Mali :  Les syndicats des banques suspendent leur grève

Bamako, 04 nov (AMAP) Le Syndicat des banques, assurances, micro-finances et commerce (SYNABEF) a décidé, mercredi, de suspendre son mot d’ordre de grève, après un débrayage de trois jours reconduit en début de semaine. Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux, le secrétaire général du SYNABEF, Hamadoun Bah, a expliqué que « même s’il n’y a pas eu de satisfaction sur tous les points de revendications, le syndicat a tout de même décidé de suspendre sa grève pour le pays et les clients». Il a précisé que sur les trois points de doléances, le SYNABEF a pu avoir un compromis avec la partie patronale sur la régularisation des employés qui n’ont pas de contrat avec leurs banques, autrement dit les prestataires. Les deux autres revendications qui n’ont pas eu de suite « pour le moment » concernent l’augmention de 15% sur la grille salariale et la gestion du Fonds social. MK/MD (AMAP)  

Crise du pain : Les boulangers reviennent aux prix conventionnels

Bamako, 04 nov (AMAP) La Fédération nationale des boulangers du Mali a décidé mardi de reprendre la production de pain et de vendre la miche de 300 g à 250 Fcfa et celle de 150 g à 125 Fcfa, après plusieurs heures de discussions avec la Chambre du commerce et d’industrie du Mali (CCIM). «D’ici le mardi prochain, nous allons retourner à la position initiale. Compte tenu de la situation actuelle du pays, nous demandons à tous les boulangers membres de notre Fédération, qui ont suivi notre mot d’ordre, de le suspendre jusqu’à mardi, le temps de régler certains problèmes avec la Chambre», a déclaré le secrétaire administratif de la Fédération nationale des boulangers du Mali, au sortir de la rencontre. En conséquence la baguette de 300 g sera vendu à 250 Fcfa au consommateur, celle de 150 g sera cédée à 125 Fcfa jusqu’à mardi prochain, a précisé Ibrahima Yacouba Cissé. Pour sa part, le président de la CCIM, Youssouf Bathily,  a révélé que le ministère en charge de l’Industrie et du Commerce s’est engagé à organiser une rencontre, mardi prochain, avec l’ensemble des acteurs du secteur. L’objectif recherché est de voir dans quelle mesure il sera possible de fixer, de façon définitive, le prix du pain au Mali. BBC/MD (AMAP)

Dr Aly Tounkara : « Le discours radical a eu raison de Sophie Petronin »

