Parc zoologique : La grande attraction
Par Djénèba KASSOGUÉ Bamako, 15 sept (AMAP) Juché sur les flancs de la colline de Koulouba, le jardin zoologique national. Il est très fréquenté par les enfants en cette période de vacances. Animaux, installations de divertissement, paysage boisé, cet endroit unique dans la capitale permet aux petits et aux grands de se détendre en cette période de vacances. Une visite qui participe de l’éducation des enfants, surtout des écoliers. Le parc zoologique communément appelé «Waraba fèlè so» informe à travers l’exposition de panneaux (fiche d’identité des animaux et des espèces). Un jour de samedi, vers 16 heures, aux alentours du zoo national, notre équipe de reportage a été pris dans un embouteillage monstre. Les enfants accompagnés de leurs parents font le rang devant l’entrée du parc. À tour de rôle, les adultes passent au guichet pour prendre leurs tickets. Le prix du ticket varie selon l’âge. Il est de 500 Fcfa pour les enfants âgés de 5 à 12 ans. C’est 1 000 Fcfa pour 14 ans et plus. Des vigiles, en uniforme, procèdent à des fouilles de sécurité. Les sacs y passent, pour s’assurer qu’ils ne contiennent pas d’objets tranchants : couteau, lame, ciseaux. Sur le visage des enfants, de la joie et un sourire. Ils ont hâte de voir les animaux. Une quarantaine minutes d’attente, et nous voilà, enfin, à l’intérieur du jardin zoologique. Le décor est beau. Le paysage est boisé. Les espaces vides sont couverts de verdure. La partie dédiée aux chimpanzés est bordée d’arbres sur lesquels sont fixés des hamacs. Dans une fosse coule une rivière artificielle. Un pré est destiné aux biches, aux buffles et aux autruches. La mobilité des visiteurs du jardin zoologique est facilitée par des allées revêtues de gazon ou de dalles. Le parc recèle une grande volière, un aquarium et un vivarium. Le zoo propose un espace de détente et de loisirs. C’est une école sur la nature pour les visiteurs. Les parents et leurs enfants peuvent approfondir leurs connaissances sur la préservation et la conservation des espèces animales. Lors du passage de notre équipe de reportage, il y avait une ambiance bon enfant. Les tout-petits, heureux de se retrouver dans un cadre si enchanteur, couraient dans tous les sens. Les vendeurs de pop-corn, de crevette, de barba papa et de glace font de bonnes affaires. Les enfants sont friands de ces délices qu’ils dévorent, tout en savourant le moment de bonheur. TICKET TROP CHER – Assis sur un banc en train de savourer leurs glaces, trois enfants se font prendre en photo par leur père. À côté d’eux, le jeune Sékou Diallo, 8 ans, se tient près de ses parents. Il en était à sa troisième visite au zoo depuis le début des vacances. «J’adore venir au parc car j’aime regarder les animaux et apprendre le maximum sur les différentes espèces», souligne le petit garçon qui dit sa préférence pour l’éléphant et le lion. Son père Ibrahima Diallo estime que le zoo permet aux enfants de voir les animaux de près. «On devrait revoir le prix. Le ticket d’entrée pour un enfant de 13 à 16 ans est de 1 000 Fcfa et les enfants de 4 ans à 13 ans déboursent 500 Fcfa. C’est trop cher», regrette Ibrahima Diallo. Un jeune couple en uniforme de couleur bleuâtre assis sur un drap étalé à même le sol regarde les enfants jouer à la balançoire. Le jeune futur marié Souleymane Bamba habite Bolibana. Le zoo est son lieu de détente préféré et il adore regarde l’éléphant. Il appelle la direction du zoo à baisser le prix du ticket d’entrée. « Tout le monde ne peut pas payer 1 000 Fcfa », indique Souleymane. Son ami, Bourama Bamboudjou, qui a entendu notre conversation sur le prix, rappelle qu’autrefois, le prix du zoo n’était pas élevé comme il l’est aujourd’hui. Il se souvient que les enfants payaient 300 Fcfa et les adultes 500 Fcfa. « Je me demande pourquoi ils ont augmenté le prix de 500 à 1 000 Fcfa», confie Bourama. Au centre du zoo est aménagé un petit bac à sable. Une balançoire, un toboggan (jeu pour enfant) attirent les gosses. Moussa Keïta, 5 ans, joue sur le toboggan. Il se réjouit d’être au zoo. Il commente sa visite : «J’ai vu le serpent, l’éléphant, le lion, le singe, le poisson, le crocodile ». Le petit Moussa, un grand sourire aux lèvres, confesse : «l’animal qui m’attire le plus est le lion». Certains enfants jouent à effrayer d’autres. C’est le cas de Mohamed Sissoko. Assis sur la balançoire, il pousse des cris pour faire peur à sa grande sœur. L’élève de 2è année dit être venu au zoo pour jouer et regarder les animaux. «À l’école, si quelqu’un me montre la photo d’un animal, après ces visites, je serai en mesure de dire l’espèce et le nom, car je l’ai déjà vu au zoo», révèle Mohamed. Il s’empresse d’ajouter que les animaux qui le fascinent sont l’hyène et le singe. Quatre jeunes filles sont debout sur un pont en bois. En dessous, coule une rivière. Un éléphant s’y ébat. Mariam Sangaré, une jeune lycéenne, trouve que le zoo est un véritable lieu de détente, de distraction et de rencontres entre amies. «Il nous permet de nous revoir entre amies et de passer une excellente journée autour des animaux», ajoute-t-elle, toute à sa joie. La sexagénaire Fatoumata Coulibaly est venue accompagner ses petits-enfants. Elle souligne que le zoo ne représente aucun danger pour les enfants et il leur permet, au contraire, d’approfondir leurs connaissances et l’apprentissage à l’école. Mais elle pense que le prix d’entrée est élevé. Le parc zoologique reçoit combien de visiteurs par jour ? Combien gagne-t-il par jour ? Y a-t-il souvent des incidents entre les visiteurs et les animaux ? Autant de questions auxquelles les responsables et les agents du zoo n’ont pas voulu répondre. DK/MD (AMAP)
Le barrage de Gouina et le projet de façade maritime pour le Mali au menu d’une audience à Koulouba
