Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali : Madiou Simpara réélu Président

Bamako, 05 mars (AMAP) Madiou Simpara a été réélu, ce jeudi 05 mars, au Parc des expositions, Président de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali pour un mandat de 5 ans, à travers un processus de consensus. Son bureau a été validé par le ministre de l’Industrie et du Commerce, lors de la cérémonie solennelle d’installation de l’assemblée à travers un vote consensuel, a constaté l’AMAP. Après sa réélection, le nouveau Président Madiou Simpara a exprimé toute sa gratitude à ses pairs : « Je remercie les autorités pour leur engagement en faveur du développement de notre pays. J’adresse également mes salutations et ma gratitude à tous les membres de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali pour la confiance qu’ils viennent de me renouveler », a-t-il déclaré. Et d’ajouter : « Ce mandat n’est pas celui d’un individu, mais celui de l’ensemble des membres du bureau. Le pays nous a accordé sa confiance, et nous avons le devoir de l’honorer par notre travail. Je vous invite donc à unir nos efforts afin de relever ensemble les défis auxquels notre secteur est confronté. » Pour sa part, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Moussa Alassane Diallo, s’est dit comblé par le résultat obtenu à l’issue du processus électoral entamé le 19 novembre 2025 et qui atteint son épilogue aujourd’hui dans les meilleures conditions. « L’événement qui nous réunit présentement survient après l’élection des membres de l’Assemblée Consulaire le 22 février 2026, l’élection des présidents et la mise en place des bureaux dans les délégations régionales au niveau du district de Bamako », a précisé le ministre en charge de l’Industrie et du Commerce. Selon lui, « toutes ces opérations ont été menées avec la plus grande sérénité, dans la paix, la concorde et l’entente. Pour une fois, dans l’histoire de notre pays, un bureau de la Chambre de Commerce est mis en place sans difficulté. Zéro incident, zéro réclamation ». Par ailleurs, le ministre a rappelé que « notre pays a adopté sa nouvelle vision Malikoura Niètasira 2063 et la stratégie nationale pour l’émergence et le développement du Lab 2024-2033. Cette vision implique tous les opérateurs économiques, qu’ils soient issus de la production, de la transformation industrielle ou artisanale, de la commercialisation ou de la prestation de services ». Le ministre Moussa Alassane Diallo a invité les nouveaux membres du bureau de la CCIM à « contribuer fortement à la sensibilisation, à l’orientation et à l’encadrement des acteurs de toutes les composantes du secteur privé afin qu’un accent particulier soit mis sur les investissements productifs dans les filières de production locale, dans l’orientation des projets industriels et le respect des normes et de la qualité de nos produits ». Les vice-présidents, proposés par section, ont été élus selon la préséance et conformément aux articles 42 et 49 du décret n°2014-0641/P-RM du 21 août 2014 fixant l’organisation et les modalités de fonctionnement de la Chambre de Commerce et d’Industrie du Mali, comme suit : 1er vice-président : Saïdou Sylla 2e : Mamadou Tiéni Konaté 3e : Boubacar Tandia 4e : Djita Deme 5e : Ibrahim Diawara 6e : Oumar Niangadou 7e : Seydou Nantoume 8e : Mamadou Niangadou 9e : Arouna Kanté MMD/KM (AMAP)
Fédération malienne de Taekwondo : La présidente Aminata Makou Traoré prend fonction

