Mali : L’Armée neutralise 5 terroristes à Niafunké (Nord) 

Bamako, 16 fév (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont repoussé une attaque terroriste à Niafunké (Nord) infligeant une lourde perte à l’ennemi, ont annoncé, dimanche, des sources militaires maliennes dans un communiqué. « Le bilan est de 02 morts, côté FAMa et 05 morts côté assaillants », précise l’Armée qui affirme, sur son site web, avoir repoussé « vigoureusement » l’attaque terroriste intervenue dans la nuit du 12 au 13 février 2022, aux environs de 02 h du matin. Ces hommes armés auraient approché le camp du côté de la ville et ont abattu, à bout portant, les deux sentinelles à l’entrée et emporté une arme lourde, selon un responsable militaire de la ville. Ce serait des gens qui connaissent bien l’emplacement des check-points.  Lors d’un ratissage, ajoute la même source, les FAMa ont interpellé un suspect, après une course poursuite des patrouilles. Il a été mis à la disposition de la gendarmerie nationale aux fins d’enquête, selon une source militaire.  Les autorités administratives, politiques, coutumières, religieuses et  la population sorties en nombre  ont accompagné les disparus à leur dernière demeure, aux environs de midi.  « Les groupes armés terroristes (GAT) sont de plus en plus déstabilisés. Ils posent d’engins explosifs improvisés (EEI), font des tirs indirects et sabotent des pilonnes de communication GSM », indique la source. Depuis 2012, la ville de Niafunké n’avait connu une telle attaque contre le camp militaire d’où  un climat de peur et de méfiance totale dans la ville.    SS/SAM/MD (AMAP)  

