Retrait de la MINUSMA : Le plan des opérations en cours d’élaboration
Bamako, 13 juil (AMAP) Le comité conjoint gouvernement du Mali-Mission multidimensionnelle intégrée pour la stabilisation au Mali (MINUSMA) pour la mise en œuvre de la résolution 2690, qui met fin à la mission onusienne, s’est réuni, mardi, sur le plan de retrait. «Nos équipes se sont mises au travail. Dans ce cadre, nous avons mis en place, coté gouvernement, des groupes de travail chargés de voir l’ensemble des éléments nécessaires pour matérialiser ce retrait », a expliqué le ministre malien des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Abdoulaye Diop. Selon M. Diop, il y a aussi des groupes de travail conjoints avec la MINUSMA. Et ces groupes ont commencé à examiner l’ensemble des dimensions aussi bien sur le plan civil que militaire. Le chef de la diplomatie malienne a expliqué que l’objet essentiel de la réunion de mardi était d’échanger sur les éléments, activités et tâches nécessaires par rapport à un plan de retrait. «La MINUSMA nous a fait une présentation. Nous sommes en phase par rapport à la méthodologie et à l’ensemble des éléments dont nous avons besoin pour pouvoir exécuter ces opérations de retrait», s’est réjoui le ministre Diop, avant de préciser que le gouvernement a souhaité avoir un peu plus d’informations détaillées. Cela, afin de pouvoir, dans les plus brefs délais, adopter conjointement ce plan de retrait et entrer dans la phase active de mise en œuvre. Pour Abdoulaye Diop, la mobilisation de plus d’une dizaine de ministres prouve l’importance que le gouvernement accorde à cette tâche. Mais également, sa grande coopération et sa disponibilité pour un retrait de façon coordonnée, ordonnée et sécurisée. Afin de mettre en œuvre la résolution sur le retrait de la Mission onusienne, un comité ministériel composé d’une dizaine de ministres a été mis en place. C’est ce comité qui s’est réuni, mardi, au ministère des Affaires étrangères et de la Coopération internationale. Abdoulaye Diop, a fait savoir que depuis l’adoption de la résolution consacrant le retrait de la MINUSMA, il a eu beaucoup de consultations avec le représentant spécial du secrétaire général de l’ONU au Mali, El-Ghassim Wane. DIMENSIONS SOCIALES – Abdoulaye Diop a souligné que le gouvernement est conscient de la nécessité de prendre en charge la dimension socio-économique de ce retrait. « A cet effet, a-t-il dit, un groupe de travail particulier a été mis en place pour gérer l’atténuation des effets socio-économiques de ce retrait. » « Des premiers éléments ont déjà été dégagés pour faire en sorte que l’impact de ce retrait soit réduit au minimum sur les communautés des localités et les individus qui pourraient être affectés par cette situation », a expliqué le ministre Diop, qui a dit sortir satisfait de l’échange avec l’équipe de la MINUSMA. Pour sa part, le chef de la Mission onusienne au Mali, El-Ghassim Wane, a assuré que le délai de six mois prévu pour le retrait sera respecté. Le chef de la MINUSMA s’est réjoui « du très bon déroulement de cette réunion » qui s’est tenue en présence de plusieurs membres du gouvernement malien et de toute la direction de la Mission. Selon El-Ghassim Wane, « c’est un signe fort de la volonté des deux parties de travailler ensemble dans un bon esprit pour des opérations de retrait dans les délais de façon sécurisée, ordonnée et coordonnée. » D’après lui, cette rencontre a marqué une étape importante et fait suite à d’autres réunions avec le ministre Diop et avec des experts qui ont permis de poser les jalons. Pour le chef de la MINUSMA, la réunion de mardi a permis d’avancer et «nous allons maintenant essayer de donner d’autres détails supplémentaires pour permettre au plan de retrait d’entrer dans la phase active de mise en œuvre». «Je me réjouis du bon esprit de la réunion et l’assurance que nous avons reçue, à nouveau, du gouvernement qu’il apportera tout le soutien nécessaire pour exécuter ce retrait dans de bonnes conditions», a indiqué le chef de la MINUSMA. Il a rappelé que ce plan s’étale jusqu’au 31 décembre et qu’il ne reste que cinq mois et demi pour le mener à bien. El-Ghassim Wane a indiqué que les autres détails de l’opération sont en cours d’élaboration et que l’objectif reste le même : respecter le délai de six mois. DD/MD (AMAP)
Communiqué du Conseil des ministres du mercredi 12 juillet 2023
