Gao : Augmentation du prix de la viande dans la Cité des Askias

Gao, 1er avril (AMAP) Le prix de la viande de bœuf a connu une augmentation à la veille du mois de ramadan, allant de 3000 Fcfa à 3750 Fcfa avec os et 5000 Fcfa sans os, a constaté l’AMAP.

Actuellement, certains bouchers ont même cessé de vendre la viande rouge à cause du manque de bétail sur le marché de Wabaaria. Malgré la situation de non approvisionnement du marché principal des régions du nord, de la capitale des trois caïmans voire les pays voisins le Niger, l’Algérie et la Mauritanie en bétail, certains bouchers continuent d’abattre les bœufs pour vendre le kilogramme aux populations à un prix qui n’est pas raisonnable pour certains chefs de famille.

Oumar est un boucher qui a son étalage sur la voie principale du 5ème quartier « Djoulaboubou ». Selon lui, cette année, le bétail coûte cher sur le marché de Wabaaria et en particulier les bœufs et les moutons.  Il a soutenu que pour ne pas perdre sa clientèle, il s’associe avec un autre boucher pour acheter une maigre vache à 350 000fcfa dont il cède le kilogramme à 3750 Fcfa.

Un autre boucher affectueusement appelé Gaucher et qui est installé au marché de Sosso-Koïra dira qu’il achète des bœufs à   650 000 Fcfa voire 700 000fcfa, donc il ne pourra pas avoir un bénéfice avec l’ancien prix de vente au kilogramme et qu’il n’est plus possible pour lui de vendre les tas de viande de 500 Fcfa à sa clientèle.

La secrétaire générale du gouvernorat de la région de Gao, Mme Diallo Fatoumata Maiga dira qu’elle a été au marché comme d’habitude pour acheter les tas de viande à 500 F cfa mais avec à sa grande surprise même avec 3000 Fcfa, elle ne pourra pas avoir le kilogramme de viande de bœuf. Pour le moment, ce qui est mieux pour les chefs de familles c’est d’acheter du poisson même si souvent les vendeuses profitent de la  situation pour augmenter le prix de poisson aussi.

Babahamad est un éleveur très connu dans la région de Gao. Pour lui, la cause principale de la cherté du bœuf sur le marché de Gao a été la mauvaise pluviométrie de cette année.

Selon lui, le manque de pâturages est un facteur qui conduit les éleveurs vers l’achat de l’animal-bétail pour sauver leurs animaux avant l’approche des premières pluies.

« Actuellement, tous les bœufs sur le marché sont des bœufs de l’embouche que les propriétaires  vendent sur le marché, soit pour des revendeurs ou pour les bouchers mais souvent leur prix d’achat est cher en raison de leur poids et leur graisse »,a-t-il évoqué.

Le chargé de communication de l’association de consommateur de la région, Kader Touré dira que depuis la veille du mois de Ramadan, le réseau a  constaté que  le prix de  kilogramme de viande de bœuf avec os se vendait à  3750 F cfa et sans os à 4500 Fcfa ou 5000 Fcfa sur le marché de la commune urbaine de Gao.

Pour lui, à cause du contexte sécuritaire, le mouvement des animaux vers les villes est compliqué et cela impacte l’approvisionnement de la ville en bétail. « Du coût,  les animaux deviennent  rares sur le marché et le peu d’animaux qui arrivent sur le marché est très convoité par la clientèle et plus la demande forte plus son prix monte en plus des « coxeurs ».

Le 2ème adjoint au maire de la commune urbaine de Gao, Yacouba Maiga se souvient qu’aujourd’hui le bœuf qui se vend à 500 000 Fcfa sur le même marché de Wabaaria, hier était cédé à 125 000 Fcfa .

Interrogé sur la question de l’augmentation du prix de Kg de la viande, le 2ème adjoint au maire répond que  si le prix à la base est cher automatiquement le prix d’achat s’augmente.

Pour lui, avec la liberté des prix aucun contrôle ne peut se faire sur le prix des denrées dans notre pays sinon selon lui ne vaut l’application de la réglementation des prix. Par ailleurs, il a aussi constaté que dans notre pays dès qu’on ajoute sur l’indice salarial, la denrée alimentaire augmentent des prix.

Quant au président des bouchers de la région de Gao, Sidi Yaya Abdoulaye Touré qui reconnaît aussi que depuis le début du mois béni de Ramadan, certains de ses camarades bouchers ont augmenté sur le prix de la viande au kg sans lui consulter. En croire à ses dires, il a souhaité que ses collègues doivent attendre après la fête pour la hausse du prix de la  viande des bœufs au kilogramme mais que cela n’empêche le prix du kilogramme de la viande de vache ou de bœuf à déjà prix l’ascenseur.

Pour le président des bouchers de la région de Gao, deux facteurs sont la cause de la hausse du prix de la viande rouge au kilogramme, le premier il y a manque d’animaux  sur le marché et le deuxième le marché de Gabaria est très débordé par les acheteurs de l’Algérie, de la Mauritanie, les acheteurs de la capitale ainsi que ceux de Gossi.

Selon lui, dans le temps, c’est la zone de Gossi même qui ravitaillait le marché de Gao. A ce deux facteurs s’ajoute  la cessation de l’approvisionnement du marché de la région par le Niger  qui, selon lui, les autorités nigériennes ont interdit la vente du bétail hors  du pays.

« Avant cette situation, la ville de la commune urbaine de Gao était ravitaillée par la  viande de 60 têtes de bœufs  par jour mais aujourd’hui, c’est seulement la chair de 17 têtes de bœufs qui est étalée à travers  la ville. Hier le bœuf que le boucher avait l’habitude d’acheter à 125 000fca, aujourd’hui, ce même bœuf coûte 350 000fcfa. Avec ce prix d’achat il est difficile de tirer  bénéfice à l’ancien prix au kilogramme. Actuellement, il n’y a même pas des bœufs sur le marché et si on en trouve il faut débourser 650 000 à 700 000 Ffca avec ce prix aucun boucher ne peut pas avoir un bénéfice en vendant le kilogramme à 3000fcfa.

 

Pour baisser le prix de la viande au kilogramme, l’Etat doit interdire la sortie du bétail hors du pays   ou d’accorder une subvention aux bouchers sinon aucune baisse du prix de la viande au kilogramme n’est pas en cours.

 

Une rencontre de tous les acteurs du secteur de la filière est attendue au cours de la semaine, a-t-il développé, le président des bouchers de la région de G

AT/KM (AMAP)