Vie de couple : La coquetterie comme arme de sédition
Par Mariam A. TRAORÉ Bamako, 03 juin (AMAP) Au Mali, un phénomène inquiète tout le monde. C’est l’ampleur que prend le divorce. Malgré son taux élevé, il est difficile d’avoir des données fiables sur la rupture du lien matrimonial. En tout cas, plusieurs causes sont citées. La principale cause de divorce chez nous est l’infidélité. Près de 30% des demandes de divorce font suite à une relation extraconjugale de l’un ou de l’autre conjoint. Les problèmes de compatibilité de caractère, le manque d’attention qui culmine sur la routine dans les rapports conjugaux, l’effort d’imagination la séduction au quotidien. Les causes sont nombreuses. Les hommes qui sont passés par le divorce évoquent le manque d’hygiène de leur conjointe comme facteur déclencheur de la crise. De nombreuses femmes mariées négligent leur apparence. Que les uns et les autres sachent que l’arme fatale de la séduction est la coquetterie. Celle-ci ne doit pas être une affaire de femme. Le couple doit avoir en mémoire que la séduction, la galanterie ne sont pas commodes uniquement au début des relations. Elles doivent être permanentes et constantes pour nourrir la flamme de l’amour. Cependant, il revient à la femme d’instaurer une atmosphère de plaisir et de bonheur. Elle doit être créative et surprenante pour séduire davantage son « homme». La femme doit avoir le souci constant de plaire à son homme, et vice versa. L’arme fatale pour séduire un homme est la coquetterie. Séduire dans un couple passe par des mots doux. Il faut savoir surprendre agréablement son époux. On ne doit pas négliger l’affection et l’attention. L’ART DE SEDUIRE – L’enseignant à la retraite, Issa Kanssaye déclare ne pas comprendre la jeune génération. Il indique qu’avec peu de moyens et de temps, les épouses de la vieille génération savaient comment s’entretenir et entretenir leurs hommes. «Je ne suis jamais rentré à la maison et trouver ma femme dans un état dépravé. Malgré mes faibles moyens ma femme se faisait coquette », se souvient-il. Quand c’est comme ça, souligne notre enseignant à la retraite, l’homme a toujours envie de retourner à la maison avant le crépuscule. Une fois à la maison, la femme doit tout faire pour y maintenir son époux le plus longtemps possible. « Nous aimions ressortir, mais savions quand rentrer, car on s’attendait à une surprise agréable. » dit-il. Le vieil éducateur indique qu’il n’arrête pas aujourd’hui de gronder ces belles filles. « Je ne peux pas comprendre qu’avec tout ce qu’elles ont qu’elles peinent à s’entretenir. Une femme qui se néglige ne peut pas prendre soin de son homme, encore moins de son cadre de vie » explique notre vieux à la retraite. Il nous contera l’histoire qui a failli ruiner le mariage de son premier garçon. Ce cadre de la banque dit ne plus reconnaitre sa femme. Celle-ci aux dires de son beau père était coquette avant leur mariage. Une fois mariée, elle s’est complètement délaissée. Et pourtant elle avait deux aides ménagères à son service. Le jour fatidique qui allait sonner le glas du couple, son mari est venu à l’improviste à la maison en compagnie d ‘un collègue. Le comble est que le mari avait averti son épouse une heure plutôt. « Les deux collègues sont venus trouver le salon sens dessus-dessous. La maitresse de maison était affairée à défaire sa tête. Très peu accueillante, elle sert à boire à son mari et son collègue la mine effroyable. Gêné, son époux la gronda et éclata devant l’invité. Cette altercation a poussé le conjoint à mettre sa femme dehors », narre notre interlocuteur. N’eut été l’intervention de son beau-père la fille allait grossir le tôt des épouses divorcées. Le vieux se souvient de la réponse que sa belle fille lui a donnée quand il lui a demandé pour quelle raison elle se néglige de la sorte. La belle fille donna cette réponse : « Je ne peux pas penser à moi entre le stress occasionné par son manque d’attention et la dépression déclenchée par ses attitudes d’homme mesquin et difficile. Tout cela ne me permet plus de penser à lui à plus forte raison de le séduire». Cette dame est à l’image de beaucoup de femmes à Bamako. «Pour être coquette il faut avoir la paix du cœur » lance Aïcha, nouvellement mariée. Notre interlocutrice révèle qu’elle est noyée par les exigences du mariage. « Je n’arrive pas à m’en sortir. Je n’ai aucun temps pour penser à moi. Vous savez que se faire belle prend du temps », dit-elle. À la question de savoir ce qui lui prend du temps pour se négliger de la sorte, elle bafouille sa réponse. Aicha explique qu’après sept mois de vie commune son mari avoue ne plus être attiré par elle. « J’ai l’impression qu’il me fuis. On ne peut plus discuter. Il me demande de changer alors que ce son comportement vis-à-vis de moi me désoriente. Il me fait oublier l’essentiel c’est-à-dire me faire belle comme il aime bien me voir ». FAIRE DES CONCESSIONS – Après une discussion sérieuse entre le couple, chacun a accepté de faire des concessions. Le résultat est surprenant. Aicha a recommencé à séduire son homme à travers des messages doux qu’elle lui envoyait pour le faire venir à la maison. « Le premier jour il n’a pas réagi. Je lui ai dit de rentrer que j’ai préparé son plat préféré pour le diner. Il n’est pas venu à temps, mais j’ai gardé mon calme. Cependant ma satisfaction était son regard plein de désir. En plus il n’est plus ressorti », se souvient notre interlocutrice. Aicha, un large sourire sur les lèvres, indique qu’après cette nuit, qu’elle savait que faire pour surprendre son homme, l’attirer dans son filet et entretenir leur amour. Mme Boly Ina Diallo, pense qu’étant en couple, la séduction est possible et normale. C’est une recommandation voire une exigence. «Non seulement cela pimente la vie de couple, mais c’est aussi bon pour le moral» témoigne-t-elle. Mme Boly n’a pas d’autre choix que de rester coquette et séduisante. « Mon mari a beaucoup d’amis et il aime les recevoir à la
