Il y a urgence à assainir la production d’eau en sachet plastique

Par Aminata DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) L’unité de conditionnement d’eau en sachet plastique d’Assitan, considérée comme clandestine, est l’illustration parfaite de l’explosion, aussi bien à Bamako qu’à l’intérieur du Mali, de ces fabriques, à la pelle et sans parfois tenir compte des règles élémentaires d’hygiène, de sachets d’eau. Sans passer par aucun dispositif de filtrage, l’eau du robinet est prélevée et directement conditionnée dans des sachets en plastique à l’aide d’une machine. Ici, même les enfants sont mis à contribution pour notamment empaqueter les sachets produits. Ils ne s’encombrent guère de mesures d’hygiène. La ptote affaire d’Assitan n’est pas conneu des services techniques. Elle n’a d’ailleurs jamais cherché à formaliser son activité, de peur qu’elle n’ait à «payer des taxes». Quid du respect des normes édictées par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et les services nationaux compétents en la matière ? Elle n’en sait rien. Nombreuses sont les petites unités qui, comme celle d’Assitan, évoluent dans la clandestinité, donc en marge des textes régissant le secteur. Elles prélèvent directement l’eau au robinet, des fois avec une forte présence d’éléments étrangers. Certaines utilisent l’eau de forage. Avec la durée, l’eau, contenant du chlore, peut avoir des effets indésirables (saveur, odeur) au contact avec le sachet s’il n’est pas de qualité aux normes. Pour écouler facilement leurs produits, ces unités utilisent de fausses adresses et de faux contacts quand elles ne s’octroient pas tout simplement les références d’une unité connue, se livrant ainsi à une concurrence déloyale. Selon les spécialistes, l’installation d’une unité de mise en sachet d’eau potable doit se faire suivant des normes de sécurité sanitaire en vigueur. «Ce qui garantira que l’eau est propre à la consommation et ne présente aucun risque pour la santé des consommateurs», rappelle Dr Maïga Hamssatou Touré, chef du service assurance qualité et secrétaire permanente de la Commission nationale d’autorisation de mise sur le marché. « Pour obtenir cette autorisation de mise sur le marché (AMM), ajoute-t-elle, le producteur doit approcher le secrétariat afin de s’enquérir des informations et entreprendre les démarches nécessaires. » HORS DE CONTROLE – Aminata Niaré, propriétaire d’une unité clandestine, trouve qu’il n’est pas «facile de respecter les exigences de l’Etat». Pour avoir l’autorisation, dit-elle, il faut des mois. «Ce n’est pas que nous refusons de nous mettre en règle mais nous sommes découragés à cause des attentes assez longues. Le processus, c’est vraiment un parcours du combattant», se justifie la productrice d’eau en sachet. Des unités clandestines continuent ainsi de produire. Les services techniques en charge de la question semblent dépassés par l’ampleur du phénomène. «C’est difficile de reconnaître les unités qui produisent clandestinement, car elles sont très nombreuses et leurs sources de production sont masquées », concède le directeur général adjoint du Laboratoire national de la santé (LNS), Dr Seydou Moussa Coulibaly. L’action de son service et celle du Laboratoire national des eaux (LNE) ne portent que sur les unités répertoriées où des missions de contrôles et de vérifications sont régulièrement effectuées. Le LNE procède à une série d’échantillonnage des eaux en sachet à Bamako et à Kati. « Il ressort des résultats que les paramètres physico-chimiques mesurés au laboratoire sont conformes aux directives de l’OMS », résume une note technique publiée en avril dernier par le ministère de l’Energie et de l’Eau. Cependant, les non-conformités sont constatées souvent au niveau des analyses bactériologiques. Aussi, souligne la même note, «il existe de nombreuses unités clandestines, les mêmes emballages sont utilisés par plusieurs entreprises et également beaucoup de sachets existent avec de fausses adresses». Ces facteurs font que le suivi de la qualité de ces eaux est assez complexe, soutient-on au LNE. Les spécialistes indiquent également que les emballages utilisés peuvent agir sur la qualité des eaux si les indications mentionnées sur les étiquettes ne sont pas respectées. PRÉSERVER LA SANTÉ – Pour Dr Seydou Moussa Coulibaly du LNS, il est du devoir de tout bon citoyen de participer à la préservation de la santé de ses concitoyens, en évitant de mettre sur le marché des produits illégaux et dont la source de production n’est pas connue. «Les personnes qui font ce travail illicite veulent avoir de l’argent au détriment de la santé des autres», dit-il, tout en demandant aux consommateurs de ne payer que des «sachets étiquetés et dont la provenance est connue». Vendeuse d’eau en sachet au marché de Kalaban Koulouba depuis deux ans, Kadia Kouyaté, aide-ménagère, travaille pour le compte de Djénèba Soumaré qui habite non loin du marché du quartier. Sa patronne a découvert le filon, il y a cinq ans. Et depuis, elle en a fait sa principale source de revenus. Djénèba Soumaré dit s’approvisionner auprès d’un distributeur d’eau et avoue n’avoir jamais cherché à savoir ni la provenance ni les conditions de la mise en sachet du liquide. «Ce qui m’intéresse, c’est le profit. Par jour, je gagne entre 2 500 et 3 000 Fcfa», confie-t-elle. Une bonne partie des sachets produits se retrouvent en vente aux carrefours. distribués lors de cérémonies de baptême, de mariage ou encore de funérailles. Toutes choses qui ont favorisé la prolifération des unités de conditionnement. Les prix appliqués (25 à 50 Fcfa) sont à la portée de toutes les bourses. «J’achète les sachets d’eau parce que j’ai pas assez d’argent. L’eau minérale, c’est pour les riches. Je ne peux pas me prononcer sur leur qualité mais il y en a qui sont vraiment désagréables et elles sentent des odeurs bizarres», affirme Sitan Dramé, vendeuse de légumes au marché Woninda. Cette prolifération d’eau en sachet constitue de nos jours un danger pour la santé humaine en raison du mode de prélèvement et de conservation. Selon Mme Maïga Hamssatou Touré, cheffe de service à l’Agence nationale de la sécurité sanitaire des aliments (ANSSA), les eaux en sachets peuvent exposer à la contamination microbiologique, aux virus, aux parasites ou d’autres micro-organismes pathogènes. Elles peuvent être sources de maladies : diarrhée, problèmes liés aux reins, au foie et au système nerveux. «Il est donc essentiel de s’assurer que les eaux que nous consommons sont produites légalement