Bamako, 15 sept (AMAP) Le président en exercice du Conseil des ministres de l’Organisation pour la mise en valeur du fleuve Sénégal (OMVS) et ministre sénégalais de l’Eau et l’Assainissement, Serigne Mbaye Thiam, a déclaré, mercredi à Bamako, avoir abordé, avec le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, des sujets d’importance pour le Mali. A sa sortie d’audience au palais de Koulouba, où il était venu faire le point des activités réalisées par l’OMVS au président Goïta, président en exercice de la conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’organisation, M. THiam a indiqué que les premiers kilowatts d’électricité du barrage de Gouina ont été injectés, le 21 mars dernier, dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Quant au projet de navigation du fleuve Sénégal, « il permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime, a ajouté Serigne Mbaye Thiam qui a fait remarquer que « l’une des réalisations majeures de cette année a été la mise en production du barrage hydroélectrique de Gouina ». Le barrage de Gouina est situé dans l’arrondissement de Diamou, à 45 km de Kayes, dans l’Ouest du Mali. La capacité de cet ouvrage est de 140 mégawatts (MW). Le projet, dont le coût global est estimé à 201 milliards de Fcfa, est financé à hauteur de 85% par un prêt de la China Eximbank. Les travaux sont executés par le groupe chinois Sinohydro. Le barrage de Gouina est le quatrième ouvrage majeur de l’OMVS après le barrage hydro-électrique Manantali, au Mali, qui produit 200 MW, du barrage anti-sel de Diama, au Sénégal, et de la centrale hydro-électrique de Félou dont la capacité s’élève à 60 MW. M. Thiam a indiqué que le 21 mars dernier, les premiers kilowatts d’électricité de ce barrage ont été injectés dans le réseau au bénéfice des populations malienne, mauritanienne et sénégalaise. Selon lui, il y a eu, aussi, des avancées sur le projet de navigation. À ce sujet, il a relevé qu’en 2019, l’OMVS a signé un contrat commercial de réalisation avec une société indienne. « Ce projet, a-t-il assuré, permettra au Mali d’avoir un accès à une façade maritime par le port fluvio-maritime de Saint Louis, depuis Ambidédi (Région de Kayes). Les échanges entre les deux personnalités ont, également, porté sur le renouvellement du mandat du haut-commissaire de l’OMVS. Ce mandat tournant est d’une durée de 4 ans. Le Malien Hamed Diane Semega, ancien ministre en charge de l’Energie, occupe actuellement ce poste. Le président en exercice du Conseil des ministres de l’OMVS a confié que le chef de l’Etat a donné des orientations sur l’ensemble de ces questions. «On pense qu’après les consultations qu’il (le président de la Transition) va avoir avec ses homologues, ces orientations seront partagées et transmises au Conseil des ministres et au commissariat pour exécution», a expliqué Serigne Mbaye Thiam. L’audience s’est déroulée en présence du ministre des Mines, de l’Energie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré. BD/MD (AMAP)
Tiandougou-coura : Un sorgho à double usage, fruit de la recherche agronomique du Mali
Par N’Famoro KEITA Bamako, 15 sept (AMAP) L’agriculture, nourrir tous les Maliens, doit relever un double défi : accroître la production et la productivité et l’intégrer à l’élevage. Les chercheurs du Mali, notamment ceux du programme sorgho au Centre régional de recherche agronomique (CRRA) de l’Institut d’économie rurale (IER) de Sotuba travaillent sur ces questions. Fruit de leur recherche : Tiandougou-coura, une variété hybride, est un sorgho à double usage : ses grains sont utilisés pour la consommation humaine et les pailles (tiges, feuilles) qui sont jugées riches en fer, zinc, calcium et protéine, servent d’aliment pour le bétail. Le but visé est de réussir l’intégration de l’agriculture et de l’élevage. Cela à travers la mise au point de variétés de sorgho combinant le haut potentiel de rendement grain, la qualité de grain et une bonne qualité de paille plus digestible pour les animaux. Mardi 30 août dernier. Un soleil doux berce la cour de l’IER à Sotuba, en Commune I de la capitale, Bamako. D’une superficie de 264 hectares, cette quasi-forêt classée embaume les lieux de son odeur. Son climat doux et humide attire des oiseaux qui gazouillent sans discontinuer. Chercheur et chef au programme sorgho de l’IER, Dr Abdoulaye Diallo, et son équipe se dirigent vers les parcelles destinées aux différents types de sorgho à double usage. Sous un ombrage dense, s’entrecoupent plusieurs pistes parsemées de flaques d’eaux. Elles mènent chacune à une parcelle de culture. Ces variétés de sorgho à double usage ont été améliorées par les chercheurs de l’IER. Leur état végétatif est impressionnant, à tout point de vue. Parmi elles, le Tiandougou-coura est le plus convoité par les cultivateurs. Le chercheur basé au CRRA de Sotuba explique le centre détient actuellement 4 hectares de semences de base de Tiandougou-coura, une variété photosensible de taille réduite (2,5 m) par rapport aux variétés locales (4 à 5 m). « Ce qui, précise Dr Abdoulaye Diallo, lui confère une résistance à l’averse contrairement aux variétés de haute taille ». « Sa paille renferme plus de protéines brutes et moins de cellulose que les variétés locales. Donc plus digestible par les animaux que les variétés locales », ajoute-t-il. DES TONNES DE PAILLES PAR HECTARE – Selon lui, son rendement est, tout aussi, intéressant. Tiandougou-coura produit 2,5 tonnes de graines et 15 tonnes de paille par hectare. « Elle n’est cultivée que dans les conditions pluviales entre les isohyètes (lignes de même pluviosité) 800 et 1000 mm », explique Dr Abdoulaye Diallo. Il précise la floraison de cette espèce a lieu entre fin septembre et début octobre quelle que soit la date de semis. «La variété résiste à la sècheresse post florale», assure le chercheur en agro-pastoralisme. « C’est pourquoi elle continue de gagner du terrain depuis son homologation en 2012 », sourit le