Actualité : Les ministres de l’AES finalisent la Feuille de route de l’An II de la Confédération à Ouagadougou

Bamako, 26 février (AMAP) Le projet de Feuille de route de l’An II, qui sera soumis au Collège des chefs d’État pour adoption, a été finalisé mercredi à Ouagadougou, par les ministres en charge des trois piliers de la Confédération des États du Sahel (AES), a appris l’AMAP de source proche de la Confédération. La réunion, tenue dans le cadre du mandat du Burkina Faso à la présidence de l’AES, était présidée par le Général de Division Célestin Simporé. Les délégations malienne et nigérienne étaient conduites respectivement par le Général de Corps d’Armée Sadio Camara et le Général d’Armée Salifou Mody. Elle faisait suite à des travaux préparatoires des hauts fonctionnaires des piliers Défense et Sécurité, Diplomatie et Développement, les 24 et 25 février. Dans leurs interventions, les chefs de délégation ont salué le leadership de Ibrahim Traoré, président du Faso et président de la Confédération, de Assimi Goïta, président de la Transition du Mali, et de Abdourahamane Tiani, président du Niger. Les ministres ont « fermement condamné la volonté persistante des terroristes et de leurs sponsors étatiques étrangers » de freiner la construction d’un espace commun de souveraineté et de prospérité au Sahel. Ils ont également condamné la tentative de déstabilisation du Burkina Faso du 3 janvier 2026, l’attaque contre la Base aérienne 101 et l’aéroport international Aéroport international Diori Hamani à Niamey fin janvier, ainsi que des actes subversifs visant l’économie malienne. Selon le communiqué final, ces tentatives ont été mises en échec grâce à la détermination des chefs d’État et à la vigilance des populations. Les ministres ont rendu hommage aux forces de défense et de sécurité et appelé à un renforcement de la vigilance au sein de l’espace confédéral. OS/KM (AMAP)
Nioro du Sahel : Mody Diawara, un maraicher exemplaire

Nioro, 28 février (AMAP) L’agriculture est le socle du développement. Des pays qui sont développés sont passés par là. Et le Mali, à travers plusieurs expériences à travers des experts plusieurs sommités dont Alfousseïni Berétodo qui s’est fait illustré par des merveilles dans son laboratoire ultra moderne à l’IPR de Katibougou, notamment des croisements de pomme de terre et de sorgho, à partir de la technologie avancée. Aujourd’hui, un nos expatrié, revenu au bercail fait aussi des merveilles. Il s’agit Mody Diawara que nous avons rencontré à Nioro. Un parcours atypique. Après une vingtaine d’années à l’exode en Afrique centrale et en Espagne, Mody Diawara vient de montrer à travers son expérience et son savoir faire que le sahel peut bel et bien nourrir les sahéliens. « J’ai quitté Nioro ma terre natale à l’âge de 18 ans. Je suis arrivé au Gabon où j’ai travaillé dure pendant cinq ans dans un jardin de 20 ha avec neuf (9) autres ouvriers. Avec mon expérience en maraichage je me suis rendu en Espagne où ma réputation en jardinage m’a valu une place de chef d’équipe dans un potager qui emploi soixante-cinq (65) noirs appartenant à un Espagnole. Je suis resté pendant dix (10) ans avec un salaire mensuel dépassant 750.000F CFA par mois. Ce qui m’a permis de faire beaucoup de réalisations chez moi à Nioro, dans ma commune Koréra Koré et même à Bamako. Après quelques années de travail j’ai décidé de prendre ma retraite et de venir m’installer chez moi au Mali à Nioro du Sahel. « L’argent de ma retraite et mon économie m’ont permis de payer plusieurs machines agricoles, deux Caterpillar, des véhicules de vidange, des batteuses, des camions benne, des moulins et d’autres machines de grands travaux. J’ai amené et expérimenté des variétés de cultures espagnoles comme la pomme de terre, de la goyave, des jujubes greffés, des dattes, de la papaye, de l’aubergine, entre autres, qui ont très bien donné. C’est d’ailleurs ce qui me différencie des autres paysans. Mes champs, mon verger et mon périmètre maraicher font l’objet de visite depuis quelques années. Dieu merci, je travaille aujourd’hui avec plus de cent jeunes dont une trentaine dans mon jardin. Du mois de décembre au moment où je vous parle je gagne plus de 150.000FCFA par jour dans ce périmètre en plus de la