Abdoulaye Diop, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale : «Nous souhaitons que la CEDEAO écoute les Maliens et les accompagne »

Propos recueillis par Madiba KEITA Bamako, 20 déc (AMAP) Dans cet entretien exclusif, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale du Mali explique la complexité de la crise de notre pays. Abdoulaye Diop évoque également les relations un peu tendues entre le Mali et la France, la polémique autour du groupe Wagner. Le chef de la diplomatie malienne fait aussi le point des discussions avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) pour éviter d’autres sanctions contre notre pays. L’Essor : Les relations entre le Mali et la France sont tendues depuis quelques mois. En tant que chef de la diplomatie malienne, comment voyez-vous l’évolution de cette relation? Abdoulaye Diop : C’est vrai que les relations entre le Mali et la France connaissent des moments difficiles mais cela est dû au fait que nous avons souhaité que ces relations soient fondées sur de bases nouvelles. Le Mali et la France entretiennent des relations historiques parce que d’abord c’est l’ancienne puissance coloniale. Ensuite, sur le plan de la relation politique et économique, nous avons beaucoup de choses en commun. Mais depuis la mise en place du processus de Transition, nous avons souhaité que cette relation prenne davantage en charge la nécessité du respect de la souveraineté du Mali sur un certain nombre de questions. Nous avons souhaité qu’il y ait davantage de sincérité dans cette relation vis-à-vis du Mali. Nous avons souhaité qu’il y ait plus de clarté dans l’engagement de la France vis-à-vis du Mali, notamment dans les efforts de stabilisation. Nous voudrions aussi que cette relation soit une relation d’égal à égal. Ce sont ces questions qui sont sur la table, et sur lesquelles nous travaillons. Sur le fond, nous souhaitons que la France inscrive son action dans le cadre d’une posture plus constructive vis-à-vis du Mali. Or, on voit aujourd’hui que notre pays fait l’objet d’attaques de façon constante, de campagne orchestrée contre les autorités de Transition. Il y a des déclarations de part et d’autre qui n’ont pas contribué à apaiser la situation. Mais de tout le temps, le Mali a inscrit son action dans le cadre du dialogue, de la coopération. Nous restons dans cette dynamique mais nous ne transigerons pas sur la protection des intérêts du Mali et des Maliens. L’Essor : Qu’est-ce que les autorités maliennes attendent concrètement de la France ? AD : Nous attendons de la France qu’elle comprenne qu’à Bamako, il y a une autorité de Transition dirigée par Son Excellence, le colonel Assimi Goïta. Qu’il y a aussi un gouvernement dirigé par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga. Ce sont ces autorités avec lesquelles il faut travailler aujourd’hui pour aller vers un retour à l’ordre constitutionnel au Mali. Il faut que l’action de la France s’inscrive dans ce cadre et qu’elle puisse, comme elle l’a indiqué, inscrire aussi son action dans le cadre du respect de ce qui est convenu dans le cadre régional : la CEDEAO et l’Union africaine. Même si nous sommes suspendus de ces institutions, il y a quand même un dialogue en cours afin de lever les entraves. L’Essor : Quelles sont ces entraves ? AD : Ces entraves sont de plusieurs ordres parce que nous sentons souvent des interférences par rapport à notre politique intérieure. Il est important que la France prenne quelque distance dans la gestion de la crise au Mali. C’est pourquoi, j’ai rappelé qu’il y a des autorités et qu’il faut que la France travaille avec ces autorités et non avec des parties maliennes ici et là. L’Essor : Vous pensez que le partenaire français est en train d’ignorer nos autorités ? AD : C’est une question à laquelle la France doit répondre. Mais nous souhaitons qu’il y ait un engagement et un dialogue constructifs avec les autorités maliennes pour résoudre l’ensemble de ces questions. C’est seulement à ce prix que nous allons pouvoir avancer dans le cadre d’un dialogue apaisé pour résoudre les problèmes parce que le processus de Transition n’est pas géré par les pays individuellement. Notre engagement par rapport au processus de Transition, c’est dans le cadre de la CEDEAO essentiellement. Toutes les exigences de la CEDEAO ont été satisfaites par le Mali. Le seul élément sur lequel nous n’avons pas encore eu d’accord, c’est le chronogramme de la Transition. Les autres partenaires doivent s’aligner sur ces questions et engager une discussion avec nous sur cette base. L’Essor : Le Mali envisage de diversifier ses partenariats dans le domaine de la sécurité. Cette initiative soulève une levée de boucliers du partenaire français qui a battu le rappel de ses alliés pour mettre la pression sur les autorités de la Transition. Quel commentaire faites-vous de cette situation ?  AD : Je pense qu’il y a souvent des exagérations par rapport à cette question. Je me rappelle que quand moi-même j’ai rejoint les Affaires étrangères en tant que jeune cadre au début des années 90, la diversification des partenaires était déjà un principe cardinal de notre diplomatie. Peut-être qu’aujourd’hui, il y a une vigueur qu’on veut donner à cette diversification des partenaires. Ce qui est normal. D’ailleurs, tous les pays du monde, mêmes ceux qui nous font ce reproche, s’inscrivent dans le cadre de la diversification de leur partenariat. Nous estimons que le Mali n’est l’exclusivité de personne et chaque partenaire aura sa place pour travailler avec nous. Le Mali veut avoir des relations de partenariat avec chacun des pays en fonction des avantages comparatifs. Il y a certains qui ont des atouts dans le domaine de l’équipement. Il y a d’autres dans le domaine de la formation. Il faudra donc que le Mali puisse jouer de l’équilibre qu’on peut trouver que ça soit avec la Chine, la Russie ou avec les pays européens, américains ou asiatiques. Nous n’avons besoin de la permission de personne pour faire cela. Je sais qu’il y a une compétition géopolitique. Il y a des problèmes entre les grandes puissances mais ces problèmes ne concernent pas le Mali. Comme on le dit