chercheur. « Les agriculteurs l’apprécient également grâc, notamment, à sa qualité culinaire, sa résistance à la sécheresse, au striga et à sa qualité fourragère», renchérit-il. Les paysans sont unanimes que la consommation de ses grains est bénéfique pour les femmes allaitantes et les personnes atteintes de diabète. Tiandougou-coura est une variété caractérisée par son trait «stay green» c’est-à-dire la majorité de ses feuilles restent vertes jusqu’à la maturité physiologique lui conférant ainsi le caractère de double usage. « Pour conserver son fourrage, conseille-t-il, les pailles (tige et feuilles) récoltées sont séchées soit à l’ombre ou étuvées puis stockées dans un endroit sec ». «Pour alléger la charge des producteurs contre la flambée des prix de l’engrais, on améliore un système de 45 kg d’engrais par hectare, ce qui fait 2 grammes par poquet», explique le chercheur. « Pour éviter les petits problèmes, ajoute-t-il, il est demandé aux paysans d’avoir un ou un voire trois pieds de plants par poquet ». Le sarclage est fait trois fois, tous les 15 jours. « Après la récolte, indique notre interlocuteur, ses grains doivent être séchés au soleil avant de les garder dans un endroit propre ». RICHES EN NUTRIMENTS – « Plusieurs recettes, développées en collaboration avec le Laboratoire de technologie alimentaire de Sotuba sont faites à base Tiandougou-coura », s’émerveille Diallo. Il cite la brisure de sorgho aux légumes, du couscous de sorgho malté, Soral instant (sorgho-arachide-lait), le pain de sorgho aux légumes et la bouillie de sorgho aux arachides. Le chercheur sexagénaire estime que ces recettes qui sont riches en nutriments, peuvent constituer une source de revenus pour les femmes. Autant d’atouts qui lui valent l’appréciation des producteurs. Djanko Coulibaly cultive Tiandougou-coura à Kéniéroba, Commune de Boudofo, Région de Kita. Joint au téléphone, il confirme avoir cultivé 1,5 hectare de sorgho à double usage. Pour l’entretien de son champ, il recourt au service d’ouvriers qu’il paie à 1 500 voire 2 000 Fcfa par jour. Le travail dure de 8 à 16 heures. «Il pousse robustement sur notre sol. Ma production est de 2 à 4 tonnes par hectare selon la façon d’aménager le lopin de terre», indique-t-il, attestant que son fourrage est très nutritif pour le bétail. Et depuis deux ans, Djanko Coulibaly nourrit ses ovins avec du fourrage de Tiandougou-coura, avant de les vendre à la veille de la fête de Tabaski. « Grâce à l’utilisation de l’engrais organique, se réjouit-il, la parcelle donne un bon rendement ». «Je peux, souvent, décharger 400 charretées dans le champ», explique le sexagénaire. Il invite les cultivateurs à suivre les conseils utiles des spécialistes et à choisir la variété céréalière améliorée. Depuis une trentaine d’année, Djanko Coulibaly collabore avec l’IER qu’il a connu grâce à son père. Conseiller d’agriculteur et vendeur de semences à Dioïla, près de Bamako, Yalali Traoré, nous confirme au téléphone que de nombreux producteurs achètent la semence de Tiandougou-coura dans sa localité. Il ajoute que « ces agriculteurs font de bonnes productions et arrivent à assurer leur approvisionnement en aliment bétail ». Outre Tiandougou-coura, les chercheurs de l’IER ont amélioré d’autres variétés mais peu connues du grand public : Sassilon, le Double usage 17 (U-17) et le Soubatami, etc. NK/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 14 septembre 2022
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 14 septembre 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de la Justice et des Droits de l’Homme, Garde des Sceaux le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la création, à l’organisation et aux modalités de fonctionnement de l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. Le Gouvernement a adopté la Loi n°2021-051 du 29 septembre 2021 portant modification du Code de procédure pénale pour renforcer le cadre institutionnel en matière de lutte contre la corruption et la délinquance économique et financière. Cette modification a permis d’instituer le Pôle national économique et financier et de corriger les insuffisances du Code de procédure pénale en matière de saisie. Cependant, la conservation et la gestion des biens saisis dans le cadre de la procédure pénale, actuellement assurées par le Greffe sont confrontées à de sérieuses difficultés au niveau des juridictions en ce qui concerne entre autres : – l’état de la conservation des objets saisis, leur gestion et les responsabilités liées à cette gestion avant la détermination de leur sort à la fin de la procédure ; – l’insuffisance de moyens pour assurer la conservation et l’entretien des biens saisis en attendant la fin de la procédure. Il est apparu nécessaire de résoudre ces difficultés conformément aux dispositions pertinentes des instruments juridiques internationaux de lutte contre la corruption et les infractions assimilées pour éviter de compromettre le désintéressement des victimes. Les projets de texte sont adoptés dans ce cadre. Ils créent sous la forme d’établissement public à caractère administratif l’Agence de Gestion des Biens gelés, saisis ou confisqués. La création de cette Agence contribue à l’amélioration de la gouvernance dans le domaine de la gestion des avoirs dans le cadre de la procédure pénale. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant approbation du marché relatif au contrôle et à la surveillance des travaux de réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section : Sévaré-Boré (111 km). Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement de bureaux d’études GIC MALI/NOVEC MALI-SA pour un montant de 962 millions 500 mille francs CFA hors taxes et un délai d’exécution de vingt-six (26) mois. La réhabilitation de la route Sévaré-Douentza-Gao, section Sévaré-Boré contribuera, notamment à améliorer les conditions de transport des personnes et de leurs biens et à promouvoir l’économie nationale. Sur le rapport du ministre du Développement rural, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités d’application de la Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012, régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs. L’élevage et la pêche sont des sous-secteurs clés de l’économie nationale. Ils contribuent au produit intérieur brut respectivement à hauteur de 15% et 2,4%. En dépit de son potentiel important, les sous-secteurs de l’élevage et de la pêche sont confrontés à des contraintes parmi lesquelles la faible productivité des différents systèmes de production, les faibles niveaux d’organisation des acteurs des filières animales et aquacoles et de financement. Pour faire face à la faible productivité des races locales, le Gouvernement s’est engagé, depuis 2010, dans une politique de diffusion de l’insémination artificielle en favorisant la création de centres privés agréés à cet effet. La Loi n°2012-004 du 23 janvier 2012 régissant la production, la diffusion, l’importation, l’exportation, la commercialisation, le contrôle et la certification des semences, ovules, embryons d’origine animale et des reproducteurs a été adoptée pour mieux encadrer la diffusion de l’insémination artificielle. Le présent projet de décret est adopté dans le cadre de la mise en œuvre de la loi du 23 janvier 2012. Il prend en compte : – la définition des rôles et devoirs des centres privés agréés de production et de diffusion des semences, d’ovules, d’embryons d’origine animale ainsi que de reproducteurs ; – l’encadrement des activités du Centre d’Insémination artificielle animale en vue de l’accroissement des productions animales par l’utilisation des techniques de l’insémination artificielle ; – l’utilisation de l’ovule et de l’embryon dans les programmes d’amélioration génétique des animaux avec l’application de la biotechnologie ; – le développement de l’aquaculture avec l’émergence du sous-secteur de la pêche dans l’économie nationale. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTERE DE LA SANTE ET DU DEVELOPPEMENT SOCIAL – Inspecteur en Chef à l’Inspection de la Santé : Monsieur Seydou SOGODOGO, Médecin épidémiologiste. – Inspecteur en Chef Adjoint à l’Inspection de la Santé : Monsieur Abdoulaye KONE, Professeur de l’Enseignement supérieur. AU TITRE DU MINISTERE DE LA JEUNESSE ET DES SPORTS, CHARGE DE L’INSTRUCTION CIVIQUE ET DE LA CONSTRUCTION CITOYENNE – Conseiller technique : Monsieur Djibril DANSOKO, Conseiller des Affaires étrangères. AU TITRE DU CABINET DU MINISTRE DELEGUE AUPRES DU PREMIER MINISTRE, CHARGE DES REFORMES POLITIQUES ET INSTITUTIONNELLES – Chargé de mission : Madame Nakani dite Mah Belco BADA, Spécialiste en Finances Management. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions a informé le Conseil des Ministres de l’état d’avancement de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat. En vue de la mise en œuvre du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat, un cadre institutionnel de pilotage a été fixé par le Décret n°2022-0516/PM-RM du 1er septembre 2022. Les activités ci-après sont envisagées : – des rencontres de présentation et d’appropriation du Cadre stratégique de la Refondation de l’Etat avec les représentants de la haute Administration, des
Fonction publique du Mali : Le recensement des agents a débuté le 1er septembre jusqu’en novembre prochain
Bamako, 14 sept (AMAP) Le recensement des agents de la Fonction publique de l’État et des Collectivités territoriales a débuté le 1er septembre et prendra fin le 30 novembre prochain, annonce une lettre circulaire du 31 août 2022. Selon cette lettre relative au déroulement de cette phase du projet Système intégré de gestion des ressources humaines des Fonctions publiques (SIGRH), cette opération concerne tous les agents de l’État et des Collectivités territoriales sur l’ensemble du territoire malien, dans les ambassades et les consulats. « Ce recensement cible précisément les agents fonctionnaires et contractuels de la Fonction publique de l’État, du statut général et des statuts autonomes ». Les Forces de défense et de sécurité sont exemptées. L’opération concerne, aussi, les agents fonctionnaires et contractuels des collectivités territoriales des secteurs de l’éducation, de la santé et de l’emploi et de la formation professionnelle pris en charge par l’État, à travers le système de mise à disposition. « Les enseignants des écoles communautaires (ECOM), les animateurs du Centre d’éducation pour le développement (CED), du Centre d’alphabétisation fonctionnel (CAF), du Centre d’apprentissage féminin (CAFE) et du Centre d’éducation pour l’intégration (CEI) bénéficiant des appuis financiers du budget d’État sous forme de subvention et les fonctionnaires des collectivités territoriales du cadre de l’administration générale » font également partie de la population cible de ce recensement. Les agents contractuels des collectivités territoriales payés sur ressources propres en font partie. Tout comme les agents des organismes spécialisés Établissement public à caractère administratif (EPA), Établissement public à caractère scientifique et technologique (EPST), Établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC), Établissement public hospitalier relevant de la Fonction publique de l’État. Ces populations cibles doivent renseigner la Fiche individuelle de collecte de données disponible chez leurs chefs de services respectifs. Et y joindre une copie de l’arrêté de leur intégration ou de la décision de leur recrutement, une copie de la carte Nina ou de la fiche descriptive individuelle. Et également une copie de leur extrait d’acte de naissance y compris celle de l’acte justifiant leur position statutaire. Cette phase de recensement dans le cadre du projet SIGRH a été lancée le 1er septembre dernier. « Le projet vise à lutter contre la fraude et à faire des économies sur les budgets de l’État et des collectivités. Il permettra également d’avoir une maîtrise des effectifs et de la masse salariale ». MDD/MD (AMAP)