Le ministre malien en charge de l’Énergie démissionne (communiqué)
Bamako, 02 juin (AMAP) Le ministre malien des Mines, de l’Énergie et de l’Eau, Lamine Seydou Traoré, a présenté sa démission, mercredi 31 mai, au Premier ministre Choguel Kokalla Maïga, qui l’a acceptée vendredi, annonce un communiqué de la Primature lu à la télévision nationale en début de soirée. Le ministre de l’Économie et des Finances, Alousséni Sanou, assure désormais cumulativement ses fonctions initiales et celles du ministre démissionnaire, indique la même source. Selon le communiqué, le président de la Transition, le colonel Assimi Goïta et le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, ont remercié le ministre démissionnaire « pour le travail accompli » et « formulé le vœu qu’il continue à mettre son expérience au service du Mali. » Le ministre Seydou Lamine Traoré est sur la sellette depuis plusieurs mois à cause des difficultés dans la fourniture de l’électricité et de l’Eau à travers le pays. Une situation qui a été fortement décriée par les populations à travers des manifestations dans plusieurs régions, notamment à Mopti (Centre), Gao (Nord) et Nara (Ouest). Sur les réseaux sociaux, les appels à sa démission se sont multipliés au point de lui valoir des excuses publiques auprès du peuple malien à travers un message télévisé. AT/MD (AMAP)
La campagne référendaire s’ouvre ce vendredi au Mali
Bamako, 02 juin (AMAP) La campagne référendaire s’ouvre ce vendredi après 15 jours d’intenses activités de vulgarisation du projet de Constitution que le Premier ministre, Choguel Kokalla Maïga, a clôturé, mercredi 31 mars 2023, au Centre international de conférence de Bamako (CICB). Le chef du gouvernement, en présence de plusieurs membres du gouvernement et d’autres personnalités, s’est dit satisfait du bon déroulement des activités de vulgarisation. Il a « remercié et félicité le peuple malien pour sa mobilisation dans toutes les Régions, de même qu’à l’extérieur du pays. » Dr Choguel Kokalla Maïga a soutenu que ce processus, inspiré des recommandations des Assises nationales de la refondation (ANR), « se tient à un moment crucial de la vie de notre nation. » « Le projet de Constitution met un accent particulier sur la Patrie, il proscrit définitivement la mauvaise gouvernance et la corruption et pose les bases d’un État nouveau », a-t-il rappelé. Le Premier ministre a soutenu que le projet de Constitution réalise, en effet, une avancée notable sur deux questions primordiales, notamment les langues et la laïcité de l’État. Les langues reconnues comme langues nationales au Mali sont, désormais, des langues d’expression officielle. En plus de l’officialisation des langues nationales, le projet constitutionnalise les Autorités et Légitimités traditionnelles du Mali. « Ce projet a été pensé par les Maliens et pour les Maliens, sans aucune interférence extérieure. Nous sommes convaincus que le peuple malien souverain, s’y reconnaîtra », a rappelé le chef du gouvernement, avant d’exhorter ses compatriotes « à maintenir la ferveur durant la campagne référendaire » qui s’ouvre ce 2 juin prochain. SS/MD (AMAP)
Les Douanes du Mali ont saisi 5 kg de cocaïne pure à Bancoumana (Koulikoro)
Bamako, 02 juin (AMAP) La Brigade mobile d’intervention (BMI) des douanes à Bancoumana, située dans le Cercle de Kangaba (Région de Koulikoro) a saisi, 5 kg de cocaïne pure, d’une valeur marchande de plus de 300 millions de Fcfa, dans la nuit du mardi au mercredi 31 mai 2023, a appris l’AMAP de source officielle. L’opération s’est déroulée sur l’axe Mali-Guinée lorsqu’un mini bus passait devant le poste de contrôle de cette brigade mobile au niveau de Siby. Selon le chef de la BMI, le commandant Mohamed Doucouré, le véhicule n’avait pas fait l’objet de renseignement au préalable. « C’est lors d’une inspection de routine que la présence d’une dame, avec un comportement relativement suspect, a attiré l’attention des agents » a-t-il expliqué. La passagère, de nationalité guinéenne, était détentrice d’un porte-documents avec des devises étrangères et d’un sac banalisé de faible valeur marchande qu’elle surveillait comme du lait sur le feu. « Une fouille approfondie a permis de découvrir dans ses affaires cinq paquets de cocaïne pure d’un kilogramme chacun ». Selon le directeur régional des douanes de Koulikoro, Diagueli Diakité, les délinquants changent de méthodes très souvent. « Ils choisissent de plus en plus la banalité au détriment des caches aménagées», analyse M. Diakité. Comme l’exige la procédure et les termes du Code des Douanes, la saisie ainsi que la présumée délinquante ont été conduits dans les locaux de la douane pour l’analyse du produit et les premières auditions avant la saisine du procureur de la République. Cette saisie intervient seulement quelques jours après une autre coup de fillet des douanes maliennes portant sur (5,2 kg) opérée par la BMI de Bamako. Pour le Directeur général des Douanes, l’inspecteur général Amadou Konaté, cette série de saisies de cocaïne « est un éloquent témoignage de la vigilance de nos unités sur le terrain pour traquer le trafic des stupéfiants en particulier et la fraude en général. » L’inspecteur général Amadou Konaté a transmis les félicitations du ministre de l’Economie et des Finances aux agents auteurs de la saisie et les a invités « à garder l’œil ouvert en ces moments sensibles de campagne référendaire. « AT/MD (AMAP)