Ecoles publiques : Les toilettes de tous les risques sanitaires

Par Mohamed D.  DIAWARA Bamako, 15 fév (AMAP) Dans certains établissements scolaires, les élèves ne disposent pas de latrines décentes. Les filles, surtout ,préfèrent se contenir quand elles n’ont pas accès à des familles voisines de leurs établissements. «Pan, pan, pan ! »,  la cloche du Groupe scolaire Mamadou Lamine Diarra I (MLD) de Djicoroni Para retentit pour annoncer la récréation. Des élèves qui ont la vessie remplie se précipitent vers des pans du mur de clôture de l’établissement pour se soulager, sous le regard inquisiteur de votre serviteur. Le spectacle est digne d’une époque sauvage, mais s’explique. Les toilettes ou latrines repartis entre deux blocs sont sans portes et dans un état de délabrement tel qu’elles exposent les déjections à la vue de tous. Les environs sont souillés par des traces d’urine.  Malgré l’état désastreux de ces lieux d’aisance, des jeunes élèves, inconscients des risques d’infection qu’ils encourent, y vont, sans se poser trop de questions. Pour eux, l’essentiel est de se vider la vessie même si les conditions d’hygiène laissent à désirer. C’est une situation qui interpelle la conscience humaine, d’abord et les autorités scolaires, après. L’aménagement de toilettes décentes dans nos établissements scolaires est une exigence de premier ordre pour éviter que les scolaires soient contaminés par des microbes d’infections urinaires, des maladies diarrhéiques voire d’autres pathologies.   Fatoumata Traoré et Sériba Diawara, tous deux écoliers, préfèrent recourir aux toilettes de familles voisines de leur école pour se soulager (uriner ou aller au petit coin). Les deux mômes expriment leur gêne à choisir cette solution. Dans le même groupe scolaire, l’effectif de l’école fondamentale G s’élève à 232 élèves, y compris 112 filles. Une enseignante de l’établissement explique que les élèves ne disposent pas de toilettes décentes dans cet établissement scolaire depuis 10 ans. Quant à la directrice de l’école G, Aminata Ouédraogo, elle pointe du doigt des jeunes délinquants qui seraient responsables de la détérioration des lieux d’aisance dans son groupe scolaire. Et de préciser que ces bandits volent les portes des toilettes, en dépit de la vigilance des gardiens.  Mme Ouédraogo déplore aussi le manque d’eau dans l’unique toilette des 5 enseignants qui officient dans son établissement.  A l’entrée principale du Groupe scolaire MLD I, les latrines de l’école F se sont même écroulées. Les 302 élèves dont 157 filles de cette école n’ont pas de toilettes depuis plusieurs années. Le directeur de l’établissement, Adama Keïta, explique à qui veut l’entendre qu’avant que ces toilettes ne s’affaissent, pendant l’hivernage dernier, elles n’étaient pas utilisables. «Nous avons informé le Centre d’animation pédagogique (CAP) et la mairie de la Commune IV de l’état  de détérioration de ces latrines», confie-t-il Le directeur coordinateur du Groupe scolaire MLD II, Madjogué Keïta, soutient qu’il n’y a que deux toilettes délabrées pour les quatre seconds cycles de son groupe scolaire. Il explique que la direction du  Groupe scolaire fait de son mieux pour assainir les lieux. Mais, cela n’est pas suffisant. Selon lui, cette situation perdure parce que son établissement est délaissé par la  mairie de la Commune IV et le Cap. Il déplorait le fait que les élèves de son Groupe scolaire étaient en évaluation depuis deux jours et qu’aucun conseiller pédagogique n’ait daigné se rendre à son établissement pour s’enquérir, au moins, du déroulement des épreuves.  Le directeur par intérim de l’un des seconds cycles du Groupe scolaire MLD II, Sékou Diawara, ne fait pas non plus dans la dentelle.  Il confirme que les 161 élèves et les enseignants de son école ne disposent pas de toilettes depuis plus de 7 ans. L’enseignant ajoute que les maitres sont contraints de parcourir une relative longue distance qu’il évalue à près d’un demi kilomètre pour se soulager.  IMPLICATION DES ELEVES – Le mercredi 19 janvier dernier, les élèves des 11è et 12è années du lycée Massa Makan Diabaté, à Baco Djicoroni, en Commune V, étaient en composition. Certains élèves expliquaient clairement que l’affluence était moindre ce jour parce que leurs camarades des 10è années étaient restés à la maison. Ils font simplement remarquer que d’ordinaire, il y a une file d’attente devant les toilettes supposées être assez propres. Pour les besoins sanitaires des 3.000 élèves de cet établissement d’enseignement secondaire, 5 toilettes sont utilisables sur une dizaine prêtes à servir. Le proviseur de ce lycée, Amadou Guindo, explique que la restriction imposée à l’accès à toutes les toilettes tient au comportement des élèves. Ceux-ci ne font pas d’effort pour maintenir les lieux propres. Et aussi parce que les personnes extérieures utilisent mal les lieux. C’est un argumentaire qui vaut ce que ça vaut. Les élèves sont-ils sensés nettoyer des toilettes ? Les autorités scolaires ne doivent-elles pas prendre les dispositions qui s’imposent pour lever cette restriction mais, aussi, mettre les moyens à la disposition de l’administration scolaire de l’établissement pour assurer de meilleures conditions d’hygiène ? Ne peut-on pas identifier les élèves à la tenue scolaire pour éviter que des intrus n’utilisent les toilettes de l’établissement ? En tout cas, il ressort des explications du proviseur que son établissement n’a pas de gardien pour  préserver les lieux et éviter que le tout venant n’utilise les toilettes, mais aussi les vols des installations de plomberie et la détérioration des installations sanitaires. Le premier responsable du lycée Massa Makan Diabaté indique avoir suffisamment dépensé pour la réhabilitation et l’assainissement des toilettes afin de réunir les meilleures conditions d’hygiène pour les élèves. Le proviseur et d’autres élèves souhaitent plus d’implication du comité de l’Association des élèves et étudiants du Mali (AEEM) de l’école afin d’amener les élèves à participer au nettoyage des toilettes. Dans la cour, des jeunes filles révisaient en attendant de passer l’épreuve suivante de l’évaluation. Celles-ci expliquent se retenir suffisamment d’utiliser les toilettes scolaires à cause «d’odeur nauséabonde» des lieux et de risques d’infection. Aminata, élève, confie que l’AEEM reste bien indifférente aux conditions d’hygiène dans les latrines. Selon elle, cette situation n’encourage pas les élèves à étudier dans les écoles publiques. Les spécialistes préviennent que sans les conditions d’hygiène requises, il y a péril