Protection des enfants dans les périodes de crise : Rôles et responsabilités

Bamako, 20 décembre (AMAP) Dans le cadre de la 5ème édition du Salon de l’enfance de Bamako (SEBA) qui se tient à la Cité des enfants depuis le 17 décembre dernier, un panel sur la protection des enfants dans les périodes de crise a été animé le samedi, dans la grande salle de ladite structure. Ce panel a mis en exergue les rôles et responsabilités des enfants et des acteurs du domaine de l’enfance, a constaté l’AMAP. Ce thème a été exposé par des spécialistes de la Direction nationale de la promotion de l’enfant et de la famille, Chaka TRAORE, De l’EDUCO, Hawa KANYANTAO, de l’ADES Namori KEITA et ENDA-Mali, Madame SOW Goungna TRAORE. Les panelistes ont défini l’enfant comme tout être humain âgé de moins de 18 ans. Ils ont aussi donné un aperçu clair sur la notion de la protection de l’enfance. Selon eux, la protection de l’enfance est un ensemble d’actions organisées, mises en œuvre par les secteurs étatiques ou privés pour prévenir et prendre en charge toutes les formes de violences, d’abus, d’exploitations et de la négligence affectant les enfants. « L’abandon des enfants, le mariage précoce, les enfants victimes de la mutilation génitale, les enfants victimes de l’abus de l’enfance et les enfants victimes de toute autre forme de travail, le recrutement des enfants et leurs utilisations dans des conflits armés, les occupations des écoles par les groupes armés et surtout les enfants déplacés », ont-ils énuméré comme problèmes dont les enfants sont victimes. Pour les spécialistes, les acteurs du domaine l’enfance doivent apporter une assistance à l’égard des enfants ainsi que leurs familles. A cet effet, ils ont expliqué que la convention relative aux droits des enfants expose les quatre principes dont l’intérêt supérieur de l’enfant. Comme quoi l’enfant doit être protégé en tout lieu et en toute circonstance. Pour ce faire, le Centre d’accueil des enfants et Samu Social Mali ont recensé 800.000 enfants pour leurs octroyer des actes de naissance avant de scolariser certains d’entre eux. Auparavant, les représentants de l’Association pour la promotion des jeunes et enfants communicateurs (APJEC) et du Parlement des Enfants ont rappelé aux enfants les mesures barrières contre la COVID-19 et des rubriques du code de la route. Mohamed Ousmane Cissé, APJEC et Makadidia Sall, Parlement national des Enfants

5ème édition du Salon de l’enfance de Bamako : Pour chaque enfant, tous ses droits

