Actualité : Le Togo met en garde contre une fragmentation de la sécurité régionale au Sahel

Bamako, 26 mars  (AMAP) Le Togo a appelé à préserver la stabilité de l’Alliance des États du Sahel (AES), avertissant qu’une déstabilisation de ce bloc mettrait en péril la sécurité de l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest, alors que se multiplient les initiatives diplomatiques pour maintenir le dialogue entre la Cédéao, l’Union africaine et les États sahéliens.

Le ministre togolais des Affaires étrangères, Robert Dussey, a déclaré mercredi que la paix et la sécurité régionales ne pouvaient être fragmentées. « Pour le Togo, la paix et la sécurité régionales ne peuvent être fragmentées. Si l’AES vacille aujourd’hui, c’est toute la région qui sera menacée », a-t-il souligné dans un message publié sur sa page Facebook.

Cette prise de position intervient dans un contexte marqué par une intensification des initiatives diplomatiques visant à maintenir le dialogue sécuritaire au Sahel. Cinq jours après une visite au siège de la Commission de la Cédéao à Abuja, le Représentant spécial de l’Union africaine pour le Mali et le Sahel, Mamadou Tangara, a été reçu le 10 mars à Freetown par le président sierra-léonais Julius Maada Bio, président en exercice de la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de la Cédéao.

À l’issue de cette rencontre qualifiée de « productive », Julius Maada Bio a réaffirmé son engagement en faveur d’un dialogue constructif sur les questions de sécurité au Sahel. Cette visite s’inscrit dans une tournée diplomatique entamée début mars. Le 6 mars, Mamadou Tangara s’était entretenu à Abuja avec le président de la Commission de la Cédéao, Omar Alieu Touray, sur le renforcement de la coordination entre l’Union africaine et l’organisation sous-régionale face aux défis sécuritaires et politiques.

Les relations entre la Cédéao et les pays de l’AES (Mali, Burkina Faso et Niger) restent marquées par leur retrait de l’organisation en janvier 2025 et la mise en place de la Confédération des États du Sahel. Malgré cette rupture, certaines coopérations techniques ont été maintenues, notamment au sein du Groupe intergouvernemental d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique de l’Ouest (GIABA) et à la Banque d’investissement et de développement de la Cédéao (BIDC), où les trois pays conservent un statut de « pays non régionaux ».

Dans ce contexte de recomposition institutionnelle, l’appel de Lomé à une sécurité régionale « indivisible » fait écho aux efforts en cours pour préserver des mécanismes de coopération entre les différents acteurs ouest-africains, alors que les enjeux sécuritaires au Sahel imposent une coordination transfrontalière.

OS/KM (AMAP)