Attaques terroristes : La stratégie de la psychose

Par Madiba KEITA Bamako, 4 mars (AMAP) Les attaques terroristes contre les Forces armées maliennes (FAMa) se sont intensifiées ces derniers jours. Plusieurs localités du pays sont visées par ces attaques qui se soldent par des morts et des dégâts matériels souvent importants. La dernière attaque est survenue, mardi soir, à San (Centre). Selon nos informations, les assaillants ont attaqué la brigade territoriale de la gendarmerie de la localité, aux environs de 20 heures. Ils ont blessé un gendarme, saccagé les locaux et brûlé quatre véhicules et deux motos. Selon le commandant de la brigade, le lieutenant Bakari Kéfa Traoré, les agresseurs sont venus du côté sud-est de la ville sur des motos tricycles. Après avoir commis leur forfait, ils se sont retirés, tranquillement, en prenant la route de Ténéni. Le constat qui s’impose est que les groupes armés terroristes sont de plus en plus audacieux dans leur entreprise criminelle. En effet, ils n’hésitent pas à frapper là où on les attend le moins. Pour preuve, ils ont ciblé, lundi dernier, Hèrèmakono, localité frontalière avec le Burkina Faso, à une trentaine de kilomètres de Sikasso. Des hommes lourdement armés ont attaqué nos forces de défense et de sécurité, aux environs de 3 heures du matin. Ils ont saccagé le poste de la douane et celui de la gendarmerie, brûlé plusieurs véhicules appartenant aux douaniers et des véhicules de transport. Un chauffeur en transit a succombé à ses blessures. Un autre, grièvement blessé à la jambe, a été admis à l’hôpital pour des soins. Le mardi 2 mars, les forces du mal ont tendu une embuscade à une mission d’escorte des FAMa, aux environs de 16 h10 dans le secteur de Gathi-Loumou, à 33 km au Nord-Ouest de Youwarou. Les échanges de tirs qui ont duré plusieurs minutes, ont finalement tourné à l’avantage de nos militaires qui ont neutralisé quatre terroristes, récupéré un pistolet mitrailleur et un talkie walkie. Trois jours auparavant, les ennemis de la paix avaient attaqué le poste de sécurité de Saye, dans le Cercle de Macina. Après d’intenses combats, les assaillants ont pris la fuite, laissant derrière eux un engin explosif improvisé (EEI), constitué de deux bidons de cinq litres bourrés d’explosifs. D’autres groupes armés terroristes s’étaient déjà signalés dans la localité de Bandiagara. En effet, dans la nuit du 25 février dernier aux environs 21h20, ils ont ciblé la base du détachement de Dialoubé à Bandiagara et l’escadron de la gendarmerie avec des armements lourds. Le bilan de cette attaque est de huit militaires morts et cinq autres blessés. La répétition des attaques contre les forces de défense et de sécurité est une réelle menace contre la paix à laquelle les Maliens aspirent profondément aujourd’hui. Sur la question, nous avons approché Dr Ali Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires stratégiques au Sahel. Selon lui, plusieurs facteurs expliquent cette recrudescence de la violence dans le Nord et dans le Centre du pays. Le premier est que les auteurs, qui pourraient être des terroristes, des bandits armés ou des narcotrafiquants, s’attaquent aux symboles de l’État (notamment les forces de défense et sécurité, l’administration, les infrastructures), dans le but de donner libre court à leurs activités criminelles. D’où leur réticence au retour de l’État dans les localités concernées. CAPACITÉS DE NUISANCE- Le deuxième facteur, explique Dr Ali Tounkara, est que les auteurs de ces attaques sont dans la logique de saboter toute initiative de paix dans leurs zones d’intervention. « Il y a plusieurs accords locaux qui ont été signés dans le Centre du pays, notamment entre les communautés dogon et peule. Mais ces accords sont sabotés par d’autres acteurs locaux que l’État a du mal à contenir », indique celui qui s’intéresse aux questions sécuritaires au Sahel depuis 12 ans. Pour le directeur du Centre des études sécuritaires stratégiques au Sahel, la mobilité des groupes armés terroristes, leurs capacités de nuisance rendent les actions militaires difficiles quand on sait que ces groupes opèrent très souvent avec des complicités locales. N’ayant pas les mêmes intérêts et revendications – application de la Charia pour les uns, trafic en tout genre et grand banditisme pour les autres -, ils parviennent, parfois, à faire des connexions circonstancielles ou opportunistes pour avoir le dessus sur l’État et ses partenaires opérant sur le terrain. Malgré les actions militaires (FAMa, Barkhane, G5 Sahel) qui leur infligent de lourdes pertes, les groupes armés terroristes n’ont pas l’intention de capituler. Au contraire, ils entendent faire croire que leurs capacités de nuisance s’intensifient sur l’ensemble du territoire. Attaquer à maints endroits du pays et de façon régulière, dans une logique de coups sporadiques et disséminés sur le territoire, est une stratégie pour installer la psychose de l’insécurité dans les esprits et donner l’impression qu’ils gagnent du terrain. Alors qu’il n’en est rien. Les ennemis de la paix ne baissent pas les bras. Ils opèrent pour tenter de torpiller les accords locaux et créer des zones de non droit. Ils ne réalisent que des attaques rapides sur des positions isolées et se retirent lâchement. Jamais, on ne les a vus occuper longuement une position et tenir tête à un détachement des forces armées et de sécurité. Pour conquérir un territoire, il faut être capable de tenir une position. Ils n’en sont pas capables. Leur stratégie reposant sur des attaques sporadiques est médiatiquement payante. Le traitement médiatique crée l’impression que le pays est attaqué de toutes parts et que les groupes armés conquièrent des territoires. Ces attaques interviennent après une série d’annonces de victoires faites par les FAMa et leurs alliés. Les terroristes veulent certainement faire la preuve contraire qu’ils sont en train de porter la réplique aux actions menées contre leurs repaires par les soldats maliens et français. Compte tenu de cette situation, nombre de nos compatriotes estiment qu’il faut dialoguer avec les leaders terroristes locaux comme Iyad Ag Ghali du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et Amadou Koufa de la katiba du Macina. « L’offre de dialogue décidée par les Maliens lors du

