Chambre criminelle spécialisée : le verdict du Procès des affaires dites Paramount-Embraer, est attendu ce vendredi

Bamako, le 25 mars (AMAP) Le procès des affaires dites Paramount-Embraer tire vers sa fin. Au cours de l’audience de ce mercredi 25 mars, ces affaires en cours de jugement devant la Chambre criminelle spécialisée en matière économique et financière du Pôle national économique et financier ont été mises en délibéré pour ce vendredi 27 mars où le verdict est attendu. L’audience qui y est consacrée aura lieu à 10h. Démarré depuis le 22 décembre 2025, ça sera donc l’épilogue d’un procès qui a duré environ 3 mois. Il concerne 18 personnalités militaires et civiles dont des officiers supérieurs et d’anciens ministres. Les charges retenues contre elles sont, entre autres, faux, usage de faux, atteintes aux biens publics, blanchissement et infractions assimilées. Selon le ministère public, ces infractions ont été commises dans l’élaboration et l’exécution de deux marchés d’équipements militaires conclus en 2015 entre l’État du Mali et une société sud-africaine (Paramount) et une autre brésilienne (Embraer). Il est à rappeler, que dans son réquisitoire, le ministère public a requis la peine de 10 ans de prison contre les 13 accusés présents au procès et la réclusion à perpétuité à l’encontre des 5 absents mis en cause. De son côté, les prétentions du Contentieux de l’État s’élèvent à plus de 18 milliards de Fcfa, soit 11 milliards de Fcfa pour le contrat Paramount et 7,4 milliards pour le contrat Embraer. En plus, la partie civile a réclamé 15 milliards de Fcfa de dommages et intérêts pour les deux contrats. Pour ce qui est des accusés, ils clament leur innocence. AC/KM (AMAP)

Santé : « la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État » dixit Dr Mamdou Diop

Bamako, le 25 mars (AMAP) Le traitement de la tuberculose (TB) est à la charge de l’État selon la loi N°98-036 du 18 mai 1998, régissant la lutte contre les épidémies et les vaccinations obligatoires contre certaines maladies. Comment ce mécanisme fonctionne et quelle est la situation actuelle de la disponibilité des médicaments antituberculeux dans notre pays ? Selon le coordinateur adjoint de la Cellule sectorielle de lutte contre le VIH/Sida, la Tuberculose et les hépatites virales (CSLS-TBH), Dr Mamadou Diop, l’article 17 de la loi susmentionnée stipule que la tuberculose est une maladie sociale à déclaration obligatoire dont la prévention et le traitement sont à la charge de l’État. Il indique que le dispositif de gratuité de la tuberculose est une réalité dans tous les établissements de santé public et certains établissements privés. Cette gratuité concerne également l’examen pour la confirmation de la TB. Par ailleurs, il informe qu’au cours du traitement, certaines analyses ou traitements, en fonction de l’état du malade, n’entrent pas dans le cadre de la gratuité. Dr Mamadou Diop précise qu’à la date d’aujourd’hui, les médicaments antituberculeux sont disponibles sur toute l’étendue du territoire national avec un stock au niveau de la Pharmacie populaire du Mali (PPM) centrale et ses magasins régionaux, pouvant couvrir entre 6 et 12 mois pour les médicaments les plus utilisés. Il admet que des ruptures liées au retard de la commande, aux insuffisances dans l’estimation des besoins peuvent survenir dans certains établissements de santé. Au nombre des difficultés dans l’approvisionnement des médicaments, le coordinateur adjoint de la CSLS-TBH cite, entre autres, le retard de livraison au niveau international pour des raisons logistiques, l’accessibilité de certaines zones en période hivernale et pour des raisons sécuritaires. Y compris des retards de livraison dans les régions du nord à cause des difficultés de transport terrestre. «En 2025, nous avons connu des tensions sur le stock au niveau national, ayant entrainé des ruptures momentanées par endroits», témoigne-t-il. Parlant de l’accès équitable aux traitements, notre source précise que les activités de traitement sont menées depuis l’agent de santé communautaire jusqu’aux hôpitaux de troisième référence. En outre, Dr Mamadou Diop annonce que le ministère de la Santé et du Développement social, à travers la CSLS-TBH, a élaboré un plan stratégique pour la période 2021-2026 qui est en cours d’évaluation. Une des stratégies de ce Plan est de rapprocher davantage les soins de la tuberculose auprès des populations. En plus, poursuit-il, ce plan privilégie l’approche centrée sur le patient. À la date d’aujourd’hui, le coordinateur adjoint indique que le pays compte 110 établissements disposant des moyens et des ressources humaines pour faire le diagnostic et le traitement de la tuberculose. Au niveau des communautés et des ménages, la CSLS-TBH signale qu’elle collabore avec des organisations de la société civile et des ONG pour la sensibilisation, l’orientation pour un diagnostic précoce et le suivi du traitement. Il faut préciser que le Mali enregistre des cas de tuberculose résistante. Selon Dr Mamadou Diop, notre pays peut s’estimer heureux en la matière. «On n’a jamais dépassé plus de 100 cas de résistances par an. Toutefois, le Mali s’est doté de tous les moyens pour faire face aux cas de résistance», se réjouit-il. Sur le plan du traitement, dit-il, jusqu’en 2017, il n’existait qu’un seul site de traitement de la tuberculose résistante au niveau du CHU de Point G. À la date d’aujourd’hui, il précise que le pays compte 25 centres de prise en charge de la tuberculose résistante. Et d’indiquer que la CSLS-TBH prévoit une extension à 36 sites vers fin 2027. MD/KM (AMAP)

