Hommage des Maliens à Mamadou Konaté, 66 ans après son décès   

Par Bembablin DOUMBIA  Bamako, 16 mai (AMAP) Des dispositions seront envisagées pour que le jour anniversaire du décès de Mamadou Konaté soit solennellement commémoré par les autorités afin d’éveiller les consciences, a annoncé, samedi, le Premier ministre, Choguel Kokalla Maiga.  Le Premier ministre malien s’exprimait lors du 66è anniversaire de la disparition de l’homme politique (11 mai 1956-11 mai 2022). Cela fait 66 ans que Mamadou Konaté a disparu. A l’occasion de l’anniversaire de sa mort, la nation malienne a rendu, samedi, un grand hommage à l’illustre défunt, à travers une conférence débat sous le thème: «Mamadou Konaté et la jeunesse». L’ouverture de cette rencontre, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a été présidée par le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, en présence des membres du gouvernement, du président de l’Association Mamadou Konaté (AMK), Moussa Konaté, un des fils du défunt. L’on notait également la présence des membres de la famille politique et biologique de Mamadou Konaté. Instituteur de profession, syndicaliste et panafricaniste «convaincu», Mamadou Konaté fut le père fondateur de l’Union soudanaise-Rassemblement démocratique africain (US-RDA), qui a conduit le Mali à l’indépendance. Durant sa vie, celui qui fut vice-président de l’Assemblée nationale française, a cultivé l’humilité, la générosité, la simplicité, la franchise et l’empathie. Des qualités qui ont fait de lui un grand rassembleur. Comme l’a attesté l’ancien président ivoirien, Félix Houphouët Boigny, un des «grands» amis Mamadou Konaté, lors de ses obsèques. « Il était le meilleur d’entre nous par sa courtoisie, son intelligence perspicace, son humanisme et cette simplicité souriante qui lui attirait toutes les sympathies.. », a dit Félix Houphouët Boigny. « Dans les moments difficiles que nous avons vécus ensemble, sa sérénité et sa foi nous ont toujours permis de trouver les solutions les meilleures», avait ajouté l’ancien président de la Côte d’Ivoire. Pour sa part, l’ancien président du Parti progressiste soudanaise (PSP), Fily Dabo Sissoko, qui fut son «adversaire politique», témoigna: « Mamadou Konaté était mon ami… Mamadou savait se départir de son unique manteau pour les autres… Cet homme faisait honneur à l’homme. Son amitié faisait honneur à l’amitié ». Aussi, Mamadou Konaté avait toutes les qualités de l’homme d’État. Comme l’a témoigné son cadet, le président Modibo Keïta: « Nous l’appelions «Saint Père» alors que certaines personnalités administratives l’avaient baptisé «le Sage de l’Assemblée territoriale» et que d’autres reconnaissaient en lui «l’élément modérateur» de l’Union soudanaise… C’est pourquoi pour nous… Konaté n’est pas mort car les idées et les principes qu’il symbolise sont immortels». Dans son intervention, le Premier ministre malien a indiqué qu’en ces temps présents où l’homme politique est décrédibilisé, l’action politique assimilée dans l’opinion à la fourberie, au mensonge, à la corruption, Mamadou Konaté fait figure d’exception. Choguel Kokalla Maïga a ajouté que l’illustre disparu doit servir d’exemple à la jeune génération. Pour lui, dans le contexte de crise que nous vivons, ces valeurs que le président Mamadou Konaté incarnait sont toujours d’actualité. « Elles nous incitent au sursaut salvateur pour surmonter nos rancœurs et nous retrouver sur l’essentiel : bâtir le Mali que nous voulons pour nous et pour les générations futures, un pays où il fait bon vivre», a dit le chef du gouvernement. Pour lui, « au-delà du sursaut citoyen, il faut un sursaut national, une union sacrée autour de notre patrimoine commun: le Mali ». D’après Choguel Kokalla Maïga, la refondation engagée par la Transition vise la transformation radicale du Malien et du Mali. Pour ce faire, par-delà les clivages politique, culturel et identitaire, «il nous faut agir ensemble dans la même direction afin de renforcer la cohésion de notre nation», a déclaré le Premier ministre. De son côté, le président de l’AMK a dit que Mamadou Konaté était « l’illustration indiscutable de la simplicité, de l’humilité et, par dessus tout, adepte d’une éthique sans faille aussi bien en politique que dans sa conduite de tous les instants en société ». Selon Moussa Konaté, « il appartient aux jeunes générations de savoir tirer les leçons les plus appropriées pour l’avènement d’une société plus juste et des conditions de vie meilleures pour nos populations ». La cérémonie s’est achevée par la visite, par le Premier ministre, de l’exposition retraçant la vie de Mamadou Konaté.  BD (AMAP) 