Consommation de viande: La charogne dans nos assiettes
Par Oumar SANKARÉ Bamako, 1er juin (AMAP) «Je ne te donne pas mon numéro de téléphone, ni mon nom ni mon adresse. Rendez-vous, dans 4 jours, à la Tour de l’Afrique à 18 heures.» Cet interlocuteur nous a permis de pénétrer un milieu dangereux, celui des bouchers clandestins, après 10 jours de recherche. Teint noir, 1,70 m environ, musculature saillante, M.S est un employé de quincaillerie qui livre du ciment la journée et, la nuit, garde une maison en construction. Boucher pendant 4 ans à Kéniéba avant de venir à Bamako, il a opéré autant dans la clandestinité que dans la légalité. Plusieurs fois, il a dépecé des bœufs morts et vendu la viande sur le marché. Aujourd’hui, l’homme ne vit plus de cette activité illicite. Le commerce de charogne a pris une ampleur que l’on ne peut imaginer, d’après M.S. «Un riche commerçant de la localité possédait un bœuf d’une valeur de 500.000 Fcfa. L’animal s’est fracturé une patte et en est mort. Le monsieur nous a appelés… Le même jour, la viande était au marché. Il ne voulait pas perdre son investissement surtout que l’animal n’est pas mort de maladie», explique M.S sans ciller. Pour prouver qu’il ne raconte pas d’histoire, l’homme nous a emmené dans un Grin (groupe informel de discussion) à Sénou. Il voulait nous montrer une opération clandestine de dépeçage d’un animal mort. À 21 heures, il reçoit un appel. Nous enfourchons aussitôt une moto. Après une vingtaine de minutes sur une voie menant à un quartier mal éclairé, dans une concession, nous attend un homme assis sur son tricycle. Une lampe laisse échapper une lumière faible. Un bovin est déchargé de l’engin. L’animal ne bouge pas. Rapidement, trois personnes le tirent sur quelques cartons. On l’égorge. Le sang ne gicle pas comme d’ordinaire. En 30 minutes, la bête est dépecée. Chacun des bouchers prend une cuisse, le reste (autres parties charnues, intestins, foie, pattes…) est chargé dans le tricycle. Le tout sera vendu. Le conducteur du tricycle explique que le bœuf mort provient d’une ferme dont le propriétaire lui a fait appel pour s’en débarrasser. «Au début, je jetais les carcasses dans les zones non habitées. Aujourd’hui, il faut aller de plus en plus loin. Je ne peux plus me permettre cela. Donc, je procède ainsi depuis le jour où j’ai failli me faire lyncher par des habitants d’un quartier quand nous sommes allés jeter un cheval mort. Il faut reconnaitre que c’est lucratif et économique aussi, car j’amène une partie des bœufs et moutons en famille», confie-t-il. Pendant trois jours, nous suivrons les «bouchers» de circonstance. Ils n’ont pas un lieu d’abattage spécifique d’autant plus que la matière peut venir des fermes, des chargements de camions de bétail qui arrive à Bamako ou encore les « garbals » (marché à bestiaux). Souvent, l’opération se passe sous les yeux des propriétaires. A MOITIÉ PRIX – Au garbal de Sabalibougou, O.C, la cinquantaine, vide la moitié d’un sac d’aliment bétail dans un bac alimentaire pour moutons. «Il est vrai que les animaux meurent ici au garbal ou au cours du voyage», reconnait-il. Quand l’animal est sur le point de mourir et qu’on se trouve en ville, on fait appel aux bouchers qui les prennent à la moitié de sa valeur marchande. Par contre, lorsque l’animal meurt, on l’offre à des personnes qui ne se posent pas de questions sur les préceptes religieux, encore moins sur les risques sanitaires. Et si l’animal meurt alors qu’on est en brousse, on jette le cadavre. Ce n’est pas exclu que d’autres passent derrière nous pour le récupérer, explique-t-il. O.C s’approvisionne à Gossi, à près de 150 km de Sévaré (Mopti). Pour acheminer les bêtes sur Bamako, il faut au moins deux jours de voyage dans des conditions difficiles. D’autres commerçants de bétail s’approvisionnent jusqu’à Gao. «L’état de la route Gao-Sévaré est très mauvais. On doit subir, en plus, des tracasseries de la police, de la gendarmerie et de la douane même si tous nos papiers sont en règle. Les pertes de temps, la chaleur, la fatigue et le nombre élevé d’animaux par chargement entrainent en moyenne deux ou trois morts parmi les bêtes. Dans la cargaison, certains, trop fatigués, essayent de se coucher et se font piétiner par les autres», explique O.C. Un peu à l’écart, un groupe de jeune brûle des têtes de moutons et nettoient les viscères. Abdoulaye Kanouté, boucher, soutient qu’ils égorgent les animaux sur le point de mourir mais jamais ceux qui sont déjà morts. Le business de la charogne ne concerne pas que les animaux dont la consommation est admise par tous dans notre société. Fanta Diakité témoigne : «J’ai acheté de la viande d’âne mort sans m’en rendre compte à Missabougou. Après cuisson, ça ne ressemblait à aucune viande que j’ai l’habitude de préparer. On a donc versé cette sauce et le lendemain, je suis retournée au marché. C’est là qu’on m’apprendra que deux groupes de bouchers occupent cette place. Le premier, dans la matinée, et le second à