Devant le CNT, le Premier ministre présente un ambitieux Plan gouvernemental d’actions 2025-2026
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a dévoilé, devant le Conseil national de Transition (CNT) à Bamako, le Plan d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, présenté vendredi puis soumis lundi à débat, jusque tard dans la nuit. « Chaque acte que nous posons sera marqué du sens des priorités et de la pleine conscience de l’urgence », a déclaré le Premier ministre, rendant hommage à la résilience du peuple malien et à l’héroïsme des Forces armées et de sécurité (FAMa). Il a réitéré sa gratitude au président Goïta pour la confiance accordée depuis sa nomination le 21 novembre 2024. Structuré autour de huit axes prioritaires définis par le président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, ce programme vise à consolider la refondation du Mali face à une crise multidimensionnelle. La présentation, qui a duré trente minutes, a été suivie d’une suspension de séance par le président du CNT, le général de Corps d’Armée Malick Diaw. Le PAG, inspiré des Assises nationales de la Refondation, du Dialogue inter-Maliens et de la vision « Mali Kura » pour 2063, s’articule autour de la sécurité, des réformes institutionnelles, des besoins fondamentaux, de la santé, de l’éducation, de la cohésion sociale, de la diplomatie et des élections transparentes. RESILIENCE ET LA SOUVERAINETE – Face aux menaces terroristes, le gouvernement prévoit de renforcer les FAMa avec de nouveaux équipements, la construction de camps militaires à Bougouni, Koutiala, San, Kita, Diéma et Nioro du Sahel, et le recrutement de 15 000 soldats. Un hôpital militaire à Banakoroni et un mémorial pour les héros tombés sont également programmés. « La liberté et l’indépendance ont un prix, et nous en payons un lourd tribut », a souligné M. Maïga, observant une minute de silence pour les victimes. Pour assurer la souveraineté alimentaire, le PAG ambitionne une production céréalière de 11 millions de tonnes, la distribution gratuite de 17 666 tonnes de céréales à 1,115 million de personnes vulnérables, et l’équipement de 380 exploitants agricoles. « Nous importerons 300 000 tonnes de riz et 200 000 tonnes de sucre, tout en contrôlant les prix pour juguler la cherté de la vie », a précisé le Premier ministre. Le secteur sanitaire bénéficiera de sept cliniques modulaires et d’équipements pour les centres de santé, tandis que 85 écoles et 11 lycées, dont deux d’excellence, renforceront l’éducation. Pour apaiser le climat social, le gouvernement opérationnalisera le Conseil national du dialogue social, intégrera 34 000 ex-combattants et organisera des dialogues intercommunautaires et religieux. « Ensemble, nous ferons le Malikura », a lancé M. Maïga, citant le Président Goïta. Sur le plan diplomatique, le Mali s’appuiera sur la Confédération des États du Sahel (AES) pour défendre ses intérêts, tout en valorisant les 700 milliards de Fcfa de contributions de la diaspora en 2023. Des élections transparentes seront préparées avec l’Autorité indépendante de gestion des élections (AIGE). Les réformes institutionnelles incluent le Système intégré de gestion des ressources humaines (SIGRH) et une lutte accrue contre la corruption. En conclusion, le Premier ministre a insisté sur les principes de responsabilité, de redevabilité et d’exemplarité. « Ce plan pose les bases d’un Mali souverain et uni, malgré les défis financiers et sécuritaires », a-t-il affirmé, sollicitant l’approbation du CNT. OS/MD (AMAP)
Le Programme d’Action du Gouvernement 2025-2026 adopté à l’unanimité par le CNT
