Regain d’intérêt pour le maraîchage à Diéma, dans l’Ouest du Mali
Par Ouka BA Diéma 13 mars (AMAP) Depuis quelques années, les activités de maraîchage se développent dans le Cercle de Diéma. Cette activité de contre saison, contribue aujourd’hui, à l’autosuffisance alimentaire dans cette bande sahélienne où la réussite de la campagne est tributaire des aléas climatiques. Le maraîchage est surtout pratiqué par des femmes et des jeunes. Dès que les pluies s’arrêtent, à partir du mois d’octobre, ils s’adonnent, à cœur joie, au maraîchage. De grands périmètres, les alentours des habitations, jusqu’aux recoins des maisons, sont aménagés pour la pratique du maraîchage dont les bénéfices touchent directement de nombreux foyers. Du fumier organique issue des parcs d’animaux est utilisé pour accroitre les rendements. Les puits, les forages, les mares servent de sources d’eau pour le maraîchage. L’activité permet à de nombreuses femmes de s’épanouir. Les légumes qu’elles récoltent, quotidiennement, leur permettent d’enrichir leurs rations alimentaires et, du coup, de prendre en charge une bonne partie des frais de condiments. Surtout, si l’on sait que dans certains milieux soninkés, c’est la femme qui « se débrouille », le plus souvent, pour avoir des ingrédients et faire sa cuisine. L’essentiel, pour le mari, c’est de puiser dans le grenier, chaque matin, la mesure de mil, de sel et de poudre de feuilles de baobab qu’il faut pour préparer le repas. Les plus généreux associent à ces produits, quelques cubes alimentaires pour relever la sauce. C’est une question de dignité, même s’il lui faut aller quémander, la femme prépare pour les membres de la famille dont certains ne manquent pas de mots pour l’apprécier ou la déprécier selon la qualité de ses mets. Mais, toutes les productions maraîchères des femmes n’entrent pas dans la marmite. Dès fois, elles en utilisent pour régler leurs petits besoins ou assurer l’entretien de leur progéniture. PLUVIOMETRIE FAVORABLE – Interrogé, le chef du secteur de l’Agriculture de Diéma, Aguibou Bah, explique que le cumul des pluies au cours de la campagne 2020 a été excédentaire. La quantité de pluie enregistrée au niveau du secteur de l’agriculture de la localité s’élève à 797, 5 mm en 49 jours, en 2020, contre 506,45 mm en 48 jours, en 2019. La campagne de contre saison 2020 a démarré avec un léger retard, à cause des récoltes. Le niveau des cours d’eau est bon dans l’ensemble. Les nappes phréatiques ont été bien alimentées, « compte tenu de la bonne pluviométrie avec une bonne répartition dans le temps et dans l’espace ». La situation phytosanitaire est relativement calme. Toutefois, des cas d’attaques de chenilles, pucerons, acariens ou araignées rouges, mouches blanches et autres nuisibles ont été constatées sur des légumes, des feuilles et des fruits. « Aucun dégât majeur n’est à déplorer pour le moment », assure le technicien. Grâce aux semences et équipements fournis à certains maraichers par des projets et programmes, les activités de production évoluent normalement. L’aspect végétatif des cultures est satisfaisant, que ce soit au niveau des périmètres collectifs ou individuels. Ainsi, cette année, la production de la pomme de terre, a connu une augmentation d’environ 20%, selon des chiffres provisoires. Sur une prévision de 120 tonnes, la production en cours a en atteint 125. Avant de conclure, comme il se plait à le dire, le chef du secteur de l’Agriculture, Aguibou Bah, a insisté sur la réalisation de points d’eau permanents, équipés d’un système d’irrigation adéquat en vue de donner un nouveau souffle au maraîchage dans le cercle de Diéma. « Des techniques innovantes doivent être à tout moment enseignées aux producteurs pour mieux renforcer leurs capacités », conseille-t-il. GROS PRODUCTEURS – Le président, fraîchement élu à la tête de la Délégation locale de la chambre d’agriculture (DLCA), Boubou Traoré, indique que la culture de la pomme de terre dans le Cercle de Diéma, est en pleine expansion. Le kilogramme de pomme de terre, vendu à 600 Fcfa, a été ramené à 400 Fcfa. Avant, la pomme de terre était importée de Sikasso (Sud) et de Kati (près de Bamako). Actuellement, le cercle de Diéma en produit une quantité importante. M. Traoré compte, en début de mandat, s’attaquer au problème crucial de l’eau pour faciliter les activités des producteurs maraîchers. La dotation des maraîchers en intrants, ainsi que le renforcement de leurs