partir de 14 heures. Ces derniers vendent, selon les témoignages d’autres bouchers, toutes sortes de viande», relate-t-elle. Un commissariat de police de Bamako a mis aux arrêts un boucher dépeçant un animal mort. La suite de l’affaire ? Approchée, la police n’a jusque-là pas donné de suite à notre demande d’interview. QUATRE MORTS DANS UNE FAMILLE – L.B est un jeune éleveur de poulets. Il reconnait avoir vendu des poulets morts «une seule fois», au début de ses activités. «Je disposais d’environ 1.000 têtes et un matin, j’ai trouvé que 200 étaient morts. J’ai rapidement égorgé les 100 autres qui avaient l’air agonisant et je les ai livrés chez des clients (hôtels et restaurants)», confie le jeune entrepreneur qui ne «pouvais pas se permettre une telle perte». Risque sanitaire ? Il suffit juste de bien le cuire et tous les microbes meurent, croit savoir L.B. «À Kolokani et à Bamako, certains hôtels, restaurants et autres particuliers qui font des « poulets télévisés » au bord des voies publiques
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 31 mai 2023
Le Conseil des Ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 31 mai 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : -adopté des projets de texte : -et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LEGISLATIVES ET REGLEMENTAIRES 1.Sur le rapport du ministre des Transports et des infrastructures, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret fixant les modalités de prise en charge du Président de la Commission d’enquête, des enquêteurs techniques, des enquêteurs de premières informations et des autres membres de la Commission d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile. Le Mali est membre de l’Organisation de l’Aviation civile internationale et a adhéré à la Convention de Chicago relative à l’Aviation civile internationale, signée le 07 décembre 1944. La norme 3.2 de l’Annexe 13 à la Convention de Chicago et les dispositions du Règlement n°08/2013/CM/UEMOA du 26 septembre 2013 portant Code communautaire de l’aviation civile des Etats membres de l’UEMOA font obligation aux Etats membres de mettre en place un service d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile, indépendant des autorités nationales de l’aviation. En application de ces instruments internationaux, la Loi n°2011-014 du 19 mai 2011 portant Code de l’aviation civile prévoit la création d’un organisme ad’ hoc indépendant, placé sous la responsabilité du ministre en charge de l’aviation civile, appelé « Commission d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile ». Cette commission est chargée de procéder aux enquêtes techniques relatives aux accidents et incidents d’aviation civile survenus sur le territoire du Mali. Le Décret n°2022-0682/PT-RM du 16 novembre 2022 portant création, organisation et modalités de fonctionnement de la Commission d’enquête sur les accidents et incidents d’aviation civile prévoit, dans ses dispositions qu’un décret pris en Conseil des Ministres fixe les modalités de prise en charge du Président de la Commission d’Enquête, des enquêteurs techniques, des enquêteurs de premières informations et des autres membres de la Commission d’Enquête. Le projet de décret adopté fixe les avantages accordés au Président, aux enquêteurs et aux autres membres de la Commission d’enquête et limite le bénéfice desdits avantages à la période d’enquête. 2. Sur le rapport du ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, le Conseil des Ministres a adopté des projets de texte relatifs à la ratification de l’Accord de prêt signé à Bamako, le 20 février 2023, entre le Gouvernement de la République du Mali et le Fonds africain de Développement, relatif au financement du Projet 2 du Programme de Renforcement de la Résilience à l’Insécurité alimentaire et nutritionnelle au Sahel. Par cet accord, le Fonds Africain de Développement consent au Gouvernement de la République du Mali un montant maximum équivalant à 25 millions Unités de Compte, soit 21 milliards 340 millions 500 mille francs CFA environ. La réalisation du projet, objet du présent financement contribuera à l’amélioration des conditions de vie et de la sécurité alimentaire et nutritionnelle des populations au Sahel et en Afrique de l’Ouest. De façon spécifique, elle permettra : -d’accroître durablement la productivité et les revenus tirés des chaînes de valeurs agro-sylvo-pastorales et halieutiques ; -de renforcer les capacités adaptatives des populations par une meilleure maîtrise des risques climatiques et d’atténuer les effets du changement climatique. Sur le rapport du ministre de l’Economie et des Finances, le Conseil des Ministres a adopté : un projet de décret portant approbation du marché relatif aux travaux d’aménagement du tronçon urbain de la Route nationale n°27 (Bamako-Koulikoro) à Bamako. Le marché est conclu entre le gouvernement de la République du Mali et le Groupement d’entreprises COVEC-Mali/EGK pour un montant de 29 milliards 146 millions 247 mille 778 francs CFA hors taxes et hors douanes et un délai d’exécution de trente-six (36) mois. La réalisation de ce projet permettra d’améliorer le niveau de service des voiries urbaines sur les axes concernés, de faciliter la mobilité des populations et de contribuer au développement économique et social du pays. un projet de décret portant approbation du marché relatif au transport des pèlerins de la filière gouvernementale dans le cadre du Hadj 2023. Le marché est conclu entre le Gouvernement de la République du Mali et le groupement EGYPTAIR-KALIS VOYAGES SARL, pour un montant de 2 milliards 748 millions 850 mille francs CFA toutes taxes comprises et un délai d’exécution de trente (30) jours. Son exécution permettra aux pèlerins de la filière gouvernementale d’accomplir leur devoir religieux dans les meilleures conditions possibles à travers, notamment la maîtrise des programmes de vols. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre d’État, ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation a informé le Conseil des Ministres, des préparatifs du référendum constitutionnel de juin 2023. La Charte de la Transition révisée ainsi que la feuille de route assignent, entre autres à la Transition, le lancement du chantier des réformes politiques, institutionnelles, électorales et administratives, l’organisation du référendum et des élections générales. Pour réaliser les réformes et organiser les élections, le Gouvernement a adopté le chronogramme des réformes politiques et électorales, du référendum et des élections générales. Dans le cadre de la mise en œuvre de ce chronogramme, le Gouvernement a convoqué, à l’issue du processus d’élaboration du projet de Constitution, par le Décret n°2023-0276/PT-RM du 05 mai 2023, le collège électoral à l’effet de se prononcer sur le projet de Constitution le dimanche 11 juin 2023, pour le vote par anticipation des membres des forces de défense et de sécurité et le dimanche 18 juin 2023, pour les autres électeurs. Plusieurs activités ont été réalisées à la date d’aujourd’hui pour l’organisation de ce scrutin. On peut noter, entre autres : la mise à jour du fichier électoral ; l’adoption de la décision fixant le modèle et le libellé de la carte d’électeur biométrique ; la confection et la personnalisation de cartes d’électeur biométriques ; l’adoption de la décision fixant les modalités de distribution des cartes d’électeur biométriques à l’occasion du référendum ; l’impression des listes électorales,
Biodiversité et sécurité alimentaire : Pesticides, une menace pour les abeilles
Par Makan SISSOKO Bamako, 31 mai (AMAP) «Lorsque les abeilles disparaitront de la surface du globe, l’Homme n’aurait plus que quatre années à vivre» a écrit Albert Einstein dont la citation réapparait dès que la question de la surmortalité des abeilles revient dans le débat public. Elle témoigne de l’importance vitale des abeilles dans la vie des êtres humains. Ces insectes jouent un rôle crucial dans la reproduction des fleurs en transportant le pollen d’une fleur à une autre, favorisant ainsi la production de fruits, de légumes et autres cultures. En conséquence, la disparition des abeilles aurait des répercutions drastiques sur la biodiversité, l’agriculture et l’alimentation humaine. Environ un tiers de la production alimentaire mondiale dépend de la pollinisation par les abeilles et d’autres insectes pollinisateurs. C’est pourquoi il est urgent de protéger les abeilles et leur environnement pour préserver notre production alimentaire et la biodiversité de notre planète. Au-delà de leur importance pour la biodiversité, les abeilles sont également exploitées par les humains pour leur potentiel de production de miel et de cire d’abeille. Aliment naturel sucré et nutritif apprécié par les humains depuis des milliers d’années, le miel est aussi utilisé dans de nombreux produits alimentaires et cosmétiques. La cire d’abeille, elle, sert dans la construction des alvéoles de leur ruche. Elle est couramment utilisée dans les produits de soins de la peau, dans la fabrication de bougies, de produits de polissage, de cosmétiques et des médicaments pharmaceutiques. Elle est également utilisée dans la production de produits alimentaires tels que le fromage, le chewing-gum et les bonbons. Abdrahamane Kouyaté possède quatre sites d’exploitation apicoles sur une superficie totale de 85 hectares dans le village de Zantiguila, Commune rurale de Sanankoroba. Avec 400 ruches de miel, sa production trimestrielle est estimée à une tonne de miel. Il explique que l’apiculture est une activité qui est très liée à l’agriculture et à l’élevage. Et de poursuivre que les abeilles se nourrissent des feuilles et des fleurs des plantations. « C’est pourquoi, dit-il, l’agriculture est importante pour la production du miel aussi bien que les abeilles pour l’augmentation de la productivité des cultures. » L’apiculteur souligne que les abeilles contribuent beaucoup à l’équilibre de l’écosystème. «Elles sont des pollinisateurs importants pour de nombreuses plantes. En collectant le nectar des fleurs pour produire du miel, les abeilles transportent le pollen d’une fleur à l’autre, aidant ainsi les plantes à se reproduire et à se propager», explique-t-il. À en croire Kouyaté, l’apiculture est une activité très rentable qui nourrit son homme. RÉDUCTION DE 30 A 33% – « En la matière, l’Association pour le développement de l’apiculture moderne (ADAM) soutient les apiculteurs. Nous achetons des ruches subventionnées avec l’ADAM avec une réduction de 30 à 33%. Ce qui nous permet de bénéficier de l’assistance d’une équipe pour installer des ruches dans nos champs», révèle-t-il. Précisant que quand les abeilles se nourrissent suffisamment à l’aide des plantes à fleurs, comme le melon, la pastèque, la papaye et les légumes, elles parviennent à remplir leurs ruches entre 60 à 90 jours. Cet agriculteur affirme que le miel est la principale