Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 23 mars 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 23 mars 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1. Sur le rapport du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, le Conseil des Ministres a adopté : a. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Université de Sikasso. b. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Université de Tombouctou. c. des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Université de Gao. Le Mali a engagé depuis son accession à l’indépendance, de nombreuses réformes de l’enseignement en vue d’améliorer la qualité de l’éducation et de disposer des cadres dont le pays avait besoin pour ses plans de développement. Malgré les résultats encourageants enregistrés dans la mise œuvre de ces réformes, l’enseignement supérieur reste confronté à des difficultés liées entre autres à l’évolution des effectifs des étudiants toujours croissants, à la faiblesse des capacités d’encadrement et de gestion et à l’insuffisance des infrastructures et équipements. Pour pallier ces difficultés, le Gouvernement a décidé de diversifier l’offre de formation et de l’adapter aux besoins de l’économie locale par le développement de pôles universitaires régionaux. L’adoption des présents projets de texte permettra de doter les régions concernées d’universités composées de structures de formation et de recherche en fonction des potentialités de la région, de campus pédagogique et social avec les équipements nécessaires. A terme, le Gouvernement prendra les dispositions utiles pour doter chaque Région administrative d’une université en vue d’une valorisation des potentialités existantes au niveau local. Des missions universitaires seront mises place à cet effet. 2. Sur le rapport du ministre de la Santé et du Développement social, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les conditions de création et les principes fondamentaux de fonctionnement des Centres de Santé Communautaire. Dans le cadre de l’application de la Loi n°02-049 du 22 juillet 2002, modifiée, portant loi d’orientation sur la santé, le Gouvernement du Mali a adopté le Décret n°05-299/P-RM du 28 juin 2005 fixant les conditions de création et les principes fondamentaux de fonctionnement des Centres de santé communautaire. La création des Centres de Santé Communautaire a permis de promouvoir la participation de la communauté locale dans la prise en charge et la gestion des problèmes de santé des populations. En dépit des avancées enregistrées, l’analyse de la situation sanitaire a montré que de nombreuses populations rencontrent encore des difficultés d’accès aux Centres de Santé Communautaire et aux soins de santé, en raison, entre autres, de la distance, de l’accessibilité géographique et de la faible couverture des populations. La Stratégie « Soins Essentiels dans la Communauté » adopté par le Gouvernement vise pour apporter une solution à ces difficultés en faisant administrer aux populations les soins et services de santé par des Agents de Santé Communautaire. Le projet de décret est initié pour prendre en compte les évolutions constatées dans le secteur afin de pérenniser les acquis de la mise en œuvre de la Stratégie «Soins Essentiels dans la Communauté ». Les innovations apportées sont entre autres : – la possibilité pour les Centres de Santé Communautaire de relever leur plateau technique en cas de nécessité et dans des conditions précises avec l’autorisation du ministre chargé de la Santé ; – la fourniture de soins et de services de santé dans les villages, fractions ou quartiers par les Agents de Santé et relais communautaires sous le contrôle du Centres de Santé Communautaire. L’adoption du présent projet de décret permettra d’étendre la couverture sanitaire dans le respect des normes requises. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE L’ADMINISTRATION TERRITORIALE ET DE LA DECENTRALISATION – Inspecteurs à l’Inspection de l’Intérieur : Monsieur Issaka BATHILY, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral ; Monsieur Bagna Mahamoudou DJITEYE, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral ; Monsieur Moussa DIABATE, Administrateur civil. – Directeur de Cabinet du Gouverneur du District de Bamako : Monsieur Dieudonné SAGARA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Sikasso : Monsieur Bernard COULIBALY, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Tombouctou : Monsieur Mamadou TEMBELY, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de Bougouni : Monsieur Abdoulaye GOÏTA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Directeur de Cabinet du Gouverneur de la Région de San : Monsieur Abdramane DEMBELE, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires Administratives et Juridiques du Gouverneur du District de Bamako : Monsieur Mangoro KONATE, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires Administratives et Juridiques du Gouverneur de la Région de Kayes : Monsieur Boikary TRAORE, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires Administratives et Juridiques du Gouverneur de la Région de Koulikoro : Monsieur Mohamar Assagaïdou HAIDARA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires Administratives et Juridiques du Gouverneur de la Région de Ségou : Monsieur Mohamed Aboubacrine AG MOHAMED ALY, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral. – Conseiller aux Affaires Economiques et Financières du Gouverneur de la Région de Ségou : Monsieur Mamadou TRAORE, Planificateur. – Conseiller aux Affaires Economiques et Financières du Gouverneur de la Région de Tombouctou : Monsieur Malick GUINDO, Vétérinaire et Ingénieur de l’Elevage. – Conseiller aux Affaires Economiques et Financières du Gouverneur de la Région de Taoudénit : Monsieur Lassine FANE, Vétérinaire et Ingénieur de l’Elevage. – Conseiller aux Affaires Economiques et Financières