Mali : L’Armée neutralise quatre terroristes à Youwarou (Centre)

Bamako, 3 mars (AMAP) les Forces armées maliennes (FAMa) du secteur-5 ont été, mardi, pendant la mission d’escorte des relèves de Nampala et Youwarou (Centre), accrochées par des terroristes aux environs de 16 heures, dans le secteur de Gathi-Loumou, Cercle de Youwarou, à 33 km au Nord-Ouest de la ville. « À l’issue des échanges de feu, quatre terroristes ont été neutralisés, un Pistolet mitrailleur (PM) avec trois chargeurs et un talkie-walkie ont été récupérés », précise l’Armée sur son site web.   Les FAMa ne déplorent aucune perte, indique la même source. SS/MD (AMAP)

Rebondissement dans l’affaire dite « complot contre le gouvernement » au Mali : Le Parquet général envisage de se pourvoir en cassation

Bamako, 3 mars (AMAP) Le Parquet général envisage de se pourvoir en cassation contre l‘arrêt de la chambre d’accusation de la Cour d’Appel, qui a ordonné, mardi, l’annulation de la procédure et la mise en liberté immédiate de tous les inculpés dans l’affaire dite « Complot contre le gouvernement ». Le procureur général de la République, Idrissa Arizo Maiga, opposé à cette décision, a indiqué, dans une communication diffusée sur les antennes de la télévision nationale, mardi soir, que le Parquet « se réserve le droit de se pourvoir en cassation ». Contacté par nos soins, mercredi, Me Addourhamane Ben Mamata Touré, membre du pool d’avocats de la défense, confirme la décision du pourvoi en cassation du procureur général de la République. « Il nous a réaffirmé ce qu’il a dit à la télévision. Ce qui va maintenir encore nos clients dans les liens de la détention », a-t-il dit. L’avocat qui se veut rassurant pour ses clients a déclaré : « Il est, désormais, clair, que le combat va se faire au niveau de la Cour suprême ». Par ailleurs, Me Abdourhamane Ben Mamata a rappelé que le pourvoi en cassation, en matière criminelle, est prévu par le Code de procédure pénale. « Il s’exerce légalement dans un délai de 72 heures pour toutes les parties », a-t-il dit. À ce propos, Me Touré a précisé que le pourvoi suspend les effets de la décision de la Chambre d’accusation, ajoutant que les avocats de la défense évalueront d’abord la situation avant de réagir. Cinq des inculpés, en l’occurrence ceux qui sont en prison depuis deux mois, Youssouf Mohamed Bathily ‘RasBath’, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public, devraient encore prendre leur mal en patience. La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a annulé, mardi, la procédure dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles maliennes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. AT/MD (AMAP)  

