Assises nationales sur le coton : Pour donner un second souffle à la filière
Bamako, 19 Janv (AMAP Le Premier ministre, Moctar Ouane, a lancé, lundi, les Assises nationales sur le coton qui visent à contribuer à la relance de la culture cotonnière en vue de la rendre résiliente, compétitive, rentable et durable. Ces Assises représentent un rendez-vous important en ce qu’elles doivent permettre l’analyse des voies et moyens susceptibles de favoriser une véritable relance de la culture du coton à partir de la campagne 2021/2022, caractérisée par la rentabilité et la compétitivité de la filière cotonnière du Mali, a déclaré le chef du gouvernement. Le chef du gouvernement a souligné l’importance particulière que son équipe accorde à la tenue de ces assises nationales sur le coton, initiées par le ministère de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche. Moctar Ouane a indiqué que nul n’ignore la place centrale qu’occupe la filière coton dans l’économie malienne. Outre la création et la redistribution de revenus sûrs et importants aux producteurs de coton, elle contribue à la sécurité et à l’autosuffisance alimentaire, au financement d’infrastructures sociales de base dans les zones d’intervention de la Compagnie malienne de développement des textiles (CMDT) et de l’Office de la Haute vallée du Niger (OHVN), à la dynamisation de multiples branches de l’économie nationale, a soutenu le Premier ministre. Il a rappelé que la filière coton contribue substantiellement aux recettes fiscales et douanières, aux bilans des banques, à la stimulation de l’activité hôtelière, du petit commerce ambulant et à la création d’emplois. Au total, plus de 4 millions de personnes bénéficient de la culture du coton comme source de moyens d’existence. Le secteur contribue à hauteur de 15% à la formation du Produit intérieur brut (PIB) et occupe la seconde place, après l’or, au plan des recettes d’exportation. « L’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) a retenu la culture du coton comme l’une des cinq filières prioritaires devant bénéficier d’un développement soutenu », a rappelé le chef du gouvernement. « En dépit de cette position hautement stratégique dans l’économie nationale, la filière coton reste très fragile face aux fluctuations du cours mondial de la fibre et du prix des intrants agricoles », a relevé M. Ouane. De même, le faible niveau de productivité et de transformation au niveau national ainsi que les nombreux dysfonctionnements dans la gouvernance du secteur obèrent les efforts de développement de la filière. À titre d’exemple, la filière coton a, de 2000 à nos jours, connu quatre crises majeures. « Celle de 2020 aura été la plus emblématique en raison de ses graves conséquences négatives sur l’économie et la sécurisation des moyens d’existence des populations vulnérables. Le tout dans un contexte de changement climatique et de Covid-19 », a illustré Moctar Ouane. Saluant les producteurs de coton pour leurs efforts inlassables visant à hisser haut le pays et préserver son rang de leader dans une filière hautement concurrentielle, il a remercié les Partenaires techniques et financiers pour leur soutien. De son côté, le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Pêche, Mahmoud Ould Mohamed, a expliqué que l’organisation de ces Assises nationales s’inscrit dans l’axe 2 du Programme d’actions du gouvernement de Transition (PAG), à savoir la promotion de la bonne gouvernance. « Car la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie, mais confrontée à des crises récurrentes », a insisté Mahmoud Ould Mohamed. « Tout se passe au rythme des fréquentes contreperformances, comme si nous étions dans la fameuse spirale de la pauvreté tant décrite par les économistes. Briser ce cycle infernal est indispensable », a dit le chef du département de l’Agriculture. Cela, conformément aux instructions fermes données par le chef de l’État, Bah N’Daw. Par ailleurs, suite aux différentes crises qui ont ébranlé le secteur du coton, des réflexions stratégiques impliquant