Bamako, 16 juin (AMAP) Les travaux de la Grande Mosquée de Bamako ont débuté en 1974 pour finir en 1976. Ce grand édifice religieux, devenu le lieu de rendez vous des fidèles musulmans a été inauguré le 30 juillet 1976. La cérémonie a été présidée par le Chef de l’Etat, le lieutenant-colonel Moussa Traoré à l’epoque en présence de Abdel Aziz Ben Saleh, imam de la Sainte Mosquée de Médine, et le ministre Kissima Doukara.
Cela fait exactement 50 ans. Fruit de la coopération entre le Mali et l’Arabie Saoudite, l’infrastructure, bâtie sur 22.000m2 et dont le minaret s’élève à 50 m, a coûté à l’époque un milliard de francs CFA.
La Grande Mosquée de Bamako ou « Jumah missiri ba », comme aiment à le dire les Bamakois, peut accueillir jusqu’à 20 000 fidèles. Elle a officiellement connu quatre imams, de sa construction à aujourd’hui, a constaté l’AMAP.
Selon le représentant du patriarche de la grande famille Touré de Bamako, Bani Touré dit Mariko, « elle a été construite à la place d’une première mosquée originelle du vendredi de Bamako ». Et Mariko d’en dire davantage : « La première pierre de celle-ci a été posée le 12 novembre 1948 et inaugurée en 1951. Après 24 ans d’existence, cette ancienne mosquée a été démolie. Puis, à son emplacement précis, la construction de l’actuelle grande Mosquée de Bamako, qui a commencé en 1974. Les travaux ont duré trois ans. Le bâtiment flambant neuf a été inauguré le 30 juillet 1976 », précise Touré. Notre interlocuteur précise également: « La mosquée a été baptisée au nom du Roi Fayçal Bin Abdoul Aziz, le 8 avril 2017, en signe de reconnaissance pour l’Arabie-Saoudite, un pays ami du Mali qui a entièrement financé la construction de la mosquée à hauteur d’un milliard de francs cfa ». 
Kallé, un nom de famille intimement associé à la Mosquée
Au cours des échanges avec Bani Touré dit Mariko, nous nous sommes intéressés au pourquoi du choix de la famille Kallé pour assurer l’imamat. Répondant à notre question, Mariko n’a pas été avare de détails. A l’en croire, c’est une décision des familles fondatrices de Bamako. D’une part, elles ont porté leur choix sur la famille maraboutique Kallé pour assurer la gestion de la « Jumah missiri ba ». D’autre part, la famille Koromagan, la gestion des deux premières mosquées de Bamako, explique Touré.
Ces affirmations de Bani Touré ont été confirmées par les voix d’Idrissa Kallé et ses frères. Ils nous ont appris qu’El hadji Oumar Kallé (de 1948 à 1961), et Ahamadou Kallé dit anan (de 1961 à 1977) se sont succédés dans le fauteuil de Grand imam. Cette lignée a été suivie par le célèbre El hadji Balla Kallé, de 1977 à 1989. Précision de taille : Balla a été le premier à occuper la chaire d’imam de la Grande mosquée dans son schéma actuel datant de 1976. Balla étant tombé malade en 1989, son intérim a été assuré par Souleymane Kallé pendant six ans (de 1989 à 1995). Après cette période des pères, le tour des fils est venu. Mamadou Kallé dit Kokè a dirigé les prières de 1995 à 2019. De 2019 à maintenant, c’est Amadou Kallé dit Sow qui est le Grand imam attitré.
Un haut lieu de culte défiguré par l’incivisme et l’insalubrité.
A chaque fois que les Bamakois évoquent avec fierté le prestige de leur Grande mosquée, ils ne peuvent malheureusement pas s’empêcher d’extérioriser une inquiétude associée au sort de ce lieu de culte. Cette anxiété a pour double nom incivisme et insalubrité. C’est un fait indéniable. Les alentours immédiats, ainsi que le premier périmètre de l’enceinte de la Grande mosquée, se sont, au fil des décennies, transformés en un véritable repaire de brigands, de dealers, de toxicomanes, de petits contrebandiers de tous genres. Ce beau monde a réussi l’exploit déplorable et condamnable d’installer une atmosphère de jungle en un lieu qui n’en avait nul besoin.
Les instances dirigeantes de la mosquée, au premier chef desquelles la famille Kallé, pousse un cri du cœur et exhorte les autorités à prendre les mesures qui s’imposent afin de conserver à la « Jumah missiri ba » son aura spirituelle.
Insalubrité autour du site
L’autre défi auquel la Grande mosquée est confrontée, du fait de son étroite proximité avec le marché central de Bamako, est la criarde insalubrité autour du site. « Une grande mosquée digne de la capitale doit être propre. Qui parle de l’islam, et qui parle de mosquée, parle de propreté », martèle Bani Touré. Des propos d’autant plus interpellateurs que la Grande mosquée est un patrimoine national érigé en établissement public par l’ordonnance numéro 77-26 du Comité Militaire de Libération Nationale (CMNL) du 15 mars 1977 et doté de l’autonomie financière. Elle était confiée, à l’époque, au ministère de l’Intérieur. Aujourd’hui, sa gestion échoit au ministère des Affaires religieuses.
Par son architecture remarquable et sa capacité d’accueil exceptionnelle, la Grande Mosquée de Bamako représente un symbole de foi, de fraternité et de coopération entre le Mali et le Royaume d’Arabie saoudite.
ST /KM (AMAP)


