Dialyse à Ségou : La gratuité des soins se heurte aux limites budgétaires
Par Aminata Dindi SISSOKO Ségou, 22 déc (AMAP) La santé, dit-on, est la couronne du bien-portant que seuls les malades peuvent voir. Les patients sous dialyse ont fait leur ce proverbe qui, dès lors, prend tout son sens à l’Unité de dialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou (Centre). Reliés aux machines dans la salle exigüe de l’unité dialyse, certains dorment à point, d’autres observent silencieusement leur environnement. Leur santé, désormais fragile, ils ressentent combien elle reste le bien le plus précieux. F.N, allongée sur son lit de dialyse observe avec patience la machine qui filtre son sang. Elle n’a plus le choix : sans la dialyse, ses reins ne fonctionnent plus. L’adolescente de 16 ans et sa sœur cadette, 14 ans, viennent de Macina pour suivre les soins. Elles sont contraintes de faire cet exercice vital deux fois par semaine. « C’est l’année dernière après la fête de Tabaski, que je suis tombée malade. Cela a trouvé que ma sœur cadette était déjà sous dialyse. Bien avant la maladie, j’avais abandonné l’école mais ma sœur, elle, a dû abandonner l’école à cause de la maladie », confie F.N, innocente. Non loin d’elle, A. Koné relié à la machine par des tubulures garde une main immobilisée entourée de fils qui assurent la circulation du sang vers l’appareil. « La dialyse est indispensable pour nous maintenant. Sans quoi, on ne peut survivre en aucun cas », confie-t-il. L’enseignant semble avoir le moral. L’épreuve de la maladie n’a, en rien, altéré la clarté de sa voix, son dynamisme ni son éloquence pédagogique. « Je fais la navette entre Koutiala et Ségou, deux fois dans la semaine, pour suivre mes séances de dialyse. C’est en avril 2023 que je les ai débutées à l’hôpital du point G, avant de faire le transfert vers Ségou », nous explique-t-il. Koné, stoïque, assure que la séance de quatre heure, ne lui cause aucun désagrément. La joie, pour lui, est d’en bénéficier. Cependant, il déplore la disponibilité continu de kits. « Quand j’ai été transféré ici, l’ unité fonctionnait bien. Mais, au fil du temps, il y a eu des ruptures de kits. Nous avons dû payer certaines séances nous-mêmes », déplore-t-il. Il ajoute que tout récemment, les dialysés ont bénéficié de trois séances gratuites. Toutefois ces kits sont désormais épuisés. « On attend une autre occasion. Sans cela nous serons obligés de quémander auprès des parents ou de bonne volonté. On n’a pas d’autres solutions. La dialyse, ce sont des charges lourdes », indique-t-il, en lançant un cri de cœur aux hautes autorités nationales pour leur prise en charge. A côté de lui, M. Barry un résident de Fobogo ne va pas par le dos de la cuillère : « Sans la dialyse, c’est le calvaire. », dit-il. « C’est en décembre 2024 que j’ai été placé sous dialyse. Je ne pouvais marcher ni travailler. Sans les séances, je perds l’appétit, je suis incapable de boire, ou d’uriner. Je passe des nuits noires. Mes pieds et mes chevilles gonflent », a-t-il expliqué. Joignant sa voix à celle de Koné, il plaide pour une aide de l’Etat et des bonnes volontés. « La plupart d’entre nous ne travaille plus à cause de la maladie. C’est compliqué pour nous maintenant ». lance-t-il. Outre les problèmes d’approvisionnement en kits, les patients sous dialyse de la Région de Ségou font face à de nombreuses difficultés : absence d’accompagnants, problème de logement, déplacements compliqués, achat de nourriture de la rue, manque de donneur de sang pour certains. La majorité souffre d’anémie chronique et peine à réaliser les bilans de