capacités, figurent dans les objectifs du nouveau président, qui tire lui-même du maraîchage des bénéfices. Massiga Diawara, maraîcher, réside à Lattakaf, dans la Commune rurale de Lakamané. Il est marié et père de dix-huit enfants. Il exerce cette activité depuis plusieurs décennies. Il exploite un périmètre de deux hectares et demi. Il est parvenu à acheter trois motopompes, dont une solaire, une à moteur diésel et une à l’essence, pour plus de trois millions de Francs Cfa afin de faciliter l’arrosage des ses parcelles par ses femmes et enfants. M. Diawara produit divers légumes, notamment l’aubergine, la tomate, la laitue, l’échalote, le chou, le gombo, la carotte, la pomme de terre. Il fait, également, de la riziculture et de l’arboriculture. Sa production en pomme de terre, cette année, avoisine les 30 tonnes. Il se rend dans les différentes foires hebdomadaires de Lakamané, Diéoura, Sansankidé, Diangounté Camara, etc. pour écouler ses fruits et ses légumes. Il vend le kilogramme de pomme de terre à 400 Fcfa. Il a besoin de quatre employés pour l’aider à entretenir son vaste périmètre mais, « le genre de manœuvres que je cherche, n’existe pas sur le marché… », se désole l’homme. Le président de l’Association des producteurs d’oignons, à Fangouné Kagoro, Tiéssama Fofana, a mis en terre le contenu de plusieurs caisses de pommes de terre importées de Sikasso (Sud). « Dès leur arrivée, les jours de foire de Diéma, les clients raflent les paniers de pomme de terre des femmes de notre village. La culture de la pomme de terre commence à se vulgariser dans le Cercle de Diéma », raconte l’homme. « Dans quelques années, on ne fera, certainement, plus recours à Sikasso ou Kati. Nos propres productions pourront nous nourrir. C’est un projet qui nous aide dans la culture de la pomme de terre », déclare-t-il. Après sa retraite, Mamadou Diallo, conseiller pédagogique, s’est consacré au maraîchage. Son verger, d’un hectare, est au Sud-Est de la ville, non loin du barrage. Un puits à grand diamètre doté d’une pompe
Mali: Inhaye Ag Mohamed nouveau Haut représentant du chef de l’État pour la mise en œuvre de l’accord d’Alger
Bamako, 13 mars (AMAP) Inhaye Ag Mohamed, inspecteur des services économiques, est le nouveau haut représentant du président de la Transition pour la mise en œuvre de l’accord pour la paix et le réconciliation issu du processus d’Alger. Il est nommé à ce poste par le décret n°2021-160/PT-RM du 10 mars 2021, signé par le président de la Transition Bah N’Daw. Inhaye Ag Mohamed était, auparavant, le secrétaire permanent du Bureau du haut représentant pour l’accord. Il remplace l’inspecteur général de Police, Mahamadou Diagouraga nommé ambassadeur du Mali à la Havane, à Cuba. Inhaye Ag Mohamed est en terrain connu et devrait s’atteler à insuffler une «nouvelle dynamique» dans l’application de l’accord «à travers le bureau du Haut représentant pour la paix en favorisant l’adoption d’un nouveau chronogramme pour parachever les actions prioritaires déjà identifiées», comme il le rappelait, en décembre dernier, lors d’une audience avec le chef de l’État. MT/MD (AMAP)
Attaque de Hèrèmakono : Des policiers et un douanier ont résisté
Ahmadou CISSÉ Envoyé spécial Sikasso, 13 mars (AMAP) Les malheureux événements de Hèrèmakono continuent d’alimenter les causeries à Sikasso. Les populations en sont encore bouche bée. Attaquer la frontière aux nez et à la barbe du camp militaire de la ville ? Les commentaires vont dans tous les sens. Dans l’arrière cour d’un hôtel, un responsable politique ne décolère pas, dix jours après l’attaque qui a vu mourir un chauffeur, près de son véhicule. En ce lieu de détente, début de soirée, la personnalité locale dénonce le manque de réactivité des autorités militaires qui sont cantonnées dans la ville, sans se mettre à hauteur de leurs missions. Le Conseil des ministres du mercredi dernier a remplacé le gouverneur de région. Les mauvaises langues de la place racontent que c’est la conséquence logique de l’attaque de Hèrèmakono. Et viennent les dernières nouvelles. On apprend que les assaillants, ce qui n’a jamais été dit, ont perdu des combattants lors de l’assaut. Ils avaient ouvert trois fronts : le poste péage, le bureau des douanes et le site que se partagent la police et la gendarmerie. « Les gendarmes avaient reçu l’information sans daigner alerter les autres », croit savoir notre homme. Renseignement d’une large portée qui sera corroboré par le