PNLP : Lancement de la campagne « zéro palu, je m’engage » et toi ?
Bamako, 23 novembre (AMAP) La cérémonie de lancement de la Campagne « Zéro ! je m’engage » et toi ? a été présidée vendredi dernier par le Premier Ministre, Dr Choguel Kokalla Maïga au Stade municipal Vincent Traoré de Kati, a constaté l’AMAP. C’était en présence entre autres du ministre de la Santé et de la Solidarité, Mme Diaminatou Sangaré, de son homologue en charge de la promotion de la Femme, de l’enfant et de la Famille, Mme Wassidjé Founè Coulibaly, des représentants de l’OMS, de l’UNICEF, de plusieurs autres partenaires, du Gouverneur de Koulikoro, Colonel Lamine Sanogo, du Directeur du Programme national de lutte contre le Paludisme, Dr Idrissa Cissé et des représentants du Réseau des Communicateurs traditionnelle (RECOTRAD). Dans son discours de bienvenue, le maire de la Commune urbaine de Kati, Yoro Ouologuem a souhaité la bienvenue aux autorités et aux participants à la cérémonie de lancement sur le paludisme dans sa Commune, avant de renouveler la disponibilité de ses collectivités à accompagner la Transition. M. Ouloguem a par ailleurs soutenu que malgré les efforts des autorités, le paludisme reste une préoccupation majeure dans ses contrées et qu’il est utile de conjuguer davantage les synergies dans la lutte contre cette maladie. Le représentant de l’OMS au Mali, Dr Jean Pierre Baptiste, a salué les autorités pour tous les efforts déployés dans l’amélioration de la santé des populations avant d’affirmer qu’il s’impliquera pour l’obtention du nouveau vaccin RTS contre le paludisme. Il a invité les autorités à faire appel au secteur privé pour mobiliser des ressources complémentaires afin d’intensifier la lutte contre le paludisme et permettre aux communautés de s’approprier des stratégies pour se protéger de cette maladie. Le directeur du PNLP, Idrissa Cissé a procédé à la présentation de Mme Fatoumata Nafo, Championne de la lutte contre le paludisme. Dr Cissé a précisé que Dr Nafo est l’une des premières femmes qui a exercé en milieu rural avant d’être ministre de la santé et celui du développement social et de la solidarité e d’occuper plusieurs postes au niveau international. Dr Nafo, a t-il précisé, s’est engagé résolument dans la lutte contre le paludisme en obtenant des résultats tangibles. En reconnaissance de tous ses efforts, le Premier Ministre lui a décerné une écharpe remise à son représentant à la cérémonie. La ministre de la Santé et du Développement social, Mme Diaminatou Sangaré a, pour sa part, précisé que le paludisme représente 32% des motifs de consultation dans notre pays. Une nocivité de la maladie rappelé également par le responsable de l’OMS dans notre pays. Jean Pierre Baptiste a fait remarquer que le dernier rapport de l’Organisation onusienne sur cette maladie, publié en 2020, relevait 229 millions de cas de paludisme en 2019 et 409 000 décès liés à cette pathologie. Le chef du gouvernement a souligné à l’occasion que sur le plan économique, le paludisme affecte annuellement une grande partie de notre population et engendre 1,3% d’absentéisme à l’école ou au travail. Cela constitue un manque à gagner pour notre croissance économique de plus de 1,3%. Le Dr Choguel Kokalla Maïga a aussi indiqué que des financements supplémentaires sont nécessaires pour sauver toutes les personnes à risque. Cette campagne vise à susciter un engagement politique de haut niveau pour l’élimination du paludisme. Elle permettra également de mobiliser des ressources financières nécessaires pour endiguer la maladie et impulser un élan communautaire afin d’améliorer la sensibilisation et l’appropriation des interventions dans le cadre de la lutte contre le paludisme. KM (AMAP)
La consommation de stupéfiants se banalise à Sikasso, dans le Sud du Mali
Par Mariam F. DIABATÉ Sikasso, 22 nov (AMAP) A Sikasso, tout comme dans des zones frontalières, le trafic et la consommation de stupéfiants ont tendance à se banaliser. Que ce soit dans la ville ou dans les localités de la région, les jeunes de 14 à 20 ans s’adonnent à la drogue. Conséquences : des cas de troubles psychiatriques et de « désocialisation », en un laps de temps. Selon les différents acteurs du secteur que notre équipe de reportage a approchés, la situation est alarmante. « Youssouf Togo, la vingtaine, réside au quartier Mamassoni. Ce jeune garçon a abandonné l’école en 8ème année quand il a commencé à consommer des stupéfiants », témoigne la vieille Babintou, voisine de la famille Togo. On l’a conduit deux fois chez les spécialistes de santé mentale car il avait perdu la raison. « A chaque fois qu’il est guéri et qu’il revient à la maison, il replonge, les mauvaises fréquentations aidant. Puis, on le ramène encore au centre de santé », dit-elle. Le cas du jumeau Lassine Koné est encore pire. Résidant à Wayerma II, un quartier de Sikasso, Lassine est dépendant des stupéfiants. Il passe toute la journée à trainer en ville. Il n’arrête pas lancer des propos incohérents aux passants. La situation financière de sa famille fait qu’elle n’arrive pas à procurer les soins adéquats au jeune homme. Hamidou Diarra, avant sa mauvaise rencontre avec les stupéfiants, a été brillant dans les classes inférieures. Il vit les affres de la dépendance aux drogues. Selon ses anciens camarades de classe, c’est à l’université, à Bamako, qu’il n’a pas pu