Propos recueillis par
Ladji M. DIABY
Rabat, 25 déc (AMAP) : Ancien capitaine de la sélection malienne et désormais consultant sur les antennes de Canal +, Cédric Kanté livre son analyse sans concession sur les débuts poussifs des Aigles dans la compétition. Il se projette également sur le choc à venir contre le Maroc et évoque l’avenir institutionnel de la Coupe d’Afrique des nations
L’Essor : Le Mali a entamé son parcours par un match nul contre la Zambie (1-1). C’était un match très important. Quel est votre premier regard sur cette prestation ?
Cédric Kanté : Évidemment, c’était un match important. Il fallait vraiment gagner parce qu’après, ça se complique, surtout avec le Maroc qui arrive. Je pense que le match, il a été sérieux, il a été quand même maîtrisé dans l’ensemble. En première période, c’était compliqué de trouver du rythme. Mais en deuxième, les joueurs ont accéléré. Il y a eu plus d’occasions franches et on ouvre le score fort logiquement.
Après, quand on ne tue pas le match, c’est évidemment compliqué. Tuer le match, c’est ce qu’ont réussi à faire des équipes comme le Sénégal, l’Algérie, le Maroc. Donc, c’est un peu un mal, mais il ne faut pas se démobiliser. C’est vrai que c’est décevant parce que c’était une équipe qui était largement à notre portée. Il faut que ça nous serve pour la suite. Parfois, mal commencer une compétition, ça permet aussi de se ressouder, de se recentrer et de monter en puissance.
L’Essor : Le prochain défi, c’est le Maroc. Un gros morceau. Comment aborder ce match crucial ?
C, K : Il ne faut pas tout jeter après ce premier match, il faut rester positif, prendre ce qui a été bien et essayer de le reproduire face au Maroc. On a des joueurs capables de déstabiliser cette équipe marocaine que je n’ai pas trouvée forcément très en jambes sur leur premier match.
L’Essor : Justement, quelle sera la clé tactique face aux Lions de l’Atlas ? Faut-il les craindre ?
C. K : Je pense qu’il faut essayer d’être dans la possession. Ce qu’on avait fait face à la Côte d’Ivoire en quart il y a deux ans. Il ne faut pas les craindre, il ne faut pas reculer. Parce qu’ils n’ont pas non plus énormément de vitesse devant. Donc, je pense qu’il faut qu’on soit haut sur le terrain, qu’on ait la possession au milieu de terrain, qu’on ait la maîtrise pour les faire douter et peut-être pour que le public se retourne un petit peu contre eux parce qu’ils attendent tellement de miracles. En tout cas, c’est un match de très haut niveau où techniquement, il va falloir que le Mali montre qu’il est au niveau des grandes nations.
L’Essor : Pour finir, un mot sur l’annonce récente de la CAF : la CAN se jouera désormais tous les quatre ans. Quel est votre sentiment sur cette réforme
C.K : Sur la CAN tous les 4 ans, on s’y attendait. On se demandait un petit peu quand ça allait être le cas. De toute façon, quand il y a des dirigeants africains qui ne sont pas capables de faire respecter la CAN, avec ces changements de programme. Regardez, aujourd’hui, on a une CAN qui se joue avec 12 degrés et de la pluie. Elle devait être au mois de juin avec des températures parfaites. Si on n’a pas des dirigeants qui sont assez forts, de toute façon, ça ne sert à rien d’avoir une CAN faible tous les 2 ans. Moi, je préfère avoir une CAN très forte tous les 4 ans, comme les autres compétitions continentales. C’était malheureusement à attendre, puisqu’on n’avait rien de fort à opposer aux décisions de la FIFA. On prend ça avec un petit peu de résignation. Parce que nous, la CAN, c’est tous les 2 ans, on avait l’habitude. Mais bon, il va falloir profiter des CAN de 2027 et 2028, parce que 2032 va faire très long. Donc, ça va peut-être prendre de la valeur, le fait que ce soit que tous les 4 ans.
LMD/MD (AMAP)