Communiqué du Conseil des ministres du 06 septembre

Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 06 septembre 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de texte ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte concernant la ratification de la Convention de Financement signée à Bamako, le 07 juin 2023, entre le Gouvernement de la République du Mali et l’Association internationale de Développement, relatif au Financement du Projet d’harmonisation et d’amélioration des statistiques en Afrique de l’Ouest et du Centre-Série de Projet I. L’insuffisance des données statistiques de haute qualité en Afrique est l’un des principaux obstacles à un meilleur suivi des stratégies de réduction de la pauvreté, des progrès économiques et des résultats du Développement. Pour faire face à cette situation, le Gouvernement a sollicité et obtenu de l’Association internationale de Développement, un financement concessionnel d’un montant de 56 millions 600 mille Euros, soit 37 milliards 127 millions 166 mille 200 Francs CFA. La réalisation du projet, objet du présent financement, vise : à améliorer la disponibilité de données statistiques de bonne qualité ; à orienter les politiques publiques visant à soutenir l’adaptation et l’atténuation des risques ; à favoriser une croissance économique durable et équitable ; à renforcer la modernisation du système statistique. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’Etat, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des ministres de l’organisation des festivités du 22 septembre 2023. Le 22 septembre 1960, le Mali a accédé à la souveraineté nationale et internationale après l’éclatement de la fédération du Mali. Depuis l’accession du Mali à l’indépendance, la célébration du 22 septembre a toujours été marquée par des festivités sur toute l’étendue du territoire national. Ces festivités prennent des formes de manifestions socioculturelles des différents terroirs du Mali et des défilés militaires et civils. Ces dernières années, les festivités du 22 septembre ont connu une période d’hibernation due essentiellement à la crise multidimensionnelle que le Mali a connue. Cette hibernation a été fortement ressentie par les citoyens et a considérablement impacté la conscience nationale. Cette année, le Président de la Transition, Chef de l’Etat, a décidé de donner un éclat particulier à la célébration du 22 septembre qui intervient au lendemain de l’avènement de la 4ème République, consacrée par la Constitution du 22 juillet 2023 qui dispose que « l’action publique est guidée par les principes fondés sur le respect de la souveraineté de l’Etat, les choix souverains du Peuple et la défense de ses intérêts ». La célébration de la fête de l’indépendance a été retenue comme une activité prioritaire du Gouvernement pour renforcer le sentiment de patriotisme des citoyens et le réarmement moral des forces de défense et de sécurité. Elle s’inscrit également dans le contexte de la montée en puissance des forces de défense et de sécurité qui combattent le terrorisme et les crimes organisés. Les activités retenues se tiendront entre le 21 et 22 septembre 2023 sur toute l’étendue du territoire national et permettront : de réaffirmer la souveraineté du Mali en perpétuant les efforts des pères de l’indépendance ; de raffermir la fibre patriotique ; de renforcer le vivre ensemble, la paix et la cohésion sociale. La célébration du 22 septembre offre l’occasion d’une part, aux Autorités de magnifier la souveraineté et la communion avec les citoyens, et d’autre part, aux citoyens de manifester leur patriotisme et leur attachement au pays. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une diminution du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.

Que signifient les sobriquets «Domingo» et «la Panthère noire» ?