Une délégation qatarie au Mali : Les projets futurs au menu des échanges 

Bamako, 16 mai (AMAP) Le Premier ministre Choguel Kokalla Maïga a reçu, samedi, une délégation du Qatar comprenant Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity en séjour au Mali. Conduite par le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali, Hamad Jaber Al Khayarine, la délégation était venue échanger avec les autorités sur les projets futurs à mettre en œuvre ensemble.  Dans ses propos liminaires, le chef du gouvernement malien s’est réjoui de l’accueil chaleureux qui lui a été réservé lors de sa visite à Doha, il y a quelques semaines. Selon Dr Choguel Kokalla Maïga, cette visite au Qatar a suscité beaucoup d’espoir chez les Maliens qui estiment qu’elle marque un nouveau départ pour la coopération entre le Mali et le Qatar.  Prenant la parole, le chargé d’affaires de l’ambassade du Qatar au Mali a indiqué qu’ils ont suivi la visite du Premier ministre où il a brillamment participé au Forum de Doha. Hamad Jaber Al Khayarine a souligné que cette visite augure de belles perspectives pour la coopération entre les deux Etats et espéré qu’elle ouvre de nouveaux horizons pour ladite coopération. Il s’est dit confiant qu’à partir de cette visite, les jalons d’une nouvelle ère de la coopération entre les deux pays ont été posés.  Pour sa part, le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity a exprimé la volonté de son organisation de renforcer sa coopération avec le Mali. Selon Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi, sa visite au Mali rentre dans le cadre d’un échange avec les autorités sur les éventuels projets à mener ensemble. «Nous sommes conscients de la particularité des moments que le Mali traverse et nous sommes avec le Mali dans ces moments difficiles», a déclaré le directeur des opérations internationales et du partenariat de Qatar Charity. Il a rappelé que son organisation travaille au Mali depuis des années et a financé de nombreux projets. « Au cours du mois de ramadan, a-t-il dit, il y a eu une mobilisation de fonds pour le financement de nombreux projets dans les mois à venir. Nawaf Abdulla Ah Al-Hammadi a promis que la coopération entre le Mali et son organisation ira crescendo. Il a demandé que certaines régions ou zones soient identifiées avec le gouvernement où ils vont financer des projets pendant cinq ans. L’objectif étant de faire en sorte que leurs actions aient un impact dans la société malienne. Il a soumis aux autorités maliennes un certain nombre de doléances pour faciliter le travail de l’organisation dans le pays, notamment des exonérations douanières et la mise à disposition d’un terrain pour la réalisation du siège de Qatar Charity. En réponse, le Premier ministre leur a demandé de saisir le gouvernement officiellement pour ces demandes. Avant d’inviter les ministres conviés à énumérer les besoins urgents du Mali dans leurs domaines respectifs.  Sur place, le chef du gouvernement a fait savoir aux partenaires de Qatar Charity que le Mali a des besoins urgents d’aide humanitaire. Il a, aussi, souligné des besoins dans le domaine de la jeunesse, de la construction citoyenne, de l’emploi, de la formation professionnelle, de l’appui aux arabophones, etc. Avant de proposer à ses hôtes d’échanger avec les ministres concernés pour élaborer un document sur les projets à mettre en œuvre.  Après la rencontre avec le Premier ministre, la délégation qatarie a eu une séance de travail avec plusieurs membres du gouvernement, dont le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne Mossa Ag Attaher, le ministre des Affaires religieuses, du Culte et des Coutumes, Mahamadou Koné, le ministre de l’Entreprenariat national, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, Bakary Doumbia, de la ministre de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, Mme Wadidiè Founè Coulibaly, et le ministre délégué auprès du ministre de la Santé et du Développement social, chargé de l’Action humanitaire, de la Solidarité, des Refugiés et des Déplacés, Oumarou Diarra. DD/MD (AMAP)