routine, faute de moyen. Les patients nécessitant une fistule artério-veineuse (FAV) doivent être référés à Bamako pour bénéficier de cet acte médical, faute de chirurgien vasculaire sur place. La dialyse est un traitement artificiel qui remplace la fonction des reins lorsqu’ils ne filtrent plus correctement le sang. Elle élimine les déchets et l’excès de liquide du corps. Conscient de son importance vitale, l’Etat, à travers le ministère de la Santé et du Développement social, consent, depuis quelques années, d’énormes efforts pour assurer la prise en charge. Dans cette dynamique l’Unité de dialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou a été inaugurée en décembre 2019, avec 5 générateurs, afin de rapprocher ces soins des patients de la région. Les séances de dialyse ont débuté à Ségou avec 9 patients transférés de Bamako suivis de 3 nouveaux dialysés de Ségou soit un total de 12 patients dialysés en 2019. Du 1er janvier au 17 décembre 2025, 132 nouveaux dialysés ont été enregistrés dans la région. Leur prise en charge est assurée par deux médecins néphrologues, un infirmier spécialisé en néphrologie et un nombre insuffisant d’infirmiers. Présentement, sur les dix générateurs de dialyse fournis par le ministère de la Santé et du Développement social, avec l’appui de la Société du Pari mutuel urbain (PMU), huit sont fonctionnels. Cependant, nous confie un agent, « cette unité n’a pas été construite à cet effet ». Exiguë, elle occupe l’ancien bloc opératoire contigu aux urgences et ne dispose pas de service d’hospitalisation pour les malades. Ce qui limite le confort des patients et du personnel. Les problèmes d’approvisionnement en kits de dialyse, le nombre limité de personnel de bureaux, l’insuffisance de la subvention de l’État, le manque de formation continue du personnel restent les principaux défis. Malgré ces difficultés, le chef de Service néphrologie et hémodialyse de l’hôpital Nianankoro Fomba de Ségou, Jacques Coulibaly, confie que l’unité poursuit son activité et offre un accès vital à la dialyse pour les patients de la région. Cependant, il sollicite la construction d’un centre de néphrologie et de dialyse avec hospitalisation « pour une meilleure prise en charge des patients ». « Le nombre de malade augmente de facon graduelle. Nous avons, en moyenne, 65 patients qui viennent de façon régulière. L’unité actuelle n’est pas adaptée pour les accueillir. La salle est restreinte », explique-t-il. Pour prévenir l’insuffisance rénale, le néphrologue insiste sur l’importance de la sensibilisation et du dépistage précoce des maladies comme l’hypertension artérielle et le diabète, principales causes de cette pathologie. Pour le travail de terrain,
2ème Sommet de l’AES : Report de l’arrivée du chef de l’Etat du Burkina Faso (Urgent)
Bamako, 22 déc (AMAP) L’arrivée à Bamako du président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, chef de l’Etat du Burkina faso attendu initialement, aujourd’hui lundi, dans la capitale malienne, est reportée à demain mardi, a appris l’AMAP de source officielle. Le capitaine Traoré, qui attendu à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou, par son homologue malien, le Président de la Transition, le général d’Armée Assimi Goïta, participera, avec son homologue nigérien, accueilli dans la matinée par leur hôte malien, à la 2ème session du collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) qui s’ouvre ce lundi 22 décembre 2025. MD (AMAP)
Les FAMa détruisent des bases terroristes dans les régions de Sikasso (Sud) et Tombouctou (Nord), selon l’état-major général des Armées.