Bamako, 06 sept (AMAP) D’où viennent les deux sobriquets de Salif Keïta, à savoir «Domingo» et «La Panthère». Selon Mad Diarra, l’un des doyens de la presse sportive du Mali, c’est un ami d’enfance de l’ancien international qui lui a donné le premier sobriquet, alors que le deuxième vient des supporters de Saint-Étienne, selon Ketch Arol, un écrivain camerounais. «C’était des gamins de Ouolofobougou de 13-14 ans à l’époque. Alors qu’il se baladait avec ses camarades devant le Soudan Ciné, il tombe sur une affiche de cinéma où figure le nom Domingo. L’un de ses amis le surnomme alors Domingo et Salif Keïta accepte», raconte Mad Diarra. À l’époque, le premier Ballon d’or et ses amis d’enfance jouaient sur le petit espace, en face de l’ex-Soudan Ciné qui est devenu aujourd’hui un jardin public. «Dans le quartier (Ndlr, Ouolofobougou) tous les gamins de son âge l’appelaient Domingo, plus tard quand le succès viendra, il ne voulait plus de ce surnom», révèle le doyen. Doté d’une immense technique et d’une élégance dans le jeu, Salif Keïta semait la terreur dans les défenses adverses, marquant 140 buts en 185 matches. Selon Ketch Arol, c’est à son arrivée à Saint-Étienne que Salif s’est vu attribuer son deuxième sobriquet de La Panthère noire. Ce surnom, qui est l’emblème de Saint-Étienne (la panthère), traduit simplement l’efficacité de l’ancien international devant les buts et son élégance dans le jeu. BK/MD (AMAP)

Dernier hommage du Mali, ce mercredi, à Salif Keïta, la Panthère noire

Bamako, 06 sept (AMAP) Les funérailles de Salif Keïta dit Domingo auront lieu cet après-midi à 15h à la Place du Cinquantenaire, a annonce un communique officiel signé du secrétaire général du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports, Amadou Diarra Yalcouyé. Le premier Ballon d’or africain (1970) a été arraché à l’affection du monde du football mondial, le samedi 2 septembre à l’âge de 77 ans, des suites d’une longue maladie. Dans un premier temps, on avait annoncé que les funérailles de La Panthère noire (Ndlr, surnom de Salif Keïta) seront organisées sur le terrain de la Commune III, mais lundi dernier, on apprenait, via un autre communiqué, que la cérémonie a été délocalisée au Complexe sportif Kadialy Diawara de Djicoroni-Para, le terrain d’entraînement du Réal de Bamako. Dans ce deuxième communiqué, il est écrit que la Fédération malienne de football (FEMAFOOT) a décidé de prendre en charge les funérailles du vice-champion d’Afrique (1972) et vainqueur à trois reprises du championnat de France avec Saint-Étienne (1968, 1969, 1970). Le même lundi, ce troisième communiqué émanant du ministère en charge de la Jeunesse et des Sports,  est tombé en début de soirée. «Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne informe l’opinion nationale que les obsèques de Salif Keïta dit Domingo, décédé le samedi 2 septembre 2023 auront lieu le mercredi 6 septembre à partir de 15h à la Place du Cinquantenaire, près de l’ENSUP « , annonce le texte. Le ministre invite le mouvement  sportif national et le public malien à venir rendre un dernier hommage mérité à la légende du football malien, africain et international». Symbole fort de la souveraineté du Mali, la Place du Cinquantenaire sera donc le lieu où le plus grand footballeur malien et africain de tous les temps, recevra le dernier hommage de la nation. Jusqu’à hier, il n’y avait aucune information sur le déroulé de la cérémonie, mais il est sûr que la Place du Cinquantenaire sera bondée de monde cet après-midi et l’émotion, très grande au sein de la foule. Selon nos informations, c’est Cheick Oumar Diarra, ex-sociétaire du Djoliba, qui sera chargé de lire l’éloge funèbre au nom des anciens coéquipiers de Salif Keïta au Réal et en équipe nationale. Comme l’Espagnol d’origine argentine, Alfredo Di Stefano, le Hongrois Ferenc Puskäs ou encore le Portugais d’origine mozambicaine, Eusébio avant lui, Domingo a obtenu en 1996 l’Ordre du Mérite, la plus haute distinction de la Fédération internationale de football association (FIFA)_. La Place du Cinquantenaire a été réalisée en 2010 par l’ancien président malien,  feu Amadou Toumani Touré «ATT», l’occasion du 50è anniversaire de l’accession du Mali à la souveraineté nationale et internationale. Le lieu a déjà abrité plusieurs grands événements, dont le Festival Bama-Art, le Festival culturel Ogobagna. Après la cérémonie d’hommage, Salif Keïta «Domingo» sera conduit à sa dernière demeure au cimetière d’Hamdallaye où repose son épouse Fanta Diallo, décédée en 2005. SBT/MD (AMAP)