Attaque contre la Gendarmerie de San (Centre) : Pas de perte en vie humaine mais des dégâts matériels

San, 3 mars (AMAP) Un gendarme a été blessé dans l’attaque, mardi, de la Brigade territoriale de la gendarmerie nationale de San (Centre) par des individus armés non identifiés, aux environs de 20 heures 40 minutes Le blessé a été évacué sur l’hôpital de Ségou (Centre). Le bilan de cette attaque terroriste fait état, également, de quatre véhicules et deux motos incendiés, un ordinateur portable endommagé ainsi que des documents détruits. Le gouverneur de la Région de San, le colonel Ousmane Sangaré, accompagné des autorités administratives et politiques,  s’est rendu, mercredi, sur les lieux de l’attaque. Des impacts de balles étaient encore visibles sur les murs. Après avoir condamné cette « attaque terroriste et barbare », le colonel Sangaré a invité les éléments de sécurité à se donner la mains pour empêcher, désormais, ce genre de situation. « Nous ne sommes pas protégés parce que nous ne connaissons pas l’identité de l’ennemi qui est en face. C’est un combat asymétrique où seules la vigilance et la collaboration entre tous les segments de la sécurité peuvent nous permettre de vaincre l’ennemi », a dit le gouverneur. Il s’est réjoui de la riposte de la police et de la gendarmerie face à l’ennemi et  a permis de minimiser les dégâts. Il a, aussi, salué le personnel du Centre de santé de référence (CSRéf) de San pour l’effort déployé en vue d’évacuer le gendarme blessé sur l’hôpital de Ségou. Le gouverneur a invité « la population à participer à sa propre sécurité en donnant des informations utiles aux forces de défense et de sécurité ». Pour le Commandant de la brigade de la gendarmerie nationale de San, le lieutenant  Bakari Kéfa Traoré, les assaillants seraient venus du côté sud-est de la brigade sur des motos tricycles. Après avoir commis leur forfait, ils se seraient retirés en empruntant la route de Ténéni, à l’est de son unité. Le maire de la Commune urbaine de San, Mme Félicité Diarra, après avoir exprimé sa tristesse, a saisi invité les populations « à mieux collaborer avec les éléments de sécurité pour stopper la progression de ces bandits armés ». NC/MD (AMAP)  