source de nourriture des abeilles. Et dans nos sociétés, il est utilisé depuis des milliers d’années comme édulcorant naturel et comme remède pour de nombreux maux. Dans l’apiculture, les producteurs gagnent en miel, en cire et en production agricole. Quant à notre apiculteur, il récolte aussi la cire d’abeille. À l’intérieur du pays, Abdrahamane Kouyaté vend son litre de miel à 3 000 Fcfa contre 6 000 Fcfa à l’extérieur. «La cire d’abeille est aussi un avantage dans la production du miel. Le kilo de cire est vendu entre 1 000 à 15 00 Fcfa. Avec une tonne de miel, je peux avoir environ 500 kilos de cire. Je vends la moitié de ma cire pour garder le reste que je réutilise dans les ruches pour attirer les abeilles avec l’odeur», dit-t-il. Pour récolter la cire, l’apiculteur retire les cadres de rayons de la ruche. Les cadres sont ensuite placés dans un extracteur de cire, qui la sépare des restes de miel et de pollen. La cire est ensuite fondue et filtrée pour éliminer les impuretés. Par ailleurs, l’agro-apiculteur soutient que l’utilisation des pesticides contribue à réduire drastiquement la population des abeilles. «L’utilisation des produits dans les champs sont extrêmement néfastes pour les arbres, les insectes et les humains. Raison pour laquelle, je n’utilise jamais de produits chimiques dans mon champ», révèle le paysan. Abdrahamane Kouyaté invite, à cet effet, les autorités à mettre en place un service dédié à la valorisation des abeilles. CENT TONNES DE MIEL – À notre passage au siège de l’ADAM, dans la Zone industrielle, au quartier Bougouba, ses membres fabriquaient des centaines de ruches de couleur blanche dénommée « Ruche Kenya» (du nom du pays qui les confectionne) et d’autres matériels apicoles au profit des apiculteurs. Créée en 2009, l’Association a organisé de nombreuses formations sur la transformation et l’exploitation du miel. Elle compte aujourd’hui une dizaine de membres répartis sur toute l’étendue du territoire national. Par an, sa production est estimée à plus de 100 tonnes de miel. Son président, Mamadouba Keïta, souligne que la plupart de la production est vendue sur place aux étrangers qui exportent les produits. «Nous souhaitons arrêter cette exportation pour essayer d’ajouter de la valeur à nos produits, créer des emplois et de la richesse dans le pays», souligne-t-il. En ce qui concerne son aspect traditionnel, Mamadouba Keïta soutient que les abeilles contribuent à soigner notamment le paludisme et des maladies respiratoires. Et elles protègent les arbres contre des maladies qui, à leurs tours, contribuent au renforcement du système écologique. Mamadouba Keïta compare l’apiculture à l’élevage des animaux compte tenu de son intérêt vital. Il déplore le fait qu’aujourd’hui, le secteur soit frappé de plein fouet par l’utilisation abusive des pesticides dans l’agriculture. Ce qui réduit la population des abeilles au Mali d’environ 45%. À cela s’ajoute les effets néfastes des changements climatiques. Ces facteurs, selon lui, feront que dans dix ans, les populations des abeilles
Usine malienne de produits pharmaceutiques : Retour dans le giron de l’Etat
Bamako, 31 mai (AMAP) Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Mahmoud Ould Mohamed, s’est rendu, lundi, à l’Usine malienne de produits pharmaceutiques (UMPP), située dans la Zone industrielle de Bamako, dans le cadre de la mise en œuvre du plan de relance de cette société et pour constater les conditions de travail du personnel. L’UMPP, qui était une fierté nationale dans les années de cogestion avec les partenaires chinois, vit en ce moment des jours difficiles. L’avenir de cette unité de production tombée dans le giron du ministère de l’Industrie et du Commerce doit être repensé. C’est pourquoi, le gouvernement a approuvé en Conseil des ministres du 18 novembre 2022, un plan de relance tout en décidant de revenir sur l’ouverture de son capital. «J’ai vu une unité industrielle où les travailleurs sont suffisamment engagés au maintien de l’unité en marche. Le gouvernement va continuer à soutenir l’UMPP pour être encore plus moderne en remplissant les attentes des populations maliennes», a assuré le ministre à la fin de sa visite. Le visiteur, guidé par l’ancien directeur général par intérim de l’usine, le Pr Alou Amadou Keïta, s’est rendu à la section sirop où, plusieurs machines de production de médicaments sont à l’arrêt. Même constat au niveau de la section pommade, de la chaîne de comprimés et de la division contrôle laboratoire. Au niveau de la chaîne des pesées, quelques machines tournent à faible régime. L’usine est confrontée à un manque de ressources financières, mais aussi à la vétusté des outils de production et à un énorme passif. Ces difficultés doivent trouver leurs solutions dans le plan de relance. Mahmoud Ould Mohamed a souligné que les dépenses du Mali, en termes d’achats et d’importation de produits pharmaceutiques, sont énormes. D’où l’importance de cette usine qui « apparaît comme un facteur économique de notre souveraineté. » Il a aussi promis que « dans un ou deux ans, cette fabrique de médicaments sera remise à flot et répondra aux standards internationaux. » Des efforts seront aussi accomplis dans ce sens. Aujourd’hui, l’UMPP ne réalise que trois formes pharmaceutiques sur trois lignes de production. Alors qu’elle réalisait sur ses quatre chaînes de production, cinq formes pharmaceutiques pour une gamme de 33 produits présentés en Dénomination commune