Mali: Plus de 2 900 sous-officiers de police prêts à servir 

Bamako, 14 mai (AMAP) La 28ème promotion des élèves sous-officiers de l’École nationale de police (ENP), composée exactement de 2 960 éléments dont 698 personnels féminins, est officiellement sortie vendredi 13 mai, Cette promotion a été baptisée du nom de feu adjudant de police,Cheick Abou Keïta, assassiné à Kita (Ouest), le 18 mars 2022, par des individus armés «sans foi ni loi », alors qu’il était en service au poste de contrôle de la localité.  La cérémonie qui a été organisée, dans l’enceinte de l’ENP, a été présidée par le ministre de la Sécurité et de la Protection Civile, le général de brigade Daoud Aly Mohammedine. C’était en présence des autorités administratives, coutumières et militaires ainsi que des parents, amis et proches des élèves sortants.  Dans son intervention, le directeur général de la police nationale, le contrôleur général Soulaïmane Traoré, s’est dit très « heureux d’étoffer les affectifs de la police avec ce contingent dans un contexte où les défis sécuritaires sont immenses et les attentes des populations de plus en plus nombreuses ».  S’adressant aux recrues, désormais sous le drapeau national, il a rappelé les grands principes qui fondent l’institution policière, notamment « la discipline, le professionnalisme, la rigueur et le don de soi ». « Ces valeurs qui constituent, a-t-il dit, une boussole pour la réussite de tout policier ». AT/MD (AMAP)

Produits pétroliers : Les prix restent inchangés au Mali

Bamako, 13 mai (AMAP) Les prix indicatifs plafonds, à la pompe des produits pétroliers liquides en vigueur restent inchangés. annonce la Commission de suivi du mécanisme de taxation des produits pétroliers  Dans un communiqué rendu public, mercredi, la commission précise que la décision a été prise sur la base des prix fournisseurs de mai 2022.  Ainsi, les prix en vigueur sont de 762 Fcfa/litre pour le supercarburant sans plomb, 760 Fcfa/ litre de gasoil et du Distillat Diesel Oil (DDO). Quant au Fuel-oil 180, il est de 588 Fcfa/litre. Les prix du litre du pétrole lampant et du Jet A1 sont libres.  Le communiqué ajoute que le prix subventionné du kilogramme de gaz butane est de 485 F Fcfa. Par conséquent, le prix de vente de la bouteille de 2,75 kilogrammes est de 1.335 Fcfa et celui de la bouteille de 6 kilogrammes est de 2.910 F cfa. Quant au prix non subventionné du kilogramme de gaz butane, il reste à 985F cfa. MD (AMAP)

Grève illimitée des boulangers à Sikasso (Sud) 

Sikasso, 13 mai (AMAP) Les boulangers de Sikasso (Sud) ont déclenché la grève illimitée pour protester contre le respect des prix plafonds du pain qu’impose la Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC). Ce mouvement intervient après un contrôle de la DRCC qui a sillonné, mardi dernier, les différentes boulangeries afin de veiller au « respect rigoureux et strict des prix » qui ont connu une flambée. Depuis la veille de la fête du Ramadan, le prix de la baguette du pain a augmenté dans la Cité du Kénédougou. La baguette de 125g, qui était cédée aux consommateurs à 125 Fcfa se vend, désormais, à 150 Fcfa. Celle de 250 g. qui coûtait à l’unité 250 Fcfa, est maintenant mise en vente à 300 Fcfa. Il est 8 heures à la Boulangerie Hawa Sy (BHS), le mot d’ordre de grève est bien respecté et les boulangers brillent par leur absence. Dehors, les clients mécontents maugréent et font le va-et-vient. Selon l’adjoint du gérant de cette unité, Idrissa Berthé, la DRCC et les boulangers sont en désaccord sur le prix du pain. «Hier soir, une équipe de contrôle de la DRCC et des éléments de la police sont venus s’enquérir de la situation. Ils nous ont clairement expliqué qu’on ne pouvait pas céder, par exemple, l’unité de la baguette de 125g à 150 Fcfa, Ce qui est en violation, selon eux, des prix fixés par l’Etat», a-t-il expliqué, avant de préciser que l’augmentation est liée à celle du prix du sac de 50 kg de la farine qui est passé de 20.250F à 25.500 Fcfa.  Au passage de notre équipe de reportage à la boulangerie moderne de Wayerma ou ‘’Show ka boulangerie’’, des consommateurs exprimaient leur mécontentement de ne pas disposer de pain.  «Walaye aw ya tognon bi dè, anw te yafama». Ce qui, en Bambara, veut dire :  «vous nous faites du tort et on ne vous le pardonnera pas», éructe un  client.  Selon le président de l’Association des consommateurs de Sikasso (ASCOMA), Jean Louis Koné, les boulangers ont unilatéralement augmenté le prix du pain, sans préalablement  informer les consommateurs. Il ajoute que son association a écrit aux autorités régionales pour une application stricte de la loi à l’encontre des contrevenants. Pour le président du Syndicat des boulangers de Sikasso, Boubacar Yara, c’est compte tenu de l’augmentation du prix du sac de la farine que les boulangers ont décidé cette hausse. «On avait convenu avec la DRCC de se retrouver quinze jours après la fête du Ramadan afin de trouver la solution. C’est avant ce délai que la DRCC nous a convoqués», a-t-il expliqué   Pour le directeur de la DRCC, Sékou Bougadar Fofana, les prix indicatifs plafonds de vente en gros et au détail sont fixés par l’arrêté n° 2022-0865/MIC-SG du 6 avril 2022. Selon ce texte, la miche de 250g ou encore le gros pain est vendue à 270 Fcfa, la miche de 125g ou encore le petit pain est cédé à 135 Fcfa. Et d’affirmer que c’est le dernier vendredi, avant la fête qu’ils ont été informés de l’augmentation du prix chez un boulanger.  «Sur place, nous avons constaté la véracité des faits». Il a ajouté que cet acte va à l’encontre de l’arrêté du ministre parce que c’est une violation de la réglementation. « C’est pour cela que nous avons ordonné de fermer la boulangerie fautive. Nous avons eu le feu vert de l’exécutif régional pour la poursuite des actions, conformément à la réglementation », a ajouté M. Fofana.  Les pourparlers sont toujours en cours entre la DRCC et le syndicat des boulangers afin de trouver un terrain d’entente.  MFD/MD (AMAP)