Bamako, 13 juil (AMAP) Le Conseil des ministres s’est réuni en session ordinaire, le mercredi 12 juillet 2023, dans sa salle de délibérations au Palais de Koulouba, sous la présidence du Colonel Assimi GOITA, Président de la Transition, Chef de l’Etat. Après examen des points inscrits à l’ordre du jour, le Conseil a : adopté un projet de décret ; procédé à des nominations ; et entendu des communications. AU CHAPITRE DES MESURES LÉGISLATIVES ET RÈGLEMENTAIRES Sur le rapport du ministre de l’Urbanisme, de l’Habitat, des Domaines, de l’Aménagement du Territoire et de la Population, le Conseil des Ministres a adopté un projet de décret portant affectation au Ministère de l’Economie et des Finances, de la parcelle de terrain, objet du titre foncier n°2566 du District de Bamako pour la construction de certains services de la Direction Générale des Impôts. La parcelle de terrain, objet du titre foncier n°2566, d’une superficie de 39 ares 99 centiares, objet de la présente affectation, est destinée à la construction des bureaux de certains services de la Direction Générale des Impôts. La réalisation des travaux permettra de doter les services concernés de bureaux mieux sécurisés et adaptés à leurs missions, d’améliorer les conditions de travail du personnel, l’accessibilité aux services des impôts et la prise en charge des contribuables. AU CHAPITRE DES MESURES INDIVIDUELLES Le Conseil des ministres a procédé aux nominations suivantes : AU TITRE DU MINISTÈRE DE L’ÉCONOMIE ET DES FINANCES Chargé d’Enquête à la Cellule nationale de Traitement des Informations financières : Monsieur Mahamet DOUCARA, Inspecteur des Douanes. Chargé des Questions financières à la Cellule nationale de Traitement des Informations financières : Monsieur Yaya TRAORE, Magistrat. AU CHAPITRE DES COMMUNICATIONS Le ministre de la Jeunesse et des Sports, chargé de l’Instruction civique et de la Construction citoyenne a informé le Conseil des Ministres des performances de l’équipe nationale U 23 de football à la Coupe d’Afrique des Nations de sa catégorie au Maroc. La Coupe d’Afrique des Nations U 23 a été initiée en 2011 par la Confédération Africaine de Football. Elle est organisée tous les quatre (04) ans et est qualificative aux Jeux Olympiques pour les trois (03) premières sélections nationales. A l’issue de cette édition, le Mali s’est classé 3ème en obtenant la médaille de Bronze, synonyme de qualification aux Jeux Olympiques, Paris 2024. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a adressé ses vives félicitations aux joueurs et à l’encadrement pour cet exploit qui honore le Mali et suscite la fierté de toute la nation résolument engagée dans la promotion de la souveraineté retrouvée et le rayonnement international du Mali. Le ministre de la Santé et du Développement social a informé le Conseil des Ministres de l’évolution de la maladie à Coronavirus marquée par une stagnation du nombre de cas testés positifs par rapport à la semaine précédente. Le Président de la Transition, Chef de l’Etat a, cependant, appelé la population au respect strict des mesures de prévention et de lutte contre la maladie.
Les groupes terroristes ne se privent pas d’enrôler des enfants soldats
Par Souleymane Sidibé Bamako, 12 juil (AMAP) Ils sont enrôlés, très souvent, de force pour grossir les rangs des organisations criminelles opérant au Mali comme la Katiba Macina d’Amadoun Koufa, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) d’Iyad Ag Ghali et l’Etat islamique dans le grand Sahara (EIGS). Des dizaines de milliers d’enfants sont utilisés comme soldats dans le monde. Nombre d’entre eux sont enlevés et victimes de violences s’ils résistent. Dans son rapport trimestriel en date du 30 mars dernier, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, dit avoir constaté le recrutement et l’utilisation des 135 enfants contre 68 pendant la période précédente dans notre pays. Le samedi 22 avril dernier, au cours d’une attaque terroriste complexe à Sévaré (Région de Mopti, dans le Centre du Mali), le chef d’état-major général des Armées, le général Oumar Diarra a révélé que parmi les terroristes neutralisés, il y avait des enfants soldats de 10 à 16 ans. De même le lundi 24 avril, la hiérarchie militaire a fait remarquer, par le biais d’un communiqué, l’emploi par les terroristes d’enfants soldats dans les combats. Sur la question, Dr Bouréma Kansaye, ancien recteur de l’Université des sciences juridiques et politiques de Bamako (USJPB), coordinateur du Laboratoire de droit privé et de science criminelle et, récemment, nommé ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, estime que cette récente implication des enfants dans les actes terroristes révèle le caractère inhumain des groupes terroristes. «Acculés par les actions offensives des Forces armées maliennes (FAMa), ils ont de plus en plus de difficultés à recruter des combattants. Les enfants sont souvent enrôlés de force», a dit l’universitaire. Pour le Dr Aly Tounkara, maitre de conférences à l’Université des Lettres et des Sciences humaines de Bamako et expert défense et sécurité au Centre des études sécuritaires et stratégiques au Sahel (CE3S), les enfants soldats pourraient être appelés comme des nouveaux acteurs dans les conflits liés au terrorisme. « Mais à l’analyse, dira-t-il, le phénomène n’est pas du tout nouveau. » Selon Dr Tounkara, ces enfants ont toujours été des acteurs importants pour grossir les rangs de la Katiba d’Amadoun Koufa. «On sait que pour le cas du Centre du Mali, en particulier la Région de Mopti, les hommes d’Amadoun Koufa avaient déjà enrôlé un nombre extrêmement important d’enfants de la rue, en conflit avec la loi et issus des écoles confessionnelles notamment coraniques dans