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Conseil national de Transition (CNT) a approuvé, à l’unanimité, ce lundi 19 mai 2025, le Programme d’action du gouvernement (PAG) 2025-2026, avec 128 voix pour, 0 contre et 0 abstention, lors d’une session marathon de plus de huit heures au Centre international de conférences de Bamako (CICB). « Ce PAG est la preuve d’une démocratie vivante, un socle commun, un pacte républicain qui nous engage tous », a déclaré le général Maïga en conclusion de son intervention, soulignant l’importance de l’unité nationale pour relever les défis actuels. Le Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, a répondu à plus de 300 questions des membres du CNT, couvrant les huit axes de la lettre de cadrage présentée le 16 mai dernier. Les discussions ont porté sur des enjeux cruciaux pour le Mali, notamment la lutte contre les inondations, l’emploi des jeunes, la sécurisation des personnes et des biens, ainsi que le financement du PAG. Le président du CNT, Malick Diaw, a félicité le Premier ministre pour la clarté et la pertinence de ses réponses. « Les éclaircissements apportés par le chef du gouvernement ont répondu de manière satisfaisante aux préoccupations des membres », a-t-il affirmé. Les débats, selon lui, ont reflété l’engagement du CNT à répondre aux besoins des populations dans un contexte où le Mali joue un rôle de plus en plus affirmé sur les scènes régionale et internationale. Le Premier ministre a rendu « un vibrant hommage » aux membres du CNT pour leur sens du devoir, qu’il a qualifié de « reflet de la vitalité du processus de transition ». Il a également salué « le courage et la résilience du peuple malien » et appelé à « une union sacrée autour de nos forces de défense et de sécurité » pour consolider les acquis de la Transition. Avec cette adoption unanime, le gouvernement dispose désormais d’un cadre clair pour la mise en œuvre du PAG 2025-2026, qui vise à répondre aux aspirations des Maliens tout en consolidant la position du pays sur l’échiquier régional et international. Le général Maïga a réaffirmé son engagement « à traduire ce programme en actions concrètes pour le bénéfice de tous. » OS/MD (AMAP)
Le Premier ministre Abdoulaye Maïga detaille le Programme d’action du gouvernement
Bamako, 19 mai (AMAP) Le Premier ministre malien, Abdoulaye Maïga, a présenté, devant le Conseil national de Transition (CNT) les grandes lignes du Programme d’action du gouvernement (PAG), lundi, mettant en avant des mesures concrètes pour la gestion de la dette, la relance économique, l’assainissement, la sécurité et le développement durable. Le chef du gouvernement, qui intervenant lors des débats, après la présentation du PAG vendredi, au Centre international de conférences de Bamako (CICB), a annoncé le déblocage de 2,253 milliards de Fcfa pour apurer les dettes des fournisseurs de l’État, avec un effort supplémentaire de 1,103 milliard de Fcfa en 2024. Par ailleurs, 963 milliards de Fcfa ont été mobilisés pour les dépenses du personnel de l’État, des collectivités et des établissements publics, tandis que 194 milliards de Fcfa et 114 milliards de Fcfa ont été alloués, respectivement, aux dettes extérieure et intérieure. Un programme spécial, lancé en octobre 2024, en partenariat avec les sociétés minières, a permis d’injecter 402 milliards de Fcfa dans l’économie nationale, à travers le paiement de mandats aux fournisseurs. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie de mobilisation accrue des ressources intérieures et de réduction du déficit budgétaire, malgré les sanctions économiques de 2022 et le resserrement monétaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) depuis 2023. Le Premier ministre a confirmé la mise en place de l’Agence du bassin du fleuve Niger, créée par l’ordonnance n°02-049 du 29 mars 2022, pour assurer le draguage ciblé du fleuve et lutter contre la pollution. Concernant la restitution des espaces verts, un cadre juridique rigoureux, appuyé par la loi n°10-028 du 12 juillet 2010 et la loi n°2021-032 du 24 mai 2021, encadre leur protection et leur classification. Des actions d’identification et d’immatriculation des espaces