fait que les assaillants n’ont trouvé âme qui vive au poste de la gendarmerie. Les policiers, en revanche, établis en face, de l’autre côté de la route, presqu’en face de la barrière, étaient sur zone. Selon les témoins, les policiers ont vigoureusement riposté aux tirs ennemis. Du côté de la douane, un agent en poste s’est battu et a utilisé de toutes ses munitions. Il aurait tenu, le temps de vider son chargeur. Aux dernières nouvelles, les assaillants étaient vus, traversant des villages, avec des corps sans vie sur les bras. « De source sûre, ils sont eu des pertes. Mais, comme à leurs habitudes, ils ont emporté leurs cadavres », conclut-il. Les Sikassois sont encore pantois devant un autre constat : le sacrilège des tirs à l’arme lourde sur la mosquée. Les fous de Dieu seraient-ils sous l’emprise de matières psychotropes ? Sont-ils devenus fous au sens propre ? Beaucoup de personnes en sont arrivées à ce jugement. Un autre indice relevé sur le terrain soutient cette thèse. Le point de tir de l’assaillant qui a ouvert la première rafale indique qu’il n’avait pas une bonne maîtrise de son arme. Des impacts sont constatés sur le bitume, les arbres aux alentours et même sur les blocs de béton aux abords de la route, après la construction du poste de péage. AC (AMAP)
Covid-19 au Mali : 43 nouveaux cas enregistrés jeudi
Bamako, 12 mars (AMAP) Quarante-trois (43) nouveaux cas positifs à la Covid- 19 ont été enregistrés jeudi au Mali, portant le nombre total de la contamination à 8782 dont 6466 guérisons et 359 décès, a appris l’AMAP de source officielle. Ces 43 nouveaux cas, selon les services sanitaires, ont été enregistrés dans les régions de Kayes, Koulikoro, Sikasso, Mopti, Tombouctou et le district de Bamako. L’Institut de santé publique (ISP) déclare par ailleurs que 1022 personnes -contact font l’objet d’un suivi quotidien avant d’inviter les populations à la sérénité et au respect des mesures préventives. KM (AMAP)
Visite de travail du président de la Transition en Algérie
Bamako, 12 mars (AMAP) Le président de la Transition, Bah N’Daw, entame samedi une visite d’amitié et de travail de deux jours en Algérie, la première depuis son installation au pouvoir le 25 septembre 2020, pour renforcer les relations de coopération entre Bamako et Alger, a appris l’AMAP de source officielle. Au cours de son séjour, dans ce pays voisin, qui partage 1.329 km de frontière avec le Mali, entièrement bornée depuis 1985, le chef de la Transition aura des échanges avec les autorités sur la relance du Conseil d’affaires algéro-malien, la relance du processus d’attribution de la 4ème licence mobile et celle des activités de recherche pétrolière sur le bloc du bassin de Taoudéni, selon la même source. Les deux parties vont, également, aborder la situation de la diaspora malienne forte de 7.000 personnes qui vivent majoritairement à Alger et dans la partie méridionale du pays (Tamanrasset, Adrar, Ghardaïa, Bechar). L’agenda du président Bah N’Daw prévoit un tête-à-tête avec son homologue algérien, Abdelmadjid Tebboune, au cours duquel deux thématiques majeures seront au centre des discussions: la paix et la sécurité. En effet, l’Algérie a toujours joué un rôle stratégique d’interface pour le Mali sur le plan de la sécurité. L’Algérie a coordonné les négociations ayant abouti à l’Accord issu du processus d’Alger. C’est, également, elle qui dirige le Comité de suivi de l’Accord (CSA). Le CSA, qui s’est réunie, pour la première fois, en mi-février 2021, dans la ville de Kidal (dans le Nord du Mali), est très actif pour maintenir l’équilibre de ce processus. En outre, l’Algérie soutient le processus de la Transition au Mali et accompagne la mise en œuvre de la Feuille de route de la Transition et la mise en oeuvre des actions retenues pour diligenter la mise en œuvre de l’Accord pendant cette période. Dans le cadre de la lutte contre la pandémie du Covid-19, l’Algérie a accordé, en 2020, une aide humanitaire, au Mali, composée essentiellement de 90 tonnes de denrées alimentaires et de kits de protection contre le coronavirus. Un des objectifs de cette visite du chef de l’État en Algérie est d’accélérer la contribution du voisin algérien dans le processus stabilisation du Mali. Sur la question du Sahara occidental, le Mali va réaffirmer sa position qui est celle des Nations unies. MK/MD (AMAP)
Affaire des bérets rouges : le délibéré sera vidé lundi