échapper à la tentation. La consommation du jeune Hamidou s’accroissait. En fin ce compte, il a abandonné ses études. Aujourd’hui, il est retourné à Sikasso. Régulièrement, ses parents le conduisent chez les spécialistes de santé mentale. Par finir, Hamidou Diarra s’est complètement métamorphosé. Il est devenu taciturne. SAISIES EN BAISSE – « De novembre 2020 à août 2021, l’Office centrale des stupéfiants (OCS) de Sikasso a saisi plus d’une tonne de cannabis ou chanvre indien, dix comprimés de diazépam, plus de 277 grammes de produits pharmaceutiques contrefaits et 133 comprimés de tramadol » révèle le commandant de l’Antenne régionale de l’OCS, Moumini Bengaly, qui estime que les saisies des stupéfiants est en régression dans la région. Par contre, au cours des années 2018 et 2019, l’OCS a, respectivement, incinéré plus de 4,5 tonnes de chanvre indien, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 6 500 comprimés de tramadol. En 2019, la structure a incinéré 7,8 grammes de cocaïne, 12 grammes de crack, 1 gramme de off, plus de 245 kg de cannabis, 389 boules de cannabis, 1,5 kg de graine de cannabis et plus de 300 comprimés de tramadol. « Sikasso est une zone carrefour, car c’est le point de rencontre des Burkinabés, des Ivoiriens et des Guinéens. C’est cela qui explique l’entrée des stupéfiants », explique-t-il. Selon lui, de tous les pays limitrophes, le Burkina Faso est celui d’où arrive au Mali la plus grande quantité de stupéfiant. « Presque chaque jour, les stupéfiants nous proviennent du Burkina Faso », insiste-t-il. Dans le hit parade des types de stupéfiants consommés à Sikasso, M. Bengaly a cité le tramadol car celui-ci est facile à cacher et il n’a pas d’odeur, suit le cannabis. Par ailleurs, le chef d’escadron estime que la mauvaise fréquentation, la solitude et le stress sont des raisons qui poussent les jeunes à la consommation de stupéfiants. La drogue ne concerne pas que la ville. Les stupéfiants sont consommés dans les cercles et même dans les villages de la région. A cet effet, Moumini Bengaly a affirmé que sa structure a tout récemment saisi, à travers la douane et les Forces armées maliennes (FAMa) de Sikasso, 115 briques de cannabis à Yorosso et plus de 30 sacs de cent kilo du même type de drogue à Tièrè. Se prononçant sur les techniques de dissimilation des stupéfiants, M. Bengaly explique que les dealers et les consommateurs ont mille et une astuces pour cacher la drogue. Ils la dissimulent dans les pneus de voiture, le volant, le tableau de bord et les feux rouges des véhicules. D’autres se servent de poupées, de boîtes de sardine, de mannequins (en plastique) ou de marionnettes. Certains se servent des corps de personnes décédées et de faux cercueils. Les boucles d’oreilles et les seins (par voie chirurgicale) sont fortement utilisés par les femmes. En termes de stratégies pour contrer le trafic et la consommation dans la région, le chef de l’OCS de Sikasso affirme que ses services reçoivent des informations, en temps réel, sur les consommateurs de stupéfiants dans les cercles et les villages de la région. « Au cours de l’année 2020, nous avons effectué cinquante voyages et interpellé soixante-neuf dealers dont trois ressortissants nigérians, trois Burkinabés, trois Guinéens et soixante Maliens », a annoncé M. Bengaly. « De novembre 2020 à ce jour, nous avons effectué seize voyages et interpellés dix-neuf individus dont un Burkinabé, un Ivoirien, un Nigérian et quinze Maliens ». TROUBLES MENTAUX – Le médecin colonel Nayara Sanou est un praticien en santé mentale à Sikasso. Du haut de son expérience de quarante-deux ans, le spécialiste affirme que le phénomène prend de l’ampleur dans la région. Le Dr Sanou révèle qu’il existe bien des liens entre la santé mentale et la consommation de stupéfiants. A cet effet, il a indiqué nombre de ses patients consomment du cannabis afin d’oublier leurs soucis ou encore accéder à un « confort ». « Or, poursuit-il, cette drogue contient du tétrahydrocannabinol qui crée le trouble de comportement chez la personne ». « Le consommateur se croit à l’aise. Il a l’insomnie. Il ne craint rien et il donne libre cours à ses actes » dont les injures et l’agressivité, nous explique Dr Sanou. Selon lui, le chômage, les mauvaises fréquentations expliquent, en partie, la consommation de drogue. S’exprimant sur ses patients qui consommaient des stupéfiants, à leur arrivée dans son cabinet de soins psychiatriques, le spécialiste en santé mentale a affirmé que sur dix à quinze consultations, en une semaine, il peut avoir deux toxicomanes ou consommateurs
Classement FIFA : Le Mali gagne quatre places