les différents acteurs ont été faites, donnant lieu à de nombreuses recommandations, a dit le ministre en charge de l’Agriculture. Les présentes assises doivent, selon lui, répondre à plusieurs questions : quelles sont les leçons apprises des différentes crises et pourquoi les solutions envisagées n’ont-elles pas fonctionné ? Quelles sont les actions de relance de la culture du coton recommandées à partir de la campagne 2021/2022 ? Pour ce faire, le ministre Mahmoud Ould Mohamed s’est engagé à travailler, sans relâche, pour sortir la filière de ce cercle vicieux afin de l’inscrire, dans le plus bref délai, dans un cercle vertueux. À cet effet, il a invité les acteurs de la filière à renforcer la cohésion en leur sein. Le but est de promouvoir la bonne gouvernance et d’en faire une réalité tangible. La rencontre a eu lieu en présence du président directeur général de la Compagnie malienne pour le développement des textiles (CMDT), Dr Nango Dembélé et des acteurs du secteur du coton. ADS/MD (AMAP)
Biens culturels : La crise sécuritaire au Mali favorise le trafic
Par Amadou SOW Bamako, 18 Janv (AMAP) Le trafic illicite des biens culturels a pris une nouvelle dimension avec l’éclatement de la crise au Mali, en 2012, au moment où les pays européens s’engagent à rendre au continent des objets de haute valeur dérobés généralement, pendant la colonisation. Selon le directeur général du Musée national, Dr Daouda Keïta, après la crise de 2012 au Mali, le trafic des biens culturels s’est intensifié avec l’effondrement de l’Etat dans certaines régions. Une bonne partie des sites et biens culturels était à la merci des prédateurs. « Lorsque les objets sont volés, détruits ou retirés de leur contexte historique, ils sont souvent perdus à jamais », explique-t-il. En 2014, le site de Goudji Touréla, à Ségou, dans le Centre du Mali, a fait l’objet de fouilles illicites par un réseau de vendeurs de biens culturels africains. Cela du fait de l’effondrement de l’administration publique en charge de la protection des biens culturels. Pendant cette période, des milliers d’objets ont été emportés et vendus à des collectionneurs ou amateurs d’art africain. Le directeur du Musée national relève que les pilleurs sont bien organisés en réseau. « Des pilleurs ont fait des fouilles et des antiquaires ont acheté sur le site », a révélé Dr Keita. Des milliers d’objets africains ont été emportés vers de grands musées. Le conseiller technique au ministère de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme, Dr Mamadou Cissé, en charge du patrimoine culturel, soutient que le phénomène a eu un coup d’accélérateur pendant la crise sécuritaire. Les sites de Djenné-Djeno et du Delta central ont fait l’objet d’un grand pillage. Plusieurs autres sites dans le Septentrion et dans le Sud ont également subi le même sort. « L’année dernière, certains responsables de services techniques ont été menacés par les prédateurs », a annoncé l’archéologue Cissé. Certains individus profitent de la crise sécuritaire pour sauter les verrous. Ils entretiennent une grande complicité avec un réseau d’antiquaires et de collectionneurs de l’art africain. Cette hypothèse est confirmée par les archéologues et historiens maliens que nous avons rencontrés. Les turbulences enregistrées au Mali, depuis mars 2012, à la suite d’un putsch, expliquent amplement cet état de fait. Parce qu’il y a eu l’occupation des deux tiers du territoire national par des groupes armés qui ont procédé à une destruction massive et au pillage des biens culturels. Suite aux pillage et trafic illicite de biens culturels vers d’autres horizons, les autorités maliennes, en partenariat avec l’Unesco et d’autres partenaires techniques et financiers, ont multiplié les initiatives et les actions pour barrer la route aux prédateurs de notre identité culturelle. En réponse à cet engagement commun, les autorités françaises ont, également, promis de restituer 16 objets. Un lot de six objets sera restitué dans un premier temps. La seconde phase de restitution portera sur