Bamako, 12 mars (AMAP) Le délibéré sur les observations et exceptions présentées au procès Amadou Haya Sanogo et co-accusés dans l’affaire dite des bérets rouges sera vidé le lundi 15 mars, a ordonné la Cour d’Appel, jeudi. À l’ouverture de la séance, le président de la Cour a appelé les accusés à la barre. Ils étaient tous présents, sauf, deux d’entre eux qui sont décédés. À l’appel de son nom, Amadou Haya Sanogo s’est présenté comme «général de corps d’armée et ancien chef d’État». Le général Yamoussa Camara, ministre de la Défense et des Anciens combattants au moment des faits, a dit se présenter à la barre « par respect pour la Cour, » sinon il n’est « en rien concerné par cette affaire ». Le président de la Cour a, ensuite, vérifié si les conseils des parties étaient régulièrement constitués. À l’appel des témoins, seules quatre personnes ont répondu présent. Sur le banc de la partie civile, il n’y avait qu’une dame du nom d’Aminata Soumaré qui dit avoir été enlevée et violée par des ex-membres du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE). Lecture a ensuite été faite de l’arrêt de renvoi qui relate le film des évènements macabres du contre coup d’État d’avril 2012. Et il est clairement indiqué que certains membres du CNRDRE ont reconnu leur responsabilité dans l’enlèvement et l’assassinat de 21 bérets rouges. Il s’agit de Mamadou Koné et Fousseyni Diarra qui ont indiqué dans les moindres détails l’endroit où étaient enterrés les corps des bérets rouges au milieu d’un champ de culture dans les environs du village de Diago, près de Kati. Après la lecture de l’arrêt de renvoi, un des avocats de la partie civile a souligné l’existence d’un protocole d’accord avec ses clients. Et en exécution de ce protocole d’accord, le collectif des parties civiles a désisté de sa position de partie civile. Les avocats de la défense, par la voix de Me Alassane Sangaré, ont émis des observations. L’ancien bâtonnier a invité la Cour à appliquer la Loi d’entente nationale adoptée le 27 juin 2019. «Et cette loi dit que les faits issus des évènements de 2012 sont amnistiés et les auteurs exonérés de toute poursuite», a-t-il rappelé. Pour Me Sangaré, les faits évoqués dans ce procès doivent être amnistiés sur la base de cette loi. Il a rappelé que ce procès a eu lieu pour la première fois en 2016. À cette occasion, les nombreuses exceptions formulées avaient conduit au renvoi de l’affaire pour complément d’information. Parmi ces exceptions, il y avait la question des tests d’ADN. «Nous demandons que sur la base de cette loi, les poursuites soient abandonnées. Sur la base de cette loi, les parties civiles ont été entièrement indemnisées et elle se sont désistées », a insisté Me Sangaré, ajoutant qu’un autre inculpé est décédé avant l’Arrêt de renvoi mais il n’est pas fait cas dans le dossier. Me Tièssolo Konaré, un autre avocat de la défense, a abondé dans le même sens en mettant en avant les articles 3, 18 et 24 de ladite loi. Au cours du procès, la dame Aminata Soumaré qui a dit avoir été enlevée et violée par certains ex-membres du CNRDRE, a demandé que justice lui soit rendue. Le procureur général près la Cour d’appel de Bamako, Idrissa Arizo Maïga, a souhaité que le droit soit dit dans cette affaire. Après avoir entendu les avocats et le parquet, le président de la Cour a renvoyé l’affaire en délibéré pour le lundi 15 mars prochain. DD/MD (AMAP)
Message de condoléances du Président Bah N’Daw, à son homologue de la Côte d’Ivoire suite au décès de son Premier ministre, Hamed Bakayoko
« Monsieur le Président, Cher frère J’ai appris avec beaucoup de tristesse le rappel à Dieu de votre Premier ministre M. Hamed Bakayoko, survenu ce mercredi 10 Mars 2021. Cette disparition est une grande perte pour la Côte d’Ivoire et pour l’Afrique. En cette douloureuse circonstance, je voudrai, vous adresser à vous, à la famille du défunt et au Peuple ivoirien, au nom du Peuple malien, de son Gouvernement et en mon nom propre, mes condoléances les plus émues. Puisse Allah accueillir le défunt dans son paradis ! Amen ! » SEM Bah N’DAW Président de la Transition, Chef de l’Etat
Hèrèmakono (Poste frontalier avec le Burkina Faso) : Dix jours après l’attaque terroriste