Art : Noumouké Camara fait dans l’abstraction et le graphisme 

Par Youssouf DOUMBIA Bamako, 13 mai (AMAP) La galerie Manège de l’Institut français de Dakar (Sénégal) a abrité une importante exposition d’art visuel intitulé : «Picasso Remix», en prélude de la 19è édition du Dak’arts, une biennale qui a se tient, depuis mercredi dernier, dans la capitale sénégalaise pour prendre fin le 19 mai prochain.  Un concours a permis de sélectionner 15 artistes africains dont les œuvres sont en lien avec celles du célèbre peintre espagnol, Pablo Picasso. Les commissaires de cette exposition ont choisi des créations hors du commun pour cette exposition qui restera toute la durée de la biennale.  «L’art nègre ? Connais pas !». Une phrase culte de Pablo Picasso dont l’association du travail au continent africain est notoire. Cette affirmation qui a suscité tant de polémique, impose certaines interrogations légitimes. Dans le cadre du cinquantenaire de l’exposition Picasso au Musée dynamique de Dakar, la galerie, le Manège de l’Institut Français du Sénégal à Dakar a été invitée à proposer une exposition d’art contemporain. La direction artistique est assurée par la directrice de la galerie, Olivia Marsaud, et le commissaire indépendant, Mohamed A Cissé. Cette production dont le titre est un hommage à la mythique exposition itinérante «Africa Remix» de Simon Njami, souhaitait mettre fin à la réductrice perception qui était faite de l’Afrique. Elle se propose de donner la «parole» à des artistes contemporains d’Afrique et supports d’expression différents, afin de répondre au maître du cubisme.  Une réponse, selon le rapport qu’ils entretiennent avec Picasso et autour des quatre grandes périodes qui caractérisent son œuvre, que la quinzaine d’artistes femmes et hommes, confirmés ou émergents, proposeront de manière libre. Il ne s’agira donc pas exclusivement de chercher les liens entre Pablo Picasso et la création contemporaine du continent, mais de les trouver. Car comme il le disait lui-même : «chercher ne signifie rien en peinture. Ce qui compte, c’est trouver». Le Malien Noumouké Camara y participe. Il n’est pas à son coup d’essai. Ce peintre né à Bamako Coura, (un quartier de la capitale malienne), il y a 46 ans, a déjà remporté de nombreux prix et récompenses à travers l’Afrique. C’était le cas à «TotalArt» un concours intitulé : «Regard des artistes sur les stations service de Total» en 2019. Noumouké Camara avait remporté le premier prix d’une valeur de 500.000 Fcfa. Très tôt il eu, comme référence graphique, les posters affiches de cinéma qui décoraient les rues et les murs de nombreuses maisons de la capitale. Mais, c’est par la voie de la peinture sous verre qu’il entre en 1990 dans le monde des arts plastiques, encadré par Joël Mounkoro, un peintre malien aujourd’hui décédé. Entre 1994 et 2003, Noumouké participe à de nombreux ateliers et rencontres en Afrique et en France, et y trouve l’opportunité de travailler avec de grands artistes comme Alfousseyny Kelly, David Coulibaly, Lassana Kanté, Ismaël Diabaté, Jean-Claude Duaguet ou encore Michel Granger. Alors qu’il était encore étudiant à l’Institut national des arts (INA) de Bamako, il travaillera au Centre culturel français en tant que communicateur visuel et continuera après l’obtention de son diplôme en 2000.  Depuis, ce jeune créateur expose dans de nombreux lieux de référence de la ville. Ses toiles parcours également d’autres pays comme en 1995 au CCF Henri Matisse de Bobo Dioulasso, au Burkina Faso, et en 2002 au Forum culturel de Blanc-Mesnil, en France. Plusieurs fois primé lors de biennales et expositions, Noumouké Camara évolue dans l’art, animé d’une volonté de créer et de transgression. Tabous, ambiguïté, maladresse, dits et non-dits et instants de séduction représentent son inspiration. Ses œuvres emportent de la vie abstractions et figurations teintées d’un style graphique qu’il nomme «Néo-graphisme». YD/MD (AMAP)