Ligne de front à Mopti (Centre) : De moins en moins de blessés

Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fés (AMAP) S’il y a une chose qui a vraiment traumatisé la population de Sévaré, ce sont les bruits de sirènes des ambulances transportant les blessés de guerre à l’hôpital Somino Dolo ou à l’infirmerie du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo.  Les cas les plus graves sont évacués sur Bamako par l’Armée de l’air à partir de l’aéroport Ambodedjo de Sévaré. Il y a seulement quelques mois, les blessés de guerre affluaient, par dizaines, dans ces établissements sanitaires, tant les groupes terroristes multipliaient les embuscades et les attaques aux engins explosifs contre les Forces armées maliennes (FAMa) sur la route du Poisson (Bandiagara, Bankass et Koro), dans le secteur de Douentza ou Djenné. Cependant, les contre offensives lancées par les FAMa, sur instruction des autorités de la Transition, ont complètement changé la donne sur le terrain.  Depuis que les FAMa ont multiplié les offensives contre les groupes terrorismes, elles enregistrent moins de blessés dans leurs rangs. Un ouf de soulagement aussi bien pour la hiérarchie que pour la population de Sévaré. En effet, l’Armée enregistre de moins en moins de blessés de guerre et des cas de mort. Pour en savoir davantage, nous avons approché le médecin colonel Mamadou Salif Konaté, directeur santé de la 6è Région militaire.  «Il y a une année de cela, nous recevions 3 ou 4 blessés par jour. Parfois 30 ou 40 blessés par jour. Il s’agit des blessés par balle ou par engin explosif improvisé. Mais aujourd’hui, l’Armée est en train de monter en puissance, cela a changé les rapports de force sur le terrain »le médecin colonel Mamadou Salif Konaté « Aujourd’hui, on peut passer des semaines sans recevoir un seul cas de blessé grave», fait-il remarquer. Quelques blessés de guerre passent actuellement leur rééducation à l’infirmerie de la garnison de Sévaré. Il s’agit de soldats qui ont été touchés par balle lors des combats contre les forces obscurantistes ou par les engins explosifs improvisés.  Le sergent Lassine Sangaré a pris une balle lors d’une attaque terroriste contre le poste militaire de Boni. «Les terroristes sont venus nuitamment attaquer notre poste. Lors des combats, une balle de PKM a touché mon bras», indique le militaire. Le sergent Lassine Sangaré est pressé de retrouver toutes ses aptitudes physiques pour retourner au front. «S’il s’agit du Mali, aucun sacrifice n’est de trop. Je suis pressé de guérir pour rejoindre ma troupe au front afin de libérer complètement notre pays», dit-il. À l’image du sergent Lassine Sangaré, les blessés que nous avons rencontrés à l’infirmerie de la garnison de Sévaré, sont tous déterminés et motivés à débarrasser définitivement notre pays des hordes terroristes. MK/OD (AMAP)

Recrutement spécial : Les recrues en ordre de combat

Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 15 fèv (AMAP) La lutte contre le terrorisme dans au Mali est entrée dans une phase cruciale. Pour ne laisser aucun répit à l’ennemi sur les théâtres d’opérations, il a été ainsi procédé à un recrutement spécial dans les Régions militaires à travers le pays.  Après plusieurs mois de formation intense au camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré (Centre), les jeunes militaires seront affectés au niveau des régiments à travers le pays. Le but principal de ce recrutement spécial est de retirer le maximum d’armes de la circulation et d’étoffer les rangs des Forces armées maliennes (FAMa), dont la montée en puissance a complètement changé les rapports de force au front. En effet, le recrutement spécial concerne uniquement les ex-combattants des groupes armés. En compensation de leur désarmement, les plus aptes au service militaire sont recrutés au sein des FAMa. Dans la 6è Région militaire, ils sont actuellement 280 en formation au centre de recyclage du camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré, dans la Région de Mopti.  Lundi, nous les avons suivis pendant les exercices qui se sont déroulés sous la houlette du commandant Dramane Dembélé. Une partie des recrues a été soumise à une séance de montage et de démontage de fusils d’assaut, les yeux bandés. Un autre groupe apprenait les techniques de combat rapproché sur un nouveau terrain de sport dont le financement a été entièrement assuré par la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Le commandant Dramane Dembélé indique que la formation militaire de ces jeunes recrues est presque terminée. «La formation militaire s’étale sur deux étapes. La première consiste en l’initiation des éléments dans les centres de formation. La deuxième étape concerne leur affectation au niveau des Régions militaires pour le recyclage qui consiste à consolider les acquis», explique l’officier. Ces nouvelles recrues sont, en tout cas, dans de bonnes dispositions pour accomplir parfaitement les futures missions qui leur seront confiées par la hiérarchie. Il n’est pas exclu de les voir en première ligne dans la lutte contre le terrorisme dans les différentes localités du Mali, selon le commandement. MK/OD (AMAP)

