Bamako, 16 octobre (AMAP) Après avoir effectué de nombreux dossiers sur plusieurs sites emblématiques de notre pays, l’Agence Nationale de Presse du Mali, s’intéresse aujourd’hui au Musée National du Mali, un haut lieu de la diversité culturelle et de savoirs de notre pays.
Le Musée national du Mali, gardien d’une mémoire plurielle, célèbre une histoire qui remonte à l’ouverture du « musée soudanais » le 14 février 1953. Créé par l’archéologue franco-polonais Georges Dzymowski, alors responsable d’une antenne de l’IFAN, ce premier noyau de collections a servi de base au futur musée national.
À l’indépendance, en 1960, le musée soudanais devient officiellement le Musée national du Mali. Pendant de longues années, il fonctionnera sans siège permanent, installé provisoirement entre l’École nationale d’ingénieurs (ENI-ABT) et l’Institut national des arts (INA), ce qui compliquait la conservation et la gestion des collections.
Construction de la 1ère partie du site actuel en 1976
Ce n’est qu’en 1976 qu’un financement international permet la construction de la première partie du site actuel, l’inauguration de ce premier bâtiment a eu lieu au début des années 1980. Un nouveau financement obtenu en 2000 a ensuite permis d’agrandir l’établissement pour lui donner l’importance qu’il a aujourd’hui, qui est bâti sur une superficie de quatre (4) hectares d’environ.
Le musée offre désormais une salle d’exposition permanente de 1 700 m², une salle multifonctionnelle de 600 m², ainsi que des locaux administratifs, une bibliothèque, une cafétéria et une galerie thématique aménagée pour illustrer l’évolution de l’espèce humaine.
Plus de 40.000 objets conservés
Avec plus de 40 000 objets conservés, le Musée national du Mali documente la richesse et la diversité des cultures maliennes, de la préhistoire à l’époque contemporaine. Sa mission est simple et essentielle : collecter, conserver et diffuser le patrimoine culturel malien pour les générations présentes et futures.
Pour mieux comprendre ce rôle, nous avons interrogé Daouda Keita, directeur général du musée et archéologue. Il rappelle l’objectif premier de l’institution : « Le Musée national du Mali a pour objectif principal la collecte, la conservation et la diffusion du patrimoine culturel sur l’ensemble du territoire national ; nos objets proviennent de toutes les régions du Mali », précise le directeur général du musée national du Mali. Il revient également sur les origines du musée et sur les difficultés rencontrées pendant les années sans site propre : « Le musée soudanais était hébergé dans les locaux de l’actuel ENI ; après l’indépendance, le Musée national manquait d’un siège unique et de personnel spécialisé, ce qui nuisait à la conservation des biens culturels », dit-il.
Le directeur rappelle l’importance des financements qui ont permis la construction puis l’extension du site. Il détaille les équipements actuels du musée et insiste sur la volonté d’ouvrir davantage l’institution aux Maliens : « Notre ambition, c’est que les Maliens s’approprient leur musée. C’est cela, la souveraineté culturelle ». Selon le directeur Keita « le musée a développé des partenariats avec des écoles et des universités et multiplie les actions de sensibilisation pour attirer des visiteurs qui, parfois, passent des années devant le bâtiment sans y entrer ».
Conservation des objets matériels et le patrimoine immatériel
Les collections ne se limitent pas aux objets matériels. Le musée conserve aussi du patrimoine immatériel : musiques, films documentaires, photographies, plus de 30 000 images ainsi que des archives sonores et audiovisuelles . « On trouve ici des objets très anciens, parfois antérieurs à l’ère chrétienne, jusqu’à nos jours. L’objectif est de conserver ces témoignages et de les transmettre à la jeune génération pour qu’elle puisse s’en inspirer », explique Daouda Keita.
L’accroissement des collections continue
L’accroissement des collections continue : « Nous avons reçu plus de 900 objets des États‑Unis et, entre 2021 et 2022, plus de 1 000 objets supplémentaires ont intégré les réserves », précise le directeur. Il évoque aussi des apports liés à des recherches doctorales menées par des partenaires étrangers.
Le Musée national du Mali fait face à des défis, au premier rang desquels l’insuffisance de personnel qualifié. Daouda Keita appelle à la création de filières de formation locales pour les métiers du patrimoine : scénographie, médiation, conservation, afin de constituer un vivier de compétences adapté aux besoins nationaux. Il explique par ailleurs que le musée travaille à des partenariats public-privé et à une politique de revitalisation visant à enrichir les collections et les activités.
Intensification des actions de sensibilisation pour attirer davantage de Maliens
Sur la fréquentation, le directeur note une baisse depuis la crise de 2012, qui a réduit l’afflux de visiteurs étrangers. Pour y remédier, le musée intensifie les actions de sensibilisation afin d’attirer davantage de Maliens. « Le musée doit permettre de comprendre notre passé, nos coutumes et nos savoir-faire. On ne peut se développer durablement sans être enraciné dans sa culture », affirme-t-il.
Enfin, le musée mise sur les expositions temporaires pour établir un dialogue entre passé et présent et intéresser la jeunesse. Parmi les manifestations récentes figurent « Tékènon », « Jeu du trésor » et « L’âge d’or du Mali », conçues pour valoriser la richesse historique du pays à travers ses objets et ses symboles.
Le Musée national du Mali demeure ainsi un lieu d’apprentissage et de rassemblement : un espace où s’expose la diversité des identités maliennes et où se façonne la conscience collective nécessaire pour imaginer l’avenir.
ST/KM (AMAP)

