16ème session du CEA : Le budget prévisionnel du secteur s’élève à 164,4 milliards de FCFA pour 2026

Bamako, 3 avril (AMAP) Le Premier ministre, le Général de Division Abdoulaye Maïga, a présidé jeudi à la Primature la 16e session du Comité Exécutif National de l’Agriculture (CENA), consacrée à l’évaluation de la campagne agricole 2025 et à la programmation des campagnes à venir, avec des perspectives de production et de financement en progression pour 2026.

Les autorités ont annoncé des résultats « encourageants » pour 2025, avec une production de 11 452 540 tonnes de céréales, 433 700 tonnes de coton, 157 775 tonnes de viande contrôlée, 17 238 tonnes de lait collecté et 122 671 tonnes de poisson. « Ces performances témoignent de la résilience remarquable de nos producteurs », a déclaré le chef du gouvernement.

Pour 2026, la production céréalière est projetée à 11 916 750 tonnes, tandis que celle du coton devrait atteindre 598 500 tonnes. Le budget prévisionnel du secteur s’élève à 164,4 milliards de FCFA, en hausse de 2 % par rapport à 2025.

La session, tenue en prélude au Conseil Supérieur de l’Agriculture présidé par le chef de l’État, le Général d’Armée Assimi Goïta, s’inscrit dans la mise en œuvre de la vision « Mali kuraɲɛtaasira ka bɛn san 2063 ma » et de la Stratégie nationale pour l’émergence et le développement durable (SNEDD 2024-2033).

Parmi les priorités retenues figurent l’accélération de la maîtrise de l’eau, la sécurisation du foncier agricole, la mécanisation des exploitations, le développement de l’agro-industrie, le renforcement du financement agricole et l’adaptation aux changements climatiques.

Le Premier ministre a également insisté sur la nécessité de renforcer les organisations interprofessionnelles afin de mieux structurer les filières et faciliter l’accès aux marchés, notamment à travers les achats institutionnels de l’État.

Au cours des échanges, les participants ont examiné les mécanismes visant à améliorer la gouvernance foncière, notamment à travers la mise en place et le renforcement des commissions foncières (COFO), dont une centaine ont été installées dans la région de Mopti avec l’appui de partenaires.

Des formations ont également été organisées au profit d’acteurs locaux et judiciaires afin de renforcer la gestion des conflits fonciers. Selon les données présentées, le nombre de procès-verbaux de conciliation homologués par les tribunaux a augmenté, les différends étant désormais majoritairement traités en amont par les commissions foncières.

Le gouvernement prévoit en outre de consolider l’autonomie financière de ces structures à travers des mécanismes de financement endogènes et leur inscription dans les budgets des collectivités territoriales.

Parmi les recommandations stratégiques pour 2026 figurent la mise en place d’une politique nationale de formation agricole continue, la facilitation de l’accès au crédit, la sécurisation des droits fonciers coutumiers et le déploiement d’une plateforme numérique d’alerte précoce pour les conflits liés à la transhumance.

Les autorités ont estimé que la Loi d’Orientation Agricole a atteint une phase de maturité, marquée par une meilleure coordination entre acteurs et une montée en compétence des intervenants, ouvrant la voie à une généralisation à l’échelle nationale de certaines expériences pilotes.

OS/KM(AMAP)