Familles recomposées: La « cohabi-tension »

Par Rokiatou TRAORE Bamako, 13 mai (AMAP) Un quartier périphérique de Bankoni. Une famille recomposée : le couple a vécu une ou plusieurs expériences antérieures de mariages . La famille n’est pas très aisée. Ses membres habitent, quand même, dans leur propre maison. Des orphelins de mère, depuis leur prime enfance, vivant avec leur père seul. Après le remariage de leur père, ils partagent aujourd’hui leur quotidien avec une nouvelle maitresse de maison que le père a épousée pour combler le vide laissé par la défunte première femme.  La nouvelle, à son arrivée, a installé une toute autre ambiance dans la famille. Les petits orphelins, dans une atmosphère de terreur, vivent un calvaire depuis que cette belle-mère a mis pied dans la maison. Et, les choses vont de mal en pis, depuis que l’ainé de la famille s’est marié. La femme de ce dernier, supposée être une belle-fille, est devenue une rivale, une co-épouse pour madame. Elle voit en elle la défunte épouse de son mari. Et bonjour les querelles, tout le temps, et pour tout. Elle n’hésite pas à se saisir de son souffre-douleur jusque derrière son mari, dans leur lit conjugal, pour la frapper. Il y a de cela quelques mois, l’ainé de la famille, qu’on surnomme Damba, est rentré du marché pour se reposer, après une journée très chargée et harassante. Avec sa jeune femme, dans l’intimité de leur chambre. C’est là que la belle-mère fait irruption. Elle se met à battre la jeune femme avec un gros bâton. Sans raison apparente. Surpris, Damba est resté sans réaction comme figé par le geste. Il ne put s’interposer. Il sortit de sa chambre, laissant sa femme subir le courroux de la marâtre. Celle-là, une fois qu’elle a fini de battre sa belle-fille, ressortit de la chambre, des insultes grossières à la bouche.  Le garçon rentra se recoucher, l’appétit coupé et demanda à sa femme d’en faire autant, sans lui poser de questions sur ce qui venait de se passer. Toute la scène s’est déroulée, en présence du chef de famille, le père de Damba et l’époux de la marâtre dont nous tairons le nom. Il n’a pipé mot, ne serait-ce que pour prouver qu’il n’est pas sous l’emprise de sa femme.  A la mort du chef de famille, il y a quelque temps, Damba est devenu chef de famille. Les choses pourront changer. Cette famille est loin de faire exception. La cohabitation, dans les familles recomposées, notamment maliennes, est plus proche de la « cohabi-tension » alimentée par l’attitude de certaines belles-mères qui veulent s’imposer au couple. Rendant ainsi, la vie de foyer très compliquée surtout dans ces familles recomposées. Certaines belles-filles vivent le calvaire, victimes d’agression par leur belle-mère ou belles-sœurs. Ces dernières ont tendance à vouloir tout contrôler, tout gérer en «vraie maitresse des lieux».  