Macina : L’éducation en période de conflits au centre des échanges

Macina, 23 mars (AMAP) L’Association Malienne pour la Promotion du Sahel (AMAPROS) sur financement d’ERIKS Development PARTNER, à travers son partenaire SMC (Conseil des Missionnaires Suédois), a entamé ce mercredi l’organisation de trois cadres de concertations des acteurs de l’éducation dans les communes rurales de Macina, Monimpébougou et Boky- Wéré, a constaté l’AMAP. Ces rencontres interviennent après le bilan au titre de l’an 1 des activités du PARE (Projet d’Appui à la Réscolarisation d’Enfants, suite aux attaques d’écoles dans le cercle de Macina. L’objectif principal de ces rencontres trimestrielles est d’échanger avec les membres des cadres de concertation sur l’éducation en Période de Conflits. Il s’agit de façon spécifique de faire le point de l’état de mise en œuvre des activités du PARE dans les trois Communes conformément au plan d’actions, de faire le point des réalisations faites par les membres des cadres de concertation et d’identifier les difficultés rencontrées dans la mise en œuvre des activités par le conseiller. Il s’agit également de proposer des solutions concrètes pour la bonne réalisation et la coordination des activités et d’échanger sur le plan d’action des sixièmes trimestres du Projet PARE (Avril, Mai, et Juin 2022). Durant trois (3) jours, de Macina en passant par Monimpébougou et Boky-Wére, les différents acteurs de l’éducation plancheront sur l’état de lieu des différentes écoles et feront une évaluation intégrale de l’état d’exécution du Projet, les difficultés rencontrées, les solutions à apporter et feront des recommandations. Après une présentation suivie d’échanges et de discussions fructueux, les participants ont été bien outillés sur leurs rôles et responsabilités afin de bien conduire ce projet salvatrice pour le bonheur des enfants. A l’issue de la rencontre, il revenait aux différents Sous-Préfets des trois communes concernées par le Projet à savoir Macina, Monimpébougou, et Boky-Wèrè d’inviter les différents acteurs impliqués à ne rien ménager pour la parfaite réussite de l’an 2 du Projet PARE, afin de gagner le pari d’une école « paisible et performante » Cette rencontre a regroupé les Sous-Préfets de Macina, Monimpébougou, Kolongo les maires, les points focaux des services techniques, les jeunes, les directeurs d’école, les associations des Mères d’Enfants (AME), les Comités de gestion scolaire (CGS) et les associations des parents d’élèves (APE). AOK/KM (AMAP)  

Kangaba : Les compétences de vie dans le cadre de la mise en place des espaces sûrs au menu