L’artiste nous a quittés

Par Mamadou DIARRA Bamako, 06 sept (AMAP) Le souvenir de Salif Kéita «Domingo», jeune et virevoltant joueur-vedette des historiques matches inter-quartiers de Bamako des années 1960, reste gravé dans la mémoire de ses contemporains. Depuis, le meilleur footballeur malien de tous les temps n’a pu fédérer sur son nom les suffrages des Maliens. Beaucoup lui préfèrent la constance d’Ousmane Traoré ou de Sadia Cissé. Soliste incomparable, Salif Kéita «Domingo» ne fut pas toujours un coéquipier à la même hauteur. Joueur-charnière entre deux générations également douées, Salif Kéita est de toutes les belles épopées de notre football post indépendance. Il a aussi partagé ses plus cuisants échecs. Au départ, ce furent les anciens qui assument pour lui le poids moral de la défaite. Plus jeune international de l’histoire du football malien, il joue en équipe nationale à l’âge de 15 ans et 11 mois (il est né le 12 décembre 1946) lors des Jeux des Forces montantes (GANEFO 1963) en Indonésie. La renommée internationale commence quand il renforce le Stade malien dans la première édition de la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Afrique). Cette première finale africaine est perdue par le jeune attaquant. Les Blancs cédèrent (1-2) contre l’Oryx de Douala en 1965 à Accra au Ghana. La seconde désillusion survient face au Congo Brazzaville (pays organisateur) au nombre de corners en prolongation en finale des premiers Jeux africains. Le jeune joueur fut cependant exempt de reproche. Ce ne fut plus le cas l’année suivante, en finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions, perdue par le Réal de Bamako face au Stade d’Abidjan. Vainqueurs à l’aller (3-1), les Noirs et blancs cédèrent au retour (2-4) sur les berges de la lagune Ebrié. Salif avait marqué lors de tous les sept matches joués (14 buts), avant ce match retour à Abidjan. La fureur du public malien se déchaîne contre le prodige. Il fut accusé d’avoir été trop peu combatif et d’avoir raté un but facile. Cette rencontre fatidique fit oublier que Salif avait souvent sauvé la mise à son équipe et qu’il terminait meilleur buteur de la compétition avec 14 buts inscrits en 8 matches. Objet du désamour quasi général des supporters, l’attaquant trouve son salut dans l’exil. Il atterrit dans un premier temps à Saint Étienne. Il y décroche un Soulier d’argent européen (40 buts derrière Josip Skoblar 44) et un Ballon d’or africain, le premier mis en jeu. Mais il ne peut pour autant se réconcilier avec le public malien. La faute à la Coupe d’Afrique des nations de 1972 à Yaoundé. Attendu comme le messie, il délivre une prestation en demi-teinte et, blessé, termine sur la touche. La malchance aidant, Salif a sans doute laissé passer l’ultime occasion de démontrer qu’il pouvait être le joueur providentiel attendu par le public, un joueur capable de ramener un trophée continental au pays. Il quitte Saint Étienne en dénonçant le contrat qui faisait des joueurs de simples produits à la disposition des présidents de club. Arrivé à Marseille, il refuse de prendre la double nationalité qui aurait permis au club de l’aligner en même temps que le Yougoslave Josip Skoblar et le Suédois Magnusson mis sur la touche à son arrivée dans la cité phocéenne. La polémique qu’il suscite n’empêche pas Alfredo Di Stefano d’aller le chercher pour le compte de Valence (1974). À l’arrivée de Kempès en 1977, il passe au Sporting de Lisbonne puis au Boston Teamen. Sa carrière prend fin au sein de ce club. Une carrière qui ne lui a pas fait atteindre les sommets que pouvait lui offrir son talent. Reconverti dans l’hôtellerie, Salif Kéita va créer un centre sportif pour se relancer dans le football. Il met ensuite en place son club, le Centre Salif Kéita. Décoré par la CAF et la FIFA, le prodige du ballon devient ministre durant la Transition en 1991, et président de la Fédération malienne de football de 2005 à 2009. Depuis le 27 septembre 2009, «Domingo» est le premier joueur africain à donner son nom à un stade de football en France. C’est cet immense joueur qui nous a quittés le samedi dernier. La Nation malienne lui rendra un hommage mérité aujourd’hui à la Place du Cinquantenaire. Dors en paix, Salif. PS (Spécial Cinquantenaire de L’Essor) MD/MD (AMAP)

Retrait de la Mission onusienne : Plus de 1 000 casques bleus ont déjà quitté le Mali (officiel)