Bamako, 20 nov (AMAP) Le Mali gagne quatre places sur le plan mondial et occupe, désormais, le 57è rang sur l’échiquier international, dans le nouveau classement de la Fédération internationale de football association (FIFA) dévoilé, vendredi. Ce classement est établi après des matches de qualifications pour la Coupe du monde, Qatar 2022, des rencontres amicales, et le tour final de la Ligue des nations de l’UEFA programmés en octobre. Les Aigles, qui arrivent derrière la Bosnie-Herzégovine (56è) et devant l’Irlande du Nord (58è), récoltent ainsi les fruits des deux succès contre le Kenya (5-0, 0-1) lors des 3è et 4è journées des éliminatoires de la Coupe du monde, Zone Afrique. Sur le plan continental, le capitaine Hamari Traoré et ses coéquipiers restent 10è du classement toujours dominé par le Sénégal (20è mondial) devant la Tunisie (27è mondial) et le Maroc (29è mondial) qui passe devant l’Algérie (30è mondial). C’est le seul changement dans le Top 10 africain par rapport au précédent classement, qui avait été publié le 16 septembre dernier. Le Nigeria (36è mondial), l’Egypte (44è mondial) et le Ghana (52è mondial) occupent, respectivement les 5è, 6è, 7è places au classement africain, alors que la Côte d’Ivoire (53è mondial) et le Cameroun (54è mondial) pointent aux 8è et 9è rangs. Le Mali complète le Top 10. Au total, 160 matches internationaux ont été disputés. Ce qui n’a pas été sans impact sur ce dernier classement mensuel des nations. Pour mémoire, la Belgique est toujours au sommet de la hiérarchie mondiale et devance le Brésil et la France. L’Italie (4è) et l’Angleterre (5è) complètent le Top 5 mondial. BK/MD (AMAP)
Mali : Mesures du gouvernement contre la flambée des prix
Bamako, 19 nov (AMAP) Le ministère malien de l’Industrie et du Commerce a fixé les prix indicatifs plafonds de vente, en gros et au détail, du riz brisure non parfumé importé, de l’huile alimentaire importée, du sucre importé et du pain, applicables sur l’ensemble du territoire et quel que soit le stade de distribution de ces produits. Cette mesure, suivant l’arrêt n°2021 4712/MIC-SG du 15 novembre dernier, sera certainement détaillée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, vendredi. Ainsi, au regard de ces prix, le commerçant grossiste doit céder le sac de 50 kg du riz brisure non parfumé importé à un prix ne dépassant pas 15.000 Fcfa. Le détaillant lui est tenu de revendre le kg à un tarif inférieur ou égal à 350 Fcfa. Le prix de gros du bidon d’huile alimentaire importée de 20 litres ne doit pas excéder 17.000 Fcfa, contre 1.000 Fcfa le litre pour le prix au détail. Le prix indicatif plafond du sac de 50 kg du sucre importé est fixé à 22.500 Fcfa au gros, contre 500 Fcfa le kg au détail. Le grossiste donnera la miche de pain de 300 g à 200 Fcfa au détaillant qui la revendra à 250 Fcfa. La baguette de 150 g sera monnayée à 100 Fcfa au prix de gros, contre 125 Fcfa au détail. Il est utile de préciser que le prix indicatif plafond est la moyenne des prix sur l’ensemble du territoire national. En conséquence, les prix en vigueur dans certaines zones du pays peuvent, en fonction des zones d’approvisionnement ou de l’abondance du produit, être inférieurs à ceux fixés par le ministère en charge du Commerce. Mais, en aucun cas et pour quels que motifs que ce soit, les prix en vigueur, dans nos marchés et autres lieux de vente, ne peuvent excéder ces prix indicatifs plafonds concernant ces denrées subventionnées. À cet égard, «toute violation des dispositions du présent arrêté est punie conformément à la règlementation en vigueur», prévient le département en charge de l’Industrie et du Commerce. Les directeurs généraux du commerce, de la consommation et de la concurrence, de la Police nationale, de la Gendarmerie nationale « sont chargés, chacun en ce qui les concerne, de l’exécution du présent arrêté qui sera publié partout où besoin sera », précise l’arrêté. Cette décision est une réponse de l’engagement des autorités de Transition, notamment le chef de l’État, le colonel Assimi Goïta, qui a chargé «le gouvernement de prendre toutes les mesures et dispositions nécessaires, dans la mesure du possible, pour soulager les Maliens du fardeau de la cherté des prix des produits de première nécessité». Cela, malgré la flambée des prix sur le marché international de l’offre et de la demande, et les projections peu rassurantes qui n’écartent pas d’éventuelles hausses des prix. L’instruction du président Goïta a été traduite dans les faits lors du Conseil des ministres du mercredi 10 novembre dernier. Le gouvernement a, en effet, décidé de subventionner certains produits de grande consommation tels que le riz, le sucre et l’huile alimentaire. Cette subvention se traduira par la réduction de la base taxable de 50% sur l’importation de 300 mille tonnes de riz, 60 mille tonnes de sucre, 30 mille tonnes d’huile alimentaire. Des quantités de produits dont l’importation avait été subordonnée, entre autres, « à la signature avec les importateurs d’un cahier de charges portant notamment sur le prix au détail et la disponibilité des produits concernés sur l’ensemble du territoire national », a précisé le gouvernement dans son communiqué. Il a insisté, également, sur le «respect des quantités autorisées pour cette opération, la mise en place d’un mécanisme de suivi à travers des brigades de contrôle pour garantir l’efficacité de cette opération». L’objectif ultime étant d’atténuer les effets de la flambée des prix des produits de première nécessité. Un souhait aujourd’hui matérialisé à travers la fixation de ces prix indicatifs plafonds pour soulager les populations. CMT/MD (AMAP)
Diéma : L’école de Dougoukolo Konaré se meurt
