Actualité : Israël intensifie les frappes au Liban et crée une zone tampon face au Hezbollah, dans le sillage de la guerre contre l’Iran

Bamako, 3 mars (AMAP) Le Liban est de nouveau plongé dans un conflit ouvert avec Israël, alors que le Hezbollah a repris les hostilités en représailles à l’assassinat du Guide suprême iranien Ali Khamenei, tué le 28 février lors d’une opération conjointe américano-israélienne contre l’Iran, rapporte le média qatari Al Jazeera.

Cette escalade, entrée dans son quatrième jour au niveau régional, menace d’embraser davantage le Moyen-Orient.

Le Dimanche 1er et le lundi 2 mars, le Hezbollah a lancé des salves de roquettes, missiles et drones vers le nord d’Israël, ses premières actions majeures depuis le cessez-le-feu de novembre 2024. Le mouvement chiite a revendiqué ces tirs comme une « vengeance » pour la mort d’Ali Khamenei, figure centrale de « l’Axe de la résistance » selon la BBC.

En riposte, l’armée israélienne a mené une campagne aérienne massive. En effet, des dizaines de frappes ont visé la banlieue sud de Beyrouth (Dahiyeh), le sud-Liban et la vallée de la Bekaa. Au moins 52 morts et 154 blessés selon les autorités libanaises et des sources médicales, avec des chiffres variant entre 31 et 52 tués selon les bilans actualisés. L’ONU et les autorités locales font état d’au moins 31 000 à 58 000 déplacés internes en deux jours, la population fuyant massivement les zones bombardées.

Le mardi 3 mars, l’escalade s’est accentuée. Tsahal a annoncé avoir déployé des troupes supplémentaires au sol dans le sud du Liban, occupant de nouvelles positions pour créer une « zone tampon », élargie au-delà des cinq points tenus depuis fin 2024. Le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a déclaré que l’armée prendrait le contrôle de « positions stratégiques supplémentaires » pour protéger les civils israéliens.

Parallèlement, l’armée israélienne a revendiqué des « frappes simultanées » sur des cibles à Téhéran et Beyrouth, visant des infrastructures militaires iraniennes et du Hezbollah. Le parti chiite libanais a riposté avec de nouveaux drones contre des bases aériennes israéliennes (Ramat David, Meron).

Au Liban, le gouvernement de Nawaf Salam a condamné les tirs du Hezbollah comme « irresponsables » et a interdit toute activité militaire du mouvement, ordonnant à l’armée et aux services de sécurité d’agir pour empêcher de nouveaux tirs. Cette mesure, symbolique mais inédite, reflète la colère croissante d’une partie de la population contre un Hezbollah affaibli militairement (après les pertes de 2024-2025) et accusé de plonger le pays exsangue dans une nouvelle guerre.

Cette réactivation du front libanais s’inscrit dans la guerre plus large, opposant États-Unis et Israël à l’Iran, déclenchée par l’opération « Epic Fury » qui a éliminé Khamenei et plusieurs hauts responsables iraniens. Téhéran promet une « longue guerre », tandis qu’Israël et Washington annoncent des frappes « décisives » et « rapides ».

La communauté internationale appelle à la retenue, mais le risque d’embrasement total – incluant le détroit d’Ormuz, Gaza et d’autres proxies iraniens – reste très élevé, avec des conséquences économiques mondiales déjà visibles (hausse du pétrole, marchés en chute).

OS/KM (AMAP)