verts sont en cours pour garantir leur restitution aux citoyens. À l’approche de la fête de Tabaski, prévue le 7 juin 2025, le gouvernement, via les ministères chargés du Développement rural et de la Pêche, organisera des ventes promotionnelles de béliers dans plusieurs régions et à Bamako. Avec un objectif de 34 150 béliers contre 31 000 en 2024, cette opération vise à réguler les prix, lutter contre la spéculation et garantir des revenus aux éleveurs. Sur le plan sécuritaire, le Premier ministre a évoqué des initiatives comme le Comité consultatif de sécurité et la police de proximité renforcent le lien entre les populations et les forces de défense. En matière de dialogue social, le gouvernement a honoré ses engagements avec les syndicats, notamment en payant 5,821 milliards de FCFA de droits de travail pour certaines entreprises d’État et en négociant le règlement de 18,395 milliards de Fcfa pour d’autres sociétés. Le gouvernement prévoit le démarrage des travaux du pont métallique provisoire de -Woyowayanko le 5 juin 2025, avec une ouverture au trafic fin août 2025. Concernant le transport fluvial, des projets comme le bateau-bus et la relance du transport Bamako-Koulikoro sont en cours. Pour la mobilité urbaine à Bamako, des études sont lancées pour l’acquisition d’un tramway et de bus modernes. Pour 2026, la relance économique repose sur le soutien aux entreprises, la création d’emplois via le Fonds de garantie du secteur privé et la mise en œuvre de la vision « État-stratège ». En matière d’assainissement, des campagnes de sensibilisation, le curage des caniveaux et l’augmentation des effectifs de la voirie (400 manœuvres et 250 agents) sont prévus à Bamako. Une usine de transformation des déchets, capable de traiter 1 400 tonnes par jour et de produire 40 MW d’énergie, est également à l’étude. Le gouvernement a mis en place un dispositif d’assistance pour le rapatriement des Maliens en détresse, en partenariat avec l’Organisation internationale des migrations (OIM). Des campagnes de sensibilisation contre la migration irrégulière et la création de la Maison du Malien de l’extérieur en 2018 renforcent ces efforts. Par ailleurs, 45 personnes en situation de handicap ont été recrutées lors des deux derniers concours de la fonction publique, avec des quotas prévus pour les futurs recrutements. La réhabilitation du chemin de fer Bamako-Diboli se fera en écartement standard, en coordination avec le Sénégal. La compagnie aérienne Mali Airlines avance avec la nomination d’un coordonnateur, l’ouverture d’un compte bancaire et des missions pour trouver des partenaires stratégiques. Le Premier ministre a conclu en réaffirmant l’engagement du gouvernement à répondre aux défis économiques, sociaux et sécuritaires, tout en consolidant les acquis pour un Mali résilient et prospère. OS/MD (AMAP)
Les procédures de passation des marchés publics : Des acteurs en atelier de renforcement des capacités
Bamako, 19 mai (AMAP) L’Autorité de régulation des marchés publics et délégations de service public (ARMDS) , a entamé, ce lundi, à la nouvelle Ecole nationale d’administration (ENA), quatre sessions de formation d’initiation des demandeurs individuels du secteur privé, a constaté l’AMAP. Cet atelier réunit des cadres et agents des ministres, de la Poste, de l’Institut de formation de la santé sociale (INFSS) et des requérants auprès du comité de règlement des différends de l’ARMDS sur les procédures nationales de passation, d’exécution, de contrôle et de règlement des marchés publics et des délégations de service public, dont l’objectif « de renforcer les capacités des acteurs de la commande publique » L’ARMDS a pour mission « de réguler le système de passation des marchés publics et des délégations de service public dans le but d’en accroitre la transparence et l’efficacité. Aux termes de l’article 2 de la loi susvisée, elle est chargée de