les dix autres. Cette décision de restitution intervient après le rapport d’une équipe de chercheurs engagée par le président français, Emmanuel Macron, qui s’appuie sur le rapport de Felwine Sarr et de Bénédicte Savoy. Ce document d’inventaire en trois volumes de 863 pages établit que 6.910 objets, en provenance du Mali, ont été inventoriés dans les collections du Musée du Quai Branly qui dispose de milliers d’objets africains d’une valeur inestimable. Dans le souci de bien accueillir ces objets et de les garder dans des conditions optimales, le département de la Culture, de l’Artisanat et du Tourisme a initié plusieurs projets, dont l’organisation, en décembre, d’un atelier de réflexion pour faire l’état des lieux dans les musées et institutions en vue d’assurer une bonne condition de conservation de ces biens restitués. Il s’agissait, également, de faire des propositions concrètes sur le sort des œuvres à rapatrier. Les autorités en charge de la question entendent exploiter toutes les opportunités pour ramener une bonne partie de nos objets identitaires et mettre en place un mécanisme pour contrarier les trafiquants de biens culturels dans le noir dessein qu’ils nourrissent d’aliéner notre patrimoine culturel. C’est dans cette vision globale de protection des biens culturels que le ministère en charge de la Culture a organisé un autre atelier sur la restitution des biens culturels africains sous le thème : “Quels objets et quelles stratégies pour le Mali” du 26 au 28 décembre 2018 à Bamako. La restitution des biens culturels est un long processus qui est en cours depuis des décennies. Cette campagne a été lancée par le Conseil représentatif des associations noires de France (CRAN), en décembre 2013. Selon une source officielle, en dépit d’un accord bilatéral entre le Mali et les Etats-Unis sur la gestion des biens culturels, le puissant réseau de fournisseurs des grands musées et collectionneurs continue de prospérer. « Il s’attaque, parfois, à visage découvert aux textes et conventions sur le pillage des biens culturels », selon notre source. Les Africains se souviendront longtemps du discours prononcé par le président français, Emmanuel Macron, dans l’amphithéâtre de l’Université Joseph Ki-Zerbo, en novembre 2017. M. Macron a rappelé l’exigence de restituer au continent africain ses biens culturels. « Je veux que, d’ici cinq ans, les conditions soient réunies pour des restitutions temporaires ou définitives du patrimoine africain en Afrique », a dit le président français. Il exprimait sa détermination à réparer une forme d’injustice vis-à-vis de l’Afrique qui a été dépouillée, selon les historiens, de ses biens culturels mais aussi de documents de traditions orales pendant la colonisation. Ces dernières années, les crises récurrentes dans certains pays africains ont accentué ce trafic. La protection, la réhabilitation et la sauvegarde des biens culturels demeure une préoccupation essentielle du Mali qui a ratifié des conventions de l’Unesco, notamment celles de 1954 sur la protection des biens culturels en cas de conflit armé et de 1970 sur les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicite des biens culturels. Pourtant, le patrimoine culturel malien continue d’être menacé. Certains spécialistes estiment que c’est le moment de revoir en détail la situation. FERMETE – Le rapport d’un deuxième atelier recommande que les autorités maliennes
Les élèves maliens reprennent le chemin de l’école lundi