Coup de filet du 3ème arrondissement de Bamako chez les faussaires

Bamako, 3 mars (AMAP) Le commissariat du 3ᵉ arrondissement de Bamako a interpelé trois (3) individus, les nommés L. Cissé, A.B Keita et, le cerveau, F.S Camara, génie en informatique, qui a mis en place une entreprise personnelle spécialisée dans la confection de toutes sortes de faux documents. Selon la police, suite à une plainte du chef du Centre II des impôts de l’Hippodrome, pour faux et usage de faux, le 3ᵉ arrondissement, sous la houlette du Commissaire principal Sadio dit Konon Tomoda, a conduit l’opération permis de saisir des certificats de non-imposition, des cartes nationales d’identité, de faux visas, des fiches individuelles d’identification Nina, des jugements supplétifs, des extraits d’acte de naissance, des carnets d’état civil, des passeports. Dans le lot, également, des certificats de décès, des diplômes de toutes les facultés, des diplômes du Diplome d’études fondamentales (DEF) et du Baccalauréat, des actes notariés, des cachets de tous les services y compris les morgues, des copies de permis d’occuper, des actes de naissance, des relevés de banques, des certificats de visite médicale, des certificats de travail. Avec des faux visas que le mis en cause a, lui-même, établis, il a pu sillonner le monde entier de Pekin, à Hong kong, de la Thaïlande à la France, du Maroc à Macao, l’homme aurait vécu “jusqu’ici en bon vivant”. Suite à son interpellation, son arsenal informatique installé dans sa chambre a été saisi et placé sous scellé. Auciurs de l’interrogatoire d’enquête, il n’a pas tardé à livrer des informations sur un autre réseau dont la spécialité est l’établissement de cartes nationales d’identité, d’actes de naissance, de mariage, de casiers judiciaires. Le commissaire principal Tomoda, qui s’est associé avec la Brigade anti criminalité (BAC), a organisé une descente au cœur du Grand marché, samedi dernier, à 11 heures précises. À leur arrivée, ils ont pris le cerveau du second réseau, le nommé M. Kamissoko, en flagrant délit d’établissement d’actes de naissance et de cartes nationale d’identité. Il a été interpellé avec son complice M. Sabata. La perquisition a permis de saisir plus de 200 cachets, des tampons de tous les ministères, tribunaux, commissariats, mairies, brigades de Gendarmerie ainsi que les outils informatiques leur permettant d’établir les faux documents. Selon le chef de centre des impôts, ces pratiques causent des milliards de manque à gagner pour l’Etat. MD (AMAP)

Une unité de transformation du lait de chamelle  à Tombouctou, dans le Nord du Mali