USA : Washington transmet à Téhéran un plan en 15 points pour la résolution du conflit au Proche et Moyen-Orient

Bamako, 25 mars (AMAP) Deux responsables informés de la diplomatie, cité par New York Time, ont indiqué que cette proposition a été transmise via le Pakistan. Elle détaille des mesures concernant le programme nucléaire et balistique iranien ainsi que la sécurité maritime dans le détroit d’Ormuz. Il reste incertain, si l’Iran acceptera cette proposition ou si Israël la soutient, alors que la guerre, entrée dans sa quatrième semaine, se poursuit avec des frappes américano-israéliennes et des ripostes iraniennes. Le chef de l’armée pakistanaise, le maréchal Syed Asim Munir, est apparu comme un intermédiaire clé entre Washington et Téhéran. Islamabad a signalé sa disponibilité à accueillir des pourparlers si les deux parties s’entendent, selon des responsables cités par le rapport. Lundi, le président américain Donald Trump a annoncé une pause de cinq jours sur les frappes visant les centrales électriques et les infrastructures énergétiques iraniennes, évoquant des « discussions très bonnes et productives » avec Téhéran au cours des deux derniers jours.   OS/KM (AMAP)

Basket-ball : Performance de la Malienne, Aminata Sangaré, qui a amené son club Leganés à la victoire en Espagne

Bamako, 24 mars (AMAP)  L’internationale malienne, Aminata Brahima Sangaré, a réalisé une performance remarquable dimanche, en menant son club de Leganés à une victoire serrée face à Jairis (73-71), lors de la 25e journée de la Liga Endesa féminine, en Espagne, a appris l’AMAP, de source proche de la FEMABB. La joueuse malienne s’est illustrée avec 19 points, 23 rebonds et 1 passe décisive, confirmant son rôle central dans le dispositif de son équipe. Présente dans tous les compartiments du jeu, Aminata Sangaré a dominé la raquette durant 33 minutes et 27 secondes, contribuant largement au succès de Leganés dans une rencontre très disputée. Cette prestation de haut niveau confirme l’impact croissant de la Malienne sur la scène du basketball féminin international. KD/KM (AMAP)

Basket : La Malienne Sika Koné, sacrée meilleure joueuse pour la troisième fois, avec 52 d’évaluation en Espagne

Bamako, 24 mars (AMAP)  L’internationale malienne, Sika Koné, vient de décrocher son troisième titre de MVP (meilleure joueuse) de la semaine, lors de la saison en cours, avec son club de CAB Estepona en Espagne, confirmant sa régularité au plus haut niveau du basketball féminin, a appris l’AMAP de source proche de la Fédération Malienne de Basketball. Avec un total de 52 points d’évaluation, la joueuse malienne signe la meilleure performance de la saison et se hisse à la cinquième meilleure marque de l’histoire de la compétition, un niveau qui n’avait plus été atteint depuis les 56 points réalisés en 2014. Lors de la même semaine, Sika Koné s’est également illustrée en terminant meilleure marqueuse et deuxième meilleure rebondeuse, derrière sa compatriote Aminata Brahima Sangaré. Cette nouvelle distinction vient confirmer le statut de référence de la Malienne, qui continue de s’imposer comme l’une des figures importantes du basketball féminin. KD/KM(AMAP)