Le Bolon : L’UNESCO tend une perche

Par Moussa BOLLY Bamako, 15 fév (AMAP) Inventé au 13è siècle pour accompagner les guerriers et les cultivateurs, le bolon  (ou m’bolon) est un instrument traditionnel de musique menacé de disparition. Et cela, en partie, parce que peu d’artistes y ont recours pour leurs arrangements et les joueurs de l’instrument se font de plus en plus rares. Mais, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) vient de lui lancer une véritable bouée de sauvetage en l’inscrivant, depuis le 15 décembre 2021, au patrimoine immatériel de l’humanité. «Une merveilleuse nouvelle qui nous vient de l’UNESCO. Nous nous en réjouissons !» a réagi le ministre malien de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, M. Andogoly Guindo, à la décision de l’UNESCO.  «Cette inscription est le résultat d’un long processus qui a abouti aujourd’hui grâce au soutien de nos partenaires, notamment la République du Togo qui a accepté de porter le projet», a confié à la presse le chargé d’affaires du Mali auprès de l’UNESCO, Moussa Cissé, . Cette décision peut s’avérer salutaire pour sauver un instrument mythique dont l’inventeur serait le Mansa Mandé Boukary au 13e siècle. «Cette inscription au patrimoine universel immatériel est un grand soulagement. Je pense que c’est une étape décisive pour la protection de cet instrument menacé de disparition», nous a confié Habib Sangaré alias Dia Bolon, un virtuose de l’instrument.  «La sauvegarde de l’instrument passe par sa revalorisation. C’est un combat que je mène depuis des années. Cette décision de l’Unesco est donc un soutien inespéré», a-t-il ajouté. Et de poursuivre en promettant que, dans les jours à venir, «j’espère pouvoir rencontrer le ministre de la Culture pour voir ce qui est envisageable au niveau national pour la sauvegarde de cet instrument mythique et ce que nous pouvons apporter comme contribution en tant que joueurs de bolon». Selon M. Cissé, le bolon est «menacé par des facteurs tels que l’urbanisation, l’introduction des religions qui interdisent les rites et pratiques initiatiques traditionnels et la baisse d’intérêt des jeunes».  Mais, les facteurs artistiques ne sont pas non plus négligeables parmi les menaces qui planent sur cet instrument. «Le bolon est sans doute le premier instrument traditionnel menacé de disparition aujourd’hui au Mali», avertissait Habib Sangaré dans un précédent article. Le bolon a longtemps été confronté à un problème d’accord avec d’autres instruments de musique. Ce qui fait que ses joueurs n’étaient pas assez sollicités par les artistes pour les studios ou les concerts. «La différence entre le bolon et les autres instruments à cordes comme le ngoni et la kora se situe au niveau de la modulation. Il était difficile à accorder parce que ne s’adaptant pas facilement au changement de gamme… Cela a été un handicap difficile à surmonter», reconnaît Dia Bolon.  «Le bolon n’ayant pas assez de cordes (quatre au maximum), il faut souvent les tirer ou les redescendre selon la tonalité du titre. Comment faire pour que les titres qui se suivent et qui n’ont pas la même tonalité ne subissent pas des problèmes de désaccord avec le bolon ou qu’on ne se retrouve pas à accorder l’instrument pendant le spectacle, donc devant le public… Ce sont des équations que nous avons eues à résoudre en faisant par exemple de sorte qu’il y ait des morceaux sur lesquels Dia Bolon (Habib Sangaré) ne joue pas pour lui donner le temps de s’accorder…», nous a expliqué la jeune star Rokia Traoré. Mais, ce handicap est aujourd’hui surmonté. «Je lui ai trouvé (à Dia Bolon) un accordeur car pour la Fondation Passerelle, en dehors de la collaboration artistique, il y avait un acte militant puisque le bolon est un instrument en voie de disparition», a assuré Rokia dont le projet musical, «Dream Mandé», vise à promouvoir les classiques et les instruments traditionnels. «Aujourd’hui, le bolon peut s’accorder avec n’importe quel instrument. Il peut s’adapter à tous les genres musicaux. La preuve est que, en dehors des artistes maliens, j’ai collaboré avec des Américains, des Allemands, des Danois…», se réjouit le virtuose Habib Sangaré. «Mon souhait a toujours été d’ouvrir une école d’apprentissage de l’instrument parce que l’une des meilleures façons de le préserver, c’est de susciter l’intérêt de nouvelles générations pour cet instrument. Je suis en train de démarcher d’éventuels partenaires pour cela. Mais, l’Etat peut aussi énormément contribuer à la création de cette école ou de ce centre d’apprentissage du bolon», a-t-il conclu. Pour le ministre Andogoly Guindo, cette inscription est «une bonne opportunité de réhabilitation du bolon». Et de rappeler (joint par un média français) que «le bolon est un instrument de musique traditionnelle qui symbolise très fortement la croyance populaire. C’est un instrument mythique autour duquel sont rattachées différentes pratiques comme le rituel autour des funérailles de certaines personnalités». Le bolon est en effet un instrument de musique plus utilisé aujourd’hui dans le Sud du Mali, même si c’est au Mandé qu’il a été créé. Il est composé d’une grande caisse de résonance en calebasse recouverte de cuir de vache et d’un manche en bois en forme d’arc muni de cordes. Le nombre de cordes du bolon détermine la façon dont il est utilisé.   L’instrument  d’une à deux cordes est utilisé lors des manifestations populaires, les rituels et les cérémonies religieuses. Et celui qui a trois à quatre cordes est utilisé pour accompagner les louanges des chefs traditionnels, célébrer les actes héroïques des rois et accompagner les agriculteurs dans les champs. Pour amplifier les vibrations sonores, le musicien porte souvent un dispositif en forme de cloche fait de plaques métalliques auxquelles sont fixés de petits lobes de forme ovale. Cet appareil, doté de petits anneaux en fer, est attaché à la main du joueur au moyen d’un coussinet garni de cordons ou d’un élastique. MB (AMAP)