Référendum et élections générales : Un comité de pilotage appuiera l’organisation (Officiel)
Bamako, 14 sept (AMAP) Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation sera épaulé par un Comité de pilotage du referendum et des élections générales, une structure inclusive comprenant des représentants des ministères et des partenaires pour mieux préparer les scrutins à venir, a annoncé le département en charge des élections. Le ministère de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, dans une décision en date du 12 septembre 2022 et comportant 19 articles, la fixe les missions et les prérogatives du comité qui est un cadre technique de travail et de concertation. La structure désignée «Comité de pilotage» est chargée d’assister le ministre dans ses tâches de préparation technique et d’organisation matérielle des opérations électorales relatives aux différents scrutins que le Mali s’apprête à organiser. Il s’agit de l’élection présidentielle, des élections législatives et celles des conseillers des collectivités territoriales. Ainsi que du referendum. Selon la décision, le Comité de pilotage participe « à l’élaboration des procédures et actes visant à assurer la bonne organisation des élections et la régularité des opérations électorales ; à la mobilisation des moyens humains, financiers et matériels nécessaires à la conduite du processus électoral ; à la supervision et au contrôle des activités des autorités administratives. » Le Comité de pilotage assure, également, « la conception et le suivi de la mise en œuvre des actions de formation destinées aux autorités administratives et aux agents électoraux ; la sensibilisation et la mobilisation des citoyens à l’occasion des différents scrutins ; l’acheminement du matériel et des documents électoraux ; la conception, la programmation et le suivi des actions de formation ». Dans le cadre de la sensibilisation et de la vulgarisation de ses activités, la structure élaborera un plan de communication dont la mise à exécution permettra une meilleure appropriation de l’enjeu des élections. Le Comité de pilotage, présidé par le ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, est composé des représentants des ministères en charge de l’Administration territoriale, de la Défense et des Anciens combattants, de la Justice et des Droits de l’Homme, de la Refondation de l’Etat, chargé des Relations avec les Institutions, de la Sécurité et de la Protection civile. Sont impliqués, aussi, dans cette structure les départements de la Réconciliation, de la Paix et de la Cohésion nationale, chargé de l’Accord pour la paix et la réconciliation nationale, des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, de l’Economie et des Finances, de la Communication, de l’Economie numérique et de la Modernisation de l’Administration. Le ministère délégué auprès du Premier ministre, chargé des Reformes politiques et institutionnelles a, également, son représentant. Tout comme l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Le Comité de pilotage comprend cinq commissions : la commission administration et formation ; la commission des finances ; la commission logistique ; la commission communication et la commission sécurité. Le gouvernement de la Transition se fixe comme objectif principal l’organisation d’élections crédibles, transparentes et apaisées. C’est pourquoi, les autorités ont opté pour l’approche participative. En leurs qualité d’observateurs, le directeur de la division électorale de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), les partenaires techniques et financiers du processus électoral, le représentant de la Mission de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel (MISAHEL) et l’Envoyé spécial de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) peuvent assister aux séances de travail du Comité de pilotage. NK/MD (AMAP)
Immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles : En demie teinte
Par Amadou GUÉGUÉRÉ Bamako, 14 sept (AMAP) Plus de 1.500 cartes grises délivrées sur une prévision d’au moins 15.000, quelque 9.402 personnes ont obtenu leur permis de conduire sur 11.390 candidats présentés. Tel est le bilan de la phase initiale de l’opération spéciale d’immatriculation des motocycles, vélomoteurs et tricycles et de délivrance de permis de conduire. Lancée le 15 novembre 2021, elle a pris fin le 15 août dernier. L’objectif était de créer des conditions pour que de nombreux usagers puissent se mettre en règle. A l’heure du bilan de cette phase initiale, les attentes ne sont pas comblées. Des voix s’élèvent pour demander une prolongation. Le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux, Mamadou Sow, plaide pour la prolongation jusqu’à la fin de l’année, au regard des difficultés constatées durant ces 9 mois d’activités. Beaucoup de Maliens se souviennent encore des souffrances endurées, notamment dans la cour de la Direction régionale des transports du District de Bamako, ex-Office national des transports (ONT), qui abritait l’un des trois centres d’examen de l’opération dans la capitale. Un interlocuteur anonyme, qui a obtenu son permis de conduire, raconte : «J’ai passé plusieurs mois sans obtenir la carte grise. Ils te demandent de déposer une copie de l’acte de dédouanement de l’engin et d’attendre le temps de retrouver l’original dans les archives de la douane ». « J’ai attendu quatre mois sans être appelé. J’ai changé de moto entre-temps. Il y a moins d’un mois, j’ai été voir si les choses avaient évolué mais rien de nouveau», déplore notre interlocuteur. Il regrette le non-respect par les autorités de la promesse de l’adoption de nouvelles mesures pour