AIEA : Aucune preuve d’un programme d’armement nucléaire iranien malgré l’enrichissement à 60 %

Bamako, 4 mars (AMAP) Le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Rafael Grossi, a déclaré qu’aucune preuve n’a été trouvée d’un programme iranien coordonné et structuré visant à fabriquer des armes nucléaires, contredisant les allégations israéliennes et américaines sur ce point.

Dans un entretien accordé à NBC News, Rafael Grossi a affirmé que les inspecteurs de l’agence n’avaient pas identifié « d’éléments d’un programme systématique et structuré pour fabriquer des armes nucléaires » en Iran.

Il a toutefois confirmé que Téhéran poursuit l’enrichissement d’uranium à 60 % de pureté, un niveau très éloigné des besoins civils habituels et qui, selon lui, n’est atteint que par les pays disposant de l’arme nucléaire. « Seuls les pays dotés d’armes nucléaires enrichissent à ce niveau », a-t-il souligné.

Le responsable de l’AIEA a insisté sur le fait que les inspecteurs ne peuvent pas conclure à une intention iranienne de fabriquer une bombe, mais que l’accumulation de matière à ce degré de pureté soulève de « sérieuses questions ». Il a qualifié cet enrichissement de « source des préoccupations que nous avions », ajoutant qu’il n’existait « pas d’objectif clair » justifiant une telle accumulation.

« Les centrifugeuses tournaient en permanence et produisaient de plus en plus de cette matière », a déclaré Rafael Grossi, précisant que la quantité théoriquement disponible serait suffisante pour fabriquer plus de dix ogives nucléaires. « Mais ont-ils ces armes ? Non », a-t-il tranché.

L’Iran a intensifié ses activités d’enrichissement d’uranium après le retrait des États-Unis de l’accord sur le nucléaire iranien (JCPOA) en 2018 et la réimposition de sanctions américaines. Téhéran a progressivement dépassé les limites fixées par l’accord de 2015, notamment en portant le niveau d’enrichissement à 60 % depuis 2021, tout en affirmant que son programme nucléaire reste exclusivement pacifique.

Les déclarations de Rafael Grossi interviennent dans un contexte de tensions persistantes et d’accusations récurrentes de la part d’Israël et des États-Unis, selon lesquelles l’Iran chercherait à se doter de l’arme atomique.

OS/KM (AMAP)