Sommet Nutrition pour la Croissance : l’OMS appelle à l’action contre la malnutrition,

Bamako, 29 mar (AMAP) Le Directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus, a lancé, vendredi, un appel urgent à l’action pour lutter contre la malnutrition, qui touche des millions de personnes quotidiennement. Intervenant lors de la clôture du Sommet Nutrition pour la Croissance (27 et 28 mars 2025 à Paris), il a fait relever que « personne dans cette salle ne s’est couché le ventre vide », contrairement à de millions d’individus « dont le seul horizon est de nourrir leur famille aujourd’hui. » La nutrition, « fondement de la santé » selon l’OMS, est en crise. La sous-nutrition contribue à près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans, tandis que l’obésité et les maladies non transmissibles, comme le diabète, affectent plus d’un milliard d’adultes. Chaque dollar investi dans la nutrition infantile rapporte 23 dollars (13,939 Fcfa), mais les coûts économiques de la malnutrition se chiffrent en trillions annuellement. Face aux coupes dans l’aide au développement, l’OMS propose trois axes : remobiliser, avec la prolongation des objectifs mondiaux de nutrition à 2030 ; réévaluer, pour optimiser les actions et refinancer, en saluant les 27 milliards de dollars promis au sommet tout en appelant à plus d’investissements nationaux. A l’ouverture du sommet, Dr Tedros Adhanom Ghebreyesus a exprimé sa solidarité avec les victimes du séisme au Myanmar et en Thaïlande, promettant le soutien de l’OMS. Il a aussi appelé à soutenir l’Alliance du Vaccin (GAVI), dont la reconstitution des fonds est prévue en juin, soulignant son rôle crucial pour la survie des enfants. GAVI aide à vacciner plus de la moitié des enfants du monde contre les maladies infectieuses mortelles et invalidantes. OS/MD (AMAP)

Arrêt de travail au CHU Gabriel Touré pour exiger la libération du Pr Broulaye M. Samaké

Bamako, 28 mar  (AMAP)  Le comité du CHU Gabriel Touré du Syndicat national de la santé, de l’action sociale et de la promotion de la famille (SNS-AS-PF) annonce un arrêt de travail du personnel de l’établissement à compter de vendredi 28 mars 2025, afin d’exiger la libération du Pr Broulaye M. Samaké, arrêté et incarcéré de manière jugée « irrégulière » par les travailleurs. Dans une lettre adressée au Directeur général du CHU Gabriel Touré, après une Assemblée générale tenue le même jour, le Secrétaire général du comité syndical, le Pr Loséni Bengaly, précise que cet arrêt de travail, qui « se prolongera jusqu’à la libération de l’agent, concernera les nouvelles admissions. » Toutefois, il assure que « des mesures seront prises pour garantir la continuité des prestations essentielles, notamment la prise en charge des patients déjà hospitalisés, conformément aux dispositions réglementaires. » Le syndicat souhaite une solution rapide pour la libération du Pr Samaké, réaffirmant sa « volonté de contribuer à un fonctionnement apaisé de l’hôpital, dans l’intérêt des travailleurs et des patients. » OS/MD (AMAP)

Le Maroc, qui préside le Conseil de paix et de sécurite (cps) de l’Union africaine engage des « consultations informelles » des pays en transition dont le Mali pour leur « réintégration » 

Bamako, 28 mar (AMAP) Le Royaume du Maroc a tenu des consultations informelles avec les six pays en transition politique sur le continent, dès l’entame de sa présidence du Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l’Union africaine durant ce mois de mars, selon un article repris, vendredi, par la presse malienne. Cette réunion avec les membres de la Confédération des Etats du Sahel (AES), que sont le Burkina Faso, le Mali, le Niger, ainsi qu’avec le Gabon, la Guinée et le Soudan, tenue le 18 mars dernier, a pour objectif clair « d’encourager une dynamique d’échange constructive et œuvrer pour une réintégration de ces Etats au sein de l’organisation régionale. » Elle se veut « une étape essentielle pour relancer le dialogue entre les pays en transition politique et les institutions de l’UA et tente d’identifier des pistes de convergence pour renforcer la coopération interafricaine en faveur d’une paix et d’une stabilité durables. Cette initiative a été largement saluée par plusieurs pays concernés, notamment le Mali, le Burkina Faso, le Gabon et le Niger, qui ont souligné l’engagement constant du Maroc à promouvoir des solutions pacifiques et durables aux défis africains et exprimé leur reconnaissance pour cette « initiative marocaine », tournée vers la réconciliation africaine. Le ministre malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, a également salué, dans une lettre adressée à son homologue marocain, Nasser Bourita, « la solidarité agissante du Royaume », qualifiant cette démarche de  » sérieuse et prometteuse « . Grâce à cette approche diplomatique fondée sur le dialogue et l’écoute, Rabat s’affirme, plus que jamais, comme un acteur clé du renforcement de l’unité africaine et de la consolidation de la paix sur le continent. En novembre 2023, Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, dans un geste de solidarité africaine, lancé « l’Initiative internationale » pour favoriser l’accès des pays du Sahel à l’Océan atlantique et assister les pays enclavés de l’AES et le Tchad. OS/MD (AMAP)