consommation de la famille et des dons que je fais aux proches et amis » Aidé par son épouse, ses frères, ses fils et ses ouvriers notre quinquagénaire, toujours souriant, exploite 10 ha de sorgho, 5ha d’arachide et un périmètre maraicher de 4ha entièrement entouré de grillage. Monsieur Diawara emploie de gros morgons pour satisfaire la clientèle. Il dispose d’une dizaine de machines pour labourer, défricher, sarcler et biner la terre . Il possède également deux véhicules de livraison de produits. Les variétés de légumes cultivées dans son jardin sont des oignons, de la salade laitue, de la papaye, des aubergines, des tomates de la pomme de terre, des choux, de la betterave, du poivron et des piments. Après les travaux champêtres, le quinquagénaire et ses ouvriers passent une grande partie de leur temps dans le verger. Il utilise un système d’adduction d’eau alimenté par des panneaux solaires et un château d’eau de 6000m3/ heure. Les produits sont destinés à la vente au marché. Pour cela, une trentaine de femmes se rendent chaque matin au jardin pour payer les produits à des prix défiant toute concurrence. Elles les revendent, à d’autres femmes au marché de Nioro qui tirent elles aussi leur épingle du jeu. En ce mois de Ramadan, le marché de Nioro est bien approvisionné en produits de maraichage de toutes sortes. Plusieurs autres maraichers de la localité qui ont compris la fertilité et la rapidité de la terre du sahel font comme Monsieur Diawara. En termes de rendement, exploitants, acheteurs et revendeurs se frottent les mains. Cette opération permet à notre exploitant de gagner plus de 150.000f par jour soit plus de 1 3.000.000FCFA par saison uniquement dans le jardin . Cette activité pratiquée par Monsieur Mody Diawara et beaucoup d’autres exploitants agricoles se présente aujourd’hui comme un ouf de soulagement pour les populations. Auparavent, Les légumes consommées à Nioro avaient comme provenance, le nouveau marché de Médine de Bamako, le marché de Kati ou le marché de Yélékébougou. Les conditions de voyage (à cause de la distance) rendaient plusieurs produits inconsommables. Avec la famille Diawara, les populations de Nioro et environs ont compris que le sahel peut nourrir les sahéliens à condition qu’on s’y mette. A Nioro de nos jours, un fruit de papaye se vent à 1000f, 1250 et même à 1500 F. Le jardin de Diawara peut produire 60 fruits par jour, soit un montant moyen de 60.000F par jour dans la papaye. Cette activité lui apporte de l’argent, couvre la consommation des populations et réduit considérablement le taux de chômage chez les jeunes. Monsieur Diawara , travaille avec des agents de la Direction régionale de l’Agriculture et du service de lutte contre les oiseaux granivores et les maladies phytosanitaires qui lui servent d’appui- conseils. Monsieur Emmanuel Traoré est Chef de Division Conseil et Vulgarisation à la Direction Régionale de l’Agriculture de Nioro. Pour lui, Monsieur Mody Diawara a une réflexion extraordinaire. « Il n’a pas eu la chance d’étudier mais possède une pensée extraordinaire. Tout ce qu’il développe ou expérimente se fait avec des spécialistes. Il a vite compris que le travail de la terre ne se fait pas au hasard ; il mérite une technicité et des conseils ; C’est pour quoi mes camarades et moi visitent sa parcelle et son champ au moins deux fois par semaine ; C’est un entrepreneur hors pair ». Notons que pendant la compagne agricole 2024-2025, les champs de sorgho et de Mas de M. Diawara ont faitl’ objet de visite des agents du ministère de l’Agriculture dans le cadre de la mission de la campagne nationale. Il a récolté 120 tonnes de sorgho, 5 tonnes d’arachides et 20 tonnes de petit mil. Ainsi, les exploitations de la famille Diawara concrétisent
Koulikoro : Le chef Somono est décédé jeudi, à l’âge de 81 ans

Koulikoro, 27 février (AMAP) Le Chef Somono de Koulikoro, Babourama Fofana est décédé jeudi, à Koulikoro, à l’âge de 81 ans, dès suite d’une maladie, a appris l’AMAP de source proche de sa famille. Ses obsèques ont eu lieu ce vendredi à la Grande Mosquée de Koulikoro, en présence des autorités administratives, municipales, des représentants des Forces de Défense et de Sécurité, des Légitimités Traditionnelles, et de plusieurs de ses proches venus de Koulikoro et de plusieurs localités. Un hommage lui a été rendu pour son dévouement et son rôle déterminant dans la cohésion sociale, la paix et le vivre ensemble dans la Cité du Meguetan. KM (AMAP)