Bamako, 19 Janv (AMAP) « La rentrée des classes 2020-2021 aura lieu sur toute l’étendue du territoire national le 25 janvier », a annoncé, mardi, le ministère malien de l’Éducation nationale dans une lettre adressée aux directeurs des Académies d’enseignement. Les élèves maliens seront donc de nouveau sur le chemin de l’école dès lundi pour une rentrée scolaire 2020-2021, initialement programmée pour le mardi 05 janvier dernier, et reportée par les autorités en raison de la recrudescence des cas de contamination à la Covid-19 au Mali. Le document du ministère, daté du 18 janvier, précise que le retour des élèves dans les établissements scolaires va se dérouler dans « le respect des mesures barrières afin d’assurer aux enfants un environnement sécurisé ». Dans ce contexte de crise sanitaire, « une leçon modèle sur la Covid-19 » sera donnée aux élèves « dès le premier jour de la rentrée dans toutes les classes » et pendant toute la semaine, pendant 20 minutes, indique le communiqué signé par le secrétaire général du ministère de l’Éducation nationale. Le ministère de l’Éducation exhorte, à cet effet, les responsables des Académies d’enseignement à « mettre en place, au niveau de chaque école, un comité de veille » qui sera chargé du respect des mesures barrières dans chaque classe. MT/MD (AMAP)
Stabilisation du Mali: Jean-Pierre Lacroix au contact des acteurs clés
Bamako, 19 Janv (AMAP) Le Secrétaire général adjoint aux opérations de paix de l’Organisation des Nations unies (ONU), en visite au Mali, a rencontré, lundi après-midi, les représentants de la classe politique, après son audience avec le Premier ministre, Moctar Ouane. En compagnie du représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU au Mali, Mahamat Saleh Annadif, Jean-Pierre Lacroix et sa délégation ont échangé avec leurs interlocuteurs au sujet des changements politiques majeurs intervenus, au Mali, au cours de l’année 2020, des réformes institutionnelles prévues ou encore de la préparation des élections. M. Lacroix s’est, également, entretenu avec les membres de la Médiation internationale. Au cours des échanges, il a été question des progrès dans la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation au Mali et les moyens de consolider les avancées. Auparavant, Jean-Pierre Lacroix et sa délégation avaient rencontré le Commandement de l’EUTM et d’EUCAP Sahel, les Missions européennes d’appui aux Forces de défense et de sécurité du Mali, avec lesquelles il a été question de la collaboration dans ce cadre. MS/MD (AMAP)
Mali : Les assises nationales sur le coton lancées lundi, à Bamako
Bamako, 19 janvier (AMAP) La cérémonie d’ouverture du lancement des assises nationales sur le Coton, a été présidée lundi à Bamako par le Premier ministre, Moctar Ouane, sous le thème « Ensemble, mettons en valeur l’or blanc malien », a constaté l’AMAP. C’était en présence du Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, M. Mohamed Ould Mahmoud, des responsables de la CMDT et des représentants des organisations faitières de production du secteur cotonnier. Le Ministre de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, Mohamed Ould Mahmoud a, dans son allocution, rappelé que « la filière coton est la colonne vertébrale de notre économie ». Le Chef du Gouvernement a, pour sa part, souligné l’Importance particulière de ces Assises avant de déclarer que l’objectif en est de trouver des solutions afin de contribuer à la relance de la culture cotonnière et d’assurer la résilience et le développement durable de cette filière coton dans notre pays. En rappel, la filière du coton qui occupe une partie importante de la population malienne traverse, ces dernières années; des crises majeures dont le refus des producteurs de certaines zones de cultiver le coton suite à des dissensions sur le prix avec le gouvernement. KM (AMAP)
Ghana : Nana Akufo-Addo proclamé vainqueur de la présidentielle (Résultats provisoires)
Bamako, 11 Déc (AMAP) La commission électorale ghanéenne a proclamé, mercredi, le président sortant Nana Akufo-Addo, vainqueur de l’élection présidentielle du lundi 07 décembre dernier. Ces résultats provisoires qui donnent 51.59 % des suffrages a Nana Akufo-Addo devant l’opposant John Dramani Mahama qui recueille 47.63 % des voix . Les résultats provisoires publiés par la commission électorale nationale indiquent que l’actuel chef de l’État va rempiler après sa première élection, en 2016, face à ce même ,rival John Dramani Mahama, alors président. Un jour, après la proclamation des résultats provisoires, l’opposant n’a, pour le moment, pas encore réagi. Sa réaction sera scrutée à la loupe, car la présidentielle s’est déroulée dansun contexte de tension et de méfiance entre les deux camps. Après les accusations de fraudes de part et d’autre, ces derniers jours, le spectre d’une crise post-électorale est redouté dans le pays. MT/MD (AMAP)