Par Ouka BA Diéma, 19 nov (AMAP) Dougoukolo Konaré, le père de l’ancien président du Mali, Alpha Oumar Konaré, fut le premier directeur de l’école de Diéma, qu’il dirigea de 1935 à 1940. A l’époque, l’école était faite en pailles pour recevoir une minorité d’élèves dont les parents étaient contraints de les y inscrire. A partir de 1951, l’établissement a changé de physionomie avec la construction de six salles de classe en pierres. Bâtie sur une superficie d’un hectare, l’école est située aux abords de la route asphaltée qui mène au quartier Razel, non loin de la mare Lambakoré. Selon Yassa Konté, ancien député, qui a dirigé l’école de Dougoukolo Konaré pendant quatre ans, de 1994 à 1998, sa « construction n’a pas été de tout repos ». « Le transport des pierres, du sable, du gravier et autres matériaux était assuré par des gaillards. C’était une véritable corvée », dit-il, assis dans le vestibule du chef de village. Pour le recrutement des élèves, les carnets de famille permettaient de faire le recensement. Les filles, elles, en étaient épargnées. Chaque année, à l’ouverture des classes, le commandant ordonnait de recenser tous les enfants ayant atteint l’âge d’être scolarisé. « Toutes les familles se pliaient à cette décision. Chaque enfant était soumis à une visite médicale. Si la visite médicale révélait qu’un enfant est inapte, ses parents s’en réjouissaient. Leur souhait était que leur progéniture reste à leurs côtés pour les aider dans les travaux champêtres. L’idée d’école était rejetée par tous dans ce milieu, comme d’ailleurs partout », se souvient Yassa Konté. L’ancien député n’en finit pas de se désoler devant la démolition d’un pan de la véranda de l’école de Dougoukolo Konaré, vers son côté sud. « Quand j’ai été nommé directeur de cet établissement, dit-il, il y avait une véranda commune qui entourait les salles de classe. Cette partie de la véranda, qui a été cassée, empêchait les rayons de soleil de pénétrer dans les salles à une certaine heure de la journée », dit-il. Salihou Soukouna, professeur d’anglais à la retraite et ancien élève de cette école, se souvient des activités intenses de maraîchage qu’on y pratiquait. « La moitié de l’espace du jardin maraîcher était occupée par des arbres fruitiers. Chaque élève s’occupait de l’entretien d’une planche. Le jardin était approvisionné en eau à partir de la mare Lambakoré. Les recettes générées par cette activité étaient versées directement dans la caisse de la coopération de l’école », se remémore notre interlocuteur. Sur le tableau de succession accroché dans le bureau du directeur, il est mentionné que depuis 1935, dix-sept directeurs d’école se sont succédés. Selon l’actuel titulaire, Adama Togola, à partir de 1998, l’école qui était un cycle complet, a été scindée. Le premier cycle A et le premier cycle C. Le second cycle A et le second cycle C. Les six salles de classe de l’école de Dougoukolo Konaré sont devenues vétustes. Le toit conserve les mêmes tôles qui sont rouillées et détachées en plusieurs endroits par les intempéries. Le président du Comité de gestion scolaire de l’école fondamentale premier cycle A de la ville de Diéma, Bougary Konaté, soixante onze ans, est un ancien élève de l’école de Dougoukolo Konaré. « Quand je fréquentais cette école, Dougoukolo Konaré, n’était plus là. Il était parti pour Markala, dans la Région de Ségou, d’après ce que j’ai appris », dit Bougary. « Mon père était un ancien caporal de l’Armée. En 1963, il m’a inscrit à l’école. J’avais déjà dépassé l’âge de la scolarisation. La discipline était de rigueur dans notre école. Les élèves apprenaient sous le fouet que brandissait le maître d’école », a dit M. Konaté. « Le châtiment corporel était de rigueur. Si un élève commettait une faute grave, il était sérieusement corrigé. Et quand son père en était informé, il rudoyait, à son tour, l’enfant, comme si la punition infligée par le maître ne suffisait pas. L’enfant appartenait à toute la société. Tout le monde pouvait contribuer, à sa guise, à son éducation », se souvient-il. Et de regretter que « les choses ne soient plus comme avant : aujourd’hui, personne n’a le droit de porter la main sur un enfant d’autrui, encore moins de l’insulter ». « A mon avis, si nous sommes assaillis par ces nombreux problèmes aujourd’hui, c’est à cause surtout de la mauvaise éducation de nos enfants », dit-il. DE BONNE VOLONTÉS – Une ONG a financé la construction et l’équipement de trois salles de classe, une direction avec magasin et des blocs de latrine. La clôture de l’école et la réalisation du jardin d’enfants, situé à proximité, font partie du lot des réalisations de la même ONG caritative. L’association Kaarta Karalemou Kassoun Kahoo, de Mme Sokona Semega, a récemment procédé, sur fonds propres, à la restauration du sol des trois salles de classe de l’école, à la réfection des tableaux ainsi qu’à la réparation des portes et fenêtres. L’établissement scolaire est confronté à une insuffisance de tables-bancs et compte un effectif pléthorique d’élèves. Les élèves de la première année du premier cycle C, étudient en plein air, en attendant la confection d’un hangar de fortune. Il est temps, pensent certains, de baptiser, officiellement, l’établissement « Ecole Dougoukolo Konaré », en guise de reconnaissance à cet éminent instituteur qui a donné le meilleur de lui-même, souvent dans des conditions difficiles, pour inculquer son savoir aux plus petits. L’école de Dougoukolo Konaré a vu le jour, durant la période coloniale, quand rares étaient les parents qui acceptaient de conduire librement leur progéniture à l’école. Aller à « l’école des Blancs » était un signe de malédiction pour certains qui pensaient que c’était la pire des façons de transformer leurs enfants, d’en faire des « fainéants », des « bons à rien ». Cependant, l’école était une obligation pour tous. Personne ne pouvait y échapper. L’administration coloniale veillait scrupuleusement sur la scolarisation des enfants. Les parents les plus nantis donnaient les noms des enfants de leurs subordonnés, ceux placés sous leur autorité. L’école à leurs yeux n’avait aucun sens, aucune importance. Seul l’apprentissage du Coran, capable de sauver les âmes et le corps des feux de la géhenne, comptait pour nos ancêtres. Certains cachaient leurs enfants ou les faisaient fuir, pour échapper