Mali : Organisation d’une journée de solutions pour le financement des entreprises

Bamako, 24 mars (AMAP) Le Conseil National du Patronat du Mali (CNPM) a organisé, ce mardi 24 mars, une journée dédiée aux solutions de financement, a appris l’AMAP de source proche de l’organisation. L’événement s’est tenu en partenariat avec la Banque of Africa (BOA), Coris Bank International, la Banque Nationale de Développement Agricole (BNDA) ainsi que le Fonds de Garantie du Secteur Privé (FGSP), a constaté l’Agence Nationale de Presse du Mali. Selon les organisateurs, l’objectif de cette rencontre est de créer un cadre d’échanges et de partage entre les banques et les entreprises afin de faciliter l’accès aux financements. Le président du CNPM, Mossadeck Bally, a déclaré que « le financement des entreprises au Mali n’est pas un sujet technique. C’est un sujet stratégique, un enjeu économique majeur, et osons le dire, un sujet de souveraineté économique. Nous ne sommes pas réunis aujourd’hui pour parler de financement de manière théorique, ni pour refaire des diagnostics que nous connaissons déjà. » Il a souligné que trop d’entreprises viables ne parviennent pas à se développer, que de nombreux projets structurants n’aboutissent pas et que trop d’entrepreneurs abandonnent des opportunités, faute de solutions de financement adaptées. DE son avis, « d’un côté, des entreprises ne maîtrisent pas suffisamment les instruments financiers existants, leurs exigences et leurs logiques. De l’autre, des institutions financières peinent parfois à comprendre la réalité des besoins, certains sous-secteurs, la nature des risques et le potentiel réel de nos entreprises ». Mossadeck Bally a affirmé que le CNPM entend jouer pleinement son rôle : « Nous ne sommes pas seulement une organisation de représentation. Nous voulons être une organisation d’impact, capable de créer des ponts de fluidifier les relations et de produire des résultats concrets pour nos membres. » À travers le GPA Financement, le CNPM a engagé un travail de fond pour comprendre, structurer et proposer des solutions. Le président a insisté sur la nécessité d’une approche collaborative : « Les solutions ne peuvent pas être construites en silos. Elles doivent être coconstruites, dans un dialogue permanent entre les entreprises, les banques, les fonds, les institutions publiques et les partenaires techniques et financiers. » Cette journée devait permettre aux participants de structurer une meilleure circulation de l’information financière, identifier et promouvoir des instruments adaptés aux réalités maliennes, accompagner les entreprises dans leur préparation à l’accès au financement,  et améliorer durablement l’écosystème entrepreneurial. Le président du CNPM a invité les institutions financières à s’engager davantage : « Le tissu entrepreneurial malien est dynamique, résilient et porteur. Votre rôle est déterminant pour accompagner cette dynamique, en innovant, en adaptant vos produits et en renforçant la proximité avec les entreprises. » De son côté, Mme Sidibé Aïssata Koné, présidente de l’Association Professionnelle des Banques et Établissements Financiers du Mali (APBEF-Mali), a félicité le CNPM pour l’organisation de cette rencontre. Elle a rappelé que « le financement des petites et moyennes entreprises reste un enjeu central pour nos économies. Ce sont elles qui créent l’emploi, innovent et portent la croissance, mais elles continuent de faire face à des défis importants : accès au crédit, situation financière, formalisation ou encore accompagnement stratégique ». Mme Sidibé Aïssata Koné a conclu en soulignant l’importance du développement de produits dédiés aux PME, le renforcement des mécanismes de garantie et de partage des risques, ainsi que de la création d’outils de financement adaptés. MMD/KM (AMAP)

