures dont l’application rigoureuse devrait permettre une meilleure gestion des revenus engendrés par le secteur. L’or contribuant à près de 10% au Produit intérieur brut (PIB), 20% au budget national et 70% des produits d’exportation du Mali. Au total, 19 innovations ont été adoptées pour corriger les lacunes constatées, renforcer l’attractivité du pays et booster l’économie nationale et locale. Ces nouvelles directives permettront «une amélioration de la gestion des revenus de la mine, l’augmentation des revenus de l’Etat (certaines exonérations sont limitées), des populations, de donner une part importante aux fournisseurs maliens. En un mot, « faire en sorte que l’or brille pour tous les Maliens», développe le chef de cabinet du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Alexis Dembélé. Au cours d’un entretien dans son bureau, celui qui est, aujourd’hui, considéré comme l’un des plus grands spécialistes des questions minières au Mali précise que ces innovations se rapportent à la réduction de la durée de la période de stabilité qui passe de trente à vingt ans. « Il s’agit là, explique l’expert en géologie, de la période pendant laquelle les dispositions fiscales sont stables ». Donc impossible, selon lui, de les changer même si une nouvelle loi fiscale venait à être adoptée. « Le nouveau Code redéfinit le nombre de titres miniers par la suppression de l’autorisation de prospection, la clarification des concepts de sous-traitants, prestataires, sociétés affiliées, fournisseurs, en passant par l’extension des obligations de protection de l’environnement à la phase de recherche et le réaménagement des groupes de substances minérales afin de promouvoir la diversification », détaille Lamine Alexis Dembélé. Selon lui, la nouvelle législation clarifie, également, le domaine de l’exploitation artisanale mécanisée, à petite échelle, la suppression de l’autorisation d’exploitation par dragage, l’interdiction du dragage et toute autre forme d’exploitation dans les lits des cours d’eau. 20% DES REVENUS – La nouvelle charte minière innove avec l’introduction de la possibilité d’attribution des titres miniers par appel d’offres. « Elle précise, aussi, les dispositions concernant les obligations sociétales des entreprises minières par la création d’un Fonds minier de développement local alimenté à hauteur de 20% des revenus tirés des mines et 0,5% du chiffre d’affaires des sociétés minières », indique le chef de cabinet. Il ajoute que le nouveau texte introduit, également, de nouvelles dispositions régissant l’approvisionnement local, l’emploi et la sous-traitance. L’exonération de la Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) pendant la phase de production (souvent à l’origine d’incompréhensions entre les parties), est supprimée, tout comme les avantages douaniers et fiscaux liés aux investissements portant sur les infrastructures et installations d’hébergement, de restauration, d’éducation, de santé et de loisirs. Autres nouveautés apportées au secteur minier national, le paiement des droits de douanes au taux de 5% et de la taxe intérieure sur les produits pétroliers à partir du démarrage de la production et la suppression de l’exonération sur les machines, les équipements, les outillages, les pièces de rechange et les matériaux à partir du démarrage de la production, ajoute le géologue senior. Il précise que le nouveau Code prévoit, également, la création d’un Fonds de réhabilitation, de sécurisation des sites miniers artisanaux et de lutte contre l’usage des produits chimiques prohibés. Il introduit, aussi, un nouveau dispositif relatif à l’arbitrage des différends. En matière de gouvernance et redevabilité, le nouveau Code fait une part belle aux principes de transparence, tels que l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) et le Processus de Kimberley (PK). Il innove avec l’introduction d’une disposition relative à la mise en place d’un compte séquestre pour garantir l’après-mine. Les modalités de taxation des plus-values de cession ou de transmission réalisées directement ou indirectement, et de surproduction y sont, également. définies. L’article 19 du nouveau Code minier stipule que l’activité minière sur les substances soumises au régime des mines, est autorisée en vertu d’un titre minier délivré conformément aux dispositions du présent Code. à cet effet, les titres miniers prévus par le présent Code sont : l’autorisation d’exploration, le permis d’exploitation artisanale, ceux d’exploitation semi-mécanisée et de recherche et le permis d’exploitation de petite mine et de grande mine. S’agissant des infractions, l’article 194 précise que sont punis d’un emprisonnement allant de onze jours à deux ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, les auteurs de fausses déclarations pour obtenir un titre minier. Ceux qui s’opposent, de quelque manière que ce soit, à l’occupation d’un périmètre minier par le titulaire du titre minier sont assujettis aux mêmes sanctions. Il vise, également, les titulaires miniers qui effectuent l’analyse des échantillons en dehors du Mali sans l’autorisation préalable de la direction générale des mines et ceux qui acceptent de faire travailler les enfants sur leur chantier. L’article 195 indique que sont punis d’un emprisonnement d’un mois à trois ans et d’une amende d’un à cinq millions de Fcfa ou de l’une de ces deux peines seulement, ceux qui se livrent à des travaux de recherche ou d’exploitation de substances minérales soumises au régime des mines sans détenir de titre approprié. Sont punis des mêmes peines ceux qui, au sens des dispositions du Code pénal, apportent aide et assistance aux prospecteurs et aux exploitants clandestins ou qui ne déclarent pas l’arrêt définitif des travaux relatifs à la réhabilitation du site. BBC (AMAP)