Tombouctou : « Wakya tein», un habit paré de mille vertus et secrets
Par Moulaye SAYAH Tombouctou, 19 nov (AMAP) Dans la culture vestimentaire de Tombouctou, dans le Nord du Mali, il y a plusieurs habits qui ont des noms d’origine maghrébine, fruit du brassage culturel. Au-delà du vêtement, certains ont de la valeur. Il en est ainsi du « wakya tein» qui est un boubou brodé à la main. Sa confection peut durer plus d’un an. Il n’est pas permis à tout le monde de le broder à la main. Dans le passé, ce sont les marabouts qui faisaient ce travail. Les ateliers de broderie sont connus et répertoriés dans la ville. Dans un temps récent, il y avait sept grands ateliers de broderie à la main. De nos jours, seul un résiste encore à la concurrence des machines à broder modernes. C’est celui d’Oumar Alkoye dans le quartier Djingareyber. Pour enfiler le «wakya tein » il faut vraiment avoir une certaine surface financière et être d’une classe sociale assez élevée, car le coût peut atteindre environ 600 000 de nos francs. Prohibitif ! En plus, pendant tout le temps que prendra la confection de l’habit, celui qui en a fait la commande entretient quotidiennement l’artisan-brodeur commis à la tâche. Comme matériaux, il faut des bandes d’étoffe en cotonnade, du fil, de la soie provenant de Fez (Maroc) et comme outils, une paire de ciseaux, un dé, une aiguille. L’apparition de cet habit dans la ville remonte aux XVème et XVIème siècles, selon Salem Ould Elhaj, un historien chercheur de la ville. Il affirme qu’à cette époque, le travail du boubou était réservé aux professeurs de la célèbre Université de Sankoré de Tombouctou. Il explique que sur ce vêtement, il y a des figures géométriques et des cases qui correspondent aux 99 noms de Dieu, d’où son importance au plan religieux. Mahalmoudou Baba est un tailleur très en vue de la place. Il raconte : « Par le passé, il a été constaté que les gens portaient des bagues et les talismans pour se protéger et à d’autres fins alors que ces objets contiennent des secrets tirés de noms Dieu. Entrer dans les toilettes avec des gris-gris de ce type n’est pas convenable, au regard de la grandeur des noms de Dieu. C’est ainsi que les ulémas, les marabouts et les professeurs de l’époque ont convenu de transposer ces noms de Dieu sur le boubou ». « Là, au moins on est sûr que celui, qui porte cet habit, va l’ôter afin de ne pas s’encombrer dans les toilettes », explique notre interlocuteur. SECRETS ET CROYANCES – Selon lui, le boubou cache beaucoup d’autres secrets. Selon lui, le «wakya tein » protège contre tous les mauvais sorts. « Quelle que soit l’assemblée dans laquelle tu te trouves, tu parais bien aux yeux des gens. Tu es écouté et respecté », soutien Mahalmoudou Baba. Il va plus loin, en soutenant que cet habit, lorsqu’il se trouve dans une maison, un voleur peut tout emporter sauf le boubou. « Quand il y a incendie, il ne brûlera pas. Lorsqu’une embarcation chavire, la valise dans laquelle se trouve le ‘wakya tein’ flottera », poursuit le tailleur, renforçant une croyance populaire. Mahalmoudou me fait comprendre que seul le vrai «wakya tein » a ces pouvoirs. Le boubou aux si vastes vertus existe en modèle pour hommes et celui pour dames également. Un vieux boucher de la place, Hamèye, m’a raconté que dans l’héritage d’une famille, il y avait un «wakya tein ». Tous les héritiers voulaient l’avoir. Il n y a pas eu de consensus, Finalement, c’est une tierce personne, étrangère à la famille mais connaissant la valeur de l’habit, qui a déboursé la somme de 300 000 Fcfa, pour l’acquérir. Ce dernier a dit à ses amis que c’est un cadeau du ciel. Les habitants d’ici s’en souviennent encore. En 1994, un vieux a exposé, au cours d’une soirée culturelle à Tombouctou, en présence du ministre Bakary Traoré « Pionnier » un boubou « Wakya tein » qui avait 100 ans. Des personnalités de l’époque ont proposé jusqu’à 900 000 Fcfa mais le propriétaire a décliné l’offre. Il y a encore des familles de Tombouctou qui en ont dans les maisons, jalousement gardés et qui ne supportent plus les déplacements ou les manipulations. Avec l’avènement des machines à broder et le basin riche, le «waky atein » est dévalué au détriment de pâles copies qui ne coûtent que 125 000 Fcfa. Ils n’ont pas les mêmes valeurs et propriétés que ceux brodés à la main. Compte tenu du coût, beaucoup de Tombouctiens s’habillent avec ces créations contrefaites. Beaucoup de personnes (marabouts, imams, notables, chefs coutumiers, des personnes âgées) que nous avons approchées en savent peu sur l’habit. D’autres répondent, à vos questions, par un sourire sibyllin, comme pour ne pas dévoiler un secret. Ici tout le monde s’accorde à dire que le «wakya tein » n’est pas un boubou ordinaire. Même cousu dans le basin riche, il est porté pendant les grands jours (fêtes religieuses) et jours exceptionnels (mariages baptêmes, réceptions), entre autres. MS (AMAP)