Le chef d’état major français en visite de deux jours au Mali
Bamako, 11 Déc (AMAP) Le chef d’état-major des armées françaises, le général François Lecointre, est arrivé, jeudi, à Gao (dans le nord du Mali) pour une visite de deux jours, afin d’évaluer les opérations anti-jihadistes, annonce un communiqué de l’ambassade de France au Mali. Ainsi à Gao, il devra, selon la même source, évaluer la qualité du partenariat opérationnel entre la force française Barkhane et les Forces armées maliennesn(FAMa) et la montée en puissance de Takuba. Le chef d’Etat-major des armées françaises, s’entretiendra, ce vendredi, à Bamako, avec les plus hautes autorités politiques et militaires maliennes ainsi qu’avec les responsables de la Mission intégrée multidimensionnelle des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) Cette sixième visite de l’officier français, prévue en octobre puis reportée, en raison du contexte sanitaire, s’inscrit dans le cadre traditionnel des déplacements des responsables militaires sur les théâtres d’opération des armées françaises. . TC/MD (AMAP)
Mali : Début prometteur des négociations pour éviter la grève de cinq jours de l’UNTM
Bamako, 11 Déc (AMAP) Les négociations entre le gouvernement et la centrale syndicale, l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM), ont commencé, jeudi après midi, a appris l’AMAP de source syndicale. « Les discussions sont prometteuses. Il faut attendre vendredi pour mieux apprécier la situation », a confié un responsable syndicale. Les revendications sont, entre autres, le règlement de la situation des travailleurs compressés dans les années 80, l’harmonisation des grilles salariales des agents de l’État, l’octroi de primes et indemnités et l’épineuse question de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLEI). La plus grande centrale syndicale au Mali avait déposé, depuis lundi 23 novembre 2020, un préavis de grève de cinq jours (du 14 au 18 décembre 2020) sur la table du gouvernement. AC/MD (AMAP)
Jardinage en milieu urbain : Ces potagers qui rapportent gros
Par Makan SISSOKO Bamako, 10 Déc (AMAP) La daba à la main en train de biner des planches, la ménagère Fatoumata Traoré est une femme battante qui a aménagé une parcelle à Kalaban-coura pour en faire un jardin potager. Dans ce petit jardin, elle cultive la menthe, la salade, la carotte, le piment, l’oignon et de nombreuses plantes culinaires pour soutenir sa famille. Elle n’est pas la seule à pratiquer cette activité pour joindre les deux bouts. Les maraichers font pousser de la salade, de la tomate, du gombo, du concombre, de l’aubergine… en plusieurs endroits dans la périphérie de la capitale. Ils contribuent ainsi à l’approvisionnement de la ville en légumes et en tirent des revenus substantiels. Dans plusieurs quartiers périphériques de la capitale, le jardinage est un business lucratif pour de nombreux ménages. Hommes et femmes s’adonnent principalement à la culture et à la vente des produits pour subvenir à leurs dépenses quotidiennes. Et cela depuis des années. A Niamakoro «Kôda» en Commune V du district de Bamako, le jardinage occupe une place de choix. Nombre d’habitants, avec leurs maigres moyens, s’adonnent corps et âme à l’entretien de jardins potagers. A quelques encablures d’un marigot, se trouve le jardin de Oumar Timbiné. L’espace est clôturé avec des manguiers et d’autres arbres, notamment l’anacardier pour le protéger contre les animaux errants. Le quinquagénaire, père de 7 enfants, exploite à Niamakoro plus d’un ha de jardin potager, contenant plusieurs types de laitues, notamment des salades des feuilles vertes, tomates et gombos. En franchissant le seuil de cet immense jardin, on aperçoit une nature verdoyante et le visiteur se retrouve entièrement plongé dans un calme