MCENMA : lancement du concours annuel des meilleures productions médiatiques sur la promotion des droits de l’enfant au Mali

Bamako, 27 février (AMAP) Le concours annuel des meilleures productions médiatiques sur la promotion des droits de l’enfant au Mali a été officiellement lancé ce vendredi, au département en charge de la Communication par son Secrétaire Général Alkaïdi Touré, représentant le Chef de département, a constaté l’AMAP. La cérémonie a regroupé Mme Fatou Diagne, représentante de l’UNICEF, partenaire de l’activité, du président de la Maison de la presse, du président de l’URTEL, du directeur général de l’AMAP, des représentants de l’ORTM, l’ANCD, des plusieurs autres invités de marque et des hommes des médias. Le concours vise à récompenser les meilleures productions médiatiques traitant des droits de l’enfant dans les catégories presse écrite, radio, télévision et presse en ligne. Deux distinctions spéciales ont été introduites : un Prix spécial « Presse en ligne » pour encourager l’innovation numérique, et un Prix spécial « Enfants » destiné aux productions réalisées par les enfants eux-mêmes. La représentante de l’UNICEF au Mali, Fatou N’Diaye, a rappelé que le respect des droits des enfants demeure un défi dans le pays, évoquant notamment le travail des enfants, le mariage précoce et les effets des conflits armés. Elle a indiqué que le concours entend renforcer « les acquis en matière d’information, de sensibilisation et de changement de comportement au sein de la société vis-à-vis des enfants ». S’exprimant lors de la cérémonie, le Secrétaire général du ministère, Alkaïdi Amar Touré, a déclaré que l’initiative « témoigne de l’importance que les autorités du Mali accordent à la promotion et à la protection des droits de chaque enfant ». Il a souligné le rôle central des médias dans la sensibilisation et le plaidoyer, affirmant que « protéger ses droits, c’est protéger l’âme même du Mali ». Les œuvres éligibles doivent avoir été produites et diffusées entre juin 2025 et le 15 avril 2026. Les candidats — journalistes professionnels titulaires d’une carte de presse ou professionnelles, stagiaires et étudiants en journalisme et communication avec des attestations — ont jusqu’au 15 avril 2026 pour soumettre leurs dossiers, soit physiquement au ministère, soit par voie électronique. Les lauréats seront récompensés le 16 juin 2026 à l’occasion de la Journée de l’Enfant africain. Les productions seront évaluées par un jury indépendant sur la base de critères incluant la pertinence du thème, l’originalité du traitement, la qualité rédactionnelle ou technique, la fiabilité des sources et l’impact pédagogique auprès du public. Selon les organisateurs, le financement du concours est entièrement mobilisé et les documents de référence, dont les termes de référence et le règlement intérieur, sont déjà validés. Le jury, dont la composition sera annoncée prochainement, travaillera de manière indépendante sur la base d’une grille de notation rigoureuse. OSKM (AMAP)
USA-Iran : les pourparlers nucléaires s’achèvent sans avancée, risque d’escalade militaire

Bamako, 27 février (AMAP) Les négociations indirectes entre les États-Unis et l’Iran sur le programme nucléaire iranien se sont achevées jeudi à Genève sans accord, alors que la menace d’une intervention militaire américaine plane sur la région, selon le média britannique The Guardian. Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié ces discussions de « l’une des plus intenses et longues » à ce jour, affirmant avoir réalisé des « bons progrès ». Le médiateur omanais, le ministre Badr Albusaidi, a évoqué des « progrès significatifs » et annoncé la poursuite des échanges à un niveau technique à Vienne, la semaine prochaine. Aucun rapprochement n’a toutefois été constaté sur les points centraux : les États-Unis exigent un démantèlement permanent des installations nucléaires clés (Fordow, Natanz, Ispahan), un enrichissement quasi nul (ou très limité à des fins médicales) et le transfert hors d’Iran du stock d’uranium