les années 2014-2015 avec l’intensité des combats contre les groupes radicaux violents », explique Aly Tounkara. La Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), dans sa note trimestrielle sur les tendances des violations et atteintes aux droits de l’Homme et au droit international humanitaire, allant du 1er octobre au 31 décembre 2022, évoque également l’exigence imposée aux populations par le Jamāʿat nuṣrat al-islām wal-muslimīn (JNIM), notamment dans la Région de Gao (Nord). « Le 10 décembre 2022, indique la Mission, des combattants de ce groupe terroriste ont tenu une série de réunions avec plusieurs chefs de village dans le Cercle de Bourem (Région de Gao), exigeant le paiement de deux millions de Fcfa ou la remise de cinq combattants par village. » Pour financer et renforcer leurs opérations dans la région et contribuer à « l’effort de guerre contre l’état islamique dans le Grand Sahara (EIGS)». Le recrutement et l’utilisation d’enfants âgés de moins de 15 ans comme soldats sont interdits par le Droit international humanitaire, le droit conventionnel et coutumier et sont définis comme des crimes de guerre par la Cour pénale internationale (CPI). Selon Dr Bouréma Kansaye, l’enfant est un être innocent et vulnérable. « Son enrôlement dans l’Armée ou dans les groupes armés est prohibé par les textes nationaux et internationaux », a-t-il prévenu. CRIMES DE GUERRE – Le président de la Commission nationale des droits de l’Homme (CNDH), Aguibou Bouaré, regrette que ces groupes échappent malheureusement à toutes activités de formation et de sensibilisation sur le respect des règles de Droit international humanitaire. Et de signaler que « tous ces instruments juridiques considèrent l’enrôlement et l’utilisation systématique d’enfants dans les hostilités comme des crimes de guerre et de crimes contre l’humanité. » Le président de la CNDH condamne ces crimes abominables, ces abus graves des droits de l’Homme et du droit international humanitaire. Il exhorte les autorités à rechercher, identifier, traduire en justice les commanditaires, auteurs et complices de ces crimes. Aguibou Bouaré a expliqué que « cette nouvelle tendance résulte de la situation de grande vulnérabilité des enfants dans les zones de conflit, en raison des écoles fermées depuis plusieurs années, de l’effondrement des économies locales, donc du manque de perspectives d’avenir. » « Dans ces conditions, les enfants deviennent de plus en plus des proies faciles, en matière de recrutement par les Groupes armés terroristes », a fait remarquer le président de la CNDH. Abondant dans le même sens, le Comité international de la Croix Rouge (CICR), dans son rapport publié le 29 octobre 2010, souligne la vulnérabilité des enfants en période de conflit armé. Selon cette organisation humanitaire, « malgré la protection prévue par le droit, des enfants continuent d’être recrutés par les forces armées ou des groupes armés terroristes. » À ce propos, Dr Bouréma Kansaye note que dans la Région de Mopti (Centre), des milliers d’enfants ne vont plus à l’école depuis des années du fait de la fermeture forcée des écoles par les extrémistes. «Les enfants ainsi désœuvrés sont plus vulnérables au lavage de cerveaux, à l’endoctrinement et à la radicalisation», indique-t-il. Pour Dr Aly Tounkara, ces jeunes adolescents ont été laissés-pour-compte par beaucoup de marabouts dans la Région de Mopti. Selon lui, ces enfants viennent majoritairement du Mali, du Niger et du Burkina Faso très souvent dans le but d’apprendre le Coran. «Malheureusement, le fait qu’ils soient parfois très nombreux sous la conduite d’un seul maître coranique, beaucoup d’entre eux échappent à toutes formes de contrôle social», déplore l’expert défense et sécurité au CE3S. Il précise que cette situation fait que les enfants sont toujours des proies faciles pour les GAT. Face à cette tendance, l’état-major général des Armées
Lutte contre le terrorisme : La DIRPA fait le point des opérations
Bamako, 12 juil (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont mené plusieurs opérations aéroterrestres qui ont permis la neutralisation de 51 terroristes et 55 suspects interpelés, à travers la destruction de cinq bases ennemis, a annoncé, mardi, le chef de la Direction de l’information et des relations publiques des armées (DIRPA), le colonel Souleymane Dembélé. Au cours de la conférence de presse mensuelle de la DIRPA, dans les locaux de la structure, en présence d’autres responsables, le colonel Dembélé, a ajouté que l’Armée malienne, sur la base de renseignements, a, également, « détruit huit Engins explosifs improvisés (EEI) et récupéré plusieurs armes et minutions dont 21 AK47, 2 PKM et cinq fusils de chasses, ainsi qu’une importante quantité de matériels roulants dont deux véhicules pick-up. » Au cours de ces opérations, les FAMa déplorent six morts et deux blessés dont les vies sont hors de danger. Ces résultats ont été enregistrés à la suite « de 14 opérations aéroportées, 27 missions de reconnaissance offensives, 15 frappes aériennes avec