La consommation de drogues chez les élèves est un problème préoccupant qui peut compromettre la santé et l’avenir des jeunes. Pour mieux comprendre ce phénomène qui prend de l’ampleur dans la cité des Balanzans, nous avons interviewé Moustapha Fané, chef d’antenne de l’Office Central des Stupéfiants (OCS) à Ségou.
Dans son introduction, M. Fané indique que les substances les plus consommées par les élèves sont les psychotropes et le cannabis, précisant que les premières expérimentations surviennent généralement dès la neuvième année fondamentale, période où les jeunes sont particulièrement vulnérables aux influences extérieures.
Interrogé sur la manière dont les élèves se procurent ces substances, il explique que les sources d’approvisionnement sont variées. La fourniture se fait via des revendeurs ambulants, qui transportent de petites quantités dans des sacs ou à moto, par le biais de vendeurs de médicaments contrefaits, ou encore par l’intermédiaire de certains camarades de classe déjà consommateurs.
M. Fané précise que les établissements scolaires ne sont pas directement ciblés par les réseaux de trafic. Cependant, si un établissement accueille la majorité des clients d’un vendeur de drogue, il peut sembler être une “cible”.
Les effets sur la santé et la réussite scolaire
La consommation de drogue a des effets préoccupants : affaiblissement ou perte de mémoire, troubles psychologiques pouvant conduire à la folie, comportements difficiles à vivre en communauté, atteinte des poumons et toux persistante.
Sur le plan scolaire, la drogue détruit la concentration et la mémoire, entraînant souvent l’échec scolaire. À terme, la recherche de substances peut devenir la seule préoccupation de l’élève.
Sanctions et prévention
Pour les mineurs, le système juridique est spécifique. Le juge des enfants statue sur chaque cas en fonction de textes particuliers. L’accent est mis sur la prévention et la prise en charge, plutôt que sur la seule répression.
Un appel aux jeunes, aux parents et aux enseignants
M. Fané rappelle l’importance de préserver une jeunesse saine de corps et d’esprit. « L’avenir du Mali repose sur sa jeunesse. La drogue est un facteur qui peut briser cet espoir et compromettre les rêves de toute une nation. Les jeunes doivent comprendre les dangers, abandonner les substances dès les premières tentatives et chercher de l’aide si nécessaire, » poursuit M. Fané.
Il insiste sur la responsabilité collective en affirmant que les parents, les enseignants et toute la société doivent travailler ensemble pour protéger les enfants et offrir un environnement sûr. Le diplôme et l’absence de consommation de drogue sont, selon lui, les clés de l’épanouissement personnel et du développement du Mali.
Bréhima, 14 ans
Enfant journaliste – Région de Ségou