bienfaiteur. Des manguiers, des bananiers et des papayers plantés dans les parages font de ce jardin un paradis sur terre. A notre arrivée aux environs de 17 heures, l’arrosage des plantes battait son plein. Visiblement très épuisé, Oumar Timbiné se reposait sous un manguier. Pendant qu’un jeune homme d’environ 17 ans s’occupait à faire le tour entre deux mares aménagées pour arroser les plantations. Équipé de deux arrosoirs bien remplis d’eau, le jeune homme, fils ainé de Oumar Timbiné, assiste constamment son père dans cette activité. Avec enthousiasme, Oumar Timbiné explique qu’il pratique le jardinage depuis plus de deux décennies. Une activité dans laquelle, il parvient à tirer son épingle du jeu. « Dans ce travail, je trouve de quoi manger. Chaque matin, je viens dans le jardin et je retourne à la maison vers le crépuscule. Dans ce pays, il n’y a pas de travail, je me suis lancé dans le jardinage pour m’épanouir financièrement. Après quelques années, les affaires ont prospéré et je me suis entièrement consacré à ce travail jusqu’à ce jour », indique-t-il. Pour lui, l’activité de jardinage nourrit son homme mais reste très pénible. Il sollicite plus d’attention pour les jardiniers, en termes de formation sur les nouvelles pratiques et techniques culturales enfin de mieux rentabiliser leurs revenus. Au côté de ces jardiniers, les femmes viennent s’approvisionner en légumes frais, notamment en carottes, en tomates, en piments et d’autres fruits tels que la papaye et la banane pour ensuite les revendre en ville et dans différents marchés de la capitale. Rencontrée, dans le jardin de Oumar Timbiné, Fatoumata Coulibaly ménagère était venue cueillir des feuilles culinaires et des papayes. Elle confie être dans cette activité depuis plus de 10 ans. « Chaque soir, je quitte Sirakoro, pour venir m’approvisionner en légumes et en fruits dans les jardins pour ensuite les revendre au marché de Sénou et dans la ville de Sirakoro», explique Fatoumata Coulibaly. Pour qui, le marché est actuellement moins florissant. Sur la route de l’aéroport, en direction de Kalaban-coura, de nombreuses femmes portaient sur leurs têtes des sacs et des seaux remplis de légumes frais et de feuilles vertes provenant des jardins situés à proximité de l’aéroport. Kadiatou Diarra, l’une de ces femmes, explique qu’elles reviennent de la cueillette pour le marché du lendemain. Plus loin, dans la zone aéroportuaire vers Gouana, le jardinage est une véritable aubaine pour les habitants de cette localité. Cette zone difficile d’accès à cause des tas de déchets déversés partout sur les voies, est considérée par nombre de personnes comme le fief des jardiniers. Des familles y sont installées depuis plus de 20 ans. Et cela, uniquement à cause des travaux de jardinage. Selon de nombreux témoignages recueillis sur place, le jardinage est pratiqué dans cette localité depuis plus de quinze décennies. Amara Koné habite dans cette localité avec son frère ainé et sa famille. « Autrefois, mon grand frère était le seul qui venait dans le jardin après le décès de notre père. J’ai remarqué que c’est un travail pénible pour une seule personne. Nous avons hérité de ces espaces de notre défunt père qui pratiquait le jardinage bien avant que nous ne soyons de ce monde. À travers le jardinage, nous arrivons à nous nourrir », souligne Amara Koné. Dans ce jardin de plus de deux ha, Amara et son frère possèdent deux machines de pompage, installées dans des puits à grand diamètre pour faciliter l’arrosage des plantations. L’utilisation de ces machines peut souvent coûter plus de 5 à 6 litres d’essence par jour. Concernant les difficultés, il a souligné le manque d’eau qui survient généralement en saison sèche. Il a aussi signalé la mauvaise qualité de certaines semences qui n’arrivent pas à germer. Notre interlocuteur se rappelle récemment, d’une énorme perte qu’ils ont subie à cause de l’utilisation d’une mauvaise qualité de semence de carotte qui a coûté plus de 150.000 Fcfa. Un peu plus loin, dans le même alignement, nous sommes dans le jardin de la famille Sangaré. Cette famille détient plus de 5 ha. Selon le patriarche de la famille, Moussa Sangaré, bien avant l’aménagement de l’aéroport, ces terres étaient exploitées par leur défunt père. Pour lui, le jardinage est un travail de tous les jours, qui demande beaucoup d’efforts d’entretien des plantes. Cependant, il ajoute que les efforts sont rentabilisés une fois que les plantations arrivent