Bamako, 22 déc (AMAP) Les Forces armées maliennes (FAMa) ont détruit des bases de Groupes armés terroristes (GAT), le dimanche 21 décembre 2025, a annoncé, lundi, l’état-major général des Armées, dans un communiqué. « Ces opérations ont porté sur des sites situés à proximité sud de Tièrè et au sud de la forêt de Boukarila, dans la Région de Sikasso, ainsi qu’une frappe chirurgicale sur une base terroriste dissimulée sous des couverts végétaux à 16 km au nord-est de Foita, dans la région de Tombouctou », précise la source militaire. L’état-major général des Armées assure que « les FAMa demeurent vigilantes et ne laisseront aucun répit aux groupes armés terroristes dans leur dessein funeste de terroriser les paisibles populations. » OS/MD (AMAP)
2ème Sommet de l’AES : Le général d’Armée Abdourhamane Tiani accueilli à Bamako par son homologue malien, le général d´Armée Assimi Goïta
Bamako, 22 déc (AMAP) Le Chef d’État du Niger, le général d’Armée Abdourhamane Tiani est arrivé, ce lundi matin, à Bamako, aux environs de 10 heures 38 minutes, à l’aéroport international président Modibo Keita-Senou, et a été accueilli par le président de la Transition, le général d´Armée Assimi Goïta au bas de la passerelle, a constaté sur place l’AMAP. A sa descente d’avion, sur le tarmac de l’aéroport, le général d’Armée Tiani et son hôte, le général d´Armée Goïta ont salué le drapeau, sous les hymnes nationaux des deux pays et celui de la Confédération AES. Les deux Chefs d’Etat ont, ensuite, passé en revue les troupes avant de s’installer au Pavillon présidentiel de l’aéroport. Le chef d’État nigérien arrive dans la capitale malienne pour participer à la 2ème session du collège des chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) qui s’ouvre ce lundi 22 décembre 2025. Le Président Goïta accueillira son homologue du Burkina Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, attendu sous peu, à l’aéroport international Président Modibo Keïta-Sénou, en présence du Premier ministre, le général de Division Abdoulaye Maïga, du président du Conseil national de Transition (CNT), le général de Corps d’armée Malick Diaw, des l de gouvernement des pays de l´AES ainsi que ceux du corps diplomatique accrédité au Mali Après l’accueil du capitaine Traoré, les chefs d’Etat, inaugureront la télévision AES dont le siège se trouve non loin de l’aéroport puis la Banque confédérale d’investissement et de développement de l’AES (BCID-AES) BD/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle Tombouctou : Comment intégrer le marché de l’art
Tombouctou, 25 déc (AMAP) En marge de la Biennale artistique et culturelle de Tombouctou, le Consortium Fonds africain pour la culture (ACF) / Fonds Maaya a organisé, hier, une table ronde au village artisanal de la Biennale. La rencontre a réuni plusieurs acteurs culturels autour de la problématique de l’accès au marché pour les industries culturelles et créatives. La cérémonie officielle était présidée par le Chef de cabinet du ministre de l’Artisanat, de la Culture, de l’Industrie hôtelière et du Tourisme, Dr Salia Malé. À ses côtés figuraient le président du Réseau Kya, Djibril Guissé, la responsable de la communication du Consortium, Mme Gabdo Ouattara, ainsi que Salah Touré, Conseiller national de Transition. Plusieurs acteurs culturels ont également pris part à la rencontre. Les travaux ont été coanimés par le critique d’art Chab Touré, le président de la Fédération du Mali, Adama Traoré, et le directeur général de l’Agence de promotion des entreprises et industries culturelles du Niger, Maki Garba. Les échanges ont porté sur les enjeux de la professionnalisation du secteur culturel, en lien avec les normes nationales et internationales. La formation des artistes a été identifiée comme un facteur déterminant pour l’accès au marché de l’art et le développement durable des industries culturelles. À l’issue des discussions, quatre piliers majeurs pour la promotion du secteur ont été dégagés : la structuration, le financement, la diffusion et la promotion, ainsi que la création et la découverte d’espaces culturels. Il a également été relevé que l’accès au marché repose sur la qualité des productions et le respect des exigences du secteur. Les débats ont permis de formuler plusieurs recommandations, notamment la structuration du secteur culturel, le renforcement des capacités des acteurs, la mise en place d’une structure unique et la création d’un fonds d’urgence au profit des artistes. La question du droit d’auteur a également été abordée au cours des échanges. AC/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Dioïla et Mopti brillent sur scène