Impôts fonciers au Mali : L’échéance est fixée au 31 mars 2026

Bamako, 24 mars 2026 (AMAP) La date limite de dépôt des déclarations relatives à l’Impôt sur les revenus fonciers (IRF) et à la Taxe foncière pour l’année en cours est fixée au 31 mars 2026, a appris l’AMAP de source proche de la Direction des Impöts. Selon le Directeur général des impôts (DGI), Hamadou Fall DIANKA, cette échéance concerne particulièrement les personnes percevant des revenus issus de la location d’immeubles bâtis, de terrains ou d’outillages à usage commercial ou industriel, conformément aux dispositions des articles 40 et 318-H du Livre de procédures fiscales. L’administration fiscale précise qu’au-delà de cette date, tout retard exposera les contrevenants aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur. La DGI en appelle ainsi au civisme fiscal des contribuables et compte sur leur bonne compréhension pour le respect des délais légaux. KD/ KM (AMAP)

Portrait : Dr Aïssata Boubakar Cissé, une carrière au service de la lutte contre la tuberculose

Bamako, 24 mars (AMAP) À l’Institut national de santé publique (INSP) logé au quartier Hippodrome en Commune II du District de Bamako, un nom revient, quand on évoque la lutte contre la tuberculose. Celui de Mme Traoré Aïssata Boubakar Cissé. Cheffe du laboratoire national de référence de la tuberculose, elle traque au quotidien les bactéries de cette épidémie. Ses tâches consistent à accueillir les malades, recueillir les prélèvements d’expectorations et d’autres fluides corporels et des informations clés sur le patient. «En fonction de la demande du médecin et de l’historique de la maladie, nous réalisons les examens appropriés dont la microscopie, les tests de détection moléculaires, les tests de résistance à la tuberculose et maintenant des examens spécialisés de génomique», explique-t-elle. La microbiologiste assure également l’animation d’un réseau performant de laboratoires de tuberculose dans le pays par une surveillance continue de la maladie et de la résistance aux antituberculeux. La chercheure occupe de la formation, la réalisation de la recherche opérationnelle et le service de conseil à la coordination nationale de lutte contre la tuberculose. Dr Aïssata Boubakar Cissé voulait devenir médecin comme son père. «Avec un baccalauréat en série sciences exactes, j’ai été orientée en pharmacie. Et au cours des études de pharmacie, j’étais beaucoup attirée par les modules portant sur la biologie. Raison pour laquelle j’ai choisi d’embrasser cette spécialité», argumente-t-elle. Avec son doctorat d’État en Pharmacie obtenu à la Faculté de médecine de pharmacie et d’odontostomatologie de Bamako, elle est recrutée à la Fonction publique d’État en 2008. La nouvelle recrue a été affectée à l’INSP. Là-bas, elle est mise à la disposition du Laboratoire national de référence de la tuberculose pour appuyer l’équipe sur place. « Ce n’était pas un choix personnel. J’ai appris à aimer la biologie surtout quand on sait qu’on sauve des vies grâce à un diagnostic fiable », confie la native de Bamako, avant de souligner l’importance du travail de laboratoire dans la prise en charge de la tuberculose. « Nous avons pu montrer, à travers des recherches effectuées chez des malades traités contre la tuberculose à plusieurs reprises sans succès, que la maladie qu’ils portaient n’étaient pas la tuberculose mais une maladie proche d’elle par ses signes et les bactéries responsables», révèle la quadragénaire. Et de poursuivre que sans le laboratoire, il serait impossible de faire la part entre ces infections. L’ancienne élève du Lycée notre Dame du Niger indique que le maintien de ses tâches professionnelles n’est pas souvent aisé avec la vie de foyer, les responsabilités de femme et de mère. Elle explique que les femmes doivent s’organiser doublement pour satisfaire à la vie professionnelle et à celle du foyer en cherchant perpétuellement un équilibre. Le parcours académique de Dr Aïssata Boubakar Cissé est couronné d’un Diplôme en immunologie-microbiologie à l’École doctorale des sciences et technologie de Bamako. Elle est également détentrice d’un Master 2 en Immunologie à la Faculté de Médecine Paris 11 et d’un Diplôme universitaire de virologie médicale à l’Université Paris 7 Denis Diderot. La patronne du Laboratoire national de référence de la tuberculose a exécuté plusieurs protocoles de recherche sur cette pathologie. Parmi lesquelles celle sur les mycobactéries non tuberculeuses isolées au cours de la prise en charge de la tuberculose au Mali. Ses publications sont parues dans plusieurs revues dont le Journal africain de la recherche sur la bactériologie, la Revue malienne d’infectiologie et de microbiologie et la Revue africaine de biologie médicale. Issa Cissé, chef du département qualité et biosécurité à l’INPS indique que sa collègue a l’amour de son travail qu’elle axe sur le résultat. Il affirme que Dr Aïssata Boubakar Cissé est une femme dévouée et un modèle à l’Institut.  Issa Cissé témoigne que la chercheure n’hésite pas à aller dans les zones très reculées pour accéder aux malades tuberculeux. MD/CMT (AMAP)