À Quinzambougou, la belle-mère de Kadi ressemble à ces vieilles dames qui ont un droit de regard sur tout ce qui se passe dans la famille. Jeune dame, Kadi vit avec son mari dans la famille maternelle de ce dernier. Alassane, son époux, enfant unique, a perdu sa maman depuis sa tendre enfance. Son père, sans moyens financiers, décide le confier à grand-mère maternelle pour pouvoir s’occuper de lui-même. Quelque temps après, le père d’Alassane rencontre une veuve qu’il épouse. Devenu réparateur, le fils, lui, épouse Kadi, des années plus tard. Alassane décide que son épouse se rende, tous les jours, au Bankoni pour faire la cuisine pour son père et sa belle-mère qui n’ont pas eu d’enfants. En épouse dévouée, Kadi quitte Quinzambougou, tous les matins, pour se rendre à pieds au Bankoni. Faute de ressources.  Là-bas, la belle-mère l’accueille avec insultes et reproches. Aussitôt arrivée, elle doit se rendre au marché. Pour une famille de six membres, « la popote » varie entre 500 et 750 Fcfa pour acheter du riz, du charbon de bois et autres condiments. Le chef de famille ne travaille plus en raison de son âge avancé. Sa femme, elle, vend du savon au marché. Il arrive, souvent, que Kadi arrive en retard. Gare à elle si le repas n’est pas prêt à midi. La belle-mère qui revient du marché à cette heure-là, ne se privera pas de la sermonner. Elle l’insulte de père et de mère. La jeune épouse se souvient : «Un jour, ma belle-mère est revenu du marché avec son amie. Le repas n’était pas encore prêt. Elle m’a insulté de mère. Ce jour-là, je lui demandé de ne plus jamais insulter mes parents. Elle est venue se planter devant moi et l’a refait. Je n’ai rien dis. Elle et son amie ont passé toute cette journée à me bouder.»  Kadi a enduré cette situation durant deux ans. Sa délivrance n’est arrivée qu’après la mort de sa belle-mère, il y a près d’un an. Depuis, elle prépare de chez elle et apporte à manger à son beau-père « qui me comprend », témoigne-t-elle.  Contrairement à Kadi, Aïcha vit dans sa belle famille mais craint de se faire répudier à cause de l’autre épouse de son beau père. Cette dernière est déjà arrivée à mettre dehors sa co-épouse (la mère de l’époux d’Aïcha). Elle tente d’obtenir de son mari l’expulsion du jeune couple du domicile. Convaincue que son beau père ne pourra résister à la pression de sa femme, Aïcha craint de se retrouver dehors avec son mari qui «n’a pas de travail fixe pour le moment ». « On ne pourra pas tenir, c‘est sûr», pense-t-elle.        Le sociologue Dr Brema Ely Dicko explique qu’une famille recomposée comprend un couple d’adultes, mariés ou non et, au moins, un enfant né d’une union précédente de l’un des conjoints. Consécutives à des décès, ces unions passaient par le remariage d’un veuf ou d’une veuve. « Jusqu’à la seconde guerre mondiale, elles étaient rompues par la mort d’un des deux conjoints alors qu’aujourd’hui la cause principale des ruptures est le divorce (ou la séparation dans les couples non mariés)», poursuit le sociologue. Les recompositions familiales concernaient, autrefois, des orphelins, qui trouvaient