Envoyés spéciaux Amadou SOW Oumar Diop (photos) Tombouctou, 23 déc (AMAP) « La population de Tombouctou était encore au rendez-vous à 19 heures, mercredi dernier, au terrain municipal de la ville, pour suivre le passage des troupes de Dioïla et Mopti », rapportent ls envoyés spéciaux de l’AMAP. C’est la Région de Dioïla qui a ouvert la compétition. Elle a présenté son ensemble instrumental intitulé « Mali Kura avancé », une composition évoquant les dynamiques déclenchées par les autorités du pays. Cette prestation a été suivie de la pièce de théâtre « La Patrie avant tout ». Ce récit met en scène un jeune chômeur qui décide de rejoindre les terroristes pour subvenir à ses besoins. Après une rencontre émouvante avec sa compagne, qui lui rappelle leurs souvenirs d’amour et le sens du patriotisme, il choisit d’abandonner sa révolte. Il est alors tué par ses compagnons terroristes, qui le qualifient de traître. Le solo de chant, intitulé « La croyance », incarne la dignité, le patriotisme, la paix, le sens du devoir, la souveraineté et l’attachement à nos valeurs culturelles. Il invite la jeunesse à adopter un comportement responsable pour l’avènement d’un « Maliden Kura ». Enfin, la danse traditionnelle « Initiation au Korês » a clôturé le passage de Dioïla. Au-delà du divertissement, elle prépare l’homme à affronter la vie et symbolise la paix, le vivre-ensemble, l’entente et la cohésion sociale. La région de Mopti a ensuite pris le relais. Son ensemble instrumental a ouvert avec « Nangonndiral juude », évoquant l’entente et la cohésion face aux défis de développement de la Confédération des États du Sahel (AES). Cette chanson appelle les populations à s’unir, à regarder dans la même direction pour soutenir les efforts des dirigeants en matière de paix et de développement.Le solo de chant « Inè bè kôrôpa » (Retournons aux sources), interprété en langue bozo, est un appel vibrant au retour aux valeurs ancestrales. À travers cette composition, Mopti invite les populations déplacées et les Maliens de la diaspora à s’unir. Le passage s’est achevé avec la danse traditionnelle « Tawangal », une danse peulh originaire de la zone du Guimbala, située entre les régions de Mopti et Douentza. Traditionnellement exécutée au clair de lune pour célébrer le retour des jeunes bergers de la transhumance, elle est aussi l’occasion pour la plus belle jeune fille du village – marraine de la saison – de choisir le chef de la génération. À noter que les orchestres modernes de Nara et Koulikoro ont animé l’après-midi dans la salle Ali Farka Touré. AS/OS/MD (AMAP)
AES Développement : Des avancées sur plusieurs chantiers stratégiques
Par Anta CISSE Bamako, 21 déc (AMAP) Au total, 16 réunions sectorielles ont été organisées dans le cadre du pilier « Développement » de la Confédération AES, qui ont permis d’avancer sur plusieurs chantiers stratégiques couvrant des domaines variés tels que l’industrie, le commerce, l’agriculture, la santé, l’enseignement supérieur, la sécurité routière, l’action sociale, l’humanitaire et la justice, selon la synthèse du Rapport sur la mise en œuvre de la Feuille de route de l’An I de la Confédération des Etats du Sahel (AES) dont copie est parvenue à l’AMAP. Les ministres en charge de l’Industrie et du Commerce ont adopté une matrice d’actions prioritaires visant à renforcer l’intégration économique et commerciale, assortie de la mise en place d’un Comité tripartite de suivi et d’un mécanisme de réunions périodiques tournantes. Par ailleurs, le Forum régional sur l’agriculture, tenu avec d’autres pays du Sahel, a porté sur la sécurité alimentaire, la transformation agricole et l’irrigation. Dans le domaine de la sécurité routière, les agences nationales ont arrêté des bases techniques et financières communes pour réduire les accidents, avec des recommandations relatives à l’harmonisation des règles, la formation conjointe et la création de fonds nationaux dédiés. Une étape majeure a été enregistrée lors de la réunion consacrée à l’opérationnalisation du pilier « Développement », marquée par la création officielle de la Banque confédérale pour l’investissement et le développement (BCID-AES), dotée d’un capital social de 500 milliards