éviter les désagréments que causent la recherche des actes de dédouanement originaux. Si lui, comme de nombreux Maliens, s’est plié en quatre pour les avoir, d’autres ne se sont pas donnés de la peine. Tidiane, la trentenaire, fait partie de ceux-ci. «Faute de moyens», ce résident de Djicoroni-Para ne dispose ni de carte grise, ni de permis de conduire. «J’aimerais vraiment me mettre en règle, mais c’est l’argent qui me manque. Je le ferai si l’opération se prolongeait», dit cet usager qui dit avoir acheté sa première moto, il y a plus de 10 ans. DIFFICULTÉS – Faman Kéita, un autre motocycliste, explique qu’une urgence survient chaque fois qu’il décide de se mettre en règle. «Ainsi, j’utilise l’argent que j’avais mis de côté pour me procurer ces pièces», confie-t-il, l’air visiblement gêné. Ladji Sanghanta pensait, plutôt, que l’opération concernait uniquement les mototaxis et les tricycles (Katakatani). Cependant, le jeune électricien admet qu’il est bon de se mettre en règle. Le président du Syndicat national des mototaxis (Synamota) abonde dans le même sens. «Cette immatriculation permet de nous sécuriser aussi bien que nos clients. Elle empêche, également, le vol de motos. La réduction des coûts des différents documents, a été un soulagement pour nous», commente M. Traoré. Il déplore la lenteur administrative au niveau des douane et le manque d’information comme difficultés majeures, lors de cette première phase. Selon lui, la douane a, par exemple, des difficultés à délivrer aux motocyclistes le Certificat de mise à la consommation (CMC) exigé pour avoir la carte grise. « Les activités d’information et de sensibilisation devraient se poursuivre du début jusqu’à la fin de l’opération », souligne le syndicaliste, ajoutant que de nouvelles motos sont mises en circulation tous les jours. À cet égard, Adama Traoré invite les autorités à proroger l’opération jusqu’à la fin de l’année et retirer le dédouanement de la procédure d’immatriculation. « Car, pense-t-il, il constitue à ce stade le plus grand obstacle à l’accomplissement de l’opération. » En effet, lors de cette première phase, « les engins à deux roues et les tricycles sont immatriculés à 7.500 Fcfa contre 22.750 Fcfa. Et le permis de conduire coûte 5.000 Fcfa contre 15.200 Fcfa », rappelle le directeur national des transports terrestres, maritimes et fluviaux. « En la matière, l’accès au CMC est un casse-tête pour les motocyclistes », reconnaît Mamadou Sow. Cela au regard, selon lui, de la nature de l’opération. «C’est une opération spéciale caractérisée par la proposition de paiement de frais forfaitaires. Le système douanier a été vraiment ignoré parce qu’il devrait intégrer la somme de 5.000 Fcfa non prévue par les paramètres», argumente Mamadou Sow. « Durant les neuf mois d’activités, précise-t-il, 22.856 CMC ont été reçus sur la base du tarif plein contre 751 sur la base des 5.000 Fcfa forfaitaire. Au plan régional, la Région de Bougouni a délivré le plus de CMC avec 325 CMC au tarif promotionnel de 5.000 Fcfa, 212 au tarif normal. Elle est suivie, respectivement ,par San (169) et Sikasso (94). » IMPLICATION FORTE – Quant à la direction régionale des douanes du District de Bamako, « elle n’a traité aucun CMC à 5.000 Fcfa, souligne-M. Sow. Selon lui, l’implication forte et formelle de la Direction générale des douanes est nécessaire pour faire avancer les choses dans le sens souhaité. « Si un propriétaire d’engin dispose de ces documents, on est habilité à lui accorder un numéro d’immatriculation en lui fournissant une carte grise et en apposant une plaque d’immatriculation sur l’engin », soutient le directeur national. «Nous avons saisi la direction générale des douanes sur instruction de la ministre en charge des Transports pour pouvoir proroger le délai. Avec des changements, nous espérons que les usagers pourront être satisfaits», indique M. Sow. Pour ce faire, un rapport partiel a été envoyé à la hiérarchie, en attendant de finir l’élaboration du rapport final. M. Sow ajoute : «Nous avons tenu une réunion qui est allée dans le sens de la prolongation de la date de l’opération», assure-t-il. Une réunion de restitution aura lieu dès que le rapport final sera disponible. « Au cours de cette rencontre, explique Mamadou Sow, les participants décideront de proroger ou non l’opération jusqu’au 31 décembre ». En attendant, ce n’est plus l’affluence des grands jours dans la cour de l’ex-ONT. Les mouvements bruyants des conducteurs de moto venus passer leur examen de conduite a cédé la place à l’ambiance monotone ordinaire du quotidien. AG/MD
Tournoi UFOA-A U20 : Le Mali éliminé en demi-finale
Envoyé spécial Seibou S. KAMISSOKO Nouakchott, 10 sept (AMAP) Le Mali ne s’est pas qualifié pour la phase finale de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN) U20 2023, en Égypte, après sa défaite, vendredi, aux tirs au but (1-1) et (2-4 aux t.a.b) devant la Gambie, au stade Cheickha Ould Boïdiya de Nouakchott,, en Mauritanie. Cette rencontre comptait pour le compte de la demi-finale du tournoi U20 de la Zone A de l’Union des fédérations ouest-africaines (UFOA). C’est la deuxième fois consécutive, après l’édition de 2021, que les juniors maliens sont éliminés à la porte de la qualification. Pourtant, ils semblaient avoir toutes les cartes en mains pour décrocher cette qualifier. Les buts ont été signés par Amadi Camara (22è min) pour le Mali et Alieu Gibba (84è min) pour la Gambie. Après les 90 minutes au terme desquelles les deux protagonistes n’ont pu se départager, la prolongation a eu la même issue. Après la fatidique séance de tirs au but, la déception était grande dans le camp des Aiglons. SSK/MD (AMAP)
Tontine en troc : Un bon investissement