Sikasso : Les boulangers en grève illimitée

Sikasso, 13 mai (AMAP) Depuis la veille de la fête de ramadan, le prix de la baguette du pain a augmenté à Sikasso. La baguette qui était cédée aux consommateurs à 125F (125g) se vendait à 150F ; celle de 250g qui coûtait 250F est vendue à 300F. C’est suite à cette flambée que l’équipe de contrôle de la Direction régionale du commerce et de la concurrence (DRCC) a sillonné, mardi dernier, les différentes boulangeries afin d’y afficher de façon rigoureuse les prix plafonds du pain. C’est cette action qui a déclenché la grève illimitée des boulangers de la ville. Il est 8 heures à la Boulangerie Hawa Sy (BHS). La cour, complètement vide, démontre l’engagement sans faille des boulangers à poursuivre leur mot d’ordre de grève. Pour ce premier jour de grève, on constatait seulement la moto du gérant adjoint de ladite boulangerie et des clients mécontents qui ne cessaient de faire des va-et-vient. Selon l’adjoint du gérant de la boulangerie BHS Idrissa Berthé, la DRCC et les propriétaires des boulangeries sont en mésentente à cause de l’augmentation du prix du pain. « Hier soir, l’équipe de contrôle de la DRCC et la police sont venues s’imprégner du prix du pain de 125g. Quand on les a informés qu’on cédait à 150F, ils nous ont soulignés que cela n’était pas le prix de l’Etat. C’est après cela qu’ils ont affiché les prix plafonds du pain devant notre boulangerie », a affirmé M. Berthé avant de préciser que leur flambée est due à l’augmentation du prix du sac de 50 kg de la farine, 25 500F au lieu de 20 250F. Au passage de notre équipe de reportage à la boulangerie moderne de Wayerma ou encore ‘’ Show ka boulangerie’’ c’était le scandale. La cliente qui n’a pas trouvé de pain s’exprimait ainsi à l’endroit des boulangers : « Walaye aw ya tognon bi dè, anw te yafama » signifiant en français « Vous nous avez vraiment fait du mal aujourd’hui, on ne vous pardonnera pas ». Les clients ont passé la journée à sillonner les boulangeries en quête du pain. Du point de vue du président de l’Association des consommateurs de Sikasso (ASCOMA), Jean Louis Koné, les boulangers ont augmenté de façon unilatérale le prix du pain. « Ils n’ont même pas informé les consommateurs », a-t-il affirmé. Il soutient que face à la situation, l’ASCOMA a adressé une correspondance aux autorités régionales pour que la loi soit appliquée. Pour le président du syndicat des boulangers de Sikasso, Boubacar Yara, c’est compte tenu de l’augmentation du prix du sac de la farine que les boulangers ont décidé d’augmenter le prix du pain depuis la fête du ramadan. « On s’était entendu avec la DRCC que 15 jours après la fête, on allait s’entretenir avec les responsables impliqués afin de trouver la solution. C’est avant la fin de ce délai que le DRCC nous a convoqué mardi», c’est pour cela que les boulangers ont entamé une grève à partir du mardi (minuit) et ce, jusqu’à nouvel ordre. Le DRCC a apporté un démenti. Selon lui aucun accord ne s’était passé entre lui et le syndicat des boulangers sur une éventuelle augmentation du prix du pain. Pour le directeur de la DRCC, Sekou Bougadar Fofana, les prix indicatifs plafonds de vente en gros et au détail sont fixés par l’arrêté n° 2022-0865/MIC-SG du 6 avril 2022. La miche de 250g ou encore le gros pain est vendu à 270F, miche de 125g ou encore le petit pain est cédé à 135F. M. Fofana a affirmé que c’est le dernier vendredi avant la fête qu’ils ont été informés de l’augmentation du prix chez un boulanger. « Sur place, nous avons constaté la véracité des faits et l’intéressé avait même établi un acte pour contredire les prix indicatifs plafonds », a-t-il indiqué, ajoutant que cet acte va à l’encontre de l’arrêté du ministre. C’est une violation de la réglementation. C’est pour cela que nous avons ordonné de fermer la boulangerie de celui qui a signé l’acte. L’intéressé a brisé nos serrures. Nous avons rendu compte au gouverneur qui nous a dit d’attendre après la fête. Hier, c’est l’exécutif régional qui nous a donné le feu vert pour la poursuite des actions mais conformément à la réglementation. Les pourparlers sont toujours en cours entre la DRCC et le syndicat des boulangers afin de trouver un terrain d’entente. MD/KM (AMAP)