l’implication des drones et des avions albatros de l’armée de l’air. » Ces missions offensives ont été essentiellement menées dans les secteurs de Sevaré Macina, Nara, et Bafo, Gao, Bandiagara, Boni (Centre), et Ménaka, Ansongo 9Nord), et sur la zone du sud-ouest, vers la Boucle du baoulé où les terroristes font le mouvement. Durant la période concernée, « la troisième dimension qui constitue le vecteur aérien a été plus active que jamais avec 174 vols appui-feu, 89 vols de reconnaissance et 16 vols d’évacuation sanitaires. Dans son exposé, le conférencier a largement expliqué les contours des opérations militaires sur le terrain avant de rappeler les activités majeures menées au niveau du département en charge de la Défense et de l’état-major général des armées courant le mois de juin. Selon colonel Dembélé, la situation sécuritaire du mois écoulé « a été relativement calme avec moins d’attaques contre les Forces de défense et de sécurité par rapport au mois de mai. » Le patron de la DIRPA a souligné que bien qu’affaiblis par la pression des FAMa, « les GAT possèdent encore des capacités de nuisance leur permettant de mener des actions de harcèlement sur les cibles molles (postes et contrôle), pose d’EEI et le sabotage des réseaux GSM. » Les FAMa poursuivent leurs opérations « de façon autonome » et mènent également « des actions conjointes avec certaines forces notamment de l’armée burkinabé à travers l’opération Kapidougou qui a débuté en janvier dernier. » Répondant à la question d’un confrère sur la capacité de l’Armée à combler le «vide sécuritaire» laissé par le retrait de la Mission multidimensu9nnelle integrée des Nations ions unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA), le colonel Souleymane Dembélé a rassuré ses compatriotes. « Personne ne viendra faire cette guerre à la place des FAMa. Bien avant la Force onusienne, d’autres partenaires militaires se sont retirés sans que le ciel ne tombe sur la tête des Maliens», a-t-il répondu. Il a ajouté que le Mali, à travers son Armée, « fera résolument face à son destin pour gagner cette guerre asymétrique». À ce propos, il a invité la presse à diffuser des messages d’assurance à l’endroit de la population. Le colonel Dembélé a donné le message du Chef d’état-major général des armées (CEMGA) qui a invité les FAMa « à accompagner l’opération de retrait de la MINUSMA. » Et, « de ne poser, en aucun moment, des actes ou tenir des propos désobligeants vis-à-vis de la Mission et ses personnels. » En outre, le CEMGA a exhorté les groupes armés signataires de l’accord de paix à se joindre à ce processus de retrait de la Mission onusienne, «à faire preuve de clairvoyance et de responsabilité, en vue du retour définitif de la paix et de la pacification de la zone ». Enfin, l’officier supérieur a appelé les populations à soutenir et à collaborer avec les FAMa. Au cours du mois dernier, les FAMa ont multiplié « les opérations dynamiques sur l’ensemble des zones d’opérations et le Sud du pays, dues au début de la campagne agricole, à la sécurisation des activités ferroviaires avec la reprise du train voyageur, du scrutin référendaire et la sécurisation de la biennale artistique et culturelle en cours à Mopti. » AT/MD (AMAP)
Produits agricoles et artisanaux : La nécessaire labélisation
Par Anta CISSÉ Bamako, 12 juil (AMAP) Le Mali regorge de produits agricoles et artisanaux de grande qualité. Ils proviennent, le plus souvent, des zones rurales où les stratégies commerciales de mise en valeur sont méconnues voire inexistantes. Pour que les producteurs/transformateurs en tirent un avantage économique, les produits doivent être valorisés au moyen de droit de Propriété intellectuelle, notamment les Indications géographiques (IG) et les Marques collectives (MC). Cela, d’autant plus que les marchés des pays développés sont, de plus en plus, sensibles à la provenance et à la qualité des produits. Selon le chargé de communication du Centre malien de promotion de la propriété industrielle (CEMAPI), Almouctar Baba Kounta, avec la mise en place de la Zone de libre-échange économique en Afrique (ZLECAF), il y a aujourd’hui un contexte favorable à l’essor du commerce interafricain. Almouctar Baba Kounta soutient que c’est ce constat qui a conduit le Mali à opter pour le développement de son artisanat et de son agriculture « afin de leur donner plus de visibilité, de créer plus de richesses dans l’économie nationale et de lutter efficacement contre la concurrence déloyale et la contrefaçon. » BÉNÉFICES À LA HAUSSE – Artisan peintre depuis plus plusieurs années, Moussa Bagayoko est transformateur de coton biologique. «Depuis 2013, l’ONG Helvetas a commencé à soutenir nos productions et faciliter la création d’un réseau national dénommé Réseau malien des transformateurs de coton Biologique (REMATRAC Bio) qui couvre les Régions de Kayes, (Ouest) Ségou, Mopti Centre), Bamako, la capitale, et Kidal (Nord)», confie l’artisan dans son atelier à Ouolofobougou. Spécialiste du tissage, de la teinture végétale bogolan et indigo, Moussa affirme que