Résistance anti-coloniale : Sarraounia, la fée du Niger

Par Dr Ibrahim MAIGA Dans l’histoire de la résistance anti-coloniale, il n’y a pas eu que la bravoure des hommes. Les femmes aussi y ont pris une part active, en tant qu’épouses, intendantes mais, aussi et surtout, en tant que spécialistes dans la fabrication et la distribution de la poudre. Sur l’espace qui correspond aujourd’hui au territoire du Niger, la reine Sarraouinia Mangou, en véritable cheffe d’état-major, a conquis ses lettres de noblesse en confrontant, à la tête de ses troupes, la marche infernale de la mission conduite par les capitaines Voulet et Chanoine. Nous sommes en 1899. Pourtant, cette résistante, dont le destin sera contrarié par la barbarie coloniale, n’était pas suffisamment reconnue. Dans son pays même, elle a été, pendant très longtemps, absente des manuels d’histoire. Le sujet n’a, également, pas  attiré l’attention des historiens nigériens. La documentation coloniale, elle, est pourtant foisonnante avec des « journaux » et des romans où apparait la figure de la dame emblématique. Il y a d’abord le journal de bord de l’intrépide capitaine Voulet qui, régulièrement, informe sa hiérarchie de sa progression. Il y a aussi, le roman de Jacques-Francis Rolland intitulé « Le Grand Capitaine, un aventurier inconnu de l’épopée coloniale » (Grasset, 1976). L’auteur évoque Sarraouinia qui « s’est faite forte de nous barrer la route, ses gens ont une réputation de guerriers invincibles… ». Inutile de dire que ses sources ne présentent pas Sarraouinia sous ses beaux traits. Elle est décrite comme une « sorcière malfaisante ». En face, le capitaine Voulet est présenté comme un grand soldat de la grande armée française ; l’aventure coloniale était bien une épopée ! Cette fresque coloniale est compréhensible – Elle a été progressivement déconstruite par les intellectuels africains qui ont mis en perspective la figure de la résistance, figure érigée au rang de chantres du panafricanisme. Le Nigérien  Abdoulaye Mamani appartient à cette génération. Il s’est emparé d’une façon originale du sujet en publiant  « Sarraouinia » en 1980. Depuis, les lignes ont commencé à bouger. Abdoulaye Mamani a laissé voguer son imagination à partir d’un fait historique réel. Il s’est appuyé sur les témoignages retenus par la mémoire des hommes, la tradition orale, cette véritable source d’information sur l’Afrique. Ainsi, a-t-il pu faire émerger cette « reine » oubliée, cette reine dont le combat pour l’indépendance et la survie de son territoire retiennent l’attention. Aujourd’hui, des écoles ont pris le nom de Sarraouinia ; des stations de radio et de télévision, des créations artistiques aussi. Dans le fond, le travail de pionnier a été combattu. Il lui a été reproché d’avoir fait de la sublimation, de n’avoir évoquer qu’une « Sarraouinia », là où il y en avait plusieurs. Certains vont même jusqu’à dire que le « personnage »brandi par Abdoulaye Mamani n’a pas son reflet dans la tradition locale. Mais comment interdire à un auteur le droit à la création, le droit de réhabiliter une figure historique tournée en dérision par des adversaires dont la cruauté reste une marque de civilisation ? Sur les prolongements du roman d’Abdoulaye Mamani, et à partir des archives coloniales, l’immense cinéaste mauritanien, le défunt Med Hondo, a porté Sarraouinia à l’écran avec verve et subtilité. Son film a fait l’unanimité en 1987 au Festival du cinéma de Ouagadougou. Le jury lui a décerné le premier prix, « l’étalon d’or de Yennenga ». Le fait historique – En 1898, le ministère de la Guerre ordonne la création de la « mission Voulet-Chanoine ». Voulet et Chanoine ont pour mission de partir de Ouagadougou pour le Tchad, afin de doter la France d’un grand espace en faisant jonction avec deux autres missions ; celle de Fourreau-Lamy (à partir de l’Algérie) et celle de Gentil (à partir du Congo). Il s’agissait donc d’une affaire d’Etat, parce que cette mission était hors hiérarchie locale ; elle ne traitait qu’avec Paris, méprisant du coup les « braves » officiers basés au Soudan, dont le futur Général Trentinian. Il faut dire que les deux officiers étaient « bien nés », car appartenant à de « grandes et bonnes familles ». Paul Joalland a fait partie de la cruelle équipée, en sa qualité d’artilleur. Il a publié « Le drame de Dankori : Mission Voulet-Chanoine. Mission Joalland-Meynier » (Nouvelles éditions Argo, Paris, 1930). Il nous donne la composition française exacte de la mission conduite par le capitaine Voulet, le lieutenant de cavalerie Chanoine, les lieutenants d’infanterie de marine Peteau, Joalland, Pallier, le Docteur Henric, le sergent-major Laury, le sergent Bouthel. Pour cette mission, la dotation financière n’était que de cent mille francs. La troupe devait donc trouver sur place les moyens de sa subsistance. L’arsenal de combat comptait 450 fusils, 50 mousquetons, 180.000 cartouches, un canon de montagne. Les tirailleurs ont été recrutés au Soudan. C’est à Niort que Chanoine est allé faire son recrutement en promettant aux conscrits un salaire mensuel de15 francs et la nourriture. Cela a suffi pour recruter de « beaux noirs Soudanais, bien bâtis et tous enchantés de partir « faire grande colonne », lit-on. Joalland précise que la taille moyenne de ses artilleurs était de 1 m 80. Il s’attarde sur les mensurations de son « pointeur », Souleymane Sidibé, un Ouassoulounké de 1 m 87. Joalland pousse le détail. Il donne le nombre exact des personnes qui font la colonne : 600 tirailleurs et domestiques, 800 porteurs, 200 femmes et 100 divers, soit 1.700 personnes en mouvement. Les chevaux, les ânes, les chameaux, les bœufs étaient au nombre de 800. Dans cette énumération, on est surpris par la présence massive des femmes. Elles préparaient à manger. Elles agrémentaient aussi le repos des guerriers, une porte ouverte à la prolifération des maladies sexuelles et à la prostitution. L’utilisation des femmes dans les contingents coloniaux est documentée. Qui n’a entendu parler des bordels militaires de campagne ? Joalland donne aussi le but assigné à la mission : arriver à Ouaddai, au Tchad, étudier la nouvelle ligne de séparation des zones d’influence française et anglaise entre le Niger et le Tchad, passer des traités avec le Kanem, Ouaddai et revenir par le Congo. Les documents les plus complets sur le trajet de cette expédition sont ceux produits par le capitaine Voulet qui a régulièrement informé sa