Bamako, 20 décembre (AMAP)Le Salon de l’enfance de Bamako (SEBA) 2021 a ouvert ses portes, le jeudi dernier à la Cité des Enfants, sous le thème : « Pour chaque enfant, tous ses droits », a constaté l’AMAP. La ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidiè Founè Coulibaly a présidé la cérémonie d’ouverture, sur le site du salon, à la Cité des Enfants, à ses côtés la directrice de ladite structure,  Mme Koumaré Amina Cissé En effet, le Salon de l’enfance de Bamako est un espace de participation des enfants à la promotion des enfants et au respect de leurs droits. L’objectif du SEBA est de faire le plaidoyer en faveur des droits des enfants d’une part et de renforcer les pratiques des professionnels du domaine de l’enfance d’autre part. C’est une activité qui mobilise les enfants de toutes catégories autour des questions liées au bien-être de l’enfant. Dans le contexte actuel, le SEBA constitue une opportunité pour les enfants de développer leur potentiel à travers les échanges, les panels, les ateliers de formation, les activités culturelles, les plateaux télévisés, radiophonique et des articles de presse écrite. Selon Mme la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, cette année, l’animal et la plante retenus pour le Salon sont respectivement le Chat et le Karité. « Ce qui va permettre aux enfants de découvrir les éléments de la faune et de la flore », a-t-elle précisé. Mme Wadidiè Founè Coulibaly ajoutera que cette 5ème édition du SEBA comporte une innovation qui est l’animation des ateliers de Slam et de Lecture. Par ailleurs, elle a souligné que le SEBA est une initiative qui mérite d’être encouragée et soutenue par tous les acteurs intervenant dans le domaine de l’enfance. Pour la présidente par intérim du Parlement des Enfants, Mlle Awa Dicko, le SEBA est une tribune de libre expression et cadre idéal de rencontres et d’échanges pour les enfants et les différents acteurs du domaine de l’Enfance, mais aussi de formations, de loisirs pour tous les enfants de notre pays. Auparavant, le maire de la Commune VI a souhaité la bienvenue. Il a reconnu que le SEBA est une occasion pour les enfants de s’exprimer et de jouer pleinement leur rôle de participations. Et surtout que c’est une innovation qui porte l’espoir et l’ouverture, c’est-à-dire, une rencontre  résolument tournée vers l’avenir des enfants du Mali et d’Afrique. Titi KONE et Hadidiatou YATTARA, APJEC

Culture : Lancement d’un projet pour les textiles de Bandiagara et de Djenné (Centre)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Andogoly Guindo, a lancé, jeudi, au Mémorial Modibo Keita, le « Projet de conservation, de revitalisation et de valorisation des textiles dans les localités de Bandiagara et de Djenné », dans le Centre du Mali. Ce projet est financé par le gouvernement américain à travers le Fonds des ambassadeurs pour la préservation du patrimoine culturel (AFCP). Il permettra d’inventorier, de documenter et de conserver les compétences, les outils et pratiques associés à la production et à l’utilisation de textiles et d’objets connexes dans les contextes culturels des communautés peule et dogon du Centre du Mali. Le projet entre dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord bilatéral sur les restrictions à l’importation d’objets archéologiques de la vallée du Niger et des Falaises de Bandiagara, signé le 19 septembre 1993, entre le Gouvernement des États-Unis d’Amérique et le Gouvernement de la République du Mali. La cérémonie s’est déroulée, en présence de l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis B. Hankins. Elle a, également, enregistré la présence de la Représentante du Centre du patrimoine culturel au Département d’Etat américain, Dr Anne Compton, spécialiste de l’Histoire de l’Afrique de l’Ouest, du Président de la Commission Education, Culture, Artisanat et Tourisme, Communication et Nouvelles Technologies du Conseil national de la Transition 9CNT), Magma Gabriel Konaté, du Rreprésentant du chef du Bureau de l’UNESCO à Bamako et de nombreux invités du monde de la Culture. OS/MD (AMAP)

Pr Abdoulaye Djimdé et Pr Mamadou Diakité distingués pour leurs efforts dans la lutte contre le paludisme