Bamako, 04 nov (AMAP) Libérée après quatre ans de captivité, l’ex-otage franco-suisse, Sophie Pétronin, est de revenue au Mali pour des motifs encore inconnus. Dr Aly Tounkara, directeur du Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), qui nous livre son analyse, soutient que le retour de Sophie Pétronin au Mali apparaît comme quelque chose de surprenant pour qui connaît le contexte et les circonstances de son enlèvement jusqu’à sa libération. Pour Dr Tounkara, à y regarder de près, il n’y a rien d’étonnant de la revoir au Mali. «Aux premières heures de sa libération, Sophie Pétronin a clairement laissé entendre que les groupes radicaux violents se battent au nom du référentiel musulman au Mali et il serait bon de les écouter», rappelle le spécialiste des questions de sécurité. Il estime que l’ex-otage a dû succomber au charme de ces groupes. Et, de ce fait, elle penserait que les différents facteurs qui sous-tendraient le terrorisme et l’extrémisme violent sont justes. Dr Tounkara rappelle, aussi, qu’elle s’était même permise de dénoncer comment les puissances occidentales exploitent, de façon abusive, le sous-sol des pays sahéliens. Le directeur du CE3S pense que tout cela laisse entendre que le discours radical a eu raison de Sophie Pétronin. Même s’il souligne qu’on ne peut pas forcément établir un possible lien entre son retour au Mali et l’hypothèse de regagner, de nouveau, les groupes radicaux violents, Dr Aly Tounkara soutient, tout de même, que Sophie ferait partie de ceux qui pensent que ces groupes méritent d’être écoutés et de recevoir une attention particulière. « Sophie Pétronin savait pertinemment que retourner au Mali par des canaux officiels, notamment passer par les représentations consulaires pour obtenir un visa, était un cheminement qui pourrait connaître difficilement un dénouement heureux. Ce qui l’a amenée à rentrer sur le territoire malien frauduleusement », estime le chercheur, qui précise que sur la foi des informations dont il dispose, elle serait passée par le Sénégal pour se retrouver au Mali. Sur les motivations de son retour sur le sol malien, le spécialiste des questions sécuritaires au Sahel est formel. « Il ne faut pas occulter le fait que lorsqu’on est éloigné des sociétés dites normales à la suite d’une prise d’otage, à notre retour dans ces sociétés, s’il n’y a pas une prise en charge globale surtout un suivi psychologique, on peut avoir le dégoût du vivre ensemble qu’on juge normal », analyse Dr Tounkara. « Sophie serait dans cette nostalgie aujourd’hui de vivre parmi ces groupes radicaux violents, elle estime que le combat que mènent ces groupes est un combat de justice tout à fait légitime », souligne-t-il. Le directeur du CE3S pense qu’il ne faut pas occulter le fait que Sophie Pétronin a embrassé l’islam pendant sa captivité. « Ce retour à l’islam reçu des groupes radicaux violents pourrait, aussi, expliquer son attachement à la terre sahélienne », soutient le chercheur. D’après lui, il faut interroger le relâchement des services de contrôle ou de renseignement du côté de la France et de la Suisse qui a permis à Sophie de quitter le territoire occidental pour se retrouver de nouveau au Mali. Dr Aly Tounkara est revenu sur l’accueil qui a été réservé à l’ex-otage en France après sa libération. Il se souvient que le président Macron a, à la limite, boudé son retour à cause de sa prise de position en faveur des groupes radicaux violents. De même pour le fait qu’elle avait clairement affiché une certaine sympathie pour ces groupes. « On peut comprendre pourquoi la France et la Suisse seraient moins tentées de s’intéresser à Sophie Pétronin ou seraient aussi moins soucieuses de son avenir », explique le chercheur qui estime que l’ex-otage s’est finalement retrouvée dans une situation d’abandon, d’oubli ou même de diabolisation. Ce qui, selon Dr Tounkara, expliquerait pourquoi elle a préféré revenir dans son ancien pays d’accueil qu’est le Mali non seulement pour revivre la chaleur humaine mais également pour pouvoir extérioriser sa foi en toute quiétude. Le porte-parole du gouvernement français a estimé mercredi que le retour de Sophie Pétronin était une forme d’irresponsabilité. L’ex-otage a répliqué qu’elle se sentait chez elle au Mali et qu’elle n’était pas irresponsable. DD/MD (AMAP)  

