Biennale artistique et culturelle de Tombouctou : Ménaka et Kidal défendent la paix et la réconciliation

Envoyés spéciaux

Amadou SOW

Oumar DIOP

Tombouctou, le 25 déc (AMAP) « Dans une atmosphère de fête, les troupes de Ménaka et Kidal ont présenté mardi dernier leurs disciplines devant le jury », rapportent nos envoyés spéciaux.

Les disciplines en compétition étaient l’ensemble instrumental, le solo de chant, la pièce de théâtre et la danse traditionnelle. Auparavant, les orchestres régionaux de Tombouctou et Douentza avaient déjà concouru dans la salle Ali Farka Touré. Quelques heures plus tard, les festivaliers se sont retrouvés au terrain municipal de Tombouctou pour assister aux prestations des deux régions.

C’est Ménaka, la dixième région administrative du Mali, qui a ouvert la soirée avec son ensemble instrumental intitulé « La cohésion sociale et le vivre-ensemble ». Cette composition lance un appel vibrant pour que la paix reprenne sa place dans chaque région, afin de restaurer la cohésion sociale et le vivre-ensemble qui ont toujours caractérisé le Mali.

Elle a été suivie de la pièce de théâtre « Le silence des cimetières », qui dénonce la mauvaise gouvernance et les conditions de vie difficiles des enseignants. Elle évoque également le rôle des politiques et de l’Armée dans la reconstruction du pays.La danse traditionnelle « Ekanzam » a ensuite traité la culture comme facteur de paix et de cohésion sociale. À travers les pas de danse, les artistes expliquent que la paix et la cohésion sociale tirent leurs racines de la valorisation et de la préservation du patrimoine culturel.

Le passage de Ménaka s’est achevé avec le solo de chant « La refondation du Mali en relation avec l’Alliance des États du Sahel ». Cette chanson met en lumière les sacrifices consentis par les Forces armées maliennes dans la refondation de l’État et plaide pour la paix et la réconciliation au sein des pays de l’AES.

La troupe de Kidal a ensuite pris le relais. Elle a débuté par son ensemble instrumental consacré à la réconciliation, fondée sur nos valeurs culturelles et démocratiques. À travers cette création, Kidal lance un appel à tous les frères et sœurs à se donner la main pour retrouver le vivre-ensemble dans une paix durable.

Le solo de chant, intitulé « Alhafiat » (qui signifie « la paix »), désigne un état de calme et de tranquillité, l’absence de troubles. Il célèbre la paix comme un idéal social et politique.

La pièce de théâtre « Le chant du Tendé » se déroule dans une région récemment sortie d’un conflit armé. Elle retrace le parcours d’un village meurtri par la guerre et montre qu’à travers l’art, la musique et la danse, il est possible de guérir les blessures et d’avancer vers la réconciliation. Le Tendé est un instrument fédérateur utilisé chez les Touaregs et par la communauté Songhoy.

La soirée s’est clôturée avec la danse traditionnelle « Cehim », une danse du terroir exécutée par les femmes à l’occasion des fêtes religieuses (Ramadan, Tabaski, Maouloud), des mariages et des baptêmes.

Enfin, les troupes de Taoudéni et Koulikoro sont programmées ce mercredi 24 décembre au stade municipal de Tombouctou.

AS/OS/MD