Tominian/Fangasso : Pour renforcer les capacités des humanitaires locaux dans des situations d’urgence

Tominian, 28 mar (AMAP) Le Projet de renforcement des acteurs humanitaires locaux, en tant que répondants de première ligne dans les Cercles de Tominian et de Fangasso, dans la Région de San, d’un coût de 775 669 153 Fcfa, pour une durée de 18 mois, soit d’octobre 2024 à juin 2026, a été lancé le 18 mars 2025, lors d’un atelier, dans la salle de réunion de la mairie de la Commune rurale de Tominian. Les résultats attendus de cet atelier qui est mis en œuvre par les ONG Adventist Developement Relief Agency (ADRA Mali) et Association de formation et d’appui au développement (AFAD) sont : autorités administratives, locales, coutumières, les services techniques et les acteurs locaux sont informés sur le projet ; les interventions prévues et les approches de mise en œuvre dans le cadre du projet sont partagées avec les parties prenantes pour une meilleure appropriation et accompagnement ; les autorités administratives, locales, coutumières, les services techniques et les acteurs locaux sont mobilisés pour la mise en œuvre effective du projet. Le directeur national d’ADRA Mali, Kouassi Dido Fabrice, au nom des deux ONG, a dit que le projet financé par le Ministère allemand des Affaires étrangères, German Federal Foreign Office (GFFO), vient en soutien au projet Ministère fédéral allemand de la coopération économique et du développement (BMZ) Humanitaire, Développement, Paix (Nexus) Adventis Developement Relief Agency Burkina Faso et le Mali (BFA) financé par le BMZ, en cours d’exécution dans les Cercles de Tominian et Fangasso. Selon lui, il vise à renforcer le pouvoir d’action des femmes, des filles, des garçons et des personnes ayant des besoins spécifiques vivant dans les zones de crise du Burkina Faso, du Mali et du Mozambique. Ainsi, ils pourront « participer activement à la prise de décisions concernant des mesures d’alerte précoce inclusives et équitables grâce à des interventions ciblées dans les domaines de la réduction des risques de catastrophe (RRC), de la sécurité alimentaire et de l’eau, l’assainissement, et l’hygiène (WASH) ». Dans son discours, le préfet du Cercle de Mandiakuy, Kalifala Coulibaly, intérimaire au préfet du Cercle de Tominian, qui a présidé le lancement du projet, dira que « les Cercles de Tominian et Fangasso font face à des défis multiples qui mettent à l’épreuve la résilience des populations. » « Et face à ces enjeux, il est impératif de renforcer la capacité des acteurs locaux qui sont les premiers à intervenir en situation d’urgence. C’est dans cet esprit que ce projet a été conçu pour outiller nos organisations locales, renforcer leurs capacités d’intervention et leur permettre d’agir efficacement en première ligne aux côtés des décideurs », a-t-il indiqué. Avant de déclarer le projet lancé, le préfet Coulibaly a remercié tous ceux qui ont contribué à la conception de ce projet, notamment les partenaires « ADRA Allemagne, ADRA Mali et l’ONG AFAD. Par la même occasion, il a tenu à remercier le Ministère allemand des Affaires étrangères (German Federal Foriegn Office (GFFO). Ont pris part à cette cérémonie : le représentant du préfet du Cercle de Fangasso, le commissaire de police Dramane Sery, les sous-préfets des arrondissements de Koula, Timissa, Fangasso, Tominian, les maires des Communes rurales de Tominian, Fangasso, Koula, Lanfiala, Timissa, les représentants des services techniques comme le service local de l’Assainissement, du Contrôle des Pollutions et des Nuisances, de la Promotion de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, du Développement social et de l’Economie solidaire, le Plan et les Statistiques et le Centre de santé de référence (CSRéf). Tout comme le 1er adjoint au maire de la Commune rurale de Tominian, Esdras Keïta, du maire de la Commune rurale de Koula, Rémy Coulibaly, président de l’Association des Municipalités du cercle de Tominian, du Directeur exécutif de l’ONG Association de formation et d’appui au développement (AFAD), Ahmed Sékou Diallo. Les représentants de plusieurs autres organisations communautaires de bases (OCB) étaient également présents, à savoir des personnes âgées, des personnes vivants avec un handicap, la Coordination des associations et organisations féminines (CAFO) et le Conseil communal de la jeunesse de Tominian. ST/MD (AMAP)