la certification lui a permis d’augmenter ses bénéfice et de diversifier sa clientèle. « Grâce à la labélisation, j’ai noué des partenariats, notamment avec la France », dit-il. En atteste l’augmentation fulgurante de son chiffre d’affaires, qui a presque triplé : « Auparavant, mon chiffre d’affaire oscillait entre 1 et 4 millions de Fcfa. Mais, aujourd’hui, grâce à la labélisation, ce chiffre est passé de 4 à 12 millions de Fcfa ». Cependant, il exhorte l’Etat à plus s’investir dans ce domaine qui est porteur d’espoirs pour beaucoup. Dans un monde où l’alimentation occupe une place primordiale, la question de la qualité et de l’origine des produits agricoles devient, également, de plus en plus préoccupante. Les consommateurs sont de plus en plus soucieux de la provenance de ce qu’ils mettent dans leur assiette et cherchent des garanties quant aux méthodes de productions et à l’impact environnemental des aliments qu’ils consomment. C’est là où la labélisation des produits agricoles entre en jeu, offrant une solution claire et trans parente pour répondre à ces attentes légitimes des consommateurs. Hélène N’diaye, chargée de la communication du Réseau solidaire en agro-écologie paysanne et citoyenne (RESAPAC) créé en 2019, explique l’objectif de son organisation qui est « de structurer le marché agricole bio de Bamako. » Ce réseau a été créé pour aider les producteurs à se développer en attendant qu’une norme étatique se mette en place. Pour le professeur d’économie, Dr Abdoudramane Coulibaly, « dans un contexte de mondialisation accélérée, contrariée par la montée en puissance de la contrefaçon, tout pays qui veut sauvegarder sa souveraineté économique et son identité culturelle doit disposer d’une marque distinctive connue sous un label. » Selon l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle, basée à Genève, 10 % du trafic mondial est constitués de la contrefaçon. Un rapport conjoint de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA) et de la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (CNUCED), publié en 2019, révèle que « la contrefaçon fait perdre en moyenne 10 milliards de Fcfa par an aux Etats ouest-africains, à l’exception du Nigéria. » FORMER, INFORMER ET SENSIBILISER – Le CEMAPI s’est engagé, durant ces trois dernières années, dans une dynamique de labellisation des produits locaux, à travers les IG et MC, à réaliser diverses actions de formation, d’information et de sensibilisation sur le processus de labélisation, d’accompagnement et de structuration des acteurs et producteurs, notamment l’échalote de Bandiagara (Centre), le bogolan fini du Mali, le sel gemme de Taoudénit (Nord). Dans ce cadre, le Centre, avec l’appui du Programme d’appui à la compétitivité en Afrique de l’ouest (PACAO) a initié une série d’activités en faveur des acteurs d’un certain nombre de filières. Il est prévu de renforcer les capacités des acteurs des filières mangue et karité ainsi que des membres du Comité national de labélisation des produits locaux en Indications géographiques et en Marques collectives (CIGMAC-Mali) sur les concepts et l’importance de la MC et de l’IG dans le développement d’un pays. Dans le cadre de l’établissement d’un cadre légal et institutionnel en matière de propriété intellectuelle, apte à soutenir les démarches de qualité liée à l’origine des produits locaux, le Mali, à l’instar de certains pays de l’espace de l’Organisation africaine de la propriété intellectuelle (OAPI), a créé le Comité national des indications géographiques (CNIG),en juillet 2014. Pour prendre en charge les nouveaux enjeux liés à la nécessité de renforcer la dynamique nationale de labélisation des produits locaux, les textes portant création de ce Comité ont été révisés en octobre 2021 pour donner naissance au CIGMAC-Ma1i. AC/MD (AMAP)
Mossadeck Bally : « La crise oblige les investisseurs à l’attentisme »
Propos recueillis par Babba B. COULIBALY Bamako, 05 juil (AMAP) Dans cette interview exclusive qu’il nous a accordée, Mossadeck Bally, président du Conseil national du patronat du Mali (CNPM), dévoile la vision de son équipe. Il évoque également les conditions pour une relance économique rapide, le rôle des différents acteurs, les efforts du gouvernement dans le secteur et la résilience du peuple malien. L’AMAP : Comment se porte aujourd’hui le monde des affaires ? Mossadeck Bally : Le monde des affaires est dans l’expectative. On ressent une sorte d’attentisme. Notre pays traverse une crise très profonde qui est à la fois sécuritaire, institutionnelle, sanitaire et internationale avec la guerre. Tout ceci fait que l’économie est très éprouvée même si elle montre des signes de résilience. Le Fonds monétaire international (FMI) l’a mentionné dans le rapport de sa dernière mission récente. Donc, nous avons une économie résiliente mais à la croisée des chemins. Le monde des affaires et des investisseurs est dans cet attentisme. Ils attendent d’avoir un peu de visibilité pour reprendre leurs projets d’investissements. C’est ce qui caractérise aujourd’hui le monde