Envoyée spéciale Aminata Dindi SISSOKO Bamako, 3 mars (AMAP) Tombouctou, dans le Nord du Mali, dispose, aujourd’hui, de sa première unité de transformation de lait de chamelle. Installée au Quartier Sans fil, sur la route de l’aéroport, cette usine s’inscrit dans le cadre du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Face à une demande de plus en croissante, la valorisation du lait de chamelle pourrait en faire un levier de croissance économique dans la zone. Des fils de la ville sainte ont, alors, décidé de se lancer dans la transformation du produit. L’initiative est portée par l’Association pour la promotion de l’élevage et la mise en valeur du lait de chamelle (APVLC). Objectif : relancer le développement économique régional. Une première dans la Région, cette unité est un exemple de Partenariat public-privé (PPP). Il est cofinancé par le Conseil régional et l’APVLC. «C’est dans le cadre de l’exécution de son budget 2017 que le Conseil régional de Tombouctou a appuyé la réalisation du Projet de pasteurisation et de conditionnement du lait de chamelle dans la ville de Tombouctou. Cela, pour l’amélioration des revenus et la création de richesses», explique le président de l’Autorité intérimaire de la Région de Tombouctou, Boubacar Ould Hamadi. Pour le président de l’APVLC, Housseine Ghanami, la création de cette unité vise la mise en place d’une filière qui valorisera le lait de chamelle et assurera l’autosuffisance en lait et en produits laitiers. Il s’agit, selon lui, d’approvisionner la population de la Région en lait de qualité et renforcer, par la même occasion, la contribution de la filière lait à l’économie locale. «Les unités industrielles sont presque inexistantes dans la Région de Tombouctou, à part les boulangeries et les mini sociétés d’eau potable. C’est en cela que cette initiative d’unité de transformation du lait à tout son sens. La symbolique est non seulement forte mais, surtout, la distribution du lait pasteurisé qui est un besoin réel des communautés et même des visiteurs», explique-t-il. A l’usine, le traitement du lait de chamelle est effectué par un pasteurisateur d’une capacité de 1.500 litres par jour, un Tank refroidisseur pouvant contenir 500 litres, toutes les deux heures, et une machine de conditionnement d’une capacité de 1.000 paquets emballés par heure. «La capacité d’approvisionnement actuelle est en moyenne de 100 litres par jour. A moyen terme, la laiterie sera approvisionnée par plusieurs éleveurs dans un rayon de 60 km maximum, tout autour de la ville de Tombouctou, avec une capacité de collecte prévue de 700 à 1.000 litre par jour. Un système de collecte pratique et simple sera mis en place afin de faciliter la livraison à temps et dans les meilleures conditions de l’unité», précise Housseine Ghanami. D’après notre interlocuteur, la production se limite actuellement au lait de chamelle pasteurisé. Mais, dans un futur proche, avec l’acquisition de moyens de collecte tout autour de la ville, comme prévu, d’autres gammes seront proposées, notamment le lait fermenté, le ghee et les fromages. Il est, aussi, prévu l’achat de 100 chamelles, dix chameaux et l’aménagement de 20 hectares pour la culture fourragère. La mise en œuvre de cette initiative devrait permettre de solutionner certaines difficultés auxquelles l’unité est confrontée. Il s’agit, notamment, de l’insuffisance de lait de chamelle, faute de système approprié de collecte, du manque de formation en gestion de l’unité de transformation, l’insécurité grandissante entravant la mobilité des collecteurs et le problème crucial d’alimentation des laitières (insuffisance d’espaces pastoraux aménagés). «L’unité reçoit une faible quantité de lait. Présentement, toute la matière première est approvisionnée par la ferme de chamelles située à moins de 5 km de la ville appartenant à l’Association (14 femelles et trois mâles). L’association est en train de négocier avec d’autres éleveurs de chamelles pour collecter dans un rayon de 60 km le lait chamelle», explique-t-il. Et de souligner que l’unité compte, dans les jours à venir, améliorer la production laitière à travers la sélection de chamelles, l’adoption de cultures fourragères pour parer à l’insuffisance alimentaire des laitières, surtout en période de soudure, et l’élargissement du champ d’action (au-delà de la région) en termes de commercialisation. L’Afrique est le premier éleveur mondial de chameaux (terme générique incluant aussi bien le chameau à deux bosses que le dromadaire) avec plus de 14 millions de têtes sur un total de 19 millions à l’échelle mondiale, comptabilise le site du Réseau de recherches et d’échanges sur les politiques laitières (REPOL). Cet animal emblématique des zones sèches est, depuis des millénaires, utilisé par les peuples nomades pour sa capacité d’adaptation et de résistance exceptionnelle aux conditions climatiques dans les zones désertiques, comme les régions dans le Nord du Mali. Où il n’est pas rare de voir des caravanes de chameaux chargés de marchandises ou transportant des forains. Outre ce rôle commercial multiséculaire narré à travers les contes et les récits des explorateurs, le lait de chamelle (la femelle) fait partie du régime alimentaire préféré des bergers et autres tribus nomades, comme ceux de Tombouctou. Dans cette localité dans le Nord du Mali, le lait de chamelle est traditionnellement consommé par la population. Des témoins rapportent que les bergers nomades peuvent survivre jusqu’à un mois, uniquement, avec ce breuvage lorsqu’ils parcourent de longues distances dans le désert avec leurs troupeaux. Ce qui fait de ce liquide un aliment consistant. Des experts estiment qu’il est dix fois plus riche en fer et trois fois plus riche en vitamine C par rapport au lait de vache. «Grâce à sa teneur en potassium, magnésium et vitamine B, le lait de chamelle favoriserait le développement des os, renforcerait la croissance des cheveux et préviendrait leur chute, en plus d’assurer une dentition saine!», soutiennent des spécialistes. D’autres estiment qu’il contient un fort pourcentage de protéine à potentiel anti-microbien élevé, protéine absente du lait de vache ou ne s’y trouvant qu’en quantité infime. Il est alors très prisé par les habitants de la Cité des 333 Saints et autres régions frontalières. ADS/MD (AMAP)