Par Fatoumata M. SIDIBÉ Bamako, 09 sept (AMAP) Une nouvelle forme de tontine, organisée autour d’articles divers comme le savon, les pagnes et même l’or, fait fureur chez les femmes. «À l’origine, la tontine est une manière pour les femmes de s’entraider ou de se rencontrer pour discuter de leurs problèmes, payer chacune une somme d’argent qu’elles octroient aux membres de l’association à tour de rôle », explique d’Awa Soumaoro, retraitée domiciliée à Sébénikoro, un quartier de Bamako, la capitale malienne. « Aujourd’hui, la tontine a beaucoup évolué et tend à devenir un vrai business entre des groupes de personnes», ajoute Awa Soumaoro Notre interlocutrice sait de quoi elle parle, elle qui a été, pendant de longues années, membre de ce qu’on appelle «Ton» en bambara. Fatoumata Diaby, dite Faty est «Ton Ba» (responsable de tontine). Elle et les autres adhérentes cotisent, depuis quatre ans, pour s’acheter de l’or. «Je fais la tontine de l’or parce que la demande est là. Cette tontine permet, par exemple d’avoir des bijoux en métal jaune qui coûtent très cher sur le marché», sourit la jeune fille qui gère un magasin de vente de bijoux en or, à Boulkassoumbougou, un quartier de Bamako. Cette femme d’affaire est membre ou responsable de plusieurs tontines. «Je fais également le business tontine qui consiste à récolter du matériel que les membres veulent vendre par exemple »,dit-elle. L’objectif est d’aider les adhérentes « à lancer leur commerce parce que ce n’est pas facile d’économiser soi-même de l’argent pour pouvoir acheter des produits ou articles nécessaires pour ce faire», explique Faty, qui précise que généralement, elle connait les membres. « Le réseau, s’empresse-t-elle d’ajouter, est ouvert à tout le monde ». «Aux personnes désireuses d’adhérer à l’association, j’exige une copie de la carte d’identité en cours de validité. La personne paie aussi une caution égale à la contribution mensuelle et signe un engagement personnel devant l’officier de police ». « Ainsi, nous pouvons avoir l’autorisation de saisir les biens des mauvais payeurs pour éponger les impayés», ajoute Faty. Concernant la tontine pour l’or, chacun paye 100 000 Fcfa par mois pour avoir l’équivalent d’un million de Fcfa en métal jaune. Celles qui payent la moitié perçoivent l’or d’une valeur de 500 000 Fcfa. «Le cours de l’or varie. Le gramme vaut actuellement 38 000 Fcfa. Le poids pour chaque membre est fonction du prix de l’or sur le marché. L’or que je vends vient de Dubaï», nous explique Fatoumata Diaby. GRAMMES D’OR – Notre interlocutrice a créé un groupe WhatsApp qui lui permet d’envoyer la photo des bijoux à celles qui en font la commande. «On passe la commande et je conduis l’intéressé à la boutique à Boulkassoumbougou pour récupérer son bijou contre une facture d’achat», précise Faty. Elle ajoute que l’objectif visé est de permettre aux femmes d’avoir ce qu’elles veulent et leur permettre de faire des investissements. La commerçante assure ne recevoir aucune rémunération en échange. Les attentes des adhérentes sont-elles comblées ? À en croire Fanta Diallo, membre de la tontine de Faty, la réponse est oui. «La tontine m’a permis d’avoir 27 grammes d’or dont une chaine, des boucles d’oreille et une bague pour ma fille qui va bientôt se marier :, dit-elle. « Sans la tontine, je ne sais pas comment j’allais obtenir un tel trésor», témoigne Fanta, sourire aux lèvres. Comme Faty, plusieurs autres femmes initient des tontines. Détentrice d’une licence en agroéconomie de l’Institut polytechnique rural (IPR) de Katibougou, Aminata Soumano est entrepreneuse. Elle tient une boutique à Hamdallaye ACI, en Commune IV du District de Bamako. «Je fais des tontines de savons, wax, draps et de basin Getzner», dit la jeune dame de 30 ans dont les activités se passent de façon virtuelle. GROUPE WHATSAPP – La date de démarrage de la tontine est annoncée en ligne via les plateformes de réseaux sociaux. «Quand les membres atteignent le nombre souhaité, je crée un groupe WhatsApp pour les répertorier. Le canal de communication établi, les membres sont informés à chaque fois qu’une personne paye sa cotisation», confie l’agronome. Elle précise que la tontine dure environ un an. La cotisation de la tontine pour les pagnes wax qui compte dix membres, est de 8 000 Fcfa, soit un montant total de 80 000 Fcfa. «Je peux avoir les pagnes à 7 500 Fcfa avec les grossistes, soit une remise de 500 Fcfa par pièce :, explique noyre interlocuteur. Les photos des adhérents sont envoyées sur le groupe. Le choix des pagnes est fait en fonction de la marque. Il y a des pagnes qui viennent de la Chine, d’Inde et de la Turquie. À leur arrivée, les pagnes sont livrés par un coursier. Et, après réception du colis, la photo est partagée sur le groupe pour permettre à tout le monde de s’assurer de l’arrivée de la commande. Pour adhérer, «il faut juste être sérieux», souligne Aminata, en précisant que la photo de chaque membre est publiée sur le groupe. Membre de la tontine, Rabia Cissé, 22 ans, avoue qu’au début elle s’en méfiait parce qu’elle ne connaissait pas l’initiatrice. «Mais la tontine de wax dont je suis membre s’est bien déroulée», confirme-t-elle assurant avoir intégré le groupe pour aider sa mère à constituer son trousseau de mariage. Fatoumata Diané est initiatrice d’une tontine de chaussures, de hijabs, d’abaya (longue robe noire portée par les femmes musulmanes) et de foulards. Elle dit avoir choisi ces articles pour faciliter l’achat de ses marchandises et fidéliser la clientèle. «J’organise cette tontine entre les étudiants de mon université. Nous sommes dix personnes. Chaque membre paye 2 000 Fcfa par semaine pour un total de 20 000 Fcfa. Libre à eux de choisir ce qu’ils veulent : hijabs, foulards, chaussures ou abaya. Elle a créé un groupe WhatsApp à travers lequel elle envoie les photos de ses marchandises pour attirer davantage les membres de la tontine, mais aussi de nouveaux clients. Et d’assurer que pour le moment, elle ne se plaint pas. FMS/MD (AMAP)
Mohamed Camara : «Monaco est un bon club pour moi»