contribuer à l’information et à la formation de l’ensemble des acteurs de la commande publique, au développement du cadre professionnel et à l’évaluation de la performance des acteurs du système de passation », a fait savoir Mme Awa Samaké, représentante du président de l’ARMDS, lors de la cérémonie d’ouverture, accompagné du PDG de la poste, Ibrahima Haidara. La maîtrise des procédures de passation, de contrôle et de règlement des marchés publics est, aujourd’hui, « une nécessité stratégique que toutes les entreprises publiques ou privées en ont besoin. Notre institution est engagée dans une dynamique de transformation ambitieuse parmi les projets phares, figurent l’opérationnalisation de la caisse d’épargne de la poste, qui constitue un lever majeur de notre repositionnement en tant qu’acteurs de l’inclusion financière au service de la population », a déclaré, M. Haidara. Et d’ajouter que « cette formation vise à outiller pour mieux comprendre, appliquer et sécuriser nos procédures d’achats publics et de contractualisation. Cela passe par la rigueur, la transparence et la maitrise des règles applicables à notre statut d’entreprise publique », précise-t-il. Pour conclure, Mme Awa Samaké a réaffirmé « l’accompagnement constant de l’ARMDS publique, dans le domaine du renforcement de vos capacités en matière de commande publique, laquelle commande publique constitue aujourd’hui, partout dans le monde, le vecteur et le moteur de nos économies modernes », assure-t-elle. MMD /MD (AMAP)
Le scandale des aides ménagères mineures à Bamako : une exploitation silencieuse
Par Rokiatou TRAORE Bamako, 19 mai (AMAP) Dans la capitale du Mali, Bamako, des adolescentes âgées de 12 à 16 ans, venues de villages voisins ou de régions reculées, travaillent dans les foyers comme aides ménagères. Attirées par l’espoir d’un avenir meilleur ou poussées par la nécessité d’alléger le fardeau familial, elles s’acquittent de toutes les tâches domestiques pour un salaire dérisoire, oscillant entre 7 500 et 15 000 Fcfa par mois. Certaines repartent même sans avoir touché leur dû. Ces jeunes filles, souvent corvéables et malléables, sont recherchées par de nombreuses familles bamakoises. Maïmouna Traoré, mère de famille, vante leur sérieux : « Elles savent pourquoi elles sont là, elles travaillent bien et ne répondent pas quand on les réprimande. » Elle ajoute, non sans préjugés, que les adolescentes présentent moins de risques de « voler un mari » comparées aux employées plus âgées, soupçonnées de convoiter les époux des foyers. Nana Traoré, une patronne d’une vingtaine d’années, partage cet avis : « Employer une majeure, c’est risquer de briser son foyer. Avec les mineures, je les traite comme mes enfants, je leur apprends la cuisine, la propreté, la vie en société. » Pourtant, toutes les employeuses ne partagent pas cette préférence. Adja Koné, vivant dans une famille élargie, privilégie les majeures pour les tâches ardues, comme cuisiner pour de nombreuses maisonnées. « Charger une petite de telles responsabilités est impitoyable », estime-t-elle, soulignant l’énorme quantité de nourriture préparée dans les marmites de 20 kilos utilisées dans son foyer. UN QUOTIDIEN DE PRECARITE – Derrière ces arrangements domestiques, se cachent des réalités douloureuses. Rokia Keïta, 14 ans, originaire de San (Centre), incarne cette détresse. En larmes, elle raconte sa séparation déchirante avec sa mère : « Elle disait que je n’avais pas l’âge de travailler en ville, mais je ne pouvais pas regarder mes parents se tuer à la tâche pour nous nourrir. » Employée à Sotuba chez Djénéba Sylla, une quinquagénaire sans enfant, Rokia peine à trouver du réconfort. Maltraitée et agressée verbalement, parfois physiquement, elle confie, assise sur un tabouret, vêtue de haillons : « Je n’ai que trois tenues. Avec ma patronne, je ne suis même pas sûre de rentrer au village avec mon salaire. » Sur