Bamako, 06 sept (AMAP) L’ambassadeur-directeur des organisations internationales du ministère malien des Affaires étrangères, Dr Madou Diallo, a révélé, mardi, à Bamako, qu’à la date du 4 août dernier, 1 734 Casques bleus ont quitté le Mali sur les 15 000 (militaires et civils) que compte la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Lors d’une conférence de presse conjointe avec le directeur de l’information et des relations publiques des armées, le colonel Souleymane Dembélé, sur le bilan de la première phase du retrait de la mission onusienne, Dr Diallo a confié que « 22% des unités de police individuelle sont désengagées. » « D’ici fin septembre, 30% du personnel international auront quitté le territoire national », a-t-il annoncé. La première phase du retrait de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) que les autorités maliennes jugent satisfaisante, a été marquée par la rétrocession au gouvernement des camps militaires d’Ogossagou (Centre), Ber, Goundam et Ménaka (Nord). Dr Madou Diallo a rappelé que, conformément à la vision du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, un Comité de suivi de la mise en œuvre de la résolution 2690 relatif au retrait de la MINUSMA a été mis en place. Il s’agit du comité ministériel composé de 17 ministres et du comité technique comprenant des points focaux des départements ministériels. « Le premier est chargé de définir les orientations politiques et stratégiques du retrait », a précisé M. Diallo qui a ajouté que ce comité se réunit régulièrement avec la direction de la MINUSMA « pour évaluer et fixer les actions prioritaires nécessaires pour la réussite du processus. » Il a, aussi, souligné que le comité technique et les experts de la MINUSMA sont organisés en deux groupes de travail. L’ambassadeur-directeur des organisations internationales du ministère des Affaires étrangères a indiqué que le groupe I s’occupe des questions de défense, de sécurité et de logistique. « Et le groupe II, a-t-il poursuivi, est chargé des activités programmatiques de la Mission onusienne. » À l’interne, les autorités maliennes ont mis en place un 3è groupe, chargé de l’atténuation de l’impact du retrait de la MINUSMA dans les différents domaines de la vie publique, économique et sociale, a-t-il fait savoir. S’agissant du groupe de travail «Défense, Sécurité et Logistique», Dr Diallo a soutenu que les deux parties ont noté, avec satisfaction, la bonne coordination qui a facilité la rétrocession au gouvernement des camps d’Ogossagou, Ber, Goundam et Ménaka. Ces rétrocessions se sont déroulées respectivement les 3, 14, 15 et 25 août 2023. Marquant l’achèvement de la première phase du retrait de la Mission. Concernant le groupe de travail 2 «Activités programmatiques/tâches à transférer», il a expliqué que les thématiques retenues ont fait l’objet d’échanges entre les deux parties. «Le processus politique et de paix, la question du Centre, les questions humanitaires et de développement économique, social et culturel et la question de la justice ainsi que la refondation de l’Etat », a énuméré le diplomate. Abordant le groupe de travail 3 «Atténuation de l’impact du retrait de la Minusma», Madou Diallo a assuré que « les démarches sont en cours à travers le projet de protocole entre la BDM, la BNDA et les employés locaux avec une garantie du gouvernement en vue de résorber leurs dettes. » Dans le cadre de l’élaboration de la stratégie d’atténuation de l’impact socioéconomique du retrait de la MINUSMA, un consultant a été recruté, a fait savoir Madou Diallo. Selon lui, « cette stratégie sera disponible d’ici 60 jours. » « Si la première phase s’est faite dans l’intervalle du 1er au 31 août 2023, la seconde s’étendra du 1er septembre au 31 décembre 2023, a précisé Dr Diallo. « Cette partie, a-t-il rappelé, concerne les camps de Tessalit, Aguelhoc, Ansongo, Kidal (Nord) et Douentza 9(entre). » A l’issue de cette seconde phase, à partir du 1er janvier 2024, la MINUSMA fera l’objet d’une liquidation. De ce fait, le diplomate malien a indiqué qu’il est prévu « de laisser sur place des unités de gardes chargées de sécuriser le matériel et les équipements qui n’auront pas pu être évacués à l’échéance du 31 décembre. » « Pour l’étape de liquidation, ces biens et équipements, a souligné le directeur des organisations internationales, seront sécurisés dans les camps de Tombouctou, Gao, Mopti et de Bamako-Sénou. » Par ailleurs, les préparatifs de la 2è phase vont bon train. Dans cette perspective, le responsable des organisations internationales au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale a mis l’accent sur la question environnementale, le transport du matériel, les autorisations des vols, les mouvements des contingents, l’importation, la réexportation des matériels et la sécurité des convois. Pour sa part, le directeur de l’information et des relations publiques des armées a assuré que les Forces armées maliennes (FAMa) jouent pleinement leur partition dans le cadre de cette rétrocession. Le colonel Dembélé a souligné que «Ber était devenu un gage territorial pour les groupes armés terroristes où se passaient toutes sortes de trafics». Le haut gradé a précisé, ensuite, qu’actuellement, les FAMa sont à Ber, confirmant que la première phase du retrait la mission onusienne « s’est globalement bien déroulée.  » NK/MD (AMAP)

Mali : Organisation de la 19ème édition de la Semaine nationale de la sécurité routière