L’ambassadeur de l’Union européenne à Bamako, Bart Ouvry : « Partager avec le Mali les espoirs et les ambitions pour l’année à venir»

Bamako, 12 mai (AMAP) «Il convient de ne pas forcément regarder dans le rétroviseur mais de partager avec le Mali les espoirs et les ambitions pour l’année à venir», a déclaré, mardi, l’ambassadeur résident de l’Union européenne (UE) au Mali, Bart Ouvry.  M. Ouvry, qui s’exprimait lors d’une réception à sa résidence, en commémoration du 9 mai, Journée de l’Europe, a ajouté  que c’est, aussi, « une occasion de célébrer le partenariat de solidarité et d’amitié entre l’UE et le Mali ».  En présence du ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, et de plusieurs autres personnalités maliennes, le diplomate européen a dit espérer que les Maliens retrouvent « les moyens de mieux vivre ensemble ». « C’est pourquoi l’UE au Mali soutient des initiatives de médiation, la montée en puissance de la société civile, la formation des jeunes dans une école politique et les médias (les blogueurs) », a-t-il expliqué.  L’ambassadeur européen  a, ensuite, souhaité que le  Mali  renoue des relations constructives avec la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO). Bart Ouvry s’est dit convaincu que le pays a besoin de tous les appuis possibles, y compris des pays de la Région. «Il me semble qu’un accord est à portée de main», a-t-il laisse entendre.  Et de prôner la poursuite des actions des Forces de sécurité maliennes avec l’appui de la Mission de formation de l’Union européenne au Mali (EUTM) et Eucap Sahel.  De plus, le diplomate européen espère que l’UE pourra continuer à créer des infrastructures nécessaires au bon fonctionnement des Forces de sécurité.  Pour le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, la journée du 9 mai est une opportunité pour le Mali « de réfléchir sur ce que représentent l’union, l’unité, l’intégration, le brassage économique des populations qui font de l’Europe une force mondiale ».  Abdoulaye Diop a rappelé que les difficultés que le Mali traverse « sont le témoignage de la volonté de voir un certain nombre de choses changer ». « Les difficultés avec nos voisins, a-t-il dit, sont très éphémères par rapport à notre trajectoire historique ». Selon le chef de la diplomatie malienne, « en dépit des difficultés que nous avons entre nos Etats, les peuples ne sont pas mêlés à ces problèmes ». « Toute chose qui,  selon lui, représente un motif d’espoir pour notre pays ». Le ministre Diop a donné l’assurance que le Mali continuera « à travailler dans le sens de la modération, de la compréhension entre Maliens d’abord et, ensuite, avec ceux qui sont autour de nous ». Il a affirmé que « notre pays continue également le dialogue avec la CEDEAO et  le reste de la communauté internationale ». « Ce que nous souhaitons, c’est juste qu’on puisse avoir plus de compréhension de la complexité de ce qui se joue dans ce pays, de la succession des crises que nous traversons. Mais, aussi de la grande résilience de ce peuple qui ne demande qu’à être accompagné et non à se voir dicter ses choix », a-t-il plaidé.  Il a ajouté qu’ « il nous faut, aussi, trouver les moyens entre Maliens de se rassembler pour pouvoir avancer ensemble ». « Mais, aussi, a souhaité le chef de la diplomatie malienne, que les partenaires, qui ont, aussi, historiquement joué des rôles pour la construction de notre pays et de notre armée puissent continuer à être avec nous ». « Le Mali n’est pas fermé, ne rejette pas ses partenaires et n’est pas fâché avec le monde. Mais, le Mali et son peuple ont une vision du monde,  de leur propre pays, souhaitant que les autres prennent le temps d’écouter, de comprendre et de pouvoir accompagner », a clarifié Abdoulaye Diop.  MK/MD (AMAP)

Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 11 mai 2022

Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 11 mai 2022, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’État.Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : – adopté des projets de texte ; – procédé à des nominations ; – et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES . Sur le rapport du ministre de l’Économie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : a. un projet de décret portant approbation du marché relatif au recrutement d’un consultant pour la fourniture de services d’audit des mines d’or en activité au Mali. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement Iventus Mining et Mazars Sénégal pour un montant toutes taxes comprises de 997 millions 762 mille 705 francs CFA et un délai d’exécution de cent vingt (120) jours.  La réalisation de cet audit permettra au Gouvernement d’avoir plus de visibilité sur les ressources minières en vue d’une meilleure planification pour améliorer les revenus potentiels.Le marché est entièrement financé par le budget national sur l’exercice budgétaire 2022. b. un projet de décret portant approbation de l’avenant n°1 au marché relatif au recrutement d’un bureau pour la réalisation des études de bathymétrie et de topographie pour le compte du Projet de Réhabilitation Economique et Environnementale du Fleuve Niger. Le marché a été conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le Groupement DN&T SINTEGRA-SID INGENIEUR CONSEIL. Le présent avenant intervient pour changer le chef de file du groupement et le numéro du compte bancaire devant recevoir les paiements dus au consultant au titre du marché.Il est sans incidence sur le montant et sur le délai d’exécution du marché initial. 2. Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités de confection, d’organisation et de fonctionnement du cadastre, d’enquêtes foncières et d’évaluation immobilière. Le Gouvernement a initié en 2016 la réforme domaniale et foncière suite aux états généraux du foncier tenu, du 7 au 12 décembre 2009. L’objectif de la réforme est de refonder les rapports sociaux en vue d’asseoir la paix et la stabilité sociale, de mettre la terre au service du développement, d’appuyer la bonne gouvernance de l’État et de lutter contre la spéculation foncière.  Cette réforme a abouti à l’adoption de l’Ordonnance n°2020-014/PT-RM du 24 décembre 2020, modifiée, portant loi domaniale et foncière qui prévoit qu’un décret pris en Conseil des Ministres fixe les modalités de confection, d’organisation et de fonctionnement du cadastre, d’enquêtes foncières et d’évaluation immobilière.Le cadastre, état civil de la propriété foncière, assure la garantie de la propriété foncière et sert de base aux grands travaux d’aménagement du territoire. Il a pour but de confectionner les documents administratifs et les plans en procédant : – au recensement de toutes les propriétés foncières ; – à la reconnaissance et la définition de leurs limites ; – à la constatation de leur mise en valeur ; – et à leur évaluation en vue de l’assiette fiscale foncière. L’adoption du présent projet de décret permet de combler les insuffisances du cadre règlementaire actuel en apportant plusieurs innovations, notamment : – la prise en charge des fichiers numériques dans la documentation cadastrale ; – la normalisation des échelles et des feuilles des documents graphiques cadastraux ; – la réglementation des modalités et des conditions d’accès aux données du cadastre, des enquêtes foncières et de l’évaluation immobilière. 3. Sur le rapport du ministre des Affaires Religieuses, du Culte et des Coutumes, le Conseil des Ministres a adopté : a. un projet de décret fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la Maison du Hadj ; b. un projet de décret fixant les conditions d’organisation du pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. Le Pèlerinage est l’un des cinq piliers de l’Islam dont l’accomplissement est obligatoire pour tout musulman qui remplit les conditions fixées en la matière. L’organisation du Hadj avait toujours été assurée par le Gouvernement avant son ouverture à partir de 1999 aux agences de voyage privées compte tenu du nombre de pèlerins sans cesse croissant d’année en année. Les rapports des différentes missions de contrôle ont révélé des difficultés dans l’organisation du Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. Pour pallier ces difficultés, le Gouvernement a adopté l’Ordonnance n°2022-012/PT-RM du 1er avril 2022 portant création de la Maison du Hadj avec pour mission d’assurer l’organisation et la gestion du Pèlerinage aux Lieux Saints de l’Islam. L’adoption des présents projets de décret permet de mieux encadrer l’organisation du Pèlerinage et à la Maison du Hadj de jouer pleinement son rôle. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des Ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DE LA PRIMATURE : – Contrôleurs des Services Publics Monsieur Chaka BAGAYOKO, Inspecteur des Finances ; Madame SANOGO Djéneba M. DIARRA, Administrateur civil, Membre du Corps préfectoral ; Commissaire Divisionnaire de police Luc KONE ; Monsieur Seydou KONATE, Inspecteur des Finances ; AU TITRE DU MINISTERE DES AFFAIRES ETRANGERES ET DE LA COOPERATION INTERNATIONALE : – Chef de Cabinet Monsieur Amadou MACINA, Juriste ; – Chargé de mission Monsieur Cheick Ahmed Tidjane SYLLA, Informaticien. AU TITRE DU MINISTERE DE L’ARTISANAT, DE LA CULTURE, DE L’INDUSTRIE HOTELIERE ET DU TOURISME : – Directeur Général du Centre National de Cinématographie du Mali Monsieur Fousseyni MAIGA, Journaliste réalisateur. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS 1. Le Ministre de la Sécurité et de la Protection civile a informé le Conseil des Ministres des enquêtes en cours suite à l’assassinat de madame Ramata TOGOLA, directrice du premier cycle B du groupe scolaire de Kangaré, à Selingué dans la matinée du 29 avril 2022. L’enquête a permis l’interpellation de trois suspects. Le Gouvernement rassure les populations que tout sera mis en œuvre pour élucider les faits et traduire les responsables devant la justice.