Bamako, 5 mars (AMAP) La présidente élue de la Fédération malienne de Taekwondo, Mme Sy Aminata Makou Traoré a officiellement pris fonction ce jeudi, après la passation de service, a appris l’AMAP, à travers un communiqué rendu public par l’intéressé. « Suite à la cérémonie officielle de passation de service à la tête de la Fédération malienne de Taekwondo, je tiens à adresser mes sincères remerciements à Monsieur le ministre de la Jeunesse et des Sports ainsi qu’à l’ensemble de ses services techniques pour leur accompagnement constant», a posté la nouvelle présidente. Elle a promis de s’investir afin de relever les défis auxquels cette discipline est confrontée. «Nous mesurons pleinement la responsabilité qui est désormais la nôtre et nous nous engageons, avec la nouvelle équipe, à œuvrer avec détermination pour le développement et le rayonnement du taekwondo au Mali», a annoncé Aminata Makou Traoré qui a remercié le bureau sortant pour le travail accompli. Son installation met fin à une crise qui risquait de priver les taekwondoïstes maliens de plusieurs compétitions nationales et internationale. Le lundi 2 mars dernier, la présidente avait dénoncé le «refus du bureau sortant» de faire la passation de services et de transmettre le Procès-verbal de l’Assemblée générale élective «sous prétexte qu’il attend la passation». «À ce jour, la passation de service entre le bureau sortant et le nouveau bureau fédéral n’a toujours pas eu lieu. Cela fait maintenant plus d’un mois que nous sommes à l’attente. Nous sommes convoqués, puis renvoyés. On nous demande de venir, puis de revenir. Cette situation nous fait perdre un temps extrêmement précieux, alors que les urgences s’accumulent», avait écrit Mme Sy. CMT/KM(AMAP)
Economie : MSC impose une surcharge « guerre » sur les expéditions vers l’Afrique et les îles de l’océan Indien

Bamako, 5 mars (AMAP) La compagnie maritime MSC a annoncé ce jeudi l’instauration d’une surcharge dite « de guerre » sur les cargaisons à destination de plusieurs pays africains et des îles de l’océan Indien, en raison des perturbations du trafic maritime dans les détroits d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, a appris de Reuter. La mesure, entrée en vigueur immédiatement jeudi, concerne les expéditions en provenance du sous-continent indien vers l’Afrique de l’Est, la Somalie, le Mozambique et les îles de l’océan Indien, ainsi que celles en provenance des pays du Golfe vers l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique du Sud, le Mozambique et les mêmes îles de l’océan Indien. Pour les cargaisons en provenance du sous-continent indien, MSC applique une surcharge de 500 dollars , (282 000 à 283 000 FCFA) par conteneur équivalent vingt pieds (EVP/TEU) pour les conteneurs secs et de 1 000 dollars soit 565 000 FCFA par EVP pour les conteneurs réfrigérés. « Les surcharges, effectives dès jeudi, s’appliquent aux cargaisons en provenance du sous-continent indien à destination de l’Afrique de l’Est, de la Somalie, du Mozambique et des îles de l’océan Indien, ainsi qu’aux cargaisons en provenance des nations du Golfe vers l’Afrique de l’Ouest, l’Afrique de l’Est, l’Afrique du Sud, le Mozambique et les îles de l’océan Indien », a précisé la compagnie dans son annonce. Sur les itinéraires depuis les pays du Golfe vers les destinations africaines concernées, les tarifs annoncés sont de 2 000 dollars soit 1 130 000 FCFA pour un conteneur de 20 pieds, 3 000 dollars soit 1 695 000 FCFA pour un conteneur de 40 pieds et 4 000 dollars soit 2 260 000 FCFA pour un conteneur réfrigéré. Cette décision fait suite à la dégradation persistante de la sécurité maritime dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, qui constituent des points de passage essentiels pour le commerce entre l’Asie, le Moyen-Orient et l’Afrique. OS/KM (AMAP)
Ramadan : Poursuite de l’opération « ramadan Tour » du Touly’s groupe