Nouvelle grève des transporteurs contre la redevance péage par passage 

Bamako, 2 mars (AMAP) Les conducteurs routiers, notamment de camions bennes ont annoncé une grève de trois jours, à partir du 23 mars prochain, pour protester contre l’entrée en vigueur, le lundi 1er mars, du paiement de la redevance péage par passage au niveau de tous postes. «Nous avons décidé d’aller en grève à partir du 23 de ce mois. Cette décision a été prise dans l’après-midi du lundi dernier à Médina-Coura (Commune II) suite à l’application de la nouvelle mesure au niveau des péages. Le préavis a été déposé ce mardi. La grève concernera tout le secteur des transports», explique le secrétaire général du Syndicat national des transporteurs routiers urbains, interurbains et internationaux du Mali (Syntrui-Mali), Issihaka Diakité. En attendant, les conducteurs routiers, opposés à l’application du paiement de la redevance péage par passage aux postes, ont exprimé leur colère, lundi, sur certains axes routiers où le trafic de camion était suspendu. «Nous avons décidé de suspendre le trafic des camions bennes sur la route Bamako-Koulikoro et celle de Sébénikoro, parce que cette mesure nous pénalise», indique Issihaka Diakité. Le syndicaliste confirme que le blocage de la circulation au niveau du poste de péage de Kasséla (route de Ségou) est lié à l’application du paiement de la redevance péage par passage. Une source contactée au ministère des Transports et des Infrastructures estime que jusqu’ici, le paiement se déroule normalement au niveau des postes de péage. Elle confirme que les conducteurs des camions bennes refusent de s’acquitter du droit de péage par passage au niveau du poste de Kasséla. D’où le stationnement de plusieurs véhicules, depuis lundi, au niveau de ce poste d’entrée de Bamako. «Le gouvernement reste intransigeant quant à l’application correcte de cette mesure. Ce mode de paiement est pratiqué par les autres pays membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA)», rappelle notre source qui ajoute qu’un compromis a été trouvé avec les syndicats des Sotrama (minibus de transport en commun) qui vont payer 2.000 Fcfa par 24 heures. BBC/MD (AMAP)

Mali : Quelque 3,26 KG de cocaïne saisis à l’aéroport de Bamako

Bamako, 2 mars (AMAP) L’Office central des stupéfiants (OCS) a saisi, vendredi dernier, quelque 3,26kg de cocaïne d’une valeur de plus de 80 millions de Fcfa, au Terminal II de l’Aéroport international président Modibo Keita Sénou, de Bamako, annonce un communiqué de l’OCS rendu public lundi. Cette opération a été «réalisée par la Cellule aéroportuaire anti trafics/antenne de l’Office central des stupéfiants (OCS), en intelligente collaboration avec le bureau du renseignement et des enquêtes douanières de l’aéroport», indique le communiqué signé par le directeur de l’OCS, le magistrat colonel Adama Tounkara. « Cette quantité de drogue, précise la même source a été saisie sur la base d’un ciblage effectué sur un passager à bord d’un avion de la compagnie Ethiopian Airlines en provenance de Sao Polo (Brésil) via Addis-Abeba (Ethiopie) ». « Le suspect, de nationalité nigériane, est âgé de 40 ans et réside à Sao Polo où il exercerait comme restaurateur », rapporte le communiqué. « A sa descente d’avion, il avait été ciblé par les éléments de l’Office central des stupéfiants et du bureau des enquêtes douanières. C’est ainsi que ses bagages ont été passés sous le scanneur, l’analyse des images a révélé des produits cachés dans les parois de deux blocs à pistons pour véhicule», révèlent les enquêteurs. Ceux-ci sont arrivés à faire craquer le suspect sans réussir, pour l’instant, à connaître ses présumés complices. «Après un long interrogatoire, il reconnait être le transporteur de la drogue qui devrait être récupérée par une personne dont il affirme ignorer l’identité. Selon ses déclarations, il devrait rester à Bamako et séjourner dans un hôtel à Niamana avant de continuer sur Lagos (Nigeria) pour soit disant assister aux funérailles de sa maman», explique le directeur de l’OCS, précisant que «les enquêtes sont en cours». Les saisies de cocaïne sont fréquentes et interviennent très souvent au niveau des aéroports. Parce que, généralement, le produit vient par vol en petites quantités (quelques grammes jusqu’à 5 kg), selon les spécialistes du domaine. CMT/MD (AMAP)