Par Ahmadou CISSÉ Envoyé spécial Sikasso, 11 mars (AMAP) Véhicules calcinés, bureaux brûlés, impacts de balles sur les murs, portes et fenêtres brisées, le décor est une scène de guerre. Hèrèmakono, situé à 35 km de la ville de Sikasso, a été violemment attaqué dans la nuit du 1er mars peu avant minuit. Les douaniers, les policiers, les gendarmes et la population sont traumatisés. Le coup porté à ce paisible village a été violent. Bilan : un mort, trois blessés et des dégâts matériels très importants (19 véhicules calcinés et des bâtiments des services publics mis à feu). Cet événement a traumatisé toute la population de la localité. Le directeur général des douanes, l’inspecteur général Mahamet Doucara, s’est rendu sur place, lundi dernier, pour apporter son soutien aux agents. C’est dans un champ de ruines que le directeur général des douanes s’est rendu pour «remonter le moral des agents des douanes». Selon un témoin encore sous le choc, c’est une attaque simultanée à trois points. Les assaillants seraient au moins 16 individus sur 8 motos. Ils ont été aperçus dans les environs depuis 18 heures du soir. L’alerte aurait été donnée aux forces de sécurité. Mais la réaction n’était pas proportionnelle à la nature du danger. Le premier groupe d’assaillants s’est positionné aux environs de 23 heures à une dizaine de mètres du poste de péage, à 30 km de Sikasso. Le deuxième groupe s’est dirigé vers le bureau des douanes tandis que le troisième et dernier groupe a fait mouvement vers le poste de police. «Les trois groupes étaient dans la localité quelques heures avant la série d’attaques», témoigne un habitant. Ils ont eu le temps d’étudier le mouvement des fonctionnaires de l’État avant de décider de la stratégie d’attaque. C’est le poste de péage qui a été le premier à subir les coups de feu. Les tireurs ont posé leurs armes lourdes dans la broussaille pendant que deux motos camouflées attendaient avec leurs conducteurs. Une centaine de douilles ont été ramassées au poste de tir. Les projectiles ont brisé les vitres et perforé les portes. Aucune perte en vie humaine. Simultanément, le bureau de la douane était attaqué. Les assaillants sont venus du Sud, derrière les installations de télécommunication. Vers minuit, pendant que dormaient les membres de la famille du gardien des installations, des coups de feu ont retenti. Le gardien s’est réveillé brusquement, s’est saisi de sa torche et s’est engagé dans la cour. La lumière de sa torche s’est posée sur un assaillant qui a, aussitôt, ouvert le feu dans sa direction. Il s’en est sorti mais pas son épouse réfugiée dans une pièce, tétanisée de peur. La pauvre dame a pris une balle et gisait dans une mare de sang. Elle a été secourue et prise en charge dans un centre de soin. Dans la cour, un chauffeur a été tué, criblé de balles. Même la mosquée n’a pas été épargnée par les tirs à l’arme lourde. Sacrilège de la part de ceux qui prétendent se battre pour l’islam ! Pendant que le bureau de la douane était en feu, les assaillants ont ouvert un nouveau front. Les postes de police et de gendarmerie sont arrosés de projectiles sans faire de victimes. La famille du chef de village a reçu la visite des terroristes. Situé en face de la police et à gauche de la gendarmerie, le domicile du chef de village présente encore les stigmates de l’assaut. Trois villageois sont touchés mais leur pronostic vital n’est heureusement pas engagé. Le directeur général des douanes n’a pas fait économie de son temps pour inspecter les dégâts. Tous les dégâts. Non seulement sur le site de la douane mais aussi à la police, à la gendarmerie et au service phytosanitaire. Partout, l’inspecteur général Doucara a insisté sur la vigilance et surtout le renseignement. «Mettez la garde haute !», a instruit le directeur général des douanes qui était porteur d’un message du président de la Transition, du Premier ministre et du ministre de l’Économie et des Finances qui compatissent à la douleur des agents et de toute la population de Hèrèmakono. L’inspecteur général des douanes a encouragé et félicité les agents pour leur courage et leur dévouement à accomplir leurs missions malgré les peurs et les inquiétudes. L’insécurité est une réalité, mais il faut faire avec cette nouvelle donne car la survie de notre pays en dépend. «Je suis très fier de vous. Vous avez toutes mes félicitations et mes encouragements», a dit le patron des douaniers, avant de s’engager à tout mettre en œuvre pour protéger les agents partout où ils sont appelés à servir. Avant de quitter la frontière, l’inspecteur général Mahamet Doucara a rencontré le personnel douanier et les commissionnaires en douanes agréés pour passer au peigne fin l’ensemble de leurs préoccupations.