Quatre militaires maliens tués dans l’explosion d’une mine à Djenné (Centre) 

Bamako, 12 mai (AMAP) Quatre soldats des Forces armées maliennes (FAMa) sont décédés et un autre blessé, mercredi, après que leur véhicule a sauté sur un Engin explosif improvisé (EEI) à Djenné, dans la Région de Mopti (Centre).  « Un véhicule d’une unité FAMa en patrouille dans le secteur de Djenné a sauté sur un Engin Explosif Improvisé (EEI). C’était ce matin aux environs de 08h54 faisant 04 morts et 01 blessé côté FAMa », a annoncé l’état-major major général des armées dans un tweet mercredi soir.  Dans le même message, l’état-major « présente ses condoléances aux compagnons d’armes et familles des victimes et souhaite prompt rétablissement au blessé ». MT/MD (AMAP)

Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara : «La montée en puissance des FAMa est une réalité ».

Bamako, 11 mai (AMAP) Le ministre de la Défense et des Anciens combattants, le colonel Sadio Camara, invité de l’émission «Mali Kura tassira» de la Télévision nationale a évoqué, mardi, les efforts engagés par le Mali dans la lutte contre le terrorisme, la présence des instructeurs russes aux côtés de l’Armée et la dénonciation par le gouvernement des accords de défense avec la France. « Déterminées qu’elles sont, les Forces armées maliennes (FAMa) viendront un jour à bout du terrorisme », a estimé le colonel Camara. Selon lui, « l’espoir collectif est dopé par les succès opérationnels obtenus grâce à un engagement politique qui a permis d’équiper notre Armée en moyens adéquats ». Aujourd’hui, les soldats peuvent, pour emprunter un langage militaire, «dégager et bomber le torse». Le ministre de la Défense et des Anciens combattants ne peut que s’en enorgueillir. Invité de l’émission «Mali Kura tassira», le colonel Sadio Camara a, trente minutes durant, évoqué la situation sur le terrain, les efforts déployés pour réqualifier notre outil de défense, les relations avec nos partenaires, les allégations de bavures et les perspectives.  Cette émission verra passer chaque membre du gouvernement devant la presse pour exposer son action. Sans doute, le ministre de la Défense et des Anciens combattants était l’un des plus attendus, car sa charge constitue l’une des priorités de l’action gouvernementale. Le phénomène terroriste a en effet ébranlé le pays, corseté son développement et mis en lambeau le tissu social. Cela, pendant des années et malgré la présence des troupes françaises. Aujourd’hui, a rassuré l’invité du jour, la situation est «sous contrôle». Le colonel Camara est revenu sur les progrès grâce à la dynamique offensive enclenchée par les FAMa. On y retiendra la déstructuration de la chaîne logistique de l’ennemi et la destruction de « plusieurs de ses bases». Des faits attestent cette évolution positive, comme le retour massif de «déplacés et de réfugiés dans leurs localités». Ainsi, les FAMa, «mieux équipées grâce à la vision du président de la Transition », répondent aux aspirations des populations. Au sujet des efforts consentis, le ministre Camara a souligné et apprécié le sacrifice du peuple malien qui a «accepté que d’autres priorités soient abandonnées pour équiper nos forces».  Cette attention collective à l’endroit des FAMa fait qu’elles sont désormais plus autonomes. Il y a quelques mois, elles dépendaient de certains partenaires en termes d’appui feu et pour l’évacuation des blessés. Actuellement, ces manœuvres sont convenablement accomplies par nos « propres aéronefs», a dit le ministre avec fierté. Et d’ajouter que nos forces « détiennent désormais l’initiative sur le terrain. Elles traquent l’ennemi jusque dans son dernier retranchement ».   PARTENARIAT FÉCOND – Mais combien de francs Cfa ont coûté ces équipements au contribuable malien ? La question se pose au sein de l’opinion nationale. S’il n’a pas donné de chiffres, le ministre Camara a indiqué que le « prix du matériel que nous achetons est connu». Mieux, dès la fin de cette première opération d’acquisition, les montants mobilisés seront dévoilés. En attendant, il est connu que ces moyens sont acquis dans le cadre d’un partenariat fécond avec la Russie. Avec Moscou, Bamako entretient une relation diplomatique « franche », basée sur le respect mutuel. Et cela ne date pas d’hier.  A juste titre, le colonel Sadio Camara a rappelé que dès 1960, la Russie avait envoyé des centaines d’instructeurs et de conseillers pour aider le Mali à organiser son administration, son armée. C’est ce partenariat que les nouvelles autorités ont rédynamisé et, « aujourd’hui, en plus des précieuses compétences acquises par nos pilotes, l’expertise des Russes a permis de remettre en état d’usage certains matériels (blindés) que l’on croyait irrécupérables ».  Aussi, le ministre Camara a précisé que les «instructeurs russes ne participent pas au combat aux côtés des FAMa». Démentant ainsi une allégation distillée par la France qui ne se prive pas non plus de charger nos forces, régulièrement accusées de commettre des exactions sur les civils. Comme à Gossi, où un charnier a été découvert après, justement, le départ de Barkhane. Le ministre Camara s’en remet à la justice, mais il a fait remarquer que «l’état de putréfaction avancée des corps exclut toute implication des FAMa». Le Mali a dénoncé les accords de défense avec la France. Certains, estimant que l’ancienne puissance n’obéira pas aux injonctions de Bamako, évoquent de possibles affrontements entre les FAMa et les forces françaises sur le terrain. Le colonel Sadio Camara a rassuré : «Nous ne sommes pas dans cette logique. Nous avons sensibilisé pour éviter, dans la mesure du possible, tout incident ».  Les Maliens caressent encore de vastes espérances. Raison pour laquelle cette dynamique positive sera maintenue et par conséquent, a annoncé Sadio Camara, « les autorités continueront à équiper, former et améliorer les conditions de vie des soldats ». Il revient aux populations de continuer à les soutenir et éviter des actions tendant à saper le moral de la troupe, très déterminant pour l’opérationnalité des unités.   ID/MD (AMAP)

Gao : Succès du tissu artisanal « Dali Fini »