Complot contre le gouvernement  : La Chambre d’accusation de la Cour d’appel annule la procédure

Bamako, 2 mars (AMAP) La Chambre d’accusation de la Cour d’appel de Bamako a annulé, mardi, la procédure dans l’affaire du «complot contre le gouvernement, association de malfaiteurs et outrage à la personne du chef de l’État» dans laquelle, fin décembre 2020, plusieurs personnalités civiles maliennes ont été interpellées puis placées sous mandat de dépôt. Ainsi, les mandats de dépôts sont annulés par la Chambre d’accusation qui ordonne la mise en liberté des 5 personnalités détenues. Youssouf Mohamed Bathily ‘RasBath’, activiste et chroniqueur radio, Vital Robert Diop, directeur général du Pari mutuel urbain (PMU-Mali), Aguibou Tall, directeur général adjoint de l’Agence de gestion du Fonds d’accès universel (AGEFAU) et Mamadou Koné, payeur général du Trésor public, devraient sortir incessamment de prison, selon leurs avocats. À l’issue de deux heures et demi de débats au cours de l’audience de délibéré présidée par le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Bandiougou Diawara, tenue à huis clos, le porte-parole des avocats de la défense, Me Kassoum Tapo, a déclaré à la presse, que « la Cour, conformément au réquisitoire oral du procureur général, a annulé la procédure, les mandats de dépôt du juge d’instruction et ordonné la mise en liberté immédiate de tous les inculpés ». Selon Me Tapo, l’annulation de la procédure met un point à cette affaire. Pour l’ancien ministre de la Justice, à travers cette annulation, la Cour a indiqué que “désormais les libertés qui sont garanties par la Constitution, doivent être respectées”. “Au même titre que le délai de garde à vue et les procédures prévues par le Code de procédure pénale doivent être respectées sous peine de nullité”, a-t-il ajouté. Il a déclare que la défense avisera “en ce qui concerne la possibilité d’une demande de réparation”. La Chambre d’accusation devait délibérer, le 23 février 2021, sur le réquisitoire de l’avocat général près la Cour d’Appel de Bamako, lors de l’audience du 16 février dernier. L’avocat général avait demandé «l’annulation de la procédure et la levée des mandats de dépôt contre le chroniqueur Youssouf Mohamed Bathily et ses coaccusés ». La Cour d’appel a rabattu le délibéré et ordonné la réouverture des débats, en renvoyant la cause et les parties à l’audience de ce 2 mars 2021. En fin d’année 2020, ces personnalités civiles ont été interpellées puis placées sous mandat dans cette affaire. Dr Boubou Cissé, ancien Premier ministre et Sékou Traoré, ancien secrétaire général de la Présidence de la République sont cités dans la même affaire. Si Boubou Cissé était «introuvable», selon les termes du procureur, par contre, M. Traoré a été entendu et relâché du «fait de son statut de magistrat et de son rang de ministre au moment des faits présumés». MD (AMAP)      

Barrage de Taoussa : Le gouvernement mobilise 5 milliards pour relancer les travaux

