Actualité : Incident frontalier entre la Guinée (Conakry) et la Sierra Leone

Bamako, 24 février (AMAP) La Sierra Leone et la Guinée (Conakry), deux pays de l’Afrique de l’Ouest, ont publié mardi, des versions contradictoires d’un incident frontalier ayant conduit à la détention de 16 soldats sierra-léonais par les forces guinéennes, ravivant les tensions entre les deux voisins.

Le gouvernement sierra-léonais a indiqué que des éléments des Forces armées guinéennes avaient franchi lundi la frontière pour entrer dans la localité frontalière de Kalieyereh, dans la chefferie de Sulima, district de Falaba, où étaient déployés des membres des Forces armées de la République de Sierra Leone (RSLAF) et de la police sierra-léonaise.

Selon un communiqué du ministère de l’Information et de l’Éducation civique, les forces de sécurité sierra-léonaises fabriquaient des briques pour la construction d’un poste frontalier et de logements destinés à appuyer les opérations de sécurité « sur un territoire reconnu comme appartenant à la Sierra Leone », et avaient hissé le drapeau national.

Au cours de l’incident, des soldats guinéens ont appréhendé plusieurs membres de l’équipe de sécurité conjointe, dont un officier, et les ont conduits en territoire guinéen, précise le communiqué, ajoutant que leurs armes et munitions ont également été saisies.

Le gouvernement a indiqué être « activement engagé par les canaux diplomatiques et sécuritaires établis afin de confirmer leur localisation et d’obtenir leur libération sûre et inconditionnelle », ajoutant que l’affaire avait été officiellement portée à l’attention des autorités nationales, régionales et sous-régionales. Une mission d’établissement des faits a été constituée pour déterminer la chronologie des événements, a-t-il ajouté.

L’État-major général des armées guinéennes a présenté une version différente, affirmant que dimanche « quelques dizaines de militaires sierra-léonais armés » avaient pénétré sans autorisation sur le territoire guinéen, dans le district de Koudaya, sous-préfecture de Sandénia, préfecture de Faranah, à un point situé, selon lui, à 1,4 km à l’intérieur de la frontière guinéenne. Selon ce communiqué, les soldats auraient installé une tente et hissé leur drapeau national.

Les forces guinéennes se sont déployées sur les lieux et « ont réussi à interpeller seize (16) d’entre eux, tout en saisissant leurs matériels et équipements », selon un communiqué militaire publié à Conakry.

Les militaires interpellés et les objets saisis ont été remis à la police judiciaire aux fins d’enquête, indique le texte, qui félicite les unités engagées pour leur réactivité et appelle les forces de défense et de sécurité à « renforcer la vigilance et à rester mobilisées pour la protection et la défense de notre intégrité territoriale ».

Aucun des deux communiqués ne fait état de victimes.

La Sierra Leone et la Guinée partagent une longue frontière terrestre poreuse, où des communautés et des forces de sécurité opèrent dans des zones reculées où la délimitation peut s’avérer sensible. Les deux pays maintiennent des déploiements militaires et policiers dans les districts frontaliers afin de faire face aux mouvements transfrontaliers et aux enjeux sécuritaires.

Les déclarations publiées mardi font apparaître un différend sur la localisation exacte de la ligne frontalière dans la zone concernée. Les deux gouvernements ont indiqué recourir aux canaux officiels, laissant entendre que des démarches diplomatiques sont en cours alors que les enquêtes se poursuivent.

OS/KM  (AMAP)