Ramadan : Poursuite de l’opération « ramadan Tour » du Touly’s groupe Bamako, 5 mars (AMAP) Après le lancement des activités, samedi dernier en Commune IV du district de Bamako, l’opération « ramadan tour » du Touly’s goupe se poursuit à travers le pays, à Bamako et Kati. La vice présidente du Touly’s groupe Mme Touré Binta Niane a présidé les 22, 23, 24 et 25 février dernier, la remise des kits alimentaires à des bénéficiaires, dans les Communes III, V, I et au service social des Armées dans le Cercle de Kati. Ce sont plusieurs centaines de famille en situation difficile, aux blessés de guerres, veuves militaires et orphelins des militaires et paramilitaires, qui ont bénéficié déjà en ce début de ramadan des dons notamment des sacs de sucre et de riz, ainsi que des bidons d’huile. Cette remise a étéinitiée par la présidente du Touly’s groupe, Mme Fatoumata Niane dite Batouly. Oumar Sinayoko, est l’un des bénéficiaires de ces kits en Commune V du district de Bamako. Il a expliqué que cette aide leur a été d’un grand soutien. « Ces actions se poursuivront, aussi, lors des grandes fêtes religieuses, notamment, Tabaski, période durant laquelle elle organise des distributions de dons de mouton », a fait savoir Oumar Sinayoko. Il a formulé des voeux afin que cette initiative se poursuive, pour permettre aux donateurs d’aider davantage les personnes démunies. Selon lui, il est important que chacun se joigne à cette initiative pour accompagner les organisateurs dans leurs actions. Au nom des bénéficiaires il a prié pour la réussite et la continuité de ce projet solidaire. « Nous devons avoir à l’esprit que ce mois est aussi celui de la solidarité, ne cesse de répéter Fatoumata Niane dite Batouly. C’est dans cet esprit de solidarité qu’elle a initiée cette opération Ramadan Tour, qui a pour but d’aider nos concitoyens en situation de précarité pour bien passer le mois de ramadan », a expliqué Mme Touré Binta Niane. ST/KM (AMAP)
Conflit au Moyen-Orient : les chaînes d’approvisionnement africaines mises à rude épreuve

Bamako, 5 mars (AMAP) Le président sud-africain Cyril Ramaphosa a déclaré mercredi, que l’escalade du conflit au Moyen-Orient exerçait une forte pression sur les chaînes d’approvisionnement africaines et entraînait une hausse des prix de l’énergie, rapporte l’agence Reuters. « L’Afrique subit déjà les conséquences de l’escalade du conflit au Moyen-Orient, avec des tensions sur les chaînes d’approvisionnement et une augmentation des prix de l’énergie », a affirmé le chef de l’État sud-africain lors de la conférence Africa Energy Indaba, qui se tient au Cape Town. Selon lui, les crises internationales récentes ont déjà montré la vulnérabilité des économies africaines fortement dépendantes des importations. Il a notamment cité les perturbations observées lors de la guerre entre la Russie et l’Ukraine, ainsi que durant la pandémie du COVID-19. « L’instabilité géopolitique croissante met en évidence la fragilité des chaînes d’approvisionnement et la dépendance énergétique de nombreuses économies africaines », a-t-il ajouté. Les frappes menées par l’Israël et les Etats-Unis contre l’Iran ont perturbé la navigation dans le détroit stratégique d’Hormuz. Ces développements accentuent les inquiétudes concernant l’approvisionnement énergétique et la stabilité des marchés sur le continent africain. KD/KM (AMAP)
Kangaba : Le préfet de cercle sur le terrain

Kangaba, 04 mars (AMAP) Le préfet du Cercle de Kangaba, Abou Dao, accompagné d’une délégation, s’est rendu à l’école de Salamalé dans la commune rurale de Kaniogo, a constaté l’AMAP. Sur place, le Chef de l’exécutif local a pris contact avec le personnel enseignant et les élèves en classe. Dans la classe de 9ème année, composée d’une soixantaine d’élèves, le préfet s’est réjoui de la présence de cet effectif au second cycle de Salamalé. Dans les années 2000 à 2012, les élèves du 2ème cycle partaient tous dans les placers. Cette situation faisait que les populations n’avaient pas assez de considération pour l’entretien des locaux. Il a salué les efforts de la population et des comités de gestion scolaire (CGS), pour les énormes efforts fournis afin de résoudre ces difficultés. Le préfet de Cercle a encouragé les élèves à se préparer pour les épreuves du Diplôme d’Etudes Fondamentales (DEF) qui auront lieu au mois de juin. Selon lui, se saisir de l’essentiel veut dire être assidu, apprendre régulièrement les leçons car le DEF se prépare dès la rentrée, respecter les enseignants, la propriété à l’école et dans les comportements etc. Avant son départ pour Kangaba, le Chef de l’exécutif local s’est entretenu avec le personnel enseignant. Il a affirmé que sa visite s’inscrit en droite ligne des aspirations de sa hiérarchie à savoir être toujours plus proche des communautés. Les visites vont se poursuivre jusqu’à la fin des examens. SD/KM (AMAP)