des affaires au Mali. L’AMAP : Quelle analyse faites-vous de la crise économique du pays ? Et quels sont les enseignements à en tirer ? MB : C’est une crise profonde. Quand un pays est installé dans une crise depuis plus d’une décennie, forcément cela joue sur l’économie. Et lorsque l’économie est impactée, ça joue sur la population parce que ce sont des emplois qui ne sont pas créés. Il y a des entreprises qui ont dû fermer suite à cette longue crise, certaines à cause de la pandémie, d’autres ont été obligées de se restructurer. Tout ceci montre que notre économie, malgré sa résilience, souffre. Les priorités du pays sont d’ordre sécuritaire. L’État investit énormément dans la sécurité, ce que nous comprenons parce que nous sommes en guerre contre le terrorisme. Il y a un effort à faire pour reconstruire l’appareil sécuritaire, ce qui fait qu’il n’y a pas d’investissements dans les autres domaines. Et quand il n’y a pas d’investissements ça veut dire que la commande publique diminue considérablement et les entreprises en pâtissent. Celles qui arrivent à travailler, vu que les efforts financiers sont faits sur l’appareil sécuritaire, ne sont payées à temps. Les enseignements qu’on peut tirer de cette longue crise c’est que, dans un pays où il n’y a pas de sécurité et de stabilité institutionnelle, c’est difficile dans ce pays d’attirer des investissements. Donc, ce pays restera toujours un pays où on fait du court terme. On fait essentiellement de l’importation et de la distribution. Et pour tous les investissements d’envergures, structurants, on a tendance à les laisser en attendant de voir la crise passée. Mais nous avons tiré d’autres enseignements à savoir que nous avons une économie qui est résiliente, des chefs d’entreprises performants, patriotes qui ont fait en sorte que la machine continue à tourner malgré l’embargo que la Cedeao et de l’Uemoa nous ont imposé. Les chefs d’entreprises maliennes sont vraiment à la hauteur. Ils se sont battus pour que les marchés restent ravitaillés, pour que les impôts soient payés pour faire fonctionner l’État. Imaginez-vous, depuis presque trois ans l’État n’a plus d’appuis budgétaires. Ce sont les impôts payés par les contribuables et les entrepreneurs qui permettent de soutenir l’État. Voilà les grands enseignements que nous avons tirés mais il faudrait éviter de rester longtemps dans toute crise. L’AMAP : La relance économique demeure un objectif. Pensez-vous que toutes les parties (secteur privé, État et partenaires) jouent véritablement leur rôle ? MB : Je dois avouer que chacun fait de son mieux. L’État fait de son mieux avec les priorités qui sont les siennes, essentiellement rebâtir l’appareil sécuritaire, puisque nous sommes en guerre. Le secteur privé a largement joué sa partition. N’eut été le secteur privé malien, je pense qu’on aurait eu un pays qui serait dans des difficultés énormes. Le secteur privé a affronté l’embargo, la crise sanitaire, l’insécurité pour permettre au pays de continuer de tourner. On ne peut parler de relance économique que lorsque nous aurons la sécurité et la stabilité institutionnelle. Aujourd’hui, le CNPM joue son rôle en temps qu’interlocuteur privilégié de l’État, qui nous écoute. Le dialogue public privé est en train de s’améliorer parce que le rôle du CNPM, c’est de faire en sorte que le dialogue public-privé soit de haute qualité et constant. Ce dialogue qui avait été rompu à un moment donné avec la crise que nous avons connu de 2020 à 2022, a été rétabli par le nouveau bureau. Donc, les acteurs jouent leurs rôles avec les moyens dont ils disposent. L’AMAP : En tant que entrepreneur expérimenté, quels sont les arguments à mettre en avant pour remettre en confiance les investisseurs? MB : La psychologie est très importante chez un investisseur. Il s’assure qu’il investit dans un environnement sécurisé où il y a la visibilité institutionnelle et à partir de là, il regarde la rentabilité et la faisabilité de son projet et voir s’il peut disposer de tous les facteurs de production dans ce pays. Cette psychologie vient essentiellement de l’État de ce pays. Et nous, pour assurer et rassurer les investisseurs, il nous faut vraiment un État régalien, visionneur, stratège, neutre, arbitre qui respecte et fait respecter les lois, les règlements à tous les acteurs de l’économie. Ces qualités doivent être une réalité visible au niveau de l’administration publique pour attirer les investisseurs nationaux et étrangers. Il faudrait que l’on sache quel genre d’État nous voulons et dont nous avons besoin pour valoriser ce formidable potentiel économique que nous avons mais que nous n’arrivons pas à exploiter en 62 ans d’indépendance. C’est possible mais ça ne peut se faire que le jour où on aurait les qualités endogènes citées ci-haut. L’AMAP: La transformation structurelle de notre économie reste un défi majeur qui peine à voir le jour. Quelle est la vision du Patronat en la matière? MB : L’économie du Mali est une économie extravertie. C’est-à-dire une économie qui est essentiellement