Pastèque : le défi de la conservation
Par Anne-Marie KEITA Bamako, 18 nov (AMAP) Le long de la Route nationale (RN6), des montagnes de pastèques jonchent les abords du bitume en attendant d’être transportées à Bamako et autres centres urbains du pays. Dans la capitale malienne, on en trouve et on en voit un peu partout. Exposée à même le sol, aux coins de certaines rues, au bord des grandes artères goudronnées et dans les marchés. Dans les rues des quartiers, on rencontre également des pousse-pousse chargés de pastèques que dirigent des revendeurs à longueur de journée pour proposer leurs services aux amateurs. En cette période de l’année (octobre-novembre), la pastèque est, sans doute, la star des marchés maliens notamment Bamako. Fruit frais local bien apprécié des consommateurs pour son goût sucré et ses vertus pour la santé humaine, la pastèque provient des Régions de Kayes 9Ouest), Ségou (Centre) et de Koulikoro (près de Bamako). Il s’agit précisément des zones de Konobougou, Dioïla, Markacoungo, etc. Les abords du Stade du 26 mars, le rond-point de Banankabougou et d’autres sites de la capitale sont les principaux lieux d’approvisionnement des commerçants et revendeurs de ce fruit. Des dizaines de camions, en provenance des zones de production- viennent décharger quotidiennement leurs cargaisons en ces lieux. « Cette année semble être marquée par le volume important des arrivages, » informe Bamoussa Coulibaly, vendeur en gros de pastèque, au marché de Médine communément appelée «Sougouni-koura». « Le commerce de fruit frais est très florissant », selon Moussa Koné. Ce revendeur de pastèque, qui utilise un pousse-pousse pour écouler sa marchandise, dit faire un bénéfice net journalier estimé à 5.000 Fcfa. Profit qui n’est certainement pas étranger à l’affluence et l’enthousiasme constatés sur le terrain. « La vente de pastèque est très bénéfique et attire beaucoup de commerçants et revendeurs », explique Tiékoura Sanogo, grossiste à Kati. «En moins d’une journée, je peux vendre le contenu de tout un camion», se réjouit-il. « Au regard des quantités qui affluent vers Bamako et autres zones du pays, ce produit aurait pu profiter davantage aux Maliens s’il était possible de l’exporter dans certains pays voisins comme la Mauritanie et le Sénégal, visiblement gros consommateurs de ce fruit frais », estime M. Sanogo. Soulignant que le circuit d’exportation de ce produit est encore très peu développé au Mali, Sanogo déplore les tracasseries routières auxquelles sont confrontés les exportateurs. Notre interlocuteur regrette de constater que la filière pastèque, tant importante, par sa contribution, pour les revenus des populations, ne reçoit aucune ou très peu d’attention des autorités, notamment en termes de subvention et d’encadrement pouvant permettre aux acteurs de développer l’activité. Afin, selon lui, d’éviter certains défis qui menacent la survie du secteur. À ce problème, s’ajoutent les difficultés de conservation et de transformation. Les fruits pourrissent parfois dans les champs et au bord de la route, faute de trouver preneurs. Cette situation profite peu aux producteurs. La surabondance de ce produit saisonnier sur le marché fait chuter les prix et entraîne la perte d’une partie des récoltes à cause de la mévente, expliquent des producteurs. Ainsi, ne possédant pas d’unités de conservation et de transformation, ils se voient obligés de céder leur production à vil prix. Makan Diakité est producteur dans la zone de Konobougou. Joint au téléphone, il déplore cette situation. « Les cultivateurs produisent généralement et font rarement des bénéfices », dit-il. Cette situation, à l’en croire, aurait pour cause l’absence de moyens de conservation et d’unités de transformation pour ajouter de la valeur et prolonger la durée de vie des produits.«C’est le handicap majeur pour les producteurs de pastèques», murmure M. Diakité. Il invite les autorités à trouver des solutions à cette situation. AMK (AMAP)
Journées minières et pétrolières : Un espace de découvertes et d’opportunités
Babba B. COULIBALY Bamako, 18 nov (AMAP) Les Journées minières et pétrolières du Mali (JMP), qui se tiennent depuis mardi au Centre international de conférences de Bamako (CICB), sont une véritable plateforme d’échanges au service des relations commerciales. Pour en profiter au maximum, sociétés minières, fournisseurs, banques et autres sous-traitants y tiennent des stands où ils exposent, outre des projets et services, des équipements dédiés à l’activité minière. Destinés aux visiteurs composés d’experts de l’industrie, d’universitaires, d’entrepreneurs en herbe et de potentiels acheteurs, ces stands proposent des solutions innovantes à fort potentiel de rentabilité. Une exposante, la société Hydroma, semble être la vedette de cette 9ème édition. «Pionnière dans la recherche, la découverte, l’extraction et l’exploitation d’hydrogène naturelle au service de la transition énergétique». Elle y expose les piles à combustible. «Depuis 2012, Hydroma a réussi la production d’électricité avec l’hydrogène naturel par combustion directe en brûlant l’hydrogène pour produire de l’électricité et alimenter un petit village à Bourakebougou. « Maintenant, on veut augmenter le rendement à la production d’électricité. En