Société des mines d’or de Syama : Grève de 5 jours des travailleurs
Bamako, 10 Déc (AMAP) Le comité syndical de la Société des mines d’or de Syama (SOMISY), dans la Région de Sikasso (Sud), a exprimé, mercredi, son inquiétude face à la décision de la direction générale de l’entreprise de licencier 90 travailleurs maliens, à partir du 14 décembre prochain, en raison de difficultés économiques liées à la Covid-19. Le comité syndical observe une grève de 5 jours, depuis le 7 décembre dernier pour dénoncer ce que le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, N’Fa Doumbia, a qualifié de « méchanceté » de l’administration de l’entreprise. Dans sa déclaration préliminaire, lors d’une conférence de presse à la Bourse du travail, le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, N’Fa Doumbia juge d’« abusive » cette décision. Les travailleurs exigent le retour effectif et progressif des employés nationaux sur le site, le respect de la liberté syndicale, le droit de grève, l’implication, la prise en compte de l’avis du syndicat dans toutes les décisions concernant les travailleurs. Faisant la genèse de la situation et M. Doumbia a relaté les péripéties des négociations avec l’Union nationale des travailleurs du Mali (UNTM) sur la question. Et de rappeler que les années 2015 à 2017 ont été très agitées avec des débrayages de travailleurs pour réclamer de meilleures conditions de vie. Ils revendiquaient le rétablissement de l’Assurance maladie de 80 à 100%, l’instauration de la prime de rendement, la formation professionnelle, la mise en place d’un plan social pour les travailleurs licenciés pour des motifs économiques au niveau du bureau de Bamako. Une entente était intervenue entre la direction et les travailleurs sur l’arrêt de la vente parallèle des avaries par la direction, l’augmentation des salaires, de certaines primes de risque et de logement et l’octroi des fûts de 1.000 et de 200 litres aux travailleurs. Nonobstant ces accords de principe, l’administration de la SOMISY a maintenu son plan de licenciement. C’est ainsi que le comité syndical a déposé un préavis de grève de 5 jours, le 18 novembre 2020, demandant l’annulation de la décision de licenciement. En dépit de la menace de débrayage, la direction générale de la SOMISY n’a pas bougé d’un iota dans sa décision de réduire le personnel. « Des notifications de licenciement ont été transmises, parfois, dans des conditions pathétiques comme le cas de Mamadou Sanogo, un agent malade qui a reçu sa notification de licenciement sur son lit d’hôpital, avant de décéder quelques jours après », a déploré N’Fa Doumbia. « Les employés sont décidés à poursuivre leur action par des méthodes et procédures légales. Toute résistance ou opposition à cette action ne fera que renforcer notre détermination », a-t-il prévenu. Après avoir souligné que les travailleurs sont ouverts au dialogue social pour la satisfaction de leurs revendications, le secrétaire général du comité syndical de la SOMISY, a aussi appelé les autorités de la Transition, notamment le président Bah N’Daw, afin qu’elles s’impliquent auprès de l’entreprise afin qu’elle renonce à sa décision de licenciement. La SOMISY, qui existe depuis 1990, emploie près de 2.000 travailleurs, dont près de 650 Maliens. Selon N’Fa Doumbia, au cours du premier semestre de l’année, l’entreprise a généré 36 millions de dollars, soit environ 18 milliards de Fcfa de bénéfices. Et le syndicat de la SOMISY, « dans sa lutte pour de meilleures conditions de vie des travailleurs », a obtenu une augmentation entre 200 à 400.000 Fcfa sur les salaires du personnel SYW/MD (AMAP)