de Fcfa, à libération progressive. Les ministres de l’Économie et des Finances ont poursuivi le travail d’opérationnalisation de la BCID-AES, en validant les outils techniques nécessaires. En matière de développement humain dont santé est un élément crucial, les ministres ont recommandé la création d’un cadre institutionnel AES, d’une Agence régionale de santé et la mise en place d’un mécanisme de reporting régulier aux Chefs d’État. L’enseignement supérieur et la recherche ont, quant à eux, connu des avancées notables à travers des engagements en faveur de la mutualisation des ressources, de la mobilité académique et de la recherche collaborative. Sur le plan social, les ministres en charge de la Promotion de la femme ont adopté quatre décisions majeures dont la Déclaration de Niamey et l’harmonisation des législations relatives aux droits des femmes, Ils ont désigné le Niger comme pays pilote jusqu’en 2027. Dans le secteur humanitaire, la décision a été prise de créer un cadre AES de concertation et de coordination afin de renforcer les solutions endogènes et l’assistance aux populations vulnérables. Dans le domaine de la justice, un engagement a été pris pour créer une Cour pénale sahélienne et des droits de l’Homme, avec un renforcement de la formation des magistrats. Dans le domaine de la justice, les États membres se sont engagés à créér une Cour pénale sahélienne et des droits de l’Homme, ainsi qu’à renforcer la formation des magistrats. Enfin, le Forum sur le développement agricole a recommandé, entre autres, le relèvement des budgets agricoles à 15 %, l’aménagement de deux millions d’hectares, la création de quatre agropoles et la mise en œuvre de vastes programmes de recherche et de formation. AC/OS/MD (AMAP)
Fin de la 1ère Session confédérale du Conseil des ministres de l’AES : Le collège des chefs d’Etat s’ouvre demain ;lundi
Bamako, le 21 déc (AMAP) Le 2è sommet ordinaire du collège des chefs d’Etat de la Confédération des Etats du Sahel (AES) s’ouvre demain, lundi, après la première session confédérale du Conseil des ministres de l’AES qui s’est tenue les 20 et 21 décembre, au Centre international de conférences de Bamako (CICB) et dont les projets d’actes formels seront soumis à l’appréciation du Collège des Chefs d’Etat. Le Premier ministre malien, le général de division Abdoulaye Maïga, qui a présidé la cérémonie de clôture des travaux, s’est réjoui des travaux au cours desquels les participants ont adopté tous les projets d’instruments juridiques qui permettront de finaliser le processus d’opérationnalisation de la Confédération AES. Il s’agit des projets de Protocole additionnel relatif à la Défense et la Sécurité, relatif à la Coordination de l’action diplomatique, relatif à la Coordination des actions de développement, relatif aux sessions confédérales des Parlements. La réunion ministérielle a permis, également, l’adoption du Règlement intérieur des Sessions confédérales du Conseil des ministres, conformément aux dispositions du Traité portant création de la Confédération AES. « Au-delà de l’opérationnalisation de la Confédération AES, nous avons opportunément évalué la mise en œuvre de la Feuille de route de l’An I de la Confédération et fait le point du processus de négociations entre la Confédération AES et la CEDEAO », a déclaré le général de division Abdoulaye Maïga. Le Chef du gouvernement malien a fait « le constat objectif de la réalisation de beaucoup d’actions inscrites dans la Feuille de route et qui permettent à la Confédération AES d’être plus stable, plus en sécurité, engagée dans une coordination soutenue, surtout, constante tant dans les domaines de la diplomatie que dans celui du développement et de la communication transversale. » « De plus en plus, a-t-il apprécié, la Confédération AES parle d’une même voix. Mieux, elle parle parfois d’une seule voix, d’une voix forte, décomplexée et déterminée à défendre les intérêts du peuple de l’AES. » Cette session a également planché sur les initiatives engagées dans le domaine du Développement, particulièrement les mesures prises pour la mobilisation des ressources confédérales et la mise en place de mécanismes de gouvernance pour leur gestion, « les projets structurants qui ont été lancés et ceux à venir, conforteront la dynamique positive qui a démarré. » Le Premier ministre Maiga a souligné avec force, pour s’en réjouir, que « la tenue de cette session inaugurale