Par Abdourhamane TOURE Gao, 11 mai (AMAP) A Gao, la Cité des Askia, dans le Nord du Mali, les commerçants n’arrivent plus à satisfaire la forte demande du pagne «Dali fini». Le pagne «Dali fini» en langue nationale Bamanan est un tissu artisanal en coton tissé par nos artisans. Ce tissu est originaire de la Région de Ségou. Si dans notre pays on l’appelle «Dali fini», au Burkina, c’est le «Faso fani». Actuellement, il est très prisé sur le marché de Gao. Ce regain d’intérêt pour le made in Mali peut être attribué au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga qui porte constamment ce tissu.  À Gao, s’en vêtir est devenu un phénomène de mode. «Je vendais avant ce tissu «Faso fani» et pouvais passer des mois sans en écouler le moindre mètre. Mais depuis que le Premier ministre le porte, les clients se sont ruées là-dessus. Malheureusement, il y a une rupture», explique la commerçante Hawa Traoré, originaire du Burkina Faso. Elle dit avoir beaucoup de commandes non encore satisfaites.  «J’achète mes tissus au Burkina Faso à trois endroits différents, notamment chez les revendeurs, les tisserands et au niveau des associations féminines burkinabè. Souvent, j’achète 2 pagnes à 6.000 Fcfa et les revends à 15.000 Fcfa. Il y a aussi un autre motif dont les 2 pagnes coûtent 18.000 Fcfa. On revend ce modèle à 25.000 Fcfa», explique la commerçante.  La clientèle de Hawa Traoré est majoritairement constituée de femmes qui en achètent pour leurs époux, en guise de présents. Ce tissu a une valeur culturelle ancestrale parce quon le retrouve dans le trousseau de mariage. Mais, la différence réside dans le motif choisi en fonction des ethnies. Au Mali, le «Dali fini» est produit dans les Régions de Koutiala, Ségou, Sikasso et Bamako. «Même avec toutes ces productions, on n’arrive pas à satisfaire les commandes, autrement dit à approvisionner le marché suffisamment»,  confie un responsable du Centre de développement artisanal des textiles. Selon lui, ce tissu coûte 4.000 Fcfa l’unité à Bamako, la capitale, alors qu’à Gao, les trois pagnes sont cédés à 25.000 Fcfa. Dans la boutique de la société Adama Maïga et Frères, on trouve des pagnes de toutes les qualités (wax, bogolan) à l’exception du «Dali fini» ou «Faso fani». Le gérant de la société, Modibo Kane Maïga, oriente les clients qui cherchent  le «Dali fini» vers la commerçante Hawa Traoré. Mme Sidibé Kadia Maïga, fraichement mariée, confie être venue chez «Maïga et Frères» pour acheter du bogolan parce qu’elle a déjà dans son trousseau de mariage trois pagnes de «Dali fini». L’opérateur économique Albouhari Alhousseini déclare que s’habiller avec du «Dali fini» est une reconnaissance des efforts de nos cultivateurs, mais aussi un acte de panafricanisme et d’affirmation de l’indépendance du Mali. Quant à l’enseignant à la retraite, Youssouf Maïga, il estime que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, assure bien la promotion du Made in Mali, avant d’ajouter : «Si nous voulons notre souveraineté, nous devons consommer ce que nous produisons». Le directeur régional de l’artisanat de Gao, Sékou Diakité, relève qu’hier le «Dali fini» n’était pas à la portée de tout le monde parce que, selon lui, c’était le mode vestimentaire des plus nantis. Aujourd’hui, il est accessible à tous. Il recommande aux autorités de développer des industries textiles pour davantage vulgariser ce tissu. AT/MD (AMAP) 

Mali-CEDEAO : l’OCI plaide pour un compromis

Bamako, 11 ami (AMAP) L’Organisation de la coopération islamique (OCI) plaide pour un compromis «respectable de la dignité et de la souveraineté du peuple malien», a déclaré l’Envoyé spécial du secrétaire général de l’OCI pour l’Afrique, Pr Nassirou Bako-Arifari. Le Pr Bako-Arifari, a sa sortie d’une audience, mardi,  avec le président de la Transition au Mali, le colonel Assimi Goïta, au palais de Koulouba.  a indiqué c’est cela la base de la résolution de la crise entre le Mali et la Communauté économique des états de l‘Afrique de l’Ouest (CEDEAO  Pr Nassirou Bako-Arifari était porteur d’un message de soutien du secrétaire général de l’OCI au chef de l’Etat et du peuple malien en ces périodes de crise multidimensionnelle, marquée par des sanctions de la CEDEAO et de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA).  L’OCI, selon son émissaire, « considère le Mali comme un Etat pivot et essentiel en ce qui concerne l’islam ainsi que la stabilité et la sécurité, de façon générale, de la Région du Sahel et de l’ensemble de l’espace CEDEAO ».  BD/MD (AMAP)