Ségou : Helen Keller international vole à nouveau au secours des victimes des inondations de Bla

Dans le cadre de son projet Transforming Lives Through Nutrition (Transformer les vies à travers la nutrition, TLTN), Helen Keller international vient de remettre des kits de première nécessité en soutien aux victimes de l’inondation de Bla. La cérémonie de remise s’est déroulée le jeudi 27 mars à Bla dans la région de Ségou sous la présidence représentant du sous-préfet, Emmanuel Baya. C’était en présence du coordinateur du Projet Transforming lives, Ousmane Camara, du 3ème adjoint au maire de Bla, Birama Ouologuem du directeur régional du Développement social et de l’Economie solidaire de Ségou Dramane Coulibaly, des responsables des services techniques de l’Etat et des bénéficiaires. Financé par Last Day Saint Church (LDSC) le don d’une valeur marchande d’environs 10 millions était composé de riz, de mil, de sucre, d’huile et de kits sanitaires, nattes, couvertures, ensemble ustensiles de cuisine, sel, moustiquaire, bâche. Courant le mois de juillet 2024, la ville de Bla, l’un des districts sanitaires d’intervention de Helen Keller International a été victime d’inondations. Ces catastrophes naturelles ont causé des dégâts considérables (effondrement de maisons infrastructures, pertes de bétails destruction de vivres), laissant plusieurs familles dans une situation désespérée. Les bénéficiaires au nombre de 80, touchés par ces inondations vivent des dons des partenaires, du gouvernement et de quelques particuliers. Les conditions d’hygiène sont précaires en raison de la rareté de l’eau potable et des installations sanitaires infectées ou insalubres. C’est suite à une évaluation en partenariat avec les services techniques et en réponse aux victimes touchés par l’inondation que Helen Keller International à travers le programme Transformer des vies par la nutrition (TLTN) a décidé d’apporter ce soutien aux sinistrés. Le coordinateur du projet TLTN a précisé que cette donation à l’endroit des victimes de l’inondation de Bla s’inscrit en ligne droite de la vision de Helen Keller, à savoir porter assistance aux communautés. Ousmane Camara a rappelé que dès les premiers instants de ces catastrophes naturelles Helen Keller International a dépêché une équipe qui a porté assistance au CSREF de Bla qui était durement touché. D’autres actions ont également suivi en toute modestie dans ce district bénéficiaire du projet TLTL. Au nom de la directrice de Helen Keller International, il a remercié les différentes autorités, les services les bénéficiaires pour leur accompagnement pour la réussite de cette cérémonie. Le directeur régional du Développement social et de l’Economie solidaire a, au nom de toutes les autorités de la région de Ségou, remercié HKI pour ce geste qui leur va droit au cœur : « En plus que tout ce qu’il fait surtout dans l’amélioration de la santé nutritionnelle de la population, HKI vient de prouver une fois encore, qu’il intervient aussi dans l’humanitaire » a-t-il-dit. Dramane Coulibaly a invité les bénéficiaires à utiliser à bon escient ces dons rassurant que les services techniques veilleront à cela. Au nom des bénéficiaires Siaka Samaké a joint sa voix à celle du maire et du Chef de village pour remercier HKI pour ce geste qui vient à nommer en cette veille de la fête : « Nous nous réjouissons à plus d’un titre de cette donation. Nous remercions HKI pour ce geste qui nous enlève une épine des pieds » a-t-il-confié. Pour rappel, le projet Transforming Lives Nutrition (Transformer les vies à travers la nutrition) pour la promotion de la nutrition maternelle infantile, financé par Helen Keller International (HKI) en partenariat avec d’autres ONGs, s’inscrit dans le cadre de la stratégie de HKI d’améliorer la nutrition en générale et particulièrement celle des femmes et des enfants. Il s’agit de sauver et transformer des vies grâce à une bonne nutrition à travers cinq interventions essentielles : la nutrition prénatale avec la supplémentation en micronutriments multiples des femmes enceintes ; l’administration de la vitamine A et le traitement vermifuge ; l’alimentation complémentaire des enfants ; l’allaitement maternel et la prise en charge et la prévention de la malnutrition aiguë et stratégie de changement de comportement pour soutenir et améliorer l’allaitement maternel. La phase III en cours dans notre pays s’étend du 01 Mai 2024 au 30 Avril 2025. Elle intervient après les résultats satisfaisants de la phase I et II du projet et concerne les régions de Kayes (District sanitaire de Kayes et Bafoulabé), Koulikoro (District sanitaire de Fana et Banamba). Aminata Dindi SISSOKO AMAP-Ségou  