Interview réalisée par Djènèba BAGAYOKO Bamako, 08 sept (AMAP) Arrivé en Principauté, il y a quelques semaines, l’international malien s’est déjà imposé et a conquis le cœur des supporters du club. Dans cette interview, il revient sur son transfert en Ligue 1 et affiche ses ambitions pour ses nouvelles couleurs. L’ancien joueur de l’Académie Jean-Marc Guillou et du Réal de Bamako parle, également, de la sélection nationale et se projette vers la CAN, Côte d’Ivoire 2023 AMAP : Vous avez rejoint l’AS Monaco le 14 août dernier et, déjà, vous avez 289 minutes dans les jambes. Apparemment, votre intégration a été rapide et l’entraîneur Philippe Clément vous fait confiance. MC : Tout à fait et j’en remercie Dieu. Alhamdoulilah, mon intégration a été rapide et l’entraîneur me fait confiance, pas seulement moi mais tout son groupe. Pour la petite histoire, avant mon arrivée ici, j’ai d’abord parlé plusieurs fois avec mon entraîneur Philippe Clément. C’est lui-même qui m’a expliqué le projet du club et, franchement, je le remercie du fond du coeur. C’est un Monsieur très courtois et surtout disponible pour ses joueurs. AMAP : Vous attendiez-vous à effectuer votre première apparition comme titulaire contre le PSG (1-1) après votre entrée en cours de jeu contre Lens ? Peut-on dire que vous avez conquis le cœur des supporters de la principauté de Monaco lors du choc contre les Parisiens ? MC : En toute humilité oui. J’ai été honoré par ma première titularisation sous mes nouvelles couleurs de la meilleure des manières. C’était ma première titularisation contre le PSG qui est une très belle équipe. Après le match, j’ai été surpris de voir que j’ai été élu Homme du match avec 51% des voix par les supporters monégasques. C’est d’ailleurs mon premier titre d’Homme du match cette saison et c’est ma première titularisation. J’ai beaucoup aimé ce choc contre le PSG, quelques duels que j’ai eus avec Mbappé, Neymar et surtout Messi qui est un grand joueur. Cela a été un honneur de pouvoir jouer sur la même pelouse que lui. Après le match, j’ai été beaucoup applaudi par les supporters et même une partie des supporters du PSG. Pour le début, tout se passe bien et j’espère que les choses resteront ainsi jusqu’à la fin de mon contrat avec l’équipe. Je remercie mes coéquipiers pour l’amour et l’affection qu’ils me portent depuis que je suis là. AMAP : Vous venez du RB Salzbourg avec lequel vous avez été trois fois champion d’Autriche (2020, 2021 et 2022). Qu’est-ce qui vous a motivé à venir en France et quelles sont vos ambitions avec l’équipe de la Principauté ? MC : Tout d’abord, j’ai été convaincu par le projet de Monaco. Comme je l’ai dit plus haut, c’est l’entraîneur Philippe Clément qui m’a expliqué le projet du club et m’a dit ce que je pouvais apporter à l’équipe. Ici, c’est l’endroit parfait pour moi. Je vais pouvoir continuer ma progression dans un cadre propice. Les infrastructures sont magnifiques. Tout est professionnel et toutes les conditions sont réunies pour réussir. De toute façon, on ne peut pas dire non à l’AS Monaco. C’est l’un des plus grands clubs français. Mon ambition est de réaliser quelque chose avec l’équipe aussi bien en Ligue 1, qu’en Ligue Europa. Nous avons un effectif de qualité, c’est à nous de nous donner à 100% pour aller le plus loin possible dans ces deux compétitions. Cette année, nous allons donner tout pour obtenir une meilleure place en championnat. AMAP : Est-il vrai que vous étiez courtisé également par Leed United en Premier league anglaise ? MC : Je ne peux répondre à cette question. Tout ce que je peux dire, c’est que plusieurs clubs me voulaient dans leur effectif. C’est Dieu qui a fait que je sois ici à Monaco et je suis content et fier pour cela. AMAP : Aujourd’hui, vous allez affronter en Ligue Europa l’Étoile Rouge de Belgrade de votre coéquipier en sélection nationale, Kalifa Coulibaly. Comment voyez-vous ce match ? MC : Pour le match de ce soir contre l’Étoile Rouge de Belgrade, je m’attends à une grande rencontre. Nous sommes prêts pour le match et l’entraîneur est en train de tout mettre en œuvre pour que nous puissions faire un grand match. InchAllah, ce sera le cas. Nous disposons de tous les moyens pour y parvenir, il suffit de croire en nous et de continuer à bosser durement pour avoir les trois points. L’objectif de Monaco est de remporter le plus de matches possibles dans cette Ligue Europa et d’essayer de sortir de la phase de groupes. Pour nous joueurs, l’équipe est mieux armée que la saison passée. Nous partons en Serbie confiants et surtout déterminés à revenir à la maison avec un bon résultat. Nous sommes conscients que toutes les rencontres seront difficiles, mais avec des supporters qui peuvent se montrer bouillants et passionnés, nous sommes optimistes. AMAP : Nombre d’observateurs estiment que le PSG, avec sa pléiade de stars, est imbattable en France et fait partie des favoris de la Ligue des champions d’Europe ? Qu’en pensez-vous ? MC : Oui, le PSG fait partie des favoris de la Ligue des champions d’Europe mais nous, aussi, on a notre mot à dire en Ligue 1 et en Ligue Europa. Nous sommes plus qu’engagés pour terminer à une place honorable. Les dirigeants sont en train de tout mettre en place pour que nous puissions faire une bonne campagne en Europa League. Comme les Parisiens en Ligue des champions d’Europe, nous visons également le titre continental cette année. AMAP : Parlons maintenant de l’équipe nationale. Le Mali court toujours derrière son premier titre africain chez les seniors. Selon vous, qu’est-ce qui explique cette longue disette qui tranche avec les multiples sacres des sélections nationales de catégorie d’âge sur l’échiquier continental ? MC : Je ne suis qu’un simple joueur de football et je ne peux me prononcer sur la longue disette à laquelle vous faites allusion. Mon rôle est de jouer et d’apporter