Santé : « Il est possible d’éradiquer la tuberculose d’ici 2035 grâce à l’amplification de la recherche », dixit Pr Yacouba Toloba, expert auprès de l’OMS

Bamako, 24 mars (AMAP) À l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la tuberculose, célébrée le 24 mars de chaque année, le Pr Yacouba Toloba, expert auprès de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour la tuberculose multi-résistance, a accordé une interview à l’Agence Nationale de Presse du Mali. Il y aborde notamment l’apport des chercheurs maliens au combat contre cette épidémie et leur influence sur les politiques de santé publique  L’Agence Nationale de Presse : La tuberculose reste un problème majeur de santé publique au Mali. En quoi les recherches menées par les scientifiques maliens changent-elles réellement la donne dans la lutte contre cette maladie ? Pr Yacouba Toloba : Le traitement des malades et la disponibilité des médicaments ne sont pas suffisants. Il faut faire la recherche qui impacte la prise en charge de la tuberculose (TB). Dans notre pays, la recherche a beaucoup progressé,ces dix dernières années. Elle est en train d’impacter la prise en charge de la TB. Les recherches locales ont permis le diagnostic précoce qui permet au malade de guérir sans séquelle. Il nous donne également un bon résultat de traitement. Avec l’avancée de la recherche au Mali, on peut en 2 heures de temps diagnostiquer une tuberculose, alors que les méthodes diagnostiques empiriques pouvaient durer 4 ou 5 jours. Aujourd’hui, on est même à mesure de dire si une souche est résistante à tel ou tel médicament. Il y a également un impact dans la surveillance des souches multi-résistantes. Grâce à la recherche, on détecte les différents types de souches dans notre zone. La connaissance des souches permet de faire la différence entre les bactéries qui peuvent donner la TB et celles qui ne le font pas. Il y a également les ressources humaines que la recherche permet de former. On a des équipes de chercheurs très pointus au plan régional et international qui travaillent sur la TB et des centres outillés pour faire la recherche de pointe dans notre pays notamment l’Institut national de santé publique (INSP) qui abrite le Laboratoire national de référence (LNR). Il dépiste la TB, diagnostique des souches multi-résistantes et voit l’évolution du suivi du traitement. S’y ajoutent l’Université des sciences, des techniques et des technologies de Bamako (USTTB), le Centre d’infectiologie Charles Mérieux, le Centre universitaire de recherche clinique (UCRC), le Laboratoire de biologie moléculaire appliquée (LBMA). Ce sont des Laboratoires P3 et P4 (laboratoires de recherche biomédicale fonctionnant à un très haut niveau de sécurité NDLR) qui répondent aux normes internationales. On participe à beaucoup d’études internationales. La preuve en est qu’il y a la souche génotype Beijing de la tuberculose multi-résistante, qu’on pensait inexistante en Afrique, a été découvert au Mali en 2008 par une équipe du Laboratoire du Centre de recherche et de formation sur le VIH et la tuberculose (Serefo) de l’UCRC. L’Agence Nationale de Presse : Plusieurs études sont menées dans les laboratoires et centres de recherche maliens. Comment influencent-elles les politiques de santé publique ?  Pr YacoubaToloba : On a fait beaucoup de recherches sur la TB et le VIH pour voir le niveau de dépréciation de l’immunité. Plus elle est effondrée par le VIH, la tuberculose peut survenir et le malade est plus vulnérable à la maladie qu’un malade non tuberculeux. Cette recherche nous a permis de renforcer les capacités et changer la politique du pays. Dans le temps, on prenait trois échantillons de crachat en deux ou 3 jours pour voir si c’est la tuberculose. La recherche a montré que quand on prend trois échantillons de crachat contre deux, ils ont le même résultat. Cela nous a amenés à se limiter à deux. On gagne en termes de temps et d’usage de matériel notamment le tube pour contenir le crachat. C’est une recherche pratique qui impacte positivement le système de santé. Aujourd’hui, on est à 6 mois de traitement pour guérir la tuberculose alors qu’en 2009, on était à 9 mois. L’Agence Nationale de Presse : Malgré les avancées scientifiques, la tuberculose continue de toucher de nombreux Maliens. Où se situe aujourd’hui le principal blocage ? Pr Yacouba Toloba : D’abord, il faut préciser qu’en 2024, le Mali a enregistré un peu plus de 8.630 cas de TB et environ 400 décès soit 6%. Par rapport au blocage, il se trouve à trois niveaux, à savoir la recherche scientifique qui progresse mais reste limitée, l’application des résultats de ces recherches et les limites du système de santé. L’État met moins de financement dans la recherche scientifique en matière de tuberculose. Nous sommes assujettis au financement des partenaires internationaux. Une grande partie des projets de recherche dépend encore des étrangers. Cette dépendance concerne l’accès à des équipements très coûteux. Nous allons nous former dans des universités étrangères. On vient avec la compétence. Il faut le transfert de technologies. Souvent, les partenaires envoient des machines. Mais l’entretien cause des problèmes. En ce qui concerne le financement de la santé, le Mali y consacre moins de 7% de son budget. Alors que la déclaration d’Abuja des Chefs d’État des pays africains en 2001 à Abuja au Nigéria dit d’y consacrer 15%. Le tiers de ce pourcentage peut financer la recherche. Mais, on ne le fait pas. Malgré cela, la recherche malienne contribue au développement et au rayonnement de la prise en charge des patients. La recherche progresse. Mais pour l’application de ses résultats pour améliorer le système de santé, il est constaté une lourdeur administrative. Par exemple, les recherches en cours pour réduire la durée de traitement. S’il y a un retard dans l’application de cette recommandation, cela va jouer sur une autre recommandation qu’il faut faire. L’Agence Nationale de Prese: Quelle innovation pourrait, selon vous, transformer la lutte contre la tuberculose dans le pays ? Pr Yacouba Toloba : Nous avions plus de 8.000 cas de TB en 2024. On devrait avoir 11.000 selon les projections de l’OMS. Il y a un gap d’environ 3.000 cas qu’on n’a pas retrouvé et qui transmet la maladie aux autres. Il