Procès Ras Bath : L’inculpé reste en prison pour une autre affaire
Bamako, 12 juil (AMAP) Le tribunal de la Commune IV du district de Bamako, a acquitté Mohamed Youssouf Bathily dit Ras Bath, porte-parole du Collectif pour la défense de la République (CDR), dans l’affaire de «simulation d’infractions», à l’issue du délibéré du jugement, mardi. Toutefois, l’animateur de radio reste détenu dans un autre dossier d’« association de malfaiteurs contre autrui, d’offense au chef de l’État et de diffusion des paroles contre les mœurs du pays ». À la fin de l’audience, Me Mohamed Ali Bathily, avocat de l’accusé, a confié que « Ras Bath avait sur la tête deux dossiers : le premier étant ce qu’ils ont appelé la simulation d’infraction. Dieu merci, aujourd’hui ça été jugé. Les résultats lui ont été bénéfiques puisqu’il a été déclaré non coupable après avoir fait des mois en prison. Le deuxième dossier est pendant devant le juge d’instruction» À propos de ce second dossier qui fait que l’accusé reste en prison, son conseil préfère attendre le verdict. L’incarcération du porte-parole du CDR fait suite à son interpellation le 13 mars dernier par le Commissariat de Lafiabougou (Bamako) suite à des propos qu’il a tenus lors de la 3è Conférence nationale de l’Alliance pour la solidarité au Mali-Convergence pour des forces patriotiques (ASMA-CFP). Le célèbre chroniqueur avait déclaré, au cours de cette rencontre, que «l’ancien Premier ministre, Soumeylou Boubeye Maïga a été assassiné». Après son audition au commissariat, Mohamed Youssouf Bathily, a été présenté à un juge du tribunal de la Commune IV qui a ordonné son placement sous mandat de dépôt à la Maison centrale d’arrêt de Bamako (MCA) pour «simulation d’infractions et trouble à l’ordre public». Quelques jours après, il a été, à nouveau, présenté au parquet de la même juridiction pour de nouvelles charges le concernant. La dernière charge dont il fait l’objet date de10 ans. Pour le procès, des soutiens de Ras Bath ont effectué le déplacement en grand nombre. Il en était de même pour les forces de maintien d’ordre. NK/MD (AMAP)
L’interprétation des signes du cheval et guide pratique du paysan : Un livre de sauvegarde de nos traditions
Bamako, 12 juil (AMAP) Le cheval est un animal d’une grande valeur dans notre société, cela depuis des temps immémoriaux. Les signes de ce mammifère, estimés, selon certains à 99, servaient et continuent de servir de guides pour les hommes. Des savoirs immenses que le journaliste-écrivain Ouka Ba, correspondant l’Agence malienne de presse et de publicité (AMAP) à Diéma) se propose de nous faire découvrir, dans son cinquième ouvrage intitulé « L’interprétation des signes du cheval et guide pratique du paysan ». Ce livre de 87 pages puise sa richesse à la source. Qui pourrait mieux le faire qu’un journaliste du terroir ? Notre confrère s’est rendu dans plusieurs villages et hameaux de la contrée à la recherche de ces connaissances précieuses. À travers ces écrits, l’auteur contribue à sauvegarder nos traditions orales, en cette période de déperdition de nos connaissances locales et traditionnelles. Parce que, pour beaucoup d’entre nous, ce sont des « vieilleries ». Sans des efforts de valorisation et de conservation de cette envergure, les générations futures ne sauront rien des savoirs locaux qui ont guidé leurs ancêtres dans la gestion de l’agriculture, la richesse, l’élevage, le pouvoir, la famille, l’autosuffisance alimentaire et les conflits. Nos anciens interprétaient notamment la couleur, la physionomie et les gestes du cheval. Dans son livre, Ouka Ba explique qu’à l’époque, quand vous vouliez donner votre fille en mariage, vous deviez voir d’abord dans la famille du prétendant si le cheval qui y est attaché est maigrichon et larmoyant. Si tel est le cas, il faut renoncer à cette union conjugale parce que la famille sera incapable de prendre soin de votre progéniture. « Selon certaines croyances, cite le journaliste, la présence seule d’un cheval dans la maison suffit pour accroitre et maintenir le bonheur. » Un autre exemple porte sur l’épanouissement que peut apporter le cheval à un souverain. « Le cheval qui convient mieux au Mansa (roi), c’est celui qui a les quatre pattes blanches, des genoux descendant vers le bas ». Selon l’auteur, même si tu as un os de ce genre d’équidé dans ta maison, tu auras le pouvoir et tu t’épanouiras. La couleur du cheval peut être aussi bien un signe de bonheur que de malheur. Si le propriétaire du cheval noir, avec un trait blanc sur le front, le laisse derrière lui pour s’aventurer, il peinera et sera assailli par des problèmes qui risqueront de l’entrainer en prison. » L’autre partie de l’ouvrage est consacrée aux signes de la météorologie. L’auteur indique comment la connaissance de la faune et de la flore aide le paysan à faire face aux conditions pluviométriques et aux intempéries. Cela, en dehors de mécanismes scientifiques. Des phénomènes dans la nature annoncent le démarrage de la saison pluvieuse ou l’abondance de pluies. « Lorsque le baobab commence à fleurir, c’est que l’hivernage est proche. » « L’année où la présence des corbeaux devient plus massive, les pluies seront abondantes. » Ouka Ba est originaire de Nioro du Sahel. Secrétaire d’administration de formation, il fut bibliothécaire à Gao et à Diéma. Depuis 2003, il est le correspondant de presse de l’AMAP à Diéma. MDD/MD (AMAP)