L’Etat malien investit 17 milliards de Fcfa cette année dans le développement rural

Bamako, 13 mai (AMAP) Le Mali investit, cette année,  17 milliards de Fcfa dans le développement rural, a révélé, jeudi, le ministre du Développement rural, Modibo Keita. Le ministre, qui était l’invité de l’émission «Mali Kura Taasira» de la Télévision nationale,  a explique que cet effort financier considérable est destiné à augmenter le niveau de productivité des exploitations agricoles, faciliter l’accès aux intrants, remédier à l’appauvrissement et la fragilisation des sols… Le Mali investit beaucoup dans son agriculture, mais continue d’importer encore d’importantes quantités de céréales. Comment donc dynamiser l’agriculture de subsistance et la conduire à la production de surplus ?  Selon M. Keita, la question est essentielle pour les autorités de la Transition. Celles-ci veulent changer les tendances négatives, en consolidant les fortes dynamiques agricoles  pour le vivrier, notamment le riz et le maïs, et pour certaines cultures d’exportation comme le coton. L’objectif ultime est de subvenir aux besoins nutritionnel et alimentaire des populations maliennes. Selon lui, les défis consistent, pour l’essentiel, à augmenter le niveau de productivité des exploitations agricoles, faciliter l’accès aux intrants, remédier à l’appauvrissement et la fragilisation des sols, renforcer la professionnalisation et l’intégration des organisations de producteurs…  Pour cela, le président de la Transition  a donné des directives. Particulièrement pour le secteur coton, le chef de l’État a mis en place des mesures incitatives. Ainsi, en raison de la hausse excessive du prix des engrais sur le marché mondial, le colonel Assimi Goïta a décidé que la quote-part du producteur dans le prix du sac de 50 kg de l’engrais minéral soit fixée à 12.500 Fcfa. Quant à l’engrais organique, la quote-part est fixée à 2.500 Fcfa le sac de 50 kg.  Au total, la subvention accordée par l’État se chiffre à 17 milliards de Fcfa. L’État mettra également à disposition plus de 200 tracteurs subventionnés à 50%. Et le chef de l’Etat a donné son quitus pour le recrutement de plus de 300 techniciens pour apporter conseils et assistance aux paysans. PREMIERE MARCHE – Les autorités entendent poursuivre les efforts afin que les paysans voient leurs revenus augmenter d’année en année. Déjà, le Mali est le premier producteur de coton en Afrique. Le défi, aujourd’hui, est de se maintenir sur la première marche. En attendant, le pays est confronté à des difficultés liées à l’exportation vers le marché international. Cela, à cause de l’embargo imposé par la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Mais le ministre en charge du Développement rural considère cette épreuve comme une occasion, pour notre pays, de diversifier ses partenaires, de sorte à ne plus dépendre d’un seul port. En outre, le département promeut, conformément à la volonté du chef de l’État, certaines productions céréalières et maraîchères de très grande consommation. Une attention particulière est accordée aux secteurs de l’Élevage et de la Pêche qui bénéficient, également, de subvention.  « Au Mali, l’élevage est fortement intégré à l’agriculture familiale », a souligné le ministre. L’Etat entend intensifier l’insémination artificielle pour renforcer la place des filières viande et lait dans l’économie du Mali. Cet objectif passe, nécessairement, par le développement d’un système viable et maîtrisé. Aussi, des initiatives sont mises en œuvre pour faciliter l’accès à l’aliment bétail.  ID/MD (AMAP)

Approvisionnement en produits pétroliers :  Livraison de 2 millions de litres de gaz-oil