brûlant directement, il y a un rendement mais en utilisant la présente pile à combustible, on augmente le rendement à la production d’électricité. Cela peut atteindre jusqu’à 50%, alors qu’avec la production directe, on est à moins de 30%», explique son directeur général, Aliou Boubacar Diallo. Il a ajouté que la pile à combustible permet une électrification décentralisée du Mali pour éviter de transporter l’électricité par les lignes à haute tension. « Transport lors duquel, déplore-t-il, on perd 18 à 20% de l’électricité produite. » « Les piles à combustible, dotées d’une puissance allant de 1 à 2 mégas, peuvent alimenter les petits villages », précise M. Diallo, ajoutant que la transition énergétique est impossible sans l’utilisation de l’hydrogène. «Notre pays est à la pointe en la matière grâce aux travaux de ma société», se félicite le promoteur d’Hydroma. Sidi Traoré est le président directeur général de l’entreprise Sokana. Évoluant dans le domaine de la prestation et du commerce général, elle participe à cette messe des mines pour la première fois. Venu tisser de nouvelles relations d’affaires, M. Traoré dit avoir établi des contacts avec six opérateurs économiques de premier plan. «Cette mobilisation montre que les acteurs économiques sont engagés pour le développement de notre pays. Ce salon est une opportunité pour nous les jeunes entrepreneurs», reconnait le président directeur général de Sokana. Présent aux Journées minières et pétrolières, le chef de service de l’industrie et des mines du Liptako-Gourma recherche des potentiels candidats capables de financer un projet couvrant le Mali, le Niger et Burkina Faso. «Nous sommes en train de développer un projet qui va couvrir les trois basins sédimentaires des trois pays du Liptako-gourma, en matière de renforcement des capacités des acteurs publics et privés. Nous recherchons de potentiels candidats pouvant prendre en charge ce projet, en partie ou en totalité, pour accompagner tous les acteurs du secteur minier», confie Adama Sankaré. Cette année, les stands des exposants contiennent uniquement des produits «made in Mali», c’est-à-dire confectionnés par des entrepreneurs locaux. « Ce qui constitue l’une des innovations majeures de cette édition », note le directeur administratif et des relations publiques de B2Gold, Birama Sidibé. Aïssata Traoré et ses camarades de l’Université African Business School y sont présents pour faire des découvertes et trouver des opportunités de stage auprès des opérateurs miniers. Comme pour dire que chacun y trouve son compte. BBC (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 17 novembre 2021
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 17 novembre 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÉGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté : des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord du deuxième financement additionnel, signé à Bamako, le 1er octobre 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, relatif au Projet d’intervention d’urgence MALI COVID-19 et amendement à l’Accord de financement initial. Par cet accord, l’Association internationale de Développement consent au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 22 millions 200 mille Euros, soit 14 milliards 562 millions 245 mille 400 francs CFA. Le financement additionnel s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre du projet d’intervention d’urgence Mali COVID-19. Les projets de texte adoptés permettront d’intensifier et d’étendre les activités du projet et de renforcer la capacité des autorités sanitaires à prévenir et à mieux répondre à la pandémie de la COVID-19. des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de financement, signé à Bamako, le 1er octobre 2021, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association Internationale de Développement relatif au Projet communautaire de relèvement et de stabilisation du Sahel. Par cet Accord, l’Association internationale de Développement accorde au Gouvernement de la République du Mali un prêt d’un montant de 41 millions 400 mille Euros, soit 27 milliards 156 millions 619 mille 800 francs CFA. Le financement permettra d’appuyer les efforts du Gouvernement visant à promouvoir le développement socio-économique et à lutter contre l’insécurité alimentaire et le réchauffement climatique dans les zones fortement touchées. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, de la parcelle de terrain, objet du Titre foncier n°1302 du Cercle de Dioïla. La parcelle affectée, d’une superficie de 25ha 00a 05ca, sise à Siokoro, Commune rurale de Kémékafo, est destinée à abriter le Centre de Formation et de Recherche en Foresterie permettant entre autres le développement et l’exploitation de ressources forestières existant dans la zone. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a informé le Conseil des Ministres des décisions suivantes : du choix du 11 novembre comme Journée Nationale des Légitimités Traditionnelles. du baptême de l’aéroport de Nioro du nom de « AEROPORT CHEICK AHMADA HAMAHOULLA CHERIF ». Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie. Bamako, le 17 novembre 2021 Le Secrétaire général du Gouvernement, Mahamadou DAGNO Officier de l’Ordre National
Orpaillage à Kangaba : Les engins lourds entrent dans la danse
