Casablanca en liesse après la qualification du Maroc pour la finale

 

 

Envoyé spécial

Seïbou S. KAMISSOKO

Casablanca, 15 jan (AMAP) Casablanca a explosé de joie mercredi soir après la qualification du Maroc pour la finale, obtenue face au Nigeria (0-0, 4-2 aux tirs au but). Bien au-delà du résultat sportif, le coup de sifflet final a libéré une ferveur populaire rarement égalée, transformant la capitale économique en un immense théâtre de célébration.

Quelques secondes après la fin du match, la ville blanche a basculé dans une euphorie indescriptible. Des cris de victoire s’échappaient des cafés bondés, les klaxons retentissaient à l’unisson et les drapeaux rouge et vert flottaient fièrement aux fenêtres. Du quartier du Maârif jusqu’à la Corniche d’Aïn Diab, une marée humaine a envahi le bitume. Pour les Marocains, il ne s’agit plus seulement d’une compétition, mais d’un rendez-vous historique à domicile.

Sur le boulevard Massira Al Khadra, l’émotion était palpable. Le nom du sélectionneur Walid Regragui était scandé par des milliers de supporters, certains les larmes aux yeux.
Yassine El Amrani, fervent supporter venu de Derb Sultan, résumait le sentiment général : « C’est incroyable. Walid a encore prouvé qu’il est le patron. Il a su garder la tête froide face à la pression nigériane. Aujourd’hui, l’équipe a montré un cœur de lion. Ce groupe est une famille, et c’est lui qui a construit ce lien. Être en finale chez nous, c’est le plus beau cadeau », confie-t-il.

Plus loin, sur la Corniche d’Aïn Diab, les fumigènes rouges illuminaient la nuit dans une ambiance de triomphe. La confiance est totale chez les Casablancais, qui voient déjà le trophée se rapprocher. « On ne peut pas perdre cette coupe. Pas ici, pas maintenant. L’énergie dans le stade et dans les rues est trop forte. Les joueurs se sont battus sur chaque ballon. Le trophée reste à la maison, c’est écrit », lance Salma Benjelloun, étudiante, drapée dans le maillot à l’étoile verte.

Alors que bus et voitures surchargés de supporters en liesse défilaient sans discontinuer, Casablanca s’apprêtait à vivre l’une de ses plus longues nuits. Vigilantes mais discrètes, les forces de l’ordre ont laissé s’exprimer cette ferveur populaire qui rassemble toutes les générations, des enfants perchés sur les épaules de leurs pères aux anciens, témoins d’un engouement qu’ils n’avaient plus vu depuis des décennies.

Le message est clair : le Maroc est prêt. Prêt à vibrer, prêt à soutenir, et surtout, prêt à monter sur le toit de l’Afrique.

SSK/OS