Kangaba, 23 mars (AMAP) La cérémonie de lancement de l’atelier de formation des mentors sur les compétences de vie dans le cadre de la mise en place des espaces sûrs dans la région de Koulikoro a été présidée jeudi dernier à Kangaba, par le préfet de cercle, Alidji Bagna, a constaté l’AMAP. Cette activité se situe dans le cadre du projet d’autonomisation des femmes et Dividende Démographique au Sahel. Elles sont au nombre de 16 venues des villages partenaires du projet à prendre part à cette formation d’une semaine à l’issu de laquelle, elles doivent être capable, de décrire et d’expliquer non seulement le concept de mentorat et d’espace sûr mais aussi les qualités d’un bon mentor et de décrire le cadre idéal d’un espace sûr en l’occurrence la condition d’hygiène, la disposition de l’espace sûr, la décoration etc. Dans son discours d’ouverture, le préfet a précisé que le projet pour l’Autonomisation des femmes et Dividende Démographique au Sahel (SWEDD) est une initiative conjointe du Groupe de la Banque Mondiale, des nations Unies et de neuf pays du Sahel dont le Mali. Il vise l’accélération de la transition démographique en vue de la capture du dividende démographique et de la réduction des inégalités entre les sexes tout en améliorant le niveau d’autonomisation des femmes et des adolescentes. Selon le préfet, le projet a été mis en œuvre sur la période 2015-2020 et bénéficié d’une phase additionnelle couvrant la période 2021-2024. La mise en œuvre de la première composante du projet SWEDD vise à créer la demande pour l’utilisation des produits et services de santé reproductive, maternelle, néonatale, infantile et nutritionnelle en favorisant le changement social et comportemental et l’autonomisation des femmes et des adolescentes. Pour la mise en œuvre de cette composante, un mécanisme de financement régional a été mis en place pour la conception et l’évaluation de projet visant à autonomiser les femmes et les filles. S’agissant de la deuxième composante, pour son opérationnalisation, tous les pays membres ont proposé des initiatives de renforcement de la santé reproductive des adolescents et des jeunes femmes et leurs compétences de vie dont l’une des stratégies d’intervention est la mise en place des espaces sûrs dans les communautés et à l’école. Ces espaces sûrs sont des structures communautaires et scolaires d’encadrement et de renforcement de capacités des jeunes filles mariées ou pas, sur les thématiques relatives aux compétences de vie, à la santé sexuelle et reproductive, au genre et aux droits de humains en vue de promouvoir l’autonomisation des femmes et des filles. C’est dans ce contexte que l’ONG ASDAP en partenariat avec le projet SWEDD a mis en œuvre le sous projet de renforcement des compétences de vie et leadership des adolescentes et des jeunes dans la région de Koulikoro.  SD/KM (AMAP)

Bakary Diawara, profession armurier 

Bamako, 22 mar (AMAP) En dehors du tatami où il s’est fait connaitre, Bakary Diawara dit Yankee, ceinture noire, 7è dan en Taekwondo, est un armurier de métier. Il fabrique, vend et entretient des armes. Assis sur une chaise en fil élastique un peu élevée, le sexagénaire nous accueille devant sa boutique, sise à Bamako-Coura en Commune III du District de Bamako. Ici, on vend plusieurs catégories d’armes, notamment des fusils de chasse, des fusils à pompe, des carabines de chasse et des pistolets semi-automatiques. Sa boutique fournit aussi des balles de fusil. « Nous ne vendons pas les armes de guerre », tient à préciser Bakary Diawara. Notre interlocuteur informe qu’il a commencé ce travail depuis 1968. « Je suis le premier armurier au Mali après le départ des Blancs », déclare celui qui a été formé par le Français Dupé, le premier armurier de la sous-région.  Yankee précise, par ailleurs, qu’il ne vend pas ses armes sans autorisation. « Il faut être autorisé pour que je vous les vende. Personne n’a accès à mes armes sans une autorisation», insiste-t-il.  Dans sa boutique, les prix des armes varient. « Il y a des fusils qui coûtent par exemple 250 000 Fcfa, d’autres un million », fait-il savoir.  Bakary Diawara et ses huit agents réparent également les armes. « Pour cela, affirme-t-il, il faut que l’arme soit identifiée ». « Si tu as un permis de port d’armes, tu peux venir et on répare ton arme. À défaut, nous ne pourrons pas te satisfaire », souligne celui qui est chevalier de l’Ordre national depuis 2015. « Souvent, les clients nous trouvent trop rigoureux. Mais c’est la règle du travail. Il y en a qui pensent qu’on peut acheter les fusils de chasse sans autorisation comme en Europe. « Cela n’est pas permis au Mali», explique Yankee qui précise que les lois sur la détention d’arme diffèrent d’un pays à un autre. BD (AMAP)