Opération Maliko : Au coeur du PC opérationnel du Secteur 4 

Envoyés spéciaux Madiba KEITA Oumar DIOP Sévaré, 14 fév (AMAP) Ce Poste de commandement couvre les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre) où les groupes terroristes sont très actifs. Mais avec les récentes offensives menées par les Forces armées maliennes (FAMa), la peur a  changé de camp Au Poste de commandement opérationnel (PC opérationnel) du Secteur 4 de l’opération Maliko, logé au camp Hammadoun Bocary Barry dit Balobo à Sévaré dans la Région de Mopti (Centre), la traque des groupes armés terroristes (GAT) est méthodiquement préparée avant sa mise en œuvre. En ce samedi 12 février 2022, la presse a été exceptionnellement invitée à assister au briefing du commandant de la 6è Région militaire, le colonel Karim Traoré et son staff. Le Secteur 4 de l’opération Maliko dont le but est de stabiliser l’ensemble du territoire national, couvre les Régions de Mopti, Bandiagara et Douentza (Centre) où les terroristes ont développé leurs activités ces dernières années. Leur modus operandi consiste à tendre des embuscades aux Forces armées maliennes (FAMa) ou à poser des Engins explosifs improvisés (EEI) sur leurs passages pour faire un maximum de victimes. Ces hommes sans foi ni loi s’en prennent aussi aux populations civiles. Ces dernières années, les terroristes ont fait des centaines de victimes civiles et militaires dans les trois régions, occasionnant des milliers de déplacés. Sur instruction des autorités de la Transition, les Forces de défense et de sécurité ont engagé des offensives en vue de libérer les zones sous l’emprise des terroristes. Au cours de ce briefing, le colonel Traoré et ses hommes ont fait le point des opérations, localité par localité. Ils ont examiné de près la progression des hommes sur le terrain. Selon les explications du commandant Boubacar Mariko, les opérations des FAMa sont actuellement consacrées aux localités de Marébougou dans le Cercle de Djenné, à Boni dans la Région de Douentza et sur la route du poisson vers Bandiagara, Bankass et Koro. Les principaux groupes terroristes qui sont actifs dans ces zones sont notamment la Katiba du Gourma, la Katiba du Macina, Ansar Islam et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS).  Le chef d’escadron Dramane Dembélé précise que l’opération militaire à Marébougou est entrée dans sa troisième phase avec la destruction des points d’appui des groupes armés terroristes. Les FAMa ont aussi acheminé des vivres dans le village afin de soulager la population. Le commandant de la 6è Région militaire, le colonel Karim Traoré, a donné des directives à ses hommes. Il s’agit de poursuivre les offensives à Marébougou et dans les autres localités en vue de porter un coup fatal à l’ennemi.  Pour le chef d’état-major de la 6è Région militaire, le colonel Adama Abdoulaye Diarra,  le briefing opérationnel a été l’occasion pour le commandement de faire le point des actions des unités engagées sur le terrain. «Actuellement, les populations de plusieurs localités vaquent à leurs occupations grâce aux opérations offensives que les FAMa sont en train de mener. Nous avons envoyé une unité pour desserrer les verrous autour de Marébougou. C’est ce qui a permis aux autorités d’entreprendre des actions humanitaires dans cette localité, notamment la distribution de vivres », dit-il.  Il a assuré que la population de Marébougou est libre aujourd’hui. « Nous allons continuer les opérations pour rassurer davantage cette population», promet le colonel Diarra. A Mopti, les officiers du PC opérationnel expliquent que le renforcement du vecteur aérien a été un tournant dans la lutte contre le terrorisme dans la zone. En effet, la puissance de frappes de l’Armée de l’air a complément affaibli la mobilité des groupes terroristes et désorientés leur dispositif. Beaucoup d’entre eux ont été tués dans les différentes frappes des FAMa et leurs bases logistiques détruites. MK/OD/MD (AMAP)