hautement enrichi. Téhéran rejette fermement ces demandes maximalistes, défendant son droit souverain à l’enrichissement civil sous supervision de l’AIEA et réclamant la levée totale des sanctions américaines et onusiennes. Les pourparlers se déroulent sur fond de déploiement militaire américain massif au Moyen-Orient – le plus important depuis des décennies –, avec deux groupes aéronavals, des bombardiers et des sous-marins armés de missiles Tomahawk. Le président Trump a réitéré que l’échec des négociations entraînerait des « bad things », tandis que le secrétaire d’État Marco Rubio insiste pour inclure à terme le programme balistique iranien, ce que Téhéran refuse pour l’instant. Malgré l’absence de percée, les deux parties et le médiateur omanais maintiennent une volonté de poursuivre les discussions, signe qu’une escalade immédiate n’est pas inévitable. Les experts techniques se réuniront dès lundi à Vienne, sous l’égide probable de l’AIEA. OS/KM (AMAP)
Koulikoro : Le Premier Ministre inaugure le vestibule des Légitimités Traditionnelles

Koulikoro, 26 février (AMAP) Le vestibule des Légitimités Traditionnelles a été inauguré ce jeudi à Koulikoro par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a constaté l’AMAP. C’était en présence du ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, du Gouverneur de Koulikoro, le Colonel Lamine Kapory Sanaogo, du maire de Koulikoro, du président du Conseil régional Abdoulaye Diakité, des Légitimités Traditionnelles, une grande délégation de la Présidence et de la Primature. Etaient également présents des représentants des Forces de défense et de Sécurité, des responsables de service, des hommes de presse, des représentants des localités environnantes, des troupes artistiques et une foule enthousiaste. Le vestibule incarne traditionnellement un espace de responsabilité où se dénouent les conflits et se prennent les décisions engageant les communautés. Il représente également un lieu d’apprentissage informel pour les jeunes, axé sur le respect, la communication et le sens communautaire. Le vestibule se définit ainsi comme un espace de pouvoir et de décision, un lieu de médiation et de justice sociale, un vecteur de transmission des valeurs, un symbole d’hospitalité et de dignité, un pilier de l’ordre social traditionnel et une continuité du Mali Kura. Le Chef du Gouvernement, avant de couper le ruban symbolique et visité le vestibule, a d’abord transmis, au nom du Général d’Armée Assimi GOITA, président de la Transition, Chef de l’État, ses félicitations aux Légitimités traditionnelles de la Région de Koulikoro pour l’inauguration du premier vestibule au Mali. Le PM a ensuite rappelé que les légitimités traditionnelles constituent au Mali un socle historique, moral et social de la Nation, dépositaires d’une sagesse pluriséculaire et incarnant l’autorité morale, la médiation sociale et la cohésion communautaire. Pour sa part, le ministre de l’Administration Territoriale et de la Décentralisation, le Général de Brigade Issa Ousmane Coulibaly, a affirmé » qu’à travers cette dynamique, c’est toute une vision qui se déploie, celle d’un Mali réconcilié avec lui-même, adossé à ses traditions, uni dans sa diversité et engagé dans une refondation durable. Ces actions illustrent à suffisance la volonté du Président de la Transition d’accorder une place de choix aux Autorités et Légitimités traditionnelles dans le processus de refondation de l’Etat, en reconnaissant leur contribution essentielle à la paix, à la cohésion sociale et au développement du Mali ». Le Maire de la Commune urbaine a remercié et félicité les Autorités de la Transition pour ce geste combien noble et leur engagement pour le développement du pays. « Cet édifice n’est pas une simple infrastructure. Il constitue l’expression concrète de notre attachement aux valeurs fondatrices de notre société : le respect de la parole donnée, la primauté du dialogue, la recherche du consensus et la consolidation de la cohésion sociale. Il incarne la reconnaissance du rôle irremplaçable des autorités traditionnelles dans la préservation de l’harmonie sociale, la médiation des conflits et l’enracinement des décisions publiques dans nos réalités culturelles » a-t-il soutenu. Enfin, il a réaffirmé