Burkina Faso : L’Armée neutralise 100 « terroristes » et reconquis plusieurs localités

Bamako, 4 mars (AMAP) – L’armée burkinabè a neutralisé au moins 100 « terroristes » au cours du mois de février lors d’une série d’opérations militaires à la fois offensives et défensives, a annoncé lundi soir, le colonel Abdoul Aziz Ouédraogo, porte-parole des Forces armées. Ces actions ont également permis la reconquête de plusieurs localités. Selon le porte-parole, cité par la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), les tentatives d’attaques menées par les groupes armés se sont soldées par « des échecs cuisants ». Des opérations ciblées dans certaines zones et des ratissages ont « permis de mettre en débandade les terroristes » et de neutraliser une centaine d’entre eux. Le Colonel Ouédraogo a, par ailleurs, fait état d’une montée en puissance des Forces de défense et de sécurité burkinabè, tant sur le plan humain que matériel. « Nous avons constaté également une montée en puissance humaine et matérielle de nos hommes […] en termes de puissances humaines parce que des unités récemment constituées ont été projetées avec brio sur le terrain et une montée en puissance matérielle parce que vous vous souviendrez que la semaine écoulée, nous avons procédé à des tirs d’artillerie avec des pièces nouvellement acquises, grâce aux contribuables burkinabè », a-t-il déclaré. L’Armée a conduit mi – février, des opérations audacieuses en profondeur qui ont permis de reprendre le contrôle de plusieurs localités abandonnées depuis 2019, notamment Tongomayel, Béléhédé et Pobé-Mengao, situées dans le nord du pays. Le porte-parole a insisté sur la dynamique positive actuelle des unités burkinabè, marquées par une stratégie plus offensive. « Les unités ont eu une stratégie plus offensive et vous savez très bien que pour pouvoir conquérir des zones il faut le mouvement donc c’est par le mouvement que nous pouvons mettre pied sur certaines zones. C’est par le mouvement que nous pouvons contraindre l’ennemi à quitter ces zones (…) et neutraliser le maximum d’ennemis et permettre un retour progressif des populations dans ces zones une fois qu’elles seront consolidées », a-t-il expliqué. Le Burkina Faso fait face depuis 2015 à une insurrection jihadiste liée à des groupes affiliés à Al-Qaïda et à l’État islamique, qui a provoqué le déplacement de plus de deux millions de personnes et conduit à l’abandon de nombreuses localités dans les régions du nord et de l’est du pays. Depuis 2022, les autorités de transition ont adopté une posture plus offensive, avec la création de nouvelles unités et l’acquisition de matériels militaires, dans le but de restaurer l’autorité de l’État sur l’ensemble du territoire. OS(AMAP)
AIEA : Aucune preuve d’un programme d’armement nucléaire iranien malgré l’enrichissement à 60 %

