Le Sommet de la Confédération des États du Sahel confie au capitaine Ibrahim Traoré la présidence tournante (Communiqué final)

Le ministre Malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop

Bamako, 23 déc (AMAP) La 2ème session ordinaire du Collège des Chefs d’État de la Confédération des États du Sahel (AES) a désigné, mardi, le capitaine Ibrahim Traoré, Président du Faso, pour assurer la présidence tournante de la Confédération pour un mandat d’un an, a annoncé le ministre Malien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Abdoulaye Diop, qui a lu le communiqué final du Sommet.

En acceptant cette charge, le capitaine Traoré a rendu un hommage appuyé au leadership du Général d’armée Assimi Goïta et a promis de placer son mandat « sous le signe de la continuité et de la consolidation des acquis de la Feuille de route de l’An II. »

Au cours de cette session, le chefs d’Etat de la confédération ont discuté de la situation politique, économique et sécuritaire de l’espace confédéral. Ils ont entériné les conclusions du Conseil des ministres tenu les jours précédents, saluant « les avancées majeures de l’An 1 de la Confédération. »

Cette première étape a permis de forger une identité institutionnelle forte, marquée par l’adoption d’un logo, d’un drapeau, d’un hymne, ainsi que par le lancement imminent d’une Banque d’investissement, d’une radio et d’une télévision communes. « Pour faciliter l’intégration, le Collège a également instruit l’accélération de la baisse des tarifs de communication entre les trois États », selon le communiqué final.

Sur le plan structurel, le sommet a été marqué par l’adoption de quatre protocoles additionnels. Ces instruments juridiques portent sur la défense et la sécurité, la coordination diplomatique, le développement économique et les sessions confédérales des Parlements. « Ces textes visent à établir une architecture institutionnelle solide pour transformer, à terme, la Confédération en une Fédération des trois États », indique-t-on.

Abordant le contexte sécuritaire, les Chefs d’État « ont fermement condamné les tentatives de déstabilisation orchestrées par des groupes terroristes soutenus par des sponsors étatiques étrangers. » Ils se sont réjouis de la solidarité sans faille entre les membres de l’AES et des succès opérationnels de la Force Unifiée (FU-AES), « qui a réduit drastiquement les capacités de nuisance des groupes armés ».

Face au « terrorisme médiatique et judiciaire », le Collège des chefs d’Etat a instruit les ministres « de renforcer la communication officielle et la coopération judiciaire pour protéger la souveraineté des États sur leurs ressources naturelles. »

Sur le front diplomatique et économique, l’AES « s’affirme, désormais, comme une entité géopolitique incontournable. » Le Collège a salué la coordination des votes dans les instances internationales et l’implication croissante de la diaspora.

Le financement des projets structurants sera désormais soutenu par le Prélèvement confédéral (PC-AES) et la nouvelle Banque confédérale pour le l’investissement et le développement (BCID-AES), « garantissant une souveraineté financière face aux partenaires extérieurs. »

Concernant la CEDEAO, le Collège annonce avoir « pris acte des négociations en cours, réitérant son esprit constructif tout en plaçant l’intérêt des populations au sommet de ses priorités. »

Tenue ce 23 décembre 2025 à Bamako, ce sommet a été présidée par le général d’Armée Assimi Goïta, Président de la Transition du Mali, en compagnie de ses homologues, le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, et le général d’Armée Abdourahamane Tiani, Président de la République du Niger.

En clôturant les travaux, le général d’Armée Assimi Goïta a remercié ses pairs pour leur soutien constant. Les Présidents Traoré et Tiani ont, à leur tour, exprimé leur gratitude envers le peuple malien pour l’accueil fraternel.

La prochaine session du Collège des chefs d’Etat se tiendra « à une date qui sera fixée par voie diplomatique », marquant ainsi une nouvelle étape vers l’intégration totale des peuples du Sahel.

SS/MD (AMAP)