Communiqué du Conseil des ministres du 03 novembre 2021

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 03 novembre 2021, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté un projet de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement durable, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation de la Stratégie nationale de financement de l’environnement et son Plan d’actions 2021-2025. La communication écrite relative à la Stratégie nationale de financement de l’environnement a été approuvée par le Conseil des Ministres en sa session du 24 mars 2021. L’objectif global recherché par l’adoption de cette stratégie est de contribuer à la protection de l’Environnement à travers un financement accru et cohérent. De façon spécifique, elle permettra notamment : – d’améliorer la gouvernance environnementale et climatique ; – de renforcer les capacités des parties prenantes de l’environnement et des changements climatiques ; – d’accroitre les financements environnementaux intérieurs et extérieurs ; – d’assurer une meilleure coordination des interventions de l’Etat et des partenaires techniques et financiers. Le projet de décret adopté consacre l’adoption de la stratégie et ouvre la voie à la mise en œuvre des actions préconisées dans le Plan d’actions. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DE LA PRIMATURE – Conseiller technique au Secrétariat général du Gouvernement : Monsieur Issa KONARE, Inspecteur des Services économiques. AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES ET DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE – Ambassadeur du Mali à Niamey (République du Niger) : Monsieur Younoussa Baradji MAIGA ; – Ambassadeur du Mali à Ankara (République de Turquie) : Monsieur Issa Ousmane COULIBALY. – Ambassadeur du Mali à Malabo (République de Guinée Equatoriale) : Monsieur Fidèle DIARRA, Conseiller des Affaires étrangères. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES – Inspecteur à l’Inspection des Finances : Monsieur Souley BAH, Inspecteur des Finances. AU TITRE DU MINISTÈRE DU DÉVELOPPEMENT RURAL – Chargé de mission : Madame Safiatou COUMARE, Juriste. AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’URBANISME, DE L’HABITAT, DES DOMAINES, DE L’AMÉNAGEMENT DU TERRITOIRE ET DE LA POPULATION – Chef de Cabinet : Madame KOUYATE Fatimata SININTA, Professeur de l’Enseignement Technique et Professionnel. – Directeur national des Domaines : Monsieur Abdoulaye DICKO, Inspecteur des Impôts. – Directeur National de l’Urbanisme et de l’Habitat : Monsieur Amadou DOUMBIA, Ingénieur des Constructions Civiles. AU TITRE DU MINISTÈRE DES AFFAIRES RELIGIEUSES, DU CULTE ET DES COUTUMES – Secrétaire Général : Monsieur Toumani SANGARE, Magistrat. – Chef de Cabinet : Monsieur Dame SECK, Economiste. – Conseillers techniques : Madame Angèle TRAORE, Administrateur de l’Action Sociale ; Madame Aïchata ABDOU, Administrateur des Arts et de la Culture ; Monsieur Jacques COULIBALY, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Chargés de mission : Monsieur Mamadou Issa COULIBALY, Traducteur-Interprète ; Madame CISSE Zeïnab KEITA, Professeur de l’Enseignement Secondaire ; Monsieur Ibrahim dit Seriba BAMBA, Auditeur ; Monsieur Khalilou Abdoulaye CAMARA, Gestionnaire. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a pris acte d’une Communication écrite relative au document de la Politique nationale de Maîtrise de l’Eau Agricole et son Plan d’actions 2022-2026. Le secteur Agricole est le pilier de l’économie malienne. Il occupe plus de 70% de la population active et représente actuellement 40,2% du produit intérieur brut. Aujourd’hui, le secteur est confronté aux aléas climatiques caractérisés par le manque d’accès fiable aux ressources en eaux suffisantes qui constitue une contrainte majeure à une productivité Agricole soutenue. La présente politique est élaborée à cet effet en vue de permettre au secteur rural de faire face aux changements climatiques dont les conséquences constituent un danger pour la survie des populations. Le ministre du Commerce et de l’Industrie a informé le Conseil des Ministres de l’évolution des prix des produits de première nécessité. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat rassure la population que le Gouvernement prendra toutes les mesures nécessaires pour apporter des solutions à la flambée des prix des produits de première nécessité. Une Commission interministérielle, présidée par le ministre de l’Industrie et du Commerce, sera mise en place à cet effet. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.  