Paix et réconciliation : Echanges fructueux entre le ministre Wagué et Youssouf Toloba
Bamako, 11 mars (AMAP) Le ministre de la Réconciliation nationale, le colonel-major Ismaël Wagué, et le chef du mouvement armé dogon, Dan na Amassagou, Youssouf Toloba, se sont rencontrés, mardi, dans le pays dogon, pour des discussions en vue d’apaiser le climat dans la Région de Mopti (Centre) dont le potentiel agricole et touristique est d’un apport considérable pour le Mali. La prise de contact entre les deux hommes a été marquée par un franc-parler entre les deux hommes, indiquent des sources proches de la rencontre. Le chef du département de la Réconciliation nationale s’est rendu, sans escorte à l’endroit indiqué par Youssouf Toloba, dans un souci d’apaisement dans la région, avec l’intention de recoudre le tissu social. Le colonel-major Ismaël Wagué, à peine revenu de Gao (Nord) où il a co-parrainé le tournoi sportif pour la paix et la réconciliation, s’est rendu sur le plateau Dogon pour rencontrer Youssouf Toloba, le chef du mouvement des chasseurs Dan na Amassagou. Au cours de cette rencontre, les échanges ont essentiellement porté sur la situation socio-sécuritaire dans le Centre du Mali, le désarmement des milices d’autodéfense et leur réinsertion, les relations entre les populations et la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) dans la lutte contre le terrorisme. Le chef du mouvement Dan na Amassagou s’est dit ouvert au dialogue, tout en assurant que son seul souci est de voir le pays Dogon apaisé. Youssouf Toloba a, par la suite, souhaité la mutualisation des forces entre le gouvernement et les populations de la Région, « afin de lutter efficacement contre le terrorisme ». À son tour, le ministre de la Réconciliation nationale s’est dit satisfait de cette première rencontre et a exprimé le souhait d’entretenir cette dynamique pour que le retour de la paix ne soit pas un vain mot dans notre pays. Il a donné l’assurance de faire remonter toutes ces informations aux plus hautes autorités. Cette rencontre a enregistré la présence de Sékou Allaye Bolly, chargé de mission au ministère de la Réconciliation nationale et de Mamoudou Goudienkilé, président de la coordination d’une milice d’autodéfense. La démarche du colonel-major Ismaël Wagué est destiné à faire le déclic dans la réconciliation dans cette partie du Mali où les communautés Dogon et Peulh ont toujours cohabité dans la paix et la concorde depuis des siècles. MK/MD (AMAP)
Affaire dite des 21 bérets rouges disparus : Amadou Aya Sanogo et seize co-accusés comparaitront jeudi
Bamako, 11 mars (AMAP) Amadou Aya Sanogo et 16 de ses co accusés comparaitront, jeudi, à l’audience de la Cour d’Assises de Bamako dans l’affaire « d’enlèvement de personnes, d’assassinat et complicité d’assassinats », communément appelée Affaire des 21 bérets rouges, a appris l’AMAP de source proche des juridictions. Cette affaire, qui n’avait pas pu être jugée le 25 février 2021, à cause des mutations intervenues récemment au sein de la magistrature, a été renvoyée au 11 mars 2021 par la Cour d’assises de Bamako, selon notre source. On rappelle que la Chambre d’Accusation de la Cour d’Appel de Bamako a ordonné, le 28 janvier 2020, la mise en liberté provisoire (la déclarant bien fondée) de Amadou Haya Sanogo, l’ex-chef de la junte et de douze de ses co-accusés, emprisonnés depuis sept ans. Le procès d’Amadou Aya Sanogo, qui avait été ouvert fin novembre 2016 à Sikasso (Sud), avait été reporté pour la première fois, pour non-conformité du laboratoire et du délai des tests ADN des victimes. KM (AMAP)