Le lancement de la 19ème édition de la Semaine nationale de la sécurité routière a été présidé mardi, par le ministre des Transports et des Infrastructures, Mme Dembélé Madina Sissoko, à la Gare routière de Sogoniko, en Commune VI du District de Bamako, sous le thème « La sécurisation du transport public des personnes », a constaté l’AMAP. C’était en présence du directeur général de l’Agence nationale de la sécurité routière (Anaser), Ousmane Maïga, des secrétaires généraux des syndicats des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali et plusieurs autres personnalités. Le programme des activités de la semaine prévoit notamment la formation et la sensibilisation des chauffeurs et conducteurs professionnels et des gérants des compagnies de transport public de voyageurs, l’organisation des opérations de contrôle, la sensibilisation sur les routes nationales et en milieu urbain et une communication de masse au niveau radiophonique dans les 19 régions et le District de Bamako. Mme la ministre a saisi l’occasion pour rappeler les mesures prises récemment, afin de sécuriser davantage les usagers de la route comme la limitation de vitesse et la règlementation de la circulation des cars de transport Pour la ministre des Transports et des Infrastructures, le thème de cette édition est partie intégrante du 5è axe stratégique de la Stratégie nationale de sécurité routière 2021-2030 et de son Plan d’action 2021-2025 intitulé : « La sécurisation du transport professionnel ». Selon Mme Dembélé Madina Sissoko, les activités exercées à cette occasion constitueront une riposte à la spirale d’accidents de la circulation routière survenus sur le réseau routier du pays. Elles s’inscriront, dira-t-elle, dans la perspective d’éviter la répétition de cette spirale qui a tant indigné nos concitoyens. Et au ministre de rappeler une recrudescence des accidents en lien avec la mobilité urbaine et rurale qui caractérise la fête de Tabaski, dont celui survenu le 13 juin 2023 entre Fana et Konobougou et qui a fait 20 morts, 32 blessés et des dégâts matériels importants. Le dernier accident mortel a été enregistré le 1er septembre 2023, non loin de l’École de la gendarmerie à Faladiè ayant occasionné 9 tués et plusieurs blessés. «Face à ces tragédies de la route, qui impliquent les cars de transport public de voyageurs et autres moyens de déplacement, j’ai convoqué une réunion d’urgence des services techniques compétents, des compagnies de transport routier et des chauffeurs, pour échanger sur les causes de ces accidents et proposer les solutions appropriées à la lancinante question de l’insécurité routière», a expliqué la ministre Mme Dembélé Madina Sissoko. Elle a ajouté que les échanges entre les services techniques et les organisations socioprofessionnelles, ont démontré que les accidents proviennent notamment de la circulation des véhicules de transport public de voyageurs à des heures avancées pendant la nuit, l’excès de vitesse des véhicules de transport sur les axes routiers. D’où l’interdiction de la circulation des véhicules de transport public de voyageurs entre 00 heure et 5 heures du matin sur les axes routiers interurbains et internationaux, le respect strict par les véhicules de transport public de voyageurs des limites de vitesse fixées à 50 km/h en agglomération et à 90 km/h en rase campagne. Par ailleurs, la ministre des Transports et des Infrastructures a invité l’ensemble des autorités politiques, des leaders religieux et les légitimités coutumières à prêter leurs concours à la réussite de cette semaine. Le maire de la Commune VI du District de Bamako, Boubacar Keïta a, dans son intervention, plaidé pour l’implantation d’un parking pour les gros porteurs dans la zone aéroportuaire. «Notre commune abrite plus de 80% des gares routières. Le parking anarchique des gros porteurs constitue une insécurité pour la commune. Nous avons demandé, il y a six ans, un espace de 25 hectares dans la zone aéroportuaire afin d’en faire un parking pour les gros porteurs», a-t-il indiqué. De son côté, le représentant des chauffeurs et conducteurs routiers du Mali, Souleymane Diallo, a invité ses collègues au respect strict des limites de vitesse. Pour rappel ; chaque année, depuis 2002, le département des Transports à travers l’Anaser organise une Semaine nationale consacrée à la sécurité routière sur toute l’étendue du territoire national. L’objectif est d’intensifier la campagne de sensibilisation des usagers de la route, en vue de minimiser les impacts négatifs des accidents de la circulation routière sur la population et l’économie de notre pays. AG/KM (AMAP)

Sécurité : Remise de 43 engins roulants aux Forces de Défense et de Sécurité

La cérémonie de remise de 43 engins roulants au bénéfice des Forces de Défense et de Sécurité a été présidée lundi au ministère de la Sécurité et de la Protection civile, par le chef dudit département, le Général de brigade Daoud Aly Mohammedine, en présence des responsables des structures bénéficiaires, a constaté l’AMAP. Cette acquisition de 43 véhicules dont 37 pick-up, 3 engins de dépannage et 3 Hilux double-cabine, a été prise en charge entièrement par le budget national. Ces engins sont répartis comme suit : 37 pick up pour la force anti-terroriste, 3 engins de dépannage pour le Groupement de la sécurité routière (GSR) et les autres pour le cabinet du département. Le ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le Général de brigade Daoud Aly Mohammedine a déclaré que cette acquisition témoigne de l’expression ferme et de la volonté affichée du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta, à renforcer les capacités opérationnelles des FDS, dans le but ultime d’asseoir un climat de sécurité en adéquation avec les aspirations profondes de nos populations. Il s’agit là, a indiqué le Général de brigade Daoud Aly Mohammedine, d’avoir des unités bien équipées et capables d’intervenir de façon prompte et efficace sur l’ensemble du territoire national, en vue de protéger les personnes et leurs biens. Pour l’atteinte de cet objectif légitime, il s’avère impérieux d’acquérir, en plus des infrastructures, des moyens roulants qui répondent à nos besoins mais surtout aux exigences de nos missions et de nos ambitions. « J’invite avec insistance, les futurs usagers de ces véhicules, durement acquis, à en faire un très bon usage avec un suivi régulier de la maintenance, chacun à son niveau », a invité l’Officier général. Par ailleurs, le premier responsable du département en charge de la Sécurité a assuré que les autorités de la Transition restent engagées à tout mettre en œuvre pour poursuivre les efforts entamés pour améliorer les conditions de vie et de travail des FDS. Avant de s’appesantir sur le contexte actuel marqué par des attaques terroristes. « Partout où nous nous trouvons, nous devons serrer la ceinture et nous dire que si on ne reste pas vigilants et proactifs, la première victime c’est nous. Aujourd’hui, nous montons en puissance et de plus en plus nous sommes en train de gagner du terrain et que cet élan puisse continuer », a-t-il soutenu. Ces nouvelles acquisitions vont permettre, à n’en pas douter, aux Forces loyalistes de répondre aux multiples sollicitations sur l’ensemble du territoire national. MK/KM (AMAP)