Bamako, 13 mai (AMAP) Un convoi de 48 camions citernes, parti du port de Conakry a été réceptionné, jeudi, à Kourémalé, à la frontière de la Guinée, par les autorités maliennes.   C’était aux environs de 12 heures 30, sous un soleil de plomb que la délégation a réceptionné le premier convoi de 48 citernes sur 52 prévues. Cette cargaison, représentant la moitié de la quantité prévue, est destinée à Energie du Mali (EDM), la compagnie publique d’électricité, pour renforcer ses stocks Le carburant transportée par la Société malienne de produits pétroliers (SOMAPP) de la Guinée Conakry a été réceptionné sur le territoire malien par le directeur général des Douanes, Amadou Konaté, celui de l’Office national des produits pétroliers (ONAP), Modibo Gourou Diall, et du président de la Chambre de commerce et d’industrie du Mali (CCIM), Youssouf Bathily.  Plusieurs  autorités politiques et administratives de la localité étaient présentes. Cette livraison fait suite aux commandes que les autorités maliennes ont faites, le 28 avril dernier, auprès de la Guinée.  À cet effet, une mission de haut niveau conduite par le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, s’est rendue dans la capitale guinéenne. La délégation comprenait, également, le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, la ministre des Transport et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, le président de la CCIM et le  directeur général de l’ONAP. Selon le président de la CCIM, la délégation a pu échanger avec les autorités guinéennes pour voir dans quelle mesure le Mali peut trouver la quantité de produits pétroliers afin de renforcer la capacité du stock  national.  «Les autorités guinéennes avaient promis de nous donner 4 millions de litres de gazole. Les 2 millions de litres sont arrivées ce matin (Ndlr hier).  48 camions sont déjà arrivés à Kourémalé sur les 52 chargés. Les autres arriveront ce vendredi», a expliqué Youssouf Bathily.  SATISFAIRE LES BESOINS – En ce qui concerne la rareté du carburant, constatée ces deux jours, au Mali, le président de la CCIM a dit que cette situation n’est pas liée à la crise mais à  une grève déclenchée par les syndicats  du groupement professionnel du pétrole qui est composé des multinationales.  Youssouf Bathily a assuré que toutes les dispositions sont prises pour satisfaire les besoins des populations en carburant. «Toutes les dispositions sont prises pour ravitailler le pays en produits pétroliers par le secteur privé et l’État qui se sont engagés à trouver des moyens très rapidement avec les pays amis », a-t-il soutenu. Pour sa part, le directeur général des Douanes a rassuré les opérateurs économiques maliens que l’État prend toutes les dispositions pour que l’axe Bamako-Conakry soit le corridor le plus sécurisé du pays.  «J’invite les opérateurs économiques à emprunter le corridor Conakry-Bamako. C’est le corridor le plus sûr», a déclaré l’inspecteur général Amadou Konaté, insistant sur la solidité des relations entre la Guinée et le Mali.  « Quand il y a eu la pandémie d’Ebola en Guinée, le Mali n’a pas fermé ses frontières à la Guinée. Et quand il y a eu l’embargo contre le Mali, la Guinée est restée ouverte au Mali », a rappelé Amadou Konaté. Le port de la Guinée étant le plus proche du Mali, il faudrait, selon lui, que nos opérateurs économiques réorientent leurs activités vers ce port. En marge de la cérémonie de réception, la délégation a rendu une visite de courtoisie au chef de village de Kourémalé. AG/MD (AMAP)

Familles recomposées: La « cohabi-tension »