Mali-CEDEAO : Un compromis toujours possible

Par Issa DEMBELE Bamako, 03 nov (AMAP) Le prochain sommet extraordinaire des dirigeants ouest-africains annoncé pour dimanche, à Accra, offre une opportunité pour que les lignes bougent dans le bon sens, surtout dans l’intérêt du peuple malien qui, éprouvé par une longue crise multidimensionnelle, n’aspire qu’à des lendemains meilleurs Lors de ce rendez-vous, dans la capitale ghanéenne, le Mali va certainement réaffirmer sa position déjà connue, à savoir l’élaboration d’un chronogramme à l’issue des Assises nationales de la refondation, prévues en décembre. Jusqu’ici, l’organisation communautaire continue de réclamer le respect du délai de février 2022 pour l’organisation des élections. À première vue, les positions semblent inconciliables. Mais, en diplomatie, les lignes bougent très souvent lors de discussions autour d’une table. Le sommet d’Accra pourrait donc être, selon certains observateurs, celui du compromis entre Bamako et la CEDEAO. Un bras de fer n’arrange personne. Ni les autorités maliennes qui tiennent à maintenir des relations avec la communauté internationale tout en affirmant, de plus en plus, leur souveraineté. Ni l’organisation communautaire qui fait face à beaucoup de critiques pour sa gestion, difficilement exempte de reproche, des crises sociopolitiques de la sous-région. L’optimisme est permis. Même si le fossé est large entre les deux parties. La visite du Ghanéen Nana Addo Dankwa Akufo-Addo, président en exercice de la CEDEAO, le dimanche 17 octobre à Bamako, n’a visiblement pas permis de rapprocher les positions. La tension est même montée d’un cran, après que le Mali a déclaré « persona non grata» le représentant spécial de la CEDEAO, Hamidou Boly, pour «agissements incompatibles» avec son statut. La position de la CEDEAO de ne pas concéder une prolongation de la Transition, bénéficie du soutien de l’Union africaine (UA) et de l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais lors des échanges d’Accra, les autorités maliennes pourront expliquer que le plan de sortie de crise de la communauté internationale pour notre pays ignore les questions fondamentales, comme la nécessité de la refondation. Les dirigeants actuels sont bien décidés, conformément aux aspirations de la plupart de nos concitoyens, à jeter les bases de quelques réformes pouvant garantir notamment la transparence des futures élections. L’organisation des Assises nationales de la refondation (ANR) et la création de l’Autorité indépendante de gestion des élections participent de cette volonté d’instaurer des institutions solides et éviter au pays une nouvelle crise. Il est fort probable que le pouvoir intérimaire maintienne ce cap, soutenu par une frange importante de la population. La volonté populaire s’est exprimée, vendredi à la place de l’Indépendance, en faveur d’une prolongation de la Transition. Ce même jour, au siège de l’ONU à New York, notre représentant permanent, l’ambassadeur Issa Konfourou, revenait sur la nécessité de mener des réformes politiques et institutionnelles pour remettre le Mali sur les rails. D’ailleurs, a-t-il rappelé opportunément, la nécessité de réformer en profondeur a été reconnue par les «dirigeants de la CEDEAO qui, dès octobre 2018, avaient recommandé, à l’issue de leur Mission d’information relative à la crise post électorale de mener des réformes approfondies au Mali». Et le patron de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), El-Ghassim Wane, se prononçant sur la situation sécuritaire, avait concédé : «En dépit des efforts collectifs, la réalité est que la situation sécuritaire s’est détériorée et la crise s’aggrave» à travers le Mali. Ce dimanche à Accra, comme en septembre dernier, les chefs d’état pourraient brandir des «sanctions ciblées contre des individus dont les actions impactent négativement le calendrier de la Transition tel qu’arrêté». Mais cela n’exclut pas la possibilité d’un compromis sur l’essentiel. L’insistance des dirigeants ouest-africains à s’intéresser à la crise malienne est un indicateur de la place centrale qu’occupe notre pays en Afrique de l’Ouest. Ils vont certainement tenir compte de l’intérêt commun, en évitant de prendre des mesures qui menaceraient davantage un pays déjà fragilisé par la crise. ID (AMAP)  