Détention illégale d’arme à feu : Le phénomène s’amplifie

Bamako, 22 mar (AMAP) Le commerce illicite aux différentes frontières a entraîné une prolifération d’armes au Mali. Outre les Régions du Centre où de nombreux compatriotes se procurent, illégalement, des armes pour se défendre, la course à cet outil de défense  prend des proportions plus en plus inquiétante à Bamako.  Si de paisibles citoyens entrent en possession d’armes pour se protéger et protéger leurs familles ainsi que leurs biens, les bandits et autres criminels s’en servent pour commettre leurs forfaits.  Depuis un certain temps, des voleurs de motos Djakarta appelées «popoman» opèrent aussi avec des armes à feu qu’ils n’hésitent pas à utiliser contre leurs victimes qui tentent de résister. M. T habite dans un quartier de la rive gauche de Bamako. Le jeune homme d’une trentaine d’années, sans être porteur d’uniforme, détient un pistolet automatique (PA) de type «bloc 36».  Notre interlocuteur s’est procuré cette arme très facilement. «On peut avoir une arme à tous les prix, là où on veut et quand on veut», confie-t-il. Le jeune homme nous montre, fièrement, dans son téléphone, une photo où il tient son PA. Il explique l’avoir eu à travers un lien familial, sans en préciser le prix. «Mon objectif, en portant cette arme, est d’assurer ma propre protection et celle de ma famille», se justifie-t-il, ajoutant que sa maison a été plusieurs fois cambriolée. «Quelqu’un qui est capable de rentrer chez toi et prendre ta moto peut être armé. Et dans ce cas, il faut pouvoir se défendre», pense le jeune homme.   M. T. avoue qu’il n’a pas l’autorisation pour porter une arme. « Je ne peux pas chercher un permis de port d’arme parce que la manière dont j’ai eu mon arme, ne me permet pas d’avoir un papier», avoue le trentenaire, qui n’ignore pas les conséquences de son acte. M. T. invite les autorités à faciliter l’accès aux armes pour ceux qui sont dans le besoin.  ATTAQUES DE BANDITS – A.C possédait une arme de petit calibre de 12 coups. Vendeur de véhicules de son état, il affirme l’avoir acquise pour se protéger contre d’éventuelles attaques de bandits.  «Je voyageais beaucoup à l’époque. Je partais prendre les voitures dans les pays voisins. Et au cours des trajets, il y avait le risque de tomber sur des malfrats», raconte notre interlocuteur. A. C a dû se débarrasser de son arme à cause de sa famille qui, selon lui, était exposée du fait de la présence de cet outil à la maison.  Le phénomène n’épargne pas non plus l’espace universitaire où des étudiants armés sèment la terreur. La détention d’arme illégale est devenue un fait banal dans nos universités. Beaucoup d’étudiants détiennent frauduleusement des armes à feu surtout ceux qui se réclament de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM). Certains s’en servent lors des élections de membres du bureau de l’AEEM. En 2017, il y a eu un affrontement sanglant entre deux clans rivaux à la Faculté des sciences et techniques de Bamako (FAST) qui s’était soldé par la mort d’un étudiant par balle. Deux autres ont été blessés, selon des sources officielles. Par la suite, il y a eu l’interpellation de 16 personnes et la saisie de quatre pistolets automatiques de fabrication artisanale par la police. PERMIS DE PORT D’ARME – Sur la question, le directeur de la sécurité publique, le contrôleur général de police, El Hadj Youssouf Maïga, explique que la sécurité des personnes et de leurs biens incombe à l’État. « Cependant, la situation actuelle que vit le Mali, fait qu’il y a des endroits où les forces de défense et de sécurité sont absentes », dit-il. « Ce qui, poursuit-il, a amené beaucoup de personnes à entrer illégalement en possession d’armes à feu pour se protéger ».  Il explique qu’au Mali, la détention d’arme est règlementée par une nouvelle loi. Il s’agit de la loi n° 2021-028 dont le décret d’application autorise les civils à détenir une certaine catégorie d’armes, sous réserve d’avoir le permis de port d’arme. Ces armes sont, notamment les pistolets, les revolvers et les fusils de chasse. Notre interlocuteur a ajouté que cette autorisation est donnée par le ministère en charge de la Sécurité. «Toutefois, la détention d’armes dites de guerre est formellement interdite aux civils», précise l’officier supérieur de police.  « Pour avoir l’autorisation, précise-t-il, il faut avoir au moins 18 ans. Mais aussi, des raisons valables pour ce faire ». À ce propos, le directeur de la sécurité publique indique que lorsqu’on mène certaines activités, on peut être souvent exposé à un certain nombre de dangers, pouvant amener à se procurer une arme. « Comme par exemple, les personnes qui font de grands retraits bancaires ou qui exercent des activités qui les laissent, souvent, en possession de beaucoup de liquidités », explique El Hadj Youssouf Maïga. Avant d’ajouter que lorsqu’on détient une arme sans en avoir la qualité et l’autorisation, on doit être traduit devant les juridictions compétentes. « Quand les services de sécurité se rendent compte que quelqu’un détient une arme, ils l’interpellent et le présentent au juge », assure notre interlocuteur.  Selon M. Maïga, les armes qui circulent proviennent du commerce illicite aux différentes frontières. Mais, également, elles sont infiltrées par les groupes terroristes et les groupes d’autodéfense en plus de celles subtilisées dans les stocks nationaux d’armes par des agents véreux.  «Lors de plusieurs évènements au Mali, il y a eu beaucoup de magasins d’armes qui ont été pillés», reconnaît-il. Il ajoute les armes fabriquées et vendues illégalement par les fabricants artisanaux qui ne respectent pas souvent les règles de vente en la matière.  «Nous sommes en train de chercher à inverser la tendance avec le maillage territorial en occupant pratiquement l’ensemble du territoire national», assure le directeur de la sécurité publique. BD/MD (AMAP) 