Par Rokiatou TRAORE Bamako, 13 mai (AMAP) Un quartier périphérique de Bankoni. Une famille recomposée : le couple a vécu une ou plusieurs expériences antérieures de mariages . La famille n’est pas très aisée. Ses membres habitent, quand même, dans leur propre maison. Des orphelins de mère, depuis leur prime enfance, vivant avec leur père seul. Après le remariage de leur père, ils partagent aujourd’hui leur quotidien avec une nouvelle maitresse de maison que le père a épousée pour combler le vide laissé par la défunte première femme.  La nouvelle, à son arrivée, a installé une toute autre ambiance dans la famille. Les petits orphelins, dans une atmosphère de terreur, vivent un calvaire depuis que cette belle-mère a mis pied dans la maison. Et, les choses vont de mal en pis, depuis que l’ainé de la famille s’est marié. La femme de ce dernier, supposée être une belle-fille, est devenue une rivale, une co-épouse pour madame. Elle voit en elle la défunte épouse de son mari. Et bonjour les querelles, tout le temps, et pour tout. Elle n’hésite pas à se saisir de son souffre-douleur jusque derrière son mari, dans leur lit conjugal, pour la frapper. Il y a de cela quelques mois, l’ainé de la famille, qu’on surnomme Damba, est rentré du marché pour se reposer, après une journée très chargée et harassante. Avec sa jeune femme, dans l’intimité de leur chambre. C’est là que la belle-mère fait irruption. Elle se met à battre la jeune femme avec un gros bâton. Sans raison apparente. Surpris, Damba est resté sans réaction comme figé par le geste. Il ne put s’interposer. Il sortit de sa chambre, laissant sa femme subir le courroux de la marâtre. Celle-là, une fois qu’elle a fini de battre sa belle-fille, ressortit de la chambre, des insultes grossières à la bouche.  Le garçon rentra se recoucher, l’appétit coupé et demanda à sa femme d’en faire autant, sans lui poser de questions sur ce qui venait de se passer. Toute la scène s’est déroulée, en présence du chef de famille, le père de Damba et l’époux de la marâtre dont nous tairons le nom. Il n’a pipé mot, ne serait-ce que pour prouver qu’il n’est pas sous l’emprise de sa femme.  A la mort du chef de famille, il y a quelque temps, Damba est devenu chef de famille. Les choses pourront changer. Cette famille est loin de faire exception. La cohabitation, dans les familles recomposées, notamment maliennes, est plus proche de la « cohabi-tension » alimentée par l’attitude de certaines belles-mères qui veulent s’imposer au couple. Rendant ainsi, la vie de foyer très compliquée surtout dans ces familles recomposées. Certaines belles-filles vivent le calvaire, victimes d’agression par leur belle-mère ou belles-sœurs. Ces dernières ont tendance à vouloir tout contrôler, tout gérer en «vraie maitresse des lieux».  À Quinzambougou, la belle-mère de Kadi ressemble à ces vieilles dames qui ont un droit de regard sur tout ce qui se passe dans la famille. Jeune dame, Kadi vit avec son mari dans la famille maternelle de ce dernier. Alassane, son époux, enfant unique, a perdu sa maman depuis sa tendre enfance. Son père, sans moyens financiers, décide le confier à grand-mère maternelle pour pouvoir s’occuper de lui-même. Quelque temps après, le père d’Alassane rencontre une veuve qu’il épouse. Devenu réparateur, le fils, lui, épouse Kadi, des années plus tard. Alassane décide que son épouse se rende, tous les jours, au Bankoni pour faire la cuisine pour son père et sa belle-mère qui n’ont pas eu d’enfants. En épouse dévouée, Kadi quitte Quinzambougou, tous les matins, pour se rendre à pieds au Bankoni. Faute de ressources.  Là-bas, la belle-mère l’accueille avec insultes et reproches. Aussitôt arrivée, elle doit se rendre au marché. Pour une famille de six membres, « la popote » varie entre 500 et 750 Fcfa pour acheter du riz, du charbon de bois et autres condiments. Le chef de famille ne travaille plus en raison de son âge avancé. Sa femme, elle, vend du savon au marché. Il arrive, souvent, que Kadi arrive en retard. Gare à elle si le repas n’est pas prêt à midi. La belle-mère qui revient du marché à cette heure-là, ne se privera pas de la sermonner. Elle l’insulte de père et de mère. La jeune épouse se souvient : «Un jour, ma belle-mère est revenu du marché avec son amie. Le repas n’était pas encore prêt. Elle m’a insulté de mère. Ce jour-là, je lui demandé de ne plus jamais insulter mes parents. Elle est venue se planter devant moi et l’a refait. Je n’ai rien dis. Elle et son amie ont passé toute cette journée à me bouder.»  Kadi a enduré cette situation durant deux ans. Sa délivrance n’est arrivée qu’après la mort de sa belle-mère, il y a près d’un an. Depuis, elle prépare de chez elle et apporte à manger à son beau-père « qui me comprend », témoigne-t-elle.  Contrairement à Kadi, Aïcha vit dans sa belle famille mais craint de se faire répudier à cause de l’autre épouse de son beau père. Cette dernière est déjà arrivée à mettre dehors sa co-épouse (la mère de l’époux d’Aïcha). Elle tente d’obtenir de son mari l’expulsion du jeune couple du domicile. Convaincue que son beau père ne pourra résister à la pression de sa femme, Aïcha craint de se retrouver dehors avec son mari qui «n’a pas de travail fixe pour le moment ». « On ne pourra pas tenir, c‘est sûr», pense-t-elle.        Le sociologue Dr Brema Ely Dicko explique qu’une famille recomposée comprend un couple d’adultes, mariés ou non et, au moins, un enfant né d’une union précédente de l’un des conjoints. Consécutives à des décès, ces unions passaient par le remariage d’un veuf ou d’une veuve. « Jusqu’à la seconde guerre mondiale, elles étaient rompues par la mort d’un des deux conjoints alors qu’aujourd’hui la cause principale des ruptures est le divorce (ou la séparation dans les couples non mariés)», poursuit le sociologue. Les recompositions familiales concernaient, autrefois, des orphelins, qui trouvaient