Bamako, 18 déc (AMAP) Deux éminents chercheurs maliens ont été félicités, le 9 décembre dernier, par l’ambassadeur des Etats-Unis au Mali, Dennis Hankins, pour leurs réalisations scientifiques dans la lutte contre le paludisme. Le directeur du Centre de recherche et de formation sur le paludisme (MRTC), le Pr Abdoulaye Djimdé, a reçu la médaille Le Prince de American society for tropical medecine and hygiene (ASTHM) pour ses travaux novateurs sur le paludisme, Il est le premier Africain à remporter cette médaille depuis son institution en 1951. C’est le prix le plus prestigieux récompensant un travail exceptionnel contre le paludisme. Quant au deuxième vice-recteur de l’université des sciences techniques et technologies de Bamako (USTTB), le Pr Mamadou Diakité, il a été nommé membre de l’American society for tropical medecine and hygiene (ASTHM) en reconnaissance de ses travaux soutenus sur le paludisme et d’autres maladies tropicales infectieuses. Il est le seul Africain sur les 28 boursiers de l’ASTHM nommés en 2021. Basée à Arlington, en Virginie, ASTMH, fondée en 1903, est la plus grande organisation scientifique d’experts en réduction du fardeau mondial des maladies infectieuses tropicales et l’amélioration de la santé mondiale. La médaille Joseph Augustin Le Prince de ASTMH reconnaît un travail exceptionnel dans le domaine de la paludologie. La première médaille a été décernée en 1951 au Prince lui-même. Selon l’ambassadeur des Etats-Unis « grâce à ces héros, beaucoup de progrès ont été enregistrés dans la lutte contre les maladies tropicales, plus particulièrement le paludisme ». «Le fait que vous soyez premiers démontre la qualité de votre recherche», a-t-il dit. Parlant du lauréat de la médaille Le Prince, Dennis Hankins a souligné que la coopération avec des experts américains a été une partie importante de la carrière du Pr Djimdé. «Il a travaillé en étroite collaboration avec les instituts nationaux de la santé (NIH) des Etats-Unis et a obtenu son doctorat à l’Université du Maryland à Baltimore. « Son travail est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour avoir contribué à rendre les médicaments antipaludiques plus efficaces pour sauver des vies, en particulier celles d’enfants ». Il encadre, également, la prochaine génération de scientifiques africains pour qu’ils s’appuient sur ses travaux. Son travail aide le monde à mieux comprendre comment le paludisme est transmis, les réponses immunitaires humaines au paludisme et la diversité génétique des parasites du paludisme. « Ses sujets de recherche sont essentiels pour éliminer le paludisme au Mali et l’éradiquer du monde», a expliqué le diplomate américain. Il a ajouté que le Mali a l’un des meilleurs laboratoires biomédicaux en Afrique. Le Pr Djimdé s’est dit honoré par cette distinction. Il a décerné, à son tour, cette médaille à toute l’équipe du MRTC du Centre universitaire de recherche clinique (UCRC) et du Centre national pour l’excellence dans la recherche (ICER). Pour lui, c’est le couronnement d’un long processus et le fruit de la vision des pionniers du MRTC. Une vision qui a été accompagnée par le NIH. «Le NIH a non seulement contribué à la formation des chercheurs maliens mais aussi à la construction d’une infrastructure de recherche moderne, à la création et au maintien d’un environnement propice de recherche de niveau mondial», a soutenu le chercheur. Le Pr Diakité a, lui aussi, remercié l’ambassadeur Dennis Hankins pour ce geste. Il a témoigné que la collaboration avec les Etats-Unis a permis de créer un environnement favorable pour résoudre des problèmes de santé et promouvoir le développement de la recherche dans notre pays. FN (AMAP)

Situation difficile des victimes civiles de l’insécurité dans le Nord du Mali (MSF)