Prix du pain : Opération de respect de l’ordre commercial à Bamako

Bamako, 03 nov (AMAP) Les autorités maliennes ont fermé, mardi, des guichets, des boutiques et des points de vente de pain qui refusent de se conformer aux prix conventionnels de cette denrée. De nombreux Bamakois ont sillonné, hier, sans succès, plusieurs quartiers à la recherche du pain, beaucoup consommé dans la capitale malienne. Mme Diawara Alima Doumbia, cette habitante de Kalabancoro plateau (rive droite du fleuve Niger à Bamako), après avoir acheté des œufs, est devant le fait accompli. «Il n’y a pas de pain», lui ont lancé plusieurs boutiquiers du coin. Même constat chez un célèbre vendeur de foie au Quartier du fleuve, rive gauche. Hambé dit avoir parcouru plusieurs quartiers à la recherche de pain. En vain ! Il s’est vu obligé de vendre du foie sans pain aux clients qui en ont fait la demande. Les raisons de cette pénurie de pain ? Des boulangeries ont refusé d’en produire. Pourtant, suite à des négociations, lundi, avec le gouvernement, le président de l’Union des boulangers du Mali, Ahmed Dembélé, s’est engagé à maintenir le prix de la baguette de 300g à 250 Fcfa et celle de 150g à 125 Fcfa. Malgré cet accord, les Bamakois ont constaté, stupéfaits, l’arrêt de la production de pain par des boulangeries. Celles qui ont fait tourner les machines ont cédé la miche de 300g à 300 Fcfa et celle de 150g à 150 Fcfa. Il y a des boulangeries qui ont continué à vendre aux prix convenus avec les autorités. Contacté par téléphone, le président de l’Union des boulangers du Mali confirme avoir signé un communiqué, à la demande des autorités, au terme des négociations. « Les boulangers se sont concertés après et ont décidé de fermer toutes les boulangeries de la ville », explique Ahmed Dembélé. Le motif évoqué est qu’ils ne peuvent pas respecter cet accord alors que les boulangeries modernes vendent la baguette de pain de 300g à 300 Fcfa. «Toutes les boulangeries resteront fermées jusqu’à preuve du contraire sauf si le gouvernement accepte de trouver un consensus avec l’ensemble des boulangers», tranche le président de l’Union des boulangers du Mali. De son côté, le gouvernement affiche sa détermination à mettre fin à la pratique consistant à augmenter de façon inopinée les prix des produits au nom du libéralisme. Les autorités entendent exiger le respect des prix négociés avec les patrons des boulangeries. C’est dans ce cadre que des brigades économiques des structures de la Direction générale du commerce, de la consommation et de la concurrence (DGCC) ont fermé, hier, les guichets de toutes les boulangeries, boutiques et points de vente de pain ne respectant pas les prix consensuels du pain. L’action musclée est annoncée par un communiqué publié sur la page Facebook de la DGCC. Le texte précise que des procès-verbaux d’infractions ont été dressés contre les récalcitrants sur la base desquelles des amendes ont été recouvrées et versées au Trésor public. La DGCC assure que « les opérations de maintien de l’ordre commercial se poursuivront matin et soir jusqu’à la stabilisation effective de la situation ». Elle invite les consommateurs à signaler à ses équipes les éventuels manquements au protocole d’accord sur les prix consensuels du pain. FC/MD (AMAP)  