La dernière interview de Domingo à L’Essor

Par Boubacar THIERO Cette interview a été réalisée en octobre 2021 dans la rubrique «Un jour, un événement» consacré à la demi-finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions en 1966 contre Oryx de Douala, sèchement battu 4-2 à Yaoundé. Bamako, 04 sept (AMAP) Il y a 55 ans, le Réal a réalisé une prestation XXL en demi-finale aller de la Coupe d’Afrique des clubs champions contre Oryx de Douala, sèchement battu 4-2 à Yaoundé. Auteur d’un quadruplé, Salif Keïta «Domingo» a été le grand artisan de la victoire des Scorpions. Âgé aujourd’hui de 74 ans, le premier Ballon d’or africain (1970) se souvient encore de cette demi-finale historique. «Notre voyage à Yaoundé a été long et fatigant. L’avion qui nous transportait nous a beaucoup secoués, on a eu peur puisqu’il y avait beaucoup de nuages. On était donc très soulagés à notre arrivée à Yaoundé », raconte Domingo. « A notre descente d’avion, nous avons été bien accueillis à l’aéroport et transportés à l’hôtel». «Le jour du match, se souvient l’ancien international, on était décontractés, il y avait l’enjeu mais, on n’avait pas peur puisqu’on avait le match retour à Bamako. Il fallait faire un bon résultat à Yaoundé pour être serein au retour. On a bien commencé la rencontre et Dieu faisant bien les choses, on a gagné à l’aller par 4-2 et c’est moi qui ai marqué les 4 buts. Après cette victoire en déplacement, on s’est bien préparés pour le match retour qui devait se jouer à Bamako». «Deux semaines plus tard, les Camerounais sont arrivés à Bamako pour le match retour. Nous avions une bonne équipe et étions confiants. Sans surprise, nous nous sommes qualifiés pour la finale, en gagnant 3-2 à Bamako. Sur l’ensemble des deux matches, le Réal a marqué 7 buts», souligne Salif Keïta. Pour le premier Ballon d’or africain, la force principale du Réal était la ligne d’attaque avec les joueurs comme Idrissa Touré ‘’Nani’’, Ousmane Traoré, Idrissa Kanté et, bien entendu Domingo lui-même. «Avec ces joueurs talentueux, on a réalisé un parcours sans faute jusqu’en finale», se souvient Salif Keïta. Au premier tour, les Scorpions ont écrasé les Invincibles de Monrovia, battus 6-0 à Bamako et 3-2 à Monrovia. Salif Keïta a marqué 4 buts sur l’ensemble des deux matches (2 à l’aller et 2 au retour). En quarts de finale, les Réalistes éliminent l’équipe guinéenne de Conakry I (2-1 à Bamako et 2-3 à Conakry). Là encore, Domingo s’illustre en inscrivant 3 buts. Puis vint la demi-finale contre Oryx de Douala (2-4 à Yaoundé et 3-2 à Bamako, dont 6 réalisations de Salif Keïta). Malheureusement, le rêve du Réal de soulever le trophée continental sera brisé en finale par le Stade d’Abidjan. Pourtant, au match aller, le Réal s’est largement imposé 3-1 à Bamako, grâce notamment à un doublé de l’inévitable Salif Keïta. Mais au match retour à Abidjan, les Ivoiriens renversent la situation en gagnant 4-1 après prolongations. «Au match aller, on a fait un très bon travail mais au retour on a bêtement perdu 4-1 contre le Stade d’Abidjan», regrette encore Salif Keïta qui se consolera avec le titre de meilleur buteur de la compétition (14 réalisations sur les 25 buts marqués par le Réal). BT (AMAP)  