a été facilitée par les travaux des Hauts Fonctionnaires. Auparavant, les ministres des Affaires étrangères de la Confédération AES, accompagnés de ceux en charge de la Communication, ont procédé à la signature de l’accord pour la création de la Télévision AES. Pour sa part, le ministre des Burkinabè de l’Extérieur et de l’Intégration africaine, Karamoko Jean-Marie Traoré, a expliqué que le protocole additionnel concerne les instruments au niveau de tous les piliers pour réduire « au mieux les frontières entre les administrations et évoluer, de plus en plus, vers un espace plus intégré, où nous travaillons sur une base harmonisée ». Il s‘est dit « fier des acquis engrangés durant la courte période d’existence de la Confédération AES », citant en exemple, en matière de défense et de sécurité, la mise en oeuvre de la Force unifiée AES. OD/MD (AMAP)
Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Koutiala, Kita et San en piste
Envoyés spéciaux Amadou SOW, Youssouf DOUMBIA Oumar DIOP (Photos) Tombouctou, 21 dec (AMAP) Les Régions de Koutiala (Sud), Kita (Ouest) et San (Centre) sont passées samedi nuit devant le jury. Elles ont toutes présenté quatre numéros au lieu de cinq, contrairement à la première journée. Désormais, les orchestres vont compétir dans la salle. Après une première nuit de compétitions, marquée par une baisse drastique de la température, obligeant les organisateurs à renforcer le dispositif de protection contre le froid, les troupes de Koutiala, Kita et San ont présenté chacune quatre disciplines devant le jury. Et tout cela dans un dispositif sécuritaire impressionnant où rien n’était négligé par les forces de l’ordre. C’est dans cette atmosphère de sécurité que la Région de Koutiala a débuté la soirée avec son Ensemble instrumental qui a chanté son morceau en bamanan. Il parle de l’union et invite à la cohésion sociale. Le solo de chant évoque les problèmes courants de notre société particulièrement la déperdition de l’éducation. A travers cette discipline, la troupe plaide pour le retour à nos valeurs fondamentales. Elle sera suivie de la pièce de théâtre intitulée : « La colère de Djiné Massa ». Le génie protecteur du village exprime sa colère contre la destruction massive des forêts, l’abatage des arbres, les feux de brousse. Et enfin, la danse traditionnelle appelée le « Kounpé ». C’est une danse sacrée, originaire de Kouri (Région de Koutiala). « Il a fallu beaucoup de sacrifices pour permettre à la troupe de venir danser », selon le directeur de la Troupe, Benoit Herve Diarra. La deuxième prestation de la soirée était celle la troupe de Kita. Elle a commencé avec l’ensemble instrumental. Le titre est « Yeredon », un morceau qui plonge au cœur de connaissance de soi et de la mémoire collective malienne. Ce titre se veut un hommage aux fondements culturels qui ont façonné notre identité au fil des siècles. Il a été suivi du solo de chant titré : « Le Maliba », une œuvre d’interpellation et de prise de conscience collective. À travers une voix engagée et vibrante, il invite les Maliens à renouer avec la bravoure, la dignité et les valeurs fondamentales héritées de nos ancêtres. Il s’agit d’inciter les Maliens et maliennes à connaitre et aimer sa patrie. La pièce de théâtre intitulé « Soyons nous-mêmes », invite les populations à garder les traits qui caractérisent notre société. C’est une pièce de sensibilisation contre la perte de notre identité culturelle. Quant à la danse traditionnelle intitulée : « Namanikoudon», elle est issue des terroirs culturels du Briko (Kita). Elle constitue une expression artistique forte, ancrée dans les valeurs de bravoure, de solidarité et de cohésion communautaire. Elle est portée par de jeunes cultivateurs dans la force de l’âge, en pleine possession de leur santé et conscients de leur rôle de leaders au sein du village. Après une journée de travail collectif au champ, ces jeunes se retrouvent sur la place du village, accompagnés de jeunes filles, pour célébrer l’effort commun à travers la danse. La dernière prestation est revenue à la troupe de San qui a présenté une danse traditionnelle très originale et ovationnée par le public. Elle rend hommage à un griot décédé dans la localité de Tominian. Auparavant, la troupe avait présenté la pièce de théâtre sur le patriotisme, suivie de l’ensemble instrumental sur le thème : « Prendre soin de son patrimoine culturel ». La mélodie propose une réflexion profonde sur la fragilisation du patrimoine culturel national, aujourd’hui confronté à une dynamique de dévalorisation accélérée. « Redonner vigueur à notre culture » est le thème du solo de chant. Il parle de la revitalisation de la culture et invite l’ensemble des Maliens de l’intérieur comme de la diaspora, sans distinction d’âge ni de genre à réinvestir pleinement notre héritage culturel, en défendant l’idée selon laquelle, la culture constitue non seulement un lien identitaire fondamental mais, également, un levier de cohésion nationale et de résilience collective. AS/YD/MD (AMAP)