Refondation de l’État : L’avant-projet du cadre stratégique et son plan d’action validés

Bamako, 22 mar (AMAP) L’avant-projet du Cadre stratégique de la refondation de l’État (CSRE) et son plan d’action 2022-2031 ont été validés, jeudi, au terme d’un atelier ouvert, le 15 mars, au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « La validation du CSRE et son Plan d’action sur la base des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR) permettra de planifier la mise en œuvre des actions relatives aux aspirations profondes des populations qui ont manifesté un grand engouement pour les travaux desdites Assises à tous les niveaux », a déclaré le ministre de la Refondait de l’État, chargé des Relations avec les institutions, Ibrahim Ikassa Maïga, qui a présidé la clôture des travaux. Il a indiqué que ceux-ci ont été initiés en vue d’introduire une communication écrite en Conseil des ministres, conformément à la programmation du travail gouvernemental pour le premier semestre 2022.  Selon lui, à travers cette activité, il s’agit, pour son département, de réaffirmer la volonté du gouvernement de Transition de réaliser les actions prioritaires du Plan d’action gouvernemental (PAG), pour la satisfaction des besoins essentiels du peuple malien.  Le ministre Maïga a assuré que les propositions et recommandations issues des Assises pour l’avènement du « Mali Kura » (Mali nouveau), dont rêvent tous les Maliens soucieux d’une gouvernance vertueuse de notre pays, seront opérationnalisées ».   Ces trois jours de réflexions et de discussions ont permis aux participants d’adopter une série de recommandations. Il s’agit, entre autres, de décliner le Plan d’action du CSRE en deux phases de cinq ans ; de prévoir l’évaluation à mi-parcours et finale de la mise en œuvre du Plan d’action et les revues annuelles ; d’établir un chronogramme de rencontres des services techniques pour l’estimation des coûts des actions.  Les participants ont, aussi, conseillé de procéder à l’analyse de cohérence et de priorisation des actions du CSRE, en lieu et place de la reconduction intégrale des recommandations des ANR ; de veiller au respect du caractère indépendant du dispositif de suivi-évaluation, conformément aux recommandations des Assises.  S’y ajoute, également, la mise en place d’un comité technique de finalisation du Cadre stratégique de la refondation de l’État et son plan d’action. AT/MD (AMAP)