Le président du Faso remet 900 engins pour bitumer 5 000 km de route par an

Bamako, 28 mar (AMAP) Le président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a procédé jeudi matin à la remise d’un premier lot de plus de 900 engins dans le cadre de l’Initiative présidentielle Faso Mêbo, visant à révolutionner les infrastructures routières du Burkina Faso, rapporte l’Agence d’information du Burkina (AIB). Ce lot, comprenant des pick-up 4×4, bulldozers, pelles hydrauliques, niveleuses, camions bennes, bétonnières et autres engins, représente la première phase d’un investissement de 200 milliards de Fcfa. Selon le chef de l’État, « l’objectif est de bitumer entre 3 000 et 5 000 km de routes par an pour désenclaver les villes et les campagnes, soutenir les forces combattantes dans la reconquête du territoire et faciliter les activités des producteurs, transporteurs et commerçants. » « Si de petits pays sans ressources bitument leurs routes, il n’y a pas de raison que le Burkina Faso n’y arrive pas », a déclaré le capitaine Traoré qui a inspecté les machines. Le matériel a été confié au commandant Zoodnoma Ahmed Sakandé, coordonnateur national de l’initiative qui a reçu des consignes strictes « pour une mise en œuvre rapide et rigoureuse des travaux », dont le lancement marque la prochaine étape. Lancée en octobre 2024 et rattachée au Bureau national des grands projets, l’Initiative Faso Mêbo ambitionne de transformer le réseau routier et de promouvoir un urbanisme durable au Burkina Faso. OS/MD (AMAP)

Une délégation malienne de haut niveau en Mauritanie pour discuter de migrations irrégulières et des récentes reconduites de Maliens aux frontières

Bamako, 27 mar (AMAP) Bamako et Nouakchott se sont engagés à collaborer étroitement pour apporter des réponses concrètes à la gestion des migrations irrégulières et les récentes reconduites de Maliens aux frontières, annonce jeudi, uncommuniqué du ministère en charge des Maliens de l’étranger. Une délégation malienne de haut rang, conduite par le ministre des Maliens établis à l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Mossa Ag Attaher, s’est rendue jeudi en Mauritanie pour échanger avec les autorités mauritaniennes sur les relations bilatérales et les défis évoqués, « marquant ainsi une volonté commune de consolider les liens fraternels entre » les deux pays. Dès leur arrivée à Nouakchott, les émissaires maliens ont été reçus par le président Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, de la Mauritanie. Au centre des discussions figuraient le renforcement de la coopération entre les deux pays voisins, la coordination des efforts face à la migration irrégulière et les solutions aux récentes opérations de rapatriement de ressortissants maliens. Côté mauritanien, les échanges ont mobilisé Mohamed Mahmoud Boye, ministre de la Justice et des Affaires Étrangères par intérim, le général de division Mohamed Cheikh Mohamed Lemine, ainsi que d’autres officiels. La délégation comprenait notamment Abdoulaye Diop, ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération Internationale, qui a transmis un message du président de la transition malienne, le général d’armée Assimi Goïta, ainsi que le général de corps d’armée Modibo Koné, directeur général de l’Agence nationale de la securité d’Etat (ANSE), et d’autres hauts responsables. OS/MD (AMAP)

Culture : « la Résidence  » de Gourma Rharous, un symbole et une œuvre architecturale, en péril  