internationale (DCI). Vingt huit de ces 33 produits figurent sur la liste nationale des médicaments essentiels. L’UMPP a touché le fond quand l’État a autorisé en 1999, dans le cadre de son désengagement du secteur industriel, l’ouverture de son capital. Depuis, il y a eu une diminution de sa capacité de production consécutive à des difficultés. Pour la commission santé du Conseil national de Transition (CNT), ces difficultés sont liées à la non-commercialisation de certaines molécules, au retrait de la chloroquine dans le schéma thérapeutique, à l’insuffisance du personnel (49 agents actuels contre un effectif de 80 agents souhaités). Mais, aussi, des équipements obsolètes et des dettes évaluées au 31 décembre 2020 à 2,19 milliards de Fcfa. S’y ajoute un problème juridique qui remet en cause l’existence de l’UMPP en tant que société de droit malien. La mise en œuvre du plan de relance nécessite pour l’État malien de prendre des mesures législatives et règlementaires visant notamment à faire de l’UMPP, une société d’Etat et à étendre son objet afin qu’elle soit plus compétitive. C’est ainsi que le CNT a adopté, le 18 mai dernier, la loi portant création de la société d’État dénommée «Usine malienne de produits pharmaceutiques». L’UMPP retrouve ainsi son statut initial. Elle était une société d’État à sa création en février 1989, avec un capital de 2,55 milliards de Fcfa et entièrement souscrit par l’Etat. FC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle Mopti 2023 : Les organisateurs à pied d’œuvre, selon le ministre en charge de la Culture
Bamako, 31 mai (AMAP) Des dispositions sont prises sur les plans sécuritaire, technique et financier pour faire de cette manifestation biennale une vraie réussite, avec la participation effective des 19 régions du Mali et du District de Bamako, a annoncé, lundi, le ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme Andogoly Guindo. Au cours d’une conférence de presse au Centre international de conférences de Bamako (CICB), pour faire le point des préparatifs de ce grand rendez-vous culturel prévu à Mopti (Centre), M. Guindo a indiqué que c’est un défi organisationnel que doit relever la Commission nationale d’organisation mise en place, en avril dernier, et présidée par le secrétaire général du ministère de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme. Le ministre a rappelé que c’est la ville de Mopti (Centre) qui accueillera l’événement du 06 au 16 juillet placé, cette année 2023, sous le leadership du président de la Transition, le colonel Assimi Goïta. La Biennale est un héritage de la première République (1960-1968) et des gouvernements qui se sont succédés. Elle a toujours eu pour fil conducteur la promotion et le développement d’une culture ancrée dans les valeurs endogènes. en restant ouverte aux autres, en vue de construire une identité commune. Elle a pour objectif de faire de la Culture le levier de l’unité nationale, de la paix, de la cohésion sociale, du vivre ensemble et du développement socio-économique et culturel du Mali. Selon le ministre Guindo, la reprise de la Biennale artistique et culturelle est une volonté du président de la Transition Assimi Goïta, « qui entend faire de la culture un puissant levier d’interpénétration, de cohésion sociale et de vivre-ensemble, un espace de dialogue des cultures, mais aussi d’éclosion des talents. » Elle s’inscrit dans le cadre de la mise en œuvre de l’Accord pour la paix et la réconciliation issu du processus d’Alger, des recommandations des Assises nationales de la refondation et elle s’inscrit dans le cadre stratégique de la refondation. L’édition 2023 de la Biennale artistique et culturelle aura pour thème : «Le Mali : une histoire commune, une seule nation, un même destin». Mopti 2023 aura la particularité de réunir pour la première fois les 19 régions du Mali et le District de Bamako. Plusieurs disciplines sont au programme, à la fois en compétition officielle et dans les espaces off. Les compétitions officielles porteront sur l’ensemble instrumental traditionnel, le solo de chant, la pièce de théâtre, la musique d’orchestre, la danse traditionnelle, le chœur, le ballet à thème. Et plusieurs autres espaces seront animés dans la ville pour promouvoir les expressions artistiques et culturelles. Le ministre Guindo a tenue à situer l’événement dans son contexte en rappelant l’enjeu que représente la reprise de la Biennale dans un Mali dont les autorités travaillent nuit et jour pour recoudre le tissu social entamé et fragilisé par une décennie de crise sécuritaire. La place de la culture, dans un tel contexte, est très importante. YD/MD (AMAP)
Le Conseil national de Transition adopte la loi pour la relance de la Compagnie malienne des textiles