Mali : L’Armée tue 22 assaillants  en riposte à deux attaques

Bamako, 22 mar (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont enregistré, lundi, vers 11 heures, deux morts et sept blessés à Boni (Centre) dans une embuscade contre une patrouille en offensive, annonce l’état-major général des armées.  « Après une riposte vigoureuse par les FAMa, treize assaillants sont restés et deux terroristes interpellés », ajoute la source.  Elle ajoute que lors d’une autre attaque, au poste de Tessit (Nord) vers 13 heures, les FAMa ont enregistré deux morts et dix blessés.  « Les FAMa ont repoussé vigoureusement l’attaque, 9 morts ont été dénombrés sur place et plusieurs blessés terroristes ont été interceptés et anéantis par une intervention aérienne au cours de leur transport », précise l’état-major général des armées . Le ratissage a continué « à fond pour nettoyer ces secteurs ». Le chef d’état-major général des Armées demande à la population de garder son calme et de compter sur l’engagement total des FAMa. MD (AMAP)

Soumeylou Boubèye Maïga : Une vie d’engagement politique

Par Madiba KEITA Bamako, 2 mar (AMAP) L’ancien Premier ministre malien est décédé, hier lundi,  à l’âge de 68 ans. La nouvelle de sa disparition a beaucoup ému l’opinion  L’émoi suite au décès du président de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP) se comprend aisément car le nom de l’homme politique, portant le sobriquet de «Tigre», est fortement associé à la gestion des affaires publiques au Mali de ces trente dernières années. Comme tout homme politique, le président du parti ASMA-CFP a connu des hauts et des bas, tout au long de sa carrière politique.  Son décès est intervenu alors qu’il était en détention préventive, depuis le 26 août 2021, dans l’affaire dite de l’achat d’équipements militaires. La justice avait engagé des poursuites contre lui pour des faits présumés de surfacturation et de détournements de biens publics.  Gravement malade, il avait été extrait de la Maison centrale d’arrêt de Bamako pour être admis dans une clinique pour des soins, il y a quelque temps. Estimant que son état se dégradait, sa famille avait mené de nombreuses démarches pour obtenir son évacuation à l’étranger. Soumeylou Boubèye Maïga emporte, certainement, des secrets sur l’affaire de corruption qui aura beaucoup terni l’image du régime du défunt président Ibrahim Boubacar Keïta. Si l’action publique sera éteinte le concernant, les investigations pourraient se poursuivre concernant d’autres personnalités mises en cause dans le dossier comme l’ancienne ministre de l’Économie et des Finances, Mme Bouaré Fily Sissoko et l’ancien directeur de cabinet Mamadou Camara, tous deux en détention provisoire. Le Mali perd ainsi l’un des hommes politiques les plus en vue au cours de ces trente dernières années. Figure emblématique du Mouvement démocratique, Soumeylou Boubèye Maïga  est né le 8 juin 1954 à Gao (Nord). Après ses études primaires et secondaires, il a étudié le journalisme au Centre d’études des sciences et techniques de l’information (CESTI) de l’Université de Dakar, au Sénégal. Il est titulaire, aussi, d’un Diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) en diplomatie et administration des organisations internationales à l’Université de Paris-Sud et d’un diplôme de troisième cycle en relations économiques internationales à l’Institut international d’administration publique, IIAP de Paris. Soumeylou Boubèye Maïga a exercé le métier de journaliste, d’abord à L’Essor, puis au mensuel Sunjata, édité par l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP). Il fut le rédacteur en chef de cette publication spécialisée, de 1981 à 1990.  Militant au sein du Parti malien du travail, il a été l’un des principaux artisans de la révolution de Mars 1991. Il est entré au cabinet d’Amadou Toumani Touré, alors président du Comité de transition pour le salut du peuple (CTSP), en qualité de conseiller spécial d’avril 1991 à juin 1992. Vice-président et membre fondateur de l’Alliance pour la démocratie au Mali/Parti africain pour la solidarité et la justice (ADEMA/PASJ), il est devenu en 1992 chef de cabinet du président de la République, Alpha Oumar Konaré.  En janvier 1993, Soumeylou Boubèye Maïga est nommé directeur général de la Sécurité d’État. En 2000, il est entré au gouvernement en tant que ministre des Forces armées et des Anciens combattants. Soumeylou Boubèye Maïga a été candidat à la présidentielle d’avril 2007. Il est retourné au gouvernement en 2011 comme ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale jusqu’au coup d’État de mars 2012.  Soumeylou Boubèye Maïga a démissionné plus tard de l’ADEMA pour créer l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence des forces patriotiques (ASMA-CFP), un parti qui a soutenu la candidature du président Ibrahim Boubacar Keïta en 2013. Il était, du reste, un membre influent du staff de campagne du candidat Ibrahim Boubacar Keïta. Après l’élection de ce dernier à la magistrature suprême, Soumeylou Boubèye Maïga est nommé ministre de la Défense et des Anciens combattants entre 2013 et 2014. Il sera nommé, ensuite, Premier ministre, le 30 décembre 2017, poste qu’il occupera jusqu’au 23 avril 2019. Commandeur de l’Ordre national du Mali, Soumeylou Boubèye Maïga est une personnalité très connue dans le pays et à l’étranger pour s’être illustré dans le combat pour la démocratie, avoir occupé plusieurs postes de responsabilité et développé une expertise dans le domaine de la sécurité, notamment dans la bande sahélo-saharienne. La nouvelle de son décès a provoqué une avalanche de réactions sur les réseaux sociaux aussi bien au Mali qu’à l’étranger. MK (AMAP)