l’engagement de la Commune à accompagner, soutenir et respecter les autorités traditionnelles dans l’accomplissement de leur rôle. Les troupes artistiques venus de la ville de Koulikoro et de plusieurs localités ont chanté avec des pas de danse variés, la grandeur de notre pays par des grands hommes qui ont marqué l’histoire de notre pays. Pour rappel, le président de la Transition avait posé la première pose du vestibule le 15 janvier 2025. A cette occasion le Chef de l’Etat a affirmé : « « Il s’agit de s’appuyer sur leur système de gouvernance avec lequel les Légitimités parviennent à traiter et solutionner des différends pour amorcer une véritable refondation de l’État. Rien de durable ne peut se faire sans les villages, les fractions et les quartiers, sans leur consentement et leur accompagnement ». ALD/KM (AMAP)
Culture : Le Niôgo, un instrument de cohésion sociale chez les Minianka

Bamako, 26 février (AMAP) Le Niôgo est un ensemble d’instruments traditionnels de la communauté Minianka. Contrairement à certains instruments sacrés, il ne nécessite aucun sacrifice avant d’être joué. Il accompagne toutes les cérémonies du village : mariages, rassemblements de jeunes, fêtes et autres rencontres communautaires. Origine du Niôgo : Son histoire est profondément enracinée dans la mémoire collective. Le Niôgo a été créé pour rendre hommage à une femme digne, qui accompagna son mari dans sa dernière demeure. Cette femme, restée fidèle à son époux toute sa vie, fut considérée comme une reine. En langue minianka, on l’appelait « Niô », ce qui signifie la deuxième fille de sa mère. C’est en son honneur que le Niôgo est né. Transmission et pratique : Dans le village, aucune famille n’est exclusivement consacrée au Niôgo. Tout le monde peut l’apprendre et le jouer. Ngôlo Fasi Sogoba, joueur de Niôgo depuis plus de 40 ans, raconte : « J’ai appris à jouer le Niôgo auprès de mon père. À l’époque, on le jouait uniquement au village, pour créer de l’ambiance. Il n’y avait pas d’argent. Aujourd’hui, nous avons parcouru tout le pays». Le relai est assuré, car son fils maîtrise déjà l’instrument. L’équipe compte 11 musiciens, chacun avec un instrument différent : le N’bôlo, le Baara, le Djimé, le tam-tam, qui accompagnent le Niôgo. Ce sont les femmes qui chantent pour accompagner le Niôgo. Wassa Sogoba, chanteuse actuelle, explique : « Ce sont mes grands-frères qui ont sollicité mon mari pour que je devienne chanteuse de Niôgo ». Elle ajoute qu’il n’existe pas de chansons fixes : les paroles reflètent la situation actuelle de la localité. Le Niôgo est dédié aux femmes, et c’est pourquoi l’honneur de chanter leur revient. Un instrument de cohésion sociale. Le Niôgo n’exclut personne. Hommes, femmes, jeunes et anciens dansent ensemble, car il n’est pas sacré. Yacouba Zana Sogoba, joueur de Baara, au sein de l’équipe affirme : « Le Niôgo est un instrument de cohésion sociale dans la communauté Mamaala, car il rassemble tout le monde. Sa particularité est de réunir un grand nombre de personnes et de créer une ambiance joyeuse. La danse est accessible à tous, plus facile que celle du balafon, qui demande davantage d’efforts». Interrogés sur le rôle qu’occupe cet instrument de musique dans la localité minianka, tous sont unanimes que le niôgo occupe une place cruciale dans la cohésion et le vive-ensemble. En tout cas, c’est ce qu’affirme Markatié Daou, journaliste, un défenseur de sa culture. « Une vive incompréhension avait éclaté dans mon village dans les années 1997 – 2001. Presque toutes les voies de médiation avaient été explorées sans succès. Appelée en médiatrice, la troupe de Niogo de Diaramana a pu éteindre le feu au terme de seulement une journée de prestation », se rappelle-t-il, avant d’ajouter que « le Niogo est un instrument unique en ce sens qu’il peut faire oublier les soucis et même les tensions intercommunautaires ». Et de poursuivre : « Pour preuve, quand on joue le Niogo même devant une concession, à la fin de la soirée il sera difficile pour la maisonnée de ladite maison de regagner aisément chez elle. Ce qui n’est pas fortuit. Je ne sais pas la raison profonde mais ça m’est arrivé plusieurs fois à mon jeune frère comme c’est arrivé à beaucoup d’autres adultes du moment. Pour la sauvegarde