Par Moussa DIARRA Bamako, 18 déc (AMAP) Quelque 2 000 personnes, craignant pour leur sécurité et leur survie, ont abandonné leurs maisons et leurs moyens de subsistance, le 2 avril 2021, suite à l’attaque d’un camp de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) à Aguelhok, au nord de Kidal, a appris l’AMAP auprès de Médecins Sans Frontières (MSF) Espagne au Mali. En raison de la proximité du camp avec les habitations, des milliers de civils ont été obligés de fuir pour se mettre à l’abri de la violence. Certains se sont ainsi déplacés vers la frontière de l’Algérie, tandis que d’autres ont trouvé refuge dans des villages aux alentours, à environ 60 km, d’Aguelhok. « Nos équipes ont visité les villages d’accueil où s’était installée la majorité des déplacés. Il leur manquait de l’eau de qualité et en quantité suffisante, de la nourriture, des couvertures, des abris. Les conditions d’hygiène n’étaient pas réunies », rapporte le chef de mission de MSF-Espagne au Mali., Boulama El Hadji Gori, cité par un texte de l’ONG. « De même, de nombreux cas de troubles psychologiques et de traumatismes ont été décelés. La seule structure de santé existante de la localité située dans la ville n’était plus accessible en raison des violences, de la peur de retourner en ville et du couvre-feu en vigueur », a-t-il ajouté. L’équipe de MSF, dépêchée à Aguelhok, le 8 avril 2021, pour évaluer la situation des déplacés et apporter les premiers secours d’urgence, a recensé 378 ménages soit 2.268 personnes déplacées « qui se trouvaient dans des conditions très précaires ». Pour répondre à cette crise humanitaire, les équipes de MSF ont, aussi, organisé des cliniques mobiles et assuré des consultations de santé primaire, accompagnées de séances psycho-sociales. « Pendant cette intervention, 333 personnes ont bénéficié de supports psycho-éducation et sociaux, 378 ménages ont reçu des articles essentiels non-alimentaires, 1 084 consultations curatives ont été administrées en ambulatoire », énumère l’ONG. Selon MSF, « 674 enfants de moins de cinq ans ont été dépistés contre la malnutrition aiguë et 31 vaccinés contre la rougeole, 134 femmes enceintes ont bénéficié des consultations prénatales et 12 en post-natales, 1564 personnes ont été mobilisées pour des séances de promotion de la santé et d’engagement communautaire ». Les équipes MSF ont, également, mené une intervention d’urgence dans le domaine de l’eau et de l’assainissement. C’est ainsi que 04 camions-citernes ont fourni plus de 1.282.000 litres d’eau aux déplacés et distribué 12.656 Aqua Tabs. Dans les villages de Charnaché, Barrage Torcha et Marrat, MSF a construit 15 latrines et douches d’urgence et réhabilité trois (3) puits communautaires ainsi que des abreuvoirs pour les animaux. L’ONG indique avoir noté « une forte mobilisation de la communauté pour demander la relocalisation du camp militaire loin des habitations mais (qui) semble n´avoir pas eu gain de cause ». La situation sécuritaire dans la zone reste volatile, marquée par des affrontements entre groupes armés et des tirs d’obus récurrents sur le camp militaire dont les derniers ont été enregistrés au courant du mois de novembre. « La population civile d’Aguelhok est prise en étau entre belligérants et elle est victime au premier rang. Les témoignages de nos patients nous permettent d’affirmer que la population de Aguelhok vit dans une insécurité majeure. C’est une situation que nous déplorons vivement car cette population est largement affectée dans sa santé physique et mentale », poursuit le chef de mission. MSF est présente dans la Région de Kidal (Nord) depuis 2015. En collaboration avec les autorités sanitaires et locales, MSF intervient dans le Centre de santé communautaire (CSCOM) central, dans les centres de santé communautaire de Abeibara, Aguelhok, Anefif et dans deux postes de santé avancés à Boghassa et Amacine. L’organisation aide à fournir des soins de santé primaire, des consultations ambulatoires, des dépistages nutritionnels, des opérations de vaccination, des activités en santé mentale et appuie la surveillance épidémiologique. MD (AMAP)

Feu vert du Mali pour 1 000 soldats tchadiens supplémentaires (Gouvernement)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le ministère malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a annoncé, vendredi, avoir donné son accord pour le déploiement de 1 000 soldats tchadiens supplémentaires pour le renforcement du contingent du Tchad, dans le Nord du Mali. Dans un communiqué, le département en charge des Affaires étrangères précise que ce « déploiement entre dans un cadre bilatéral et à la demande du Gouvernement de la République du Tchad ». Et d’ajouter qu’il intervient « suite à la reconfiguration de la Force Barkhane, en vue de faire face aux menaces et protéger ses troupes déployées dans la zone ». Le ministère réagissait ainsi à la diffusion, « sur les réseaux sociaux, d’un document relatif à l’accord du gouvernement de la République du Mali pour le déploiement de 1 000 soldats tchadiens supplémentaires au sein de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) » Il insiste que son accord au déploiement de troupes tchadiennes, qui a été notifié aux Nations unies, intervient « dans l’esprit des excellentes relations entre nos deux pays, au regard des sacrifices consentis par ce pays frère pour le Mali, et dans le cadre de la recherche de solutions aux défis sécuritaires » de notre pays. MT/MD (AMAP)