le plan légal, l’emploi de mineurs est strictement encadré. Me Bakary Mamadou Konaté, avocat, rappelle que le travail des enfants est interdit, sauf dans des cas exceptionnels nécessitant l’accord des parents et le consentement de l’enfant. « Sans ces conditions, tout contrat est nul », précise-t-il. Amadou Thiam, directeur de la Cellule nationale contre le travail des enfants, va plus loin : employer des mineures comme aides ménagères constitue une infraction aux conventions internationales, notamment la convention n°182 de l’OIT sur les pires formes de travail des enfants et la convention n°138 fixant l’âge minimum d’emploi à 15 ans. Malgré ces cadres juridiques, l’exploitation des adolescentes persiste, alimentée par la pauvreté et la demande de main-d’œuvre docile. Entre misère familiale et abus des employeurs, ces jeunes filles payent un lourd tribut pour un rêve de mieux-vivre souvent hors d’atteinte. RT/OS/MD (AMAP)
Ségou : La pisciculture suscite l’espoir d’une autosuffisance en poisson
Par Mamadou SY Ségou, 18 mai (AMAP) Face à la baisse de la quantité de poissons pêchés dans les lacs, fleuves et barrages, de plus en plus de personnes s’investissent dans la pisciculture afin de répondre à la forte demande des consommateurs. À Ségou, la pisciculture portée par des particuliers connaît un essor prometteur. Levier essentiel de création d’emplois et de développement, ce secteur suscite l’espoir d’une autosuffisance en protéines animales. Cependant, malgré ses atouts, cette activité qui se pratique en milieu naturel ou avec un bassin artificiel se heurte à plusieurs contraintes. Issu de la toute première promotion de l’Université de Ségou en agroéconomie, Mamoutou dit Djamba Sissoko est le promoteur de «Kanyela-Agri». Cette entreprise évolue dans la pisciculture et le maraîchage depuis 2020. Nous l’avons rencontré en ce mercredi 7 mai en plein travail sur son champ situé au quartier Angoulême. C’est avec beaucoup de passion que Mamoutou Sissoko s’investit dans cette activité rythmée au quotidien par l’alimentation de ses poissons, le contrôle de la qualité de l’eau ainsi que l’entretien des cultures maraîchères. D’un seul bac hors sol au départ, il en compte aujourd’hui 4, grâce au soutien du projet «Jègè ni Jaba» et 2 étangs piscicoles contenant 600 tilapias et 500 clarias. Le jeune Sissoko met en valeur les déchets organiques produits par les poissons pour fertiliser ses plantes et parvient à tirer son épingle du jeu dans cette activité en générant un chiffre d’affaires d’au moins 500.000 Fcfa avec ses 4 bacs hors sol. Cependant, souligne-t-il, l’envolée des prix des aliments poissons constitue une contrainte majeure pour bon nombre de pisciculteurs. À titre d’illustration, il évoque le sac de 20 kg qui coûte actuellement 28.000 Fcfa contre 16.000 Fca et 40.000 Fcfa pour certaines variétés. Le fondateur de «Kanyela-Agri» estime qu’avec ses 4 bacs hors sol, il doit acheter chaque semaine au moins 20 kg d’aliments pour nourrir ses poissons et cela ne représente que le minimum nécessaire. Notre jeune entrepreneur déplore le fait que les aliments produits localement ne sont pas suffisamment riches pour permettre une bonne croissance des poissons qui atteignent à peine 700 g en 6 mois. En revanche, dira-t-il, avec des aliments importés, on peut obtenir des poissons de plus de 1 kg en 4 mois. Mamoutou Sissoko lance un appel à l’État et à ses partenaires afin de mettre en place une usine de production d’aliments de poissons de qualité, avant de prôner une meilleure structuration des acteurs concernés et une qualité optimale des intrants subventionnés. Évoluant dans la production d’alevins et le grossissement de poissons, la ferme piscicole «Kosso» de Madou Diarra (31 ans), propose des services de formation et d’accompagnement aux pisciculteurs. Après l’obtention de son baccalauréat, Madou Diarra réussit le concours d’entrée au Centre