du Niôgo, M. Daou plaide. « Je ne souhaite pas que cet instrument perde sa valeur ou qu’il manque de joueurs un jour. Pour cela, je souhaite qu’il y ait un centre de formation où de jeunes amoureux vont reprendre le flambeau aux anciens qui ont fait connaître cet instrument ». Quant à Kadidiatou Goïta, minianka, diplômée de la Faculté des Sciences Administratives et Politique (FSAP) , estime également que le Niôgo est l’un des seuls instruments de musique qui affiche l’identité de toute la communauté. « J’aime cet instrument car il n’exclut aucune couche sociale. Quand on joue le Niôgo, pratiquement on ne peut pas se retenir. Tout le monde peut danser facilement cet instrument », explique-t-elle. MMD/KM (AMAP)
UA : Dr Moussa Sissoko, devenu Point focal pour la région du Sahel sur les enfants affectés par les conflits armés

Bamako, 25 février (AMAP) Notre compatriote, Dr Moussa Sissoko qui nous a accordé un entretien dans ses bureaux à Sotuba ACI, est connu pour son humanisme, son humilité, son engagement pour son pays et sa compétence. Il est depuis le 26 janvier dernier, le point focal pour la région du Sahel couvrant le Burkina Faso, le Mali, le Niger, le Nigeria et le Tchad au sein de la Plateforme africaine sur les enfants affectés par les conflits armés du Département des affaires politiques, paix et sécurité de l’Union africaine. Socio-économiste de formation, expert reconnu en développement local et en protection de l’enfance, Dr Moussa Sissoko s’impose comme l’une des figures majeures de l’engagement social au Mali et en Afrique. Son parcours, à la croisée de l’action communautaire, de la diplomatie internationale et de l’expertise stratégique, témoigne d’un engagement constant en faveur des enfants, des jeunes et des communautés vulnérables. Membre du Mouvement national des pionniers du Mali dès 1966, puis Pionnier pilote au camp Dolo Sominé en 1972, Moussa Sissoko se distingue très tôt dans l’encadrement et l’animation de la jeunesse. Une vocation sociale qui marquera durablement toute sa carrière. Fondateur et coordonnateur d’ENDA Tiers Monde Mali (1987-1992), il poursuit son engagement comme directeur exécutif de l’ONG Mali-Enjeu qu’il préside aujourd’hui active dans les domaines de l’environnement, de la jeunesse et du développement communautaire. Sur le plan académique, Dr Sissoko est titulaire d’un diplôme d’État d’éducateur (niveau maîtrise) obtenu à l’École nationale des assistants sociaux et éducateurs spécialisés (ENAES) de Dakar (1984-1987). Il détient également un diplôme d’études supérieures spécialisées (DESS) avec le titre d’ingénieur en développement local. En 1999, il complète son parcours par un diplôme d’études diplomatiques supérieures de troisième cycle, option économie internationale, obtenu au Centre d’Études Diplomatiques et Stratégiques de l’École des Hautes Études Internationales de Paris. Au fil des années, il a développé une expertise pointue dans la coordination de projets de développement social urbain et rural en faveur des groupes vulnérables, notamment les enfants, les jeunes et les femmes. Il est également formateur spécialisé dans la prise en charge médico-psycho-sociale des victimes de violences et a contribué à la création de centres de formation et d’éducation au développement destinés aux jeunes. Auteur et contributeur de plusieurs études et publications, il a notamment produit un manuel sur les stratégies d’approche du phénomène des enfants et jeunes de la rue (1992), conduit une recherche-action sur la mendicité des enfants des écoles coraniques à Bamako, Ségou et Mopti (2002), et participé à l’élaboration de projets à impact rapide pour la MINUSMA dans le nord et le centre du Mali en 2014, afin de soutenir la stabilisation et le relèvement économique des populations affectées par les conflits. Il a également contribué à l’analyse situationnelle des droits de l’enfant au Mali pour le compte de Save the Children (2014), à l’élaboration de la Politique nationale de développement de la citoyenneté et du civisme (2016), ainsi qu’à une étude sur l’apprentissage et l’autonomisation économique des femmes et des filles dans plusieurs régions du Mali, financée par la Banque mondiale dans le cadre du programme SWEDD (2017). Il a élaboré le