Envoyés speciaux
Amadou SOW
Oumar DIOP
Tombouctou, 22 déc (AMAP Les Régions de Nara et Sikasso ont respecté la tradition en présentant, chacune, quatre disciplines devant le jury. C’était devant le gouverneur de Nara, le Général de brigade Amara Doumbia et de celui de Sikasso, Mme Kanté Marie claire Dembélé ainsi que plusieurs autres chefs exécutifs régionaux.
A 19 heures déjà, le terrain était pris en asseau par la population malgré le froid. Le premier passage a été marqué par la troupe de Nara a débuté avec son ensemble instrumental. Intitulé : « Dow ka di ma mi na ». C’est une composition musicale qui parle de l’ingratitude et de malhonnête des individus qui se servent des citoyens pour se hisser au sommet. Il s’agit également d’attirer l’attention sur le comportement indigne de certaines autorités administratives et des légitimités traditionnelles, à l’égard des citoyens. Il a été suivi de la pièce de théâtre qui parle d’un conflit de génération. C’est l’histoire d’une jeune dame, versée dans la prostitution après avoir refusée plusieurs demandes de mariage au profit de la recherche d’un emploi à la fonction publique.
La pièce dénonce le népotisme et la corruption au niveau de la fonction publique et réclame justice. Dans le dernier tableau, c’est une sollicitation des autorités pour réserver une carrière publique ou prive à des excellents. Contrairement aux autres régions, Nara a monté plusieurs tableaux qui peut attirer l’attention du jury.
Ensuite vient le solo de chant en Soninké, titré, donnons-nous les mains. A travers son solo, la troupe lancé un appel de rassemblement, de cohésion et d’une paix durable entre les maliens et les peuples des pays de l’Alliance des États du sahel. Ainsi, la danse traditionnelle s’installe avec son titre ‘’Jidin mu’’, une cérémonie organisée lors du mariage des jeunes filles. C’est la danse des mères, lorsque les mariées sont d’une même famille, la cérémonie se déroule en un premier temps dans la cour familiale, puis se termine sur une place publique en présence des membres de la famille. Si elles sont des familles différentes, après leur honneur, elles se retrouvent sur la place publique pour célébrer le mariage.
La région de Sikasso monte sur scène après pour présenter ses disciplines. « La grande retrouvaille Culturelle », est le titre de son solo de chant. C’est une chanson incitatrice lors de lla fête traditionnelle. Elle permet aux communautés des différentes contrées de se retrouver, de communier, de sympathiser et partager autour de ce qui les unis à savoir notre la Culture dans sa diversité. C’est aussi un message d’avertissement à tous ceux qui ambitionnent de s’en prendre au patrimoine culturel. Et d’inviter la communauté à sauvegarder et défendre nos valeurs. La danse Traditionnelle appelée le Kôri, est une danse de Ganadougou. Elle a une valeur protectrice du village à travers l’accomplissement des rituels. Elle exhorte la jeunesse à embrasser la bravoure, la résilience, l’endurance et le courage, face à toutes les épreuves qui jalonnent leur chemin. C’est un mouvement qui a la valeur d’une école, l’initiation se fait entre 10 et 15 ans, durant une période de 3 mois dans les bois sacrés. Les cérémonies d’initiation se font chaque sept (7) ans. La Pièce de théâtre intitulé « le Kokélé », une présentation qui parle de la paix et la réconciliation autour des valeurs endogènes et du respect des symboles de l’État. La pièce acclame le retour aux valeurs traditionnelles et sociétales. L’accent est mis sur le Djeliba, artisan infatigable de la paix et de la cohésion sociale au niveau de la société. Des relations comme « Sinakunya, Balimaya, Nimogoninya, Siguiniogonya », sont aussi évoquées dans la pièce comme facteur de paix et d’insister sur la sécurisation du pays. L’Ensemble Instrumental, titré les germes de l’espoir, invite à la résilience. C’est une chanson qui fait référence aux racines d’un arbre abattu et qui continue de résister à travers ses racines. Cette pièce s’inspire de nos valeurs pour consolider l’union sacrée et une lueur d’espoir pour la communauté. L’après-midi avait été meublé par les orchestres de Nioro et Gao dans la salle Ali Farka Touré. Les troupes de Ménaka et Kidal sont attendues ce mardi dans la soirée pour leurs prestations.
AS/OD/MD (AMAP)