Culture : La 3ème édition du Festival AG’NA se déroulera du 22 au 26 février 2022 à Koulikoro

Bamako, le 15 février (AMAP) La troisième édition du Festival AG’NA se déroulera du 22 au 26 février 2022 à Koulikoro sous le thème : « patrimoine et innovation », a appris l’AMAP de source proche de ses organisateurs. L’annonce a été faite samedi au cours d’une conférence de presse animée par Fousseyni Diakité, Président du groupe Walaha, directeur du festival Ciné à Dos, Mani Ansar, directeur du festival au désert, Mme Zeïnab Sidibé du groupe Walaha, Aboubacar Gakou Touré, président de la fédération nationale du cinéma et de l’audiovisuel, à l’Espace Walaha à Magnambougou (Bamako). Selon les conférenciers, l’objectif principal du festival AG’NA est de contribuer à l’économie créative au Mali à travers la culture et les arts numériques. Les organisateurs ont, par ailleurs, précisé que le festival AG’NA sera marqué par des concerts, des animations folkloriques, des caravanes de projection de films, des séances de contes, des conférences etc. KM (AMAP)

Koro : des hommes armés non identifiés harcèlent les femmes pour leur port

Koro, 15 fév (AMAP) Des mouvements d’hommes armés non identifiés sont signalés, ces dernières semaines, en plusieurs endroits dans le Cercle de Koro, dans le Centre du Mali. Ces mouvements sont importants, surtout, au niveau des villages situés le long de la bande frontalière avec le Burkina Faso.  Dans la matinée du 7 février 2022, un groupe de femmes, qui se rendaient à la foire hebdomadaire de Zon, localité située à une trentaine de km de Koro, au Sud-Est, a été retenu par les hommes armés non identifiés pendant près d’une heure. Ils les ont obligées à écouter des prêches, Et, elles ont, surtout, fait l’objet de menaces pour ne pas avoir porté de voile. Les femmes de Gonso-Baroua, une localité situé au sud de la Commune de Koro ont, également, reçu des menaces pour les mêmes motifs.  Selon A.D, ressortissante de la localité qui a fait partie des personnes menacées, « les femmes n’ont d’autres choix que d’obéir à ces hommes ». « Personne ne peut dire où ils se trouvent et quand ils viendront. Ils peuvent surgir à tout moment. Pour le moment, il n’y a pas eu de violences physiques sur les femmes mais ils ont été catégoriques, prochainement toute femme qui ne porterait pas le voile sera punie. Nous avons peur et nous souhaitons plus de protection contre les hommes armés en brousse », dit-elle. Un tour dans les villages situé sur la bande frontalière permet au visiteur de se rendre compte du changement intervenu dans l’accoutrement des femmes . Elles portent toutes le voile qui n’était pas dans les habitudes des femmes de ces villages. Après avoir subi les conséquences de plus de quatre ans de crise sécuritaire, les femmes, couche la plus vulnérable, sont la cible des hommes armés non identifiés qui leur imposent un changement dans leu style vestimentaire. Ils les privent, aussi, de certaines libertés comme, par exemple, voyager dans le même tricycle que les hommes. AMAP

Déploiement des troupes au front : La préparation opérationelle, étape essentielle