Plan d’Action National de la Politique de la Promotion de la Jeunesse au Mali (février 2002) assorti d’un Plan d’Action Décennal 2002-2012. Dr Moussa Sissoko a occupé de nombreuses fonctions de responsabilité aux niveaux national et international, directeur exécutif de Mali-Enjeu (1992-1999), Il est également Président de la CONAFE (Coalition des ONG africaines en faveur des enfants), organisation dotée du statut d’observateur auprès de l’Union africaine, président du Conseil d’administration de l’Agetipe-Mali (1998-2003), président de la Coalition malienne des droits de l’enfant (COMADE) de 1997 à 2007, membre rapporteur du Comité africain d’experts sur les droits et le bien-être de l’enfant de l’Union africaine (2005-2010), Conseiller Technique à la Présidence de la République du Mali, chargé du Développement Social et de la Promotion de la Jeunesse [Juillet 2008-Mai 2013] , Conseiller technique national à la MINUSMA (2013-2014), expert chargé de la sensibilisation auprès de l’Organe central de prévention et de lutte contre l’extrémisme violent (2019). Récemment, il a exercé comme éducateur spécialisé au Canada, notamment dans le Grand Nord québécois et dans des centres spécialisés pour personnes présentant des déficiences intellectuelles ou des troubles du spectre de l’autisme, ainsi qu’au Centre de services scolaires de Montréal (2024-2025). Son engagement s’est également illustré par une participation active à de grandes rencontres internationales, notamment le Sommet mondial sur les enfants à New York (1990), le Sommet de la Terre à Rio de Janeiro (1992), le Sommet mondial pour le développement social à Copenhague (1995) et les sessions du Comité des droits de l’enfant à Genève (1997), où il a contribué à la présentation du rapport alternatif du Mali. Polyglotte, Dr Moussa Sissoko parle couramment le français et l’anglais. GT/KM (AMAP)
Actualité : Les chefs militaires de la CEDEAO veulent coordonner leurs actions avec l’AES pour la Force en attente

Bamako, 26 février (AMAP) Les chefs militaires ouest-africains qui se réunissent actuellement à Freetown en Sierra Léone, ont souligné la nécessité d’une coordination étroite entre la CEDEAO et l’Alliance des États du Sahel (AES) pour avancer sur la mise en œuvre opérationnelle de la Force en attente de la CEDEAO, a appris l’AMAP de Sierra Léone Telegraphe. La réunion, présidée par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, se concentre sur la mobilisation d’un premier contingent de 2 000 soldats avant fin 2026 pour faire face à la menace terroriste. Les participants ont insisté sur « la nécessité d’une coordination étroite entre les deux organisations pour garantir la sécurité régionale », malgré le retrait du Mali, du Burkina Faso et du Niger de la CEDEAO pour former l’AES. Les discussions ont également porté sur la propagation alarmante du terrorisme vers les zones côtières. Les chefs militaires ont souligné que chaque État membre doit préciser le nombre d’éléments qu’il peut fournir, dans le but de constituer rapidement un contingent opérationnel capable de répondre efficacement aux défis sécuritaires. L’accent a été mis sur l’autofinancement et l’utilisation des ressources internes de la CEDEAO avant de recourir à des financements externes. Les participants ont privilégié les moyens propres de la communauté pour contrer l’expansion des groupes armés et soutenir les opérations antiterroristes conjointes. OS (AMAP)
Communication : Lancement vendredi du concours annuel des meilleures productions médiatiques sur les droits de l’enfant

Bamako, 26 février (AMAP) Le ministre de la Communication, de l’Economie Numérique et de Modernisation de l’Administration, Alhamdou Ag Iliyène procedra vendredi à 9 H 00 au lancement du concours annuel des meilleures productions médiatiques sur les droits de l’enfant, a appris l’AMAP de source officielle. La cérémonie aura lieu dans la salle de conférence du département en charge de la communication, en présence du représentant de l’UNICEF, partenaire de l’activité, du représentant de la Haute Autorité de la Communication (HAC), de l’ORTM, de l’AMAP, de l’ANCD, des experts nationaux, des organisations faitières de la presse, des journalistes et de plusieurs invités de marque. KM (AMAP)

