Bafoulabé, 20 août (AMAP) Alors que l’hivernage s’annonce déficitaire dans le cercle de Bafoulabé, la campagne agricole 2026 s’organise activement. Dans les zones rurales, les producteurs s’affairent dans les champs de niébé, de maïs, de sorgho et de mil, espérant avoir une meilleure pluviométrie pour sauver les récoltes.

« Comparativement à l’année dernière, la saison 2026 ne rassure pas pour l’instant », confie Abdoulaye Diaby, paysan à Bafoulabé. Aujourd’hui, 60 % des exploitants s’inquiètent de la rareté des pluies. « J’ai planté 3 hectares d’arachide et un demi-hectare de mil dès les premières pluies, fin juin. C’est le mil qui m’inquiète le plus : la pluie s’est arrêtée en pleine levée des plants. J’ai dû recommencer, puis un nouveau٫ long ٫arrêt s’est produit. »

Face à ce déficit qu’il attribue au changement climatique, M. Diaby demande l’implication des autorités pour encourager le reboisement et lutter contre la coupe abusive du bois. Malgré l’utilisation d’engrais organiques, il exhorte également l’État à accélérer l’acheminement des engrais subventionnés

Adama Touré qui a produit du mil cette année garde confiance en l’avenir, mais reste prudent face aux risques possibles. « J’étais producteur de maïs. Suite au retard dans l’acheminement des engrais, je ne parvenais pas à faire un bon rendement. Cette année, j’ai essayé le mil, compte tenu de la situation actuelle pour pouvoir stocker quelque chose dans le grenier afin de nourrir la famille ». Malgré ces circonstances inquiétantes, Adama Touré garde espoir en Dieu car selon lui, le succès final est entre ses mains.

Quant à Sanga Sissoko, producteur de riz à Kamankolé, cette campagne ne le rassure point. Selon-lui, pour parler d’une bonne campagne en riz, il faut qu’il soit absorbé par l’eau puis procéder à sa fertilisation en engrais chimique. « Cette année,  nous ne connaissons pas la situation actuelle de l’engrais subventionnés à fortiori l’avoir. En plus, nos champs de riz sont asséchés. C’est pourquoi, certains s’adonnent à d’autres choix tel le haricot pour pouvoir faire une bonne récolte.

« Cette année, la pluviométrie a favorisé la prolifération des herbes au détriment de l’humidité du sol, entraînant des retards de labour », déplore Mamadou Sissoko, président de la Chambre d’agriculture du cercle de Bafoulabé.

Privés de matériel adéquat (charrues, tracteurs), de nombreux paysans ont dû patienter. Cette situation s’ajoute à un déficit pluviométrique qui a compromis les semailles et les jeunes plants, tandis que les engrais subventionnés pour le maïs et le riz se font toujours attendre.

Pour pérenniser les récoltes, M. Sissoko plaide pour la professionnalisation du secteur et la formation des producteurs à l’engrais organique, estimant qu’il est possible de s’affranchir des produits chimiques.

La campagne agricole 2026-2027 est relativement calme dans l’ensemble des sous-secteurs de l’agriculture du cercle de Bafoulabé », a déclaré Abdoulaye Diarra, chef du secteur de l’agriculture. Les cultures se trouvent aux stades de la levée, de la montaison, de la ramification et du tallage.

La sécurité alimentaire fait face à plusieurs menaces à savoir la mauvaise répartition temporelle et spatiale des pluies, le retard des semis et la perturbation du calendrier agricole due à l’irrégularité pluviométrique. Le cumul des pluies s’établit à 452,8 mm en 39 jours, contre 583,6 mm en 49 jours l’année précédente. Face à ces aléas, le chef de secteur recommande l’usage de semences améliorées et le respect d’un calendrier adapté aux changements climatiques

Espérant sur une bonne campagne, les producteurs du cercle de Bafoulabé appellent les autorités à prendre les dispositions nécessaires pour l’acheminement des engrais subventionnés et de mettre en avant la professionnalisation du secteur.

 BM/KM (AMAP)

 

 

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