Mali : La visite du président Macron annulée (sources françaises)

Bamako, 18 déc (AMAP) Le président français Emmanuel Macron a finalement renoncé à se rendre au Mali du 20 au 21 décembre, officiellement à cause de la situation sanitaire, ont annoncé plusieurs sources notamment françaises. Cette annulation intervient «  surtout pour cause de différend sur le format de la visite avec les militaires au pouvoir au Mali», ajoutent ces mêmes sources. Les autorités maliennes auraient refusé le format proposé par Paris. Et qui consistait à organiser, le 20 décembre, dans la capitale malienne, un mini-sommet du G5 Sahel avec le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Niger et le Tchad, profitant de la présence du président français à Bamako. Par ailleurs, le président du Niger, Mohamed Bazoum, était attendu à Bamako pour ce sommet qui aurait dû permettre d’associer aux discussions des représentants de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). « Si Bamako avait, dans un premier temps, accepté le principe d’un tel événement, la junte a finalement fait savoir le 16 décembre qu’elle en refusait l’organisation ainsi que la présence de représentants du G5 Sahel et de la CEDEAO », disent les sources françaises. La présidence française a officialisé l’annulation de ce déplacement au Mali d’Emmanuel Macron, annoncé le 15 décembre dernier. Le président français devait se rendre à la base de l’opération Barkhane de Gao, dans le Nord du Mali. Le chef d’État français devait rencontrer le colonel Assimi Goïta, président de la Transition au Mali pour évoquer plusieurs sujets dont la lutte contre le terrorisme marquée par une réorganisation des forces françaises déployées au Mali. Dans un contexte de tensions diplomatiques entre Bamako et Paris, les avis des deux capitales divergent, entre autres, sur la durée de la Transition et la diversification des partenaires dans la lutte contre le terrorisme prônée par les autorités maliennes. MD (AMAP)    

Le M’bolon du Mali inscrit au patrimoine immatériel de l’humanité de l’UNESCO

Bamako, 17 déc (AMAP) Instrument de musique traditionnelle emblématique en milieu manding, le M’bolon a été inscrit, mercredi dernier, au patrimoine immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO). Le M’Bolon est utilisé dans plusieurs milieux traditionnels au Mali pour encourager les agriculteurs lors des travaux champêtres ou encore galvaniser les guerriers en période de conflit. Cet instrument à percussion est composé d’une grande caisse de résonance faite d’une calebasse recouverte de cuir de vache, surmontée d’un manche en bois arqué muni de cordes. Selon Moussa Cissé, conseiller auprès de la délégation du Mali à l’UNESCO, le M’bolon dont les origines remontent à Mandé Boukary, au 13è siècle est, de nos jours, menacé de disparition. Son inscription au Patrimoine mondial par l’UNESCO vise à le sauvegarder en « toute urgence et permettre la transmission aux générations actuelles et futures de sa conception et de tout le rituel de son utilisation ». En plus du M’bolon, plusieurs symboles de la culture africaine ont été inscrits par l’UNESCO au patrimoine immatériel de l’humanité, lors de sa 16è session du comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel. Il s’agit notamment du Ceebu jën, plat sénégalais, fait à base de darne de poisson, de brisures de riz, de poisson séché, de mollusques, etc. L’UNESCO a, également, inscrit sur cette liste la Rumba congolaise, genre musical et danse que se partagent la République démocratique du Congo et le Congo Brazzaville. MT (AMAP)  