Par Sidy DOUMBIA Kangaba, 17 nov (AMAP) Sans l’or, le Mandé dont les griots et écrivains arabes chantent la grandeur, n’aurait peut-être pas existé. Le métal jaune a fait la gloire et la prospérité de tous les empires et royaumes qui se sont succédé sur ce vaste territoire. En la matière, le Cercle de Kangaba, vitrine de cette civilisation authentique, est une zone d’orpaillage par excellence. Pratiquée autrefois par les Malinkés dans cette contrée aurifère, l’extraction traditionnelle de l’or consistant à creuser des puits surdimensionnés avec des outils rudimentaires se faisait en saison sèche. Les bras valides partaient, avec la bénédiction des anciens, chercher de l’or afin de pouvoir subvenir aux besoins de la famille, comme le paiement de l’impôt, de la dot et des trousseaux des jeunes en âge de se marier. Mais, le phénomène a pris de l’ampleur au point de devenir la principale source de revenus pour des centaines de Maliens. La plupart d’entre eux, généralement motivé par le gain facile ou rapide, parcourent des dizaines de kilomètres à la recherche de la pierre précieuse que l’on «ramasserait à la surface de la terre à travers le pays». Il vide les villages de leurs bras valides en plein hivernage malgré les décisions interministérielles l’interdisant en cette période. À cette pratique, est venue s’ajouter l’orpaillage par dragage sur les cours d’eau. Le fait nouveau est l’usage d’engins lourds dans l’orpaillage. À la manière des compagnies minières industrielles, les orpailleurs s’organisent davantage pour louer des engins lourds qui mettent les forêts sens dessus dessous. Les effets aux plans économique et environnemental, ne se sont pas faits attendre. Les dégâts sont certes énormes sur l’environnement, mais les profits pour les villageois sont également colossaux. Une nouvelle tendance qu’il faudrait certainement encadrer. Face à la situation, beaucoup s’interroge : faut-il arrêter l’orpaillage ou l’organiser ? Faut-il intensifier la répression contre ceux qui bravent l’interdiction du dragage sur les cours d’eau comme il est stipulé dans le Code minier de 2019 (entré en vigueur en 2020), mais qui rapporte beaucoup d’argent aux communautés locales ? «Celui qui a vu ces villages hier et aujourd’hui ne peut pas imaginer qu’on puisse demander d’arrêter l’orpaillage. Pour preuve, les incendies qui ravageaient les villages appartiennent désormais au passé, car les toits de toutes les maisons sont en dalle ou en tôle», explique un propriétaire terrien de la Commune rurale de Minidian. S’y ajoute, selon lui, le paiement des intrants et équipements agricoles, des taxes et impôts grâce à l’argent issu de l’orpaillage. Un autre orpailleur qui fait office de «tomboloma», organisation chargée de la sécurité et de la protection des placers, va plus loin. Ce dernier estime que l’orpaillage est, aujourd’hui, le plus gros pourvoyeur d’emplois dans la zone. Les jeunes, diplômés ou non, affluent vers les sites d’orpaillage et y gagnent de quoi subvenir à leurs besoins. « L’arrêt de l’orpaillage équivaut aujourd’hui à ouvrir la porte au grand banditisme à travers le pays », affirme-t-il. DÉGÂTS ÉNORMES- De plus en plus ambitieux «l’appétit venant en mangeant» les villageois s’organisent pour louer des engins lourds qui rapportent gros. Telle est la tendance aujourd’hui sur plusieurs sites d’orpaillage. Les effets néfastes de cette pratique nouvelle sur l’environnement sont incommensurables. Les dégâts causés par les bulldozers sont énormes et sautent à l’œil. Au nombre de ces dégâts, figurent la dégradation des sols et de la végétation à cause de la coupe abusive des arbres, le risque d’empoisonnement des cours d’eau par les produits chimiques et la destruction/disparition des mares, explique le chef du Service local de l’assainissement. Celui-ci ajoute que les énormes fosses creusées par les pelles mécaniques ne sont pas réhabilitées. « Si rien n’est fait au plus vite, c’est l’avenir de plusieurs générations qui s’en trouverait compromis ». A entendre le chef d’antenne du sous bassin du Haut Niger à Kangaba, Opéri Berthé, l’orpaillage par dragage est le drame des cours d’eau au Mali. Selon lui, cette activité est à l’origine de la pollution de l’environnement, la contamination des eaux, la destruction de l’oxygène dissout et la disparition de la faune aquatique et la modification de la topographie des cours d’eau. Depuis 2018, le gouvernement a élaboré un projet de plan d’action pour l’interdiction de l’exploitation de l’or par dragues dans les cours d’eau au Mali. Pour minimiser les dégâts, le 2è adjoint au préfet du Cercle de Kangaba, Allaye Cissé, a récemment signé une décision pour mettre fin à l’utilisation des engins lourds dans l’orpaillage. Chefs traditionnels et responsables des sites d’orpaillage se sont engagés à arrêter l’utilisation des engins lourds, à partir du 15 novembre 2021 comme prévu par la décision du préfet du Cercle de Kangaba. Dans la Commune de Benkadi, la population a dit à la mission de sensibilisation dépêchée par le chef de l’exécutif local que les ressources tirées de l’orpaillage avec les pelles mécaniques et les bennes sont considérables. Elle a également fait savoir que l’arrêt de ces machines provoquera un manque à gagner irremplaçable. La délégation conduite par le préfet s’est montrée intraitable et a prévenu les éventuels récalcitrants des sanctions auxquelles ils s’exposent. SD (AMAP)