de formation pratique en aquaculture de Molodo. Deux ans plus tard, il en sort diplômé en tant qu’agent technique. Après un passage à l’Institut d’économie rurale (IER) de Mopti en tant que superviseur de souches, il décide de lancer sa propre entreprise en 2021. «Avec la disparition de certaines espèces de poissons, il y a un véritable engouement pour la pisciculture. Nombreuses sont les personnes qui souhaitent se lancer dans ce secteur», note Madou Diarra. Pour les soutenir, une formation sur les fondamentaux de la pisciculture a été développée au sein de sa ferme. Elle attire des participants aux profils variés, avec une forte présence des jeunes. D’après notre interlocuteur, la pisciculture permet de consommer directement ce que l’on produit, tout en réduisant les importations de poissons. Le responsable de la ferme piscicole «Kosso», souligne qu’avec seulement 300.000 Fcfa, on peut démarrer la pisciculture à petite échelle. Ce budget permet d’acquérir un bac hors sol de 1 m3, 105 alevins, ainsi que plusieurs sacs d’aliments. Madou Diarra déplore le fait que les aliments importés restent coûteux et l’absence de spécialistes qualifiés en pathologie piscicole. À l’avenir, il souhaite que les consommateurs privilégient la production nationale, et que les pisciculteurs puissent répondre à la demande des consommateurs. Mahamadou Kané, un autre pisciculteur ambitionne de réduire la problématique de l’accès à des intrants piscicoles à travers une production d’alevins de qualité en quantité suffisante et à des prix abordables. L’objectif est de permettre aux acteurs d’accroître leur production. Tirant cette passion de son père, Mahamadou Kané produit aussi des aliments flottants. Avec près de 20 ans d’expériences dans le secteur, la ferme familiale située à Banankoro, s’étend sur 5 hectares. Elle comprend un étang, 16 bassins et une écloserie d’une capacité de production de 100.000 alevins clarias par an. Ce n’est pas tout, le riz est produit sur place, et l’eau provenant de la pisciculture est réutilisée pour irriguer les champs. Des agrumes, melons et pastèques y poussent à profusion. Même si la pisciculture n’a pas autant de notoriété que l’aviculture, elle reste une activité très lucrative. Mahamadou Kané a révélé qu’en plus de disposer de la souche adéquate, le Mali possède un nombre important d’écloseries pour la production d’alevins, ainsi que des producteurs d’intrants piscicoles et d’aliments pour poissons. Autant d’atouts que l’État, avec l’appui de ses partenaires, doit saisir pour encourager les citoyens à se tourner vers la pisciculture qui est non seulement une activité rentable, mais aussi un levier de développement. MS/MD (AMAP) Baréma Koïta, chef du secteur pêche de Ségou : «Il faut favoriser l’accès aux intrants de qualité à un prix raisonnable» Par Mamadou SY Ségou, 18 mai (AMAP) Le service de la pêche a pour rôle l’appui conseil, et le contrôle de la réglementation en vigueur. Selon Baréma Koïta, chef du secteur pêche de Ségou, la pisciculture en tant que technique d’élevage de poisson a vu le jour au Mali par l’initiation d’une petite station piscicole expérimentale dans la Région de San. La convention de financement l’instituant a été signée en novembre 1979 entre le gouvernement de notre pays et celui des États-Unis avec l’appui de l’USAID. C’est ainsi qu’une antenne de vulgarisation a été créée à Niono, dans la zone Office du Niger, en raison de la disponibilité en eau et
Kayes : Marche contre la fraude et les fuites de sujets lors des examens