Mali : Six nouveaux ambassadeurs présentent leurs lettres de créance

  Bamako, 17 déc (AMAP) Le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, a reçu successivement, jeudi, au palais de Koulouba, six nouveaux ambassadeurs accrédités au Mali, venus lui présenter leurs lettres de créance. Ce ballet diplomatique, qui s’est déroulé dans la salle de banquets, a débuté par l’ambassadeur de la République populaire de Chine, Zhihong Chen. Né en septembre 1964, le nouvel ambassadeur a, au cours de sa carrière, occupé plusieurs postes de responsabilité. Il fut troisième secrétaire à l’ambassade de Chine au Cameroun, troisième puis deuxième secrétaire à l’ambassade de Chine en Belgique et à la mission diplomatique de son pays auprès de la Communauté européenne. En outre, il fut consul avec rang de premier secrétaire au consulat général de la Chine à Marseille, premier secrétaire à l’ambassade de Chine en Belgique, conseiller à l’ambassade de son pays en République démocratique du Congo puis en Maurice. Mais également, consul général de son pays à Saint-Denis. Jusqu’à sa nomination comme ambassadeur au Mali, Zhihong Chen, qui est marié et père de deux fils, occupait le poste de conseiller au département des Affaires d’Afrique au ministère des Affaires étrangères de son pays. Le deuxième diplomate à présenter ses lettres de créance au président de la Transition est l’ambassadeur d’Algérie El-Haoués Riache. Né le 5 septembre 1953, le nouvel ambassadeur algérien au Mali est un diplômé de l’École d’administration, section diplomatie. Il fut ambassadeur dans plusieurs pays. El-Haoués Riache a occupé le poste d’ambassadeur de son pays auprès du Portugal, ambassadeur-conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères chargé du dossier Grand Moyen-Orient, puis du Nepad et du Mécanisme d’évaluation par les pairs, ambassadeur auprès de la Confédération helvétique et de la Principauté du Liechtenstein. Parlant l’arabe, le français, l’anglais et le portugais, El-Haoués Riache occupait jusqu’à sa nomination, le poste d’ambassadeur-conseiller au cabinet du ministre des Affaires étrangères chargé de la lutte contre le terrorisme et des dialogues stratégiques bilatéraux sur les questions sécuritaires. Le ballet diplomatique s’est poursuivi avec le nouvel ambassadeur de la Confédération suisse dans notre pays, Andrea Semadeni. Le diplomate suisse, né en 1963, a une riche carrière. Il fut premier secrétaire de l’ambassade de son pays à Naïrobi en 1998 où il était chargé des dossiers de promotion de la paix au Soudan du Sud, en Somalie et dans la région des Grands lacs. Ensuite, il a poursuivi sa carrière à la Mission permanente de la Suisse auprès des Nations unies à New-York où il est promu conseiller d’ambassade. Entre 2006 et 2009, désormais ministre-conseiller, Andrea Semadeni dirige le bureau de représentation de la Suisse auprès de l’Autorité palestinienne à Ramallah. Entre 2009 et 2013, il a successivement occupé les postes d’ambassadeur et représentant spécial pour le Soudan et la Corne de l’Afrique, d’ambassadeur au Ghana avec accréditation au Togo et au Bénin. Entre 2013 et 2017, il dirige l’ambassade de Suisse en Éthiopie, représentation accréditée également à Djibouti, au Soudan du Sud, auprès de l’Union africaine. Avant sa nomination pour représenter son pays au Mali, Andrea Semadeni a été l’ambassadeur de la Suisse au Brésil. Le quatrième diplomate reçu par le colonel Assimi Goïta est Georges Ternes, nouvel ambassadeur du Grand-duché du Luxembourg. Né le 11 mai 1971, il fut chargé de mission à la Représentation permanente de son pays auprès des Nations unies, chargé d’affaires à l’ambassade du Luxembourg à Ouagadougou au Burkina Faso, conseiller à la Représentation permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne, représentant permanent adjoint à la Représentation permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne (UE). Nommé ambassadeur dans notre pays, il couvre également le Sénégal, le Burkina Faso et le Niger. Le président de la Transition a également reçu les lettres de créance d’Henri Kastoun, nouvel ambassadeur du Liban. Diplômé en sciences administratives, politiques et en droit public, le diplomate libanais a occupé plusieurs postes. Il a, entre autres, été attaché au ministère des Affaires étrangères de son pays, secrétaire à l’ambassade du Liban à Tokyo, consul général du Liban à Melboune en Australie, ambassadeur du Liban au Liberia. Le dernier diplomate reçu par le chef de l’État est Jean Pierre Karabaranga, ambassadeur du Rwanda. Né le 7 décembre 1965, le diplomate rwandais fut l’ambassadeur de son pays auprès des Pays-Bas. À partir de son poste à la Haye, il représentait le Rwanda en tant qu’ambassadeur non résident en Bulgarie, en Estonie, en Lettonie, en Lituanie et en Slovénie. Il était aussi le représentant permanent du Rwanda auprès de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), de la Cour internationale de justice et de la Cour permanente d’arbitrage. Titulaire d’une maîtrise en gestion du sport, Jean Pierre Karabaranga est marié et père de trois enfants. DD (AMAP)