Colombie Un avion militaire C-130 s’écrase au décollage, faisant 66 morts et plusieurs blessés

Bamako, 24 mars (AMAP) Un avion de transport Hercules C-130 de l’armée colombienne s’est écrasé lundi peu après son décollage de Puerto Leguizamo, près de la frontière avec le Pérou, tuant 66 personnes tandis que des secouristes évacuaient des dizaines de survivants vers des hôpitaux et recherchaient encore quatre disparus, selon un haut responsable. L’appareil Lockheed Martin transportait 128 personnes, dont 11 membres de l’armée de l’air, 115 personnels de l’armée de terre et deux officiers de la police nationale, a indiqué Hugo Alejandro Lopez, chef des forces armées colombiennes. Le bilan des décès a presque doublé par rapport aux chiffres précédemment communiqués par les autorités, qui poursuivent les opérations de recherche et de récupération sur le site de l’accident. L’accident s’est produit alors que l’avion décollait de Puerto Leguizamo, a déclaré le ministre de la Défense Pedro Sanchez sur X. Selon le pompier Eduardo San Juan Callejas interrogé par Caracol, l’appareil aurait subi un impact près de la fin de la piste au décollage, une aile heurtant ensuite un arbre lors de sa chute. Le crash a provoqué un incendie et la détonation d’explosifs à bord. Des habitants de cette zone reculée ont été les premiers à extraire des survivants, des vidéos montrant des hommes transportant des soldats blessés sur des motos le long d’une piste en terre. Des véhicules militaires sont arrivés par la suite, mais les autorités ont indiqué que le site était difficile d’accès, compliquant les efforts de secours. Hugo Alejandro Lopez a précisé que 57 survivants avaient été hospitalisés, dont 30 dans un état non grave dans une clinique militaire. OS/KM(AMAP)