63è sommet de la CEDEAO : Le président Bola Tinubu du Nigeria prend la tête de l’organisation
Bamako, 10 juil (AMAP) Le président du Nigeria, Bola Tinubu, a été élu à l’unanimité par ses pairs, et succède à son homologue bissau-guinéen, Umaru Embalò Cissoko, à la présidence de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO), selon les conclusions du 63è Sommet ordinaire de l’organisation qui s’est achevé, dimanche, à Bissau en Guinée-Bissau. Parmi ses priorités à la tête de la CEDEAO, Bola Tinubu entend combattre « les changements anticonstitutionnels. : Lors de sa première intervention, le nouveau président en exercice de la CEDEAO s’est montré assez ferme sur les coups d’Etat dans la zone communautaire. Selon les conclusions de la réunion, les dirigeants ouest africains devront réexaminer « les situations politiques au Mali, mais aussi en Guinée et au Burkina Faso au cours d’un prochain sommet. » Concernant la situation sécuritaire de façon globale, il y a eu des discussions autour de l’installation, d’une Force de la CEDEAO avec deux objectifs : lutter contre le terrorisme dans l’espace CEDEAO et « intervenir si nécessaire dans des États pour rétablir l’ordre constitutionnel », rapporte la même source. Les responsables communautaires ont examiné la mise en place d’une Force régionale en attente qui devrait tourner autour « de 5 000 hommes à court terme et, éventuellement ,évoluer vers un nombre beaucoup plus important sur la durée », selon plusieurs sources diplomatiques. Ils ont, également, évoqué la situation sécuritaire dans les trois pays (Mali, Burkina Faso, Guinée) et, plus globalement, dans la région du Sahel, notamment avec un focus sur le retrait de la Mission multinationale intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali (MINUSMA). Ce 62è sommet ordinaire de la CEDEAO s’est tenu avant la visite préparatoire habituelle des médiateurs de l’organisation auprès des autorités de Transition des trois pays concernés. Le Mali, la Guinée et le Burkina Faso ont été suspendus des organes décisionnels de la CEDEAO après la prise de pouvoir par des militaires, respectivement en 2020, 2021 et 2022. AT/MD (AMAP)
Fin de la suspension du Mali des instances de l’UEMOA, selon le communiqué final de la session extraordinaire de Bissau
Bamako, 10 juil (AMAP La conférence des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union économique monétaire ouest africaine (UEMOA) ont décidé de lever la suspension du Mali des institutions et organes de l’organisation communautaire, prise depuis le 09 janvier 2022. Dans le communiqué final de cette session extraordinaire, réunie, samedi 8 juillet à Bissau, en Guinée-Bissau, sous la présidence du président de la République du Niger, Mohamed Bazoum, les chefs d’Etat et de gouvernement se sont félicités « de la résilience des économies de la zone dont le taux de croissance économique est prévu à 7,0% en 2023, après 5,9% en 2022 ». Ce, malgré les chocs enregistrés sur le plan international et au sein de l’espace communautaire. La conférence a, aussi, salué les multiples efforts déployés par les Etats membres « en vue de préserver le pouvoir d’achat des populations, face au renchérissement des coûts des produits alimentaires et énergétiques. » A cet égard, elle a noté avec satisfaction la décélération en 2023 du « taux d’inflation qui s’établirait à 4,4%, soit une baisse de 3,0 points de pourcentage par rapport à 2022 », précise le communiqué finale. Le document ajoute que les responsables ouest africains « ont salué les actions appropriées entreprises par les Institutions spécialisées en vue d’assurer un financement satisfaisant des économies de l’Union. » En outre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont pris connaissance de l’état d’avancement du processus d’élaboration de la vision prospective de I’UEMOA à l’horizon 2040, en vue de doter l’Union d’un outil d’anticipation dans le long terme permettant d’asseoir les bases de ses choix et priorités stratégiques. Ainsi, ils ont « exhorté la Commission de l’UEMOA à mener ce processus à terme en procédant notamment, à l’évaluation de certains textes communautaires et à leur réforme, le cas échéant », relève le communiqué Par ailleurs, dans le cadre de l’approfondissement de l’intégration régionale, la Conférence a rappelé la nécessité, pour les Etats membres, de veiller à un reversement régulier du Prélèvement communautaire de solidarité (PCS). Les dirigeants ouest africains ont salué la résilience des économies des Etats en dépit du contexte défavorable. Pour renforcer leur performance, elle a instruit la Commission de l’UEMOA à soumettre, pour 2023, un nouveau Pacte de convergence, de stabilité et de croissance. AT/MD (AMAP)

