Bamako, 27 juin (AMAP) Des milliers de migrants africains continuent de quitter l’Afrique du Sud à l’approche du 30 juin, date fixée par des groupes activistes réclamant le départ des étrangers en situation irrégulière, dans un contexte marqué par une montée des tensions anti-immigration et une recrudescence d’incidents violents, selon Africa News.
Des mouvements organisés de retour sont observés dans plusieurs grandes villes, notamment à Durban et Johannesburg. Ces départs sont facilités par des initiatives d’autorités consulaires étrangères et par des dispositifs privés de transport, tandis que certains migrants choisissent de rentrer spontanément face à un climat qu’ils jugent de plus en plus hostile.
À Durban, l’un des principaux points de regroupement, des milliers de migrants, majoritairement originaires du Malawi et du Mozambique, attendent leur rapatriement dans des conditions humanitaires difficiles. Le site temporaire de Sherwood Park fait face à une forte surpopulation, avec des problèmes liés au manque d’eau potable, de nourriture et d’accès aux services sanitaires. Les autorités locales évoquent des pics pouvant atteindre environ 10 000 personnes.
Cette vague de départs intervient alors que plusieurs violences visant des communautés étrangères ont été signalées ces derniers jours. Dans une zone côtière, deux ressortissants mozambicains ont été tués et plus de 50 habitations incendiées. Un autre incident a entraîné la mort d’un ressortissant malawien lors de manifestations, accélérant les mouvements de fuite.
Les groupes à l’origine de la mobilisation, notamment le mouvement « March and March » et plusieurs organisations civiques, maintiennent leur appel demandant aux étrangers en situation irrégulière de quitter le territoire avant le 30 juin. Ils ont également menacé d’actions de paralysie nationale en cas d’absence de réponse des autorités.
Des campagnes de porte-à-porte et des manifestations ont été menées dans plusieurs centres urbains, alimentant les inquiétudes parmi les communautés migrantes. « Les étrangers en situation irrégulière doivent quitter le territoire avant le 30 juin », ont réaffirmé les groupes mobilisés dans leur appel, selon les informations relayées par Africa News.
Les autorités sud-africaines, sous pression, ont renforcé la présence policière dans les zones considérées comme sensibles et ouvert des enquêtes sur les violences rapportées. Aucune opération d’évacuation ou de retour forcé à grande échelle n’a toutefois été confirmée par le gouvernement à ce stade.
Les tensions autour de l’immigration en Afrique du Sud se sont intensifiées à l’approche de l’ultimatum du 30 juin lancé par des groupes activistes. Cette situation intervient après plusieurs incidents violents contre des communautés étrangères, provoquant des mouvements de départ et des regroupements de migrants en attente de retour vers leurs pays d’origine.
Les organisations humanitaires alertent sur la détérioration rapide des conditions de vie sur les sites de transit et le risque d’une nouvelle vague de violences ciblées dans les prochains jours, alors que l’échéance approche.
OS/KM (AMAP)