Bamako, 4 mars (AMAP) Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré qu’aucune preuve n’a été trouvée d’un programme iranien coordonné et structuré visant à fabriquer des armes nucléaires, contredisant les allégations israéliennes et américaines sur ce point. Dans un entretien accordé à NBC News, Rafael Grossi a affirmé que les inspecteurs de l’agence n’avaient pas identifié « d’éléments d’un programme systématique et structuré pour fabriquer des armes nucléaires » en Iran. Il a toutefois confirmé que Téhéran poursuit l’enrichissement d’uranium à 60 % de pureté, un niveau très éloigné des besoins civils habituels et qui, selon lui, n’est atteint que par les pays disposant de l’arme nucléaire. « Seuls les pays dotés d’armes nucléaires enrichissent à ce niveau », a-t-il souligné. Le responsable de l’AIEA a insisté sur le fait que les inspecteurs ne peuvent pas conclure à une intention iranienne de fabriquer une bombe, mais que l’accumulation de matière à ce degré de pureté soulève de « sérieuses questions ». Il a qualifié cet enrichissement de « source des préoccupations que nous avions », ajoutant qu’il n’existait « pas d’objectif clair » justifiant une telle accumulation. « Les centrifugeuses tournaient en permanence et produisaient de plus en plus de cette matière », a déclaré Rafael Grossi, précisant que la quantité théoriquement disponible serait suffisante pour fabriquer plus de dix ogives nucléaires. « Mais ont-ils ces armes ? Non », a-t-il tranché. L’Iran a intensifié ses activités d’enrichissement d’uranium après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018 et la réimposition de sanctions américaines. Téhéran a progressivement dépassé les limites fixées par l’accord de 2015, notamment en portant le niveau d’enrichissement à 60 % depuis 2021, tout en affirmant que son programme nucléaire reste exclusivement pacifique. Les déclarations de Rafael Grossi interviennent dans un contexte de tensions persistantes et d’accusations récurrentes de la part d’Israël et des États-Unis, selon lesquelles l’Iran chercherait à se doter de l’arme atomique. OS/KM (AMAP)
Société : Conducteurs de moto taxi, entre débrouillardise quotidienne et difficultés

Bamako, 4 mars (AMAP) Les Moto-Taxis ont apporté une véritable touche au paysage du transport urbain de la capitale à partir de 2018, avec le lancement de la start-up Telimani, a constaté l’AMAP. Ce type de transport s’est ensuite généralisé au début de l’année 2021 avec l’apparition d’autres acteurs dans le secteur. Depuis, la ville de Bamako est envahie par ces engins, devenus un moyen facile pour la mobilité des personnes. À Niamana, en ce début de matinée, certains conducteurs de moto-taxi se regroupent en petits groupes au bord des routes. Les uns échangent pelle mêle sur l’activité national ou internationale et d’autres klaxonnent pour attirer des clients. En face d’une station-service de la place, une quinzaine de conducteurs patientent sur leurs motos. Moins de cinq conducteurs ont encore trouvé de clients. « Depuis 5 h 30, j’ai quitté la maison. J’ai déjà parcouru plus de 20 km sans trouver un seul client », confie Sidiki Doumbia, 29 ans, conducteur depuis plus de cinq ans. Il ajoute qu’aujourd’hui, c’est une activité qu’ils font juste pour ne pas rester les bras croisés. Commerçant reconverti, Sidiki raconte avoir pu acheter une maison grâce à son ancien métier. Mais le Taxi-Moto, dit-il, est très précaire. « Il m’arrive parfois de ne même pas gagner mes frais d’essence dans la journée », déplore-t-il. Un autre conducteur s’exprime : « Ce n’est plus rentable. Il y a trop de conducteurs de moto-taxi. En plus, les policiers nous fatiguent beaucoup. On nous demande de prendre de l’assurance que nous jugeons moins intéressant. Parce qu’on n’est pas assisté quand nous faisons un accident», se plaint Diakaria Doumbia, conducteur de moto-taxi. Daouda Keita, étudiant en Master, conduit sa moto-taxi le matin avant ses cours de 16h à 20h. « C’est très compliqué de mener ces deux activités, mais nous n’avons pas le choix. Ce sont les problèmes financiers qui nous poussent à faire ce métier. Le travail de Taxi-Moto est une question de chance. Parfois, on peut gagner rapidement de l’argent, mais il nous arrive aussi souvent de passer toute une journée sans trouver un rond », explique Daouda. Au départ des moto-taxis, l’activité était jugée rentable par les usagers. Mais avec le temps, la multiplication des