Négociations avec la Cedeao : Le gouvernement défend sa bonne foi

Par Issa DEMBELE Bamako, 22 mar (AMAP) La dernière visite, au Mali, du médiateur de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) aura permis de réduire le fossé avec les autorités maliennes. Les deux parties affichent leur volonté de poursuivre les contacts.  De bon augure pour un éventuel compromis ? En tout cas, l’organisation sous-régionale et le gouvernement de la Transition ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur le chronogramme.  La dernière mission effectuée par le médiateur Goodluck Jonathan a néanmoins le mérite d’avoir rétréci le fossé entre les parties, puisque la partie malienne a considérablement revu ses propositions concernant la durée de la Transition : de 36 mois, elle a été ramenée à 29, puis à 24 mois.  En effet, détaille un communiqué publié dimanche, « le gouvernement a soumis un chronogramme comprenant des actions relatives aux réformes (politiques et institutionnelles) et aux élections avec un délai de 36 mois ».  Cette proposition ayant été rejetée par le médiateur, le gouvernement a alors proposé un nouveau délai de 29 mois que le président de la Transition a ramené à 24 mois. Les autorités de la Transition ont estimé que ce délai de deux ans est incompressible. Mais, le médiateur y a opposé encore un niet catégorique et est resté inflexible sur sa proposition de 12 mois.  En somme, ces concessions, selon le gouvernement, sont, une fois de plus, la preuve de sa détermination à trouver une solution consensuelle avec l’organisation sous-régionale. D’autres éléments illustrent sa bonne foi, comme le fait d’avoir invité le médiateur à venir discuter du chronogramme. C’est nouveau ! Aussi, c’est le gouvernement qui a eu l’idée de mettre en place le mécanisme de concertation avec la CEDEAO et la communauté internationale. Permettant ainsi à tous les acteurs de procéder à une évaluation technique conjointe du chronogramme de la Transition.  Au sein de l’opinion nationale et internationale, ils sont nombreux à apprécier ces efforts des autorités de la Transition. L’ancien Premier ministre, Moussa Mara, les a encouragées à «continuer dans cette direction». Et de demander qu’elles ouvrent les « chantiers des réformes pour rendre la période actuelle productive pour le pays».  Par contre, l’ambassadeur Cheick Sidi Diarra de l’association Aw Bè Faso Do propose, face à l’échec de ce nouveau round, que l’on «revienne à la recherche de la solution endogène». « Cela, a-t-il expliqué, consistera pour le président de la Transition à faciliter des discussions avec les différents acteurs nationaux pour parvenir à un consensus sur la nouvelle  Transition». Et ce consensus sera soumis à la Cedeao. COMPLEXITÉ – Il est certainement déplorable que le médiateur soit de nouveau reparti du Mali sans trouver un terrain d’entente. Le gouvernement, qui a regretté cette absence de compromis, estime que l’organisation sous-régionale n’a toujours pas «suffisamment pris en compte la complexité des enjeux auxquels le Mali est confronté et les aspirations profondes de son peuple».  Les dirigeants ouest-africains sont en effet plutôt préoccupés par la tenue des élections. Or, comme rappelé par le gouvernement, dans son communiqué, une mission ministérielle de la CEDEAO avait reconnu, en octobre 2018, l’impératif de réformer les cadres légaux et le système électoral avant la tenue des élections.  Peut-on encore espérer une solution consensuelle ? Certains observateurs sont dubitatifs, même si les parties affichent toujours leur volonté de poursuivre le dialogue.  Le gouvernement a «réitéré sa disponibilité à trouver une solution avec la CEDEAO et la communauté internationale dans l’intérêt supérieur des peuples d’Afrique de l’Ouest qui souffrent collectivement des conséquences des sanctions illégales, illégitimes et inhumaines prises à l’encontre du Mali». Et de son côté, le médiateur a réaffirmé, dans un communiqué publié le 20 mars, «sa volonté de continuer à discuter afin de convenir d’un calendrier de Transition acceptable». Selon lui, un accord pour la restauration de l’ordre constitutionnel  permettra de «lever progressivement les mesures prises par la Cedeao». ID (AMAP)