La Confédération AES renforce ses capacités de communication
Par Moussa DEMBELE Bamako, 14 déc (AMAP) Les États membres de la Confédération AES « ont intensifié leurs efforts pour promouvoir une communication institutionnelle et communautaire dynamique autour de l’idéal confédéral », indique la synthèse du Rapport sur la mise en œuvre de la Feuille de route de l’An I de la Confédération des Etats du Sahel (AES) dont l’AMAP a reçu copie. La communication de l’AES est portée par une stratégie globale visant à unifier l’information, contrer la désinformation et promouvoir l’organisation auprès des populations locales et de la communauté internationale via des médias publics/privés et des plateformes numériques certifiées, incluant le lancement d’une Web-TV et d’une identité visuelle (logo) pour renforcer la visibilité et la cohérence des messages de ses membres (Burkina Faso, Mali, Niger) face aux défis sécuritaires et informationnels Outre les dispositions relatives à l’opérationnalisation de la Confédération AES, des actions ont été menées pour rehausser la communication institutionnelle et communautaire autour de l’idéal confédéral. Un jalon majeur a été franchi avec la signature, le 2 octobre à Ouagadougou, d’un mémorandum d’entente entre les médias publics des pays membres. « Cet accord scelle leur engagement à assurer une couverture coordonnée et soutenue des initiatives de la Confédération, institutionnalisant ainsi une collaboration médiatique sans précédent », précise le communiqué de la Confédération de l’AES. Parallèlement, les documents fondateurs d’une chaîne de télévision et d’une radio dédiées à l’AES ont été finalisés. Ces médias constituent des vecteurs privilégiés de l’information, de la sensibilisation et de la promotion des actions communes. Une grille commune de programmes a été élaborée, et une page spéciale consacrée à la Confédération figure désormais dans les journaux télévisés nationaux. Une web TV AES vient élargir la portée de ces contenus, touchant un public plus vaste et diversifié. Pour garantir la cohérence des messages, chaque État membre a désigné un point focal au sein de ses organes publics de communication. Ces interlocuteurs assurent la coordination des informations relatives à l’AES. Par ailleurs, des rencontres régulières entre les responsables de médias des États membres ont été organisées afin d’harmoniser leurs points de vue, de mutualiser leurs ressources et de favoriser un partage fluide et structuré des informations. Au-delà de la sphère médiatique, la réalisation d’activités culturelles, artistiques, citoyennes et sportives et l’organisation de manifestations éducatives contribuent à une meilleure intégration des peuples et des Etats autant qu’elles mobilisent les Forces vives de la Confédération AES autour d’une identité commune enrichie par les diversités culturelles et linguistiques. La facilitation des communications téléphoniques, à travers la mise en place d’un réseau téléphonique AES (free roaming) avec des Etats voisins tels que le Togo, contribue à consolider l’intégration sous régionale à travers les Nouvelles technologies de la communication et de la télécommunication accentuant les échanges humains et accroissant les transactions électroniques. La mise en place de ce réseau téléphonique AES, incluant des pays voisins, marque une avancée significative vers une intégration numérique et humaine accrue. Enfin, la Confédération a placé au cœur de son action le rôle des femmes et des jeunes, acteurs clés de la construction d’une identité confédérale forte et inclusive. Conformément à la feuille de route, chaque État membre a également mis en place un Comité national AES, garantissant la mise en œuvre effective des activités transversales et la coordination des efforts à l’échelle régionale. MMD/MD (AMAP)