Bamako, 2 mars (AMAP) Le gouvernement malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées et de sécurité, la protection des bases vie, des biens et des personnes du projet d’aménagement de Taoussa, a appris l’AMAP, lundi, de source officielle. « En termes d’efforts, l’État malien a mobilisé plus de 5 milliards de Fcfa pour l’équipement et le déploiement des Forces armées maliennes et de sécurité ainsi que la prise en charge des prestations de la société de sûreté (ADES), et la mise en œuvre des mesures de sûreté issues du plan d’action », a annoncé le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou. Le ministre, qui s’exprimait au cours d’une table ronde virtuelle des Partenaires techniques et financiers du Projet d’aménagement de Taoussa, à l’hôtel des Finances, a précisé : « Ces mesures concernent la protection des bases vie et l’organisation nécessaire pour la protection des biens et des personnes ». Cette rencontre intervient 11 ans et 23 jours, après la pose de la première pierre du barrage par les autorités du Mali, le 6 février 2010, à Taoussa (site du barrage). En initiant cette table ronde, les autorités entendent faire le point de l’état d’avancement de l’exécution de la feuille de route issue d’une autre rencontre tenue en 2018. Aussi les participants échangent-ils sur les stratégies de redémarrage des travaux du barrage, avant d’explorer les voies et moyens permettant le recrutement d’une nouvelle entreprise capable de travailler dans les conditions actuelles de la zone. Cela pour réaliser les travaux de la route d’accès Gao-Bourem-Taoussa. La rencontre a examina, également, la question du recrutement des experts de l’Unité d’exécution du projet (UEP). On rappelle que le financement du Projet d’aménagement de Taoussa est l’expression d’un effort financier conjoint : État malien-partenaires techniques et financiers. Le coût de sa réalisation s’élève à 167,930 milliards de Fcfa. Le gouvernement malien intervient pour plus de 41 milliards de Fcfa dont plus de 8 milliards déjà mobilisés. Dans la perspective du démarrage des travaux du Projet, le ministre de l’Économie et des Finances a assuré les Partenaires techniques et financiers concernés de la détermination du gouvernement à travailler ardemment à l’amélioration des conditions sécuritaires dans la zone d’intervention du Projet. Concernant le volet construction de la route Gao-Bourem-Taoussa, le ministre Sanou a rappelé que le marché relatif aux travaux attribués à l’entreprise Covec-Mali a été résilié. Le financement du marché était assuré par le Fonds saoudien de développement, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) et le Budget national. Le taux d’avancement global (pour tout le Projet) était estimé à 13,90% pour un délai consommé de 169%, avant l’arrêt des travaux, a-t-il ajouté. Selon le ministre, il urge alors de presser le pas afin de booster le développement des zones concernées par le Projet. Surtout que le bassin du fleuve Niger, avec ses potentialités, constitue un enjeu majeur de développement socio-économique de la sous-région en général, et du Mali en particulier, notamment la partie nord de notre pays. « Il est impérieux d’y engager d’importants programmes d’aménagement pour inverser les tendances actuelles de dégradation, justifiant du coup la pertinence et la nécessité du Projet d’aménagement de Taoussa dont les impacts positifs attendus feront des régions du nord un véritable pôle de développement », a plaidé Alousséni Sanou. Il a ajouté que la réalisation de l’ouvrage et celle de ses travaux connexes se traduiront, selon les estimations, « par l’absorption de la quasi-totalité de la main d’œuvre de la zone, l’assurance de l’autosuffisance alimentaire dans la zone et l’augmentation des revenus monétaires annuels des populations, une croissance de près de 3% du cheptel, la production de 7.800 tonnes de poissons par an et de 118 GWh/an pour couvrir une partie des besoins en énergie de la zone ». À cet égard, le ministre de l’Économie et des Finances a indiqué que la réalisation de cet important projet est un facteur de paix et de cohésion sociale dans le Nord du Mali, socle de tout développement durable. Insufflant, ainsi, « une nouvelle dynamique qui fera du Sahel un havre de paix où les communautés vont retrouver le bonheur du vivre ensemble mais surtout la transformation des régions du Nord du Mali en un véritable pôle de développement », a-t-il prédit. Pour sa part, le ministre des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a insisté sur l’espoir que les populations, notamment celles des régions du Nord et du Centre de notre pays et bien au-delà des frontières, placent en la réalisation de ce projet. « C’est pourquoi, il figure parmi les projets prioritaires du gouvernement et a été présenté aux acteurs signataires de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger comme la contribution majeure du gouvernement à la stratégie de développement des régions du Nord du Mali », a relevé Lamine Seydou Traoré. L’ouverture des travaux a eu lieu en présence, également, des ministres de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara. Il y avait aussi le directeur général de l’Autorité pour l’aménagement de Taoussa, Chirfi Moulaye Haïdara. AG/MD (AMAP)