conducteurs a réduit les opportunités. Pour beaucoup, elle n’est plus qu’une activité secondaire. On y retrouve des enseignants du secteur privé, des étudiants et des ouvriers qui mènent une autre activité en parallèle. Ce travail devient de plus en plus un véritable casse-tête, de l’avis de nombreux conducteurs. Sur la colline du savoir, Drissa Konaté, jeune diplômé sans emploi, complète ses revenus de repassage et de photocopies en menant cette activité. « J’ai débuté en novembre dernier, parce que c’est difficile de vivre avec un seul métier. Depuis, j’ai pu économiser un peu », se réjouit Drissa Konaté qui reconnaît que ce n’est jamais facile de cumuler plusieurs activités. Au rond-point de Banankabougou, le constat est similaire. La plupart des conducteurs exercent d’autres métiers. Yalcouyé, ouvrier journalier dans une usine, raconte qu’en 2022, il a commencé ce travail pour subvenir à ses besoins. Il travaille à l’usine le jour et conduit de 17h à 22h. Selon lui, la forte affluence dans le secteur s’explique par le manque d’emploi. « Avant, pour transporter un client de Banankabougou à Sokorodji, on pouvait gagner 500 Fcfa ou plus. Aujourd’hui, le prix varie entre 200 et 300 Fcfa », chiffre Yalcouyé. Amadou Saye est fabricant de briques. Il se tourne vers la moto-taxi lorsqu’il n’a pas de marché. « Au début, je pouvais gagner entre 10 000 et 25.000 Fcfa par jour. Aujourd’hui, il m’arrive de passer toute une journée sans atteindre 3.000 Fcfa. Les clients discutent et contestent les prix. Si tu refuses, un autre collègue accepte en dessous, ce qui complique notre travail », regrette-t-il.Du côté des clients, certains affirment que la prolifération des moto-taxis a fait baisser les prix de transport de ces engins à deux roues. Avant, Wassa, une cliente, payait 3.000 Fcfa pour ses courses. Aujourd’hui, elle négocie à 1.500 Fcfa. Elle rappelle que la veille, un conducteur a fait un trajet de 3.000 Fcfa (Missabougou-Tiéguena) à 1.500 Fcfa. Telle est aussi la dure réalité liée à l’offre et à la demande. Abdramane Traoré, enseignant du secteur privé, est également client de Telimani. Il abonde dans le même sens. Il réside à Yirimadio et se rend à Badalabougou pour dispenser des cours dans une école privée. Il reconnaît qu’il arrive à économiser un peu avec la baisse du prix de transport. « Chaque semaine, je pouvais dépenser plus de 15.000 Fcfa dans le transport. Mais aujourd’hui, même 7.000 Fcfa peuvent suffire », précise l’enseignant. Contrairement à ses prédécesseurs, Aminata Thera, journaliste, souligne que certains conducteurs de Taxi-Moto ne sont pas raisonnables. En dépit du nombre croissant des conducteurs, il ne voit pas assez d’impact positif sur les frais. Selon elle, il y a toujours des gens qui aiment imposer des difficultés à leurs prochains. « Ils se cachent derrière la pénurie de carburant pour augmenter le prix du transport », affirme-t-elle avec certitude. Adama Traoré, Président du Syndicat national des acteurs de moto-taxi du Mali, a affirmé : « Notre objectif est de valoriser le métier de conducteur de moto-taxi et de défendre nos droits auprès des services compétents. Nous menons des actions de sensibilisation afin que les conducteurs se conforment aux règlements en vigueur, dans le but de réduire les risques d’accidents et de garantir la sécurité de tous ». Il reconnaît que ce n’est pas un travail facile, parce que les conducteurs sont plus nombreux, avec toutes genres de personnes. « Aujourd’hui, ils sont au nombre de moins de 6 millions conducteurs à travers le pays. Mais certains ne sont pas prêts pour une collaboration. Beaucoup ne font pas leur paiement », explique Adama Traoré. À ce jour, en dehors de la décision de la mairie, l’État n’a pas encore adopté une loi spécifique concernant l’activité des moto-taxis. « La mairie délivre des vignettes et perçoit des taxes, tandis que l’impôt est également exigé.