Kayes : Organisation de la 3ème édition des Journées de l’OMVS
Kayes, 10 mars (AMAP) La 3ème édition des journées de l’Organisation pour la mise en Valeur du fleuve Sénégal (OMVS), s’inscrivant dans le cadre de la commémoration de la création de ladite organisation le 11 mars 1972, se déroulera cette année dans la Cité des rails, a appris l’AMAP de source proche de l’organisation sous régionale. La cérémonie d’ouverture sera présidée par le ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau du Mali, Lamine Seydou Traoré qui représentera le président de la Transition, en présence du Haut-commissaire de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal, Hamed Diane Semega, du gouverneur de région, le colonel Moussa Soumaré et de plusieurs autres personnalités. L’édition de cette année dont le thème est : « Kayes, terre OMVS », sera marquée par des conférences de haut niveau sur les projets structurants, le lancement des travaux d’accès Kayes-Félou, une exposition, des activités d’investissement humain (nettoyage des berges du fleuve ; dons de caissons de poubelles et des équipements médicaux), des visites de terrains et des activités culturelles et sportives. Hamed Diane Semega remettra 10 caissons de poubelles au gouverneur de région de Kayes, au profit des riverains avant le baptême de la Place OMVS sur la berge gauche, non loin de la résidence du gouverneur. Les officiels se rendront vendredi au barrage de Félou, avant d’aller à Logo Sabouciré pour procéder au lancement des travaux du périmètre maraîcher (financement PGES Ligne Gouina Félou), procéderont à la remise d’équipements médicaux seront offerts aux Centres de Santé Communautaire de Diamou et de Tacoutala avant de visiter le bosquet collectif réalisé par PGIRE à Maloum. L’étape du samedi sera consacrée aux visites du chantier de l’ouvrage hydroélectrique de Gouina et d’un site de réinstallation Banganoura où des questions d’électrification rurale seront évoquées. La dernière étape, celle de dimanche, sera marquée par des visites du Projet PGIRE dans les environs de Kayes. La délégation sera attendue à Dramané, Ambidédi, Synthianie et Bangassi Nango. La coopérative des pêcheurs de la région de Kayes gratifiera également le public des régates (courses de pirogue et de marionnettes au niveau de l’embarcadère de Kayes rive gauche financé par PGIRE. Le complexe de Manantali (le barrage et sa centrale, 2002), situé sur le Bafing, a une puissance de 200 MW et produit en moyenne 800 GWh/an qui sont livrés aux sociétés nationales d’électricité du Mali (EDM : 52%), de la Mauritanie (SOMELEC : 15%) et du Sénégal (SENELEC : 33%). Ce barrage a été mis en service depuis 2002. Mis en service en 2013, l’ouvrage de Félou produit en moyenne 60 MW qui sont injectés dans le réseau de Manantali. Un troisième barrage, celui de Gouina, est en cours de construction et produira en moyenne plus de 600 GWh par an. La mise en œuvre du plan de gestion environnemental et social de cet ouvrage a nécessité la mobilisation de 8,5 milliards de FCFA entièrement financés par la Société de Gestion de l’Energie de Manantali (SOGEM). La zone d’influence directe du Projet concerne cinq (5) villages et sept (7) hameaux avec une population de 2445 répartis en 394 ménages. Les six localités à déplacer ont été réinstallées sur quatre sites à savoir Banganoura, Foukara (Tambafara), Tamboloukoto (Commune de Diamou) et Talari (Commune de Bafoulabé). BMS/KM (AMAP)
Le président nigérien Mahamadou Issoufou reçoit le prix Mo Ibrahim
Bamako, 9 mars (AMAP) Le prix Mo Ibrahim pour le leadership et l’excellence en Afrique est décerné au président nigérien Mahamadou Issoufou qui devient le 7e chef d’État africain lauréat de cette prestigieuse distinction. «Le chef de l’État du Niger, Mahamadou Issoufou, s’est distingué par ses efforts pour améliorer le développement économique de son pays, tout en œuvrant pour la stabilité régionale», indique le comité qui décerne le prix. Le Prix Mo Ibrahim publie l’Indice Mo Ibrahim de la gouvernance sur le continent. Le prix, qui depuis son lancement, récompense chaque année le leadership et l’excellence en Afrique, n’avait pas été décerné depuis trois ans. Avant le chef de l’État du Niger, le prix Mo Ibrahim avait été attribué, en 2017, à la présidente Ellen Johnson Sirleaf du Liberia. Puis après, respectivement, les présidents Hifikepunye Pohamba de Namibie (2014), Pedro Pires du Cap-Vert (2011), Festus Mogae du Botswana (2008) et Joaquim Chissano du Mozambique (2007). Le président Nelson Mandela a été nommé premier lauréat honoraire du prix en 2007. SSI/MD (AMAP)