Par Mohamed GAKOU Gourma Rharous, 28 mar (AMAP) La Résidence, comme son nom l’indique, est le bâtiment où tous les commandants de Cercle de Gourma Rharous (dans le Nord du Mali) logent, depuis la création de la circonscription, le 26 décembre 1926, jusque vers le début des années quatre-vingt-dix qui marque le début de la deuxième rébellion armée. C’est à partir de cette époque que commence le déclin de ce majestueux bâtiment qui, comme une armoirie, symbolise le cercle de Gourma Rharous, aux yeux des populations locales. Elle est l’une des principales curiosités touristiques du cercle, à cause de l’originalité de son architecture et de sa position géographique dignes d’un palais. Dépêché par sa hiérarchie, le capitaine Gaston Mourgues quitte Hombori, accompagné par une importante suite, composé de gardes cercle, porteurs, cuisiniers, maçons, menuisiers, etc. Le but de sa mission était de sécuriser le trafic fluvial, sur un important tronçon situé entre Gao et Tombouctou (Nord). Le courrier postal et toutes les autres embarcations qui pratiquent ce trajet sont fréquemment attaqués par des bandits qui sévissent depuis la rive gauche du fleuve. Après moult bivouacs sur différents sites en bordure du fleuve, il jette son dévolu sur l’actuel place de la ville de Rharous. Le cercle de Gourma Rharous naît donc, le jour de son arrivée sur ces lieux, dans l’après-midi du 26 décembre 1926. Il débute et termine les travaux de sa résidence en 1927. Elle est bâtie sur un promontoire sablonneux qui culmine à 30 mètres, au-dessus des eaux bleues-turquoises du fleuve Niger, dans lesquelles, elle se mire. À cette hauteur, on a une vue panoramique de 30 kilomètres à la ronde. Le choix de ce lieu n’est pas fortuit, puisque que le capitaine Mourgues est topographe de l’armée coloniale française. Cette position stratégique permet de sécuriser une grande partie de la bande du fleuve. Le bâtiment est coiffé de deux tours rectangulaires qui jouent le rôle de miradors. Dans l’intervalle de son édification en 1927, à l’année 1973, la Résidence a subi plusieurs aménagements intérieurs et extérieurs. Le bâtiment initial a été construit avec des matériaux locaux à base d’argile. Les briques de la structure ont été confectionnées avec de l’argile tirée du lit du fleuve, connue pour sa résistance à l’eau. La même matière a servi d’enduit pour recouvrir les murs intérieurs. Quant au crépissage (revêtement) des murs extérieurs et l’adhérence des briques de la structure, il a été fait avec du pisé, un mélange d’argile et de paille finement coupée et modérément imbibé d’eau. Plus tard, les murs extérieurs du bâtiment seront couverts par une terre rare, poudreuse et compacte, de couleur ocre presque phosphorescente, appelée « terre de Bourem », exploitée uniquement, dans la localité du même nom. Celle-ci donne aux murs un aspect esthétique très attirant et visible de loin. MERVEILLE D’ARCHITECTURE – La partie du bâtiment qui fait face au fleuve a été aménagée en jardin, prolongé par une série d’escaliers qui descendent en pente douce jusqu’aux abords du rivage. Ce jardin est planté d’une multitude d’arbres, arbustes et fleurs exotiques, ramenés par le maître des lieux : orangers, citronniers, bananiers, palmiers nains de méditerranée, nefliers du Japon, diverses variétés de rosiers et de fougères, bégonias, frangipaniers et hibiscus (source : Archives du cercle). Malheureusement toutes ces plantes sont depuis détruits qui faisaient de ce jardin une véritable œuvre d’art, que les autochtones aimaient bien venir contempler à distance et en sentir les effluves. En 1973, le commandant de Cercle, Modibo Sidibé, apporta à la Résidence, sa dernière rénovation. Il fit recouvrir entièrement les murs du bâtiment, avec de la brique cuite, donnant à celui-ci plus de prestance. Ce bâtiment colossal et majestueux incarne aux yeux des populations locales, la force et la beauté. Semblable à un vaisseau échoué sur le sable, la perception de l’architecture du bâtiment, donne plusieurs impressions, selon l’angle sous lequel, on l’observe. De face, avec ses deux tours et ses murs crénelés, il ressemble à un château Périgourdin. De profil, il fait penser à un palais mauresque de l’Atlas marocain. Aucun étranger de passage dans la ville, ne peut rester de marbre, devant la beauté de cette impressionnante œuvre architecturale. Hélas ! Son déclin débute au début des années quatre-vingt-dix, suite à l’éclatement de la deuxième rébellion armée qui amena les locataires du lieu à ne plus en faire usage, au profit d’un modeste bâtiment en béton construit par l’Etat, à quelques mètres de là, et qui fait désormais, office de résidence préfectorale. LENTE DEGRADATION – Depuis cette funeste époque, commence la décrépitude de ce vénérable « monument », qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de lui-même, sous le regard indifférent des décideurs locaux. Selon un témoignage recueilli auprès d’un ancien dignitaire politique local, sous le couvert de l’anonymat, « En son temps, la coopération allemande, à travers la GTZ, a proposé de réhabiliter le bâtiment mais, hélas, des voix contraires se sont levées et finalement, les fonds destinés à ce projet, ont été dirigés vers d’autres infrastructures de moindre importance ». Une chose est sûre, le déclin de ce symbole fait mal à l’habitant lambda impuissant. Mais, chacun y va de son rêve de voir renaître un jour ce trésor commun. Un acteur culturel local trouve que c’est un lieu idéal pour organiser des festivals et d’autres grandes manifestations culturelles. Un professeur du lycée public de Rharous y voit un musée, un espace de créations artistiques ou une résidence d’écriture. En privé, d’autres trouvent que le lieu peut être transformé en établissement hôtelier, quand le tourisme connaîtra de meilleurs jours. L’idée de porter à l’attention du département chargé de la Culture, l’état avancé de décrépitude de ce joyau architectural est portée par plusieurs acteurs de la société civile, sans que cela ne se concrétise. Pour l’instant, du haut de sa splendeur d’antan, la Résidence semble toiser la ville, s’effondrant chaque jour, un peu plus. Peut-être que, dans l’avenir, comme le sphinx, la Résidence renaîtra de ses décombres. MG/MD (AMAP)    