Par Dieudonné DIAMA Bamako, 31 mai (AMAP) Le projet de loi portant ratification de l’ordonnance du 16 mars 2023 portant création de la Compagnie malienne des textiles (COMATEX-Sa), après son adoption par le Conseil des ministres, a été approuvé, lundi, dernier par le Conseil national de Transition (CNT). Ce texte porte essentiellement sur le plan de relance de ce qui a été un fleuron de l’économie du Mali. C’est le 30 octobre 1993 que le gouvernement a signé une convention pour ouvrir le capital social de la COMATEX à la société China national overseas engineerig (COVEC). À l’issue de cette convention, la société a été érigée en COMATEX-SA avec 80% des actions appartenant à la COVEC soit 1, 200 milliards de Fcfa et 20% à l’État malien soit 300 millions de Fcfa. L’objectif de cette convention était de déterminer les conditions générales, économiques, administratives, financières, fiscales, douanières et sociales d’exercice des activités de la société. Malgré cette situation, la COMATEX était confrontée à des difficultés financières et économiques qui ont engendré des tensions de trésorerie à cause du vieillissement des équipements, de la non maitrise des charges d’exploitation (eau et électricité), de la concurrence des tissus importés notamment d’Asie. Sa situation financière se caractérise par un passif important d’ordre financier et social et d’un autre lié à l’exploitation. Ses dettes sont évaluées à 8,651 milliards de Fcfa dont 880,654 millions de Fcfa de dettes fiscales. Au regard de cette situation financière critique, le Conseil d’administration et l’Assemblée générale ont demandé en 2018 la liquidation de la société. Par la suite, une procédure judiciaire collective a été introduite soit pour sa liquidation ou son redressement. Afin de préserver les emplois et compte tenu de la position stratégique de la société pour le développement économique du pays en général et de la Région de Ségou en particulier, le gouvernement a opté pour le redressement judiciaire. A cet effet, le ministère de l’Économie et des Finances a, en rapport avec celui de l’Industrie et du Commerce, entrepris des actions prioritaires notamment la soumission d’une communication verbale au Conseil des ministres en novembre 2021 avec un plan de relance pour permettre à la société de faire face aux difficultés. Dans ce sens, il y a eu la signature d’une convention pour la cession des actions de la COVEC au franc symbolique. Ce plan prévoit aussi le paiement des arriérés de salaires des travailleurs. UNIQUE ACTIONNAIRE – Ces efforts fournis par le gouvernement de Transition ont permis de faire homologuer un concordat par le Tribunal du commerce de Bamako en son audience du 11 janvier 2023. Pour la mise en œuvre du plan de relance approuvé par le tribunal, il est apparu nécessaire de prendre une mesure législative pour permettre à l’État d’être l’unique actionnaire de la Compagnie constituée en Société anonyme (SA), d’adapter les statuts à la forme de société anonyme dont le capital est entièrement détenu par l’État, d’étendre son objet en vue de lui permettre d’être plus compétitive. Il s’agit, également, de conformer les nombreuses clauses statutaires aux dispositions impératives de l’Acte uniforme relatif au droit des sociétés commerciales et du Groupement d’intérêt économique (AUSCGIE). Et d’adapter les statuts à certaines innovations du traité relatif à l’Organisation pour l’harmonisation du droit des affaires en Afrique (OHADA) et aux pratiques de bonne gouvernance. Sur le montant des dettes de la Comatex (8,651 milliards de Fcfa au 31 décembre 2019) on compte un passif financier de 2,08 milliards de Fcfa à la COVEC Beijing et 1,35 milliards de Fcfa dû à la Banque de développement du Mali (BDM-Sa). Il inclut un passif d’exploitation de 2,601 milliards de Fcfa à la société Soyatt, 708,134 millions à la CMDT, 97,317 millions de Fcfa à EDM-SA, 13,518 millions de Fcfa à la Sotelma. Le passif social est de 921 millions de Fcfa de droits réclamés par les travailleurs et 880,654 millions de Fcfa de dettes fiscales. Les négociations avec la COVEC ont abouti à la cession de la COMATEX au franc symbolique y compris leur dette soit 2,080 milliards de Fcfa. En déduisant cette somme, le montant réel des dettes de la société sera de 6,571 milliards de Fcfa. APURER LE PASSIF – Au plan de la gouvernance, il sera procédé au remplacement des dirigeants de la société à qui, des missions spécifiques seront assignées notamment la relance des activités, la maitrise des charges, la maintenance des équipements, la bonne gouvernance etc. Au plan de l’équilibre d’exploitation, la société devra retrouver son équilibre en assurant une bonne maitrise des charges d’exploitation. Au plan de la promotion commerciale et de l’engagement politique, le ministère de l’Économie et des Finances discutera avec les structures concernées pour estimer les intentions de commandes publiques auprès de la COMATEX relatives aux évènements (8 mars, rentrée scolaire, fête de l’Armée, 1er mai, panafricaine des femmes, journée des paysans, etc). Le ministère en charge des Finances négociera avec la CMDT les subventions sur les livraisons de coton à la COMATEX et paiera les frais nécessaires à l’entretien et à la relance des machines. Aussi, le ministre de l’Économie et des Finances s’est engagé à apurer le passif de la COMATEX dans une période de 2 ans. Les dépenses urgentes à prendre en charge en plus d’une partie de la dette sociale sont celles relatives à la relance effective de l’usine. Il s’agit de 50 millions de Fcfa pour l’acquisition d’un groupe électrogène de 250 Kva, 50 millions de Fcfa pour les charges de démarrage (entretien des machines), 176 millions de Fcfa pour l’achat de consommables (pièces détachées, colorants…), 166 millions de Fcfa pour l’achat de coton et 80 millions de Fcfa pour l’achat de carburant et le paiement des factures d’électricité. Le montant cumulé nécessaire pour la reprise s’est élevé en 2022 à 722 millions de Fcfa y compris la prise en charge de la 2è tranche de la dette sociale qui fait 200 millions de Fcfa. Pour assurer la pérennité des activités de la COMATEX, le gouvernement s’engage à mettre en œuvre