Apprentis chauffeurs : En attendant le permis de conduire

Par Oumar SANKARE Bamako, 03 nov (AMAP) Le soleil darde ses premiers rayons du ciel d’un lundi matin. Une centaine de camions citernes fait la queue dans les alentours de l’Office nationale des produits pétroliers (ONAP) à Faladié. Certains passent au bureau des douanes, pour des formalités, d’autres attendent, impatiemment, de reprendre la route ou sont en réparation dans les nombreux garages installés dans la zone. La providence a fait se croiser le destin d’un groupe de jeunes qui, aujourd’hui, forment une famille. Venus tous du Mali profond, leur objectif est de réussir à Bamako afin de s’occuper de leurs parents restés au village. Assis sous un hangar en paille, qui leur sert de terrasse, leurs sacs et objets personnels cohabitent avec quelques pièces de rechange de camion, dans un kiosque métallique rouge. Les six garçons sont assis, deux sur des chaises et deux autres se partagent un lit pliable. Seul, Adama Sangaré, 28 ans, le plus âgé du groupe est sur sa chaise et prépare du thé, l’infusion préférée au Mali. A la radio, un titre populaire du rappeur Master Soumy passe en boucle, musique qui se mêle aux coups de marteau et vrombissements de moteur de camions en réparation. A côté, des poules gloussent, grattent et picorent des graines visibles d’elles seules. Ils viennent de Ségou, Bamako, Sikasso, Loulouni, Fana, Baraoueli et espèrent devenir, un jour, des chauffeurs de poids lourds. Moulaye Konta, Oumar Seck, Mamoutou Berthé, Mamadou Diabaté et Gaoussou Diarra sont, tous, « apprentis », pour le moment. Bien que le métier soit rude, avec des revenus dérisoires, ils l’aiment. En effet, grâce à leur travail, ils voyagent dans différents pays de la sous-région, rencontrent de nouvelles personnes, découvrent d’autres cultures, d’autres mets, d’autres réalités mais, aussi, de mauvaises expériences, des attaques de bandits armés et des accidents mortels qui les marquent à vie. Moulaye Konta, 23 ans, a réussi à l’examen du baccalauréat, il y a deux ans. Après 6 mois sur les bancs de l’université de Ségou, il rejoint Bamako sur instruction de son père. Ce dernier, le confie à un chauffeur de camion-citerne. Un peu réservé, le seul rêve de Moulaye est de devenir aménagiste. En attendant que son père réunisse les moyens pour financer ses études, il se rend utile et espère gagner un peu d’argent pour le soutenir. Pour son premier voyage, il se rend au Ghana avec son patron pour transporter du carburant au retour. « Un choc de culture !!! Ce voyage m’a beaucoup marqué. Accra, la capitale est tellement propre que je me croyais dans une ville européenne, comme on les voit dans les films », se remémore-t-il avec un large sourire. « Nulle part à Accra, on ne voit de déchets. Un peu partout, il y a des poubelles. Les taxis, sont propres et en bon état. Pas comme les nôtres qui sont sales et vieux », raconte Moulaye. Dans les régions de Téma, Takoradi et Cape Coast qu’il a pu visiter, « les universités sont immenses. Pas comme chez nous ». « En fait, ce sont des villes dans les villes où il faut des bus et taxis pour se déplacer à l’intérieur, tellement elles sont grandes », ajoute Adama Sangaré. Certains confient avoir vu des agents de police ghanéens verbaliser des étrangers pour avoir jeté des déchets à tout va. Mamoutou Berthé, 25 ans, abonde dans le même sens et dit à quel point il a été émerveillé, lors de son premier séjour à Abidjan. « Les gratte-ciels à perte de vue, les transports en commun ultra modernes, la mer et, surtout, la nourriture qui coûte moins chère ». Mais, aussi, voir tous ceux qui roulent à moto, porter un casque, une chose inimaginable pour ces jeunes apprentis. Souvent, après de longs séjours, de découvertes et de belles rencontres avec des apprentis d’autres pays, le chemin du retour est souvent semé d’embûches. « A l’aller, le voyage est en général calme », confie Adama Sangaré, le plus âgé des apprentis. Les difficultés interviennent au retour, lorsque les citernes et autres camions sont chargés de marchandises. Il y a, très fréquemment, les cas de pannes qui peuvent, souvent prendre jusqu’à deux ou trois semaines avant d’être réglées. « Dans ces cas, on se trouve en plein milieu de nulle part. Pour trouver un mécanicien ou des pièces de rechanges, on fait de l’auto-stop pour rallier la ville la plus proche », relate Mamadou Diabaté. UNE VIE DURE – Certains chauffeurs donnent gentiment de l’eau à boire et, souvent, quelques provisions. Il y a une grande solidarité, sur la route, les chauffeurs ghanéens, ivoiriens, togolais, béninois et autres ne manquent jamais d’apporter assistance et c’est réciproque. Il arrive que certains chauffeurs laissent l’apprenti se débrouiller en pleine campagne mais cela reste des cas rares car la marchandise transportée est sous sa responsabilité. En plus de cela, il y a les cas d’attaques par les bandits armés, friands de camions chargés de marchandise. Il y a deux mois, un camion en route pour le Mali a été attaqué sur la route de Bouaké (Côte d’Ivoire). La cabine a été criblée de balles. L’apprenti a reçu deux projectiles, un au bras et l’autre à la hanche. « Il est, aujourd’hui, hors de danger », confie Mamadou Diabaté. Il y a eu une attaque similaire au Ghana, plus précisément à Wale-Wale, au cours de laquelle la cabine du camion a reçu quatre impacts de balle, deux sur le pare-brise et deux autres, un peu au-dessus de la roue arrière gauche. Enfin, il y a les cas d’accidents mortels, aussi horribles les uns que les autres. « Une fois au Burkina Faso, l’une des roues d’une citerne était enfoncée dans un trou. Avec d’autres personnes, nous leur avons porté notre aide, », relate Oumar Seck, entre deux gorgées de thé à la menthe. Un camion grue est venu assister, mais pendant plusieurs heures il n’y avait pas d’évolution. « On ne sait comment, le camion a pris feu », raconte le jeune apprenti. « Nous avons dû prendre nos distances de la scène. Le carburant, la citerne, la grue et un autre véhicule ont tous brulé », dit-t-il.