Sikasso : Les boulangers en grève illimitée

Sikasso, 13 mai (AMAP) Depuis la veille de la fête de ramadan, le prix de la baguette du pain a augmenté à Sikasso. La baguette qui était cédée aux consommateurs à 125F (125g) se vendait à 150F ; celle de 250g qui coûtait 250F est vendue à 300F. C’est suite à cette flambée que l’équipe de contrôle de la Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC) a sillonné, mardi dernier, les différentes boulangeries afin d’y afficher de façon rigoureuse les prix plafonds du pain. C’est cette action qui a déclenché la grève illimitée des boulangers de la ville. Il est 8 heures à la Boulangerie Hawa Sy (BHS). La cour, complètement vide, démontre l’engagement sans faille des boulangers à poursuivre leur mot d’ordre de grève. Pour ce premier jour de grève, on constatait seulement la moto du gérant adjoint de ladite boulangerie et des clients mécontents qui ne cessaient de faire des va-et-vient. Selon l’adjoint du gérant de la boulangerie BHS Idrissa Berthé, la DRCC et les propriétaires des boulangeries sont en mésentente à cause de l’augmentation du prix du pain. « Hier soir, l’équipe de contrôle de la DRCC et la police sont venues s’imprégner du prix du pain de 125g. Quand on les a informés qu’on cédait à 150F, ils nous ont soulignés que cela n’était pas le prix de l’Etat. C’est après cela qu’ils ont affiché les prix plafonds du pain devant notre boulangerie », a affirmé M. Berthé avant de préciser que leur flambée est due à l’augmentation du prix du sac de 50 kg de la farine, 25 500F au lieu de 20 250F. Au passage de notre équipe de reportage à la boulangerie moderne de Wayerma ou encore ‘’ Show ka boulangerie’’ c’était le scandale. La cliente qui n’a pas trouvé de pain s’exprimait ainsi à l’endroit des boulangers : « Walaye aw ya tognon bi dè, anw te yafama » signifiant en français « Vous nous avez vraiment fait du mal aujourd’hui, on ne vous pardonnera pas ». Les clients ont passé la journée à sillonner les boulangeries en quête du pain. Du point de vue du président de l’Association des consommateurs de Sikasso (ASCOMA), Jean Louis Koné, les boulangers ont augmenté de façon unilatérale le prix du pain. « Ils n’ont même pas informé les consommateurs », a-t-il affirmé. Il soutient que face à la situation, l’ASCOMA a adressé une correspondance aux autorités régionales pour que la loi soit appliquée. Pour le président du syndicat des boulangers de Sikasso, Boubacar Yara, c’est compte tenu de l’augmentation du prix du sac de la farine que les boulangers ont décidé d’augmenter le prix du pain depuis la fête du ramadan. « On s’était entendu avec la DRCC que 15 jours après la fête, on allait s’entretenir avec les responsables impliqués afin de trouver la solution. C’est avant la fin de ce délai que le DRCC nous a convoqué mardi», c’est pour cela que les boulangers ont entamé une grève à partir du mardi (minuit) et ce, jusqu’à nouvel ordre. Le DRCC a apporté un démenti. Selon lui aucun accord ne s’était passé entre lui et le syndicat des boulangers sur une éventuelle augmentation du prix du pain. Pour le directeur de la DRCC, Sekou Bougadar Fofana, les prix indicatifs plafonds de vente en gros et au détail sont fixés par l’arrêté n° 2022-0865/MIC-SG du 6 avril 2022. La miche de 250g ou encore le gros pain est vendu à 270F, miche de 125g ou encore le petit pain est cédé à 135F. M. Fofana a affirmé que c’est le dernier vendredi avant la fête qu’ils ont été informés de l’augmentation du prix chez un boulanger. « Sur place, nous avons constaté la véracité des faits et l’intéressé avait même établi un acte pour contredire les prix indicatifs plafonds », a-t-il indiqué, ajoutant que cet acte va à l’encontre de l’arrêté du ministre. C’est une violation de la réglementation. C’est pour cela que nous avons ordonné de fermer la boulangerie de celui qui a signé l’acte. L’intéressé a brisé nos serrures. Nous avons rendu compte au gouverneur qui nous a dit d’attendre après la fête. Hier, c’est l’exécutif régional qui nous a donné le feu vert pour la poursuite des actions mais conformément à la réglementation. Les pourparlers sont toujours en cours entre la DRCC et le syndicat des boulangers afin de trouver un terrain d’entente. MD/KM (AMAP)