48e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères de l’OCI : le secrétaire général et le ministre pakistanais des AE discutent de l’agenda 

Islamabad (UNA-AMAP) – Le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Shah Mahmood Qureshi, s’est entretenu, lundi, dans la capitale pakistanaise, Islamabad, avec le secrétaire général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), Hissein Brahim Taha, de l’ordre du jour de la 48e session du Conseil des ministres des Affaires étrangères, Les deux personnalités, qui ont échangé leurs points de vue sur les principaux résultats attendus de la réunion, ont également discuté des problèmes auxquels est confronté le monde islamique et des rôles joués par l’OCI à cet égard, a rapporté l’Agence de presse pakistanaise (APP). Le Secrétaire général de l’OCI est en visite au Pakistan pour participer à la session, qui sera accueillie par Islamabad les 22 et 23 mars. Le ministre pakistanais des Affaires étrangères a souligné l’importance de cette session pour son pays, car elle coïncide avec les célébrations du 75e anniversaire de l’indépendance du pays. Il s’est, également, exprimé sur la situation des droits de l’homme au Jammu-et-Cachemire, et a apprécié les positions attendues de l’OCI sur cette question et son ferme soutien à la question du Cachemire. Shah Mahmood Qureshi s’est félicité de l’adoption récente par l’Assemblée générale des Nations Unies d’une résolution définissant le 15 mars comme la Journée internationale de lutte contre l’islamophobie, saluant le soutien apporté par l’OCI et ses États membres à l’initiative du Pakistan à ce texte. M. Qureshi a salué la proposition de nommer un Envoyé spécial de l’OCI sur l’islamophobie pour aider à coordonner le lutte de l’organisation et de ses États membres contre la discrimination et la stigmatisation des musulmans dans le monde. Sur les crises humanitaires et économiques auxquelles est confronté le peuple afghan, il a souligné l’importance de mettre en œuvre les décisions prises lors de la session extraordinaire du Conseil des ministres des Affaires étrangères tenue, à Islamabad, le 19 décembre de l’année dernière. À son tour, le Secrétaire général de l’OCI a affirmé le soutien et la pleine coopération du Secrétariat général de l’Organisation pendant la présidence pakistanaise du Conseil des ministres des Affaires étrangères. MD (AMAP)