Banques et établissements financiers du Mali : La grève se poursuit pour la détresse des clients

Bamako, 02 nov (AMAP) Après une grève de 72 heures largement suivie par les banques et établissements financiers, les stations-services, la semaine dernière, le Syndicat national des banques, assurances, micro finances, établissements financiers et commerces du Mali (SYNABEF), a entamé depuis, hier lundi, un nouveau débrayage de 72 heures. Ce mouvement fait suite à un préavis déposé le 7 octobre dernier, annonçant la reconduction de l’arrêt du travail si aucun compromis n’était trouvé. En conséquence, seuls les guichets automatiques des banques concernées étaient en service hier. La Banque de développement du Mali (BDM SA) et la Banque sahélo-saharienne pour l’investissement et le commerce (BSIC) se sont désolidarisées de la grève. Quant à la Bank of Africa (BOA), son comité syndical n’est pas membre du SYNABEF. Les points de revendication du SYNABEF portent sur le départ du directeur général de la BDM, Brahima Haïdara, à l’affaire de Mme Kané Djénaba Sall (convaincue de détournement), à la transposition et la relecture de la Convention collective. La reconduction de la grève est insoutenable pour de nombreux clients, privés d’opérations aux guichets. Beaucoup de personnes n’arrivent pas à toucher leur salaire. Rencontré à l’ACI 2000 devant une banque de la place, Mamadou Danfaga, agent de police, était venu pour une opération bancaire. «Franchement, cette situation est inadmissible. Les grévistes doivent tenir compte de la situation actuelle du pays», a-t-il dénoncé, avant d’attirer l’attention des grévistes sur le fait que certains parents qui doivent payer les fournitures scolaires pour leurs enfants, n’ont pas encore touché leur salaire, à cause de ces arrêts consécutifs du travail dans certaines banquiers. Moussa Dembélé, un autre client, a invité les protagonistes à la retenue. « Ils doivent, selon lui, faire passer l’intérêt des clients qui traversent déjà des périodes très difficiles à cause de la situation du pays, devant leurs intérêts personnels». Dimanche dernier, les syndicalistes étaient autour de la table de négociations avec l’Association des banques et établissements financiers (APBEF) et le Comité des compagnies d’assurances (CCA) au ministère du Travail, de la Fonction publique et du Dialogue social, de 17h à 02h du matin, en présence du ministre de l’Économie et des Finances. Mais aucun point des revendications concernant le SYNABEF n’a été accepté par l’APBEF et le CCA. « Autrement dit, les patrons de banques restent sur leur position », a regretté le secrétaire administratif du SYNABEF, Cheick Oumar Diakité. Selon les grévistes, seules les requêtes relatives aux conditions de vie et de travail des pompistes des stations services Shell, Total et Oryx et des agents du Pari mutuel urbain (PMU), ont été acceptées. « Quitus a été également donné pour la régularisation de ceux qui travaillaient en gestion déléguée », a encore ajouté le syndicaliste. « Le gouvernement, dans son rôle d’arbitre, s’est beaucoup impliqué dans les négociations », a reconnu notre interlocuteur. « Soucieux de la situation du pays, le SYNABEF a retiré devant le ministre en charge du Travail, les points relatifs au directeur général de la BDM, Bréhima Haïdara, à Mme Kané Djénaba Sall et à la transposition et la relecture de la Convention collective », a détaillé Cheick Oumar Diakité. « Ces concessions n’ont pas pu faire fléchir la position des patrons de banques », a-t-il regretté, menaçant de poursuivre la grève si les doléances ne sont pas satisfaites. Une source à l’APBEF indique que les parties vont se retrouver, à nouveau, autour de la table de négociations afin de parvenir à un compromis. «Faute de satisfaction, la grève sera reconduite pour 72h», avait menacé la semaine dernière, le secrétaire général du SYNABEF, Hamadoun Bah. Il avait rappelé que son organisation exige, entre autres, le retour à la BDM de Mme Kane Djénébou Sall, «arbitrairement licenciée», la relecture de la convention sur la grille salariale pour une augmentation de 30% qui, selon la convention, doit se faire tous les trois ans. Le syndicat réclame, aussi, de remettre dans leurs droits les 45 travailleurs d’Ecobank-Mali licenciés pour motif économique. Hier, la direction générale de la Banque nationale de développement agricole (BNDA) et Ecobank ont assuré un service minimum, une manière de répondre aux cris de détresse  de leurs clients. Les grévistes vont-ils entendre les cris de détresse de leurs clients ? Pas si sûr. Les syndicalistes semblent déterminés à faire aboutir leur lutte. Ils montaient hier la garde dans les cours des banques concernées pour s’assurer du suivi strict du mot d’ordre de grève. À la Banque malienne de solidarité (BMS S.A), le secrétaire administratif du Synabef et ses camarades assuraient le piquet de grève. BBC/MD (AMAP)