Portrait : Mamadou Diané, figure incontournable de la création artistique et de la formation culturelle au Mali

Bamako, 4 mars (AMAP) Mamadou Diané que nous avons rencontré dans son atelier emblématique à son domicile à l’ACI 2000, est une figure incontournable de la création artistique et de la formation culturelle au Mali. Grand de taille, d’un ton respectueux, accueillant, habillé en tenue traditionnelle Bogolan, Mamadou Diané a une longue expérience et une riche carrière marquée par la polyvalence, l’innovation et un engagement constant dans la transmission du savoir. Plasticien, pédagogue, designer et administrateur culturel, il fait partie des acteurs majeurs ayant façonné la scène artistique malienne depuis la fin des années 1960. Sa carrière débute en 1968 comme instituteur principal, où il développe une solide expertise pédagogique. Enseignant dans plusieurs cycles de l’éducation nationale, il a assumé des responsabilités liées à la gestion scolaire, à l’organisation d’activités culturelles et à la formation locale. Parallèlement, son intérêt croissant pour les arts visuels le pousse à se former dans divers domaines : peinture, design, arts graphiques, infographie, techniques murales et tableaux phoniques. Cette dernière discipline le conduit en Corée du Nord, où il obtient un diplôme d’expert en tableau phonie et mouvement gymnique, enrichissant ainsi un profil artistique déjà éclectique. Son influence s’affirme de 1968 à 2008 où il a occupé plusieurs postes au sein des structures de ministères différents. A savoir le ministère de l’Education nationale, celui des Sports, des Arts et de la Culture du Mali et celui de l’Enseignement supérieur. De 1978 à 1990, il est chef de l’Atelier d’Arts Plastiques de l’Institut National des Arts, participant aux grands travaux artistiques nationaux, supervisant des étudiants et contribuant à des expositions internationales. De 1990 à 2008, il devient chargé des relations extérieures du Théâtre National du Mali au Palais de la Culture Amadou Hampathé Ba, où il intervient en scénographie, décor et gestion artistique. Il représente également le Mali lors des expositions universelles entre 2000 et 2010, en assurant la conception thématique et le design du pavillon national. A titre de formation formelle, Mamadou Diané a reçu, de 19767 à 1989, des diplômes de l’institut pédagogique d’enseignement général de Bamako (IPEG), de Langue Bamanankan, attestation de stage en démographie, etc. En 2010, il a enseigne à l’École Supérieure d’Ingénierie, d’Architecture et d’Urbanisme de Bamako. Sa rigueur et son expérience font de lui une référence dans la formation artistique et architecturale. M. Diané a aussi fait des parcours de stages internationaux en Corée du Nord, au Japon, en Espagne, au Ghana, et en Égypte, etc. Ces séjours ont nourri une approche mêlant traditions maliennes, techniques contemporaines et influences interculturelles. Entre 1978 et 2012, il participe à des ateliers, résidences et biennales en Afrique, en Asie, en Europe et aux États-Unis. Ses contributions lors d’événements tels qu’AFRICUS en 1995, le Workshop African Heritage en 1997 ou le Luxor International Painting Symposium en 2012 enrichissent son langage artistique. En 2014, l’expert artiste Mamadou Diané fonde @rtex Plastina Arts & Expertises, structure dédiée à la création, au design et à la valorisation de l’artisanat malien. Avec @rtex LAB, il développe des projets de prototypage et d’innovation artisanale. « ça été un don de Dieu pour moi d’être artiste plasticien », a-t-il affirmé. GT/KM (AMAP)