Santé : Sikasso sensibilise sur le RAMU

Sikasso, 11 mai (AMAP) La cérémonie d’ouverture des journées d’information et de sensibilisation sur le Régime d’assurance maladie universelle (RAMU) a été présidée lundi par le représentant du gouverneur de région, Moussa Diallo, a constaté l’AMAP. C’était en présence des autorités administratives et politiques, les responsables des services régionaux, du conseiller technique de la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) également chargé du RAMU, Seriba Traoré, du directeur régional de la santé, Dr Dramane Traoré, du représentant du maire de la commune urbaine de Sikasso, Adama Ballo et de nombreux agents de la santé de Sikasso. Il s’agissait, entre autres, d’assurer une large diffusion du RAMU afin que toutes les parties prenantes, surtout les partenaires sociaux, soient les plus impliquées possibles dans le processus de mise en place de la réforme de l’assurance maladie dans le cadre de l’extension de la protection sociale et à disséminer les textes instituant l’assurance maladie universelle et expliquer la démarche qui a abouti à la bascule de l’Assurance maladie obligatoire (AMO) vers le RAMU. Le représentant de l’exécutif régional a saisi l’occasion pour rappeler que la mise en place des différents dispositifs de protection sociale (l’AMO, le Régime d’assistance médicale(RAMED) et les mutuelles sociales) a pour but essentiel de faciliter l’accès aux soins de santé de qualité aux différents assurés ainsi que leurs ayants droit. « Mais aujourd’hui, force est de reconnaitre que malgré les résultats enregistrés à travers les différents dispositifs de protection sociale, beaucoup de maliens demeurent sans aucune couverture sanitaire » a- t-il ajouté. « C’est face à ce défi que notre pays, par la loi n°2018-074 du 31 décembre 2018, a institué le RAMU en République du Mali. Ceci permettra de prendre en compte l’ensemble des couches sociales en matière de couverture sociale », a expliqué Moussa Diallo qui précise que le processus d’institution du RAMU a plus de 5 ans. Pour le représentant du gouverneur, il est maintenant à sa phase de mise en œuvre effective avec son lancement officiel prévu courant 1er semestre 2022. Il a enfin, exhorté les participants à une écoute attentive de la rencontre afin d’avoir une meilleure appropriation des différents types d’organisation du RAMU. Pour sa part, le conseiller technique à la Caisse nationale d’assurance maladie (CANAM) également chargé du RAMU, Seriba Traoré, a donné des explications sur la bascule de l’AMO vers le RAMU. A cet effet, M. Traoré a insisté sur l’engouement que l’AMO à crée au sein de la population. « Aujourd’hui, tout le monde veut avoir la couverture médicale (AMO), même ceux  qui avaient refusé d’y adhérer au début. Les textes de l’AMO étant limités, c’est pourquoi nous avons pensé à mettre en place le RAMU afin que tous les maliens puissent bénéficier des services de la couverture médicale », a-t-il conclu. MD/KM (AMAP)

CPI : Reprise du procès du présumé terroriste Al Hassan Ag Abdoul Aziz

Bamako, 11 mai (AMAP) Le procès du présumé terroriste, Al Hassan Ag Abdoul Aziz Ag Mohamed Ag Mahmoud a repris, lundi 09 mai, devant la Cour pénale internationale (CPI) de la Haye au Pays-Bas, ont annoncé les services d’information de la CPI.  Al Hassan Ah Abdoul Aziz Ag Mohamed est poursuivi pour « crime de guerre et crime contre l’humanité » commis à Tombouctou entre avril 2012 et janvier 2013, suite à l’occupation terroriste. Le présumé terroriste est soupçonné, aussi, d’avoir été membre d’Ansar Edine et commissaire de la police islamique. Il aurait, également, été associé au travail du tribunal islamique à Tombouctou et aurait participé à l’exécution de ses décisions. Détenu par la CPI, Al Hassan est accusé d’avoir pris part à la destruction des mausolées de Tombouctou.  « La reprise du procès devant la chambre de première instance X, en charge de l’affaire, sera consacrée à la défense », explique Margot Tedesco, responsable de l’information publique du bureau de la CPI au Mali. « La présentation de l’accusation a déjà commencé en 2018. En février, il y a eu la présentation des représentants légaux des victimes. C’est autour de la défense de commencer la présentation des preuves à décharge». Dans sa déclaration liminaire, la défense a tenté de démontrer la non culpabilité de l’ancien membre présumé d’Aqmi et d’Ançar dine, poursuivi « pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité ». Les avocats ont estimé qu’Al Hassan s’est retrouvé dans les groupes armés par instinct de survie, car menacé de toutes parts. Pour rappel, le procès contre Al Hassan s’est ouvert le 14 juillet 2020. Auparavant, un mandat d’arrêt contre lui a été délivré par la Chambre préliminaire le 27 mars 2018 et il a été remis à la CPI trois jours après. L’audience de confirmation des charges a eu lieu du 8 au 17 juillet 2019. Le 30 septembre 2019, la Chambre préliminaire a rendu une décision confidentielle confirmant les charges de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité portées à l’encontre de Al Hassan et a renvoyé l’affaire en procès.  Selon les deux décisions de la Chambre préliminaire, il serait responsable de «  torture, viol, esclavage sexuel et autres actes inhumains y compris, des actes prenant la forme de mariages forcés et persécution ». C’est donc reparti pour plusieurs jours d’audiences en attendant l’arrêt définitif de la haute juridiction pénale internationale dans cette affaire. AT/MD (AMAP)