Rentrée scolaire : Les cours n’ont pas commencé partout à Bamako

Par Amadou SOW Bamako, 02 nov (AMAP) La rentrée des classes est effective au Mali depuis lundi 1er novembre 2021. Le constat général est que les cours n’ont pas démarré partout dans la capitale, Bamako. Apres un tour dans certains établissements publics te privés, dans bien des cas, élèves, enseignants et responsables de l’administration scolaire étaient bien sur place. Les directeurs des établissements scolaires nous ont exprimé des appréhensions par rapport au communiqué des Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 (Synergie), notamment la rétention des notes. Aux environs de 9 h 30, notre équipe de reportage est arrivé au groupe scolaire Mamadou Konaté. Les enseignants étaient regroupés sous un grand manguier. Certains élèves étaient dans les classes et d’autres en train de deviser dans la cour de l’établissement. Le directeur-coordinateur de l’établissement a expliqué que la reprise était effective mais que les cours n’avaient pas encore commencé. «Jusque-là, nous n’avons pas encore la décision de passage. En outre, le conseil de proposition de passage en classes supérieures n’est toujours pas fait. Impossible de travailler si nous n’avons pas cette décision qui permet de savoir qui passe en classe supérieure ou qui redouble», a dit le pédagogue. Le directeur du groupe I de l’école Mamadou Konaté, Abdoul Salam Sidibé, a confirmé ces difficultés. Il a ajouté qu’il y a aussi des travaux de rénovation de son établissement. Malheureusement, la réception officielle des salles de classes n’est pas encore faite. «Nous avons occupé les classes en attendant la réception officielle », a-t-il signalé, avant d’inviter à aplanir rapidement les difficultés. Au niveau du groupe scolaire Karamoko Sangaré à Ouolofobougou Bolibana, les élèves étaient dans les classes pour certains (mais ils ne prenaient pas de cours), d’autres dans la cour de l’école. Le directeur de cet établissement scolaire, Soriba Koné, a confirmé aussi la non disponibilité de la liste de passage qui détermine les élèves qui passent en classes supérieures. Il a expliqué qu’il attendait cette liste pour que les enseignants de son établissement commencent à dispenser les cours. A l’école de Dravela I, les cours ont bel et bien démarré hier. Le directeur de l’établissement, Mamadou Doumbia, a indiqué que toutes les dispositions ont été prises pour le bon déroulement de l’année scolaire, même si on attend encore la décision de passage des élèves. Le censeur, Karim Goïta, du groupe scolaire Ba Nanssou, un collège privé, a aussi affirmé que tout se passe bien au sein de son établissement. «Les élèves sont venus récupérer leurs fournitures. Tout est prêt pour respecter la décision gouvernementale», a-t-il souligné. Cependant, il a déploré la lenteur dans l’octroi des subventions aux établissements scolaires privés pour l’enseignement secondaire. Il a ajouté que depuis deux ans, son établissement, tout comme d’autres, n’a pas encore reçu le moindre Kopeck de l’État. Notre interlocuteur espère que les négociations en cours entre le gouvernement et les Syndicats de l’éducation signataires du 15 octobre 2016 aboutissent pour que l’école malienne reparte sur des bases plus saines. Il a souhaité vivement une solution définitive aux maux qui minent notre système éducation. AS (AMAP)  

Sikasso : Rentrée scolaire effective

Sikasso, 02 nov (AMAP) Les enseignants et les élèves ont répondu présents, lundi, dans les établissements scolaires de, Sikasso (Sud), la capitale du Kénédougou où. Gouverneur de la Région régional, Siné Dembélé, accompagné de ses proches collaborateurs et des responsables du monde scolaire, a sillonné quelques écoles pour constater l’effectivité de la rentrée. La délégation s’est rendue au groupe scolaire Oumar Kéletigui Berthé où une leçon modèle portant sur le changement climatique a été dispensée par un enseignant en présence des visiteurs. Le même exercice au lycée public III et au Lycée technique où les élèves ont exprimé leur impatience de reprendre les cours. La dernière étape de la visite a eu lieu à l’Institut de formation des maitres (IFM) où la leçon modèle a été dispensée par un professeur de psychopédagogie devant les visiteurs. Selon le directeur de l’Académie d’enseignement (AE) de Sikasso, Sinaly Togola, la rentrée scolaire a été plus ou moins effective dans sa circonscription. «Je place la nouvelle année scolaire sous le signe de l’espoir», a-t-il affirmé. Sinaly Togola a regretté la situation sécuritaire dans la région. Ce qui a empêché les élèves des zones de Danderessso et de Nogon Souala d’effectuer leur rentrée scolaire. « A cause de l’insécurité, les élèves de ces localités ont même été obligés de venir passer leurs examens de l’année 2021 dans la ville de Sikasso », a-t-il déploré, soulignant que jusqu’à présent, ce problème n’est pas résolu. Il a rappelé que le thème de la rentrée scolaire, pour cette année, est : «un enfant, une plante». A cet effet, les membres de la délégation ont planté, chacun, un arbre dans chaque école. En termes de problèmes dans sa circonscription, M. Togola a évoqué le difficile respect des mesures barrières contre le Covid-19 à cause des effectifs pléthoriques dans les salles de classes (100, 200 élèves), les multiples mutations des enseignants, le manque d’enseignants et l’insécurité. Il a invité tous les acteurs du secteur de l’éducation à s’unir afin de sauver l’année scolaire dans toutes les localités. MFD (AMAP)