Kayes, 18 mai (AMAP). L’Académie d’enseignement (AE) de Kayes a organisé, samedi, au Stade Abdoulaye Makoro Sissoko une grande marche contre la fraude et la fuite des sujets lors des examens, répondant aux préoccupations des autorités administratives et scolaires de la Région de Kayes d’instaurer la culture de l’excellence à l’école. Cette activité a été initiée par le ministère de l’Education nationale pour sensibiliser les acteurs de l’école sur les méfaits de ces fléaux sur la qualité de l’Education. La marche a enregistré une forte participation des élèves et des enseignants, dont certains sont arrivés au stade à 6 heures du matin. On notait également la présence de membres des Comités de gestion scolairesn(CGS), de responsables de Centres d’animation pédagogique (CAP), de Directeurs d’écoles, parmi tant d’autres. L’activité a été marquée par des séances d’éducation physique ou gymnastiques afin de permettre aux participants de se détendre. « Nous avons marché contre la fraude et les fuites de sujets. Les élèves sont en première position. Tous les acteurs et partenaires de l’école sont là. Ils sont venus pour renouveler leur engagement. La fraude tue l’excellence dans les écoles, notamment dans les classes d’examen », a expliqué le directeur de l’AE de Kayes, Mahamadou Djibril Kéïta, à la fin de la marche. La veille, l’AE avait bouclé une série de rencontres avec ceux qui sont concernés par les examens. BMS/MD (AMAP)|
Diéma : L’ambulance médicalisée du Centre de santé enlevée puis retrouvée (Service de sécurité)
Diéma, 18 mai (AMAP) L’ambulance médicalisée du Centre de santé de référence de Diéma, (CSRéf) enlevée, dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 mai 2025, aux environs de 23 heures, a été retrouvée, les roues crevées, dans la matinée, près du village de Binoufissiré, Cercle de Troungoumbé, dans la Région de Nioro (Ouest), ont indiqué les services de sécurité, Cette ambulance offerte par les œuvres sociales du président de Transition, le général d’Armée Assimi GOITA, avait été dérobée par un individu habitué des lieux, qui logeait non loin du CSRÉF. Comme rapporté, le véhicule rentrait d’une évacuation sanitaire, du Centre de santé communautaire (CSCom) de Diangounté Camara, sur la route de Kayes, à 35 km de Diéma. A son arrivée au CSRÉF, vers 23 heures, le chauffeur a garé la voiture devant la maternité, comme à l’accoutumée, le moteur en marche, pour transporter la parturiente, à l’aide d’un chariot, dans une salle. Le voleur en a profité pour prendre la place du chauffeur et foncer vers le village de Dampa, situé à 8 km de Diéma, avant de disparaître dans la nature. Le commandant de la Brigade territoriale de Diéma, Abdoulaye Amadou Diarra, et ses éléments, ont entrepris des recherches et traquent le malfrat. Ce qui leur avait permis de localiser le véhicule ce matin, dans les envrons de Koréra, dans la région de Nioro. Quant au maire de la Commune rurale de Diéma, Abdoulaye SIssako, il compte convoquer une réunion d’urgence sur de l’affaire. OB/MD (AMAP)
Baréma Koïta, chef du secteur pêche de Ségou : «Il faut favoriser l’accès aux intrants de qualité à un prix raisonnable»
Par Mamadou SY Ségou, 18 mai (AMAP) Le service de la pêche a pour rôle l’appui conseil, et le contrôle de la réglementation en vigueur. Selon Baréma Koïta, chef du secteur pêche de Ségou, la pisciculture en tant que technique d’élevage de poisson a vu le jour au Mali par l’initiation d’une petite station piscicole expérimentale dans la Région de San. La convention de financement l’instituant a été signée en novembre 1979 entre le gouvernement de notre pays et celui des États-Unis avec l’appui de l’USAID. C’est ainsi qu’une antenne de vulgarisation a été créée à Niono, dans la zone Office du Niger, en raison de la disponibilité en eau et des sous-produits agroalimentaires. Depuis, une multitude de techniques dont la rizipisciculture et la pisciculture en cage ont été testées et adaptées en milieu rural, a-t-il rappelé. Concernant les infrastructures piscicoles, le Cercle de Ségou compte actuellement 131 étangs et 115 bacs hors sol et 2 cages flottantes. La rizipisciculture combinant la culture du riz et l’élevage de poissons, couvre une superficie de 7.500 m2, tandis que les mares sont au nombre de 31 