Salif Keïta dit Domingo : un génie, une légende

Par Souleymane Bobo TOUNKARA Bamako, 04 sept (AMAP) Icône du football mondial, le premier Ballon d’or africain est décédé des suites d’une longue maladie, le samedi 2 septembre à Bamako, à l’âge de 77 ans. La triste nouvelle est tombée, samedi peu après 10h : Salif Keïta dit Domingo, le meilleur footballeur malien et africain de tous les temps et l’un des plus grands joueurs de l’histoire du football mondial, s’est éteint à l’âge de 77 ans. La «Panthère noire» (Ndlr, autre surnom de Salif Keïta) était malade et avait disparu des écrans radars depuis plusieurs mois jusqu’à ce fatidique samedi 2 août. La planète foot du Mali pensait que Domingo allait vaincre la maladie et retrouver le monde qui a fait sa réputation, un monde où son parcours et sa personnalité continueront à inspirer des millions de jeunes footballeurs à travers le monde. La carrière ou plutôt l’histoire de Salif Keïta commence en 1963, quand le natif de Ouolofobougou-Bolibana signe sa première licence avec l’AS Réal de Bamako, à l’âge de 17 ans. Mais, auparavant, il avait porté les couleurs des Pionniers de Ouolofobougou, l’équipe de son quartier. Quelques matches suffisent au jeune joueur pour convaincre l’entraîneur français des Scorpions, Laurel et accéder à l’équipe première. Dans la foulée, Domingo dispute et gagne son premier match officiel avec le Réal contre le Djoliba. La même année, Salif Keïta est appelé en Equipe nationale où il fait son grand baptême du feu lors d’un match amical qui s’est déroulé au stade Mamadou Konaté. Ensuite, il est sélectionné, avec quelques jeunes de sa génération pour les Jeux des nouvelles forces montantes d’Indonésie. L’histoire était en marche pour le jeune surdoué. En 1964, Salif Keïta se révèle à la planète-foot du continent africain, à l’occasion d’un match qui oppose le Mali à la Côte d’Ivoire, à Abidjan. Domingo débute la rencontre sur le banc, mais après l’ouverture du score par les Ivoiriens, le staff technique de la sélection nationale décide d’intégrer le jeune attaquant à la 30è minute. Salif Keïta s’illustre en marquant le but de l’égalisation, permettant ainsi au Mali d’obtenir le partage des points. L’année suivante (1965), Domingo dispute la première finale de la Coupe d’Afrique des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Afrique) sous les couleurs du Stade malien, mais ne peut empêcher la défaite des Blancs contre l’Oryx de Douala (Cameroun). A l’époque, le règlement de la compétition autorisait les équipes à renforcer leur effectif avec deux joueurs issus d’un autre club et le choix de Salif Keïta était une évidence pour les Blancs de Bamako. Après cette finale perdue par les Stadistes, la planète-foot de l’Afrique découvre véritablement le génie créateur et l’instinct de buteur inné du jeune international malien lors de la campagne 1966 de la même Coupe d’Afrique des clubs champions. En effet, en 8 matches avec le Réal, Domingo marque 14 buts et conduit les siens en finale. Face au Stade d’Abidjan, tous les regards se tournent vers le natif de Ouolofobougou, mais comme le Stade malien, un an auparavant, le Réal chute à son tour sur la dernière marche et Salif Keïta se contentera du titre de meilleur réalisateur de la compétition. S’ajoute à cette liste, la finale des premiers Jeux africains de Brazzaville que la Panthère noire a perdue avec l’Equipe nationale face au Congo (1965). PREMIER BALLON D’OR AFRICAIN – Après trois finales perdue, le prolifique buteur voit enfin son mérite récompensé en 1970 avec le premier Ballon d’or africain du magazine France-Football. Trois ans auparavant, Salif Keïta avait quitté le Mali et le Réal pour poser ses valises à Saint-Etienne. C’est avec les Verts (Ndlr, surnom de Saint-Etienne) que l’international malien va écrire les plus belles pages de sa carrière : trois titres de champion de France (1968, 1969, 1970), deux Coupes de France, 140 buts en 185 matches, meilleur joueur étranger du championnat (1968), Oscar du meilleur joueur du championnat (1970), Soulier d’or européen (1972, 42 buts), record de buts en une seule rencontre de championnat (6 réalisations). Parmi les autres hauts faits d’armes de Salif Keïta, on peut citer la prestation héroïque du Malien contre le Bayern Munich de Franck Beckenbauer et de Gerd Müller en Coupe d’Europe des clubs champions (actuelle Ligue des champions d’Europe). Battue 2-0 à l’aller en Allemagne, Saint-Etienne, bien emmenée par l’attaquant malien, crée la sensation en s’imposant 3-0 au Stade Geoffroy-Guichard. Hervé Revelli (2è et 59è min) a permis aux Stéphanois d’égaliser à deux buts partout sur l’ensemble des deux rencontres, avant que la Panthère noire ne donne la qualification aux siens en marquant le troisième but d’une tête rageuse (81è min). C’était le 1er octobre 1969 et quand Domingo fut sacré Ballon d’or africain quelques mois plus tard (1970), un journaliste français, membre du jury du Ballon d’or de France-Football dira : «Nous sommes réellement embêtés, car combien de fois nous avons voulu lui (Ndlr, Salif Keïta) remettre le titre de meilleur joueur du championnat français. Malheureusement, il n’était pas français, il était malien. Malheureusement il ne joue pas pour l’équipe de France». Le 31 mars 1971, ce fut au tour de l’entraîneur de Saint-Etienne d’abonder dans le même sens, après un match ayant opposé une association de joueurs marseillais et stéphanois à Santos : «Si Salif était dans un grand pays de football, il aurait été égal à Pelé». Un an après cette confrontation avec l’équipe du Roi Pelé, à Colombes, en France, l’ancien sociétaire du Réal participe à la 8è édition de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) au Cameroun avec la sélection nationale. Sous la houlette de l’entraîneur allemand Karl-Heinz Weigang, le Mali se hisse en finale, après avoir éliminé en demi-finale, le Zaïre (actuelle RD Congo), tenante du titre. Une fois encore, tous les regards se tournent vers le premier Ballon d’or africain, mais l’attaquant malien se blesse après seulement 25 minutes et quitte ses camarades, la mort à l’âme. Ce mauvais coup du sort se transforme en cauchemar pour les Mamadou Keïta «Capi», Cheick Diallo, Kidian Diallo, Cheickna Traoré «Kolo»,