Le Mali commémore le 34e anniversaire de la démocratie : Assimi Goïta rend hommage aux martyrs de mars 1991

Bamako, le 26 mar (AMAP) Le général d’armée Assimi Goïta, président de la Transition, a présidé mercredi matin la cérémonie de commémoration du 34e anniversaire de la journée des Martyrs, un événement symbolisant l’aboutissement de la lutte héroïque du peuple malien en mars 1991 pour le changement et la démocratie. « C’est un profond devoir de m’incliner devant la mémoire de toutes les victimes de mars 1991, au-delà de la symbolique de cette tradition bien établie », a déclaré le Chef de l’Etat, après avoir déposé une gerbe de fleurs au monument des Martyrs. Selon le chef de l’État, ce lieu « incarne le souvenir des événements tragiques dans la conscience collective, tout en reflétant l’aspiration des Maliens à vivre dans un pays pacifié, réconcilié et stable sur les plans politique, économique et institutionnel. » Il a souligné l’importance de cette commémoration comme un moment de communion pour appréhender les défis actuels du Mali. « Après plus de trois décennies, notre pays fait face à des turbulences politiques et institutionnelles. Des questions cruciales se posent : qu’est-ce qui n’a pas marché ? Quel modèle de gouvernance devrions-nous adopter pour garantir la sécurité, la paix et le développement ? » a-t-il ajouté. Cette journée, ancrée dans la mémoire nationale, invite ainsi à une réflexion sur l’avenir du Mali, 34 ans après le sacrifice des martyrs de la démocratie. OD/OS/MD (AMAP)

Etienne Fakaba Sissoko sort de prison après avoir purgé sa peine

Bamako, 27 mar (AMAP) L’économiste et professeur d’université malien, Etienne Fakaba Sissoko, a été libéré ce jeudi, après avoir purgé une peine d’un an d’emprisonnement ferme, a confirmé a l’AMAP, un proche. Abdoulaye Guindo, contacté par l’AMAP, a dit avoir parlé au téléphone avec M. Fakaba, confirmant ainsi la libération de ce dernier, arrêté le 25 mars 2024, et condamné en mai de la même année à deux ans de prison, dont un an avec sursis. Le professeur d’université, qui avait été condamné aussi à une amende de trois millions de francs CFA (environ 4 500 euros), a été jugé pour « atteinte au crédit de l’État », « injures » et « diffusion de fausses nouvelles de nature à troubler la paix publique », à la suite de la publication de son ouvrage critiquant la communication gouvernementale pendant la Transition au Mali. Malgré les appels répétés d’organisations de défense des droits humains, telles qu’Amnesty International, demandant sa « libération immédiate et inconditionnelle » en raison de la violation de son droit à la liberté d’expression, les autorités maliennes ont maintenu sa détention. À sa sortie de la prison de Kéniéroba, située à environ 75 km de Bamako, sur la route vers la Guinée, Étienne Fakaba Sissoko a exprimé sa gratitude envers ses soutiens et a réaffirmé son engagement en faveur de la liberté d’expression et du débat académique au Mali. OS/MD (AMAP)