et s’étendent sur 51,68 hectares, a détaillé Baréma Koïta. Les performances enregistrées ces dernières années se situent au niveau des cages flottantes et bacs hors sols. Pour une cage flottante de 144 m3 la production obtenue a été de 2.624 kg pour 10.000 alevins. Quant au bac hors sol de 10 m3 avec 1.000 poissons, il a permis de récolter 369 kg, a souligné le chef du secteur pêche de Ségou. Les tilapias nilotica (Ntèbèfing) et les clarias gariepinus (Manogo) sont les deux espèces ayant fait l’objet d’études positives en ce qui concerne la pisciculture dans notre pays. Parmi les initiatives en cours pour soutenir la pisciculture à Ségou, figurent le Projet de restauration des terres dégradées (PRTD), celui de l’appui à l’amélioration des moyens d’existence durable d’atténuation et d’adaptation des communautés de pêche face aux changements climatiques et Jègè ni Jaba (JNJ), a fait savoir Baréma Koïta. S’exprimant sur les difficultés, le chef du secteur pêche de Ségou dira que l’acquisition des intrants par les producteurs demeure une préoccupation. En outre, sa structure ne compte pas suffisamment d’agents pour couvrir tout le cercle et l’accès à certaines localités est entravé par l’insécurité grandissante. Le service de la pêche de Ségou fait également face à une insuffisance de moyen financier. Baréma Koïta pense que pour tirer profit de la pisciculture, il faut « favoriser l’accès aux intrants de qualité à un prix raisonnable, disposer d’une source d’eau permanente, suivre régulièrement l’entretien des infrastructures et sécuriser le dispositif contre le vol ». Parlant des défis et perspectives, il a évoqué la réduction du coût des intrants, l’aménagement des infrastructures piscicoles et le renforcement des capacités des producteurs. MS/MD (AMAP)
Ségou : Important don à 50% des sinistrés des inondations de 2025 de cinq Cercles
Ségou, 18 mai (AMAP) Environ 50 % des familles sinistrées des inondations de 2024, soit 6 335 ménages pour un total de 38 009 personnes, de cinq Cercles de la Région de Ségou (Centre) ont reçu, vendredi, un important don lors d’une opération lancée par le gouverneur de Ségou, le commissaire général de brigade de police Soulaïmane Traoré qui a présidé la cérémonie a constaté l’AMAP. Ces dons sont composés de 342 tonnes de riz, autant de mil, 760 tonnes de sucre, 38 tonnes de sel, 19.005 unités de couvertures, autant de moustiquaires, de nattes, des kits scolaires et 53 tentes dont la distribution s’est déroulée à l’Office des produits agricoles du Mali (OPAM) de Ségou. Ce geste s’inscrit dans le cadre du projet d’appui de la Banque mondiale et concerne les cinq cercles de Niono, Macina, Markala, Bla et Ségou En présence du maire de la Commune urbaine, Nouhoun Diarra, du conseiller aux Affaires économiques et financières du gouverneur, Yamadou Keïta et du directeur régional du Développement social et de l’Économie solidaire, Dramane Coulibaly, la représentante des bénéficiaires, Awa Diakité, très touchée par cette solidarité a exprimé sa « gratitude aux plus hautes autorités du pays et à la Banque mondiale, avant de faire des bénédictions. » Quant au maire Nouhoun Diarra, il a salué cette initiative qui « permettra de renforcer la résilience des populations en cette période de crise. » De son côté, le gouverneur a déclaré que « l’année 2024 a été particulièrement éprouvante pour de nombreuses familles auxquelles des pluies torrentielles et des crues ont causé des pertes importantes. » « Face à cette tragédie, la solidarité nationale et internationale s’est manifestée avec force », a souligné Soulaïmane Traoré. D’après lui, cette aide représente « une bouffée d’oxygène qui contribuera à alléger les souffrances de nombreuses familles. » La cérémonie a été marquée par la remise symbolique de kits à 10 bénéficiaires et la visite des dépôts où sont stockés les vivres et articles non alimentaires. MS/MD (AMAP)