Par Madiba KEITA Sévaré, 14 fév (AMAP) Au camp militaire de Sévaré, les soldats se préparent physiquement et mentalement, avant de monter au contact de l’ennemi. Cette garnison, en première ligne face aux terroristes, est régulièrement le théâtre de cet exercice. En ce vendredi 11 février 2022, alors que le soleil entame son long chemin dans le ciel, un vent violent souffle sur le camp militaire Hamadoun Bocary Barry dit Balobo de Sévaré, dans la Région de Mopti (Nord), soulevant une poussière aveuglante et axiphysiante. Mais il faut plus que ces mauvaises conditions climatiques pour entamer le moral et la détermination des soldats qui s’apprêtent à monter au front. Ils sont en pleine préparation opérationnelle avant le déploiement. C’est un exercice habituel au camp Hamadoun Barry de Sévaré, le plus grand dans la Région de Mopti, devenue l’épicentre de la lutte contre le terrorisme ces dernières années.  La préparation des unités avant le déploiement, une étape indispensable, est directement supervisée par le commandant et le chef d’état-major de l’Armée de terre de la 6è région militaire, respectivement le colonel Karim Traoré et le colonel Adama Abdoulaye Diarra. «La préparation opérationnelle avant le déploiement de nos unités est une étape essentielle, elle est extrêmement importante. Cette étape d’une durée d’un mois permet de rassembler les éléments, de les faire travailler ensemble et, surtout, de renforcer la cohésion au sein du groupe », explique le colonel Karim Traoré. Cette formation permet, aussi, « de développer les capacités individuelles et collectives de nos unités avant le déploiement », ajoute l’officier supérieur. Pendant les quatre semaines, il s’agit fondamentalement de rappeler aux hommes les connaissances élémentaires en matière de combat. « Par exemple, leur rappeler la règle d’or du combat qui est de tout faire pour sauver son compagnon d’arme blessé sur le champ de bataille», explique le colonel Traoré. CERTIFICATION – Au cours de la préparation opérationnelle avant  le déploiement, les militaires sont entrainés à riposter en cas d’embuscade ou d’attaque complexe. Ils apprennent, aussi, les techniques de premiers soins aux blessés ou comment maîtriser totalement l’ennemi. «Chacun de ces soldats a fait au moins trois engagements. Ils ont connu des embuscades, des attaques complexes dirigées contre leurs emprises. Donc, pendant cette séance, les expériences sont mises ensemble pour le prochain engagement », poursuit le colonel Traoré. « La préparation opérationnelle avant le déploiement est une directive du haut commandement à une unité avant son engagement sur le théâtre d’opération. A l’issue de cette préparation, il y a une mission de contrôle de l’Armée de terre qui vient voir si les normes sont respectées avant le déploiement des troupes au front. Ensuite, il y a une équipe de l’état-major général des armées qui vient pour la certification de l’unité. Sans cette certification, l’unité ne sera pas engagée au front », nous explique notre interlocuteur. « C’est pour vous dire que la préparation opérationnelle avant le déploiement est essentielle en cas de chaque nouvel engagement sur le front», indique le colonel Traoré. L’adjudant-chef Adama Keita de la Prévôté fait partie de l’unité en cours de préparation pour prendre la relève des frères d’armes se trouvant à Boni (Centre) depuis six mois. Son travail au front est d’enquêter sur les suspects interpellés au front avant leur éventuelle remise aux services compétents de la justice. Il enquête, également, sur les cas de violation des droits de l’Homme sur le théâtre d’opération. «Pendant la préparation opérationnelle avant le déploiement, on nous rappelle les principes fondamentaux de la guerre, à savoir comment se comporter, se déplacer ou communiquer sur le front», confie le gendarme.  Le sergent-chef Ousmane Dagnon de l’Armée de terre de la même unité se dit plus que jamais engagé à monter au front pour que notre pays soit débarrassé de tous les ennemis de la paix. «En tant que soldat, je suis prêt au déploiement pour que le Mali retrouve la paix et la sérénité, pour que nos populations dans les campagnes puissent reprendre une vie normale. Nous allons à Boni pour neutraliser l’ennemi et protéger les populations et leurs biens. Nous avons reçu, aujourd’hui, l’équipement nécessaire pour bien accomplir cette mission», assure le sous-officier d’une trentaine d’années. La séance préparatoire des soldats avant leur déploiement sur le théâtre d’opération dure des heures dans la journée. Les entrainements physiques s’enchainent au rythme imposé par les instructeurs maliens et leurs homologues de la mission militaire européenne de formation (EUTM). Aujourd’hui, les braves soldats se disent physiquement et moralement réarmés pour croiser le fer avec les groupes armés terroristes (GAT) qui sont désormais en débandade dans la Région de Mopti. Envoyés spéciaux Madiba KEÏTA Oumar DIOP